Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry
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13 août, 2011

La réflexion du jour

On a beaucoup parlé au cours des dernières années du déclin de Montréal comme place financière. Mais ce n'est malheureusement pas la seule industrie montréalaise qui connaisse actuellement un passage à vide. L'industrie des télécommunications, qui faisait jadis la fierté de la métropole, n'est plus que l'ombre de ce qu'elle était. --- Sophie Cousineau

Le chiffre du jour : 2 sur 12

Ainsi, seulement 2 des 12 membres de la direction de Bell ont leur résidence principale à Montréal. Siim Vanaselja, premier vice-président et chef de la direction financière, et Martine Turcotte, chef des affaires juridiques et des questions réglementaires.

07 juin, 2011

La réflexion du jour

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a finalement reconnu hier, alors qu’il était de passage à une usine de Chrysler située à Etobicoke, en Ontario, que les gouvernements du Canada et de l’Ontario ne récupéreraient pas leur mise dans ce constructeur américain en voie d’être repris le groupe italien Fiat. --- Sophie Cousineau

(NDLR : seuls les hypernaïfs croyaient que les entreprises rembourseraient leurs subventions!)

Le chiffre du jour : 5 G$

Bref, si Chrysler ne rembourse pas un cent de plus, les gouvernements se retrouveront devant un perte d’environ 1 milliard de dollars. C’est sans parler de General Motors, sauvegardée au prix d’une aide d’urgence de 10,8 milliards de dollars. Les gouvernements s’exposent actuellement à perdre autour de 4 milliards de dollars sur leur contribution initiale, déduction faite des prêts remboursés et des actions vendues jusqu’ici, et compte tenu de la valeur actuelle du titre de GM.

04 juin, 2010

La pensée du jour

Pis, on est incapable, je dis bien INCAPABLE de remplacer les vieilles voitures du métro de Montréal, qui tombe en ruine, sans que cela ne vire en un feuilleton politico-légal. Feuilleton dont on ne voit plus la fin, surtout si la Société de Transport de Montréal retourne en appel d’offres. Pendant ce temps, ce sont les usagers du métro qui sont pris en otage par un système de transport dont la fiabilité est de plus en plus aléatoire.

L’incurie de nos élus et de nos administrations publiques est tout simplement révoltante. --- Sophie Cousineau

29 janvier, 2010

Les résultats d’Investissement Québec

Le dernier communiqué de presse d’IQ relate la performance de l’institution au troisième trimestre en ces termes :

Au terme du troisième trimestre du présent exercice financier, Investissement Québec continue d'afficher d'excellents résultats, dépassant ainsi les cibles prévues pour 2009-2010. La Société a autorisé 1 589 interventions financières, soit 107 % de son objectif annuel. Il s'agit de résultats inégalés depuis la création de la Société, en 1998.
La philosophie d’une société d’État est désespérément inefficace : plus elle dépense meilleure elle est!!

Pour s’assurer de bien impressionner les lecteurs, Jacques Daoust, président et chef de la direction d'Investissement Québec, ajoute :

« En finançant des projets d'une valeur totale de 5,1 milliards de dollars, nous avons contribué à la création de 11 824 emplois et à la sauvegarde de 21 919 emplois, selon les données fournies par les entreprises. De plus, ces emplois de qualité, créateurs de richesse pour le Québec, représentent une masse salariale annuelle créée et sauvegardée de 1,7 milliard de dollars, soit un salaire annuel moyen par emploi de 50 438 $ »
IQ est une vraie machine à créer des emplois. C’est à se demander pourquoi il existe encore au Québec des chômeurs et des assistés sociaux aptes au travail. (sarcasme voulu)

Rentabilité, retour sur l’investissement, profits, etc., sont des termes bannis du langage des bureaucrates d’IQ.

Le cas d’Intrawest est seulement un exemple, parmi tant d’autres. De 1993 à 1997, IQ a prêté à Intrawest 21,8 millions sans intérêts et sans garantie. Depuis, IQ a fait une croix sur ces prêts en prenant une réserve pour mauvaise créance. (ici)

Au moment d’accorder ces prêts, les politiciens se bousculaient au portillon pour annoncer en grande pompe la création de milliers d’emplois. Maintenant, où sont-ils? Quelqu’un va assumer la responsabilité de ces pertes? Bien sûr que non! Ils blâmeront leurs prédécesseurs ou les dirigeants d’IQ, et feront la profession de foi qu’eux n’auraient jamais fait une chose pareille.

Les subventions du gouvernement du Québec sont de loin les plus généreuses en Amérique du Nord. Malheureusement, les Québécois sont les plus pauvres.

Est-ce que ceci expliquerait cela?

05 décembre, 2009

Les projets du programme FIER sont-ils rentables?

Dans la chronique qui suit, Sophie Cousineau s'interroge sur la pertinence du programme des Fonds d’intervention économique régionaux (FIER).

L’enquête du vérificateur général, Renaud Lachance, révèle de multiples anomalies dans la gestion des fonds alloués à ce programme. Ceux-ci vont du manque de rigueur aux conflits d’intérêts.

Le ministre Clément Gignac s’est engagé à resserrer les règles.

Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Tous les programmes interventionnistes du gouvernement suivent le même scénario : des groupes d’intérêt font pression sur les politiciens pour obtenir une part de l’argent des contribuables; les politiciens demandent aux bureaucrates de concocter un programme politiquement rentable; les politiciens utilisent le programme pour favoriser leurs « amis »; les abus sont dénoncés par l’opposition; le gouvernement promet de corriger le tir. Lorsqu’un programme devient trop controversé et douteux, on l’abandonne et on lance un nouveau programme et le cycle recommence.

Je déplore la mauvaise gestion des fonds publics. Cela serait malgré tout un moindre mal s’il était démontré que dans l’ensemble un programme donné d’intervention est rentable. Le gouvernement n’évalue jamais à l’aide de critères économiques objectifs, l’efficacité des programmes d’intervention. Combien de projets financés dans le cadre du programme FIER sont rentables? C’est un mystère que même l’opposition n’ose pas aborder.

Pourquoi? Simplement parce qu’efficacité et rentabilité sont des termes qui ne font pas partie du vocabulaire d’un politicien.

Si tout l’argent investi dans les programmes d’aide aux entreprises depuis 30 ans avait été consacré à l’amélioration de l’environnement économique, le Québec serait la région nord-américaine la plus riche et la plus dynamique. Au lieu de cela, nous trainons dans le peloton de queue à tous les niveaux.

C’est désolant!
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Pas de quoi être FIERSophie Cousineau, Cyberpresse, le 04 décembre 2009

(Montréal) On conçoit aisément que le ministre du Développement économique, Clément Gignac, se dise «perturbé» par les conflits d'intérêts relevés par le vérificateur général du Québec dans l'administration du Fonds d'intervention économique régional (FIER).
À lire l'investigation de Renaud Lachance, on le serait à moins. Mais, il y a plus troublant encore dans ce rapport spécial dévoilé mercredi. C'est la nonchalance avec laquelle Investissement Québec a supervisé ces fameux fonds régionaux.
Pour mieux comprendre, toutefois, il faut revenir en arrière. Le FIER a été créé en 2004 pour combler un vide dans le financement des PME. Si les entrepreneurs peuvent trouver du capital de risque pour faire grandir leurs sociétés, ils peinent à en dénicher pour démarrer leurs entreprises.
Ce manque de capital de démarrage est encore plus criant à l'extérieur des grands centres. D'où cette idée qui semble excellente sur papier de donner aux communautés d'affaires des régions les moyens de se prendre en main, grâce à des fonds d'investissement régionaux.
Mais, ici comme ailleurs, tout est dans l'exécution, d'autant plus que le gouvernement de Jean Charest a alloué, dès le départ, une somme imposante à ce programme dont la formule n'était pas éprouvée. Il a pourvu le FIER de 300 millions de dollars, dont 210 millions venaient du gouvernement et 90 millions des fonds fiscalisés comme le Fonds de solidarité FTQ.
Le gouvernement a confié à une filiale d'Investissement Québec la tâche de déployer le FIER en créant des fonds d'investissement régionaux, constitués en sociétés en commandite. Entre 2005 et 2008, 30 de ces fonds ont ainsi vu le jour.
Le gouvernement du Québec fournit les deux tiers du capital. Le reste provient de partenaires locaux comme des investisseurs privés, des centres locaux de développement ou des organismes municipaux. Étonnamment, même si le gouvernement est le principal bailleur de fonds du FIER, il ne dispose pas d'un administrateur de plein droit sur les conseils des fonds régionaux. Il est seulement représenté par un «observateur» qui assiste aux réunions du conseil d'administration sans avoir son mot à dire.
Observer, c'est pas mal moins engageant que de participer aux décisions. Ainsi, les observateurs d'Investissement Québec n'ont pas assisté à toutes les réunions des conseils des fonds régionaux.

Toutefois, cet absentéisme est nettement moins marqué que par le passé. Le taux de présence des observateurs s'est établi à 86% l'an dernier, alors qu'il n'était que de 59% en 2006.
En date du 30 juin dernier, les fonds régionaux du FIER avaient autorisé 246 investissements.

Or, 65 de ces investissements ont été approuvés en l'absence de l'observateur du gouvernement ou avant même sa nomination. C'est plus d'un investissement sur quatre!
Faut-il s'étonner qu'il y ait eu des dérapages et que les administrateurs des fonds régionaux n'aient pas toujours respecté les politiques, par ailleurs relâchées, du programme FIER?
Dans les discussions qui ont été menées pour approuver les investissements des fonds FIER, dans 75 cas sur 246, au moins un administrateur a reconnu qu'il avait des intérêts dans le dossier en cause. Mais la politique du FIER relative aux conflits d'intérêts - avec laquelle le vérificateur Renaud Lachance est en désaccord - est toutefois peu sévère, puisqu'elle permet tout de même à ces administrateurs d'assister aux délibérations.
Néanmoins, dans 23 dossiers, des administrateurs qui avaient des intérêts dans les dossiers à l'étude ont non seulement assisté aux discussions, mais ils ont participé au vote autorisant l'investissement. Dans 10 de ces cas, des administrateurs ont même misé de l'argent dans des entreprises dans lesquelles leur propre fonds d'investissement privé avait déjà investi.
Par ailleurs, les conseils d'administration des fonds régionaux sont si restreints dans certains cas qu'il est arrivé en six occasions qu'un administrateur se retrouve à approuver seul un investissement, parce que les deux autres administrateurs au conseil se trouvaient en conflit d'intérêts!
Devant ces constats, le ministre Gignac s'est engagé à resserrer les règles du FIER. Les conseils des fonds régionaux devront être composés d'au moins cinq membres. Et l'observateur d'Investissement Québec devra obligatoirement assister aux réunions du conseil. Mais même si on «répare» le FIER, il faut se poser une question: le FIER est-il vraiment la meilleure façon d'encourager l'entreprenariat et le développement économique dans les régions?
La valeur des 246 investissements réalisés totalise un peu plus de 150 millions de dollars. Or, 58% de cette somme a abouti à Montréal ou dans ses environs (Laval, Laurentides, Lanaudière et Montérégie). Je veux bien que, dans certains cas, il soit plus difficile de déterminer l'endroit exact des retombées, entre le siège social et, disons, l'usine de production. Mais, clairement, ce n'est pas la seule raison qui explique une concentration d'investissements aussi forte dans la région de métropole.
Chose certaine, si on souhaite encourager l'économie des régions, le minimum de 50% des investissements dans la région même du fonds régional est trop peu élevé.
Mais, peut-être que le problème se présente de la mauvaise façon, si vous me permettez une question politically incorrect. Manque-t-il de projets prometteurs à financer dans les régions éloignées, toutes proportions gardées? Comment expliquer, alors, que le FIER soit assis sur une montagne de liquidités?
Au 31 décembre dernier, les 30 fonds régionaux du Québec avaient 82 millions à investir!

Comment se fait-il que le gouvernement ait versé à ces fonds millions sur millions, dans certains cas avant même qu'ils aient réalisé leur premier investissement?
Pis, ces fonds régionaux vont-ils investir dans des projets moins intéressants uniquement pour rétablir l'équilibre régions/métropole d'ici la fin du programme?
Peut-être, finalement, qu'il vaudrait mieux jeter le bébé avec l'eau du bain.

sophie.cousineau@lapresse.ca

18 juin, 2009

La pensée magique a de nouveaux adeptes

Le phénomène de « la pensée magique » a atteint des strates de la société québécoise qui semblait inimaginable il y a à peine quelques années.

Depuis toujours, les ....logues de tout acabit prétendent que les gouvernements représentent la solution magique à tous les problèmes de la société. Ils croient que l’État doit dépenser sans compter pour satisfaire les moindres caprices d’une population déresponsabilisée. Heureusement, généralement, les économistes et chroniqueurs financiers offrent un contrepoids à tous ces ...logues.

Malheureusement, il semble qu’au Québec, ce contrepoids est en voie de disparaître. Deux exemples récents permettent d’illustrer mon propos.

Le retour des déficits

Au cours des derniers mois, la plupart des économistes et chroniqueurs financiers ont laissé tomber les principes de bonne gestion qu’ils avaient défendus pendant des années. Tout à coup, parce que la crise économique s’annonçait difficile, il devenait raisonnable d’abandonner le principe du déficit zéro. Bien entendu, ils prenaient soin de conclure qu’il fallait rapidement revenir à une situation d’équilibre budgétaire.

C’est de la pure pensée magique. On commence seulement à réaliser l’ampleur de l’erreur qui a été commise. En quelques mois, le déficit fédéral est passé de quelques milliards à 35 milliards, à 50 milliards et ce n’est que le commencement.

Au provincial, les hypothèses budgétaires au-delà de 2010-2011 sont totalement farfelues. Comment peut-on croire que le gouvernement va soudainement mettre fin au gaspillage et reprendre le contrôle des dépenses publiques? Par quel tour de magie va-t-on réussir ce qui n’a pu être fait depuis 40 ans? C’est un autre exemple de pure pensée magique.

Avant que ce cycle de dépenses folles ne soit terminé, des centaines de milliards se seront ajoutés aux dettes des gouvernements.

Les PPP

Les PPP sont loin d’être une solution idéale au manque d’efficacité des gouvernements. Au mieux, un projet réalisé en mode PPP impose une discipline budgétaire et administrative qui permettra de compléter un projet selon l’échéancier et le budget établis. Toutefois, les projets PPP coûteront toujours beaucoup plus chers que les mêmes projets confiés à l’entreprise privée. Mais au moins on est assuré que les entreprises privées impliquées veilleront au grain.

Au pire, les fonctionnaires et les entreprises comploteront pour mieux détrousser les contribuables. Même dans cette éventualité, les contribuables en obtiendront plus pour leur argent que si les projets étaient gérés entièrement par les fonctionnaires.

Malheureusement, de plus en plus d’économistes et de chroniqueurs remettent en question le modèle PPP. Cette remise en question propose que la gestion conventionnelle est efficace lorsque les projets sont à l’abri des interférences politiques (Voir le texte de Sophie Cousineau ci-bas.). Cela aussi c’est de la pure pensée magique.

Au minimum, le mode PPP rend les interférences politiques plus difficiles et surtout plus risquées. Leurs nombres et importances sont donc portés à diminuer.
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Les PPP à la poubelle des projets passés
Sophie Cousineau, La Presse Affaires, Lundi 15 Juin 2009

La présidente du Conseil du Trésor, Monique Gagnon-Tremblay, envisage d’abandonner la formule des partenariats public-privé (PPP) pour certains de ses grands projets, comme l’échangeur Turcot et le Centre hospitalier de l’Université de Montréal, rapportait La Presse cette fin de semaine.

«Dans notre contexte économique, je suis consciente que si les avantages reliés au PPP ne sont pas au rendez-vous, le gouvernement devra prendre les décisions appropriées», a déclaré la ministre.

C’est la première fois qu’un ministre du gouvernement Charest évoque cette possibilité, une volte-face qui aurait été inconcevable à l’époque de Monique Jérôme-Forget, pour qui les PPP tenaient de la religion.

Enfin !

Les PPP ne laissent personne indifférents, suscitant appuis fervents et critiques féroces. Dans ces deux camps idéologiques, nombreux sont ceux qui voudraient imposer des solutions mur à mur, là où les circonstances imposent plutôt de faire preuve de discernement.

En cette récession, le principal avantage des PPP ne tient plus, dans la mesure où les partenaires du gouvernement sont incapables de se financer à un coût raisonnable. Nombre de gouvernements qui avaient embrasé les PPP ces dernières années doivent d’ailleurs se substituer à leurs partenaires privés et assumer leurs risques financiers. Dans le contexte, larguer le PPP tient du gros bon sens.

De plus, il est loin d’être souhaitable que le gouvernement du Québec se fasse les dents avec des projets d’une envergure et d’une complexité aussi considérables. La prudence est de mise.

La gestion conventionnelle peut fonctionner si les évaluations de coûts sont réalistes et si le gouvernement ne change pas trop souvent ses exigences en cours de route, ce qui explique en bonne partie les dépassements de coûts. À Québec de faire la démonstration de son efficacité.

03 mai, 2008

Les contribuables financent Morgan Stanley (Suite)

Les journalistes, les chroniqueurs et les éditorialistes n’y ont vu que du feu. Les politiques interventionnistes québécoises permettaient de créer 500 emplois haut de gamme. En réalité, le programme d’aide à l’emploi a simplement permis à Morgan Stanley de transformer 200 emplois non subventionnés en emplois subventionnés. Pour le reste, on verra plus tard!

..... et on se demande pourquoi les Québécois ne font pas confiance aux politiciens.


Sophie Cousineau, Cyberpresse, Samedi le 3 mai 2008

Morgan Stanley : pécher par omission

Mea Culpa. Si j’aime tenir un blogue pour avoir le pouls des lecteurs, j’ai toujours douté de leur utilité pour dénicher de l’information exclusive. Plus maintenant.

C’est “v-go” qui m’a fait changer d’avis. J’ignore qui se cache derrière ce pseudonyme, mais “v-go” est mon nouvel ami. C’est lui (ou elle) qui a écrit un commentaire mettant en doute la création de 500 emplois par la banque d’affaires Morgan Stanley à Montréal.

Après quelques coups de fils, mon collègue Hugo Fontaine a - malheureusement - confirmé ces soupçons. La bonne nouvelle que le Québec a claironnée jeudi est pas mal moins spectaculaire que ce que le premier ministre Jean Charest, ses principaux lieutenants et Morgan Stanley l’ont laissé entendre.

Ainsi donc, le gouvernement va appuyer la “création” de 200 emplois qui existaient déjà. Ces salariés étaient employés de la firme de services informatiques Compuware, mais se consacraient exclusivement à Morgan Stanley. Au bout du compte, ils ne feront que changer de bureau!

Malgré tout, Québec paiera 30% de leur salaire, jusqu’à concurrence de 20 000$ par année. Pour ces quelque 200 emplois maintenus, l’aide pourrait atteindre 4 millions de dollars par année. En six ans, la durée du programme, on parle donc d’une aide de près 24 millions de dollars. Juste pour garder des jobs qui sont déjà là, au risque de me répéter.

À la lumière de ces informations, devrait-on vraiment subventionner Morgan Stanley ? La banque d’affaires américaine a déclaré un profit de 3,4 milliards sur des revenus de 28 milliards US à son exercice financier 2007. Et encore, c’était une très mauvaise année en raison des radiations liées aux prêts hypothécaires à haut risque, le fameux “subprime”.

L’ironie, c’est que la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, se félicitait jeudi d’avoir réformé en profondeur le programme d’aide du Québec à l’industrie des technologies de l’information. Elle a qualifié le précédent programme mis au point par le Parti québécois de “programme de développement immobilier”, parce que l’aide était rattachée à des sites désignés comme la Cité du multimédia.

Il est bien documenté que ce programme avait engendré toute une série d’effets pervers, comme la hausse des loyers et du déplacement de personnel d’un quartier à l’autre de Montréal. Ainsi, 55% des 22 000 emplois créés dans ces sites avaient tout simplement déménagé d’une rue à une autre, d’après les calculs du gouvernement en 2006.

Or, en déménageant les employés montréalais de Compuware chez Morgan Stanley, on arrive drôlement au même résultat!

Dans le communiqué qu’elle a publié jeudi, la firme Morgan Stanley affirme qu’elle s’appuie sur le succès du projet pilote qu’elle menait avec Compuware. “Le projet ayant été couronné de succès, Morgan Stanley établit maintenant un centre permanent”, écrit la banque d’affaires.
Interrogé par un reporter du National Post à savoir s’il s’agissait d’emplois nouvellement créés ou d’emplois transférés d’ailleurs, Jim Rosenthal, chef de la technologie et des activités mondiales de Morgan Stanley, a toutefois répondu: “Nous procéderons à des embauches”.

Quand une journaliste de The Gazette a ensuite demandé à Jim Rosenthal combien de personnes le bureau montréalais de Morgan Stanley emploierait au départ, le dirigeant américain a répondu ceci. “Initialement, nous aimerions commencer avec 300 employés sur les 500. Mais ce n’est pas tellement une question de nombre. Cela dépend de notre aptitude à recruter du personnel.”

“Donc, au début, nous allons commencer avec un employé.”

Les nombreux journalistes qui assistaient à cette conférence de presse sont tous repartis en croyant que Morgan Stanley créerait jusqu’à 500 emplois à Montréal - pas qu’elle en maintiendrait 200 et qu’elle en créerait peut-être 300 autres avec l’argent du gouvernement. Surtout que les ministres présents se faisaient fort de souligner que cet investissement était l’aboutissement de quatre années de démarchage d’Investissement Québec.

Cette impression a d’ailleurs été confirmée par la publicité du gouvernement dans La Presse d’hier. Dans cette publicité d’une pleine page qui souligne l’arrivée de Morgan Stanley, Investissement Québec affirme que l’entreprise américaine “créera jusqu’à 500 emplois”.
Si Jean Charest, Monique Jérôme-Forget et Raymond Bachand savaient que 200 emplois étaient transférés et que seulement 300 autres pouvaient être créés, tout ce beau monde a péché par omission en n’en soufflant pas mot jeudi.

Il est sidérant de constater que le gouvernement libéral et Morgan Stanley pensaient enjoliver les retombées de cet investissement tout en croyant que la réalité ne finirait pas par les rattraper.

Le plus absurde de l’affaire, c’est que même en le dégonflant à des proportions plus justes, l’investissement de 200 millions de dollars de Morgan Stanley reste une bonne nouvelle. Mais, à l’évidence, ce n’était pas assez séduisant pour un gouvernement minoritaire qui rêve de se faire réélire.

02 mai, 2008

Les contribuables financent Morgan Stanley

Tout comme Sophie Cousineau je me réjouis de l’annonce de la venue de Morgan Stanley à Montréal. Un des facteurs importants qui ont motivé Morgan Stanley à venir s’installer à Montréal est la disponibilité de travailleurs qualifiés.

Cela démontre qu’en créant un environnement favorable il est possible d’attirer des investissements importants au Québec. Malheureusement, la disponibilité de ressources qualifiées était une condition nécessaire, mais non suffisante, pour attirer Morgan Stanley.

Le gouvernement a dû encore une fois piger dans les poches des contribuables pour convaincre Morgan Stanley de venir à Montréal. L’entente prévoit que Québec défrayera 30% des coûts de mains-d’oeuvre de la nouvelle entreprise (environ 60 millions).

Pourquoi les contribuables doivent-ils financer une entreprise dont le chiffre d’affaire équivaut au deux tiers du budget du Québec?

À première vue on est enclin de conclure que c’est parce que Montréal était en compétition avec d’autres villes à travers le monde. Toutefois, en y regardant de plus près, on découvre que la vraie raison est ailleurs. Les subventions sont nécessaires pour compenser un manque de liberté économique.

Sophie Cousineau, Cyberpresse, Jeudi 1 Mai 2008
Morgan Stanley : un coup fumant

Jim Rosenthal, chef de la technologie et des activités mondiales de la banque d’affaires Morgan Stanley, affichait un sourire dubitatif lorsque Jean Charest lui a tendu un chandail du Canadien de Montréal avec Morgan Stanley 08 inscrit dans son dos. Et ce n’est pas parce que la subtilité du clin d’œil du premier ministre du Québec a échappé au financier new-yorkais !
Coupe Stanley, Morgan Stanley, got it ? Wink, wink !

Jean Charest n’a pas semblé remarquer le peu d’empressement de Jim Rosenthal (un partisan des Rangers?) à enfiler le chandail du Canadien sur son habit cravate. En fait, le premier ministre ne portait plus à terre tellement il rayonnait. Il faut dire que la semaine a été fort bonne pour lui.

L’affaire Bruno Fortier est déjà un lointain souvenir. Et le dernier sondage Crop-La Presse laisse entrevoir sa réélection à la tête d’un gouvernement majoritaire à la faveur d’une opposition en déroute.

Mais il serait réducteur de considérer l’arrivée de Morgan Stanley au Québec sous le seul angle politique. Avant d’être un bon coup pour le chef libéral, c’est une excellente nouvelle pour Montréal.

La ville a d’ailleurs bien besoin d’un remontant. Et ce n’est pas uniquement parce que le Canadien fait maintenant face à l’élimination dans les séries ! La dernière année a été difficile, avec la perte du siège social d’Alcan et la fermeture annoncée des usines de Golden Brands (600 emplois) et de Flextronics (700 emplois), entre autres coups durs.

Or, les 500 emplois que Morgan Stanley projette de créer dans la métropole d’ici cinq ans sont bien mieux que de menus boulots. Les firmes de courtage sont parmi les utilisateurs de technologie de l’information les plus sophistiqués.

Pour développer des logiciels et assurer le soutien information de ses systèmes, Morgan Stanley recrutera des diplômés en informatique, en ingénierie, en maths, dont certains docteurs ès sciences pour les modélisations les plus complexes, a expliqué Drew Vaden, directeur administratif responsable du développement logiciel. Les salaires seront de 60 000 $ en montant.

On ne parle pas, non plus, d’emplois qui déménagent d’un bout de la ville à l’autre, comme c’était le cas avec les fameuses cités du multimédia et du commerce électronique. Le gouvernement a calculé qu’en 2006, 55% des 22 000 emplois créés dans les sites désignés arrivaient d’un bureau situé ailleurs au Québec !

Dans son dernier budget, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a eu l’intelligence d’étendre les crédits d’impôts sur les salaires à toute la province, tout en resserrant les critères d’admissibilité pour encourager l’innovation et non plus les fonctions routinières de soutien administratif.

Même en étant moins généreux, ces crédits représentent une aide financière de l’ordre de 10 millions de dollars par année. Cette aide sera offerte pendant six ans, pour un total qui frise les 60 millions.

Pourquoi subventionner une firme qui compte plus de 749 milliards en actif sous gestion ? Son président du conseil et chef de la direction, John Mack, n’a-t-il pas empoché 18 millions de dollars l’année dernière ? (C’était une dure année puisqu’il a été privé de sa prime à court terme en raison des 9,4 milliards US radiés en relation avec les hypothèques à haut risque.)

Cela fait grincer des dents…

Toutefois, Montréal rivalisait avec des villes de l’Inde, de Chine, de l’Europe de l’Est et de l’ouest des États-Unis, a précisé Jim Rosenthal. Or, il faut être naïf pour croire que ces juridictions n’offraient pas elles aussi des incitatifs pour attirer chez eux des emplois d’une pareille qualité.
Mais, il n’y a pas que les subventions qui ont séduit Morgan Stanley. Il y a le bassin de travailleurs qualifiés et la proximité tant géographique que culturelle avec New York. Travailler dans le même fuseau horaire plutôt qu’avec un décalage de 12 heures, cela reste un sacré avantage.

La venue de Morgan Stanley vient appuyer les conclusions d’une étude de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) de 2005, selon laquelle le Canada est l’un des pays qui ont gagné des emplois avec la sous-traitance des services informatiques.

Plusieurs entreprises, notamment les institutions financières, hésitent à sous-traiter leurs services informatiques à l’extérieur de l’Amérique du Nord pour des raisons de sécurité, d’où la popularité de ce nearshoring. C’est d’ailleurs pourquoi des entreprises indiennes comme Tata Consulting Services se sont implantées ici.

Il ne faut toutefois pas prendre cet avantage pour un acquis. Ainsi, l’industrie du développement logiciel n’autorise aucune complaisance, surtout pas dans un environnement où le dollar canadien se négocie à parité avec le dollar américain.

Le travail des employés montréalais de Morgan Stanley sera ainsi comparé à celui des 18 autres centres de développement de logiciel de l’entreprise à travers le monde. Il faudra donc, en bout de ligne, que les grands patrons de la firme américaine soient épatés par le talent, l’ingéniosité et le dévouement de leurs employés montréalais.

C’est de cela dont dépendront les 500 emplois créés, une fois que les subventions seront épuisées.

Cela passe par des diplômés de haute qualité. Cela passe par de bonnes écoles et universités. Et cela passe par le recyclage de la main-d’œuvre manufacturière du Québec, qui constitue un riche bassin de travailleurs inexploité. Encore faut-il requalifier ces travailleurs, ce qui représente aujourd’hui l’un des plus grands défis du Québec.

11 janvier, 2008

L’incompétence a un nom : Béchart

L’incompétence du ministre Béchart est certainement digne d’un record Guinness. Malheureusement, je doute qu’il ait à subir les conséquences de son incompétence. En politique, il semble que le pire qui puisse vous arrivez c’est de perdre votre emploi. Cela ne doit pas trop l’inquiéter, Bombardier lui doit un énorme « retour d’ascenseur ».


L'achat de wagons pour les nuls

Sophie Cousineau, 11 janvier 2008 - 06h48, La Presse


«Inaptitude d'une autorité publique à accomplir un acte juridique.»

Voilà la première définition que le Petit Robert donne au mot incompétence. Et c'est «drette cela», si vous me passez le québécisme. Aussi ahurissant que cela puisse paraître, Québec est incapable d'acheter des wagons de métro.


Il y a deux polémiques sur le remplacement des 336 voitures de métro de la Société de transport de Montréal (STM). L'une touche le fond, l'autre touche la forme.Le fond, c'est la décision annoncée par Québec, au printemps de 2006, de ne pas procéder par appel d'offres. Cela revenait à donner à Bombardier, sur un plateau d'argent, un contrat d'une valeur estimée à 1,2 milliard de dollars.

La forme, c'est la façon par laquelle le gouvernement a tenté de faire avaler la pilule, tant aux contribuables québécois qu'au groupe français Alstom, éternel rival de Bombardier.

Commençons par le fond. Contrairement à ce que pensent certains, Québec peut octroyer ce contrat sans appel d'offres en toute légalité. Il s'en trouve même plusieurs pour défendre ce choix d'encourager les champions nationaux, même si je n'en suis pas.

La police du commerce international, l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), ne sortirait pas son sifflet. C'est que son Accord sur les marchés publics est truffé d'exceptions.

Il s'applique seulement aux pays signataires, un petit club de pays riches, et non aux provinces et aux autres juridictions inférieures. Surtout, il exempte les achats de matériel de transport urbain.

En fait, la seule chose qui interdisait à Québec de faire n'importe quoi, c'est sa propre Loi sur les sociétés de transport en commun.

Que dit cette loi? Que la STM peut négocier avec une seule entreprise, à la condition de démontrer, à la suite d'une vérification "documentée et sérieuse", qu'il n'y a aucune autre entreprise au Canada qui soit en mesure de fournir le matériel et le service en question.

C'est ce travail que le gouvernement a complètement bâclé, pour ne pas dire cochonné. En effet, la vérification sommaire faite par des fonctionnaires, qui n'étaient pas qualifiés pour faire ce travail, est datée de janvier 2007. C'est huit longs mois après que le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, eut annoncé sa décision de ne pas procéder par appel d'offres!

«En date du 11 mai 2006, date de l'annonce, il n'y avait aucune vérification documentée crédible au dossier», a conclu le juge Joël Silcoff de la Cour supérieure.

Québec devait faire la démonstration que les installations d'Alstom à Sorel-Tracy et à Calgary servaient uniquement à l'entretien de matériel roulant et non pas à la fabrication et à l'assemblage de wagons neufs.

Et si le gouvernement doutait que sa preuve résiste à une contestation prévisible d'Alstom, il pouvait toujours changer sa loi. Rien ne l'en empêchait.

À la place, Québec a créé un véritable gâchis. Gâchis dont les usagers du métro de Montréal n'ont pas fini de faire les frais...

Vingt mois plus tard, donc, la Société de transport de Montréal doit revenir à la case départ et lancer un appel d'offres, ce qui retardera encore la livraison des wagons, qui était prévue à l'été de 2012 à l'origine.

Or, le gouvernement calculait au printemps de 2006 qu'un appel d'offres retarderait de plus de deux ans (26 mois) la livraison des wagons comparativement à une négociation de gré à gré.

Le plus ironique, c'est que Québec invoquait l'urgence d'agir pour procéder de la sorte, les wagons du métro étant sur le point de tomber en pièces! Sans mentionner bien évidemment qu'il s'agissait d'un problème auquel le gouvernement libéral a contribué...

En effet, peu de temps après l'élection de Jean Charest, en 2003, la STM a suspendu son projet de remplacer les wagons par appel d'offres, faute d'appuis et de financement du gouvernement.

C'est l'ancien ministre du Développement économique Claude Béchard qui l'a ressuscité à l'été de 2005. Mais le député de Kamouraska-Témiscouata, où se trouve l'usine d'assemblage de wagons de La Pocatière, a dès lors affirmé que Bombardier devrait obtenir le contrat, alors qu'il avait toujours été question d'un appel d'offres jusque-là. C'est là que le dérapage a commencé.

Le pire de tout cela, c'est que la STM a perdu énormément de crédibilité dans cette histoire, ayant été associée aux manoeuvres politiques grossières du gouvernement.

En ordonnant la tenue d'un appel d'offres, le juge Silcoff écrit que la Société de transport «n'a plus l'indépendance et l'impartialité requises pour être saisie du dossier et prendre une décision appropriée».

Si la STM n'est plus assez impartiale pour décider ou non de la tenue d'un appel d'offres, comment peut-elle choisir le gagnant dudit concours?

Et est-ce que cela n'ouvre pas la porte à une nouvelle contestation d'Alstom, advenant que l'entreprise française perde le contrat? D'autant que Bombardier a eu accès à des informations privilégiées au cours des derniers mois.

On ne s'assoira pas de sitôt dans le nouveau métro.


Bombardier doit faire ses preuves

Michel Laliberté, Cyberpresse, Le Jeudi 10 Janvier 2008

Le patronage n’a plus sa place en politique. Le gouvernement de Jean Charest vient de se le faire rappeler durement par un juge de la Cour supérieure. Celui-ci force la Société de transport de Montréal (STM) à lancer un véritable appel d’offres pour le remplacement de 336 wagons de métro. Une affaire de 1,2 milliard de dollars!

Cette histoire, c’est celle en fait d’un favoritisme éhonté du ministre Claude Béchard à l’endroit de Bombardier Transport. Titulaire en 2005 du portefeuille du Développement économique, le ministre a fait en sorte que Bombardier obtienne le contrat. C’était une excellente nouvelle pour l’économie du Québec, mais ça l’était surtout pour l’usine de Bombardier à La Pocatière. Par un incroyable hasard, elle se trouve en plein dans la circonscription de Kamouraska-Témiscouata, celle de l’ambitieux politicien.

À l’époque, les responsables de Bombardier se sont défendus, assurant que les contribuables en auraient pour leur argent. La belle affaire! On aurait été surpris qu’ils affirment le contraire. La réalité, c’est que cette façon de faire équivaut à signer un chèque en blanc. Imaginez-vous un instant la réaction de l’opinion publique dans l’éventualité d’un dépassement des coûts. Parce que les dépassements de coûts sont monnaie courante (prolongement du métro à Laval, Grande bibliothèque, UQAM).

Le problème est strictement politique. Le ministre Béchard s’est prévalu d’une loi autorisant les sociétés publiques, comme la STM, à outrepasser le processus d’appel d’offres pour négocier avec un seul fournisseur. Si les effets sont bénéfiques pour une usine quelque part au Québec, les contribuables, ceux qui financent ces projets majeurs, n’ont aucune garantie qu’ils paient le juste prix.

Le but des appels d’offres est double: mettre les fournisseurs en concurrence pour obtenir le meilleur prix et éviter que les amis du régime ne se sauvent avec le contrat sans prouver qu’ils le méritent. Jusqu’à maintenant, c’est le meilleur processus que les sociétés démocratiques ont mis au point.

Il existe des mécanismes au Québec pour s’assurer de retombées économiques lors de l’octroi de contrats publics. Les conditions dans les appels d’offres peuvent exiger des soumissionnaires, par exemple, que des composantes des produits achetés proviennent du Québec.

On image que les dirigeants de Bombardier Transport maugréent. Mais inversons le problème: comment réagiraient-ils si un ministre dans un autre pays leur en passait une vite à la Claude Béchard? Ils n’applaudiraient certainement pas.À Bombardier, cette grande multinationale, de prouver qu’il mérite le contrat de la STM. En suivant les règles de l’art, bien entendu.