Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

On est tellement taxés que lorsqu’il fait beau, j’ai peur de recevoir une facture. --- Michel Beaudry ________________________________________________________________________

28 mai, 2020

Le grand retour des magiciens de l’économie

Les magiciens de l’économie sont partout : à droite, à gauche et même parfois au centre. Mais c’est souvent pour dire la même chose !

Le coronavirus a favorisé le retour de l’irrationnel, qui n’a jamais été très loin. En effet, l’économie, c’est ennuyeux, ça ne fait pas de miracle. Or pour plaire au bon peuple, il faut lui dire que le miracle est possible… et, si on est un politique ambitieux, que le miracle viendra « si vous votez pour moi ».
Ces magiciens de l’économie sont partout : à droite, à gauche et même parfois au centre. Mais c’est souvent pour dire la même chose !
Commençons par un thème très populaire : « travailler moins en vivant mieux ».

LES PARESSEUX RATIONNELS

Juste un mot pour ceux qui, pour des raisons écologiques ou autres, vantent la frugalité. Ce ne sont pas les pires, car ils sont cohérents : moins de travail, niveau de vie réduit au minimum, préservation de la planète, temps disponible pour la famille ou la philosophie etc.
Ils négligent néanmoins quelques détails techniques : ils comptent sur le travail des autres pour disposer de médicaments et de quelques matériels, agricoles ou non (des livres, de la musique…).
De l’électroménager ? « Non, nous ferons tout à la main ». Bigre, d’autant que nous ne sommes plus à l’époque où « les femmes sont là pour ça ».
Certains ne tiennent pas longtemps dans cette « vie naturelle mais sauvage ». Mais au moins il y a une certaine cohérence.
Heureusement, pour ceux qui trouveraient ça trop rude, il y a les magiciens.

LE TRAVAIL, CE SONT LEURS PROFITS

Nous avons vu fleurir le slogan « notre santé avant leurs profits ». Comprenez : il vaut mieux rester chez soi (en étant payé) que de risquer sa peau à l’usine.
C’était en substance le message du fonctionnaire CGT de l’Éducation nationale invité lors de l’émission BFM du 10 mai à laquelle j’étais convié pour parler du déconfinement.
Évidemment c’est moins risqué quand celui qui vous paye ne risque pas la faillite, c’est-à-dire pour les fonctionnaires et quelques autres catégories… Dont les cadres de la CGT, association qui ne vit pas des cotisations de ses membres mais de subventions gouvernementales et du fruit de la gestion de certains domaines « paritaires », dont les caisses de retraite.
Bref, il est plus facile de rester chez soi si le travail que vous évitez n’est pas capitaliste… quitte à ce que vous paralysiez des salariés du privé.

QU’EN PENSENT « LES CAPITALISTES » ?

Les capitalistes de mon environnement, amis, commerçants du quartier, assureurs, pétroliers, et j’en oublie énormément, ont un rire amer en lisant ce slogan : « Quels profits ? Nous sommes en lourde perte ! ».
Idem pour les épargnants ou retraités par capitalisation dépendant, directement ou indirectement, de la bourse, avec les dividendes 2020 reportés ou annulés.
Mais les magiciens estiment que tous ces capitalistes subissent une « juste punition » et que travailler pour les capitalistes, ce n’est pas vraiment du travail, « c’est de l’exploitation ».
Le bon peuple écoute avec sympathie, et rares sont ceux qui se posent la question : « alors quel autre système ? », sachant que tous les essais jusqu’à présent ont fini dans le sang.
Même la Chine doit son succès à son secteur privé, indigène ou étranger.

ALTER-ÉCO, UN MAGICIEN RESPECTÉ

Il y a bien longtemps, j’avais fait connaissance de la jeune équipe d’Alternatives économiques (Alter-éco pour les intimes) que j’avais trouvée assez sympathique dans ses analyses africaines.
Mais depuis, ils alimentent en « arguments » ce que l’on pourrait appeler le « socialisme idéaliste » d’une bonne partie du corps enseignant français, ce qui ne prépare pas vraiment les élèves à la vie réelle dans notre système économique.
Le 12 mai, on trouvait sur leur site un article mi-ironique mi scandalisé : « travailler plus, le patronat en rêve encore : moins de congés et de RTT, plus d’heures de travail. Les syndicats ont immédiatement mis leur veto. »
À l’opposé, l’IFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) estime qu’avant la pandémie nous perdions déjà 100 milliards par an par rapport à des voisins travaillant plus longtemps et partant à la retraite plus tard.
Depuis, la situation s’est aggravée car les Allemands ont redémarré leur industrie avant nous et vont notamment servir, à notre place, nos clients à l’export.
Les salariés du privé savent que si la reprise tarde, leur revenu et probablement leur emploi seront touchés. Travailler davantage permettrait de les sauver.
Personnellement je ne trouve pas choquant qu’ayant touché de l’argent sans travailler pendant quelques semaines, nous essayions de rattraper la production perdue en travaillant davantage. Ne serait-ce que pour que cet argent nous serve à quelque chose, ce qui ne sera pas le cas s’il n’y a pas suffisamment à acheter, et donc de produit par quelqu’un.
J’imagine déjà un magicien disant « il n’y a qu’à acheter allemand et payer avec l’argent que l’Europe va nous prêter ». « L’Europe » en l’occurrence signifie surtout l’Allemagne et les pays sérieux du nord de l’Europe, ce qui explique leur manque d’enthousiasme.
Ces considérations nous mènent à la question de la dette.

LA DETTE, « IL FAUT S’ASSEOIR DESSUS »

C’est ce que je lis sur les réseaux sociaux, souvent un peu catégoriques, trop heureux de trouver une solution simple.
Mais si on ne rembourse pas, plus personne ne nous prêtera. Or nous sommes en déficit et nous devons emprunter tous les jours. Et s’il n’y a plus de prêteurs, les fonctionnaires ne seront plus payés.
Objection simpliste, répondent les magiciens. Vous voyez bien que la presse multiplie les articles sur les financements « non conventionnels » par la Banque centrale européenne, parfois appelés « monnaie hélicoptère », suggérant des billets de banque jetés du ciel comme solution à tous les problèmes.
Du coup, un certain nombre de magiciens suggèrent que cette dette n’existe pas ou peut être annulée. Mélenchon et bien d’autres tentent de le démontrer, mais à mon avis, le problème n’est pas là.
Voici en effet un des articles les plus précis sur ce sujet. Pierre Khalfa , membre d’Attac et de la Fondation Copernic, déclare dans une tribune publiée par Le Monde du 20 mai : « L’annulation des dettes publiques détenues par la BCE relève d’un choix politique ».
Voici son raisonnement :
La BCE détient un pourcentage important de la dette publique des États membres. Or une banque centrale ne s’endette que par rapport à elle-même car elle a un pouvoir illimité de création monétaire tant que les citoyens et les citoyennes continuent à accorder leur confiance à la monnaie – et tant qu’un système productif est à même de produire les biens et services nécessaires. L’annulation des dettes publiques serait une décision politique et non pas une impossibilité économique, comme Jean Pisani-Ferry veut nous le faire croire avec sa formule : « Annuler la dette, c’est toujours en transférer le fardeau à d’autres ».
D’abord, ce n’est pas limpide, donc méfions-nous ! Mais surtout la phrase sur le « système productif » détruit ce beau raisonnement : comme il l’admet lui-même, ce qui compte, c’est de produire les biens et services nécessaires, donc de travailler.
On retombe sur le fait qu’il n’y a pas de miracle : même si une solution juridique était trouvée pour annuler la dette, ça ne changerait pas le problème économique : c’est la production qui manque, pas l’argent. Encore une fois, il faut travailler !
Mais d’où viennent donc ces solutions magiques ? De la guerre froide, où on enseignait au bon peuple qu’il fallait voter pour les magiciens pour profiter « du soleil qui se lève à l’Est ». C’est-à-dire à Moscou, puis dans le Pékin de Mao et aujourd’hui dans celui du président Xi !
Revenons à la source.

« L’OPIUM DES INTELLECTUELS » EST TOUJOURS D’ACTUALITÉ

Ce livre célèbre de Raymond Aron en pleine guerre froide détournant le slogan marxiste « la religion est l’opium du peuple », décrivait l’adhésion des intellectuels au communisme. En gros, s’aligner sur le parti permettait de se targuer du modernisme esthétique, du non-conformisme moral et de la révolte.
Ce qui montrait d’ailleurs une ignorance abyssale du « socialisme réel», que les sceptiques opposaient au « socialisme rêvé ». « Socialisme réel » que je découvrais à cette époque en voyageant dans les pays de l’est en route vers « l’avenir radieux » .
Là-bas il n’était évidemment pas question du modernisme esthétique, ni de non-conformisme, moral ou pas et encore moins de révolte !
Néanmoins la consigne d’alors dans les dîners en ville était « il vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron » : il était snob d’être « progressiste » et ennuyeux de se pencher sur la réalité.
Heureusement pour sa réputation, Sartre a changé d’avis à la fin de sa vie et a rejoint son « petit camarade », Aron, plus grand que lui, et ils sont allés ensemble plaider pour l’accueil des réfugiés indochinois fuyant le communisme. Communisme que Sartre, enfin lucide, appelait avec dégoût « la chose ».
Et si je remonte plus loin dans le temps, le travail d’Andrew Sobanet, Generation Stalin: French Writers, the Fatherland, and the Cult of Personality. rappelle à quel point les plus grands écrivains français ont versé dans l’adoration de Staline, notamment Henri Barbusse, Romain Rolland, Paul Éluard et Louis Aragon, en notant qu’André Gide et Boris Souvarine ont été parmi les rares à s’en dégager à temps.

QUAND LA CULTURE SE DÉVOIE

Eh bien aujourd’hui nous n’avons plus Sartre, mais Juliette Binoche, chef de file de l’anticapitalisme mondain, qui se voit en Greta Thunberg et a signé un retentissant « Appel des 200 » pour qu’on ne revienne pas « à la normale » après la pandémie, mais que l’on construise un « Nouveau Monde » magique.
Dans son article « Pas d’écologie sans capitalisme » (Le Figaro, 20 mai)Luc Ferry ironise sur un appel analogue, celui des « 100 principes de Nicolas Hulot pour un Nouveau Monde »1 :
Où sont dénoncés « nos failles et nos excès » de vilains petits humains pourris par le capitalisme, le « monde d’après » se devant bien entendu d’être « radicalement différent de celui d’aujourd’hui, et ce de gré ou de force ». Bigre ! le tout signé par une pléiade de people riches et célèbres qui dénoncent « courageusement » le système dont ils profitent depuis des décennies et sans lequel ils n’existeraient tout simplement pas. Comme s’ils ne prenaient jamais l’avion, n’avaient pas de smartphones, ne se faisaient jamais payer pour faire des pubs destinées à booster la consommation !
Bref, ne nous inquiétons pas, les magiciens vont nous guider vers un futur « de lait et de miel » que nous consommerons sans quitter notre canapé.

27 mai, 2020

Le privé pour sauver le système de santé

par Serge Rouleau


Il n’y a pas de vrais débats public-privé dans le domaine de la santé au Québec. Avant même le début de l’introduction du sujet, les insultes et les procès d’intention fusent de toute part. Sommes-nous condamnés à perpétuer un modèle né dans les années soixante et qui a fait son temps ?

Peut-être pas, mais le parcours est parsemé d’embûches que peu de politiciens sont prêts à affronter.

La politique est fondamentale en ce qu’elle permet de décider de la direction d’une société. Mais ces décisions doivent, d’une part, reposer sur une lecture juste et lucide de la situation, et d’autre part, des conséquences probables de nos choix.

Pour assurer le bon fonctionnement d’une organisation, petite ou grande, il faut clairement définir les rôles de chacun. Au niveau d’une société, les rôles essentiels du gouvernement consistent à établir les normes : les lois et règlements, et à les faire appliquer : la sécurité et la justice. Le rôle de la société civile consiste à produire et fournir les produits et services que les individus requièrent en respectant les normes.
Dans le domaine de la santé, le gouvernement s’est arrogé les deux rôles. Il définit les normes et surveille leur application, mais il fournit aussi les services. D’un côté le ministre doit ménager la popularité de son parti, de l’autre il doit dénoncer les lacunes du système. Les deux rôles sont souvent en conflit. Les pressions pour maquiller les mauvais résultats et les bévues sont inévitables. J’en veux pour preuve les horreurs quasi quotidiennes qui trouvent une solution seulement après avoir soulevé l’indignation populaire suite à leur divulgation dans les médias.

Le modèle suédois

Au milieu des années 90, le gouvernement suédois constate que le système de santé accapare une portion démesurée des finances publiques sans pour autant offrir des services de qualité en temps opportun. Si la tendance se maintient, il engloutira l’ensemble des revenus de l’État dans moins de vingt ans. Le premier ministre de l’époque, Göran Persson, entreprend alors de négocier un consensus sociétal. Le système de santé québécois est confronté au même dilemme.

Aujourd’hui, le système de santé suédois repose sur une organisation décentralisée. Il y a une séparation entre le surveillant, l’État, et les institutions fournissant les services. Ces dernières : hôpitaux, cliniques, résidences pour personnes âgées, etc. sont régis par un régime de permis. Elles sont publiques : organismes municipaux et régionaux et privés : coopératives, organismes sans but lucratif et organismes privés à but lucratif. L’État paie les services rendus par les institutions selon des barèmes préétablis. L’universalité du régime est donc préservée.

Les utilisateurs sont une source de revenus pour les institutions. Les gestionnaires sont donc motivés à fournir des services de qualité pour les encourager à fréquenter leur institution. La décentralisation laisse les coudées franches aux PDG. En contrepartie ils sont imputables. Ils innovent tant du point de vue de l’organisation du travail que celui de l’utilisation des dernières technologies. Le recours à des institutions autonomes pour fournir les services de santé améliore l’accessibilité et la qualité des soins et réduit les coûts à l’État.

C’est tout le contraire du système de santé québécois. Les utilisateurs sont une source de coût. Les gestionnaires des institutions rationnent l’offre de service et réduisent les dépenses pour respecter le budget alloué par le ministre. Les conventions collectives négociées sur une base nationale laissent peu de latitude aux gestionnaires. Les initiatives innovantes se butent au parcours kafkaïen de la bureaucratie ministérielle et à l’inertie des ordres professionnels. Les télécopieurs sont toujours présents dans nos hôpitaux. Ça ne s’invente pas.

Historiquement, au Québec on utilise le privé prioritairement pour réduire les coûts à l’État. Cette approche a des effets pervers qui peuvent être dramatiques. Je prends pour exemple les résidences pour aîné non conventionnées. Le gouvernement finance les CHSLD publics et les résidences pour aînés conventionnées au taux moyen de 90 000 $ par résident par année. Par contre, les résidences non conventionnées reçoivent en moyenne 20 % de moins. Il arriva ce qui devait arriver. Les résidents sont mis à contribution et les salaires des employés sont réduits au minimum pour combler la différence. C’est un euphémisme d’affirmer que la qualité des soins en souffre. Il ne faut pas s’en surprendre. C’est le contraire qui aurait été surprenant.

Bien sûr, le système de santé suédois n’est pas parfait. Il y aura toujours quelques gestionnaires incompétents, voire véreux, dans tous les modèles d’organisation. Mais dans un système décentralisé à la suédoise, ces cas n’affecteront que quelques institutions et un nombre limité d’utilisateurs. Ces gestionnaires incompétents seront vite identifiés et remplacés. Dans un système centralisé à la québécoise, un haut fonctionnaire incompétent nuit à l’ensemble du système. L’imputabilité est une vue de l’esprit. Son emploi est garanti à vie. Au mieux, il sera neutralisé par son personnel. Au pire, il sera déplacé ailleurs dans la fonction publique.

Vous me direz, avec raison, que j’oublie tous les autres défis menaçant la viabilité de notre système de santé : les conflits interprofessionnels, la rémunération des médecins, la rigidité des conventions collectives, la multiplication des niveaux organisationnels, etc. Ces défis ne sont pas les causes de l’inefficacité du système de santé québécois, mais ses conséquences. Sans le respect des rôles de l’État et de la société civile, ces autres défis sont insolubles. Cela fait quarante ans que l’on s’y attaque sans succès. En résumé, je cite Einstein : « La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent. »

N’est-il pas arrogant de vouloir résumer en quelques paragraphes toute la complexité d’un système comme celui de la santé. Sans aucun doute, mais l’arrogance me semble préférable à la tolérance de l’intolérable.

Référence :

20 mai, 2020

SCE-info : La neige n’est pas près de s’arrêter de tomber…



Depuis le début des mesures satellitaires en 1967, la couverture neigeuse de l’hémisphère nord a augmenté en automne et en hiver. Ce phénomène incontestable a par exemple été illustré en graphiques par un laboratoire spécialisé dans les chutes de neige à la Rutgers University aux Etats Unis, le Global Snow Lab, mais également par l’Organisation Météorologique Mondiale.

Pour l’automne, on est ainsi passé de 18,4 106 km2 de neige en 1967 à environ 20,2 106 km2 pour 2019 (Figure 1). Pour l’hiver, la situation est plutôt stable ou en légère augmentation : on est ainsi passé de 45,3 à 46,0 106 km2 de neige dans l’hémisphère nord (Figure 2). Par contre, pour le printemps on constate une diminution de 31,5 à 28,7  106 km2, une chute d’environ 9% (Figure 3).
Les données de l’Institut météorologique finlandais (FMI), présentées sur le site internet d’un organe de l’Organisation Météorologique Mondiale (Global Cryosphere Watch), révèlent également que la masse totale de neige pour l’hémisphère Nord a été constamment supérieure à la moyenne de 30 ans pendant la majeure partie de la saison 2020 et que son taux de croissance est en augmentation (Figure 4).
Conclusion : dire que la neige disparait en automne ou en hiver à cause du réchauffement global est donc une contre-vérité. Cela peut être vrai au niveau local, mais pas pour l’ensemble de l’hémisphère nord. Concernant cet hémisphère, une diminution n’est visible que pour le printemps.
Pour un rappel des épisodes neigeux remarquables en Belgique cliquez ici.



Figure 1. Couverture neigeuse en automne mesurée par satellite entre 1967 et 2019. Source: Global Snow Lab, Rutgers University, USA (ici).
Figure 2. Couverture neigeuse en hiver mesurée par satellite entre 1967 et 2019. Source: Global Snow Lab, Rutgers University, USA (ici).
Figure 3. Couverture neigeuse au printemps mesurée par satellite entre 1967 et 2019. Source: Global Snow Lab, Rutgers University, USA (ici).
Figure 4. Masse de neige totale (gigatonnes) pour l’hémisphère nord (montagnes exclues) entre octobre 2019 et mars 2020 (points rouges). La moyenne sur 30 ans est indiquée par le trait pointillé noir (± 1 écart-type). Source : ici.

13 mai, 2020

Incompétence climatique

Michel de Rougemont, 14 février 2020

L’heure est venue de déclarer mon incompétence en matière de climat, ou plutôt mon extrême naïveté face aux grand pontes scientifiques qui s’en occupent.
Jusqu’ici je ne les tenais que pour des enflures, des gens se donnant de l’importance en  exagérant leurs propos, que ce soit en estimant que le climat est hypersensibles aux gaz à effet de serre (les modèles surchauffent) ou en simulant des scénarios de dingue (émissions prévues allant bien au-delà des capacités productives de carburant fossiles) afin de maximiser la frayeur qu’il faudrait en avoir et motiver une mobilisation d’urgence qui devrait sauver le climat ou nous sauver du climat, je ne l’ai jamais vraiment compris.
Nez en moins je les prenais pour des enflures plutôt compétentes, en tous cas quant aux aspects scientifiques et techniques de la chose. Eh bien il me faut déchanter : ou bien ils sont compétents et mentent systématiquement et en bande organisée, ou alors ils sont vraiment des imbéciles.
Hier, Judith Curry a publié un billet captivant sur son blog à propos de la plausibilité des scénarios utilisé pour calculer la probable évolution du climat au cours de ce siècle.
Tout cela ne serait que de la tambouille entre soldats de la même compagnie si elle ne mettait pas en évidence que les scénarios utilisés par la communauté climatique n’incorporent que les projections de l’activité humaine (scénario d’émissions de CO2 et autres gaz) et ne considèrent en rien que des facteurs naturels changeront aussi. Ça, je ne le savais pas, j’accordais donc aux climatologues la sagesse d’en tenir compte avec tous les imprévus que cela comporte. Que nenni, les variations de l’irradiation solaire, les éruptions volcaniques et les variations décennales des océans ne font l’objet d’aucun scénario. C’est comme si l’on testait un modèle d’aéronef sans vent latéral, une omission légitime quand on ne sait pas comment faire mais malhonnête si l’on prend les résultats comme valables pour tous les cas.
Comme ces facteurs sont actuellement alignés vers un refroidissement, leur impact doit être évalué. Sans entrer dans les arcanes de ces calculs, voici ce que cela donne (tableau 6 de l’article) pour trois scénarios concernant tous les facteurs :
Tableau : Changement de température attendu entre 2020 et 2050, en °C, selon trois scénarios tenant compte de tous les facteurs de perturbation, humains et naturels.
On constate donc qu’il est bien possible qu’il fasse un peu moins chaud en 2050 qu’aujourd’hui.
Bien entendu on rétorquera que, ne sachant pas comment le soleil, les volcans ou les océans vont évoluer, il est légitime de ne pas supposer quoi que ce soit à leur sujet – Business as usual would mean no business. Ce à quoi je rerétorquerai que cette imprédictibilité vaut aussi pour les activités humaines. Les scénarios d’émissions humaines de gaz à effet de serre sont et font toujours l’objet de discussions vaticanes et de publications indigestes. Mais pour ce qui est de la nature, et comme il n’est pas prévu que les changements climatiques en dépendent – la définition onusienne ne retient que l’action humaine – son rôle reste sans intérêt, donc occulté. Ou alors ce rôle ne joue pas dans le sens du narratif officiel, raison de plus pour l’occulter.
Ces considérations seront bien sûr considérées comme diabolique par la communauté climatique, et ce d’autant plus que Judith Curry y est vue comme une sorcière moderne.
Les adeptes de la décarbonation seront les moins réceptifs, car un tel résultat tendrait à la démobilisation face à un péril qui n’est plus si urgent ni important. Que l’on ne me comprenne pas de travers : il faudra qu’un jour le Monde se soit sevré des carburants fossiles. Cependant cela peut et doit se faire selon des critères autres que la panique et les décisions à l’emporte-pièce. Aussi, les questions de fond sur la sensibilité du climat au CO2 ou sur les impacts socio-économiques d’un changement climatique restent. Le champ des incertitudes s’élargit, exigeant que tout ça soit étudié plus sobrement, en prenant le temps qu’il faut et en abandonnant des a priori anthropogènes.
Toute personne honnête réagira en posant de sérieuses questions ; et les malhonnêtes climatistes devront apprendre à y répondre sans omissions. Il faut tout de suite faire cesser les clameurs d’urgence et stopper les dépenses pharaoniques engagées dans des actions qui resteront futiles. Les ressources ainsi libérées – personnes, matériaux, énergie, finance – peuvent être utilisées à bien meilleurs escient.

11 mai, 2020

Lettre ouverte à l’intention du COVID-19


Lettre ouverte à l’intention du COVID-19

Cher COVID-19,

Ne m’en veux pas, mais je vais te parler franchement, sans détour.

Ça fait déjà deux mois que je suis en confinement. Je fais partie de la tranche d’âge de celles et ceux que tu affectionnes tout particulièrement. Je ne t’ai pas invité à me fréquenter. Je ne te connais pas. Je ne connais pas non plus ta nationalité. Les Américains prétendent que tu es chinois. Les Chinois prétendent que tu es américain. Quant à moi, tu pourrais être un extraterrestre, je ne te trouverais pas plus sympathique.

Tu es vraiment effronté. Tu arrives sans crier gare. Tu te camoufles partout, sur les meubles, les sacs d’épicerie, les comptoirs. Tu pousses le sans gêne jusqu’à t’agripper à mes mains en prenant un air inoffensif. Tu décuples ainsi tes chances de me contaminer. Tu sais très bien que je porte mes mains au visage plusieurs centaines de fois par jour.

Les experts t’ont démasqué. Ils t’ont enlevé ta cape d’invisibilité et ils t’ont vu nu. J’ai vu des croquis. Tu ressembles à un citron sur lequel on aurait planté des clous de girofle. Au Québec lorsqu’on dit de quelqu’un ou quelque chose que c’est un citron, ce n’est pas un compliment.

Le monde entier, t’occulte, t’analyse, spécule sur ton degré de dangerosité. Les big pharmas investissent des milliards pour trouver tes points faibles. Les médias ne parlent que de toi. Trump, Poutine, Xi Jinping et bien d’autres sont verts de jalousie. Ceux qui comme Boris Johnson te défient, tu les envoies au soin intensif. C’est un peu extrême. Même si les médias raffolent de tes prouesses, il n’y a pas de quoi être fier.

Mais pourquoi t’en prends-tu aux personnes, qui comme moi, ont atteint un âge vénérable ? On a payé notre dû à la société. Maintenant, tu me prives de tout ce qui compte pour moi. Tu m’obliges à garder une distance de deux mètres entre moi et les personnes que j’aime. Comment puis-je consoler mes enfants et mes petits enfants dans ces conditions. Tu m’empêches d’aller à la campagne pour entretenir ma forêt pour combattre le réchauffement climatique. Es-tu un climatosceptique ? 

À cause de toi, je suis confiné à la maison. Heureusement, il me reste l’humour. Crois-moi, le rire est un antidote au stress et à la peur. Certains prétendent que le rire améliore la longévité. Je navigue sur Twitter et Facebook à la recherche des perles d’humour qui me font sourire. Je partage les meilleurs avec ma famille et mes amis.

En voici quelques-unes :

« Pour ne pas se contaminer, il faut se confiner
Mais pour se déconfiner, faut être immunisé
Pour être immunisé, faut se faire contaminer
Pour se faire contaminer, faut se déconfiner » —Les Goguettes

« Si les écoles restent fermées trop longtemps, les parents vont réussir à trouver un vaccin bien avant les scientifiques… »

« Plusieurs parents sont en train de découvrir que ce n’est pas le professeur qui est le problème. »

« Vous vous sentez coupables que vos enfants regardent trop de télé ? Vous avez juste à couper le son, à mettre les sous-titres et… boum ! Ils lisent. »

« Achetez deux Corona et obtenez une Mort subite gratuite. »
« On ne s’ennuie pas trop à la maison, mais il est étrange que dans un paquet de riz d’un kilogramme il y ait 7759 grains et dans un autre du même poids et de la même marque il y en a 7789. Bizarre. »
« — Papa, pourquoi il y a des supporters à 20 h sur les balcons ?
— C’est pour soutenir le corps médical.
— Ils jouent contre qui ?
— Le COVID-19.
— Ils vont gagner ?
— Uniquement si on joue à domicile. »

Comme tu peux voir, les Québécois poussent l’audace jusqu’à se moquer de toi.

Tu peux nous faire peur. Tu peux nous empester l’existence un certain temps, mais tu ne gagneras pas. Si j’étais toi, je plierais bagage et je me trouverais une planète où les habitants sauront t’apprécier. Crois-moi, si tu restes parmi nous, on finira par avoir ta peau.

Sincèrement,

Serge

08 mai, 2020

Cinq faits clés qui militent contre la poursuite du confinement

Scott W. Atlas, médecin, est chercheur principal David and Joan Traitel à l’Institution Hoover de l’Université Stanford et ex-neuroradiologiste en chef au Centre médical de l’Université Stanford. La Collection Réglementation de l’IEDM vise à examiner les conséquences souvent imprévues pour les individus et les entreprises de divers lois et règlements qui s’écartent de leurs objectifs déclarés.
On semble commencer à endiguer graduellement la tragique pandémie de COVID-19. Des dizaines de milliers d’Américains sont décédés(1) et nos concitoyens ont besoin de décideurs politiques raisonnables qui auront le courage d’ignorer la panique et de s’appuyer sur les faits. Les leaders doivent examiner les données accumulées pour voir ce qui est réellement arrivé – plutôt que des projections hypothétiques –, combiner ces preuves empiriques avec les principes fondamentaux de la biologie établis depuis des décennies et, ensuite, remettre judicieusement le pays en marche.
Cinq faits clés sont actuellement ignorés par ceux qui réclament le maintien d’un confinement quasi total.
Fait 1 : Une écrasante majorité de la population ne court aucun risque important de mourir de la COVID-19.
Selon la récente étude sur les anticorps qu’a menée l’université Stanford(2), on estime actuellement que le taux de létalité en cas d’infection est probablement de 0,1 à 0,2 pour cent, un risque nettement plus bas que les estimations antérieures de l’Organisation mondiale de la Santé qui étaient 20 à 30 fois plus élevées et avaient motivé les politiques d’isolement.
À New York, un épicentre de la pandémie qui dénombre plus du tiers de tous les décès aux États-Unis, le taux de mortalité chez les gens âgés de 18 à 45 ans est de 0,01 pour cent(3) ou de 10 par 100 000 personnes. Par contre, les gens âgés de 75 ans ou plus présentent un taux de mortalité 80 fois plus élevé. Pour les moins de 18 ans, ce taux est de 0 par 100 000 personnes.
Parmi toutes les personnes décédées dans l’État de New York, les deux tiers étaient des patients de plus de 70 ans; plus de 95 pour cent avaient plus de 50 ans et environ 90 pour cent de tous les défunts souffraient d’une maladie sous-jacente(4). Parmi les 6570 cas confirmés de décès lié à la COVID-19 sur lesquels on a mené jusqu’à ce jour une enquête complète visant les maladies sous-jacentes, 6520, soit 99,2 pour cent, présentaient une telle maladie(5). Si vous ne souffrez pas déjà d’une maladie chronique sous-jacente, vous courez un faible risque de mourir, peu importe votre âge. De plus, les jeunes adultes et enfants jouissant d’une santé normale ne courent presque aucun risque de contracter quelque maladie grave en raison de la COVID-19.
Fait 2 : Protéger les gens plus âgés, vulnérables, évite le surpeuplement des hôpitaux.
Nous pouvons tirer des enseignements sur l’utilisation des hôpitaux en examinant les données de la ville de New York(6), le point chaud de la COVID-19, où plus de 34 600 personnes ont été hospitalisées jusqu’à maintenant. Chez les moins de 18 ans, le taux d’hospitalisation lié au virus est de 0,01 pour cent, soit 11 par 100 000 personnes; chez les 18 à 44 ans, il est de 0,1 pour cent. Même chez les gens âgés de 65 à 74 ans, il y a eu hospitalisation dans seulement 1,7 pour cent des cas. Au sujet des 4103 patients qui ont reçu un diagnostic confirmé de COVID-19 et présentaient des symptômes suffisamment sérieux pour demander des soins médicaux(7), la Dre Leora Horwitz, du Centre médical de NYU, a conclu que « l’âge est de loin le plus fort facteur de risque en matière d’hospitalisation »(8). Même les premiers rapports de l’OMS signalaient que 80 pour cent de tous les cas étaient bénins, et des études plus récentes indiquent un taux d’infection nettement plus généralisé et un plus faible taux de maladie grave(9). La moitié des personnes ayant subi un test d’infection qui s’est révélé positif n’éprouvent pas le moindre symptôme. En grande majorité, les personnes plus jeunes et autrement en bonne santé ne nécessitent pas de soins médicaux substantiels.
Fait 3 : Les politiques d’isolement total empêchent le développement d’une immunité collective – un facteur crucial –, ce qui prolonge le problème.
Des décennies de science médicale nous ont appris qu’une infection permet aux gens de développer une réponse immunitaire, de sorte que l’infection est contrôlée dans l’ensemble de la population par une « immunité de groupe »(10). L’immunisation de la population est le véritable objectif pour les autres infections virales. Dans le cas présent nous savons que les soins médicaux ne sont même pas requis pour la vaste majorité des personnes infectées(11). Le virus est si faible que la moitié des personnes infectées sont asymptomatiques, comme l’ont démontré les données initiales du navire Diamond Princess et, ensuite, celles d’Islande et d’Italie(12).
On a faussement décrit ce virus comme un problème nécessitant un isolement collectif. Concrètement, les personnes infectées exemptes de maladie grave sont les vecteurs immédiatement disponibles pour l’établissement d’une immunité généralisée. En transmettant le virus à d’autres membres du groupe à faible risque qui développeront des anticorps, ces personnes bloquent les voies d’accès menant aux gens les plus vulnérables, ce qui, en définitive, mettra fin à la menace. En étendant l’isolement de la population générale, on empêcherait le développement de cette immunité de masse.
Fait 4 : Des gens meurent parce que d’autres soins médicaux ne sont pas prodigués
Des soins de santé essentiels destinés à des millions d’Américains sont actuellement mis de côté et des gens meurent afin d’aider des patients « potentiels » et d’endiguer la propagation. La plupart des États et de nombreux hôpitaux ont suspendu des actes médicaux et chirurgies « non essentiels »(13). Cela empêche le diagnostic de maladies mortelles, comme les cancers, des biopsies de tumeurs non découvertes et des anévrismes cérébraux. Des traitements, notamment des soins d’urgence, pour les maladies les plus graves ont aussi été annulés. Des patients atteints du cancer ont retardé leur chimiothérapie(14). On estime que 80 pour cent des chirurgies du cerveau ont été laissées en plan. Des patients ayant subi un accident vasculaire cérébral ou une crise cardiaque aigus ont perdu la chance d’être traités, certains en meurent et beaucoup risquent une invalidité permanente.
Fait 5 : Nous sommes en présence d’une population à risque clairement définie qui peut être protégée par des mesures ciblées.
Des preuves accablantes provenant du monde entier démontrent uniformément qu’un groupe clairement défini – les gens plus âgés et ceux souffrant de maladies sous-jacentes – court un plus grand risque d’être hospitalisé et de mourir de la COVID-19. Un objectif atteignable consiste à cibler ce groupe par une politique d’isolement et à contrôler les personnes qui interagissent avec lui. Les résidents des centres d’hébergement, les plus à risque, devraient être les plus simples à protéger systématiquement contre les personnes infectées, puisqu’ils vivent déjà dans des espaces confinés.
Les fondements de la biologie et les preuves dont nous disposons déjà militent pour une stratégie plus ciblée : protéger les gens qu’on sait vulnérables, demander aux personnes légèrement malades de s’isoler et ouvrir la plupart des lieux de travail et des petites entreprises en prenant certaines précautions pour les groupes plus nombreux(15). On permettrait ainsi les relations sociales essentielles au développement d’une immunité chez ceux qui courent un risque minimal de conséquences graves tout en sauvant des vies, en évitant le surpeuplement des hôpitaux et en limitant les dommages qui s’accumulent lors d’un isolement total. Cessons d’occulter les preuves empiriques pour tout miser sur des modèles hypothétiques. Les faits ont toute leur importance.

Références

  1. Worldometer, Coronavirus, United States.
  2. Eran Bendavid et al., « COVID-19 Antibody Seroprevalence in Santa Clara County, California », medRxiv.org, 11 avril 2020.
  3. Government of New York City, COVID-19: Data, Rates by Age.
  4. Government of New York State, Department of Health, covid19tracker, Fatalities.
  5. Government of New York City, « Coronavirus Disease 2019 (COVID-19), Daily Data Summary », 18 avril 2020.
  6. Government of New York City, op. cit., note 3.
  7. Christopher M. Petrilli et al., « Factors associated with hospitalization and critical illness among 4,103 patients with Covid-19 disease in New York City », medRxiv.org, 11 avril 2020.
  8. Tiernan Ray, « NYU scientists: Largest US study of COVID-19 finds obesity the single biggest “chronic” factor in New York City’s hospitalizations », ZDNet, 12 avril 2020.
  9. Organisation mondiale de la Santé, « Coronavirus disease 2019 (COVID-19) », Situation Report – 41, 1er mars 2020.
  10. C.J.E. Metcalf et al., « Understanding Herd Immunity », Trends in Immunology, vol. 36, no 12, décembre 2015, p. 753-755.
  11. Clive Cookson, « Coronavirus may have infected half of UK population — Oxford study », Financial Times, 24 mars 2020.
  12. Kenji Mizumoto et al., « Estimating the asymptomatic proportion of coronavirus disease 2019 (COVID-19) cases on board the Diamond Princess cruise ship, Yokohama, Japan, 2020 », Eurosurveillance, vol. 25, no 10, 12 mars 2020; Government of Iceland, « Large scale testing of general population in Iceland underway », communiqué de presse, 15 mars 2020; La Repubblica, « Coronavirus: ‘Il 50-75% dei casi a Vo’ sono asintomatici. Una formidabile fonte di contagion’ », 16 mars 2020.
  13. Ambulatory Surgery Center Association, State Guidance on Elective Surgeries, 20 avril 2020; Ambulatory Surgery Center Association, COVID-19: Guidance for ASCs on Necessary Surgeries.
  14. Miriam Falco, « Common Questions About the New Coronavirus Outbreak », American Cancer Society, 27 avril 2020.
  15. David L. Katz, « Is Our Fight Against Coronavirus Worse Than the Disease? », The New York Times, 20 mars 2020.

07 mai, 2020

La crise du coronavirus



Remplacez France par Québec et ce message s’applique mot pour mot.

Quel exemple parfait (et tragique) de l’échec de l’Etat et des politiques publiques ! L’argent ne manque pas (la France est première en Europe pour les dépenses de santé) mais, au lieu de récompenser ceux qui le méritent, il est gaspillé par une bureaucratie qui étouffe l’hôpital. Cela, nous n’avons cessé de le dénoncer.

L’IREF le martèle depuis des années et des années. La France est victime d’un Etat obèse et impuissant dirigé par des politiques qui ne croient, pour la plupart d’entre eux, qu’en la dépense publique et en l’interventionnisme économique. C’est le moment de tout changer, de réformer, pour libérer notre pays. Si l’on persiste dans les erreurs du passé, la France aura très peu de chances de se remettre de la crise actuelle. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de vous.

Voici juste un exemple. C’est notre Institut qui vient de dévoiler les différences énormes entre les employés du secteur non-médical allemands et français. C’est notre Institut aussi qui a montré comment et pourquoi les aspects concurrentiels et privés du système de santé en Allemagne l’ont rendu tellement plus efficace que le nôtre durant cette crise. Des travaux qui devraient faire beaucoup réfléchir nos décideurs politiques quand il s’agira de réformer le système de santé français.

Il y aurait beaucoup à faire. Il faudra réduire la fiscalité, la rendre proportionnelle et non plus progressive. Il faudra restreindre drastiquement les dépenses publiques. Il faudra réduire le nombre de fonctionnaires. Il faudra donner de l’air aux entreprises, supprimer les subventions accordées aux syndicats, garantir la liberté scolaire... C’est le moment d’agir après la crise actuelle !

06 mai, 2020

Quelles réformes après le confinement ? Que faire ?

par 
Il y a 33 ans, le président américain Ronald Reagan interpellait Mikhaïl Gorbatchev devant le mur de Berlin pour lui demander de détruire ce mur. Deux ans plus tard, le socialisme semblait avoir définitivement perdu. Rien n’est moins sûr aujourd’hui.
La crise sans précédent que nous connaissons dévaste l’économie dans des proportions jamais vues depuis la Seconde Guerre mondiale. Sans surprise, l’Etat prétend sauver la situation en faisant le choix d’un interventionnisme massif et plus important que jamais en temps de paix : décision administrative de fermer des commerces, fixation des prix, rationnement de certains produits, pression sur les dirigeants d’entreprises, intervention arbitraire dans des contrats de droit privé, décision à la place des assemblées générales d’entreprises de supprimer des dividendes, prise en charge de 10 millions de salariés au chômage partiel, soit environ la moitié des salariés du secteur privé …


La France en réanimation ?

Alors que la France détient le triste record d’avoir la pression fiscale la plus importante du monde, 6 millions de fonctionnaires et assimilés et un endettement public qui dépasse les 100% du PIB, nous constatons que, proportionnellement à sa population, elle fait partie des pays les plus impactés par le coronavirus. Un Etat très puissant et en déficit structurel depuis 45 ans n’était pas prêt à affronter cette pandémie. Les lits dans les hôpitaux manquent, ainsi que le personnel médical, les respirateurs et les masques alors que le stock public était d’1,4 milliard de pièces en 2012.
En décidant de confiner strictement la population, le gouvernement français a porté un coût d’arrêt sévère à l’économie. D’après l’INSEE, pendant le confinement la perte d’activité pour le secteur marchand est de 41%, et même 49% en excluant les loyers. Rompant avec son vocabulaire habituel, sobre et administratif, l’INSEE a comparé l’économie française à « un organisme placé sous anesthésie [qui] n’assure plus que ses fonctions vitales »[1].
Le coût de ce confinement pour les finances publiques n’est pas encore chiffrable, mais devrait se compter en centaines de milliards d’euros, répartis notamment entre des manques à gagner fiscaux, des crédits d’impôt, des abandons de créances, des prêts aux entreprises, des aides publiques aux ménages ou aux associations ou encore des prestations sociales, comme la prise en charge du chômage partiel. Toutes ces dépenses n’ont été ni budgétées, ni provisionnées et viennent s’ajouter aux 2 400 milliards d’euros de dette publique que portait déjà la France avant le confinement.

Le prix d’une vie sauvée

Cet arrêt brutal de l’économie nous conduit à nous interroger : le remède n’est-il pas pire que le mal ?
Fin avril, le bilan officiel annonce plus de 22 000 morts du coronavirus. Selon une étude épidémiologique de trois chercheurs de l’EHESP et du CHU de Rouen, 61 739 décès auraient été évités en un mois[2]. En admettant que sur l’ensemble du confinement ce chiffre puisse être porté à100 000, à quel prix cela s’est-il fait ? Si le coût de la crise s’élève à 200 milliards d’euros pour l’Etat, cela revient à 2 millions d’euros par vie sauvée. Sans négliger aucunement la valeur de toute vie humaine, rappelons que l’âge médian des personnes décédées du coronavirus est de 84 ans. 75% ont plus de 75 ans et 38% meurent en EHPAD. Par ailleurs une très grande partie des personnes décédées présentaient des causes de comorbidité (problèmes cardiaques, problèmes respiratoires, obésité, diabète…).
Les 22 000 morts du coronavirus sont ceux que l’on voit, mais le confinement et la crise économique qu’elle engendre causent également des décès, liés entre autres à des rendez-vous médicaux annulés, des opérations chirurgicales reportées, des détections de maladies qui seront retardées, des recherches sur des traitements médicaux qui prennent du retard ou qui seront stoppées faute de ressources, une dégradation de l’hygiène de vie, l’anxiété et les risques associés pour les personnes licenciées ou ne pouvant pas entrer sur le marché du travail faute d’opportunité, des suicides… Tous ces décès indirects ne seront évidemment jamais comptabilisés dans les statistiques officielles. Il n’est pas possible de savoir si le nombre de morts « épargnées » est supérieur au nombre de morts causées par le confinement.
Une chose est certaine cependant, les personnes temporairement sauvées sont en immense majorité des personnes âgées. Ce ne sont pas elles qui devront payer la facture, pendant de longues années.

Choisir entre la peste, le choléra et... les réformes

Quel que soit le montant exact du coût de la crise pour les finances publiques, comment sera-t-il assumé ? Comment la répartition des richesses va-t-elle s’opérer ?
Trois options semblent possibles.
La moins vraisemblable serait un défaut sur la dette, ce qu’a fait le Liban le 9 mars dernier, en n’honorant pas une dette d’1,2 milliard de dollars. Le Premier ministre, Hassan Diab, a renoncé à payer les créanciers, constatant que des Libanais étaient « dans l’incapacité de subsister et de répondre à leurs besoins les plus élémentaires ». Le président Macron s’est prononcé pour l’annulation de la dette des pays africains. Faire défaut sur une dette est une humiliation pour un Etat. C’est également une rupture de contrat, qui remet en cause un fondement de l’économie de marché. Etant données les circonstances actuelles, la France n’est pas le seul Etat confronté à une dette publique. Une faillite individuelle de l’Etat français ne semble pas le scénario le plus crédible.
L’option apparemment la plus logique serait une augmentation de la fiscalité, pour rembourser les dettes. Seulement, avant la crise du coronavirus, la dette publique dépassait déjà 100% du PIB. Dans ce cas de figure, elle ne peut être remboursée que si le taux de croissance de l’économie est supérieur au taux d’intérêt de la dette. Or cette crise fait simultanément baisser le PIB et augmenter la dette publique, le taux d’endettement va donc exploser. La France va se retrouver dans le cas de l’Italie, avec un taux d’intérêt sur la dette supérieur au taux de croissance, ce qui enferme le pays dans le cercle vicieux d’un endettement toujours plus important. Toute la valeur ajoutée créée ne suffisant même pas à payer les intérêts, une partie croissante de la richesse passe sous contrôle des créanciers. Augmenter la fiscalité, bien que ce soit une pratique fréquente pour nos dirigeants, ne semble pas une option possible, car la France a certainement dépassé « l’optimum de Laffer », si bien qu’une augmentation des impôts ne ferait que diminuer les recettes fiscales et aggraver la situation.
La solution la plus probable, la plus facile à assumer politiquement et en apparence la moins dommageable pour l’économie, serait de recourir à la création monétaire. Les banques centrales, à l’exemple de la banque centrale américaine, se sont déjà engagées à créer ex nihilo des centaines, voire des milliers de milliards, pour acheter les dettes publiques de leurs Etats. Une création monétaire considérable, conjuguée à une diminution des biens et services disponibles, parce que, la production ayant chuté, les prix vont fortement augmenter. L’inflation permet aux responsables politiques de ne pas perdre la face en déclarant leur pays en faillite. L’inflation est politiquement plus facile à assumer que l’augmentation des impôts, nécessairement impopulaires, surtout dans un pays comme la France où 46% de la richesse créée est accaparée par des prélèvements obligatoires. L’inflation provoquée par les banques centrales peut paraître plus douce qu’un nouvel impôt, il s’agit pourtant ni plus ni moins que d’un vol de pouvoir d’achat pour tous les détenteurs de cette monnaie. L’inflation va léser les ménages dont l’épargne a un rendement inférieur au taux d’inflation, notamment l’assurance vie. Elle bénéficiera par ailleurs aux ménages et entreprises endettés, ainsi qu’à l’Etat, qui verront le coût de leur dette allégé. L’inflation, comme la fiscalité, opère une redistribution des richesses. Heureusement les épargnants ont aujourd’hui des moyens de se protéger contre la spoliation liée à l’inflation, en investissant dans des cryptomonnaies, des métaux précieux, des matières premières ou dans l’immobilier.
Les finances publiques, ainsi que la légitimité du gouvernement vont ressortir exsangues de l’épreuve. Qu’il nous soit permis d’espérer que de cette crise donnera néanmoins quelques bons fruits, que le gouvernement ne se contentera pas de naviguer à vue mais réalisera, de gré ou par la contrainte des faits, des réformes dont la France a besoin depuis des années et dont elle se meurt à petit feu de ne pas les voir se réaliser.

Une to-do list pour la France

Osons esquisser ici une brève énumération des réformes à engager :
• Mettre fin au cours légal et forcé de l’euro, en laissant une liberté monétaire aux entrepreneurs et aux citoyens.
• Faire basculer la fiscalité sur la consommation, en supprimant la fiscalité du capital et des revenus.
• Proposer aux actifs qui le souhaitent de basculer progressivement vers un système de retraite par capitalisation.
• Ouvrir l’assurance maladie à la concurrence.
• Privatiser les activités qui ne sont pas liées à la sécurité nationale du pays : enseignement, transport ferroviaire, services postaux ou gestion des aéroports…
• Introduction d’un chèque scolaire et d’un libre choix des écoles pour les familles.
• Sélection à l’entrée des universités.
• Vente des logements HLM à leurs locataires.
• Suppression des 35 heures.
• Suppression du salaire minimum.
• Réforme du code du travail.
• Suppression du statut de fonctionnaire pour tous les agents qui n’exercent pas une activité régalienne.
La liste n’est évidemment pas exhaustive.
Monsieur Macron « Laissez-nous faire ! Laisser-nous entreprendre ! » La France vous en sera reconnaissante et vous pourrez dire que nous avons gagné la guerre.