Que l’État se contente d’être juste, nous nous chargerons d’être heureux.---- Benjamin Constant
Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement
Vaut mieux en rire!
21 novembre, 2012
La réflexion du jour
03 décembre, 2009
Le chiffre du jour (2) : 240 000
En 2007-2008, le Centre d'appel antifraude du Canada (PhoneBusters) a déclaré que plus de 328 000 dollars en dons destinés à des organismes de bienfaisance avaient garni les poches de fraudeurs, plutôt que de venir en aide à des organisations caritatives dans le besoin. Ce montant aurait permis d'acheter plus de 240 000 repas santé à des jeunes défavorisés ou itinérants, si on l'avait remis à un organisme de bienfaisance légitime, selon Brown Bagging it for Calgary's Kids.
19 octobre, 2009
Le chiffre du jour : 35 %
01 octobre, 2007
Pauvre et heureux!
Le dimanche 30 sept 2007
Mais où sont donc les riches ?
Alain Dubuc
La Presse
Collaboration spéciale
Le Canada n'est pas le paradis des riches. Et le Québec encore moins. On s'en doutait bien. Mais on ne s'imaginait peut-être pas à quel point nos riches ne sont pas si riches que ça. En fait, au Canada, on ne commence à être riche, c'est-à-dire à faire partie du groupe des 5% des citoyens qui sont au haut de l'échelle, que quand on gagne 89 000$. Ce n'est pourtant pas le pactole.
Ce chiffre est tiré d'une très intéressante étude réalisée par des chercheurs de Statistique Canada, dont faisait état plus tôt cette semaine mon collègue Rudy Le Cours. Une étude inusitée, parce que, comme le notent ses auteurs, peu de gens s'intéressent aux citoyens les plus fortunés. «On observe dans notre société un intérêt qui ne se dément pas pour la prévalence de la pauvreté, que l'on mesure normalement à l'aune du faible niveau de revenu. Or l'opulence ne suscite pas généralement le même intérêt.»
Et ce n'est pas souhaitable. Parce qu'il est difficile de parler sérieusement de répartition des revenus en oubliant un des deux côtés de l'équation. Et parce que la compréhension de l'économie ne peut pas se faire en ne s'intéressant qu'aux manifestations d'échec, comme le chômage et la pauvreté. Il faut aussi pouvoir mesurer les expressions du succès.
Encore faut-il s'entendre sur une définition de la richesse. Plutôt que des seuils arbitraires, comme 100 000$, l'étude préfère des seuils relatifs: les 5% de la population au haut de l'échelle. L'analyse tient compte aussi du 1% supérieur, qu'on pourrait appeler les très riches, et du 0,1%, les très très riches.
Le premier choc, c'est de voir à quel point ces seuils diffèrent entre le Canada et les États-Unis. Au Canada, on fait partie du club des 5% quand notre revenu atteint 89 000$. Aux États-Unis, c'est un revenu presque banal, que touche environ 15% de la population. Pour être dans les «happy few», il faut deux fois plus, 165 000$. Et les écarts sont plus grands quand les revenus augmentent. Pour faire partie du 1% supérieur, il faut 182 000$ au Canada et 393 000$ aux USA.
La récente hausse de notre devise n'y changera rien, parce que ces revenus sont mesurés en dollars canadiens, en tenant compte de la parité du pouvoir d'achat, pour éviter les distorsions dues aux taux de change.
Et si les comparaisons de richesse sont défavorables au Canada, on ne sera pas étonné, qu'au Canada, elles soient défavorables au Québec. La province ne compte que 17% de ces hauts revenus, quand elle compte pour 23% de la population. Et Montréal est au 9e rang pour l'importance de sa population plus riche, loin derrière Toronto, Calgary et Vancouver.
La proportion plus élevée de riches est un reflet du succès économique, mais aussi de facteurs culturels, comme la valorisation de l'entrepreneurship, du succès et de la réussite personnelle, ou encore un attachement moins grand aux valeurs d'égalité.
Est-ce bon, est-ce mauvais? À mon avis, la présence de citoyens riches dans une société est une bonne chose, parce qu'ils consomment, investissent, donnent, et paient des impôts. À condition que l'enrichissement des uns ne repose pas sur l'appauvrissement des autres.
Rien ne permet d'indiquer que c'est le cas. Les données de l'étude montrent que le gros des Canadiens ne se sont pas enrichis entre 1982 et 2004, et que leurs revenus, après inflation, sont restés stables.
Sauf pour les 10% supérieurs. Et dans leur cas, plus ils étaient riches, plus ils se sont enrichis. Le seuil des 5% est passé de 80 000$ à 89 000$, et celui du 1% de 142 000$ à 181 000$.
Il y a donc un accroissement des inégalités, sur papier. Mais il y a deux sortes d'inégalités. Quand l'écart de revenus s'élargit parce que les pauvres sont plus pauvres, c'est une chose. Mais la situation est différente quand certains s'enrichissent sans que la situation des autres ne se détériore. D'autant plus que cet enrichissement a eu des effets collatéraux positifs. En 1982, les 5% plus riches payaient 21% des impôts. En 2004, ils en payaient 36%, grâce à la progressivité de notre régime fiscal.
Mais la vraie question est la suivante. Si on fait en sorte que les riches soient moins riches, ou qu'il y ait moins de riches, est-ce que cet argent dont ils sont privés pourrait profiter aux autres? La réponse est non. Si on décourage la richesse, comme l'a fait le Québec, par sa fiscalité ou ses politiques de rémunération, cette richesse ne sera tout simplement pas créée et elle ne profitera à personne.
25 mars, 2007
26 février, 2007
Con, comme dans contribuable.
RENÉ VÉZINA
Quand l'argent pousse dans...les poches des contribuables
Tous les partis politiques ont maintenant leur plate-forme électorale, et comme d'habitude, on y va de courbettes à l'endroit de clientèles cibles.
Le PLQ se fait gentil avec la classe agricole, qui conserve un poids disproportionné par rapport à son importance numérique. Mais il faut bien aller gagner quelques circonscriptions rurales stratégiques...
L'ADQ, elle, se fait fédérautonomiste. À force d'entendre parler des secteurs mous de l'économie, elle vise les secteurs mous de l'électorat. Ce qui fait rarement des enfants forts.
Mais la palme revient au PQ. Après s'être élevé vertueusement contre le relèvement des frais de scolarité (votez pour nous, les étudiants !) et promis le gel continu des frais de garderie (votez pour nous, les parents !), on promet maintenant l'indexation des allocations d'assistance sociale (votez pour nous, les assistés sociaux!). En soi, cette dernière générosité est légitime. Le problème, c'est qu'on augmente ce que l'on donne tout en limitant ce que l'on reçoit. Parfait pour l'image, mauvais pour la calculatrice. Et qui, pensez-vous, risque de faire les frais de cette générosité ? Mais ceux qui finissent toujours par payer, voyons. Con, comme dans contribuable.
16 février, 2007
La réforme des éducateurs.
Voilà déjà quelques années qu'une réforme de l'éducation a été entreprise au Québec. Les fonctionnaires qui l'ont élaborée ont avant tout mis l'accent sur les outils.
Toutefois, c'est lorsque ma fille m'a présenté un document distribué par l'une de ses profs que j'ai compris que ce ne sont pas les outils qu'il faut réformer, mais bien les éducateurs.
Le document en question était écrit à la main, sans aucun soin, dans un style confus et photocopié de travers. Un véritable torchon! Et cette prof a l'arrogance de demander aux élèves de remettre un travail propre. N'est-elle pas au parfum des avancées technologiques? Et personne ne lui aurait donc appris qu'il faut prêcher par l'exemple?
Si le ministre Fournier souhaite une réforme qui permette réellement d'améliorer la qualité de l'éducation, il devrait demander à ses fonctionnaires de cesser de concocter des bulletins incompréhensibles, et de réfléchir à des moyens pour améliorer la performance des enseignants.
La permanence
Pour commencer, le principe de la permanence devrait être remis en question. Quand notre comptable, notre mécanicien ou notre coiffeur commence à négliger son travail, nous n'hésitons pas à le remplacer. Alors pourquoi en serait-il autrement lorsqu'il s'agit des enseignants? Ne devrions-nous pas être encore plus exigeants envers ceux chargés d'instruire nos enfants?
La permanence procure un sentiment de sécurité qui, chez certains, nuit à l'effort et incite à la paresse. Destinée à défendre l'enseignant, la permanence ne sert en réalité qu'à protéger la médiocrité. Dans un système sans permanence, seul le travailleur peut garantir sa sécurité d'emploi grâce à son professionnalisme, car aucun employeur n'est disposé à perdre la crème de sa main-d'oeuvre.
En second lieu, le temps est venu de trouver un moyen pour mesurer la performance des enseignants et les rémunérer en conséquence. À l'heure actuelle, leur paie est fonction de leur ancienneté et de leurs diplômes. Ainsi, même le prof le plus passionné, le plus consciencieux et le plus dévoué ne peut gagner plus que son collègue plus ancien. Est-il logique de récompenser l'ancienneté et d'ignorer la qualité du travail fourni? Voulons-nous réellement entretenir un système absurde qui invite les enseignants à faire le strict nécessaire pour conserver leur emploi, mais ne leur offre aucune incitation à l'effort et au dépassement? La fonction première d'un prof est d'être bon pédagogue. Il est donc indispensable de récompenser cette qualité.
Mesurer les progrès
Dans cette optique, on pourrait, par exemple, introduire deux examens standardisés que les étudiants passeraient en début et en fin d'année scolaire et qui permettraient de mesurer leurs progrès. Les enseignants les plus habiles devraient obtenir une prime significative.
De plus, comme ils se distingueraient de leurs collègues, ils pourraient négocier une rémunération à la mesure de leurs rendements. Pour être juste et équitable, ne faut-il pas reconnaître et récompenser les efforts de chacun?
Que l'on soit avocat, animateur de radio, hockeyeur ou traducteur, notre rémunération dépend de la qualité de notre travail. Il devrait en être autant pour les enseignants. Ceux qui performent le mieux devraient être payés en conséquence alors que les moins dévoués devraient être pénalisés.
Évidemment, j'entends déjà les syndicats et les diverses associations de professeurs s'opposer à la paie au mérite. Parions qu'ils invoqueront la solidarité pour justifier leur position. De toute évidence, ils sont prêts à sacrifier l'éducation de nos enfants pourvu qu'ils préservent l'emploi des plus mauvais profs.
Il faut rompre avec la mentalité actuelle qui prône l'égalité entre les travailleurs. À travail égal, salaire égal? Je veux bien! Mais cela n'exclut pas qu'à travail différent, il faut des salaires différents.
* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.
01 février, 2007
La ministre veut le beurre et l’argent du beurre !
« La ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Michelle Courchesne, a appelé hier les entreprises à faire leur part dans la lutte contre la pauvreté, au même titre que les autres acteurs de la société, syndicats, groupes communautaires, gouvernements. »
Pourtant, le taux de fiscalité des entreprises québécoises est déjà le plus élevé en Amérique du Nord, mais cela n’est pas suffisant. Il faut, en plus de payer le gouvernement, que les entreprises règlent elles-mêmes les problèmes créés par ce même gouvernement. Ce n’est rien de moins que de la démagogie électoraliste.
La pauvreté relative des Québécois découle des politiques interventionnistes des gouvernements qui se succèdent à Québec. Si la ministre est sérieuse dans sa quête pour réduire la pauvreté elle devrait promouvoir, auprès du conseil des ministres, des politiques gouvernementales favorables à la création de richesses.
Ces politiques sont bien connues et ont fait leur preuve là ou elles ont été appliquées :
Libéraliser l’environnement économique.
Année après année l’Institut Fraser démontre que le niveau de pauvreté d’une population est directement proportionnel au manque de liberté économique. En Amérique du Nord, l’indice de liberté économique du Québec se retrouve systématiquement dans le peloton de queue depuis le début des années quatre-vingt. Malgré tout, les gouvernements québécois de tous les partis persistent à promouvoir des politiques qui restreignent la liberté économique des individus et des entreprises.
Respecter la propriété privée.
Le taux de fiscalité usuraire qui prévaut au Québec est une forme indirecte d’expropriation. De plus, les groupes de pression exigent et obtiennent de plus en plus de lois et règlements qui limitent les droits de propriété. Ces lois et règlements sont justifiés en prétextant promouvoir le bien commun. Pourtant, ces groupes de pression représentent les intérêts d’une infime partie de la population.
Favoriser la compétition dans tous les domaines.
La compétition est le seul moyen d’optimiser l’utilisation de ressources limitées. L’utilisation optimale des ressources maximise la création de richesse et donc minimise la pauvreté. Les monopoles gouvernementaux sont inefficaces et gaspillent un pourcentage important de la richesse des Québécois. Ils sont une cause importante de la pauvreté relative du Québec. De plus, les grandes entreprises ont une influence indue sur le développement des politiques gouvernementales. Elles favorisent le protectionnisme et encouragent le « bien-être corporatif (corporate welfare) » au détriment de compétiteurs plus efficaces et aux dépens des contribuables.
15 septembre, 2006
Les droits de scolarité, une injustice sociale (suite)
Les conséquences de cette situation sont dramatiques pour l'avenir de l'éducation post-secondaire au Québec. La qualité des universités et collèges québécois continuera de se dégrader.
Dans un contexte de mondialisation ou la croissance des économies modernes favorisera de plus en plus les sociétés du savoir le Québec de demain sera grandement désavantagé. À moins bien sur que les Québécois laissent savoir aux politiciens qu'ils ont plus à perdre qu'à gagner en perpétuant cette politique irresponsable.
Pour faire suite au texte que j'ai publié le 18 janvier dernier, je vous propose de lire le texte de Jean-Paul Gagné du Journal les Affaires.
06 septembre, 2006
Qui s’occupe des vrais pauvres ?
Le gouvernement et la pauvreté.
1. Le modèle qui prévaut dans l’opinion publique Québécoise.
En écoutant les lignes ouvertes et en lisant les pages d’opinion des journaux j’ai souvent l’impression que les Québécois présument que les individus œuvrant dans le milieu des affaires se comportent systématiquement de façon égoïste. Qu’ils cherchent à maximiser leur utilité individuelle, souvent au détriment de leurs concitoyens plus naïfs, pour mieux satisfaire leurs besoins personnels. De plus, ils présument que les politiciens et les fonctionnaires sont des gens généralement altruistes qui ne cherchent pas à maximiser leur utilité personnelle mais cherchent plutôt à promouvoir l’intérêt public. Ils considèrent donc que la tâche première du gouvernement est de protéger les faibles contre les forts. Ainsi, selon la croyance populaire, les individus sont divisés en deux groupes : les égoïstes qui œuvrent dans le domaine de l’économie de marché et les altruistes qui se dédient à la vie politique.
Les implications qui découlent de ces croyances politico-économiques sont importantes. Dans un marché libre de toutes entraves les individus égoïstes, économiquement forts, bien éduqués, peu scrupuleux dominent nécessairement les faibles : les handicapés physiques et mentaux, les sous-scolarisés, les minorités et les pauvres en général. Mais, puisque les individus œuvrant au sein du gouvernement sont supposés être altruistes, il leur incombe d’imposer des politiques de redistribution de la richesse entre les dominants et les laissés-pour-compte. Ainsi, selon la croyance populaire, l’économie de marché cause la pauvreté des faibles alors que le comportement altruiste des politiciens et des fonctionnaires vise à rétablir un minimum d’équilibre.
2. La réalité.
L’hypothèse selon laquelle les individus œuvrant dans la sphère de l’économie de marché sont égoïstes alors que ceux œuvrant dans la sphère gouvernementale sont altruistes est fausse. Il n’y a pas de raison de croire que la nature départage systématiquement les individus en deux groupes : les égoïstes et les altruistes. Chaque individu est un mélange d’altruisme et d’égoïsme dont les proportions diffèrent d’un individu à l’autre.
Il est évident qu’un grand nombre d’individus du milieu des affaires ont des comportements altruistes. Pour s’en convaincre il suffit de faire l’inventaire de leurs contributions, en temps et en argent, aux nombreux organismes voués au mieux-être de la société. Il est tout aussi évident qu’un grand nombre d’individus œuvrant dans le domaine public ont des comportements égoïstes. Il suffit de s’arrêter aux grands titres des médias pour s’en convaincre. De plus, il est raisonnable de croire que les proportions d’individus altruistes et égoïstes dans les deux groupes, en supposant que chacun des groupes est représentatif de l’ensemble de la société, sont à peu près les mêmes.
Le fait qu’il y ait des individus ayant des comportements altruistes et égoïstes dans chacun des groupes formant une société implique que le modèle de société décrit ci-haut, ne peut exister. Le milieu des affaires et le gouvernement n’ont pas d’objectifs indépendants de ceux des individus qui les composent. Seuls les individus ont des objectifs et ceux-ci peuvent se situer n’importe où entre purement altruistes et purement égoïstes. L’économie de marché est l’outil utilisé par ceux qui y œuvre pour atteindre leurs objectifs. De même le gouvernement est l’instrument permettant à ceux qui y participent d’atteindre leurs buts.
Donc, la question fondamentale n’est pas de savoir si la société doit adopter le modèle dit « égoïste » (économie de marché) ou le modèle dit « altruiste » (gouvernement). Il faut plutôt s’attarder à choisir les instruments qui peuvent le mieux contribuer à satisfaire les besoins de chacun des membres de la société. En d’autres mots, est-ce que l’économie de marché est un instrument plus efficace que le gouvernement pour permettre aux Québécois d’atteindre les objectifs sociaux qu’ils voudront bien se donner ?
3. Comment le gouvernement fonctionne-t-il ?
Avant de répondre à cette question il est utile d’identifier les différences fondamentales entre le milieu des affaires et le gouvernement. Le milieu des affaires représente le domaine où les individus peuvent librement échanger des biens et services. Dans cet environnement les échanges se font sur une base strictement volontaire. La force ne peut être utilisée pour obliger qui que ce soit à faire un échange qui ne lui convient pas. Ainsi, un échange sera effectué seulement si les partis impliqués perçoivent qu’ils reçoivent plus qu’ils ne donnent.
Au contraire, le gouvernement est le seul organisme dans une société qui peut faire appel à la force. Le gouvernement utilise son monopole sur l’utilisation de la force pour imposer le transfert des biens d’un groupe d’individus à un autre groupe d’individus. C’est cette caractéristique du gouvernement qui en fait un instrument si utile aux groupes qui en prennent le contrôle.
Puisque la démocratie implique que le gouvernement est contrôlé par la majorité, il est logique de croire que les pauvres, dans la mesure où ils sont en nombre suffisant, contrôleront le gouvernement. Ainsi, le gouvernement pourra adopter des politiques permettant de transférer une partie de la richesse des mieux nantis aux plus pauvres. Toutefois, la réalité est beaucoup plus complexe.
En fait, le concept de « majorité démocratique » est une vision de l’esprit plutôt qu’une réalité. Chaque individu a des intérêts personnels qu’il désire conserver ou améliorer. De plus, les individus ayant des intérêts en commun s’unissent pour former des groupes de pression (syndicats, associations, groupes sociaux) augmentant d’autant leur pouvoir politique.
Le but des groupes de pression est évidemment de promouvoir les intérêts de ses membres en influençant en leur faveur les politiques gouvernementales. Les syndicats demandent des lois du travail favorables à la syndicalisation. Le conseil du patronat demande la libéralisation des mêmes lois. Les agriculteurs exigent la gestion de l’offre et des prix planchers élevés. Les groupes sociaux demandent plus de subvention pour assurer leur pérennité. Etc.
Si le but premier d’un groupe de pression est d’influencer les politiques gouvernementales ces groupes vont naturellement encourager leurs membres à voter pour les politiciens qui promettent de supporter les politiques qui leurs sont favorables. Ainsi, le but du politicien est de s’engager à supporter les demandes des groupes de pression représentant suffisamment de vote pour être élu. On est loin d’une démocratie où chacun vote librement dans le but d’élire un gouvernement représentant les intérêts de la majorité de la population.
Dans ce système, malgré leur nombre, les pauvres sont les grands perdants. Ils leur manquent les trois éléments essentiels pour influencer l’appareil politique : le temps, l’argent et les compétences. Malgré le fait qu’il y ait de plus en plus de programmes et d’argent dédiés à enrayer la pauvreté les pauvres sont toujours là. Il faut se rendre à l’évidence. La machine gouvernementale et les groupes de pression qui se sont donnés pour mission d’aider les pauvres engloutissent la majorité des budgets et bien peu de cette argent se rend aux destinataires. En 2005, 6,8% de la population québécoise bénéficiait de l’aide sociale, le plus haut niveau de toutes les provinces canadiennes à l’exception de Terre-Neuve. Pourtant au cours de la période budgétaire 1994-1995 à 2004-2005 les subventions aux organismes communautaires ont plus que triplé passant de 99 millions $ à 327 millions $.
L’économie de marché et la pauvreté.
1. Les statistiques sont trompeuses.
Selon l’Institut de la Statistique du Québec près de 17% de la population québécoise vit sous le seuil de faible revenue (SFR), soit plus d’un million de personnes. Ces statistiques trompeuses servent bien les nombreux groupes de pression dont l’existence même dépend du plus grand nombre possible de pauvres. Elles servent bien aussi les politiciens qui s’en servent pour justifier la croissance du gouvernement sous le prétexte vertueux de redistribuer la richesse.
Ces statistiques alarmantes soulèvent plus de questions qu’elles en répondent :
- Une donnée statistique représente une photo de la situation à un moment précis dans le temps. Il est certain qu’un grand nombre des individus gagnant un revenu moindre que le SFR à un moment donné ne feront plus partie de ces mêmes statistiques dans un mois, un an ou deux ans. Ces personnes, en voie d’escalader l’échelle socio-économique, sont-elles vraiment des personnes pauvres ?
- Les taux de taxation marginaux quasi usuraires pratiqués au Québec équivalent à une invitation à développer l’économie au noir. Différentes études concluent que l’économie au noir représente entre 3% et 16% du PIB canadien. Selon le ministère des finances l’économie au noir au Québec représente des pertes fiscales de plus de 3 milliards $. Combien de personnes gagnant moins que le SFR ont des revenus non déclarés ?
- Un certain nombre de personnes choisissent un mode de vie qui les maintient en bas du SFR. Certains par choix personnel, d’autres beaucoup plus nombreux et moins scrupuleux, dans le but exprès de profiter au maximum des largesses du système. Elles ne se considèrent pas pauvre pour autant.
Il n’y a pas de doute qu’il existe des gens pauvres au Québec. Toutefois, la réalité est beaucoup moins dramatique que ne le laisse entendre les statistiques officielles.
2. Les limites de l’aide gouvernementale.
En supposant que la perception qui prévaut dans l’opinion publique soit réelle et que le gouvernement pratique des politiques altruistes favorables aux plus pauvres, la réalité impose des limites importantes à la capacité du gouvernement à enrayer la pauvreté.
Prenons le cas du système d’éducation. Un des objectifs visés par une politique d’éducation primaire et secondaire gratuite et obligatoire et par une politique de frais de scolarité ridiculement bas pour les études postsecondaires, est de favoriser l’accès aux études aux enfants des familles pauvres. Ceci croyait-on allait briser le cycle de la pauvreté. Toutefois, en réalité, cette politique a favorisé l’accès aux études aux enfants des familles de classe moyenne et élevées. Les enfants des familles pauvres continuent trop souvent d’alimenter le marché du travail dès qu’ils atteignent l’âge légal. Le monopole d’état centralise les décisions entre les mains de quelques fonctionnaires. Le directeur d’école et les professeurs, coincés entre les fonctionnaires et la convention collective, ne peuvent que constater les dégâts. En particulier dans les milieux défavorisés, ils sont continuellement soumis aux abus des enfants, des parents, des fonctionnaires et des représentants syndicaux. Faut-il se surprendre si parfois ils remettent en question leur choix de carrière. Le système est congestionné, sclérosé avec pour conséquence l’augmentation sans fin des coûts et la diminution constante de la qualité. Les parents qui sont prêt à tout sacrifier pour assurer l’avenir de leur progéniture envoient leurs enfants à l’école privée. Les enfants des parents pauvres n’ont d’autres choix que de fréquenter leur école de quartier. Les plus débrouillards s’en tireront envers et contre tous mais malheureusement certains tomberont dans la criminalité. La plupart reçoivent une éducation médiocre qui leur garanti une place permanente chez les pauvres.
Cette constatation prévaut à des degrés divers dans tous les domaines monopolisés par l’état. Les pauvres sont bien utiles pour justifier l’interventionnisme de l’état mais ils sont toujours les derniers à recevoir l’aide promise. Malheureusement, trop souvent ils ne reçoivent que des miettes.
Les statistiques économiques de l’OCDE démontrent que dans les économies modernes la pauvreté diminue lorsque la croissance économique excède la croissance démographique. Les programmes gouvernementaux mis sur pieds pour enrayer la pauvreté ont au mieux des effets positifs à court terme et au pire détournent des fonds qu’il aurait mieux valu utiliser pour créer de la richesse.
3. Les avantages de l’économie de marché.
Devant l’incapacité des gouvernements à enrayer la pauvreté il faut se demander si l’économie de marché peut faire mieux.
L’économie de marché tend naturellement à utiliser tous les facteurs de production disponibles, incluant la main-d’œuvre, de manière à améliorer son efficacité. En recherchant le profit, l’entrepreneur favorise l’utilisation de main-d’œuvre ou de machinerie selon qu’il juge que l’un ou l’autre lui procurera un avantage compétitif. Ainsi, les ressources nécessairement limitées d’une économie sont allouées de façon à optimiser la croissance économique ce qui en retour favorise la création d’emploi et la diminution de la pauvreté.
Certains des emplois créés seront peu rémunérés. Toutefois, ces emplois existeront seulement dans la mesure où des travailleurs seront disponibles pour les occuper. La plupart des gens préfèrent occuper un emploi, même peu rémunéré, plutôt que d’être exclus de la société par la rampe de l’aide sociale, comme cela se produit trop souvent aujourd’hui. Pour beaucoup de gens le sentiment d’être utile, d’appartenir à une équipe, de contribuer à la société sont des valeurs plus importantes que le seul salaire. Comment pourrions-nous expliquer autrement les milliers de Québécois (es) qui œuvrent comme bénévoles ? Ils transmettront ces valeurs à leurs enfants et ainsi briseront peut-être le cycle infernal de la pauvretéL’économie de marché aide aussi les pauvres en tant que consommateurs. Les entrepreneurs libres d’optimiser les divers facteurs de production disponibles peuvent offrir des biens et services à moindre coût, les rendant ainsi plus accessibles.
4. Les vrais pauvres.
Dans un modèle de société où c’est l’économie de marché qui prédomine, qu’arriverait-il au plus démunis, à ceux qui n’ont même pas les moyens de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires ? Quelque soit le modèle socio-économique que nous préconisons un certain nombre de personnes doivent être pris en charge par l’ensemble de la société. L’élimination de tous les programmes interventionnistes de l’état aurait deux conséquences : (1) la pauvreté découlant des politiques interventionnistes et mal avisés du gouvernement serait automatiquement éliminée ; et (2) la croissance économique accrue permettrait de dégager les surplus requis pour procurer à tous les groupes de la société des conditions de vie raisonnables.
Les Québécois sont de nature généreuse. Ils acceptent un taux de fiscalisation usuraire de près de 50% dans l’espoir que l’argent qu’ils ont durement gagné sera utilisé parcimonieusement pour procurer à tous une qualité de vie raisonnable. De plus, ils contribuent des centaines de millions annuellement aux nombreuses campagnes de levée de fond pour financer des groupes communautaires, des activités de recherche et développement, des investissements en santé, en éducation, en infrastructures communautaires.
Devant l’incurie du gouvernement à fournir les services prépayés par les contribuables, près de 20% de la population de 15 ans et plus, plus d’un million de Québécois, consacrent 200 millions d’heures, l’équivalent de 100 000 emplois à plein temps, au bénévolat. De surcroit, le Secrétariat à l’action communautaire autonome, évalue à 3,9 millions le nombre de personnes aidantes qui soutiennent des proches sans passer par un organisme communautaire. Sans l’apport des bénévoles des centaines de milliers de Québécois vivrait dans l’indigence totale. Ce n’est pas le gouvernement qui amenuise la misère des pauvres mais les Québécois eux-mêmes. Toutefois, les politiciens, les groupes de pression et les fonctionnaires prennent tout le crédit sans même rougir.
Il n’y a aucun doute, si on leur en donne la chance, les Québécois sauront se responsabiliser face à leurs concitoyens moins chanceux. Le cas de la clinique du Dr. Julien est un exemple probant. Devant l’incapacité des nombreux organismes gouvernementaux à subvenir aux besoins des enfants en difficulté du quartier Hochelaga Maisonneuve, le Dr. Julien a mis sur pieds une clinique dont la réputation fait maintenant l’envie de tous. Pour éviter d’être assujetti aux politiques sclérosantes du gouvernement, le Dr. Julien fait appel à la générosité des Québécois pour financer sa clinique. Il a recruté des bénévoles compétents et engagés pour remplacer le personnel syndiqué. Ainsi, il élimine le risque que l’application de la convention collective ait préséance sur les besoins des enfants. Si on pouvait mesurer le ratio de la valeur des services rendus par rapport aux ressources investies de la clinique du Dr. Julien, je ne doute pas qu’il serait dix, cinquante, cent fois plus élevé que celui d’une clinique gouvernementale.
Si par miracle le gouvernement abandonnait tous les programmes d’aide aux pauvres et remettait aux Québécois, sous forme de réduction d’impôts, les économies ainsi réalisées, des milliers de Québécois de la trempe du Dr. Julien auraient vite fait de mettre sur pied des organismes de remplacement qui eux sauraient apporter des solutions originales aux vrais problèmes.
Conclusion
L’opinion populaire québécoise, croyant à l’altruisme des politiciens et fonctionnaires œuvrant dans le gouvernement, demande toujours plus de politiques visant à enrayer la pauvreté. Dans les faits, les pauvres sont plus souvent les victimes plutôt que les bénéficiaires des programmes gouvernementaux. De plus, ce qui compte ce sont les résultats, pas les intentions. Même en supposant que le modèle socio-économique favorisé par les Québécois soit intrinsèquement altruiste la réalité impose d’importantes limites à la capacité du gouvernement à enrayer la pauvreté. L’économie de marché, au contraire, peut réduire la pauvreté en créant des emplois et en dégageant suffisamment de richesse excédentaire pour subvenir adéquatement au besoin des vrais pauvres.
Finalement, j’ai toutes les raisons de croire que les pauvres seraient beaucoup mieux servis par l’économie de marché que par le gouvernement.