Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Le jour de l’élection, on fait un X sur le candidat et une croix sur ses promesses.--- Michel Beaudry

________________________________________________________________________

22 octobre, 2019

Lettre à notre fils qui se bat « pour le climat »

Charles ANDRÉ

Mon chéri,

Vendredi, plutôt que d'aller au lycée, tu as participé à la manifestation pour la défense du climat et le sauvetage de la planète. Tu n'imagines pas combien nous avons été fiers de te voir engagé dans une cause aussi essentielle. Profondément émus par tant de maturité et de noblesse d'âme, nous avons été totalement conquis par la pertinence de ton combat.

Aussi, je t'informe que ta mère et moi avons décidé d'être indéfectiblement solidaires et, dès aujourd'hui, de tout faire pour réduire l'empreinte carbone de notre famille.

Alors pour commencer, nous nous débarrassons tous les smartphones de la maison. Et puis aussi de la télévision. Tu ne verras aucune objection, naturellement, à ce que ta console subisse le même sort : on dit qu'ils contiennent des métaux rares que des enfants, comme toi, extraient sous la terre dans des conditions honteuses.

Évidemment, nous avons entrepris de résilier aussi tous les abonnements téléphoniques et la box d'accès à l'internet. Nous avons pris conscience que tous ces gigantesques data-centers qui stockent les données des réseaux sociaux et des films en « steaming » sont des gouffres énergétiques. J'ai aussi contacté un plombier pour faire retirer le système de climatisation particulièrement énergivore. Nous nous le remplacerons par des ventilateurs basse consommation dont nous nous efforcerons de ne pas faire une utilisation abusive.

Nous pensons également qu'il est nécessaire de corriger nos modes de vie : nous cesserons donc de partir en vacances au ski ou à l'étranger. Ni même sur la Côte d'Azur avec le camping-car que, d'ailleurs, nous avons la ferme intention de revendre. Et bien sûr, fini l'avion ! Pour l'été prochain, ta mère et moi avons programmé de remonter le canal du Midi par les berges, à vélo. Comme tu iras désormais au collège avec ton VTT, cela te fera un excellent entraînement. Oui, parce que la batterie de ta trottinette électrique n'étant pas recyclable, il te faudra oublier ce mode de locomotion. Mais c'est déjà fait, j'imagine.

Ah ! pour tes vêtements, nous avons décidé de ne plus acheter de marques (ces vêtements sont fabriquées par des mains d'enfants dans les pays du tiers-monde comme tu le sais). Tu nous approuveras, nous en sommes persuadés. Nous envisageons par conséquent de t'acheter des vêtements en matières éco-responsables, comme le lin ou la laine, que nous choisirons de préférence écrus (les teintures sont parmi les plus grands polluants).

Dans la foulée, nous nous mettrons à l'alimentation bio et privilégierons les circuits courts. Et pour aller au plus court, nous songeons même à acheter des poules afin d'avoir des œufs frais à portée de main : tu vas adorer ! Ta mère a même pensé à un mouton pour tondre le gazon. Et puis, j'ai adressé une candidature en bonne et due forme à la mairie pour obtenir l'affectation d'une parcelle dans les jardins familiaux partagés. Nous comptons sur toi pour nous aider à cultiver nos légumes. Il va sans dire que, dans cette démarche, nous bannirons les aliments industriels. Désolé pour le Coca et le Nutella dont tu faisais grande consommation et dont tu devras te priver à présent. Mais nous ne doutons pas un instant de ton approbation.

Enfin, pour palier le manque de distractions par écrans interposés, le soir, nous nous remettrons à la lecture (dans des livres en papier recyclé, cela va de soi) ou nous jouerons aux échecs et pourquoi pas aux petits chevaux : il y a une éternité que nous n'avons pas fait une partie de ce jeu désopilant. Nous achèterons un plateau et des pièces en bois du Jura, comme il se doit. Et nous veillerons à nous coucher plus tôt pour économiser la lumière.

Voilà, nous sommes certains que tu adhèreras pleinement à ce sympathique programme qui s'inscrit en ligne directe dans ton combat pour sauver la planète. Et nous te remercions encore de nous avoir ouvert les yeux.

Tes parents qui t'admirent et qui t'aiment.

(courrier écrit sur du papier recyclé)

La réflexion du jour

Les politiciens ne s’en sont jamais privés, eux, mais depuis quelques élections, cela a pris une tournure franchement grotesque avec la multiplication de « petites » promesses destinées à la classe moyenne. Des boîtes à lunch pour les enfants à la facture des vacances estivales, le plus banal aspect de l’économie familiale est désormais présenté comme un enjeu national.---Daniel Germain

21 octobre, 2019

La réflexion du jour

Le seul intérêt d’un gouvernement est sa réélection et non la gestion d’enjeux qui traversent des générations. Plusieurs exemples montrent que les interventions gouvernementales peuvent avoir un effet néfaste sur l’environnement : la gestion de l’offre qui favorise un type d’agriculture plus polluant, les cimenteries (Port-Daniel en Gaspésie) ou l’absence de péages sur les routes congestionnées.--- KEVIN BROOKES, BENOIT PÉPIN ET GERMAIN BELZILE

16 octobre, 2019

L’effet Cobra ou les conséquences imprévues en politique

Découvrez l’ « effet cobra » : quand une décision politique ou économique aggrave le problème initial…

Un article de The Foundation for Economic Education
Les êtres humains réagissent à chaque loi, règlement et ordre imposés par l’État et il peut en résulter des conséquences assez différentes de ce que les législateurs avaient en tête.
Chaque décision humaine apporte son lot de conséquences imprévues. Souvent, elles sont sans importance, parfois amusantes. Par exemple, quand Airbus a voulu rendre ses avions plus silencieux pour améliorer le confort de ses passagers, les A380 le sont tellement devenus que les gens pouvaient entendre bien trop distinctement ce qu’il se passait dans les toilettes de l’avion.
D’autres fois, les conséquences imprévues ont des répercussions importantes et profondes. Le système de santé américain en est l’illustration parfaite. Il est apparu sous sa forme actuelle en grande partie à cause de deux décisions gouvernementales.
Tout d’abord, le contrôle des salaires et des prix pendant la Seconde Guerre mondiale a incité les employeurs à ajouter l’assurance maladie dans les avantages sociaux. Pourquoi ? La loi interdisait aux employeurs d’augmenter les salaires, donc pour attirer les travailleurs, ils ont proposé de fournir une assurance maladie. Puis en 1951, le Congrès a déclaré que les prestations d’assurance maladie fournies par l’employeur ne seraient pas considérées comme un revenu imposable. Il devenait par conséquent moins coûteux pour les employés d’être augmentés sous la forme de prestations d’assurance défiscalisées plutôt que de salaires imposables.
De ce fait, non seulement les travailleurs bénéficient à présent d’une assurance santé via leurs employeurs (à l’inverse, par exemple, de celles de leur voiture et de leur domicile), mais ces régimes d’assurance ont également tendance à être plus luxueux que ce qu’ils auraient été si le Congrès ne leur avait jamais accordé un traitement fiscal particulier. Ces deux décisions ont contribué à créer le système de soins que nous avons maintenant, et dont presque tout le monde s’accorde à dire qu’il ne fonctionne pas.
Personne n’a cherché à créer un tel système, de même que personne n’a voulu rendre les bruits des toilettes plus sonores dans les avions. C’étaient des conséquences imprévues. Et on peut en voir partout quand on sait regarder.
Elles surviennent tellement souvent que les économistes les nomment « l’effet cobra » en référence à l’un des exemples les plus parlants.

LES COBRAS DE DELHI

Dans l’Inde coloniale, Delhi était infestée de cobras, un problème appelant très clairement une solution, compte tenu des risques mortels engendrés par ces reptiles. Pour en réduire la population serpentant à travers la ville, les autorités locales ont mis leur tête à prix. Cette solution semblait tout à fait sensée. La prime était suffisamment généreuse pour que beaucoup se mettent à chasser le cobra, et elle entraîna exactement l’effet désiré, soit une diminution de leur nombre. Et c’est ici que les choses prennent une tournure intéressante.
À mesure que la population de cobras diminuait et qu’il devenait difficile d’en trouver dans la nature, les gens sont devenus comme qui dirait entreprenants. Ils se sont mis à en élever pour ensuite les tuer et récupérer les primes comme auparavant. D’où un nouveau problème : les autorités ont constaté une quasi-absence de cobras dans la ville mais continuaient néanmoins à verser autant de primes qu’avant.
Les édiles ont agi de façon intelligente en annulant cette prime. En réponse, ceux qui élevaient des cobras chez eux les ont relâché dans les rues puisqu’il étaient devenus sans valeur. Qui voudrait avoir plein de cobras dans sa maison ?
Au final, Delhi avait un problème de cobras plus important après l’abandon de la prime. Le programme d’éradication des cobras a eu pour conséquence une augmentation de leur nombre dans les rues. Cette mesure est devenue l’exemple-type d’une tentative de résolution d’un problème qui finit par aggraver celui-là même auquel les législateurs entendaient mettre un terme.

LA POLLUTION DE L’AIR

Ce n’est bien évidemment pas spécifique aux cobras. Le même genre de chose est survenu à la fin des années 1980 à Mexico, ville à cette époque affectée par une pollution de l’air extrême due aux voitures de ses 18 millions d’habitants. La municipalité y répondit par Hoy No Circula, une loi prévue pour réduire la pollution automobile : interdiction de circulation pour 20 % des automobiles, déterminée par les derniers numéros de la plaque minéralogique, chaque jour pendant l’hiver, au moment où la pollution était la plus importante.
Bizarrement, cette mesure n’a pas engendré une amélioration de la qualité de l’air à Mexico. En fait, ça l’a aggravée.
Grande découverte : les besoins des individus ne changent pas du fait d’un simple décret gouvernemental. Les habitants de Mexico pouvaient très bien souhaiter un air plus pur, mais ils avaient aussi besoin de se rendre à leur travail ou à l’école. Ils ont réagi à l’interdiction d’une façon que les législateurs n’avaient ni voulue ni prévue.
Certains ont fait du covoiturage ou ont emprunté les transports en commun, ce qui était le but initial de la loi. D’autres ont pris des taxis qui en moyenne polluaient davantage que les voitures individuelles.
D’autres ont davantage contourné l’objectif de la loi. Ils ont acheté une seconde voiture ; munie d’une plaque d’immatriculation différente, ils l’utilisaient le jour où il leur était interdit de conduire leur voiture principale. Quel genre de voiture ont-ils acheté ? Les moins chères qu’ils ont pu trouver, celles qui crachaient leur pollution dans la ville bien davantage que celles qu’ils n’avaient pas le droit d’utiliser. Ils ont relâché leurs cobras dans les rues, sauf qu’ici, les cobras étaient des voitures.

EFFET COBRA OU LES CONSÉQUENCES IMPRÉVUES PARTOUT

Ces exemples de conséquences imprévues ne sont pas des aberrations. Elles apparaissent à chaque fois qu’une autorité impose sa volonté au peuple.
— Les lois relatives aux ceintures de sécurité et aux airbags diminuent la sécurité des piétons et des cyclistes en permettant aux conducteurs d’être moins prudents tout en étant mieux protégés.
— Les lois sur les prêts sur salaire, prévues pour protéger les emprunteurs à faibles revenus contre des taux d’intérêt élevés, rendent leur emprunt plus coûteux en les obligeant à opter pour des alternatives qui le sont encore plus.
— L’obligation pour une entreprise de publier le montant de la rémunération de son PDG afin d’encourager les actionnaires à la réduire s’est traduite par des demandes d’augmentation de ceux qui étaient les moins bien payés.
— La loi des trois coups, supposée réduire la criminalité, augmente le nombre de décès au sein de la police en incitant les récidivistes à se soustraire voire à se rebeller.
— La loi relative aux Américains avec handicap (ADA) incite les employeurs à une discrimination à l’embauche des handicapés de façon à se soustraire à d’éventuelles demandes liées à ce dispositif.
— En réduisant le nombre d’électriciens habilités, les obligations de licence professionnelle peuvent inciter les particuliers à effectuer maladroitement eux- mêmes certains travaux et ainsi risquer accidents et blessures.

VENEZUELA

Peut-être que rien n’illustre mieux l’ampleur des problèmes potentiels découlant des conséquences imprévues que le terrible exemple venezuelien à la suite de la nationalisation de son industrie pétrolière en 1976. L’intention de l’État était de conserver les bénéfices du pétrole. Et c’est ce qu’il s’est passé, pour un temps.
Quand l’État s’empare d’une industrie précédemment privée, l’incitation au profit propre à maintenir le capital physique se délite et disparaît. Cela s’est poursuivi pendant une décennie et a fait croire —au moins pendant un temps— que contrairement à d’autres expériences socialistes, celle du Venezuela fonctionnait.
Mais, en même temps que le capital physique de l’industrie pétrolière s’est effondré, la production de pétrole a chuté. Coïncidence, c’est à cette époque que les cours du pétrole ont également chuté, ce que les adeptes du socialisme désignent comme le véritable coupable. C’est sans aucun doute inexact étant donné qu’aucun autre pays producteur de pétrole n’a supporté ce qu’allait endurer le Venezuela.
À mesure que les revenus et la production dégringolaient, l’État venezuelien a fait ce que font inévitablement tous les États quand les recettes disparaissent. Il a emprunté et levé des impôts autant qu’il le pouvait puis a commencé à faire tourner la planche à billets. L’impression des billets a engendré une conséquence imprévue, l’inflation, puis les prix ont tellement augmenté que les gens n’avaient plus les moyens de se nourrir.
Pour y répondre, l’État a imposé un contrôle des prix sur la nourriture, créant une nouvelle conséquence imprévue : les fermiers ne pouvaient plus se permettre de cultiver. Ils ont donc cessé leur activité. Finalement, l’État a obligé les gens à travailler dans les fermes pour assurer la production de nourriture.
La conséquence imprévue ultime de la nationalisation de son industrie pétrolière par le Venezuela a été l’esclavage.

LA LEÇON DE L’EFFET COBRA

Rien de tout cela ne signifie qu’il ne faut pas légiférer. Simplement que ceux qui rédigent les lois devraient être parfaitement conscients que chaque acte humain a des conséquences à la fois prévues et imprévues. Les êtres humains réagissent à chaque loi, règlement et ordre imposés par l’État et il peut en résulter des conséquences assez différentes de ce que les législateurs avaient en tête.
Par conséquent, bien qu’il soit nécessaire de légiférer, il faut que ce soit fait avec autant de grande prudence qu’extrême humilité. Malheureusement, ces traits de caractère ne sont pas communément rencontrés parmi ceux qui deviennent législateurs, d’où la facilité à trouver des exemples de problèmes de cobras.
Traduction par Joel Sagnes pour Contrepoints de The Cobra Effect : Lessons in Unintended Consequences

15 octobre, 2019

La réflexion du jour

Que tu sois à gauche ou que tu sois à droite, que tu penses que le réchauf­fement climatique est causé par l’homme, le soleil, le Grecian Formula de certains animateurs télé ou les pets de vaches, la loi est la même pour tout le monde.--- Richard Martineau