Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

La station-service est le seul endroit où tu tiens le pistolet et c’est toi qui te fais voler. --- Michel Beaudry ________________________________________________________________________

31 octobre, 2019

La réflexion du jour

Mon constat, c’est que pour quiconque écoute les réponses de Justin Trudeau pour la première fois, le vide de plusieurs réponses étonne. Et le fait que personne ne creuse davantage pour décortiquer le sens de ses généralités étonne autant.--- Mario Dumont

30 octobre, 2019

Wrong Again: 50 Years of Failed Eco-pocalyptic Predictions

Myron EbellSteven J. Milloy  September 18, 2019

Modern doomsayers have been predicting climate and environmental disaster since the 1960s. They continue to do so today.
None of the apocalyptic predictions with due dates as of today have come true.
What follows is a collection of notably wild predictions from notable people in government and science.
More than merely spotlighting the failed predictions, this collection shows that the makers of failed apocalyptic predictions often are individuals holding respected positions in government and science.
While such predictions have been and continue to be enthusiastically reported by a media eager for sensational headlines, the failures are typically not revisited.
1967: ‘Dire famine by 1975.’
1969: ‘Everyone will disappear in a cloud of blue steam by 1989.’
1970: Ice age by 2000
1970: ‘America subject to water rationing by 1974 and food rationing by 1980.’
1971: ‘New Ice Age Coming’
1972: New ice age by 2070
1974: ‘New Ice Age Coming Fast’
Source: The Guardian, January 29, 1974
1974: ‘Another Ice Age?’

Source: TIME, June 24, 1974
1974: Ozone Depletion a ‘Great Peril to Life’

But no such ‘great peril to life’ has been observed as the so-called ‘ozone hole’ remains:


Sources: Headline
NASA Data | Graph
1976: ‘The Cooling’

Source: New York Times Book Review, July 18, 1976
1980: ‘Acid Rain Kills Life in Lakes’

Noblesville Ledger (Noblesville, IN) April 9, 1980
But 10 years later, the US government program formed to study acid rain concluded:

Associated Press, September 6, 1990
1978: ‘No End in Sight’ to 30-Year Cooling Trend

Source: New York Times, January 5, 1978
But according to NASA satellite data there is a slight warming trend since 1979.

Source: DrRoySpencer.com
1988: James Hansen forecasts increase regional drought in 1990s

But the last really dry year in the Midwest was 1988, and recent years have been record wet.

Source: RealClimateScience.com
1988: Washington DC days over 90F to from 35 to 85

But the number of hot days in the DC area peaked in 1911, and have been declining ever since.

Source: RealClimateScience.com
1988: Maldives completely under water in 30 years

Source: Agence France Press, September 26, 1988
1989: Rising seas to ‘obliterate’ nations by 2000

Source: Associated Press, June 30, 1989
1989: New York City’s West Side Highway underwater by 2019

Source: Salon.com, October 23, 2001
1995 to Present: Climate Model Failure

Source: CEI.org
2000: ‘Children won’t know what snow is.’


Source: The Independent, March 20, 2000
2002: Famine in 10 years

Source: The Guardian, December 23, 2002
2004: Britain to have Siberian climate by 2020

Source: The Guardian, February 21, 2004
2008: Arctic will be ice-free by 2018

Source: Associated Press, June 24, 2008
2008: Al Gore warns of ice-free Arctic by 2013

But… it’s still there:

Source: WattsUpWithThat.com, December 16, 2018
2009: Prince Charles says only 8 years to save the planet

Source: The Independent, July 9, 2009
2009: UK prime minister says 50 days to ‘save the planet from catastrophe’

Source: The Independent: October 20, 2009
2009: Arctic ice-free by 2014

Source: USA Today, December 14, 2009
2013: Arctic ice-free by 2015

Source: The Guardian, July 24, 2013
The paper: https://www.nature.com/articles/s41467-017-02550-9 (open access)
Gas hydrate dissociation off Svalbard induced by isostatic rebound rather than global warming
Abstract
Methane seepage from the upper continental slopes of Western Svalbard has previously been attributed to gas hydrate dissociation induced by anthropogenic warming of ambient bottom waters. Here we show that sediment cores drilled off Prins Karls Foreland contain freshwater from dissociating hydrates. However, our modeling indicates that the observed pore water freshening began around 8 ka BP when the rate of isostatic uplift outpaced eustatic sea-level rise. The resultant local shallowing and lowering of hydrostatic pressure forced gas hydrate dissociation and dissolved chloride depletions consistent with our geochemical analysis. Hence, we propose that hydrate dissociation was triggered by postglacial isostatic rebound rather than anthropogenic warming. Furthermore, we show that methane fluxes from dissociating hydrates were considerably smaller than present methane seepage rates implying that gas hydrates were not a major source of methane to the oceans, but rather acted as a dynamic seal, regulating methane release from deep geological reservoirs.

2013: Arctic ice-free by 2016

Source: The Guardian, December 9, 2013
2014: Only 500 days before ‘climate chaos’

But…

Sources: Washington Examiner

De l’âge de pierre au capitalisme, une histoire de problèmes écologiques

En 1972 paraît l’ouvrage Stone Age Economics de l’anthropologue Marshall Sahlins. Il sort en France en 1976 sous le titre Âge de pierre, âge d’abondance. L’auteur a pour objectif de déconstruire ce qu’il considère comme des idées reçues sur les inconvénients des sociétés primitives et les avantages de la civilisation industrielle. Il jette un pavé dans la mare et démontre que les chasseurs-cueilleurs avaient une vie pleine d’abondance et moins pénible que les peuples sédentarisés.
On apprend en effet qu’ils ne travaillaient que quelques heures par jour et étaient mieux nourris que les êtres humains qui succédèrent à la révolution néolithique, l’agriculture et la sédentarisation. L’ouvrage eut un effet retentissant. De l’aveu de l’anthropologue libertaire David Graeber, il eut une influence décisive sur l’émergence des mouvements écologistes, décroissants et primitivistes dans les années 70. La conclusion de ce récit est a priori déroutante et pose une véritable question : pourquoi diable les êtres humains se sont-ils sédentarisés, puisque cela les a conduits à travailler plus pour gagner moins ? Les humains sont-ils aussi rationnels qu’ils le prétendent ?


Chasseurs-cueilleurs et malthusianisme

Toutefois les soupçons d’irrationalité semblent se dissiper si l’on inclut dans notre équation la question de la durabilité du mode de vie des chasseurs-cueilleurs. Les économistes Douglass North et Robert Paul Thomas décrivent bien le problème quand ils rappellent que les chasseurs-cueilleurs agissaient comme des parasites[1]. Ils mettent en scène une vaste tragédie des biens communs.
Ils n’ajoutent aucune richesse à ce qu’offre spontanément la nature. Ils ont toutes les incitations à la surexploiter en l’absence de droits de propriété bien définis. Ils sont enfin soumis à des rendements décroissants et à de lourdes contraintes démographiques. Partout où ils passent, leurs ressources trépassent. De plus en plus de scientifiques pensent que les activités de chasse de l’homme préhistorique sont au moins partiellement responsables de l’extinction de la mégafaune du pleistocène[2].
On croit aujourd’hui que c’est cette durabilité fragile qui conduisait les populations de chasseurs-cueilleurs à recourir à des pratiques malthusiennes draconiennes pour limiter leur démographie : allaitement prolongé des femmes, consommation de contraceptifs et d’abortifs, abstinence, guerres et, surtout, infanticides routiniers. Certaines études avancent que « les tueries intra- et intergroupes éliminaient régulièrement plus de 5% de la population par génération »[3]. L’anthropologue Joseph Birdsell estime que le taux d’infanticides durant le pleistocène se situait entre 15 et 50% du nombre total de naissances et les femmes semblent davantage visées par ce genre d’exactions[4][5].
Les intellectuels qui idéalisent le plus le mode de vie des chasseurs-cueilleurs ne nient pas le recours fréquent aux infanticides. Des anthropologues comme James C. Scott ou Marshall Sahlins attribuent cependant ce comportement aux contraintes logistiques du nomadisme, incompatibles avec la présence de trop nombreux enfants en bas âge.[6]. Mais ces assertions qui tordent un peu le cou à la littérature dominante rejoignent in fine le problème de la durabilité. Car c’est bien l’épuisement des ressources qui oblige les chasseurs-cueilleurs à migrer continuellement.

L’invention du capitalisme agricole, une réponse écologique aux excès des chasseurs-cueilleurs ?

La fraternité émancipatrice des premières communautés primitives et leur harmonie avec la nature se révèlent donc être une fable. L’oisiveté relative qui caractérise le mode de vie primitif et libertaire ne s’obtenait qu’au prix d’exactions destinées à pallier une gestion insoutenable des substances disponibles à l’état sauvage. Il faut attendre le néolithique pour contourner ce problème par l’institution de l’agriculture.
L’agriculture inaugure plusieurs bouleversements majeurs. Elle introduit les premières formes de propriété foncière, végétale et animale à des fins de domestication, de conservation et de production durable. L’homme cesse de n’être qu’un simple consommateur. Il devient un producteur.
C’est donc en toute logique qu’il cesse aussi de se percevoir comme un parasite et qu’il s’autorise à former des communautés plus densément peuplées. La densité des communautés de chasseurs-cueilleurs était généralement de 0,1 personne par mile carré (2,590 kilomètres carrés) environ, à l’exception des zones plus concentrées en ressources. On estime que les premières formes d’agriculture permettaient de multiplier cette densité au moins par 40[7].
L’agriculture humanise les rapports familiaux. Elle réduit la nécessité de recourir aux infanticides. De l’aveu même de l’anthropologue libertaire James C. Scott, « Les agriculteurs sédentaires connaissaient des taux de reproduction sans précédent »[8].

La propriété privée, mère de l’écologie

Les droits de propriété apparus avec la révolution de l’agriculture sont donc nés des contraintes démographiques qui découlaient inévitablement des excès environnementaux propres au mode de vie des sociétés primitives. Quelles leçons retenir de cette histoire ?
La fable du bon sauvage reste un mythe. La civilisation fondée sur le principe de la propriété privée n’est pas l’ennemie du développement durable. Ce sont au contraire les sociétés qui méprisent ou ignorent la propriété privée qui s’exposent aux tragédies et aux exactions malthusiennes.
La propriété privée est enfin une force de responsabilisation et de conservation. La totalité des espèces menacées d’extinction sont aujourd’hui des espèces sauvages alors que les animaux domestiqués, notamment à des fins alimentaires, n’ont jamais été aussi nombreux. L’enjeu de la conservation des ressources consiste donc à introduire de la domestication - et de la propriété privée - partout où c’est possible.

24 octobre, 2019

La réflexion du jour

Une des entreprises qui souhaite décrocher le contrat a présenté une soumission à 540 500 $, contre 2 millions $ pour son concurrent. C’est malgré tout cette dernière qui a fait l’objet d’une recommandation du comité exécutif de Longueuil auprès de l’agglomération.--- Nicolas Lachance

23 octobre, 2019

Thomas Piketty et la lutte des classes climatique

On croyait que la chute du mur de Berlin avait discrédité les idéologies collectivistes. C’était sous-estimer la créativité intellectuelle illimitée des héritiers de Karl Marx. Dans son ouvrage intitulé La Grande Parade, Jean-François Revel avait entrepris d’analyser le révisionnisme des intellectuels socialistes pour retarder la déchéance de leur idéologie. Il est une autre stratégie que ces derniers ont mis en œuvre.
Elle consiste à rechercher de nouveaux alibis pour légitimer leur aigreur contre le capitalisme, la propriété privée, la libre entreprise et le désir d’enrichissement des êtres humains. L’écologie politique est assurément l’une de ces idéologies de substitution. C’est donc en toute logique que notre cher Thomas Piketty s’engouffre à son tour dans la brèche ouverte par ses prédécesseurs qui prétextent les défis environnementaux pour démanteler l’économie de marché.
Thomas Piketty (@PikettyLeMonde) : "Si on veut résoudre le défi climatique actuel, on a besoin de dépasser le capitalisme, on a besoin d'une très forte réduction des inégalités"
439 personnes parlent à ce sujet
Sur France Inter, l’économiste a ainsi soutenu que le changement climatique nécessite une vaste politique de réduction des inégalités. Chaque problème en France peut être imputé aux inégalités économiques. Quelqu’un a perdu ses clefs ? Les inégalités ! Vous avez raté votre train ce matin ? Les inégalités ! Le climat ? Les inégalités !
Les inégalités, les inégalités, vous dis-je ! Comme Toinette et ses conseils judicieux adressés à son maître dans Le malade imaginaire de Molière, Thomas Piketty a la solution miracle à tous les maux de l’humanité. Il suffit d’éradiquer le péché originel à l’origine de la corruption du monde : les inégalités.
Bien sûr, n’imaginez pas que « réduire les inégalités » signifie, dans la bouche de Thomas Piketty, permettre aux plus pauvres de rejoindre les standards des plus aisés ! Dans ce cas, Thomas Piketty serait obligé de se satisfaire de la tendance actuelle du capitalisme mondialisé qui connaît à la fois un enrichissement sans précédent de l’humanité et une réduction des inégalités de revenus à l’échelle mondiale… Admettre ce constat risquerait d’affaiblir les ressentiments anti-capitalistes.
Dans l’esprit de notre cher économiste, réduire les inégalités signifie punir les plus aisés par une myriade de taxes. Il s’agit d’appauvrir ce fameux groupe des 10% des êtres humains les plus riches qui seraient à l’origine du malheur de tous les autres. Réduire les inégalités, c’est donc, en novlangue pikettienne, sacrifier une catégorie sociale « privilégiée » sur l’autel des éternelles aigreurs anti-capitalistes.
Mais au fait, qui sont ces 10% les plus riches du monde qu’il conviendrait de dépouiller ? Monsieur Piketty se garde bien de rappeler qu’en France, le travailleur qui gagne tout juste le revenu médian annuel (21 415 euros en 2015 selon l’INSEE) appartient aux 2,17% les plus riches de la planète selon la Global Rich List. Si l’on considère le patrimoine, 76000 euros suffisent à faire partie des 10% les plus riches de la planète.
Le programme de Monsieur Piketty reviendrait donc à escroquer une écrasante majorité du peuple français, même si l’économiste socialiste a tout intérêt à entretenir l’illusion qu’il ne vise qu’une petite minorité de privilégiés. Ainsi peut-il plus facilement galvaniser les ressentiments envieux de la majorité qui ne réalise pas qu’elle fait partie des « favorisés » ciblés par son discours.
Les raisons qui motivent la réduction du train de vie des plus riches sont tout aussi fallacieuses. Cette « décroissance » ciblée permet aux néo-malthusiens d’échapper à l’accusation d’anti-humanisme proférée par ceux qui, à juste titre, s’inquiètent des idéologies interdisant aux miséreux subsistants de bénéficier de la croissance économique qui a fait notre prospérité. Par le subterfuge de la décroissance ciblée, les néo-malthusiens parviennent encore à sauver les apparences.
Toutefois ce discours est là encore mensonger. Nous vivons dans une économie globalisée, interdépendante, et qui se définit par une division du travail internationalisée. Nous vivons donc dans un monde où la prospérité de l’individu lambda dépend également des capacités productives de son voisin éventuellement plus riche que lui.
Lorsqu’un Africain importe des médicaments, des technologies, des biens de consommation ordinaires ou de l’épargne pour entreprendre chez lui, il est aussi susceptible de dépendre des capacités productives des nations industrialisées pour son niveau de vie. Il est dans ces conditions illusoire de faire décroître les pays riches, c’est-à-dire de réduire leurs capacités productives, sans affecter en même temps la prospérité des pays pauvres.
Songeons par exemple à l’augmentation du prix du pétrole lorsque surgit le spectre d’une production perturbée dans les pétromonarchies du Golfe…Qui peut sérieusement prétendre qu’une réduction des capacités productives des plus riches n’affectera pas les plus pauvres ? Personne.
Ceux qui le font ont intérêt à dissimuler cette interdépendance par l’usage du sophisme marxiste traditionnel sur le jeu à somme nul : « Puisque les riches se sont toujours enrichis au détriment des pauvres, appauvrir les premiers n’est qu’une mesure de justice qui n’affectera pas le sort des seconds ». Cette négation délibérée de la convergence des intérêts des pays riches et des pays pauvres dissimule donc que faire décroître les uns, c’est faire décroître tout le monde.

Or la décroissance n’est pas une solution aux problèmes climatiques. Car elle affecterait la résilience des sociétés humaines face aux risques du futur. Mais cela importe peu aux yeux de Thomas Piketty, dont les activités semblent davantage motivées par la poursuite d’un agenda marxiste, indépendamment des désastres humanitaires qui ont ravagé les pays qui l’ont mis en œuvre au XXème siècle.

La réflexion du jour

Quand Jagmeet et Justin vont revenir du week-end de camping où ils auront préparé le budget, le Canada va manquer d’encre rouge. Ce ne sera plus un déficit, mais un abysse ! Imaginez si un ralentissement économique survient en plus ! Nos enfants n’ont pas fini de payer pour ça.--- Mario Dumont

22 octobre, 2019

Lettre à notre fils qui se bat « pour le climat »

Charles ANDRÉ

Mon chéri,

Vendredi, plutôt que d'aller au lycée, tu as participé à la manifestation pour la défense du climat et le sauvetage de la planète. Tu n'imagines pas combien nous avons été fiers de te voir engagé dans une cause aussi essentielle. Profondément émus par tant de maturité et de noblesse d'âme, nous avons été totalement conquis par la pertinence de ton combat.

Aussi, je t'informe que ta mère et moi avons décidé d'être indéfectiblement solidaires et, dès aujourd'hui, de tout faire pour réduire l'empreinte carbone de notre famille.

Alors pour commencer, nous nous débarrassons tous les smartphones de la maison. Et puis aussi de la télévision. Tu ne verras aucune objection, naturellement, à ce que ta console subisse le même sort : on dit qu'ils contiennent des métaux rares que des enfants, comme toi, extraient sous la terre dans des conditions honteuses.

Évidemment, nous avons entrepris de résilier aussi tous les abonnements téléphoniques et la box d'accès à l'internet. Nous avons pris conscience que tous ces gigantesques data-centers qui stockent les données des réseaux sociaux et des films en « steaming » sont des gouffres énergétiques. J'ai aussi contacté un plombier pour faire retirer le système de climatisation particulièrement énergivore. Nous nous le remplacerons par des ventilateurs basse consommation dont nous nous efforcerons de ne pas faire une utilisation abusive.

Nous pensons également qu'il est nécessaire de corriger nos modes de vie : nous cesserons donc de partir en vacances au ski ou à l'étranger. Ni même sur la Côte d'Azur avec le camping-car que, d'ailleurs, nous avons la ferme intention de revendre. Et bien sûr, fini l'avion ! Pour l'été prochain, ta mère et moi avons programmé de remonter le canal du Midi par les berges, à vélo. Comme tu iras désormais au collège avec ton VTT, cela te fera un excellent entraînement. Oui, parce que la batterie de ta trottinette électrique n'étant pas recyclable, il te faudra oublier ce mode de locomotion. Mais c'est déjà fait, j'imagine.

Ah ! pour tes vêtements, nous avons décidé de ne plus acheter de marques (ces vêtements sont fabriquées par des mains d'enfants dans les pays du tiers-monde comme tu le sais). Tu nous approuveras, nous en sommes persuadés. Nous envisageons par conséquent de t'acheter des vêtements en matières éco-responsables, comme le lin ou la laine, que nous choisirons de préférence écrus (les teintures sont parmi les plus grands polluants).

Dans la foulée, nous nous mettrons à l'alimentation bio et privilégierons les circuits courts. Et pour aller au plus court, nous songeons même à acheter des poules afin d'avoir des œufs frais à portée de main : tu vas adorer ! Ta mère a même pensé à un mouton pour tondre le gazon. Et puis, j'ai adressé une candidature en bonne et due forme à la mairie pour obtenir l'affectation d'une parcelle dans les jardins familiaux partagés. Nous comptons sur toi pour nous aider à cultiver nos légumes. Il va sans dire que, dans cette démarche, nous bannirons les aliments industriels. Désolé pour le Coca et le Nutella dont tu faisais grande consommation et dont tu devras te priver à présent. Mais nous ne doutons pas un instant de ton approbation.

Enfin, pour palier le manque de distractions par écrans interposés, le soir, nous nous remettrons à la lecture (dans des livres en papier recyclé, cela va de soi) ou nous jouerons aux échecs et pourquoi pas aux petits chevaux : il y a une éternité que nous n'avons pas fait une partie de ce jeu désopilant. Nous achèterons un plateau et des pièces en bois du Jura, comme il se doit. Et nous veillerons à nous coucher plus tôt pour économiser la lumière.

Voilà, nous sommes certains que tu adhèreras pleinement à ce sympathique programme qui s'inscrit en ligne directe dans ton combat pour sauver la planète. Et nous te remercions encore de nous avoir ouvert les yeux.

Tes parents qui t'admirent et qui t'aiment.

(courrier écrit sur du papier recyclé)

La réflexion du jour

Les politiciens ne s’en sont jamais privés, eux, mais depuis quelques élections, cela a pris une tournure franchement grotesque avec la multiplication de « petites » promesses destinées à la classe moyenne. Des boîtes à lunch pour les enfants à la facture des vacances estivales, le plus banal aspect de l’économie familiale est désormais présenté comme un enjeu national.---Daniel Germain

21 octobre, 2019

La réflexion du jour

Le seul intérêt d’un gouvernement est sa réélection et non la gestion d’enjeux qui traversent des générations. Plusieurs exemples montrent que les interventions gouvernementales peuvent avoir un effet néfaste sur l’environnement : la gestion de l’offre qui favorise un type d’agriculture plus polluant, les cimenteries (Port-Daniel en Gaspésie) ou l’absence de péages sur les routes congestionnées.--- KEVIN BROOKES, BENOIT PÉPIN ET GERMAIN BELZILE

16 octobre, 2019

L’effet Cobra ou les conséquences imprévues en politique

Découvrez l’ « effet cobra » : quand une décision politique ou économique aggrave le problème initial…

Un article de The Foundation for Economic Education
Les êtres humains réagissent à chaque loi, règlement et ordre imposés par l’État et il peut en résulter des conséquences assez différentes de ce que les législateurs avaient en tête.
Chaque décision humaine apporte son lot de conséquences imprévues. Souvent, elles sont sans importance, parfois amusantes. Par exemple, quand Airbus a voulu rendre ses avions plus silencieux pour améliorer le confort de ses passagers, les A380 le sont tellement devenus que les gens pouvaient entendre bien trop distinctement ce qu’il se passait dans les toilettes de l’avion.
D’autres fois, les conséquences imprévues ont des répercussions importantes et profondes. Le système de santé américain en est l’illustration parfaite. Il est apparu sous sa forme actuelle en grande partie à cause de deux décisions gouvernementales.
Tout d’abord, le contrôle des salaires et des prix pendant la Seconde Guerre mondiale a incité les employeurs à ajouter l’assurance maladie dans les avantages sociaux. Pourquoi ? La loi interdisait aux employeurs d’augmenter les salaires, donc pour attirer les travailleurs, ils ont proposé de fournir une assurance maladie. Puis en 1951, le Congrès a déclaré que les prestations d’assurance maladie fournies par l’employeur ne seraient pas considérées comme un revenu imposable. Il devenait par conséquent moins coûteux pour les employés d’être augmentés sous la forme de prestations d’assurance défiscalisées plutôt que de salaires imposables.
De ce fait, non seulement les travailleurs bénéficient à présent d’une assurance santé via leurs employeurs (à l’inverse, par exemple, de celles de leur voiture et de leur domicile), mais ces régimes d’assurance ont également tendance à être plus luxueux que ce qu’ils auraient été si le Congrès ne leur avait jamais accordé un traitement fiscal particulier. Ces deux décisions ont contribué à créer le système de soins que nous avons maintenant, et dont presque tout le monde s’accorde à dire qu’il ne fonctionne pas.
Personne n’a cherché à créer un tel système, de même que personne n’a voulu rendre les bruits des toilettes plus sonores dans les avions. C’étaient des conséquences imprévues. Et on peut en voir partout quand on sait regarder.
Elles surviennent tellement souvent que les économistes les nomment « l’effet cobra » en référence à l’un des exemples les plus parlants.

LES COBRAS DE DELHI

Dans l’Inde coloniale, Delhi était infestée de cobras, un problème appelant très clairement une solution, compte tenu des risques mortels engendrés par ces reptiles. Pour en réduire la population serpentant à travers la ville, les autorités locales ont mis leur tête à prix. Cette solution semblait tout à fait sensée. La prime était suffisamment généreuse pour que beaucoup se mettent à chasser le cobra, et elle entraîna exactement l’effet désiré, soit une diminution de leur nombre. Et c’est ici que les choses prennent une tournure intéressante.
À mesure que la population de cobras diminuait et qu’il devenait difficile d’en trouver dans la nature, les gens sont devenus comme qui dirait entreprenants. Ils se sont mis à en élever pour ensuite les tuer et récupérer les primes comme auparavant. D’où un nouveau problème : les autorités ont constaté une quasi-absence de cobras dans la ville mais continuaient néanmoins à verser autant de primes qu’avant.
Les édiles ont agi de façon intelligente en annulant cette prime. En réponse, ceux qui élevaient des cobras chez eux les ont relâché dans les rues puisqu’il étaient devenus sans valeur. Qui voudrait avoir plein de cobras dans sa maison ?
Au final, Delhi avait un problème de cobras plus important après l’abandon de la prime. Le programme d’éradication des cobras a eu pour conséquence une augmentation de leur nombre dans les rues. Cette mesure est devenue l’exemple-type d’une tentative de résolution d’un problème qui finit par aggraver celui-là même auquel les législateurs entendaient mettre un terme.

LA POLLUTION DE L’AIR

Ce n’est bien évidemment pas spécifique aux cobras. Le même genre de chose est survenu à la fin des années 1980 à Mexico, ville à cette époque affectée par une pollution de l’air extrême due aux voitures de ses 18 millions d’habitants. La municipalité y répondit par Hoy No Circula, une loi prévue pour réduire la pollution automobile : interdiction de circulation pour 20 % des automobiles, déterminée par les derniers numéros de la plaque minéralogique, chaque jour pendant l’hiver, au moment où la pollution était la plus importante.
Bizarrement, cette mesure n’a pas engendré une amélioration de la qualité de l’air à Mexico. En fait, ça l’a aggravée.
Grande découverte : les besoins des individus ne changent pas du fait d’un simple décret gouvernemental. Les habitants de Mexico pouvaient très bien souhaiter un air plus pur, mais ils avaient aussi besoin de se rendre à leur travail ou à l’école. Ils ont réagi à l’interdiction d’une façon que les législateurs n’avaient ni voulue ni prévue.
Certains ont fait du covoiturage ou ont emprunté les transports en commun, ce qui était le but initial de la loi. D’autres ont pris des taxis qui en moyenne polluaient davantage que les voitures individuelles.
D’autres ont davantage contourné l’objectif de la loi. Ils ont acheté une seconde voiture ; munie d’une plaque d’immatriculation différente, ils l’utilisaient le jour où il leur était interdit de conduire leur voiture principale. Quel genre de voiture ont-ils acheté ? Les moins chères qu’ils ont pu trouver, celles qui crachaient leur pollution dans la ville bien davantage que celles qu’ils n’avaient pas le droit d’utiliser. Ils ont relâché leurs cobras dans les rues, sauf qu’ici, les cobras étaient des voitures.

EFFET COBRA OU LES CONSÉQUENCES IMPRÉVUES PARTOUT

Ces exemples de conséquences imprévues ne sont pas des aberrations. Elles apparaissent à chaque fois qu’une autorité impose sa volonté au peuple.
— Les lois relatives aux ceintures de sécurité et aux airbags diminuent la sécurité des piétons et des cyclistes en permettant aux conducteurs d’être moins prudents tout en étant mieux protégés.
— Les lois sur les prêts sur salaire, prévues pour protéger les emprunteurs à faibles revenus contre des taux d’intérêt élevés, rendent leur emprunt plus coûteux en les obligeant à opter pour des alternatives qui le sont encore plus.
— L’obligation pour une entreprise de publier le montant de la rémunération de son PDG afin d’encourager les actionnaires à la réduire s’est traduite par des demandes d’augmentation de ceux qui étaient les moins bien payés.
— La loi des trois coups, supposée réduire la criminalité, augmente le nombre de décès au sein de la police en incitant les récidivistes à se soustraire voire à se rebeller.
— La loi relative aux Américains avec handicap (ADA) incite les employeurs à une discrimination à l’embauche des handicapés de façon à se soustraire à d’éventuelles demandes liées à ce dispositif.
— En réduisant le nombre d’électriciens habilités, les obligations de licence professionnelle peuvent inciter les particuliers à effectuer maladroitement eux- mêmes certains travaux et ainsi risquer accidents et blessures.

VENEZUELA

Peut-être que rien n’illustre mieux l’ampleur des problèmes potentiels découlant des conséquences imprévues que le terrible exemple venezuelien à la suite de la nationalisation de son industrie pétrolière en 1976. L’intention de l’État était de conserver les bénéfices du pétrole. Et c’est ce qu’il s’est passé, pour un temps.
Quand l’État s’empare d’une industrie précédemment privée, l’incitation au profit propre à maintenir le capital physique se délite et disparaît. Cela s’est poursuivi pendant une décennie et a fait croire —au moins pendant un temps— que contrairement à d’autres expériences socialistes, celle du Venezuela fonctionnait.
Mais, en même temps que le capital physique de l’industrie pétrolière s’est effondré, la production de pétrole a chuté. Coïncidence, c’est à cette époque que les cours du pétrole ont également chuté, ce que les adeptes du socialisme désignent comme le véritable coupable. C’est sans aucun doute inexact étant donné qu’aucun autre pays producteur de pétrole n’a supporté ce qu’allait endurer le Venezuela.
À mesure que les revenus et la production dégringolaient, l’État venezuelien a fait ce que font inévitablement tous les États quand les recettes disparaissent. Il a emprunté et levé des impôts autant qu’il le pouvait puis a commencé à faire tourner la planche à billets. L’impression des billets a engendré une conséquence imprévue, l’inflation, puis les prix ont tellement augmenté que les gens n’avaient plus les moyens de se nourrir.
Pour y répondre, l’État a imposé un contrôle des prix sur la nourriture, créant une nouvelle conséquence imprévue : les fermiers ne pouvaient plus se permettre de cultiver. Ils ont donc cessé leur activité. Finalement, l’État a obligé les gens à travailler dans les fermes pour assurer la production de nourriture.
La conséquence imprévue ultime de la nationalisation de son industrie pétrolière par le Venezuela a été l’esclavage.

LA LEÇON DE L’EFFET COBRA

Rien de tout cela ne signifie qu’il ne faut pas légiférer. Simplement que ceux qui rédigent les lois devraient être parfaitement conscients que chaque acte humain a des conséquences à la fois prévues et imprévues. Les êtres humains réagissent à chaque loi, règlement et ordre imposés par l’État et il peut en résulter des conséquences assez différentes de ce que les législateurs avaient en tête.
Par conséquent, bien qu’il soit nécessaire de légiférer, il faut que ce soit fait avec autant de grande prudence qu’extrême humilité. Malheureusement, ces traits de caractère ne sont pas communément rencontrés parmi ceux qui deviennent législateurs, d’où la facilité à trouver des exemples de problèmes de cobras.
Traduction par Joel Sagnes pour Contrepoints de The Cobra Effect : Lessons in Unintended Consequences