Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Nouvelle devise du dollar canadien : Un de perdu, dix d’empruntés. - Michel Beaudry

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31 juillet, 2019

Fred Aftalion : Pourquoi ne pas le dire ?


Editions du Trident, 2019
A plus de 90 ans, Fred Aftalion mène toujours le combat pour la liberté. Ingénieur, industriel, vice-président de l’ALEPS, c’est un fervent et très efficace défenseur des idées libérales. Il allie avec aisance la théorie aux chiffres et à la recherche scientifique tout en s’appuyant sur des exemples concrets puisés dans l’actualité ou dans le passé. Son dernier livre aborde des thèmes à la mode, comme l’écologie ou le populisme mais aussi des sujets intemporels comme la démocratie ou la « guerre des sexes ». Pour Fred Aftalion, c’est bien l’Etat le principal ennemi de la démocratie. C’est lui qui dénature son fonctionnement en rendant les gens dépendants et en poussant la classe politique à toujours plus redistribuer. Le peuple corrompu par la dépense publique tombe dans les bras de ceux qui lui promettent encore plus. D’où une démocratie pervertie.
Face à l’Etat, l’entreprise, celle qui crée des richesses. Il n’est pas étonnant que les gens de gauche n’aiment pas ce monde. Les nationalisations et les sociétés mixtes n’avaient pas d’autre but que transformer l’entreprise en un organisme au service des pouvoirs publics. Les échecs et les faillites de ces entreprises sous la coupe de l’Etat étaient inévitables. On ne peut pas innover quand on n’est pas libre. Que doit faire l’Etat ? Rien de plus simple, écrit Fred Aftalion. Il doit faire le minimum : « Pourvu seulement que l’Etat, c’est-à-dire les hommes et les femmes faillibles qui le composent, se contente de punir les fraudeurs et ne se mêle pas de régenter un ensemble aussi mouvant qui, comme bien des structures, finit par trouver tout seul son équilibre non sans avoir auparavant connu quelques oscillations imprévues ».
L’ingénieur Aftalion est…vert de rage face aux écologistes. Ce sont des idéologues devenus les ennemis de l’homme. Leurs cibles sont le capitalisme et l’industrie alors que c’est bien grâce au capitalisme que la nature est protégée. La peur est leur arme principale et ils n’hésitent pas à s’en servir, quitte à déformer complètement les réalités. On a oublié que s’il n’y a plus de smog à Londres c’est parce que le fuel a remplacé le charbon et que les OGM attaqués par ces écologistes ont sauvé des millions de gens de la famine, en Afrique et en Inde. L’écologiste est l’ennemi de l’innovation et de l’humanité, son but étant la destruction de tout ce qui est produit par l’homme.
En cultivant l’Etat providence, on empêche l’individu de réagir. La liberté est une condition sine qua non de l’épanouissement humain. L’homme n’a pas besoin d’être pris en charge, ni pour sa santé, ni pour sa retraite. Il est capable de se débrouiller si l’environnement lui est favorable. En fait, le livre de Fred Aftalion est l’un des plus beaux manifestes pour la liberté individuelle.

La réflexion du jour

Vous imaginez : être traité dans un bordel comme un malade aux urgences du Québec. La prostitution confiée au secteur public. Voilà comment faire fuir le client et décourager le recrutement.--- Normand Lester

24 juillet, 2019

L’écologisme, nouveau danger idéologique

L’émergence de l’écologisme ne fait pas que des malheureux et sert admirablement bien l’idéologie anti-libérale dominante hexagonale.

À la lecture du score des écologistes (les Verts puis EELV) lors des différentes élections françaises de ces trente dernières années, leur progression ne saute pas systématiquement aux yeux. Aucun candidat n’était présent à la dernière présidentielle (le candidat s’étant rallié à Benoît Hamon) et les scores lors des précédentes sont marginaux. Le parti écologique ne semble donc pas encore considéré comme un parti de gouvernement.
Cependant, les élections européennes, régionales et municipales confirment bien une tendance à la hausse, malgré des scores assez erratiques sans doute liés aux différences de leadership des personnalités en lice. Il s’est même probablement passé quelque chose de décisif lors de ces dernières élections européennes qui montre que le courant écologiste est en train de devenir un élément déterminant dans le paysage politique français :
  • parce que, phénomène nouveau, pratiquement tous les candidats en lice ont abondamment parlé d’écologie
  • parce que les jeunes électeurs se sont nettement prononcés pour ce courant : 25 % des 18-24 ans et 28 % des 25-34 ans (contre respectivement 15 % et 20 % pour le RN et 12 % et 17% pour LREM). À n’en pas douter, l’écologie est promise à de beaux scores lors des élections à venir.
Hélas, cet engouement constitue en soi une espèce de danger car l’écologie revêt de plus en plus les dimensions d’une idéologie. Une idéologie qui pourrait fortement dévier l’Hexagone de ses priorités.

UNE NOUVELLE IDÉOLOGIE

Il est difficile de ne pas adhérer à cette sorte de paradigme rousseauiste au sein duquel on trouve en vrac l’amour de la nature, la prévention des risques induits par la pollution, la protection de nos chers petits oiseaux et autres espèces en danger. Tout cela est bien joli mais n’oublions tout de même pas que le courant écologiste est alimenté pour l’essentiel par des électeurs de gauche, du fait des reports de voix ou des alliances systématiques avec la gauche d’avant élection. Ainsi, ce paradigme qui fleure bon le romantisme n’est pas si bucolique qu’il n’y paraît. Il embarque au passage et de façon plus ou moins clandestine la détestation du monde économique actuel, le rejet de la course à la croissance, en un mot, la révulsion pour le libéralisme et la globalisation…
D’ailleurs, l’écologie s’empare d’une multitude d’aspects sociétaux qui lui donnent petit à petit les attributs d’une véritable idéologie autocratique.
Souvenons-nous des trois marqueurs de la pensée totalitaire décrits par Hannah Arendt :
  1. la prétention à tout expliquer
  2. la capacité à s’affranchir de toute expérience
  3. la capacité à construire des raisonnements logiques et cohérents permettant de créer une réalité fictive.
Et comparons-les avec ce qu’est en train de devenir l’écologie en France aujourd’hui…

L’ÉCOLOGISME, UNE DOCTRINE QUI VEUT TOUT ENGLOBER

De la chaîne alimentaire (consommer bio des aliments cueillis près de chez soi) aux entreprises écologiques alternatives (comme si les entreprises écologiques échappaient à la concurrence) en passant par les moyens de production (sans pesticides, sans OGM, sans engrais artificiels), l’affichage de l’empreinte carbone de nombreux produits, la taxe carbone ou autres punitions à l’adresse des fauteurs sans oublier les moyens de transport sans émission (le vélo) ou électrifiés sur fond de menaces à peine larvées contre les avions de ligne et le nucléaire, la doctrine est en train d’envahir tous les aspects de la vie quotidienne des Français.

L’ÉCOLOGISME, UNE DOCTRINE QUI TENTE DE S’AFFRANCHIR DES RÉALITÉS CONTRAIRES

Pour absorber tous ces aspects de la vie quotidienne, et pour faire peur aux citoyens, la doctrine évite soigneusement le débat contradictoire. Le GIEC qui alimente abondamment ces peurs préconise une transformation radicale de la société, mais les éléments sur lesquels cet organisme s’appuie sont loin d’être irréprochables. De nombreux scientifiques émettent des réserves quand à l’attribution du relatif réchauffement de la planète à l’homme. De Ray Bates à Claude Allègre, de Jay Lehr (scientifique renommé directeur du Heartland Institute) à Vincent Courtillotla listeest longue des scientifiques pourtant reconnus (parmi lesquels des prix Nobel) à s’opposer aux conclusions du GIEC !
La critique de Ray Bates est intéressante car elle met l’accent sur l’aspect émotionnel (et donc idéologique) du débat en reprochant au GIEC des recommandations disproportionnées par rapport à la trop faible probité des preuves scientifiques avancées. Pour résumer, les conclusions des rapports vont bien au-delà de ce que l’état de la science peut actuellement démontrer avec certitude.
L’objectif n’est pas ici de prendre position pour ou contre le réchauffement climatique mais de mettre l’accent sur l’opacité du fonctionnement du GIEC et sur son refus du débat contradictoire tel que l’universitaire belge Henri Masson ainsi qu’un rapport de l’Organisation météorologique mondiale (entre autres) le déplorent. Ainsi, ce manque de transparence sur les calculs et les projections statistiques affichées s’apparente parfaitement à la tentation de s’affranchir des réalités, ceci afin d’aboutir à l’objectif recherché, à savoir l’affirmation d’une réalité  de remplacement…

L’ÉCOLOGISME, UNE DOCTRINE QUI CHERCHE À CONSTRUIRE UNE RÉALITÉ FICTIVE

Le problème ne réside pas dans ce que le GIEC affirme mais dans le décalage existant entre ses recommandations radicales et la faible consistance des preuves scientifiques utilisées pour les justifier. En d’autres termes, le GIEC tente de convaincre malgré la réalité actuelle des démonstrations scientifiques. Que l’on se rende compte plus tard que cette réalité construite par le GIEC était vraie, ou fausse, ne change rien au problème : aujourd’hui, il semble bel et bien que le GIEC a construit une réalité fictive puisque celle-ci va au-delà de ce que l’état actuel de la science lui autorise de faire.
Ainsi, l’écologisme remplit les trois conditions propres aux idéologies totalitaires. Certes, nous n’en sommes qu’au début. Mais déjà les dangers s’en font sentir : le paradigme climatique devient tellement envahissant dans les médias, dans le discours politique et dans l’esprit de la plupart des citoyens français qu’il les dévie de l’essentiel. L’Hexagone, qui n’est que le 19ème émetteur de CO2 et qui ne représente que 1 % des émissions de la planète, a bien évidemment d’autres urgences que celle-ci. Sa désindustrialisation, sa dégringolade dans les classements en matière de PIB/capita et pire encore, d’IDH (Indice de développement humain, bien plus qualitatif que le PIB/capita seul) sont autrement plus alarmantes.
La France est une véritable fabrique de chômeurs et de travailleurs précaires qu’elle entretient à grand renfort de taxes et de prélèvements sur le dos toujours plus chargé des actifs et des entreprises. Alors qu’elle s’appauvrit comparativement au reste du monde, elle ne cesse de se repaître d’écologisme ! À tel point d’envisager d’inscrire dans la constitution l’écologie comme priorité !

L’ÉCOLOGISME, L’IDÉOLOGIE DE REMPLACEMENT AU SERVICE DU GAUCHISME

Bien qu’utile à la santé de tous, cet engouement pour l’écologie semble presque indécent compte tenu de la situation économique du pays. Il paraît en effet immoral d’ennuyer des pays pauvres ou en voie d’appauvrissement avec des considérations climatiques qui se positionnent tellement plus haut sur l’échelle des besoins de Maslow. Assurer un train de vie décent à l’ensemble de la population reste une mission autrement plus basique et prioritaire pour tout gouvernement digne de ce nom.
Mais ne soyons pas naïfs, l’émergence de cette idéologie ne fait pas que des malheureux et sert admirablement bien l’idéologie anti-libérale dominante hexagonale. En détournant le peuple des échecs de la politique keynésienne menée depuis tant d’années, l’écologisme permet bien évidemment de maintenir le cap étatique. Il offre même au gauchisme une idéologie d’avance, ou de secours, sur les tenants du réalisme libéral.
Une idéologie d’autant plus dangereuse qu’elle semble d’essence totalitaire… Telle une religion – à l’instar du communisme comme le relate Raymond Aron dans L’opium des intellectuels – elle est en passe d’englober tous les aspects de la vie des citoyens à partir d’une réalité plus ou moins reconstruite, en cultivant les peurs et en jouant sur l’idéalisme bucolique afin de devenir hors d’atteinte à la critique… Ceci au préjudice de l’essentiel : le chômage, la précarité et la grande pauvreté, ces fléaux qui rongent la France depuis pourtant si longtemps.

22 juillet, 2019

La réflexion du jour

Par conséquent, le système de santé québécois doit réduire sa rigidité administrative et laisser la compétence de son personnel s’actualiser dans un contexte moins centralisé. Autant les médecins sont exempts de contrôles, autant les professionnels non médicaux sont « bridés ». En soi, cela présage une autre réforme difficile, car le caractère protocolaire du système de santé le rend implicitement réfractaire au changement.--- La Presse+

17 juillet, 2019

Les chèques-éducation: un succès au Chili.



Le Chili a trois sortes d’écoles: 1) entièrement privées, 2) privée financées par des vouchers et 3) publiques. Les écoles privée de type « vouchers » obtiennent dorénavant la moitié des étudiants, alors que les écoles publiques sont passées de 80% en 1981 à moins de 40% en 2018.
Les écoles de type « vouchers » du Chili sont souvent sans but lucratif et apprécient leur autonomie comparativement aux écoles publiques. Ces écoles ont davantage de flexibilité quant au contenu, ayant la possibilité d’innover sans être contraints par la bureaucratie ainsi qu’une plus grande facilité à renvoyer les enseignants inadéquats.
Les scores PISA du Chili étaient dans la moyennes des pays d’Amérique du Sud en 2000, mais se sont grandement améliorés et sont maintenant nettement supérieurs à ceux du Mexique, du Brésil, de la Colombie et de l’Uruguay.
Lorsque les notes sont ajustées en fonction du profil socio-économiques des élèves, les écoles « vouchers » font un petit peu mieux que les écoles municipales. Ceci dit, la concurrence qu’elles ont introduite a incité, voire forcé, les écoles municipales à s’améliorer, si bien que la barre est maintenant significativement plus élevée pour toutes les écoles.
On constate donc que même en conservant une forme de gratuité, la privatisation des écoles permet d’améliorer la performance du système.
Aux États-Unis, les « charter schools », éduquent maintenant 3.1 millions d’enfants, soit 7 fois plus qu’en 2000, mais tout de même seulement 7% des élèves. L’état agit alors comme un gestionnaire de portefeuille, plutôt que comme un opérateur. Les écoles lui sont imputables et celles qui sous-performent se voient retirer leur permis au profit des opérateurs plus efficients.
Cependant, une étude de 2013 produite par des chercheurs de l’Université Stanford a démontré que les « charter schools » n’amélioraient que très peu les résultats scolaires des élèves si on prend compte du profil socio-économique. Par contre, aux États-Unis, elles opèrent avec des budgets plus faibles par élève. De plus, leur performance a été meilleure dans les états où le niveau d’imputabilité est supérieur comparativement aux états où l’état n’apporte que très peu de supervision. Ces mêmes chercheurs ont aussi fait une autre étude en 2015 qui a démontré que les écoles « charters » font mieux que l’école publique en milieu urbain dans les quartiers défavorisés (là ou c’est le plus important).
Cory Booker, ancien maire de Newark dans le New Jersey et candidat présidentiel au Parti Démocrate, a réussi un tour de force en améliorant énormément la performance des écoles de la ville, qui est très pauvre. Comment s’y est-il pris? Il a fait fermer les mauvaises écoles publiques, ajouter des clauses reliant le salaire des professeurs au mérite dans leur contrat et a laissé place à l’expansion des écoles « charters ». Entre 2010 et 2013, le taux de graduation au secondaire est passé de 61% à 76%. Un tiers des élèves de la ville fréquente présentement une école « charter ». Des chercheurs évaluent que la réforme Booker a ajouté l’équivalent d’une année d’éducation juste en raison de l’amélioration de la qualité des écoles.
Pas beaucoup de choix au Québec…
Au Québec, un reportage récent portant sur le trouble du déficit de l’attention (TDA) notait que certains professeurs du primaire ont décidé d’innover dans leur manière d’enseigner. Ils expérimentent avec des classes « flexibles » où les élèves apprennent par projet et passent constamment d’un atelier à l’autre.
Ce type d’organisation permet non seulement de faciliter l’apprentissage des élèves affectés par un TDA ou TDAH, mais il permet aussi d’améliorer l’engagement académiques des autres élèves. C’est un concept gagnant-gagnant et une grande majorité de parents demandent à ce que leurs enfants rejoignent ces classes, si bien que la demande excède largement l’offre.
Pourquoi n’y a-t-il donc pas davantage de classes flexibles? Vous l’aurez deviné: bureaucratie et syndicalisation dans le système public. Mon point est qu’en ayant des écoles privées financées par vouchers, la gratuité du système demeure, mais la qualité s’améliore et les écoles ont un incitatif à mieux répondre aux besoins des élèves et à la demande pour des classes différentes.
Malheureusement, au Québec, le concepts de « vouchers » n’existe pas et, à moins d’envoyer leurs enfants dans des écoles purement privées à leurs frais, les parents n’ont pratiquement aucun choix quant à l’école de leurs enfants. Mettre les écoles en concurrence ne serait-il pas un rempart efficace contre l’inertie bureaucratique?

15 juillet, 2019

La réflexion du jour

Notre système de santé est malade, et cela fait plusieurs années qu’on le sait. Malheureusement, au lieu d’essayer un éventail de remèdes pour le guérir, on ne se limite qu’aux solutions gouvernementales, prétendant que n’importe quelle ouverture à la compétition serait une pente glissante vers une vision caricaturale du système de santé américain. --- Renaud Brossard

13 juillet, 2019

La réflexion du jour

Qu’en est-il de la mise en œuvre de la LAP (ndlr loi sur l'administration publique) ? Des études récentes publiées dans la revue L’actualité montrent que la gestion axée sur les résultats qui est au cœur de cette loi tarde à produire les fruits attendus, que les ministères non seulement sont peu tournés vers la mesure des résultats, mais en plus ne respectent pas les exigences de la loi et que le Secrétariat du Conseil du trésor, jusqu’à récemment, ne jouait pas le rôle mobilisateur que lui confie la loi, se contentant d’accompagner les ministères et de ne pas trop les bousculer. --- La Presse+

10 juillet, 2019

Le marché peut-il être un rempart contre le populisme ?

La relation entre le populisme et l’économie de marché n’est pas simple. On entend souvent dire que les dirigeants populistes défendent les intérêts du petit peuple contre les élites, jouent avec les peurs et emballements des gens et se soucient peu des effets de leur politique sur le pays. D’où la tension entre des politiques fondées sur l’existence d’un marché sain et l’instabilité de politiques économiques démagogiques, redistributives à outrance, faisant fi des conséquences en termes d’inflation, de dette publique ou de croissance. Lorsqu’un parti populiste est au pouvoir, on peut donc logiquement s’attendre à ce qu’il ne fasse pas bon ménage avec le marché. 
D’un point de vue théorique, cependant, l’effet pourrait être inverse. Difficile, pour un parti populiste, de s’attaquer à des pays fortement pro-marché. Il est hautement probable que leur message s’y heurterait à l’hostilité des citoyens, élites comprises, qui ne renonceraient certainement pas à tous les avantages d’un marché libre – forte croissance, protection de la propriété privée, rôle limité du secteur public.
Mon étude sur les liens entre populisme et économie s’appuie sur deux ensembles de données. J’ai utilisé le récent « Global Populism Database » du Guardian, qui analyse les propos populistes des présidents et premiers ministres de 40 pays, démocratiques ou non, entre 2000 et 2018. J’ai en outre relevé, dans l’Index of Economic Freedom publié par Heritage Foundation et le Wall Street Journal, le degré de liberté économique dans le monde pour l’année 2012.
J’étais donc, avec ces outils, en mesure de comparer le degré de liberté économique dans un pays donné en 2012 avec le degré de rhétorique populiste utilisée par le gouvernement l’année suivante.
La fig. 3 confirme nos attentes : plus l’indicateur de liberté économique est élevé dans un pays, moins le message populiste a d’impact l’année suivante. Et inversement. Cela reste valable pour des catégories regroupant plusieurs pays, par exemple, « les démocraties ».
Cette corrélation antinomique entre rhétorique populiste et liberté économique ressort plus fortement que la corruption des politiques, autre source d’inspiration du populisme. Comme le montre le tableau de la figure 3, le niveau de corruption politique en 2012 est perçu comme corrélé négativement à la rhétorique populiste de l’année suivante. Mais moins négativement que le lien entre la rhétorique populiste et la liberté économique.
En bref, bien que la presse populaire (et pas seulement elle...) prétende que ce qu’elle appelle des politiques néolibérales entraîne le populisme, ces résultats suggèrent quelque chose de différent : des politiques plus ou moins pro-marché pourraient constituer le meilleur rempart contre la diffusion du message et de la rhétorique populistes dans un pays donné. Alors que la néolibéralisation n’a jamais été aussi décriée qu’aujourd’hui au sein des partis et du public. C’est un (triste) paradoxe.

08 juillet, 2019

La réflexion du jour

L’enquête interne sur la mort de la fillette de Granby débouche sur des conclusions d’une effarante insensibilité. La technocratie dans toute sa splendeur a accouché d’un rapport non divulgué au public, dont le thème central est la déresponsabilisation. Personne n’est à blâmer pour la mort de cette enfant de sept ans, suivie depuis sa naissance par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). C’est « un système complet », voyez-vous, qui a « failli de plusieurs façons à plusieurs moments ».--- Bryan Myles

04 juillet, 2019

La réflexion du jour

Ceux dont le rêve communiste d’une société entièrement étatisée a été brisé par la réalité soviétique ou chinoise ont trouvé dans l’écologie un nouveau moyen de faire grandir l’Etat au détriment des libertés individuelles.--- IREF

03 juillet, 2019

On va encore (encore !) tous mourir !

Si le réchau changement climatique n’a pas réussi à déclencher plus d’événements météos destructeurs, il n’en va pas de même avec les tempêtes journalistiques qui se font chaque année de plus en plus violentes et agressives.
Ces derniers jours, un véritable ouragan de force 5 s’est abattu sur les médias grâce à une énième publication onusienne tombée à point nommé pour relancer une louchée de folie dans un monde qui n’en manque pourtant pas.
Pour cette brochette d’experts (dans lesquels on retrouve — coïncidence ? Je ne crois pas — d’inaltérables écologistes de la première heure comme Ehrlich, le spécialiste des paris ratés), il n’y a plus aucun doute à avoir : non seulement, l’humain détraque le climat et pas seulement avec ses satellites, m’ame Ginette, mais encore en plus, il bousille le règne animal et végétal à un rythme si soutenu qu’on a bien du mal à en mesurer toute l’ampleur. Il va aussi de soi que cette compulsion à la destruction rabique de tout ce qui l’entoure le mène à la ruine et à une mort atroce, pleine de misères et de souffrances.
Voyez plutôt : selon eux, la biodiversité (terme mal défini) est lourdement menacée. On observerait ainsi que 75 % de l’environnement terrestre et 40 % de l’environnement marin présentent des « signes importants de dégradation », avec au bilan entre 500 000 et un million d’espèces, sur les quelque huit millions estimées sur la planète, seraient menacées d’extinction. Voilà : plus de 12 % des espèces vont disparaître à cause des humains, c’est dit.
Heureusement, il y a des solutions que les experts s’empressent de ne surtout pas détailler. Ce sera le travail des politiciens qui, surprise, sauront trouver les interdictions, les privations de libertés et les taxations indispensables pour remettre l’Humanité sur le droit chemin.
Bien évidemment, il importera peu que la titraille journalistique résultante se vautre dans la panique la moins contrôlée puisque c’est justement le but. Le recul nécessaire n’a été pris par personne, qui aurait permis de noter que les chiffres avancés sont, tous, entachés de très grandes incertitudes (pour le dire gentiment). Peu importe que certaines études estimeraient à plus de 1000 milliards le nombre d’espèces différentes, que la même presse diviserait avec décontraction cette information par un facteur 1000, ou qu’elle n’en trouverait finalement que 8,7 millions, avec la même désinvolture dans d’autres rapports. Peu importe le peu de sérieux des études qui rapportent les disparitions en question puisque le but est, je le redis, de tétaniser tout raisonnement par la peur.
La prudence inciterait donc à conserver numérateur et dénominateur de cette terrible proportion comme inconnus. Ce qui ne ferait pas vendre de papier, ne déclencherait aucune panique, et n’aboutirait à aucun levier actionnable politiquement pour tabasser les Occidentaux de taxes diverses afin de les déculpabiliser de vivre dans une opulence insolente avec un impact environnemental de moins en moins fort.
Les vannes du n’importe quoi alarmiste sont donc ouvertes en grand, et devant le flot ininterrompu d’âneries pseudo-scientifiques, il devient véritablement impossible de poser les débats, réfléchir à tête reposée et regarder froidement les faibles données qu’en réalité nous peinons à rassembler dans un monde en constante évolution.
Ainsi, l’hystérie sur la biodiversité a suivi avec entrain la rage climato-religieuse des dernières semaines qui virent moult défilés d’adolescents à peine pubères cornaqués par des ONG instrumentalisant une autiste. À peine passée dans le champ médiatique, la voilà enchaînée à une nouvelle bordée d’inepties, cette fois-ci sur le « jour du dépassement de la Terre », calcul grotesque dont aucun des tenants et des aboutissants ne tient debout, mais qu’on va relayer, année après année, pour faire mousser ce concept creux.
Cet emballement n’est pas un hasard. Ce qu’on pourrait croire être un chaos médiatique et une avalanche désordonnée de nouvelles toutes plus catastrophiques les unes que les autres obéit en réalité à un véritable objectif clair et bien compris.
À chaque période d’une vingtaine d’années, il faut trouver sa catastrophe pour mobiliser les foules. Dans les années 70, le choc pétrolier fut une occasion en or pour introduire l’idée que nous allions nous retrouver sans énergie quelques décennies plus tard. Le bide fut total 30 ans plus tard, mais plus personne ne s’occupait de ces prévisions idiotes qui avaient été remplacées, entre-temps, par un trou dans la couche d’ozone fort commode. Ce dernier, aussi fuyant que peu pratique à étudier, fut bien vite remplacé par un réchauffement climatique qui eu le bon goût de voir quelques températures augmenter un peu (on parle de moins d’un degré en plus de cent ans), pour, zut alors, stagner ensuite.
Ce dernier dogme de l’urgence climatique commençant à se fissurer devant des températures plus maussades, des catastrophes climatiques banalement ni plus ni moins fréquentes, « l’effondrement de la biodiversité » est maintenant poussé pour le remplacer discrètement avec toujours le même discours : si on ne fait rien, dans (insérer ici un nombre d’années raisonnablement élevé mais pas trop pour conserver un caractère d’urgence) années, on sera tous morts.
Et ça marche !
Les riches occidentaux, à la fois par culture d’un péché originel dont il faut tous les jours se repentir, et à la fois par culpabilité d’avoir su se sortir de la misère alors qu’une proportion (pourtant décroissante) de la population y barbote encore, a décidé de se flageller pour retrouver une bonne conscience, le ventre plein et la vie plus facile ne pouvant surtout pas être à ce point bon marché !
Comme un bon politicien offre à la masse ce qu’elle réclame, comme elle réclame actuellement de la culpabilité et de l’auto-flagellation et comme — ultime bonus — cette culpabilité peut se monnayer et cette auto-flagellation peut rapporter gros, il était inévitable que toute une coterie d’individus peu recommandables se jetteraient sur le créneau avec avidité.
Le communisme et le socialisme d’État ayant échoué misérablement, la sociale-démocratie ployant pitoyablement sous le poids de ses dettes et de ses incohérences, il ne reste plus qu’une soumission totale mais consentie au travers de la peur ancestrale d’un cataclysme planétaire que seule une poignée d’élus seront capables d’éviter.
Non, le déchaînement médiatique écolo-conscient de ces derniers jours ne doit rien au hasard : des élections approchent et l’écologie a bénéficié d’une tribune absolument inégalable depuis plusieurs semaines, qui a permis de complètement noyer tout autre sujet, tout autre débat (économique, sociétal) pour ne plus laisser qu’un seul cri : « pitié, taxez-nous pour sauver le Monde ! »

La réflexion du jour

La province des Québécois restera donc sans doute parmi les plus heureuses qui soit. Avec les Maritimes. Et ça n’a rien à voir avec la péréquation. On est comme ça, nous, heureux dans la dépense. Cette année, on empruntera une douzaine de milliards. Et ce n’est qu’un début. --- Michel Hébert