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10 octobre, 2022

Grands penseurs du libéralisme : Ludwig von Mises

 Par Jasmin Guénette.

Nous célébrons aujourd’hui les 141 ans de Ludwig von Mises, l’un des leaders intellectuels de l’école autrichienne. Son influence sur la promotion des idées libérales classiques au cours du XXe siècle est impressionnante.

Né dans une famille aisée dans une province de l’empire austro-hongrois qui fait maintenant partie de l’Ukraine, Mises a démontré son intelligence très jeune : il maîtrisait le français, l’allemand et le polonais et lisait le latin dès l’âge de 12 ans.

 

Ludwig von Mises, père fondateur de l’économie autrichienne

Mises partageait les idées socialistes quand il a commencé ses études universitaires. Son point de vue sur le monde et sur l’économie a rapidement évolué lorsqu’il a pris connaissance des écrits de Carl Menger et Friedrich von Wieser, les pères fondateurs de l’école autrichienne d’économie.

Dans son premier ouvrage en allemand publié en 1912, The Theory of Money and Credit, Mises développe son explication des fluctuations de l’économie. À partir de ce moment, sa réputation ne cesse de prendre de l’ampleur grâce à la qualité de ses travaux.

Sa carrière a été très mouvementée. Après avoir fondé son propre institut de recherche à Vienne, il doit fuir le pays dans les années 1930 avec la montée du nazisme. Il s’enfuit d’abord en Suisse puis aux États-Unis, plus précisément à New York. Cinq ans après son arrivée, il commence à enseigner à l’Université de New York en tant que professeur invité. Il y restera jusqu’à sa retraite en 1969. Il meurt à l’âge avancé de 92 ans en 1973.

 

Coordination économique et théorie des fluctuations économiques

Parmi les contributions importantes de Mises à la théorie économique, il faut mentionner en particulier la notion de coordination économique par les prix et sa théorie sur les fluctuations économiques.

Les ressources étant limitées et les besoins illimités, il faut trouver les meilleures façons de produire ce dont nous avons besoin. Comment s’y prendre ? Pour répondre à cette question, prenons un exemple, celui de la construction de voies ferrées. Il est possible de construire des voies ferrées avec de l’or, du moins théoriquement. Bien sûr, on peut voir des milliers d’autres utilités à l’or : les bijoux, les pièces d’ordinateurs, etc. Alors, comment savoir si on doit préférer l’or à l’acier ?

Selon Mises, seuls les prix nous informent de la valeur relative des ressources et de leurs utilisations optimales pour le bien de notre société. C’est pourquoi le législateur doit s’assurer que l’information issue des prix ne soit pas « contaminée » par des réglementations inadéquates qui les feraient monter ou baisser pour des raisons qui ne découlent pas de l’échange volontaire entre les individus.

 

Contre la manipulation des prix

Mises n’analysait pas l’économie à travers les lentilles traditionnelles de l’offre et de la demande. Il postulait que les marchés sont généralement stables mais sont sujets aux récessions, voire aux dépressions, lorsqu’il y a une expansion artificielle du crédit par les banques centrales. Selon lui, ceci crée des pressions inflationnistes et incite les individus et les entreprises à faire des mauvais choix. C’est en manipulant les prix que le gouvernement perturbe les activités économiques normales.

Son travail a influencé celui de plusieurs autres, tels que Friedrich von Hayek (Nobel 1974), Robert Lucas (Nobel 1995) et Leonid Hurwicz (Nobel 2007). Son influence va bien au-delà de l’école autrichienne d’économie.

Les prix Nobel en sciences économiques ayant été introduits seulement vers la fin de la vie de Mises, il n’en a jamais reçu. Cependant, le fameux économiste du MIT et lui-même un lauréat, Paul Samuelson, a écrit que si le prix avait été décerné plus tôt, Mises l’aurait certainement gagné. Ceci est une reconnaissance importante puisque les idées de Samuelson étaient diamétralement opposées à celles de Mises.

Que ce soit par ses écrits en philosophie politique ou en économie, l’influence de Ludwig von Mises sur notre société est considérable. Il a réussi à consolider les fondations d’une des plus importantes écoles de pensée en économie et son œuvre est aujourd’hui plus vivante et actuelle que jamais. Le jour de son anniversaire est un bon moment pour le rappeler.

04 octobre, 2021

Grands penseurs du libéralisme : Ludwig von Mises

Bon anniversaire Luvwig von Mises ! Que ce soit par ses écrits en philosophie politique ou en économie, son influence sur notre société est considérable.

Un article de l’Institut économique de Montréal

Nous célébrons aujourd’hui les 140 ans de Ludwig von Mises, l’un des leaders intellectuels de l’école autrichienne. L’influence de Mises sur la promotion des idées libérales classiques au cours du XXe siècle est impressionnante.

Né dans une famille aisée dans une province de l’empire austro-hongrois qui fait maintenant partie de l’Ukraine, Mises a démontré son intelligence très jeune : il maîtrisait le français, l’allemand et le polonais et lisait le latin dès l’âge de 12 ans.

LUDWIG VON MISES, PÈRE FONDATEUR DE L’ÉCONOMIE AUTRICHIENNE

Mises partageait les idées socialistes quand il a commencé ses études universitaires. Son point de vue sur le monde et sur l’économie a rapidement évolué lorsqu’il a pris connaissance des écrits de Carl Menger et Friedrich von Wieser, les pères fondateurs de l’école autrichienne d’économie.

Dans son premier ouvrage en allemand publié en 1912, The Theory of Money and Credit, Mises développe son explication des fluctuations de l’économie. À partir de ce moment, sa réputation ne cesse de prendre de l’ampleur grâce à la qualité de ses travaux.

Sa carrière a été très mouvementée. Après avoir fondé son propre institut de recherche à Vienne, il doit fuir le pays dans les années 1930 avec la montée du nazisme. Il s’enfuit d’abord en Suisse puis aux États-Unis, plus précisément à New York. Cinq ans après son arrivée, il commence à enseigner à l’Université de New York en tant que professeur invité. Il y restera jusqu’à sa retraite en 1969. Il meurt à l’âge avancé de 92 ans en 1973.

COORDINATION ÉCONOMIQUE ET THÉORIE DES FLUCTUATIONS ÉCONOMIQUES

Parmi les contributions importantes de Mises à la théorie économique, il faut mentionner en particulier la notion de coordination économique par les prix et sa théorie sur les fluctuations économiques.

Les ressources étant limitées et les besoins illimités, il faut trouver les meilleures façons de produire ce dont nous avons besoin. Comment s’y prendre ? Pour répondre à cette question, prenons un exemple, celui de la construction de voies ferrées. Il est possible de construire des voies ferrées avec de l’or, du moins théoriquement. Bien sûr, on peut voir des milliers d’autres utilités à l’or : les bijoux, les pièces d’ordinateurs, etc. Alors, comment savoir si on doit préférer l’or à l’acier ?

Selon Mises, seuls les prix nous informent de la valeur relative des ressources et de leurs utilisations optimales pour le bien de notre société. C’est pourquoi le législateur doit s’assurer que l’information issue des prix ne soit pas « contaminée » par des réglementations inadéquates qui les feraient monter ou baisser pour des raisons qui ne découlent pas de l’échange volontaire entre les individus.

CONTRE LA MANIPULATION DES PRIX

Mises n’analysait pas l’économie à travers les lentilles traditionnelles de l’offre et de la demande. Il postulait que les marchés sont généralement stables mais sont sujets aux récessions, voire aux dépressions, lorsqu’il y a une expansion artificielle du crédit par les banques centrales. Selon lui, ceci crée des pressions inflationnistes et incite les individus et les entreprises à faire des mauvais choix. C’est en manipulant les prix que le gouvernement perturbe les activités économiques normales.

Son travail a influencé celui de plusieurs autres, tels que Friedrich von Hayek (Nobel 1974), Robert Lucas (Nobel 1995) et Leonid Hurwicz (Nobel 2007). Son influence va bien au-delà de l’école autrichienne d’économie.

Les prix Nobel en sciences économiques ayant été introduits seulement vers la fin de la vie de Mises, il n’en a jamais reçu. Cependant, le fameux économiste du MIT et lui-même un lauréat, Paul Samuelson, a écrit que si le prix avait été décerné plus tôt, Mises l’aurait certainement gagné. Ceci est une reconnaissance importante puisque les idées de Samuelson étaient diamétralement opposées à celles de Mises.

Que ce soit par ses écrits en philosophie politique ou en économie, l’influence que Ludwig von Mises a eue sur notre société est considérable. Il a réussi à consolider les fondations d’une des plus importantes écoles de pensée en économie et son œuvre est aujourd’hui plus vivante et actuelle que jamais. Le jour de son anniversaire est un bon moment pour le rappeler. 

02 juillet, 2021

Ayn Rand : défendre le capitalisme sur des bases morales

 Si elle vivait aujourd’hui, Ayn Rand s’opposerait au protectionnisme autant qu’au capitalisme de connivence.

Par Jasmin Guénette.
Un article de l’Institut économique de Montréal

Peu de penseurs de la tradition libérale classique suscitent autant de réactions qu’Ayn Rand. Qu’on l’aime ou qu’on la déteste, la romancière américaine née en Russie polarise comme nul autre.

Née à Saint-Pétersbourg en 1905, Ayn Rand – ou Alisa Rosenbaum comme elle s’appelait alors – a vécu la révolution russe, à la suite de laquelle la pharmacie de son père fut confisquée et sa famille, comme beaucoup d’autres, dut traverser des moments difficiles. En 1926, elle parvint à obtenir l’autorisation de quitter la Russie pour rendre visite à des parents aux États-Unis, et elle ne revint jamais.

Son expérience personnelle de la vie sous le très répressif régime communiste lui inspira son premier roman, We the Living, publié en 1936 alors que de nombreux intellectuels chantaient les louanges de la « noble expérience soviétique ». Ce n’était pas la dernière fois que Rand allait défier la sagesse du jour.

L’ÉGOÏSME COMME VERTU

En plus de s’opposer à la tendance intellectuelle, Rand a également cherché à choquer avec des titres comme The Virtue of Selfishness, un recueil d’essais publié après We the Living. Comment, en effet, l’égoïsme pouvait-il être une vertu ?

Manifestement, le but était d’attirer l’attention. Rand ne prônait pas un égoïsme mesquin et à courte vue. Elle faisait plutôt la promotion d’un intérêt personnel rationnel, ou éclairé. Votre vie est la vôtre et vous avez le droit de la vivre comme bon vous semble. Vous avez le droit de rechercher votre propre bonheur, tant que vous le faites de manière pacifique.

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Cette notion selon laquelle l’intérêt personnel est une vertu et que votre vie vous appartient est très attrayante, en particulier pour les jeunes qui aspirent à la liberté. C’est encore plus vrai lorsque cette notion est illustrée dans des romans captivants tels que The Fountainhead et Atlas Shrugged, qui présentent des personnages fascinants aspirant à s’épanouir et à vivre selon leurs valeurs.

C’est dans Atlas Shrugged, et dans ses écrits ultérieurs non romanesques, que Rand a explicitement affirmé sa conviction que le principe moral de l’intérêt personnel rationnel avait des implications politiques et économiques évidentes. Plus précisément, si ma vie est la mienne et que votre vie est la vôtre, la société humaine devrait alors être organisée à travers un système de gouvernement limité dont la responsabilité première serait de protéger les personnes et leurs biens.

LE CAPITALISME EST MORAL

Rand comprenait et appréciait les arguments pragmatiques avancés par des économistes classiques comme Adam Smith. Elle réalisait que la main invisible du marché amenait les gens à défendre leurs intérêts pacifiques d’une manière qui profite aux autres. Indéniablement, le commerce a de nombreux avantages et la liberté économique peut et doit être défendue sur ces fondements pratiques.

Mais Rand pensait en outre qu’en plus d’être bénéfique, le capitalisme est moral et qu’une défense plus fondamentale de la liberté économique devait être fondée sur des raisons morales. En bref, si votre vie vous appartient, personne n’a le droit d’utiliser la force contre vous, ce qui signifie que toutes les interactions humaines doivent être volontaires.

En conséquence, lorsque nous interagissons avec les autres, en particulier avec des personnes que nous connaissons peu, nous devons le faire en tant que commerçants. Nous ne devons pas nous poser comme des maîtres ou des esclaves, mais comme des égaux indépendants qui agissent les uns avec les autres « par le moyen d’échanges libres, volontaires, non forcés et sans contrainte – échanges qui profitent aux deux parties selon leur propre jugement indépendant ».

UN PROCESSUS DE MARCHÉ DÉMOCRATIQUE

Dans un marché libre, souligne-t-elle encore, la richesse ne peut être obtenue que par une sorte de processus « démocratique », à travers lequel les consommateurs de biens et de services « votent » avec leurs dollars. Et lorsque les gens votent avec leurs dollars, ils ne votent que sur des sujets pour lesquels ils ont les compétences nécessaires pour juger : leurs propres préférences, intérêts et besoins. Comme elle l’écrivait, dans un marché libre, « personne n’a le pouvoir de décider pour autrui ou de substituer son jugement au leur ; personne n’a le pouvoir de se désigner lui-même ‟la voix du public” et de laisser ensuite le public sans voix et sans droits ».

Rand était régulièrement accusée d’être pro-entreprise. Mais s’il est certes vrai qu’elle a célébré sans vergogne les hommes d’affaires productifs qui contribuent autant à la société, il est également vrai que bon nombre des méchants d’Atlas Shrugged sont des hommes d’affaires. Cependant, contrairement aux entrepreneurs héroïques du roman, ces « capitalistes de copinage » s’enrichissent en s’attirant les faveurs de politiciens malhonnêtes et en influençant la réglementation à leur avantage et au détriment de leurs concurrents nationaux et étrangers.

Si elle vivait aujourd’hui, Rand s’opposerait aux tarifs et aux quotas qui continuent de limiter le libre-échange au nom d’un protectionnisme visant à favoriser certaines industries, ainsi qu’aux subventions et autres privilèges accordés à des intérêts particuliers qui ont l’oreille des gouvernements.

Dans un marché véritablement libre, le gouvernement serait impuissant à distribuer de telles faveurs, et le seul moyen de devenir riche serait de servir son prochain, homme ou femme. Il y aurait, pour utiliser les mots de Rand, une séparation de l’État et de l’économie, et tant les conseils d’administration que la législature s’en trouveraient améliorés.

11 mai, 2021

James M. Buchanan ou la politique sans fard

 La politique est menée non pas par des êtres vertueux désincarnés, mais par des êtres humains normaux, c’est-à-dire ayant des intérêts, des préférences individuelles et répondant aux incitations de leur milieu. Voilà la grande leçon de James M. Buchanan.

Un article de l’Institut économique de Montréal

Parmi les économistes qui ont été nobélisés, James M. Buchanan est probablement l’un des plus singuliers. Né le 3 octobre 1919 (il aurait 97 ans aujourd’hui), Buchanan répudiait l’idée que les économistes devaient être des technocrates qui guidaient l’action gouvernementale.

JAMES M. BUCHANAN, LA DOMINATION DU POLITICIEN ET DU FONCTIONNAIRE

Après la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale, les sociétés occidentales ont été dominées par des courants de pensée qui favorisaient un rôle très important de l’État dans l’économie. Ces courants de pensée concevaient le rôle du politicien et du fonctionnaire comme de fins mécaniciens de l’économie et de la société ; d’autres diraient des technocrates — terme qui est justement né durant cette époque.

De la même façon qu’ils avaient planifié l’économie en temps de guerre, ils allaient pouvoir planifier l’économie en temps de paix. Ces courants de pensée présentaient aussi ces acteurs publics comme étant infaillibles, insensibles aux pressions extérieures et sans préférences individuelles, en opposition à un être humain faillible dont les décisions individuelles pouvaient mener au désordre social ou aux crises.

BUCHANAN, REMETTRE L’HOMME POLITIQUE À SA PLACE

Avec son collègue Gordon Tullock, Buchanan a décidé de remettre en question ces affirmations.

Pour eux, les politiciens et les fonctionnaires sont aussi des êtres humains faillibles motivés par leurs intérêts et leurs préférences. Ainsi, ils peuvent notamment se servir de l’État à des fins personnelles.

Sur la base de cette intuition, Buchanan a publié une série d’études qui ont permis de fonder un nouveau courant de pensée baptisé l’école des choix publics — l’étude des mécanismes de décisions gouvernementaux à partir de la science économique. À l’époque, c’est-à-dire dans les années 1960, cela a constitué une véritable révolution dans le monde des idées. L’objectif était scientifique : reconnaître que si les marchés peuvent être défaillants, les gouvernements peuvent l’être aussi.

LES DÉFAILLANCES DU POLITIQUE

Ce raisonnement était effectivement révolutionnaire. Auparavant, si on voyait ou percevait une défaillance du marché, on concluait automatiquement qu’il fallait faire appel à l’action gouvernementale pour résoudre le problème, et que cette intervention serait nécessairement appropriée. La pensée de Buchanan revient à dire que la solution peut en fait être pire que le problème.

La logique de Buchanan va plus loin qu’une simple critique de l’action gouvernementale a posteriori. Il a examiné comment certains problèmes sociétaux peuvent être causés par l’action gouvernementale. Dans son magnum opus The Calculus of Consent, Buchanan souligne les méfaits des politiques qui favorisent un groupe aux dépens des autres.

Les groupes d’intérêts comme les lobbies d’agriculteurs ou les syndicats d’employés municipaux peuvent faire des gains importants en essayant d’influencer le pouvoir politique afin qu’il adopte des lois qui les favorisent.

COÛTS DISPERSÉS, BÉNÉFICES CONCENTRÉS

Ce qu’il faut comprendre, et ceci est un point essentiel de Buchanan, c’est que le coût des mesures que les groupes de pression favorisent sont payés par l’ensemble des contribuables. Par conséquent, le coût par personne est faible et dispersé au sein de la population en général, alors que le bénéfice pour les groupes favorisés est élevé et concentré.

La gestion de l’offre au Canada est un exemple de ce phénomène. Pour les agriculteurs, qui sont peu nombreux, les bénéfices de ce système constituent plusieurs millions de dollars en rentes et privilèges.

Pour les très nombreux consommateurs, le coût annuel de cette mesure représente un peu plus de 400 dollars annuellement. Ce n’est certainement pas un coût assez élevé pour inciter les consommateurs à manifester dans les rues. Par contre, du point de vue des agriculteurs, perdre des millions en privilèges est assez important pour bloquer les rues et amener son tracteur sur la colline parlementaire.

BUCHANAN LAURÉAT DU PRIX NOBEL

Les contributions de Buchanan sont nombreuses et vont bien au-delà de celles discutées ici. Ses analyses étaient assez convaincantes pour lui valoir le prix Nobel de sciences économiques en 1986.

Dans l’analyse que nous faisons de nos politiques publiques au Québec et au Canada, nous ne devrions jamais oublier ces enseignements importants. Au final, le processus politique est mené non pas par des êtres vertueux désincarnés, mais par des êtres humains normaux, c’est-à-dire qui ne sont pas dépourvus d’intérêts, qui ont des préférences individuelles et qui répondent aux incitations de leur milieu.

07 mai, 2021

Grands penseurs du libéralisme : Ludwig von Mises

 Que ce soit par ses écrits en philosophie politique ou en économie, l’influence de Ludwig von Mises sur notre société est considérable.

Un article de l’Institut économique de Montréal

Nous célébrions récemment les 135 ans de Ludwig von Mises, l’un des leaders intellectuels de l’école autrichienne. L’influence de Mises sur la promotion des idées libérales classiques au cours du XXe siècle est impressionnante.

Né dans une famille aisée dans une province de l’empire austro-hongrois qui fait maintenant partie de l’Ukraine, Mises a démontré son intelligence très jeune : il maîtrisait le français, l’allemand et le polonais et lisait le latin dès l’âge de 12 ans.

LUDWIG VON MISES, PÈRE FONDATEUR DE L’ÉCONOMIE AUTRICHIENNE

Mises partageait les idées socialistes quand il a commencé ses études universitaires. Son point de vue sur le monde et sur l’économie a rapidement évolué lorsqu’il a pris connaissance des écrits de Carl Menger et Friedrich von Wieser, les pères fondateurs de l’école autrichienne d’économie.

Dans son premier ouvrage en allemand publié en 1912, The Theory of Money and Credit, Mises développe son explication des fluctuations de l’économie. À partir de ce moment, sa réputation ne cesse de prendre de l’ampleur grâce à la qualité de ses travaux.

Sa carrière a été très mouvementée. Après avoir fondé son propre institut de recherche à Vienne, il doit fuir le pays dans les années 1930 avec la montée du nazisme. Il s’enfuit d’abord en Suisse puis aux États-Unis, plus précisément à New York. Cinq ans après son arrivée, il commence à enseigner à l’Université de New York en tant que professeur invité. Il y restera jusqu’à sa retraite en 1969. Il meurt à l’âge avancé de 92 ans en 1973.

COORDINATION ÉCONOMIQUE ET THÉORIE DES FLUCTUATIONS ÉCONOMIQUES

Parmi les contributions importantes de Mises à la théorie économique, il faut mentionner en particulier la notion de coordination économique par les prix et sa théorie sur les fluctuations économiques.

Les ressources étant limitées et les besoins illimités, il faut trouver les meilleures façons de produire ce dont nous avons besoin. Comment s’y prendre ? Pour répondre à cette question, prenons un exemple, celui de la construction de voies ferrées. Il est possible de construire des voies ferrées avec de l’or, du moins théoriquement. Bien sûr, on peut voir des milliers d’autres utilités à l’or : les bijoux, les pièces d’ordinateurs, etc. Alors, comment savoir si on doit préférer l’or à l’acier ?

Selon Mises, seuls les prix nous informent de la valeur relative des ressources et de leurs utilisations optimales pour le bien de notre société. C’est pourquoi le législateur doit s’assurer que l’information issue des prix ne soit pas « contaminée » par des réglementations inadéquates qui les feraient monter ou baisser pour des raisons qui ne découlent pas de l’échange volontaire entre les individus.

CONTRE LA MANIPULATION DES PRIX

Mises n’analysait pas l’économie à travers les lentilles traditionnelles de l’offre et de la demande. Il postulait que les marchés sont généralement stables mais sont sujets aux récessions, voire aux dépressions, lorsqu’il y a une expansion artificielle du crédit par les banques centrales. Selon lui, ceci crée des pressions inflationnistes et incite les individus et les entreprises à faire des mauvais choix. C’est en manipulant les prix que le gouvernement perturbe les activités économiques normales.

Son travail a influencé celui de plusieurs autres, tels que Friedrich von Hayek (Nobel 1974), Robert Lucas (Nobel 1995) et Leonid Hurwicz (Nobel 2007). Son influence va bien au-delà de l’école autrichienne d’économie.

Les prix Nobel en sciences économiques ayant été introduits seulement vers la fin de la vie de Mises, il n’en a jamais reçu. Cependant, le fameux économiste du MIT et lui-même un lauréat, Paul Samuelson, a écrit que si le prix avait été décerné plus tôt, Mises l’aurait certainement gagné. Ceci est une reconnaissance importante puisque les idées de Samuelson étaient diamétralement opposées à celles de Mises.

Que ce soit par ses écrits en philosophie politique ou en économie, l’influence que Ludwig von Mises a eue sur notre société est considérable. Il a réussi à consolider les fondations d’une des plus importantes écoles de pensée en économie et son œuvre est aujourd’hui plus vivante et actuelle que jamais. Le jour de son anniversaire est un bon moment pour le rappeler.

Article initialement publié en septembre 2017.

29 mars, 2021

Grands penseurs du libéralisme : Ludwig von Mises

 Que ce soit par ses écrits en philosophie politique ou en économie, l’influence de Ludwig von Mises sur notre société est considérable.

Un article de l’Institut économique de Montréal

Nous célébrions récemment les 135 ans de Ludwig von Mises, l’un des leaders intellectuels de l’école de pensée économique autrichienne. L’influence de Mises sur la promotion des idées libérales classiques au cours du XXe siècle est impressionnante.

Né dans une famille aisée dans une province de l’empire austro-hongrois qui fait maintenant partie de l’Ukraine, Mises a démontré son intelligence très jeune : il maîtrisait le français, l’allemand et le polonais et lisait le latin dès l’âge de 12 ans.

LUDWIG VON MISES, PÈRE FONDATEUR DE L’ÉCONOMIE AUTRICHIENNE

Mises partageait les idées socialistes quand il a commencé ses études universitaires. Son point de vue sur le monde et sur l’économie a rapidement évolué lorsqu’il a pris connaissance des écrits de Carl Menger et Friedrich von Wieser, les pères fondateurs de l’école autrichienne d’économie.

Dans son premier ouvrage (en allemand) publié en 1912, The Theory of Money and Credit, Mises développe son explication des fluctuations de l’économie. À partir de ce moment, sa réputation ne cesse de prendre de l’ampleur grâce à la qualité de ses travaux.

Sa carrière a été très mouvementée. Après avoir fondé son propre institut de recherche à Vienne, il doit fuir le pays dans les années 1930 avec la montée du nazisme. Il s’enfuit d’abord en Suisse puis aux États-Unis, plus précisément à New York. Cinq ans après son arrivée, il commence à enseigner à l’Université de New York en tant que professeur invité. Il y restera jusqu’à sa retraite en 1969. Il meurt à l’âge avancé de 92 ans en 1973.

COORDINATION ÉCONOMIQUE ET THÉORIE DES FLUCTUATIONS ÉCONOMIQUES

Parmi les contributions importantes de Mises à la théorie économique, il faut mentionner en particulier la notion de coordination économique par les prix et sa théorie sur les fluctuations économiques.

Les ressources étant limitées et les besoins illimités, il faut trouver les meilleures façons de produire ce dont nous avons besoin. Comment s’y prendre ? Pour répondre à cette question, prenons un exemple, celui de la construction de voies ferrées. Il est possible de construire des voies ferrées avec de l’or, du moins théoriquement. Bien sûr, on peut voir des milliers d’autres utilités à l’or : les bijoux, les pièces d’ordinateurs, etc. Alors, comment savoir si on doit préférer l’or à l’acier ?

Selon Mises, seuls les prix nous informent de la valeur relative des ressources et de leurs utilisations optimales pour le bien de notre société. C’est pourquoi le législateur doit s’assurer que l’information issue des prix ne soit pas « contaminée » par des réglementations inadéquates qui les feraient monter ou baisser pour des raisons qui ne découlent pas de l’échange volontaire entre les individus.

CONTRE LA MANIPULATION DES PRIX

Mises n’analysait pas l’économie à travers les lentilles traditionnelles de l’offre et de la demande. Il postulait que les marchés sont généralement stables, mais sont sujets aux récessions, voire aux dépressions, lorsqu’il y a une expansion artificielle du crédit par les banques centrales. Selon lui, ceci crée des pressions inflationnistes et incite les individus et les entreprises à faire des mauvais choix. C’est en manipulant les prix que le gouvernement perturbe les activités économiques normales.

Son travail a influencé celui de plusieurs autres, tels que Friedrich von Hayek (Nobel 1974), Robert Lucas (Nobel 1995) et Leonid Hurwicz (Nobel 2007). Son influence va bien au-delà de l’école autrichienne d’économie.

Les prix Nobel en sciences économiques ayant été introduits seulement vers la fin de la vie de Mises, il n’en a jamais reçu. Cependant, le fameux économiste du MIT et lui-même un lauréat, Paul Samuelson, a écrit que si le prix avait été décerné plus tôt, Mises l’aurait certainement gagné. Ceci est une reconnaissance importante puisque les idées de Samuelson étaient diamétralement opposées à celles de Mises.

Que ce soit par ses écrits en philosophie politique ou en économie, l’influence que Ludwig von Mises a eue sur notre société est considérable. Il a réussi à consolider les fondations d’une des plus importantes écoles de pensée en économie et son œuvre est aujourd’hui plus vivante et actuelle que jamais. Le jour de son anniversaire est un bon moment pour le rappeler.

18 janvier, 2021

Grands penseurs du libéralisme : Ludwig von Mises

 Que ce soit par ses écrits en philosophie politique ou en économie, l’influence de Ludwig von Mises sur notre société est considérable.

Un article de l’Institut économique de Montréal

Nous célébrions récemment les 135 ans de Ludwig von Mises, l’un des leaders intellectuels de l’école de pensée économique autrichienne. L’influence de Mises sur la promotion des idées libérales classiques au cours du XXe siècle est impressionnante.

Né dans une famille aisée dans une province de l’empire austro-hongrois qui fait maintenant partie de l’Ukraine, Mises a démontré son intelligence très jeune : il maîtrisait le français, l’allemand et le polonais et lisait le latin dès l’âge de 12 ans.

LUDWIG VON MISES, PÈRE FONDATEUR DE L’ÉCONOMIE AUTRICHIENNE

Mises partageait les idées socialistes quand il a commencé ses études universitaires. Son point de vue sur le monde et sur l’économie a rapidement évolué lorsqu’il a pris connaissance des écrits de Carl Menger et Friedrich von Wieser, les pères fondateurs de l’école autrichienne d’économie.

Dans son premier ouvrage (en allemand) publié en 1912, The Theory of Money and Credit, Mises développe son explication des fluctuations de l’économie. À partir de ce moment, sa réputation ne cesse de prendre de l’ampleur grâce à la qualité de ses travaux.

Sa carrière a été très mouvementée. Après avoir fondé son propre institut de recherche à Vienne, il doit fuir le pays dans les années 1930 avec la montée du nazisme. Il s’enfuit d’abord en Suisse puis aux États-Unis, plus précisément à New York. Cinq ans après son arrivée, il commence à enseigner à l’Université de New York en tant que professeur invité. Il y restera jusqu’à sa retraite en 1969. Il meurt à l’âge avancé de 92 ans en 1973.

COORDINATION ÉCONOMIQUE ET THÉORIE DES FLUCTUATIONS ÉCONOMIQUES

Parmi les contributions importantes de Mises à la théorie économique, il faut mentionner en particulier la notion de coordination économique par les prix et sa théorie sur les fluctuations économiques.

Les ressources étant limitées et les besoins illimités, il faut trouver les meilleures façons de produire ce dont nous avons besoin. Comment s’y prendre ? Pour répondre à cette question, prenons un exemple, celui de la construction de voies ferrées. Il est possible de construire des voies ferrées avec de l’or, du moins théoriquement. Bien sûr, on peut voir des milliers d’autres utilités à l’or : les bijoux, les pièces d’ordinateurs, etc. Alors, comment savoir si on doit préférer l’or à l’acier ?

Selon Mises, seuls les prix nous informent de la valeur relative des ressources et de leurs utilisations optimales pour le bien de notre société. C’est pourquoi le législateur doit s’assurer que l’information issue des prix ne soit pas « contaminée » par des réglementations inadéquates qui les feraient monter ou baisser pour des raisons qui ne découlent pas de l’échange volontaire entre les individus.

CONTRE LA MANIPULATION DES PRIX

Mises n’analysait pas l’économie à travers les lentilles traditionnelles de l’offre et de la demande. Il postulait que les marchés sont généralement stables, mais sont sujets aux récessions, voire aux dépressions, lorsqu’il y a une expansion artificielle du crédit par les banques centrales. Selon lui, ceci crée des pressions inflationnistes et incite les individus et les entreprises à faire des mauvais choix. C’est en manipulant les prix que le gouvernement perturbe les activités économiques normales.

Son travail a influencé celui de plusieurs autres, tels que Friedrich von Hayek (Nobel 1974), Robert Lucas (Nobel 1995) et Leonid Hurwicz (Nobel 2007). Son influence va bien au-delà de l’école autrichienne d’économie.

Les prix Nobel en sciences économiques ayant été introduits seulement vers la fin de la vie de Mises, il n’en a jamais reçu. Cependant, le fameux économiste du MIT et lui-même un lauréat, Paul Samuelson, a écrit que si le prix avait été décerné plus tôt, Mises l’aurait certainement gagné. Ceci est une reconnaissance importante puisque les idées de Samuelson étaient diamétralement opposées à celles de Mises.

Que ce soit par ses écrits en philosophie politique ou en économie, l’influence que Ludwig von Mises a eue sur notre société est considérable. Il a réussi à consolider les fondations d’une des plus importantes écoles de pensée en économie et son œuvre est aujourd’hui plus vivante et actuelle que jamais. Le jour de son anniversaire est un bon moment pour le rappeler.

12 janvier, 2021

Peter Boettke, le visage moderne de l’école autrichienne d’économie

 Professeur d’économie et de philosophie à la réputée Université George Mason, Peter Boettke mélange l’économie autrichienne avec d’autres écoles de pensées, par exemple celle des choix publics et celle de l’économie institutionnelle.

Un article de l’Institut économique de Montréal

Nombreuses sont les écoles de pensée en économie, au point où il peut devenir difficile de s’y retrouver : keynésiens, monétaristes, supply-siders, choix publics, « autrichiens » et autres clans s’affrontent dans un combat intellectuel.

Ces débats ont créé une perception erronée de l’économie comme étant un domaine qui ne parvient jamais à un consensus, et ce même si la plupart des économistes s’entendent sur un grand nombre de choses, par exemple sur les bénéfices du libre-échange.

Une de ces grandes écoles de pensée est l’école autrichienne, dont les débuts remontent à 1871. Elle fut fondée par Carl Menger, puis mise à l’avant-scène par de grands économistes tels Ludwig von Mises et Friedrich Hayek.

L’APPORT DE L’ÉCOLE AUTRICHIENNE

Ce courant a permis de faire avancer la compréhension de la science économique grâce à l’apport de plusieurs concepts importants, comme la subjectivité de la valeur et l’analyse marginale, qui sont aujourd’hui intégrés à la théorie économique moderne.

Les tenants de l’école autrichienne sont d’ailleurs les premiers à avoir prévu l’échec inévitable de la planification centralisée en Union soviétique.

Cependant, l’école autrichienne a été relativement marginalisée au cours des dernières décennies, dans la mesure où elle se trouve à l’écart du courant principal ou populaire dans les milieux universitaires.

Une des raisons est le rejet des modèles mathématiques si prédominants dans la science économique contemporaine. Les penseurs autrichiens voient l’économie comme un système complexe et non comme une machine.

De leur perspective, l’étude de l’économie ressemble plutôt à la philosophie ou à la psychologie, et non à la physique ou à la mécanique.

Les enseignements de l’école autrichienne sont-ils pour autant moins pertinents ? Ses théories ont-elles encore leur place dans le milieu universitaire ? L’exemple de Peter Boettke démontre que c’est indiscutablement le cas.

BOETTKE, AUTRICHIEN ET MULTIDISCIPLINAIRE

Professeur d’économie et de philosophie à la réputée Université George Mason, Peter Boettke mélange l’économie autrichienne avec d’autres écoles de pensées, par exemple celle des choix publics et celle de l’économie institutionnelle.

Il est reconnu comme quelqu’un qui aime partager sa passion pour l’économie, et il la diffuse de plusieurs façons : en dirigeant des thèses et des mémoires, en inspirant la relève, en donnant des conférences et des entrevues, et en écrivant des livres. Il décrit son livre le plus apprécié, Living Economics :Yesterday, Today and Tomorrow, comme une œuvre visant à montrer la beauté de l’étude économique et à inspirer ceux que le sujet intéresse.

Boettke est aussi l’auteur d’environ 250 recherches. Au début de sa carrière, il a beaucoup travaillé sur l’économie de l’Union soviétique et l’effondrement de celle-ci. Ses travaux couvrent maintenant une multitude de domaines : économie politique, méthodologie, penseurs, rôle des institutions dans le développement économique, etc. Il est également actif au sein du Mercatus Center, un think tank basé à George Mason où il agit comme vice-président du Programme d’étude F. A. Hayek en philosophie, politique et économie. Enfin, il préside la Société du Mont-Pèlerin, une prestigieuse association internationale d’intellectuels qui défendent la liberté.

LE CARREFOUR DE L’ÉCONOMIE MODERNE

Boettke évolue dans un lieu de travail assez particulier pour un économiste. Reconnu comme ayant une approche unique, le département d’économie de l’Université George Mason a accueilli deux récipiendaires du Nobel d’économie : James M. Buchanan, à l’origine de la théorie des choix publics, et Vernon L. Smith, pionnier de l’économie expérimentale. C’est donc le lieu où la théorie des choix publics, l’économie expérimentale et la tradition autrichienne fusionnent. Il en résulte une vision assez particulière de l’économie que l’on ne trouve nulle part ailleurs. C’est cette façon de penser, en dehors du cadre établi, qui fait la réputation du département.

Alors que les banques centrales du monde tentent de sortir d’une décennie de politiques monétaires non conventionnelles, il est fort possible que les théories autrichiennes sur la monnaie et les cycles économiques bénéficient d’un regain de popularité.

Les conditions économiques incertaines soulèvent des questions, et les réponses se trouvent parfois dans les idées des penseurs des siècles précédents. Celles développées par Menger, Mises et Hayek, et maintenant portées par Peter Boettke et plusieurs autres, vont certainement démontrer encore une fois toute leur pertinence.