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13 avril, 2021

François de Rugy part en guerre contre le climato-gauchisme

 Climato-gauchistes et nationalistes identitaires se retrouvent pour des raisons différentes dans leur détestation de la mondialisation et du libéralisme économique.

Une transition énergétique durable et soutenable s’appuie sur trois piliers :

  • solutionner le réchauffement climatique,
  • garantir la sécurité énergétique,
  • assurer la compétitivité des entreprises.

L’énergie se doit d’être à la fois propre, disponible et abordable.

Cet équilibre est réfuté par la plupart des climato-gauchistes hypertrophiant le pilier climat aux dépens de la compétitivité et de la sécurité énergétique. Derrière l’objectif climatique, le climato gauchisme « avance couché ». Son dessein premier n’est pas de protéger la planète et de lutter contre le réchauffement climatique mais de mettre à bas la société de croissance et son démon capitaliste. Parallèlement à leurs positions écologistes, les climato-gauchistes sont en effet connus pour leur haine des riches et leur détestation de tout ce qui s’y corrèle : sélection, compétition, réussite sociale.

climato-gauchismeLes deux ennemis de la transition énergétique : à gauche, le climato- gauchisme, à droite le nationalisme identitaire

La prise de position courageuse de François de Rugy début 2021 dans Le Point est sur ce point très éclairante.

CLIMATO-GAUCHISME : DÉRIVE IDÉOLOGIQUE DE L’ÉCOLOGIE

L’ancien ministre d’Emmanuel Macron décrit :

La lente dérive idéologique de l’écologie politique notamment quant à son rapport à la science et à sa déconnexion vis-à-vis des réalités économiques. Une vision nourrissant des tendances régressives et rejetant l’idée même de progrès, un prêt-à-penser gravé dans un petit livre vert, des prises de position motivées par un projet de décroissance jamais avoué car électoralement suicidaire.

Tout aussi nuisible que le climato-gauchisme est le nationalisme identitaire.

Par construction, il hypertrophie les piliers nationaux : la compétitivité et la sécurité énergétique d’un pays ont des frontières ; aux dépens du climat qui lui n’en a pas. Tout aussi inconciliable avec les trois piliers du développement durable, le nationalisme identitaire s’est inventé un modèle écologique spécifique : le localisme.

Promu dès la fin des années 1960 par le philosophe d’extrême-droite Alain de Benoist, il consiste à privilégier ce qui est local (démocratie participative, économie de proximité, emploi local) pour minimiser l’empreinte écologique liée au transport de personnes et de marchandises.

Introduit au Rassemblement national par l’essayiste Hervé Juvin devenu l’une de ses têtes pensantes, le localisme consacre un revirement historique pour le parti d’extrême droite dont les dirigeants historiques considéraient l’écologie comme un « passe-temps de bobo ».

Appliqué de façon adéquate et ciblée, ce principe peut se révéler tout à fait pertinent. Quoi de plus stupide que de consommer des cerises du Chili ou des haricots verts du Cameroun en plein mois de janvier !

CLIMATO-GAUCHISME ET INSTRUMENTALISATION DU LOCALISME

En réalité, comme le réchauffement climatique pour les climato-gauchistes, le localisme est instrumentalisé par les nationalistes identitaires comme un levier puissant leur permettant de justifier via un argument environnemental la nécessité d’un nationalisme politique et économique.

Derrière le localisme, les nationalistes identitaires encouragent une opposition frontale entre métropoles élitistes et territoires ruraux populaires. Le localisme leur permet de fusionner écologie et nationalisme dans un triptyque « nature, identité et société » dont l’intégrité ne peut être garantie que par la souveraineté nationale.

Dans ses fondements, le localisme s’accommode parfaitement des idées décroissantistes des climato-gauchistes. De Benoist a ainsi été l’auteur en 2007 d’un ouvrage Demain la décroissance tandis qu’une recherche internet sur le localisme vous conduira inévitablement vers Serge Latouche l’une des principales références du décroissantisme.

Rien de très surprenant dans la mesure où climato-gauchistes et nationalistes identitaires se retrouvent pour des raisons différentes quant à leur détestation de la mondialisation et du libéralisme économique.

Hervé Juvin déclarait lors d’un discours enflammé précédant les européennes de 2018 :

Le monde de l’ultralibéralisme, c’est une poignée de milliardaires qui ont réduit tous leurs voisins au chômage et qui ont détruit leurs territoires autour d’eux.

Une phrase que n’auraient pas renié Julien Bayou, Jean-Luc Mélenchon, Éric Piolle, ou Clémentine Autain.

François de Rugy se montre tout aussi critique vis-à-vis du localisme que du climato-gauchisme :

Comment aurions-nous pu avancer aussi vite dans la recherche d’un vaccin sans la coopération mondiale ?

Climato-gauchistes et nationalistes identitaires ne partagent pas pour autant un programme commun. Sans surprise, les nationalistes identitaires sont favorables au nucléaire considérant l’atome comme un contributeur essentiel à l’indépendance énergétique française. Un point que De Rugy semble aujourd’hui partager pointant l’opposition obsessionnelle des Verts vis-à-vis du nucléaire et qualifiant à juste titre l’ONG fondamentaliste Greenpeace de « boulet du climat ».

DUEL À VENIR

Lors des prochaines élections régionales, François de Rugy affrontera dans les Pays de Loire le climato-gauchiste Matthieu Orphelin et le nationaliste identitaire Hervé Juvin.

Un duel opposant des conceptions idéologiques d’une écologie instrumentalisée au pragmatisme d’une transition énergétique réussie au service du développement humain. Une clarification des idées qui se révèle nécessaire en prémices des présidentielles.

12 avril, 2021

École autrichienne d’économie : les fondements philosophiques

C’est la volonté d’élever l’économie au statut de science, en s’inspirant notamment de la méthode géométrique, qui motive les penseurs de l’école autrichienne. 

En économie, l’école autrichienne se distingue par sa conviction qu’il existe des lois économiques « exactes » et « universelles », dont le caractère véritable peut être démontré par l’unique recours à la logique.

Cette approche peu conventionnelle a valu aux Autrichiens d’être accusés de dogmatisme ou traités de vulgaires idéologues. Nous cherchons ici à démontrer qu’à l’inverse, c’est bien la volonté d’élever l’économie au statut de science, en s’inspirant notamment de la méthode géométrique, qui motive les penseurs de l’école autrichienne.

Ce programme ambitieux—trop ambitieux peut-être ?— a aussi ses limites. Nous démontrerons toutefois que l’approche autrichienne ne se limite pas à la théorie pure et que l’étude des faits historiques a aussi sa place.

LES FONDEMENTS PHILOSOPHIQUES DE L’ÉCOLE AUTRICHIENNE D’ÉCONOMIE

La science s’attelle à chercher ce qui existe, ce qui est, indépendamment de notre faculté de le percevoir. Si la réalité n’existait pas de manière objective, c’est-à-dire en dehors de notre conscience, alors la science ne serait, par définition, pas possible.

Pour utiliser les mots de Philippe K. Dick, la réalité est « ce qui continue d’exister quand on cesse d’y croire ».

La recherche scientifique consiste donc à élaborer des méthodes pour saisir la réalité du mieux que les capacités de l’entendement humain le permettent. Et ainsi nous pouvons dire que l’adéquation entre l’intelligence et le réel qui en résulte, c’est-à-dire le réel saisi par la pensée, c’est ce que nous pouvons appeler la vérité—ou connaissance objective.

Mais alors, quelles sont la (ou les) méthode(s) qui permettent d’aboutir à la vérité ? Pour simplifier, il existe deux écoles : pour la première, la connaissance objective s’acquiert par l’observation ; pour la seconde, celle-ci s’acquiert avant tout par la pensée.

Nous voyons déjà se dessiner l’opposition principale qui divise les philosophes depuis l’Antiquité : celle entre empiristes et rationalistes. Comme nous allons le voir, les économistes autrichiens se positionnent du côté des rationalistes.

L’originalité et la prouesse des économistes autrichiens est d’avoir appliqué aux sciences sociales la « méthode géométrique », originellement développée par Euclide dans ses ÉlémentsCette méthode consiste à partir d’un postulat de départ tenu pour vrai, un axiome, pour en déduire toutes les conséquences logiques et ainsi aboutir à une théorie complète. Si A est vrai, alors tout ce qui en découle logiquement est nécessairement vrai.

À partir du XVIe siècle, cette méthode a commencé à être appliquée au domaine philosophique. C’est la méthode utilisée par Descartes dans ses Méditations, Leibniz dans la Théodicée et surtout, par Spinoza dans L’Éthique (dont le titre complet, L’Éthique démontrée suivant l’ordre géométrique, est très révélateur). Spinoza est celui qui est allé le plus loin dans l’application de cette méthodologie aux questions philosophiques.

Il déduit de la nécessaire existence de Dieu (le postulat1) tout un système philosophique qui conduit —selon lui— à la liberté et la béatitude.

Cette méthode est très utile car elle permet d’accéder à ce que Leibniz appelle des « vérités éternelles », c’est-à-dire des vérités « qui sont absolument nécessaires, en sorte que l’opposé implique contradiction » et dont on ne saurait nier « la nécessité logique, métaphysique ou géométrique, sans pouvoir être mené à des absurdités2 ».

Ainsi, il devient possible de bâtir des systèmes qui présentent une vision cohérente, rationnelle et objective des problèmes philosophiques. En empruntant la méthode géométrique, la philosophie peut donc être érigée en science. C’est exactement ce qu’ont cherché à accomplir les économistes autrichiens, en appliquant cette méthode aux sciences sociales—ou sciences de l’agir humain.

Mais avant d’introduire le concept d’action humaine, il nous faut nous attarder un peu plus longtemps sur la nature de ces vérités éternelles. Nous avons déjà souligné que celles-ci étaient l’aboutissement d’un raisonnement logico-déductif ayant pour point de départ un axiome, c’est-à-dire une proposition tenue pour vrai, sans démonstration, car évidente en soi. Mais comment savoir si une proposition est évidente en soi ?

Sur ce point, il existe un léger désaccord entre deux camps.

Il y a ceux qui pensent, comme Kant, Mises ou Hoppe, qu’une proposition est évidente en soi car on ne peut pas nier sa vérité sans se contredire ; c’est-à-dire qu’en essayant de la nier, on admettrait en fait implicitement sa vérité3.

Par exemple : « il existe une vérité absolue » ou « le langage existe » sont des axiomes évidents puisqu’affirmer qu’il n’y a pas de vérité absolue, c’est prétendre énoncer… une vérité absolue. Quant au langage, toute tentative d’argumenter contre son existence nécessite l’utilisation… du langage.

Et il y a ceux qui pensent qu’une proposition est évidente en soi car c’est un fait directement percevable —comme Aristote ou Rothbard. Pour ces derniers, un concept axiomatique est tout simplement une vérité première, directement accessible, perçue ou vécue sans qu’il n’y ait besoin de l’analyser plus en profondeur.

Mises et Rothbard sont donc en désaccord sur ce point très spécifique. Mais comme dirait ce dernier, « en un sens, ces questions sont une perte de temps4 » puisque ce qui compte c’est d’être d’accord sur l’essentiel : que le concept axiomatique d’action humaine est bien évident en soi.

À suivre.

Un article publié initialement le 20 janvier 2021

  1. Si un raisonnement philosophique qui part du principe que Dieu existe peut paraître obsolète aujourd’hui, le Dieu spinoziste n’a rien à voir avec le Dieu chrétien. Chez Spinoza, il serait plus juste de comprendre Dieu au sens de la Nature ou, pour utiliser un terme objectiviste (la philosophie d’Ayn Rand), l’existence. ↩
  2. Leibniz dans la Théodicée, 1710. ↩
  3. Hoppe, H.H., 1995. Economic science and the Austrian method. Ludwig von Mises Institute. ↩
  4. Rothbard, Murray N. In Defense of Extreme Apriorism. Southern Economic Journal (1957): 314-320. ↩

    11 avril, 2021

    Un retour des trente glorieuses après la crise Covid ?

    par Jules Devie

    L’optimisme n’est sans doute pas l’état d’esprit qui caractérise le plus les Français par les temps qui courent. Pourtant, un rapport du très sérieux cabinet McKinsey Global Institute envisage des lendemains qui chantent et fait le pari d’un scénario optimiste après la crise du Covid.

    Si la crise a eu au moins un mérite note Mckinsey, c’est d’avoir développé la numérisation de l’économie à une vitesse impressionnante. Le rapport estime que les entreprises ont numérisé leurs activités 20 à 25 fois plus rapidement que prévu. La numérisation de l’économie, synonyme de haute productivité et d’innovation, pourrait lancer une nouvelle période de prospérité économique.

    Mais ces prédictions optimistes doivent être tempérées, du moins s’agissant de la France où la numérisation ne pourra pas grand-chose face aux réglementations et aux taxes qui écrasent les entreprises. Le projet de loi « climat » en discussion au parlement – avec, par exemple, ses restrictions sur la publicité digitale, ou son écotaxe sur le transport routier de marchandises – risque à lui seul de condamner notre pays à une longue période de stagnation économique. 

    10 avril, 2021

    James Donnelly, le poète oublié de Saint-Laurent-de-l’Ile-d’Orléans nous offre un poème

     par Louise V. Labrecque


      Il a dormi deux jours ! Un silence sublime

       Enveloppe et sa mort et l'indicible crime

                Dont l'homme s'est couvert.

       Mais, à la voix de Dieu, la pierre est renversée ;

       Les soldats sont vaincus ; la garde est dispersée ;

                Le sépulcre est ouvert ! 

     

       Quand l'aurore a paru, quelques femmes pieuses

       Se rendent au saint lieu, tristes, silencieuses,

                Pour embaumer le corps. 

       Mais celui qu'on a vu chargé d'ignominie,

       Rachetant l'univers même au prix de sa vie,

                N'est plus parmi les morts ! 

     

       Un messager du ciel annonce son absence ;

       Pourtant, on doute encore ; on hésite, on avance,

                En effet, l'ange est seul ! 

       Assis, calme et serein, rayonnant de lumière,

       Et tout vêtu de blanc, il est là sur la pierre,

                ... Près de lui, le linceul !

     

       Ô mort, c'en est donc fait ! L'innocente victime

       Que tu vis immoler même à côté du crime

                 A brisé ton pouvoir.

       Fuis devant ce vainqueur que l'amour seul anime !

       Hâte-toi de rentrer au fond du noir abîme

                 Cacher ton désespoir. 

     

       N'as-tu pas entendu ce lugubre murmure,

       Lorsque le Créateur a vu sa créature

                 Le vendre et le trahir ?

       N'as-tu pas entendu la plainte de la terre

       S'élever contre toi quand ta main sanguinaire

                 Venait pour le saisir ?

     

       N'as-tu pas vu le ciel refuser sa lumière,

       Quand ton pied décharné montait sur le calvaire

                 Où tu devais finir ?

       Tu contemplas le Christ de ton regard livide,

       Et tu crus un moment que ton bras déicide 

                 Pouvait le retenir ?

     

       Et là, tu lui donnas ton baiser de vampire,

       Et tu pensas pouvoir prolonger ton empire

                 Par un dernier effort ;

       Tu voulus te glisser avec lui dans la tombe ;

       Mais ici, plus d'espoir, car ta puissance tombe ;

                 Le Christ est le plus fort !

     

       N'as-tu pas entendu des voix dans la vallée,

       Depuis le Golgotha jusques en Galilée,

                 Proclamer sa grandeur ?

       Ô mort ! ne vois-tu point les gardes effrayés

                 Fuyant de toutes parts ou tombant foudroyés

                 À l'aspect du Sauveur ?

     

       Le Seigneur s'est levé comme une jeune aurore,

       Mais plus resplendissant et plus brillant encore

                 Et bien plus radieux ! 

       Comme on voit un soleil dominer la colline,

       L'Homme-Dieu s'est levé dans sa gloire divine

                 Mais plus majestueux ! 

     

       Il est ressuscité ! Puis, selon sa parole,

       Ses disciples l'ont vu ; lui-même les console

                 Et leur parle longtemps.

       Il leur dit l'avenir, il leur dit les tempêtes

       Qui devront s'élever et gronder sur leurs têtes

                 Dans la suite des temps !

     

       Il est ressuscité ! Voilà que son Église

       Se trouve pour toujours sur son pouvoir assise

                 Et brave les enfers ! 

       Comme un aigle qu'on voit s'élancer dans l'espace,

       Elle prend son essor et jamais ne se lasse

                 De remplir l'univers.

     

       Il est ressuscité ! C'est pour montrer à l'homme

       Que jamais ne pourra s'écrouler un royaume

                 Sous son sceptre divin ! 

       Et de sa propre bouche il abandonne à Pierre

       L'édifice sacré dont la première pierre

                 Fut mise de sa main ! 

     

       Il est ressuscité ! Des voix dans la vallée,

       Depuis le Golgotha jusques en Galilée,

                 Redisent dans leur chant : 

       Ô mort ! Fuis du vainqueur la victoire sublime,

       Hâte-toi de rentrer au fond du noir abîme,

                 Jésus est triomphant ! 

     


                                James Donnelly