Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

On est tellement taxés que lorsqu’il fait beau, j’ai peur de recevoir une facture. --- Michel Beaudry ________________________________________________________________________

30 avril, 2020

Tout va changer ? Vraiment ?

par Serge Rouleau

On dit qu’après cette crise de la COVID-19, rien ne sera plus pareil. Est-ce un défi lancé pour faire mentir l’adage : chassez le naturel et il revient au galop ?

Les optimistes anticipent que le collectif aura finalement raison de l’individualisme. Ils entrevoient un monde meilleur où l’humanisme guidera l’élaboration des politiques publiques. À plus long terme, ils rêvent d’un gouvernement universel qui imposera les conditions essentielles à la vie et au bien-être des humains. Le COVID-19 ne nous oblige-t-il pas à réaliser que les virus ne respectent pas les frontières ? Le même raisonnement vaut pour l’environnement.

Les pessimistes entrevoient plutôt un monde de dictatures où les individus seront de plus en plus contrôlés. À plus long terme, ils craignent que le modèle chinois fasse école. Ce modèle n’a-t-il pas démontré toute son efficacité face à la pandémie de COVID-19 ? Trump, Poutine et bien d’autres ne rêvent-ils pas de s’approprier tous les pouvoirs ? L’urgence sanitaire leur donne un avant-goût des avantages du pouvoir absolu.

Je ne suis pas devin. Historiquement, ceux qui se sont aventurés à prédire l’avenir, à l’exception de quelques auteurs de romans de fiction, se sont grossièrement trompés. Il est possible qu’il y ait un mouvement vers des gouvernements plus sociaux-démocrates dans certains pays. Mais, ici comme ailleurs, l’urgence de rembourser nos dettes privées et publiques, la nécessité de créer des emplois, la résistance naturelle aux changements risquent de repousser nos belles résolutions aux calendes grecques.

Il est aussi possible que quelques gouvernements adoptent temporairement des politiques plus autoritaires. Mais au fur et à mesure que la peur générée par la pandémie du COVID-19 s’estompera dans nos mémoires, l’intrusion des gouvernements dans notre train-train quotidien sera de moins en moins acceptable. Le goût de liberté reprendra ses lettres de noblesse.

Dans l’immédiat, c’est un mauvais moment à passer.

Nous naissons avec le logiciel de base nécessaire à notre survie. Notre jolie frimousse et nos gazouillis attendrissants de bébé ont pour but d’émouvoir maman et papa pour qu’ils veillent à nous procurer nourriture et soins. La période terrible two témoigne de l’agressivité inhérente de l’être humain pour obtenir ce que nous considérons comme nécessaire à notre survie. Ensuite, heureusement, nous acquérons les logiciels d’application fournis par nos parents, nos professeurs, nos employeurs. Nous sommes sociables. Nous contrôlons notre impulsivité. L’éthique guide nos comportements. Mais confronté à un danger éminent, le logiciel de survie prend le contrôle de notre cerveau. Il ne reste plus qu’à espérer que nos logiciels d’application agissent comme courts-circuits pour éviter le pire.

La société reflète les valeurs dominantes des individus qui la composent. Devant le danger, la société active aussi ses mécanismes de survie. C’est le chacun pour soi. Dans les cas extrêmes, la loi du plus fort est le modus operandi. Le vol des masques destinés aux Français par les Américains est un exemple patent de ce comportement du pire. À court terme, les réflexes de survie des individus et des sociétés créent des situations au mieux, désagréables, au pire, dangereuses. Les médias relatent des exemples du meilleur et du pire quotidiennement.

Quoiqu’il arrive, il y aura des milliers d’experts qui analyseront l’avant, le pendant et l’après-pandémie. Ils publieront des chroniques, des analyses savantes et  des livres. Certains nous permettront de mieux comprendre, plusieurs feront des lectures divertissantes. La plupart tomberont rapidement dans l’oubli.

Plus près de nous

Je sais par expérience que pour changer une organisation il faut la déstabiliser au préalable. Sinon, l’inertie tue dans l’œuf les efforts de changement. L’hécatombe dans nos CHSLD à l’effet d’un choc déstabilisant. Est-ce que les drames vécus seront suffisants pour qu’on accepte des changements significatifs dans l’organisation et la gestion de notre système de santé?

Je suis un sceptique de nature, mais qui ne demande qu’à être confondu.

Depuis une vingtaine d’années, les Québécois ont perdu confiance dans leurs institutions : santé, éducation, sécurité, justice. Cela n’augure rien de bon pour le futur.

Malgré le fait que la plupart des politiciens soient honnêtes, leur réputation stagne au fond du baril. Lors de sondages populaires, ils se retrouvent dans la même catégorie que les vendeurs d’autos usagers. La commission Charbonneau avait comme objectif de redonner confiance aux Québécois en notre système politique et judiciaire. Mais l’UPAC et le système de justice peinent à accuser et condamner celles et ceux que le tribunal populaire a déclaré coupables. C’est frustrant, mais il faut s’en réjouir. Le tribunal populaire a la mèche courte. Il condamne à tort et à travers tout ce qui bouge. Mais cette situation a pour conséquence de miner la confiance populaire envers les élites politiques. Il faudra bien un jour trouver le moyen de redorer leur blason, notre bien-être futur en dépend.

Les derniers politiciens qui nous ont fait faire un bond en avant significatif sont Jean Lesage et René Lévesque. Jean Lesage a mis fin au duplessisme et au conservatisme religieux. Il représente la modernisation d’un Québec replié sur lui-même et un peu arriéré. René Lévesque a jeté les fondations de la sociale-démocratie à la sauce québécoise. Ils ont, l’un comme l’autre, bénéficié d’un environnement social et économique propice aux changements : une population jeune en mal de défis, des finances publiques équilibrées offrant une marge de manœuvre salutaire.

François Legault doit composer avec une société plus âgée et plus conservatrice, une dette qui sera gonflée à l’hélium à la fin de la pandémie. Ce qui n’arrange rien, les transferts de péréquation, plus de 10 milliards de dollars par année, risque de fondre comme neige au soleil. Comme si cela ne suffisait pas, le Québec compte de nombreux groupes de pression capables de monopoliser l’attention populaire. Ils n’hésitent pas à descendre dans la rue dès qu’une menace de changement, même hypothétique,  pointe le bout du nez.

Grâce à sa gestion exemplaire de la pandémie, le premier ministre jouit présentement d’une  popularité qui permet tous les espoirs. Réussira-t-il à conserver sa cote de popularité? Est-ce que ce sera suffisant?

Croyez-vous vraiment qu’au lendemain de la pandémie les syndicats et les ordres professionnels vont abandonner leurs intérêts corporatistes? Croyez-vous que les cadres des trop nombreux niveaux hiérarchiques vont soudainement tous se responsabiliser? Qu’ils vont tout bonnement accepter de remettre en question leur rôle et leur pouvoir? Combien de fois ai-je entendu les responsables des CHSLD dire : « nous n’avons pas de directives du ministère » ou « les directives du ministère ne sont pas claires ». Faut-il des directives claires pour protéger la vie et la santé des plus vulnérables? Pourtant, sans la collaboration de tous, il ne sera pas possible de corriger les lacunes de nos institutions publiques. 

Nous nous sommes donné des institutions, au premier chef la santé, hyper centralisée. La centralisation favorise les économies d’échelle : achat groupé, convention collective commune, contrôle de l’offre, sélection des interventions et des médicaments. Le mur à mur est sa force. Mais est-ce le meilleur modèle?

« La grande maladie [du système de santé], c’est la centralisation… On donne trop de pouvoirs aux mains [de décideurs] qui sont loin d’où les services doivent être rendus » - Alain Bouchard
S’il existe quelqu’un qui s’y connaît en système de gestion décentralisé c’est bien Alain Bouchard, ex-PDG de Couche-Tard. Je reconnais qu’il existe une marge entre gérer un système de santé et des chaînes de dépanneurs, mais n’y a-t-il pas matière à réflexion?

La décentralisation favorise l’efficacité et la créativité : rapidité de décision, solutions locales aux problèmes locaux, responsabilisation des cadres. Dans un système décentralisé, les intervenants de première ligne peuvent plus facilement contribuer aux décisions. Ils connaissent la nature des problèmes et les solutions appropriées. Mais qui dit décentralisation, dit perte de pouvoir des politiciens et des hauts fonctionnaires. Ceux-là mêmes qui prendront les décisions inhérentes à tout changement. Sauront-ils s’élever au-dessus de la mêlée?

Les vents contraires seront forts et nombreux pour s’opposer à tout changement significatif dans l’organisation et la gestion de nos institutions publiques. Le premier ministre devra jouir d’une popularité à toute épreuve. Seul le poids d’une popularité indéfectible peut amener les divers intérêts particuliers à coopérer au succès des institutions dédié au bien-être des Québécois. Est-ce que François Legault sera toujours ce chef-là lorsque les menaces de la pandémie se seront amenuisées dans l’esprit des Québécois?

Je nourris l’espoir que les institutions étatiques de demain seront plus près des gens. Il ne faut plus que les enfants et les gens vulnérables soient perçus comme un mal nécessaire pour justifier une bureaucratie inhumaine et trop souvent inefficace.

29 avril, 2020

Après le virus, laissez-nous faire !

NDLR : il suffit de remplacer France par Québec
par Nicolas Lecaussin, le 20 avril 2020 
Dans un article publié le 15 avril dernier dans le Wall Street Journal, le célèbre éditorialiste Daniel Henninger, inquiet par les conséquences économiques dramatiques du confinement, propose, ni plus ni moins, que les pouvoirs publics soient confinés et que les individus comme les entreprises se prennent en main pour redresser la barre.
Ses propos concernent l’Amérique mais on pourrait très bien les appliquer à la France. On le sait maintenant. L’Etat obèse et les dépenses publiques les plus élevées au monde n’ont pas réussi à préserver la France du virus. Pire, notre pays fait partie des plus touchés, avec un nombre de décès qui pourra même le classer parmi le trio mondial de tête. Ce ne sont ni les moyens, ni le nombre de fonctionnaires qui ont manqué. Ni l’interventionnisme politique, nos décideurs étant les plus actifs et n’hésitant pas à nous dire, chaque jour, ce qu’il faudrait faire. L’échec est évident. Il est temps de changer de curseur en donnant la possibilité aux Français de redresser le pays.
Moins d’impôts, moins de réglementations et plus de libertés devraient guider la France de l’après-coronavirus. Il faudra aplanir tous les obstacles à la création d’entreprises et d’emplois. En supprimant les 35 heures (à l’hôpital aussi après avoir dû admettre, enfin, les dégâts). En améliorant le marché de l’emploi : plus grande liberté de licencier au moins pour les entreprises de moins de 50 salariés, SMIC flexible avec des montants différents en fonction des régions et de l’ancienneté des employés. La distanciation sociale et le télétravail, qui perdureront après la fin du confinement, devraient même faciliter les nouvelles libertés dans le monde de l’emploi. Moins de normes et de réglementations, cela signifie aussi moins de temps perdu pour les entrepreneurs qui retrouveront le temps de mieux et plus s’occuper de leur entreprise.
C’est le libre échange qui a enrichi nos sociétés. Il faut le rendre encore plus libre tout en gardant un minimum de normes à respecter. Nos chefs d’entreprise auront besoin des marchés mondiaux pour se développer et ceux qui prônent aujourd’hui la fin de la mondialisation ne réalisent pas que cela représenterait la fin de milliers et de milliers de sociétés qui font leur chiffre d’affaire à l’exportation. Sans compter celles, nombreuses, dont les produits utilisent de très nombreuses pièces étrangères. Dans une interview accordée au journal Le Parisien (17 avril), l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement soutient (non, ce n’est pas une blague) que « la crise actuelle a périmé l’idée du tout-marché ». Là où l’Etat et les services publics ont failli malgré d’énormes moyens, Chevènement voit l’échec du marché ! C’est justement le marché et le privé qui devront prendre le relais. C’est le laissez-faire qui redressera la France, pas la planification étatiste.

22 avril, 2020

Le marché nous sauvera du virus, pas l’Etat

Face à cette épidémie, regardons et comparons les politiques de certains pays asiatiques. La Corée du Sud et Taïwan sont proches de la Chine, pays d’origine du fléau. Pourtant ces deux pays ont réussi à contenir la propagation du virus. Comment ? Ils ont fait fabriquer très tôt et massivement des appareils ainsi que des portiques qui sonnent automatiquement lorsque celui qui passe dessous a de la fièvre (plus de 37,5 degrés). Ils leur ont adjoint des équipements de géolocalisation et de traçage, permettant de suivre les personnes atteintes, afin de retrouver celles qu’elles auraient pu contaminer. Ainsi l’activité économique a-t-elle pu continuer, chacun étant libre de vaquer à ses obligations s’il n’est pas malade. De fait, la circulation automobile par exemple est normale à Séoul et à Taipei. Cette politique a été possible grâce à une industrie pharmaceutique et médicale privée performante qui a produit ces appareils à grande échelle pour le pays et même pour le monde puisqu’elle en exporte. Cela fait apparaître que les solutions viennent généralement de l’initiative du marché.
En France, nous manquons cruellement de ces équipements, mais nous avons des médecins chercheurs de très bon niveau, comme le professeur Raoult avec son traitement à la chloroquine et bien d’autres. Le salut nous viendra d’eux, comme toujours. C’est en effet à l’économie de marché que nous devons la plupart des grands progrès dans le domaine médical (antibiotiques, pénicilline, etc.) : un chercheur est à l’origine d’une découverte, un capitaliste l’exploite avec profit. Ces découvertes ont permis de guérir des maladies (par exemple la tuberculose, la variole, la rougeole, la coqueluche et plus récemment, le sida) parce qu’elles ont été développées et répandues par le capitalisme. Le remède viendra de l’industrie médicale, fruit de la mondialisation. C’est pourquoi il est absurde de prétendre, comme certains le font, que c’est la mondialisation qui est responsable du fléau. Ce n’est pas en clouant les avions au sol qu’on réglera le problème, mais en trouvant un remède.
En réalité et bien au contraire c’est l’irresponsabilité imbibant les pays totalitaires qui est à l’origine du Covid-19 et il faut expliquer pourquoi.
On sait qu’au début tout est venu de Chine et l’on suspecte que le virus aurait un lien avec les marchés d’animaux sauvages d’une région. Or la Chine a d’abord essayé d’étouffer le problème, au lieu de le traiter comme elle le fait aujourd’hui. On n’est pas encore capable de déterminer la cause précise de la maladie : est-ce la saleté des marchés d’animaux sauvages où les animaux vivants et les animaux morts sont mélangés ? Est-ce la consommation de ces animaux, en particulier d’insectes vivants et de reptiles, ou le manque d’hygiène et la crasse, ou encore autre chose ? Ou est-ce un virus échappé d’un laboratoire ? Mystère, mais le caractère totalitaire du régime a sans doute été un facteur d’accélération du phénomène. Le médecin chinois qui avait voulu alerter sur le danger a été sanctionné et est finalement mort du virus. Les régimes de liberté et de démocratie comme ceux de la Corée du Sud et de Taïwan rendent les gens responsables, pas les régimes de dictature où un parti unique dirige tout. Je rappelle qu’il n’y a pas de presse libre en Chine ni de justice indépendante ni de libertés publiques ni de liberté d’accès à internet et qu’il existe des passeports intérieurs pour surveiller le mouvement des personnes, ainsi qu’une police secrète toute puissante qui peut, sans jugement, arrêter les opposants, les prêtres ou autres déviants pour les mettre en camps de travail qu’on appelle un laogaï, un goulag chinois.
Souvenons-nous de l’Allemagne avant la chute du mur. Alain Madelin donnait cet exemple : vous prenez un peuple, vous mettez un mur au milieu, d’un côté vous mettez une dictature et de l’autre un régime de liberté, vous laissez reposer quelque temps, vous soulevez le couvercle et vous observez la différence.
Depuis quelques décennies en Chine est apparu un peu de liberté d’entreprendre, un peu seulement. Le problème c’est l’absence de règles de droit. Il n’y en a pas sur la propriété privée (sauf une loi-leurre qui fait illusion), il n’y en a pas non plus sur la responsabilité des acteurs, ce qui peut expliquer ces anomalies sanitaires.
Or le vrai capitalisme, celui du marché, a besoin de règles de droit sûres et solides. Leur absence en Chine a rendu le problème flagrant. C’est une première dans le domaine sanitaire. Faute de sécurité juridique, il est possible que les protagonistes de ce drame aient eu des comportements irresponsables sans en mesurer vraiment les conséquences. L’Etat chinois pouvant leur reprendre à tout moment leur entreprise et le fruit de leurs efforts, ils ont tendance à privilégier le court terme selon le principe « take the money and run ».
Montesquieu a écrit : « Quand on est sûr de ce que l’on a, on ose l’exposer pour gagner davantage ». Ici c’est l’inverse : « Quand on n’est pas sûr de ce que l’on a, on va au plus pressé pour gagner un peu car cela ne va peut-être pas durer. » C’est ce qui est arrivé en Chine qui n’a pas dit la vérité au début et ne la dit peut-être toujours pas aujourd’hui.
Patrick Simon,
avocat, Institut de recherches Economiques et Fiscales -IREF

17 avril, 2020

Pourquoi singularise-t-on les personnes âgées ?

par Serge Rouleau

D’abord, je tiens à dire que la tâche de nos dirigeants est titanesque. Dans les circonstances, ils font un travail exemplaire. Je les en remercie de tout cœur. Malgré tout, je tiens à souligner une situation qui n’a pas lieu d’exister. Les correctifs sont faciles à apporter. Tous en profiteront, au premier chef les personnes âgées.

Depuis le début de la pandémie, les personnes âgées sont discriminées dans les communications officielles. On les pointe du doigt. Il s’en faut peu pour qu’on les accuse de monopoliser le système de santé.

Les personnes âgées ne sont pas plus contagieuses ou susceptibles de transmettre le virus que les autres. On prétend qu’ils sont plus vulnérables. Je conçois qu’il y a un plus fort pourcentage de personnes vulnérables chez les 70 ans et plus. Mais il y a aussi un fort pourcentage de personnes vulnérables dans la population en général : les obèses, les diabétiques, les immunodéficients. Il y a des indicateurs qui pointent l’obésité comme le facteur le plus aggravant face au COVID-19. Existe-t-il plus d’obèses chez les 70 ans et plus, que dans les autres catégories d’âge ? Si je me fie aux personnes que je rencontre en faisant mes marches quotidiennes, c’est tout le contraire.

Il y a des voix qui s’élèvent pour demander que les personnes de 70 ans et plus soient confinées à résidence jusqu’à la fin de 2020. Cette mesure aurait des effets dévastateurs sur la santé mentale et physique des bâtisseurs du Québec moderne. D’autres suggèrent la surveillance par internet et l’émission de permis pour circuler. C’est ridicule, on ne vit pas au paradis de Kim Jong Un. Mais lorsque la panique s’empare de la société et de ses leaders, vaut mieux être prudent.

En réalité, une personne de 75 ans, ce que nous sommes, n’est pas plus à risque que les personnes des autres catégories d’âge si elle ne souffre pas déjà de problèmes de santé majeurs. Alors, pourquoi leur imposerait-on des conditions de confinement plus sévères qu’à l’ensemble de la population ? Comment réagirait-on si on assignait les personnes obèses à résidence sous prétexte de les protéger ?

Il est important de se rappeler que dans une démocratie les citoyens sont jugés aptes à prendre les décisions qui s’imposent selon les circonstances. Bien sûr, il existe des personnes âgées irresponsables qui se foutent éperdument des autres. Il y en a autant, voire plus, chez les diverses catégories d’âge : les boomers, les X, les Y, les millénariaux.

Il est sage d’informer les personnes vulnérables, tous les groupes d’âge confondus, des dangers de la COVID-19. Mais les personnes âgées ont le même sens des responsabilités, voire plus, que les autres catégories d’âge devant l’urgence nationale. Ils sont amplement capables de prendre librement leurs décisions en ce qui concerne leur santé et celle de leurs proches et voisins. Sous prétexte de les protéger, on les infantilise. On menace de les isoler sans discrimination. Dans ces conditions, ils deviendront des victimes collatérales de la guerre au COVID-19.


Je ne mets pas en doute les bonnes intentions de nos dirigeants. J’admire le travail de Legault, Aruda et McCann. Je ne prendrais pas leur place pour tout l’or du monde. Mais il est temps que, dans leurs communications, le premier ministre, les autorités sanitaires et les médias réfèrent aux catégories de personnes vulnérables plutôt qu’aux personnes âgées.

16 avril, 2020

Autoritarisme et progressisme, main dans la main


par André Dorais

Les États-Unis, le Canada et la plupart des pays d'Europe ont exigé le confinement général de leur population respective afin de réduire l'épidémie du COVID-19.  Il est certain que plus vous confinez longtemps une population en santé, plus le risque de contagion se dissipe.  Cependant, ne pas considérer les coûts sociaux et économiques d'un tel confinement peut engendrer des maux plus grands que le virus qu'on cherche à contenir par cette mesure.  Les dirigeants desdits gouvernements y ont certainement pensé, mais y ont-ils pensé suffisamment?

Se contenter de dire que «la santé passe avant tout» pour justifier pareil confinement relève d'un jugement simpliste.  La santé d'un individu est certes plus importante que sa richesse financière, mais l'empêcher d'y avoir accès, de la maintenir, voire de la réduire sans son consentement sous le prétexte de maintenir un bien soi-disant plus grand, un «bien public», peut avoir des effets plus graves sur sa santé que le mal qu'on tente d'éliminer.  Dieu sait ce qu'un individu peut faire lorsqu'on le confine contre son gré pour une période indéterminée! 

Plus les gens seront confinés longtemps, plus élevés seront les dépressions, les divorces, les tragédies familiales et évidemment, la pauvreté.  L'idée même de confiner des gens sans se préoccuper de savoir s'ils sont porteurs du virus peut conduire à une propagation de celui-ci, alors que le but est de la réduire.  Ce manque de jugement est accompagné d'une prétention à aider tous ceux qui sont affectés par les directives gouvernementales d'une manière ou d'une autre.  Prétention, aveuglement, diktats, mais «solidarité»!  Doit-on s'en consoler ou en pleurer?  

Heureusement, ce ne sont pas tous les dirigeants qui pensent de la même manière.  Le Japon, la Corée du Sud, Hong Kong, Taïwan et la Suède ont, à mon avis, mieux répondu à l'épidémie.  J'arrive à ce constat, d'abord parce qu'on y répertorie moins de victimes dudit virus qu'ailleurs, toute proportion gardée.  Le confinement, s'il est établi, n'est pas généralisé à l'ensemble de la population.  Ensuite, la mainmise gouvernementale, sur ce problème du moins, y est moins importante qu'ailleurs.  C'est-à-dire que pour contrer la pandémie, on substitue les décisions locales et individuelles aux décisions centralisatrices.

D'autres raisons ont conduit ces pays à mieux répondre à la pandémie, mais elles demeurent peu nombreuses et faciles à reproduire.  En Corée du Sud, on note la rapidité à «tester» un grand nombre d'individus à savoir s'ils sont porteurs ou non du virus.  Ce pays a souffert d'un virus similaire en 2015 et puisqu'il semble en avoir tiré des leçons, il était mieux préparé que la plupart des autres pays à y faire face de nouveau.  Au Japon, Hong Kong[i] et à Taïwan, ce ne sont pas tant les tests à profusion qui les ont protégés du virus que le lavage régulier des mains et la pratique de porter le masque dès lors qu'on se juge, ou que l'on juge son entourage, à risque de contagion.  Enfin, je dirais que la Suède a eu un plus grand souci des conséquences économiques d'un confinement à grande échelle et un plus grand souci de la liberté individuelle que la plupart de ses confrères occidentaux. 
 
Évidemment, il s'agit d'un bilan préliminaire et de généralisations, car il existe bien des «exceptions négatives» à l'intérieur de ces pays tout comme il existe des «exceptions positives» à l'intérieur des pays où la centralisation gouvernementale domine.  Je pense notamment à l'équipe du docteur Didier Raoult, à Marseille en France, qui a agi rapidement et avec efficacité dans un pays où l'on attend, à tort, pratiquement tout de l'État.

L'idée que l'État doit s'arroger tous les pouvoirs en temps de crise pour mieux la contrôler constitue une erreur monumentale.  Elle se fonde notamment sur les deux facteurs suivants: une prétention démesurée des politiciens à pouvoir la maîtriser et à une méconnaissance généralisée des mécanismes de marché.

Lorsque l'État prend le contrôle de l'économie, la peur s'empare des gens, les étagères des magasins qui restent ouverts se vident et les prix des produits augmentent.  Les politiciens se font alors rassurants et promettent leur solidarité à la population, mais concrètement, cela se traduit par l'utilisation de leur outil de prédilection dans les circonstances, soit le monopole sur la monnaie.  Jadis inventé en temps de guerre, ce monopole, comme toute centralisation de pouvoir, leur permet, disent-ils, de pallier l'inconfort causé par leurs décisions...
 
Certes, ils ne sont pas seuls à blâmer pour la crise.  Nombreux sont les individus qui les implorent en tout temps, par conséquent plusieurs politiciens finissent par croire qu'ils sont indispensables.  Qu'ils s'entourent d'experts pour justifier leurs décisions n'y change rien.  L'expertise, qu'elle soit médicale, économique ou autre est importante pour faire avancer les connaissances, mais on doit s'en méfier lorsqu'elle brime les libertés individuelles.  Confiner la majorité de la population constitue une telle violation et faire rouler la planche à billets comme à l'heure actuelle en constitue une autre. 

Je me contente de rappeler que les injections massives d'argent neuf dans l'économie par les diverses banques centrales ne remplaceront jamais la richesse perdue lors de cette grande fermeture.  Il s'agit plutôt d'un détournement de fonds.  En effet, ce nouvel argent ne constitue pas une nouvelle richesse, mais uniquement le moyen de se la procurer.  Et puisqu'il ne se retrouve pas également dans les mains de tous lors de sa distribution, seuls les premiers à y mettre la main en profitent, et cela, au détriment de ceux qui n'en voient jamais la couleur.  Ce monopole d'État n'est donc pas créateur, mais destructeur de richesse.  Il sert à jeter de la poudre aux yeux, à réduire l'endettement du gouvernement sur le dos des investisseurs qui lui prêtent de l'argent, bref à cacher la pauvreté qu'il engendre. 
  
S'il y a moins de production de biens et services, alors il y a moins de richesse à se procurer, peu importe la quantité d'argent injectée dans l'économie.  Et si vous obtenez une plus grande quantité d'argent grâce à la fausse générosité de la banque centrale, vous n'en profiterez probablement pas, car les prix des biens et services augmenteront d'autant, voire plus.  Ainsi, dès lors que vous cessez de travailler et de produire de la richesse, le gouvernement ne peut pas la remplacer.  Il peut certes vous promettre une compensation, mais uniquement en vous taxant et/ou en utilisant la planche à billets.  En d'autres mots il vous appauvrira, mais dira qu'il n'avait pas vraiment le choix, ce qui est évidemment faux. 

Que vous soyez politiciens, médecins en santé publique, économistes des banques centrales ou autres experts, vous n'êtes ni omniscients, ni omnipotents.  En agissant comme si vous pouviez tout contrôler, vous risquez d'appauvrir tout le monde de manière inversement proportionnelle à vos bons sentiments.  Autrement dit, vos remèdes risquent de causer plus de torts que de biens et vous réaliserez alors que votre progressisme aura été la cause d'une véritable régression économique et sociale.

Plutôt que d'utiliser des monopoles d'État dépassés, démodés et injustes pour faire face à l'actuelle épidémie, je me contenterais de regarder à l'Est, il semble y avoir de bons exemples à suivre.  Vous pouvez toujours partager vos connaissances, elles seront les bienvenues, mais de grâce ayez confiance au peuple!  Plusieurs individus à l'esprit innovateur trouveront des remèdes audit virus et des solutions aux pénuries dès lors que vous les laissez libres.  


15 avril, 2020

L’Europe centrale et de l’Est a choisi le libéralisme

par 

Une des blagues qui circulaient sous le communisme racontait qu’un jour, Moscou avait donné la permission à tous ces pays sous le joug totalitaire de construire des autoroutes. Tous s’y sont mis et le projet fut le même partout : l’autoroute avait six bandes de circulation dont cinq pour rouler et une pour… doubler. Elle était à sens unique, vers l’Ouest. La blague est aujourd’hui presqu’une réalité. Trente ans après la chute du Mur, ces pays regardent vers l’Ouest démocratique et ont choisi clairement le libéralisme économique.

C’est bien la thérapie de choc qui a marché à l’Est et non pas les conseils de M. Attali !

Mais, rappelons-le, à l’époque, en 1990, quelques « donneurs de leçons », majoritairement français, terriblement surpris par l’écroulement du système communiste, avaient mis en garde contre un passage trop rapide vers l’économie de marché. Parmi eux, - Jean-François Revel le montre avec délice et justesse dans La Grande Parade - de nombreux socialistes, incapables de tirer les leçons de la faillite du marxisme et pressés de dicter à tous ces peuples lassés du socialisme une autre voie, plus étatiste que celle qu’ils voulaient suivre. C’est au même moment que, comble de l’ironie, Jacques Attali, celui qui avait conseillé François Mitterrand lors du virage socialiste en 1981 en France, fût nommé à la tête de la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) qui devait accompagner les anciens pays communistes lors de la transition … capitaliste ! Ces « conseillers » ne cessaient pas de critiquer la fameuse « thérapie de choc » suivie par la Pologne mais aussi par d’autres pays comme la Hongrie, la République Tchèque, la Slovénie, les pays baltes. Aujourd’hui, ces pays sont économiquement largement en avance par rapport à d’autres, comme la Roumanie ou la Bulgarie, qui avaient mis en place des réformes économiques plus « tempérées ». Ce n’est sûrement pas un hasard si la Pologne n’a pas été touchée comme d’autres Etats lors de la crise économique de 2009.
Alors, ces pays sont-ils vraiment « illibéraux », comme les qualifient certains analystes et journalistes ? S’il existe effectivement quelques « écarts » de la part des leaders politiques dans des pays comme la Hongrie, la Roumanie et, en partie, la Pologne, les règles démocratiques sont majoritairement respectées et, surtout, les libertés économiques l’emportent sur l’interventionnisme étatique. Pas de la même manière partout, ni avec la même force, certes. D’abord, il fallait reconstruire sur les ruines de ces économies qui ne s’appuyaient sur rien de concret et dont les statistiques étaient truquées par les dirigeants du Parti communiste. Même un pays comme l’Allemagne de l’Est, pourtant considérée comme la « vitrine du communisme », le pays « modèle », a mis des années et des années à retrouver un semblant d’économie de marché qui fonctionne. Pourtant, la sœur de l’Ouest a d’abord procédé, dès 1990, à la parité des deux deutschmarks et, ensuite, elle lui a versé, entre 1989 te 1999, plus de 765 milliards d’euros, l’équivalent des 50 % du PIB de la RFA en 1989 !

Taux de chômage bas, fonds de pension, investissements massifs

Aujourd’hui, dans ces pays de l’Europe centrale et de l’Est, la croissance économique tourne autour de 3 ou 4 %. Les réformes qu’ils ont adoptées au début des années 1990 et ces dernières années s’inspirent largement du libéralisme économique. Ils ont privatisé (ce qu’on pouvait faire) et ont ouvert à la concurrence des pans entiers de leurs économies en attirant des investisseurs du monde entier. Les pays baltes, la République tchèque, la Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie ont introduit dès la fin des années 1990 ou au début des années 2000 un impôt proportionnel (flat tax), le même pour tous, à des taux très bas. Il est de 10 % par exemple en Bulgarie. Le taux de l’IS (impôt sur les sociétés), varie de 19 % en Pologne à 9 % seulement en Hongrie et au Monténegro contre 33 % en France. Le taux des prélèvements obligatoires est en moyenne de 25 % du PIB dans ces pays alors qu’il est de 46 % en France, Celui des dépenses publiques est autour de 37 % du PIB en moyenne contre 57 % en France. Pour ce qui est de la taxe carbone – sujet, ô combien délicat et explosif en France - elle n’existe que dans un seul pays de cette région, la Pologne où elle est à 0.07 euros la tonne contre 44.6 euros/tonne en France !
Le taux de chômage dans ces pays est inférieur à 5 % (à 2.1 % en République tchèque, quatre fois moins élevé qu’en France). Pratiquement partout, on a choisi la capitalisation comme pilier supplémentaires pour les retraites. Des fonds de pension se sont précipités dans ces pays pour investir et gérer l’épargne. En Roumanie pas exemple, plus de 7 millions de personnes sur une population de 23 millions d’habitants sont affiliés à des fonds de pension mis en place il y a 10 ans et qui gèrent environ 10 Mds d’euros (fin 2017). Le rendement annuel moyen a été de 8.15 % !
Il existe, bien sûr, des différences de développement entre ces Etats. La Slovénie, les pays baltes, la République tchèque, la Pologne sont plus riches que la Roumanie, l’Albanie ou la Bulgarie et se rapprochent à pas sûrs et rapides des niveaux de vie des pays occidentaux. Les inégalités sont importantes dans ces pays mais nettement moindres qu’en Russie par exemple. Selon Eurostat, les risques de pauvreté et d’exclusion sociale sont les plus élevés en Roumanie et en Bulgarie et les plus bas (en Europe !) en Slovénie et République tchèque. La corruption ronge encore certains de ces pays et les empêche de se développer encore plus. Mais les indicateurs économiques et sociaux montrent clairement une augmentation du niveau de vie (le PIB par habitant a été multiplié par 7.5 depuis 1990 dans un pays pauvre comme la Roumanie, passant de 1.652 dollars par tête à 12.506 dollars).

Dans ces pays, l’idéologie anticapitaliste n’a pas beaucoup de succès

Ces données expliquent les résultats d’un récent sondage. Mi-octobre dernier, le bien connu Pew Research Center a publié une étude sur l’opinion publique en Europe. On y apprend que, en 2019, en Pologne, l’approbation dans l’opinion publique du multipartisme et de l’économie de marché s’élève à 85%. Elle est respectivement de 82% et 76% en République Tchèque, de 74% et de 71% en Slovaquie, de 72% et 70% en Hongrie et de 70% et 69% en Lituanie. Même phénomène dans les régions de l’ex-Allemagne de l’est avec 85% et 83% d’approbation. Mieux, ces pays dans leur ensemble voient leur opinion publique majoritairement optimiste sur la situation économique actuelle avec en tête la Pologne (74% d’approbation) contrastant avec celle de la France (37%).
Le choix des réformes libérales paye, à condition de bien les appliquer et de les respecter. Ceux qui, en Occident, voulaient « réformer » le communisme en 1989 se trompaient lourdement. On ne peut pas « réformer » ou « perfectionner » le communisme », l’utopie socialiste a fait faillite partout et, jusqu’à la preuve contraire, il n’existe qu’un seul système qui marche, le capitalisme libéral. C’est bien Reagan qui a eu raison, pas Mitterrand. Les peuples de l’Est l’ont bien compris, il faudrait qu’on le comprenne en France aussi pour guérir cette sclérose étatiste et de la pathologie dirigiste qui nous handicapent terriblement.

08 avril, 2020

Emploi, pauvreté, progrès humains : ceux qui veulent « changer de modèle » devraient se rappeler les bons scores d’avant le coronavirus

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Le nombre de cas et de morts à cause du coronavirus est comptabilisé inlassablement dans les médias et sur les réseaux sociaux. Même si les perspectives, surtout économiques, ne sont pas optimistes, il faut se rappeler que notre monde, à quelques exceptions près, n’était pas vraiment à plaindre avant le déclenchement de l’épidémie. Une épidémie qui, ne l’oublions jamais, a pris ces proportions à cause de l’incurie, des mensonges et des tromperies d’une dictature marxiste.
Il y a eu un avant le virus, comme les 275 000 emplois nets créés aux Etats-Unis en février, avec de nouvelles hausses de salaires et 54 % des petites entreprises déclarant vouloir toujours embaucher. Fin février, le taux de chômage était à 3.5 %. Il faudrait aussi tenir compte des progrès accomplis à l’échelle du monde. Selon le rapport sur le développement des Nations Unies, la décennie qui vient de s’écouler a connu la plus importante baisse de la pauvreté. Selon les données de la Banque mondiale, le taux d’extrême pauvreté a chuté de plus de moitié, passant de 18,2% à 8,6%, entre 2008 et 2018. D’après le World Data Lab, pour la première fois, plus de la moitié de la population de la planète pourrait être considérée comme faisant partie de la classe moyenne.
Toujours à l’échelle mondiale, l’espérance de vie a augmenté de plus de trois ans au cours des 10 dernières années, principalement grâce à la prévention des décès d’enfants. Selon l’ONU, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans est passé de 5,6% en 2008 à 3,9% en 2018. Même les écologistes peuvent être contents. Les taux de mortalité par pollution atmosphérique ont diminué de près d’un cinquième dans le monde et d’un quart en Chine entre 2007 et 2017, selon la publication en ligne Our World in Data. La mortalité annuelle due aux catastrophes climatiques a diminué d’un tiers entre 2000-2009 et 2010-2015, pour atteindre 0,35 pour 100 000 habitants, soit une réduction de 95% depuis les années 1960.
Ces données ne sont qu’une partie des bonnes nouvelles que nous avons eues avant le coronavirus. Il n’y a pas de raison que cela change après la fin de l’épidémie à condition de ne pas « changer de modèle ». Pour beaucoup, cela signifie renoncer au capitalisme, or, c’est bien lui qui nous permettra de nous en sortir. C’est l’innovation, c’est la concurrence et la recherche privée et publique. Même contre le coronavirus, on note déjà des progrès. L’innovation, la recherche et la concurrence vont se débarrasser du virus ! Il y a quelques semaines, la petite entreprise Cepheid a annoncé l’approbation, par les autorités de santé, d’un test qui pourrait donner un diagnostic en 45 minutes. Il y a à peine cinq jours, les laboratoires d’Abbott ont reçu le feu vert pour un test qui, selon eux, peut donner des résultats en seulement cinq minutes. La société espère produire jusqu’à 50.000 tests par jour et commencer à livrer des kits cette semaine.
Des chercheurs de l’université Purdue ont créé un appareil similaire aux tests de grossesse à domicile, qui peut détecter la présence de certaines variétés de virus et fournir des résultats en 40 minutes.
La société de diagnostic Biomerica a lancé une procédure (résultats en 10 minutes) capable de détecter une infection, même en l’absence de symptômes. Cela permettrait aux hôpitaux d’identifier les personnes qui pourraient donc avoir déjà développé une résistance aux virus. La société Batelle, quant à elle, a mis au point un nouveau procédé de désinfection, plus efficace que tout ce qui existe actuellement.
Réformons ce qu’il faut réformer, faisons en sorte que l’Etat, globalement, et l’organisation de la Santé, en ce moment dramatiquement en cause, soient plus mobiles et plus réactifs, mais ne changeons pas de système. C’est le seul qui fasse confiance à l’innovation, qui croie en l’individu et en ses capacités créatrices.

01 avril, 2020

Benjamin Constant, économiste par Gérard Minart, L’Harmattan, 2019

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Benjamin Constant fut un homme universel, journaliste, essayiste, politicien, philosophe… Dans cette nouvelle biographie, Gérard Minart nous fait connaître l’économiste libéral. Car Benjamin Constant était adepte de « la liberté en tout ». « Il sera donc, note G. Minart, promoteur des libertés d’entreprendre et d’échanger, de la propriété privée des instruments de production, de l’intérêt personnel comme facteur de croissance, de la limitation de l’Etat à ses fonctions régaliennes… ». Bien entendu, l’économie n’est pas dissociable de la philosophie par laquelle B. Constant privilégie l’indépendance de l’individu comme il l’expliqua lors de sa conférence à l’Athénée sous le titre De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes dans laquelle il exposait le danger de la liberté athénienne qui soumettait le citoyen à la Cité et qui enfanta sans doute les théories de l’abbé Mably et de Rousseau prenant « l’autorité du corps social pour la liberté ».
B. Constant ne considère pas le gouvernement comme inutile. « Il n’en faut point hors de sa sphère, dans cette sphère, il ne saurait en exister trop ». Le gouvernement a mission de faire régner l’ordre intérieur et la souveraineté : « Les attentats à la vie, à la propriété, à la sûreté, sont des crimes et doivent être punis. Tout le reste doit demeurer libre ». Et il dénonce notamment –déjà !- « le comportement des grands compagnies de commerce bénéficiant de situations de faveur accordées par l’Etat » autant que les métiers qui ont gardé des privilèges, et la fixation arbitraire des salaires ouvriers. Pour éviter l’accaparement, il faut moins de règlementation et plus de concurrence.
Pour développer l’industrie et le commerce, il faut aussi que l’impôt ne vienne pas leur nuire. Il préfère l’impôt sur le revenu à celui sur le capital qui est une atteinte à la propriété. Mais plus généralement « Un axiome incontestable, écrit B. Constant, et qu’aucun sophisme ne peut obscurcir, c’est que tout impôt, de quelque nature qu’il soit, a toujours une influence plus ou moins fâcheuse. Si l’impôt produit quelque fois un bien par son emploi, il produit toujours un mal par sa levée. Il peut être un mal nécessaire. Mais comme tous les maux nécessaires, il faut le rendre le moins grand possible. Plus on laisse de moyens à la disposition de l’industrie des particuliers, plus un Etat prospère ». Il attache donc beaucoup d’importance au contrôle du budget par les parlementaires et à la transparence des comptes publics que Necker, le père de Madame de Staël, avait déjà introduite. D’une manière générale, il se méfie donc des lois dont la prolifération est source de tyrannie. La législation n’a point à protéger l’agriculture, pas plus qu’à organiser l’industrie ou l’éducation.
Le libéralisme de Constant s’inscrit dans la tradition libérale classique et annonce la pensée des économistes autrichiens. Il souhaite, dit G. Minart, l’avènement « d’une société des échanges et du libre marché qui tourne la page de la possession par la violence guerrière pour instaurer la possession par consentement ». Il est optimiste en ce sens qu’il croit à l’innovation, à la force de la liberté humaine. Contre Malthus, et avec J.B. Say, il proclame : « Le principe de la population, c’est l’accroissement des moyens de subsistance. Le principe de l’accroissement des moyens de subsistance, c’est la sûreté et le repos. Le principe de la sûreté et du repos, c’est la justice et la liberté ». Mais le bon ordre est plutôt un moyen qu’un but. Il veut d’abord préserver notre civilisation en entretenant des sentiments nobles et désintéressés. Il ne croit d’ailleurs pas seulement en l’individu producteur, mais en l’homme dans toutes ses dimensions. A ce titre, il récuse l’arithmétique des peines et des plaisirs de Bentham : « J’aime bien l’économie politique ; j’applaudis aux calculs qui nous éclairent sur les résultats et sur les chances de notre triste et douloureuse destinée ; mais je voudrais qu’on n’oubliât pas que l’homme n’est pas uniquement un signe arithmétique, et qu’il y a du sang dans ses veines et un besoin d’attachement dans son cœur ». Dans cet esprit, il est attaché au respect des droits naturels inviolables et imprescriptibles qui fondent l’homme. « Non, soutient Constant, la nature n’a point placé notre guide dans notre intérêt bien entendu, mais dans notre sentiment intime. Ce sentiment nous avertit de ce qui est mal ou de ce qui est bien ». Ce qui le conduit, par exemple, à lutter contre la pauvreté, à vouloir généraliser l’instruction et favoriser la réinsertion des détenus ayant accompli leur peine.
Au demeurant Constant reste toujours d’abord un philosophe politique comme il l’exprime dans son Mémoire sur les Cent-Jours : « Je vois dans l’individualité dont on se plaint, le perfectionnement de l’espèce ; car l’espèce n’est au fond que l’agrégation des individus ; elle s’enrichit de la valeur morale à laquelle chacun d’eux parvient. L’anarchie intellectuelle qu’on déplore me semble un progrès immense de l’intelligence ; car le triomphe de l’intelligence n’est pas de découvrir la vérité absolue qu’elle ne trouvera jamais, mais de se fortifier en exerçant ses forces, d’arriver à des vérités partielles et relatives qu’elle recueille et qu’elle enregistre sur sa route et d’avancer ainsi dans cette route où chaque pas est une conquête, bien que le terme en soit inconnu ».
A tous ceux qui voudraient mieux connaître Benjamin Constant, Gérard Minart offre une excellente présentation de ses convictions économiques, mais aussi plus généralement de sa vision du monde.
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