Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

On est tellement taxés que lorsqu’il fait beau, j’ai peur de recevoir une facture. --- Michel Beaudry ________________________________________________________________________

01 décembre, 2008

Voter! Pour quoi faire?

Pierre Lemieux fait une analyse intéressante des enjeux de la campagne électorale québécoise. Il conclut que quelque soit le parti qui héritera du pouvoir la marche inexorable de « l’État réglementeur, dirigiste, colbertiste et bienveillant continuera à s’appesantir sur nos vies ».

Dans les circonstances je crois que l’annulation de mon vote est la meilleure façon de dire aux politiciens que j'en ai assez de leur ineptie.
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Pour le Parti québécois
28.11.08 par Rédacteur Catégories: PL/chronique
par Pierre Lemieux

Il faut vivre dans le monde tel qu’il est. Trois principaux partis se font la lutte aux élections québécoises du 8 décembre : le Parti libéral (PLQ) de Jean Charest, le Parti québécois (PQ) de Pauline Marois et l’Action démocratique (ADQ) de Mario Dumont. Entre trois maux, il faut choisir le moindre. S’agirait-il donc de choisir le parti qui est le plus favorable ou le moins défavorable à la restauration de nos libertés et à l’efficacité économique qui en découlerait ?

Il faudrait d’abord déterminer lequel des partis est le moins mauvais. Avec un peu d’efforts, on trouve quelques propositions acceptables dans le programme de chacun. Le PQ dit vouloir « simplifier la réglementation » des entreprises. (On a déjà entendu cela, mais enfin…) Le PLQ favorise la mobilité de la main-d’œuvre entre les provinces canadiennes. Mario Dumont de l’ADQ fait parfois preuve d’un début d’instinct libéral — au vrai sens, classique, du terme « libéral » — avec ses promesses de baisses d’impôt, son appel à l’émergence d’un secteur privé de la santé et ses doutes devant le pouvoir syndical.

Certains croiront que l’ADQ représente la meilleure option dans la perspective d’une rupture nécessaire avec l’étatisme. D’autres soutiendront que le PLQ est le plus crédible des partis en lice pour assurer une transition vers les réformes futures. Devrait-on alors choisir l’un de ces deux partis de préférence à l’étatisme déclaré du PQ ?

Ce n’est pas si simple. Les trois partis proposent d’autre part des mesures — c’est l’essentiel de leur programme — qui raffermiraient la tyrannie administrative (pour utiliser une expression de Tocqueville) sous laquelle nous vivons. Le Parti québécois promet plus de pouvoir policier pour imposer le français (puisque les lois sont appliquées par des hommes armés) ainsi que l’implantation de dossiers de santé informatisés, éléphant blanc qui intensifiera la surveillance et le contrôle étatiques sans régler les problèmes fondamentaux du système. Le PLQ propose de favoriser les « produits culturels québécois », produits d’une culture subventionnée, et d’augmenter encore davantage le salaire minimum. L’ADQ veut redonner des plumes à la vieille Société générale de financement et faire adopter une constitution québécoise qui, sans nul doute, fruit d’un consensus politique sur « les valeurs qui nous définissent » dans une époque de grande noirceur, consacrerait l’écrasement des libertés individuelles. Chacun des trois partis attise le feu de l’« identité » nationaliste. Ce ne sont que des exemples.

Le PQ, certes, se présente comme le plus naïvement étatiste des trois. Il trompète sans fausse honte ce que Pauline Marois a promis lors du débat de mardi : « un gouvernement qui prend soin des gens ». On notera d’ailleurs un fait remarquable : les questions sélectionnées parmi celles des spectateurs et relayées aux trois chefs se situaient toutes dans cette veine. Maman, au secours !

Que se produira-t-il si le PLQ, que les sondages donnent gagnant — voire l’ADQ, même si c’est improbable — est porté au pouvoir ? C’est facile à prévoir. Leur gouvernement adoptera à peu près les mêmes lois et règlements — en quelques milliers de pages par année, comme d’habitude — que les partis concurrents auraient eux-mêmes adoptés. L’État réglementeur, dirigiste, colbertiste et bienveillant continuera à s’appesantir sur nos vies. La crise économique, sur laquelle le gouvernement du Québec, aussi grand que l’on imagine son Q, n’a aucune prise, fera des ravages que les subventions et les contrôles en cascade ne pourront qu’empirer. Après quatre ans de ce régime, les gazettes diront : « Vous voyez les conséquences du capitalisme et du néolibéralisme ! » Et l’électorat portera au pouvoir le PQ ou d’autres tyrans en herbe.

Je suggère qu’il vaudrait mieux porter le PQ au pouvoir maintenant et le laisser se débrouiller avec la crise économique. Que le PQ s’occupe de certaines gens avec l’argent de certaines autres ! Qu’il dirige, qu’il contrôle, qu’il étouffe, qu’il écrase — tout comme les autres l’auraient fait ! Dans le monde tel qu’il est, il vaut mieux de vrais ennemis au pouvoir que de faux amis.

Tel est le résultat électoral le plus souhaitable. En pratique, le partisan de la liberté annulera son vote ou, plus simplement, n’ira pas voter.

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