Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Nouvelle devise du dollar canadien : Un de perdu, dix d’empruntés. - Michel Beaudry

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31 décembre, 2020

C’est gratuit, c’est le père Noël qui paye

 L’État aime jouer au père Noël. Souvenez-vous juste que sa besace, c’est votre porte-monnaie, et en dépit de vos droits.

Le père Noël existe-t-il vraiment ? C’est une réflexion dont nous nous dispensons fort heureusement une fois adulte. Bien sûr que non ! Pourtant, il arrive que, parfois, nous agissons et pensons comme si des phénomènes similaires à la distribution de cadeaux de Noël étaient possibles.

LE PÈRE NOËL N’A PAS DISPARU, IL A CHANGÉ DE FORME

Lorsqu’on demande un service à l’une de nos connaissances, on ne s’aperçoit pas nécessairement que cet acte n’est pas gratuit. Or, il lui a coûté du temps. Notre ami nous a en réalité offert le temps dont il aurait pu disposer autrement. Il supporte un coût d’opportunité pour ce service.

Ce coût d’opportunité représente le renoncement d’un individu pour un autre acte, moins préféré que celui actuellement accompli. Prenons donc ce service pour ce qu’il est, une preuve d’affection et de préférence pour votre bonheur.

Ce n’est bien évidemment pas une critique, une invitation à ne pas faire plaisir à nos proches et à autrui. Par le don que nous faisons à autrui, nous obtenons et espérons aussi obtenir la satisfaction de voir l’autre satisfait, heureux du cadeau qu’on lui a offert. Nous tenons cependant à rappeler que ce don de soi (littéralement) n’est jamais gratuit, loin de l’opulence du jardin d’Éden.

C’est pareil pour un cadeau matériel. Quand nous recevons un bien, il ne nous a rien coûté mais il a été une peine supplémentaire pour celui qui nous l’a offert. Cette peine n’est pourtant pas visible pour celui qui en profite. Il souffre d’une illusion. Il y a toujours ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas. Lorsqu’on voit le chèque tombé du ciel, on ne voit pas nécessairement le travail et le sacrifice endurés pour celui-ci, car nous ne l’avons pas supporté nous-mêmes.

PREMIÈRE LEÇON D’ÉCONOMIE

La première leçon de l’économie est celle de la rareté : nous n’avons jamais assez de tout pour satisfaire entièrement les besoins de chacun. Et en politique, la première leçon est de ne pas tenir compte de la première leçon de l’économie – Thomas Sowell

Certains économistes, notamment ceux de l’école du choix public, pensent que les contribuables sont dans une situation qui ressemble à la réception d’un cadeau. Ils souffrent d’illusion fiscale, car ils ne s’aperçoivent pas réellement du coût des politiques publiques, par exemple à cause de la création monétaire ou du déficit public.

Lorsqu’un homme politique écrit « Nous allons embaucher 600 000 fonctionnaires, valoriser tel ou tel secteur », il n’écrit jamais : « Ces dépenses supplémentaires seront couvertes par tel nouvel impôt, ou par telle suppression de dépense ». Il y aurait une levée de boucliers, ou un moins grand consensus.

Pourtant, c’est comme cela que cela doit se faire dans un monde de ressources rares, qui n’est pas le jardin d’Éden. Et si ce n’est pas le cas, cela doit se faire par l’inflation ou le déficit. Mais quelqu’un a-t-il déjà entendu un politicien dire : « Votre monnaie aura moins de valeur et ce seront vos enfants qui rembourseront » ? Je pense que vous avez déjà la réponse.

Ou alors, certains diront « C’est la croissance future qui couvrira ces dépenses ». Prévision de croissance qui sera bien sûr surestimée en vue de garantir des dépenses supplémentaires, ce que John Burton nomme le hump effect 1.

PÈRE NOËL, TOUJOURS PLUS DE CADEAUX

En l’absence d’une réelle transparence, les contribuables sont incités à demander toujours plus de cadeaux au père Noël, cadeaux qu’ils n’apprécieront peut-être pas, puisqu’ils ne les ont pas choisis, le politique ne disposant d’aucun moyen pour connaître l’échelle de valeurs du contribuable, c’est-à-dire de l’évaluation subjective de sa politique et ce d’autant plus qu’il lui en masque volontairement le coût. Le pompon réside dans le fait que, dans ce cas-là, ce sont véritablement les contribuables qui financent leurs propres cadeaux. Il n’y a pas de cadeau gratuit.

Sans contrepartie visible et directe de l’accroissement du pouvoir, les contribuables n’ayant pas tous les mêmes intérêts se retrouvent coincés dans un dilemme du prisonnier, à cause d’une double incitation :

  • ils voient la dépense de l’État qui leur apporte un surplus de revenu ;
  • ils ne voient pas le coût différé et masqué que leur fait subir l’État, qui tronque leur revenu.

Comme nous le rappelle Pascal Salin, dans La tyrannie fiscale, c’est ce que fait par exemple l’État en disant taxer les entreprises, entités abstraites, plutôt que les individus qui les composent. Les représentants politiques militent pour leur programme politique de dépense, le plus souvent en jouant sur l’ignorance de ce que certains économistes nomment l’incidence fiscale, c’est-à-dire le groupe d’individus sur lesquel les nouvelles charges se répercutent. Par exemple, pour certains économistes la TVA est véritablement une taxe sur la valeur ajoutée, et non pas une taxe sur la consommation.

Ainsi, les contribuables sont incités à demander davantage à l’État car ils savent que d’autres groupes de contribuables feront de même. Il en est de même des groupes de pression, incités à tout faire pour conserver leurs privilèges, car si ceux-ci viennent à disparaître, ils devront supporter le poids de tous les autres privilèges protégeant les autres corporations de la concurrence.2En agissant dans leur propre intérêt, certains finissent par dégrader la situation de tous.

C’est ce que décrit la tragédie des communs ; lorsqu’un État est incité à dilapider les richesses des agents productifs du pays, et que celui-ci ouvre les vannes de la fonction publique.

C’est ce genre de dilemme, récurrent à la théorie des jeux, qui a poussé certains économistes, tel le prix Nobel James Buchanan, à formuler la nécessité d’une règle budgétaire empêchant tout déficit public afin de réduire l’incitation des groupes de pression à rechercher des privilèges auprès du pouvoir politique.

On pourrait intituler cela le théorème du pommier : plus un pommier est garni et accessible, et plus les gens seront tentés de s’approprier ses fruits. Dans cet ordre de pensée, Niskasen soulève le fait que c’est la taille de l’État qui entraîne une augmentation de la corruption, puisqu’il y a une quantité d’État plus importante à capturer.

« Les politiciens seront des politiciens, pourrait-on dire. Et les bureaucrates seront des bureaucrates, pourrait-on ajouter. Ensemble, en l’absence de contraintes constitutionnelles, ils possèdent un énorme potentiel de destruction économique. Une grande partie des activités d’achat de votes des hommes politiques ont été considérées comme nécessaires pour promouvoir une économie plus efficace. Et qui voudrait promouvoir une économie qui fonctionne moins bien ? Mais de telles actions politiques incontrôlées conduisent à l’instabilité économique, qui est ensuite utilisée pour justifier de nouveaux efforts politiques visant à « stabiliser » l’économie. Ainsi navigue le navire de l’État. Il serait logique de demander aux pilotes qui ont aggravé nos problèmes de continuer à tenir la barre, mais ce n’est pas un « remède » que beaucoup d’entre nous attendent avec beaucoup d’enthousiasme. «  James M.Buchanan, Richard Wagner, et John Burton, The Consequences of Mr Keynes, page 80

L’État aime jouer au père Noël. Souvenez-vous juste que sa besace, c’est votre porte-monnaie, et en dépit de vos droits.

  1. The Consequences of Mr Keynes ↩
  2. C’est un détail d’ailleurs largement soulevé dans La Route de la Servitude de Hayek, comme le rappelle Peter J. Boettke dans Calculation and Coordination↩

30 décembre, 2020

Gordon Tullock, ou l’économie appliquée à la politique

 Gordon Tullock n’a peut-être pas gagné de prix Nobel comme son proche collaborateur James Buchanan, mais son apport n’en est pas moins impressionnant.

Gordon Tullock n’a peut-être pas gagné de Prix Nobel, mais pour quelqu’un qui n’a suivi qu’un seul cours d’économie durant sa formation, son apport surprenant à la discipline le hisse au rang des plus grands économistes. En effet, le renommé professeur a consacré la majeure partie de sa carrière à l’avancement de la science économique, plus particulièrement à l’application de la théorie économique à des domaines hors marché afin d’expliquer certains comportements humains.

Tullock a obtenu un Juris Doctor de l’Université de Chicago en 1947 avant de pratiquer le droit brièvement, pour ensuite se joindre au Département d’État américain. Après une première affectation en Chine, il a étudié la langue et la culture à Yale et à Cornell avant d’être envoyé à Hong Kong et en Corée. Tullock a quitté le Département d’État en 1956 pour se consacrer à ce qui le passionnait vraiment : la recherche et l’enseignement.

Il enseigna d’abord au département d’études internationales de l’Université de Caroline du Sud, où il publia une première version de The Politics of Bureaucracy. Ce sont ses premiers travaux sur les importants problèmes de communications au sein des grandes bureaucraties centralisées qui amenèrent Tullock à collaborer avec James M. Buchanan. Les deux partageaient le même intérêt pour l’utilisation de la théorie économique afin d’expliquer des phénomènes politiques et sociaux.

Les deux professeurs publièrent ensemble The Calculus of Consent: Logical Foundations of Constitutional Democracy en 1962, l’ouvrage séminal d’un nouveau courant de pensée : l’école des choix publics. Dans ce livre, Tullock et Buchanan appliquent l’analyse économique à la prise de décision des agents du secteur public afin de démontrer qu’ils ne sont pas des anges dépourvus d’intérêts personnels.

À l’époque, on voyait l’État comme un tout, bienveillant, qui agit seulement dans l’intérêt du bien public. Les deux collaborateurs rejetaient cette conception de l’État, affirmant que les fondements du comportement humain ne changent pas lors de l’ascension au pouvoir politique. Buchanan recevra d’ailleurs le Nobel d’économie en 1986 pour sa contribution à l’École des choix publics, honneur auquel Tullock n’a pas eu droit.

La théorie du choix public, qui cherche à appliquer la théorie économique à des domaines et des phénomènes hors marché, est à la base des travaux de Tullock.

En effet, l’auteur et professeur a apporté une contribution imposante à l’économie politique en général. Il est d’ailleurs l’auteur des premiers travaux sur la théorie de la recherche de rente. Son article The Welfare Costs of Tarriffs, Monopolies, and Theft (1967) introduit ce qu’on appelle aujourd’hui le « trapèze de Tullock ». Reprenant l’idée d’Arnold Harberger sur la perte sociale sèche entraînée par la présence d’un monopole dans un secteur, Tullock a montré que l’entreprise monopolistique gaspillait également des ressources afin d’obtenir des protections légales et réglementaires, dépenses qui n’entraînent aucun gain de productivité.

À partir de ses travaux sur la recherche de rente, Gordon Tullock a remarqué un important paradoxe. Il le décrit comme étant le coût relativement bas des activités de lobbying comparativement aux gains astronomiques qu’elles entraînent. Selon lui, le fait que les politiciens aient besoin de financement pour leurs activités partisanes et leur réélection engendre une possibilité pour leurs financiers de demander un retour sur leur investissement sous la forme de mesures favorables à leur entreprise.

Outre l’économie politique, Tullock s’intéressait également au comportement électoral. En effet, il expliquait que les motivations des individus à voter ne peuvent pas être que purement rationnelles. Selon lui, les citoyens sont conscients que les chances que leur vote aient un impact quelconque sur le résultat d’une élection sont infiniment petites.

Pour cette raison, il avançait que les motivations devaient être plus morales que rationnelles et que les individus ne devenaient pas automatiquement informés ou intéressés simplement parce qu’ils allaient voter.

Finalement, Tullock a apporté une contribution importante à la redéfinition de l’étude de la loi, alors largement comprise du seul point de vue de la philosophie morale, comme étant un domaine qui pouvait être étudié à l’aide de la théorie économique. Son livre The Logic of the Law demeure à ce jour un incontournable.

Encore aujourd’hui, les théories mises en avant par Gordon Tullock peuvent servir à comprendre et expliquer des phénomènes observables. C’est le cas notamment de la recherche de rente dans certains secteurs de l’économie canadienne, comme dans le domaine de l’agriculture, où le système de gestion de l’offre protège les producteurs de lait, d’œufs et de volaille.

En définitive, il est difficile de qualifier le legs scientifique qu’aura laissé le professeur de droit et d’économie. Auteur autodidacte et prolifique, il a écrit plus de 150 articles et publié ou co-publié près de 40 livres durant une carrière universitaire de plus de 50 ans. Il n’aura peut-être pas gagné de prix Nobel comme son proche collaborateur James Buchanan, mais son apport n’en est pas moins impressionnant.

29 décembre, 2020

Le PCF, une honte française 100 ans d’histoire et 100 millions de morts

 

Nicolas Lecaussin

Le 29 décembre prochain, la Parti communiste français fêtera ses 100 ans. Difficile à croire, mais il existe encore un parti communiste en France, une organisation politique qui a énormément perdu de son électorat mais qui garde intact son dogmatisme idéologique. Pire, malgré son nanisme politique, il réussit encore à influencer les débats d’idées, à déteindre sur d’autres partis gauchisants et écologistes.

Aujourd’hui, en France, fin 2020, le secrétaire du parti, Fabien Roussel, n’a pas le moindre scrupule pour « célébrer la riche histoire » de son parti « avec les yeux braqués sur le présent et vers l’avenir ». Pour lui, « En 2020 comme il y a cent ans, le communisme, c’est la jeunesse du monde. Et face au vieux système capitaliste, nous avons besoin d’idées radicalement nouvelles  ». Le système politique qui a fait le plus de morts dans l’histoire de l’humanité est fêté en France comme n’importe quelle autre doctrine et rares sont les voix qui s’élèvent contre cette sinistre mascarade alors qu’on pleure encore les victimes d’avant la chute du mur de Berlin et qu’il existe encore dans le monde des dictatures communistes qui tuent.
Cet événement reflète lui aussi, comme bien d’autres avant lui, selon les mots d’Alain Besançon, une « amnésie » du communisme qui s’oppose à l’« hypermnésie » du fascisme et du nazisme. Aujourd’hui, c’est devenu même une fierté de se dire communiste ! Ce qui est très grave en revanche, c’est de dire à quelqu’un qu’il est noir ou de mettre en doute le réchauffement climatique…
Combien de fois faut-il donc rappeler qu’il s’agit d’une idéologie criminelle au même titre que le nazisme avec lequel il s’est allié ? Dans « Le Pacte des diables », essai qui vient de paraître, l’historien Roger Moorhouse raconte la réaction du PCF à la directive de Staline en août 1939 et « l’extraordinaire discipline, véritablement unique dans l’histoire de l’humanité » du PCF qui devint le parti allié d’Hitler dans la lutte contre « l’impérialisme bourgeoise français et britannique ». Même en mai 1940, lorsque les chars allemands avaient déjà envahi la France, le PCF continuait à critiquer le capitalisme et l’impérialisme de Londres.
Aucun autre parti n’a probablement été autant inféodé à une puissance étrangère, la dictature soviétique en l’occurrence, que le PCF. Pendant des décennies, il a obéi au doigt et à l’œil eux directives de Moscou, a approuvé les pires crimes commis au nom du communisme, les a niés lorsque la vérité a éclaté et n’a jamais voulu tirer la leçon de l’échec de cette idéologie qui a laissé, partout où elle a été au pouvoir, des montagnes de cadavres et des économies en faillite. Faut-il aussi rappeler que ce parti – français – a organisé et participé à des actions terroristes et de sabotage en France après la fin de la Deuxième Guerre mondiale sur ordre de Moscou et qu’il a été financé par l’URSS jusqu’en 1990 ?
Ce parti qui fête ses cent ans dans quelques jours a réussi, avec l’aide du reste de la gauche française, à s’acquitter lui-même sans jamais tirer les leçons du passé. Cette « grande parade », comme l’a très bien nommée Jean-François Revel, a réussi alors qu’on savait ce qui se passait dans les pays communistes. L’ouverture des archives après 1990 n’a pas poussé, non plus, les idéologues communistes à un semblant de mea culpa (rappelons que même le Parti communiste italien, aussi dogmatique que son homologue français, s’est dissous et a changé de nom).
Le cadavre du communisme bouge encore et cette « passion française » comme l’a nommée l’historien Marc Lazar, continue à faire des émules un peu partout, à gauche, parmi les jeunes, chez les intellectuels. Ce n’est pas une passion française, c’est une honte française.

28 décembre, 2020

Un troisième confinement mènerait à une dépression économique

 Sans connaître l’ampleur des coûts, des confinements à répétition reviennent à prendre une deuxième hypothèque sans même connaître le montant de la dette qui subsiste sur la première.

Un article de l’IEDM

Le gouvernement du Québec a annoncé des règles de confinement plus strictes avant la période des Fêtes. Or, les confinements à répétition, même partiels, sont susceptibles de transformer une crise temporaire comparable à une catastrophe naturelle en une dépression prolongée pour les petites et moyennes entreprises qui emploient près de 90 % des Canadiens qui travaillent dans le secteur privé(1).

Des études sur les catastrophes naturelles et sur les mesures fiscales temporaires suggèrent que le simple fait de prolonger la durée ou la fréquence d’une menace peut en amplifier considérablement l’incidence, voire la multiplier à long terme.

Le 26 octobre dernier, le Québec a prolongé de quatre semaines les confinements « partiels »(2), alors que les « quelques semaines » de restrictions initialement prévues(3)s’étendent maintenant sur huit mois. Hélas, le carnage que subissent les PME et les emplois qui en dépendent est tout sauf partiel.

LE BILAN ACTUEL DES DOMMAGES LIÉS AU CONFINEMENT

Le premier confinement de la Covid-19 a déjà eu un effet dévastateur sur l’économie canadienne. Le taux de chômage a atteint 13,7 %(4), un niveau sans précédent depuis la Grande Dépression.

Par ailleurs, des analyses économiques suggèrent que la prolongation ou la répétition des confinements, même modérés, pourraient paradoxalement causer davantage de dommages. En effet, même si les mesures de confinement ponctuelles détruisent la richesse, les incitations économiques demeurent en grande partie intactes.

En revanche, les confinements à répétition, même partiels, risquent de causer des dommages permanents, notamment pour les PME qui doivent désormais composer avec un risque de catastrophe continu.

Comme nous le verrons plus loin, une littérature économique considérable sur les catastrophes naturelles et les modifications fiscales suggère que la continuité peut à elle seule accroître considérablement les dommages, même si les confinements répétés ne sont que partiels.

Avant même que les présentes mesures de confinement partiel ne soient prolongées, les PME canadiennes se trouvaient déjà dans une situation précaire. Dan Kelly, président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), a récemment publié un sondage qui révèle que huit PME canadiennes sur dix sont particulièrement préoccupées par la deuxième vague de confinements et que 56 % d’entre elles affirment qu’elles n’y survivront pas(5).

M. Kelly affirme avoir reçu 60 000 appels de propriétaires de PME inquiets et plusieurs d’entre eux ont même songé au suicide alors que leurs affaires s’effondraient(6).

On estime que neuf PME sur dix ont connu une baisse catastrophique de 70 % de leurs recettes en moyenne et que le nombre d’employés a été réduit de moitié, alors qu’une entreprise sur dix a dû licencier l’ensemble de son personnel. M. Kelly a souligné que la grande majorité des entreprises encore en activité perdaient de l’argent jour après jour en espérant une réouverture rapide, mais qu’une deuxième vague leur fera perdre tout espoir.

Entre-temps, les Canadiens sont de plus en plus pessimistes(7) à l’égard de l’économie, dans la mesure où les confinements se prolongent sans qu’on puisse en voir la fin. Après une légère reprise, l’indice de confiance canadien Bloomberg Nanos, qui mesure la santé financière et les perspectives économiques, recule de semaine en semaine pour atteindre des niveaux qui n’avaient pas été observés depuis le mois d’août(8).

Devant la perspective d’un deuxième confinement, imposé par le Québec quelques jours plus tard, Goldy Hyder, président du Conseil canadien des affaires, prédisait que cette situation serait « catastrophique »(9).

Et ce ne sont pas seulement les emplois et les entreprises qui sont menacés, mais aussi le caractère même des villes canadiennes. Une étude récente de la Chambre de commerce de l’Ontario a révélé que les licenciements sont essentiellement concentrés dans les secteurs de la restauration et de l’hébergement, des divertissements et des loisirs et du commerce de détail, lesquels forment ensemble le tissu urbain(10).

Même avant la pandémie, le déclin de zones commerciales comme le corridor de la rue Saint-Denis à Montréal(11)en raison de charges fiscales et réglementaires agressives et discriminatoires suscitait de vives inquiétudes, si bien que les confinements en cours risquent de décimer complètement ces entreprises déjà en difficulté.

Plus les confinements se prolongent, plus le risque est grand de se réveiller à Montréal, Québec ou Toronto avec l’impression de se retrouver dans une « ville fantôme » où les restaurants, les arts et les commerces de détail se font de plus en plus rares.

Radio-Canada rapportait récemment que cet effondrement à petit feu est déjà en cours dans le Vieux-Québec, alors que de nombreux commerces ferment leurs portes définitivement. Quelque 22 d’entre eux avaient déjà jeté l’éponge(12)et plusieurs autres sont susceptibles d’en faire autant. Quelques jours plus tard, Time Out Montréal rapportait deux fois plus de fermetures définitives de restaurants montréalais emblématiques(13).

Dans le même ordre d’idées, les experts mettent en garde contre un tsunami de faillites, tant pour les particuliers que pour les PME, alors que les tribunaux rattrapent le retard accumulé en raison de la Covid-19(14).

LE DANGER DES CONFINEMENTS PROLONGÉS

La solution est pourtant simple : il faut cesser d’imposer des mesures de confinement aux PME. Une vaste littérature économique démontre que les changements permanents ont une incidence bien plus importante que les changements temporaires.

La théorie du revenu permanent(15)et celle du cycle de vie(16), élaborées dans les années 1950 par les lauréats du prix Nobel Milton Friedman et Franco Modigliani respectivement, sont à la base de décennies de recherche. Ces deux modèles postulent que les changements temporaires sont « amortis » sur une plus longue période, voire sur toute une vie, de sorte que leur incidence demeure relativement faible, tandis que les changements permanents ont une incidence beaucoup plus importante(17).

Au cours des 70 années suivantes, ces théories ont été appliquées à un nombre de réalités économiques, de l’épargne à la consommation, en passant par les catastrophes naturelles et les impôts.

Par exemple, un article de 2009 concluait que les catastrophes naturelles modérées seraient susceptibles de promouvoir la croissance à long terme. Ainsi, les inondations seraient particulièrement utiles, les tremblements de terre auraient un effet mitigé et les tempêtes stimuleraient temporairement le PIB, probablement en raison des travaux de réparation(18).

Un article antérieur avait établi que les catastrophes naturelles favorisent la croissance à long terme en provoquant une mise à jour du stock de capital(19), tandis qu’un article de 2018 avait constaté des effets positifs lorsque des biens durables étaient détruits (voitures, meubles, etc.), et des effets négatifs lorsque du capital productif, comme des entreprises ou des usines, était détruit(20).

De manière générale, les études démontrent que les catastrophes naturelles de courte durée ont un effet remarquablement faible sur la production économique.

Bien entendu, les catastrophes naturelles ne sont pas positives pour autant, dans la mesure où même les voitures et les maisons endommagées sous-entendent une destruction de la richesse, un argument clairement formulé il y a deux siècles par Frédéric Bastiat et aujourd’hui connu sous le nom de sophisme de la vitre cassée(21).

Il n’en reste pas moins que les conséquences d’un événement ponctuel sont étonnamment faibles selon la littérature économique.

Il existe également une vaste littérature sur les effets économiques des modifications fiscales et des subventions gouvernementales. En bref, les changements temporaires ont peu de répercussions sur les comportements, si ce n’est sur l’épargne, tandis que les changements permanents entraînent une modification beaucoup plus importante des comportements du fait de leur incidence sur les incitations(22).

Par exemple, une étude révèle qu’une réduction permanente du taux d’imposition des sociétés entraîne un effet de croissance supérieur de 39 % après un an par rapport à une réduction temporaire. Cet écart se multiplie par 26 sur une période de dix ans en raison des effets négatifs de la réduction temporaire par rapport au scénario de base après quelques années (voir la Figure 1).

Ainsi, les réductions temporaires ne parviennent pas à provoquer les changements de comportement à long terme observés avec les réductions fiscales permanentes(23). ​

De la même manière, les paiements de relance temporaires, souvent présentés comme un moyen de stimuler les dépenses en période de récession ou de crise, ne parviennent généralement pas à modifier les habitudes de dépenses et tendent à se traduire par une augmentation de l’épargne.

Lors de la récession de 2001, à peine 22 % des paiements fédéraux de relance aux États-Unis ont été dépensés(24), alors que cette année, tout juste 27 % des paiements liés à la Covid-19 l’ont été(25).

Sur le plan du PIB, une étude a révélé que des paiements de relance temporaires équivalant à 3 % du PIB annuel sur un an ne réduisent le chômage que de 1 %, ce qui signifie que plutôt que de modifier les comportements, la majeure partie de ces paiements a simplement été épargnée(26).

Bien que les économies soient nécessaires à la croissance de l’économie à long terme, ces conclusions, combinées à la littérature sur les catastrophes naturelles, suggèrent que les changements temporaires ont une incidence bien moindre sur le comportement que les changements permanents.

Dans le contexte de la Covid-19, il en ressort que des confinements répétés, même s’ils sont plus modérés que les premiers, risquent de transformer une crise temporaire en une catastrophe beaucoup plus importante. Le risque inhérent aux confinements répétés oblige les PME à assumer des coûts permanents en matière de mitigation, mais aussi à gérer un risque continu de catastrophe qui pourrait dissuader bon nombre d’entre elles de reprendre leurs activités.

Au moment d’évaluer les dommages, il est important de se rappeler que l’ampleur véritable des retombées économiques liées au premier confinement est encore loin d’être connue. Ceci est dû à la quasi-fermeture des tribunaux de la faillite pendant la Covid-19 ainsi qu’aux prestations d’urgence qui permettent d’éviter les faillites, mais qui ne sont pas fiscalement viables(27).

Les experts en faillite ont mis en garde contre une « augmentation importante des défauts de paiement et des faillites des particuliers » à mesure que la PCU et d’autres mesures d’aide prennent fin(28).

Sans connaître l’ampleur de ces coûts, des confinements à répétition reviennent à prendre une deuxième hypothèque sans même connaître le montant de la dette qui subsiste sur la première.

Une telle mesure est d’autant plus imprudente que les données sur les avantages du confinement sont limitées. L’Organisation mondiale de la santé a longtemps déconseillé de telles mesures, estimant que les coûts énormes n’en valaient pas la peine(29). En effet, tout porte à croire que les confinements liés à la Covid-19 n’ont pas réduit le nombre de cas critiques ou de décès de manière importante aux États-Unis et en Europe (voir la Figure 2), pour la simple raison que la distanciation sociale était essentiellement volontaire(30). Qui plus est, les confinements ont ciblé les travailleurs qui sont généralement plus jeunes donc moins vulnérables.

Un nombre croissant de publications considèrent que les confinements sont susceptibles de coûter plus de vies qu’ils n’en sauvent, du fait des « maladies du désespoir » liées au chômage de masse et aux faillites, notamment les suicides, la violence conjugale et les surdoses mortelles(31). Lorsqu’il s’agit de gérer la crise de la Covid-19, nous ne devrions pas perdre de vue que le chômage de masse et la pauvreté sont également mortels.

Dans la mesure où les Canadiens n’ont jamais imposé de confinements de cette envergure, nous ignorons encore la gravité de la situation et la valeur du « multiplicateur de permanence ».

Toutefois, sur la base de 70 années de littérature empirique et de théories économiques éprouvées, nous pouvons affirmer avec certitude que des confinements répétés, même modérés, sont susceptibles de se révéler chaque fois plus dévastateurs pour les PME confrontées à des choix difficiles dans un contexte de catastrophe qui tend à se perpétuer.

Pour toutes ces raisons, nous devons mettre un terme définitif aux confinements généralisés et concentrer nos efforts sur la protection des populations et des entreprises vulnérables face à la pandémie et aux politiques coûteuses et contre-productives qui en découlent.

  1. Innovation, Sciences et Développement économique Canada, Principales statistiques relatives aux petites entreprises, Gouvernement du Canada, novembre 2019, p. 13.
  2. Adam Kovac, « Quebec’s red-zone restrictions extended another 28 days: Legault », CTV News, 26 octobre 2020.
  3. The Canadian Press, « Officials say efforts by Canadians to flatten the curve of COVID-19 are working », CTV News, 2 mai 2020.
  4. David MacDonald, « Canada’s job losses reach Great Depression levels. Here’s how we move forward », Behind the Numbers, 5 juin 2020.
  5. Hilary Punchard, « 56 % of small businesses won’t easily survive a second COVID lockdown: Survey », BNN Bloomberg, 8 octobre 2020.
  6. Liz Braun, « Another COVID lockdown will crush small businesses: Survey », Toronto Sun, 9 octobre 2020.
  7. Shelly Hagan, « Canada becomes a country of pessimists with economic gloom deepening on rising virus cases », Financial Post, 26 octobre 2020.
  8. Shelly Hagan, « Canadians are feeling worse every week about the state of the economy », Financial Post, 19 octobre 2020.
  9. Larysa Harapyn, « A second lockdown would be catastrophic for Canadian businesses », Financial Post, 29 septembre 2020.
  10. Ontario Chamber of Commerce, « Grim view on economy, but businesses cautiously optimistic about their outlook, survey reveals », 8 octobre 2020.
  11. Ville de Montréal, « Le Plateau-Mont-Royal dévoile un plan d’action complet de relance de la rue Saint-Denis, une première à Montréal », 19 août 2019.
  12. Jonathan Lavoie, « 22 commerces fermés dans un Vieux-Québec ébranlé par la pandémie », Radio-Canada, 15 octobre 2020.
  13. JP Karwacki, « 31 notable Montreal restaurants and bars that have permanently closed », Time Out, 19 octobre 2020.
  14. Pete Evans, « Personal bankruptcies fell to record low in April, but could be poised to soar », CBC News, 4 juin 2020.
  15. Milton Friedman, Theory of the Consumption Function, Princeton University Press, 1957.
  16. Franco Modigliani, The Collected Papers of Franco Modigliani, Volume 6, The MIT Press, juillet 2005.
  17. John B. Taylor, « Why Permanent Tax Cuts Are the Best Stimulus », The Wall Street Journal, 25 novembre 2008.
  18. Thomas Fomby, Yuki Ikeda et Norman Loayza, « The Growth Aftermath of Natural Disasters », Journal of Applied Econometrics, vol. 28, 28 octobre 2011, p. 422-430.
  19. Mark Skidmore and Hideki Toya, « Do natural disasters promote long-run growth? », Economic Inquiry, vol. 40, no 4, 2002, p. 676.
  20. Holger Strulik et Timo Trimborn, Natural Disasters and Macroeconomic Performance, Environmental and Resource Economics, vol. 72, no 4, 7 mars 2018, p. 1093.
  21. Claude Frédéric Bastiat, « The Broken Window », Mises Daily Articles, 2009.
  22. Charles Steindel, « The Effect of Tax Changes on Consumer Spending », Current Issues in Economics and Finance, vol. 7, no 11, décembre 2001, p. 5.
  23. Calculs de l’auteur. Alan Cole, « Why Temporary Corporate Income Tax Cuts Won’t Generate Much Growth », Tax Foundation Fiscal Fact, no 549, juin 2017, p. 4.
  24. Matthew Shapiro et Joel Slemrod, « Consumer response to tax rebates », National Bureau of Economic Research, décembre 2001, p. 15.
  25. Olivier Coibion, Yuriy Gorodnichenko et Michael Weber, « How Did U.S. Consumers Use Their Stimulus Payments? », National Bureau of Economic Research, août 2020, p. 11.
  26. Laurence S. Seidman et Kenneth A. Lewis, « A Temporary Tax Rebate in a Recession: Is It Effective and Safe ? », Business Economics, vol. 41, no 3, juillet 2006, p. 37.
  27. Pete Evans, op. cit., note 14.
  28. Idem.
  29. Organisation mondiale de la santé, Global Influenza Programme, Non-pharmaceutical public health measures for mitigating the risk and impact of epidemic and pandemic influenza, 2019, p. 3.
  30. Rabail Chaudhry et al., « A country level analysis measuring the impact of government actions, country preparedness and socioeconomic factors on COVID-19 mortality and related health outcomes », EClinicalMedicine, vol. 25, 1er août 2020, p. 5; Sumedha Gupta, Kosali Simon et Coady Wing, « Mandated and voluntary social distancing during the COVID-19 epidemic », Brookings Papers on Economic Activity, 25 juin 2020.
  31. Dominik A. Moser et al., « Years of life lost due to the psychosocial consequences of COVID19 mitigation strategies based on Swiss data », European Psychiatry, mai 2020, p. 13; Frederik Feys, Sam Brokken et Steven De Peuter, Risk-benefit and cost-utility analysis for COVID-19 lockdown in Belgium: the impact on mental health and wellbeing, PsyArXiv, 22 mai 2020, p. 3-12.

23 décembre, 2020

La Norvège est-elle un exemple à suivre ?

 En Norvège aussi, trop d’impôt tue l’impôt. Le gouvernement en a pleinement conscience et envisage maintenant de réduire les taux d’imposition pour encourager la croissance.

Un article de l’IEDM

Au cours des dernières années, les gens plus à gauche ont souvent cité la Suède – plus souvent à tort qu’à raison – comme exemple de pays capitaliste, certes, mais qui serait aussi plus « égalitaire ». Un pays où le gouvernement interviendrait beaucoup, mais avec une certaine efficacité.

La Norvège est aujourd’hui la dernière muse à la mode pour les socialistes en herbe. Un article récent du Huffington Post faisait en particulier l’éloge de sa taxe sur la richesse, qui y serait apparemment plus facile à collecter.

La Norvège aurait-elle trouvé la formule magique de l’État-providence et réussi à supprimer les inégalités ? Pas selon les Norvégiens eux-mêmes, qui lui tournent déjà le dos.

LES EFFETS PERVERS DE LA FISCALITÉ

La taxe norvégienne sur la richesse est de 0,85 % et s’applique dès 165 000 dollars de revenus, ce qui concernerait 10 % de la population. Elle est par ailleurs collectée en grande partie (0,7 %) par les municipalités et donc dépensée localement.

Elle vient s’ajouter à une taxe sur les dividendes, principale source de revenus des plus riches, et à une Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) parmi les plus élevées du monde.

Les déclarations de revenus sont préétablies par des tiers (comme les banques) qui ont légalement accès à toutes les informations patrimoniales des citoyens. Le calcul de la base imposable s’effectue à partir d’une évaluation comptable plutôt que marchande des entreprises.

Selon une étude allemande, cette évaluation comptable incite les petits propriétaires à recruter plus que nécessaire afin de réduire leur base imposable. Or, les profits réinvestis en salaires ont pour effet de diminuer l’investissement en équipement, et le niveau de productivité (et de rémunération réelle) des Norvégiens s’en trouve amoindri.

La pénurie de capital pour le développement des entreprises est aussi renforcée par le fait que les entrepreneurs ne sont pas incités à introduire leur société en bourse et à voir leur richesse nette imposable augmenter drastiquement.

L’autre effet pervers est que la compression fiscale des écarts salariaux et la forte redistribution conduisent logiquement à une bureaucratisation des emplois privés, du fait d’une moindre incitation à s’élever dans la société par l’effort individuel.

Outre le fait que l’État est l’un des premiers employeurs du pays, le salarié norvégien moyen est parmi les plus fidèles du monde envers son employeur et son taux d’absentéisme est aussi hors du commun.

Le manque d’incitation à travailler explique aussi que les Norvégiens effectuent moins d’heures de travail par année que la plupart de leurs homologues dans l’OCDE, précisément 17 % de moins que les Canadiens et 22 % de moins que les travailleurs américains.

LES INÉGALITÉS PERSISTENT

Malgré un budget de dépense publique deux fois supérieur à celui des États-Unis, l’accès universel au soin et à l’éducation ne produit pas en Norvège le miracle égalitaire que les socialistes espèrent. Les élites savent toujours mieux tirer parti du système que les classes moyennes, y compris en matière de santé.

Aussi, les Norvégiens les plus aisés détiendraient un pourcentage de la richesse nationale deux fois plus élevé que ce que les statistiques officielles donnent à voir. La classe moyenne paie au final de plus en plus d’impôt sur ses revenus. Le salarié médian paye 22 % d’impôts sur le revenu contre 36 % pour le 1 % le mieux rémunéré, un écart relativement modeste surtout si les revenus des plus riches sont sous-estimés.

Enfin, le service public n’est pas dispensé uniformément dans tout le territoire, à tel point que certaines municipalités du nord du pays, à l’instar de Bò, ont décidé de réduire leur taxe sur la richesse pour attirer des capitaux et créer des emplois. L’initiative est un succès auprès d’entreprises dont les propriétaires cherchent à investir dans leur entreprise plutôt qu’à se verser des dividendes pour payer leur taxe sur la richesse.

TROP D’IMPÔT TUE L’IMPÔT

Le fait même que la taxe sur la richesse incite les propriétaires de petites entreprises à recruter plus pour payer moins d’impôts contredit l’idée selon laquelle les Norvégiens auraient une plus grande disposition culturelle que d’autres à payer des impôts. De la même manière, l’introduction d’un impôt sur les dividendes en 2006 a significativement réduit le montant du revenu imposable des 1 % les plus riches qui ont décidé de moins se servir de dividendes. Enfin, l’attractivité des zones franches montre qu’il n’y a pas d’exception culturelle norvégienne en la matière.

En Norvège aussi, trop d’impôt tue l’impôt. Le gouvernement en a pleinement conscience et envisage maintenant de réduire les taux d’imposition pour encourager la croissance et augmenter à terme ses recettes. S’il y a une leçon à tenir de l’exemple norvégien, c’est celle-là.