Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Nouvelle devise du dollar canadien : Un de perdu, dix d’empruntés. - Michel Beaudry

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31 mai, 2019

Notre Dame : je crie ton nom !

Louise V. Labrecque




Non, nous n’en revenons pas ! Pensez-vous que cela est possible, en revenir d’un évènement pareil ? ! Notre * Dame en feu, détruite, disparue, en cendres, avec tant de points d’interrogation, encore à ce jour; et tant de points du suspension….  Mais comment cela est-il possible, le regard que chacun porte sur Paris s’en trouve désormais modifié; nous tous québécois, amoureux de Notre Mère Patrie et de Notre * Dame, avons l’impression persistante d’un mauvais rêve. Cela est si vrai que pour écrire ainsi nous conservons en pensée sa forme sensible : elle demeurera écrite, au moins, comme pour préserver un peu de sa lumière grandiose, tel un rayon de beauté inaltérable, venu de ses vitraux, de sa rosace.  Nous avons parlé de la pensée de l’Art, dans les trois précédents articles, et l’esprit d’adoration qui opère naturellement sur le problème que nous étudions. La question essentielle est de savoir ce qui s’est passé, dans les moindres détails, et aussi comment reconstruire, en respectant la liberté artistique, sous la lumière d’une œuvre si belle; non, nous n’allons pas sacrifier la splendeur originelle de Notre * Dame aux idées gravement suggestives des actes humains, trop humains ! L’artiste demeure libre de traiter la matière, indifféremment, peut-être, de ce qu’il aurait observé. S’il lui est permis de choisir son sujet dans les bas-fonds du réel, c’est à la condition de laisser tomber l’obscénité.  Par pitié, nous sommes de l’avis de celui-ci, quand il affirme que le point principal dans cette question de reconstruction demeure l’enjeu d’une véritable renaissance, parfaite en tous points, sans mettre en lumière tel ou tel aspect du mal (mais bien) que de savoir à quelle hauteur il se tient pour ce faire. Nous ne sommes pas dupes et nous avons raison d’être inquiets !  Nous sommes les défenseurs de Notre *Dame et de Notre Mère Patrie, telle quelle, dans toute sa perfection sublime. Cette solution peut paraître sévère, mais elle est juste. Nos cœurs sont assez purs, et assez forts, pour reconstruire Notre * Dame sans connivence.

Oui, nous commençons à prendre la mesure des réactions du public, après cette tragédie, cette coupure dans notre conscience historique; ce terrible incendie enflamme toujours les esprits, soulève les passions et oblige un débat rempli de bonnes volontés, sur la valeur morale de cette œuvre d’art resplendissante qu’est Notre * Dame. L’art des libertés cela est aussi une affaire de culture artistique; l’artiste n’a pas le droit de se figurer que, comme lui, c’est l’art ultime que la population recherche et demande à découvrir; la population c’est aussi un immense cœur humain qui aspire à retrouver Notre *Dame intacte, avec à la fois sa pensée (de l’art) et son regard, afin de ne pas risquer de devenir objet de scandale, instrumentalisée par les scélérats. Une œuvre vivante est forcément troublante; soyons donc des Hommes dignes, profondément vertueux et commençons dès lors à reconstruire Notre * Dame pareille à l’originale; plus belle encore parce que rafraîchie, comme la femme véritablement magnifique remets savamment de l’ordre dans ses cheveux, un peu plus de noir sur ses yeux. Toute œuvre de mérite est potentiellement dangereuse si son œil tombe dans la fange où plus d’un s’enlise; de même, un bon arbre ne donne pas de mauvais fruits, ainsi Notre * Dame porte en elle-même le don de vie du Créateur, demeure magnifique, quasi-surnaturelle, de l’Homme. La tentation de se taire ou de crier ? Oui, la tentation du silence est aussi la tentation du bien comme le fait de constater que je suis libre d’écrire, ou pas, ce papier ; la difficulté reste entière d’un point de vue moral puisqu’il s’agit de savoir comment discerner la face exténuée du Christ dans la plus souillée de ses merveilles architecturales. Le symbole Notre * Dame est celui du Monde Libre. Le sentiment aigu de responsabilité morale va de pair avec la sincérité de celui qui voit également avec son esprit. Jouer avec le feu et se brûler : l’incroyant pourrait-il faire œuvre honnête ? Voilà le scandale qui guette Notre *Dame, comme s’il était nécessaire d’être scandalisé par avance en lui-même, de par tant d’infidélités faites aux lois de son art et de son esprit, de par un grand nombre d’artistes qui ne sait plus où il a été cueilli. Avez-vous vu toutes les propositions et projets de ceux-ci ? Il y a en a beaucoup; certains imprègnent notre civilisation occidentale, la pensée française, et d’autres, non, pas du tout. Ne soyons pas surpris : tous prennent des risques et espèrent se sauver entier, par un triomphe peut-être militant, mais en pensant de travers la mémoire historique de Notre * Dame, pervertissant sa charge émotionnelle et son parfum de vérité. Il faudrait être un saint pour saluer toutes ces idées qui laissent deviner la déchéance de Notre * Dame, un abîme sans rachat possible, une plaie que l’on s’amuse à dévoiler à nos yeux chastes et purs, profondément amoureux de Notre * Dame sans péchés, à la destinée de son prochain lumineux, loin des devoirs rigoureux liant le religieux, mais dans un esprit de liberté noble et beau, en chantier dans chaque corps et âme. L’Homme est un animal raisonnable, nous en appelons donc à sa raison. Quant à cette soif de lamentables créations, laissant Notre * Dame méconnaissable, ouverte à toutes les invasions, c’est à ce sujet qu’on nous impose de nous arrêter un instant. Ce n’est pas seulement la question de l’exigence de l’art que nous abordons dans ce papier, mais la défense de la (très) grande sensibilité, le travail essentiel de Salut, dans la lumière et la joie sans fin. Ainsi, si la lecture de cet article vous perturbe ou vous choque, s’il est une tentation contre votre innocence, alors interrompez ici votre lecture. De même, la littérature est elle aussi un art, elle peut obscurcir dans une âme - si la conscience est faussée - et toute la vie morale ne tardera pas à en être bouleversée. C’est pourquoi nous ne pouvons pas faire n’importe quoi avec Notre * Dame. En éducation, les peuples anciens avaient compris cela et ils savaient enseigner la vertu aux enfants, avec une impression forte qui se dégage dans les œuvres d’art. Un homme et son péché portera longtemps les stigmates de son vice caché, car la réalité historique a la mémoire longue, au risque de donner à Notre * Dame une image falsifiée. Ainsi, tel un fruit détaché de son arbre, nous devons garder nos cœurs purs, car l’histoire a bien des pervertis. Une enquête n’oblige pas à dire le mal et ne changera rien à son visage auguste (oui, le mal peut captiver) et à la place de l’Homme, des artistes, dans les travaux en cours, au sens de ses influences, de ses responsabilités, ses devoirs et ses obligations.

Notre *Dame : je crie ton nom ! C’est aussi comme un chant pour éloigner les pervers, comme l’Univers soulève l’ombre d’une chimère. Un Salut pour Notre * Dame, qui a été une Sacrée Gardienne, et qui demeure encore à nos yeux un Joyau rempli de créatures mille fois plus admirables que les cieux constellés. La valeur artistique de ce chef-d’œuvre oblige à ne pas craindre la lumière de la dignité qu’elle incarne toujours ; tout ce qui vit par elle est l’aveu divin de son Espérance : non, nous ne tomberons pas dans l’aberration ! Ce serait reconnaître la faiblesse de notre nature et les suites du péché originel. Ne cherchons-nous pas, quand nous affirmons vouloir reconstruire à la manière des artistes décalés, à fixer des ailes d’anges sur la bête que nous sommes tentés de devenir ? Or, Notre*Dame mérite d’être reconstruite dans toute sa Grâce, sans commune mesure, loin de toutes les profondeurs dont la déchéance humaine est capable. Sans doute, et sans vouloir se prendre pour des saints ou des moralistes, nous savons que les abimes de dépravation existent et que le péché creuse son lit dans les âmes. Assurément magnifique, Notre *Dame ouvrait tous les yeux, tous les cœurs, et faisait la joie du monde entier !  Maintenant plongée dans les effluves d’un parfum de fumée, qui penserait à y chercher pâture à ses convoitises ? Notre * Dame est grave, désormais, très grave. Elle en a perdu son accent et comme disait Bossuet, ses fortes manières. Nous voilà devant Notre *Dame fragile, plus que nue, ne faisant pas le poids face aux insultes, incapable de sentir même le poids de l’eau quand elle en a par-dessus la tête.  

N.B. : Nous en appelons à tous les écrivains et à tous les artistes : puisse la grâce demeurer dans l’œuvre originelle de Notre *Dame !   Plus précieuse que le sang des martyrs, les idées folles de création de certains artistes est la preuve de notre profonde décadence. L’esprit de Notre * Dame est néanmoins fait de force, de courage, mais pas jusqu’à l’immolation joyeuse afin de rendre témoignage de la vérité, pour le salut du prochain. Non, l’art sacré n’est pas habité de cet esprit-là ! La littérature n’est pas le péché; les arts ne sont pas comme un autre persiflage à la face menteuse des pervers. La ferveur de Notre * Dame est comme ce chemin de croix unique en son genre, que l’on monte d’un pas béni, sachant que nous sommes suivis par une petite âme. Elle sera guérie et elle sera plus sensible encore que tous les merveilleux écrivains et artistes qui ont perdu le sens des valeurs surnaturelles. Ainsi, la bêtise n’aura pas d’empire : Notre * Dame n’a que faire des efforts de purification et d’assainissement des cœurs, car le sien demeure mystérieusement intact. C’est nous qui, souvent, avons tort de vouloir ouvrir les portes et les fenêtres de notre demeure intérieure aux plus repoussantes ordures. Une œuvre d’art ne blesse jamais Dieu, car tout est beauté lorsque nous aimons le beau ; tous les plaisirs, toutes les bontés, toutes les beautés, c’est ce que nous voulons cultiver, comme nous savons apprécier ce qui est vrai. Le sentiment du beau, en effet, se découvre lorsqu’il est constitué par le repos de l’âme dans l’harmonie. Oui, c’est réellement une fleur d’Amour éternelle.

La réflexion du jour

On sait que ça ne va pas bien pour Justin Trudeau, ces temps-ci. Sa cote ne cesse de chuter dans les sondages. Cette aide aux médias en difficulté est-elle une façon pour notre premier ministre d’aider les journaux qui le flattent dans le sens du poil (comme La Presse) et de punir ceux qui sont trop critiques envers son administration (comme le National Post) ? La question se pose... Tout comme on peut se demander si un journaliste qui voit Justin Trudeau sauver son emploi sera capable de le critiquer, le temps venu.--- Richard Martineau

30 mai, 2019

La réflexion du jour

Beaucoup plus pauvre que la Norvège, le Québec dispose d’un foutoir appelé Fonds vert, une besace de quatre milliards servant de petite caisse verte à quinze ministères et organismes et à cent fois plus de fonctionnaires. Il serait plus précis de le baptiser le Fonds du gaspillage vert. --- Michel Hébert

29 mai, 2019

Une mini-période glaciaire pourrait toucher la Terre à partir de 2030

Publié dans le Figaro

D'après des scientifiques britanniques, le Soleil pourrait être confronté, dès 2030, à un phénomène appelé « minimum de Maunder ». Celui-ci pourrait provoquer une nette baisse des températures sur Terre.
La Terre va-t-elle connaître de nouveau un «petit âge glaciaire»? D'après une étude menée par la Royal Astronomical Society, un organisme de recherche astronomique britannique, l'activité du Soleil pourrait brutalement chuter de 60% d'ici les années 2030-2040, provoquant une baisse de température généralisée comme de 1645 à 1715. Une période appelée «Minimum de Maunder», se traduisant par un nombre de taches solaires - de petites régions sombres où la température est plus basse que celle de son environnement - très faible.
Pour avancer cette hypothèse, l'organisme se base sur la mise au point d'un nouveau modèle des cycles solaires qui permet «des prédictions d'une précision sans précédent», commente l'organisme. Le modèle repose sur l'analyse de la circulation des champs magnétiques à l'intérieur et à la surface du Soleil, un phénomène appelé «effet dynamo».
«Nous avons remarqué que les deux vagues magnétiques qui circulent à l'intérieur du Soleil ont pour origine deux différentes couches de matière. Elles ont toutes deux une fréquence d'environ 11 années, même si elles sont légèrement différentes et sont parfois décalées. Au cours d'un cycle, les vagues fluctuent entre les hémisphères nord et sud du Soleil. En combinant les effets des vagues et en les comparant avec les données réelles du cycle du soleil, nos prévisions montrent une exactitude de 97%», a expliqué le professeur Valentina Zharkova, lors d'une présentation devant l'Assemblée nationale de l'astronomie à Llandudno, au nord du Pays de Galles.
Pour Etienne Parizot, professeur à l'université Paris Diderot et astrophysicien au laboratoire AstroParticule et Cosmologie (APC), cette découverte est à prendre avec des pincettes. «Ce nouveau modèle est intéressant puisque le groupe de scientifiques a manifestement identifié un niveau de complexité supérieur par rapport aux précédents modèles. Mais de là à prédire un petit âge glaciaire, restons prudents», commente-t-il. «L'étude du Soleil est une science complexe. L'activité magnétique a certes une incidence sur les rayons cosmiques, c'est certain. Mais est-ce que les rayons cosmiques ont une incidence sur le climat et les températures? C'est moins sûr, des expériences sont en cours à ce propos, et les résultats sont semi-concluants», explique l'astrophysicien.
Un minimum de Maunder d'ici quinze ans
Toutefois pour le groupe de scientifiques britanniques, les prochaines prévisions sont sans équivoque. «Lors du 26eme cycle, qui couvre la décennie 2030-2040, les deux vagues magnétiques seront complétement désynchronisées et cela va provoquer une réduction significative de l'activité solaire. Les deux champs magnétiques se reflèteront exactement. Il y aura un pic d'activité en même temps dans les deux hémisphères opposés (…). Nous prévoyons que cela va conduire à des propriétés d'un «minimum de Maunder», a déclaré Zharkova.
En 2014, la NASA alertait déjà sur la possibilité d'un tel phénomène mais avec beaucoup moins de certitude. Les scientifiques estimaient à 20% «la probabilité que les températures évoluent vers des ‘modifications majeures'», révélait Atlantico. «Nous allons tout droit vers des hivers très rudes, vers un mini âge de glace» confiait Richard Harrison du Rutherford Appleton Laboratory à la BBC, s'appuyant sur la nette diminution des taches solaires depuis 2011.
Le précédent «minimum de Maunder» remonte à la période de 1645 à 1715. A l'époque les hivers étaient tellement rudes que certains fleuves d'Europe, comme la Tamise ou bien la Seine, et d'Amériques avaient entièrement gelé. «Plusieurs peintures de l'époque montrent la Tamise gelée», raconte Etienne Parizot et ajoute: «Pendant plusieurs décennies les températures ont été plus froides que la moyenne». En France durant cette période, les températures pouvaient descendre jusqu'à -25°C.

La réflexion du jour

Rappelez-vous : le mieux est l’ennemi du bien. La recherche de la perfection, loin d’aider à atteindre le but, nuit. Parfois, je regarde certains écolos, et je me dis que ces gens ne veulent pas que les choses changent. Ils veulent juste montrer à quel point ils sont bons, sages et vertueux.--- Richard Martineau

28 mai, 2019

La réflexion du jour

Autrement dit, plus de dialogue nuancé, moins de crieurs d’apocalypse comme les Ferrandez, Champagne, Thunberg et autres. Ces gens nuisent plus à la cause qu’ils n’aident. Voyez le plafonnement des signatures du Pacte depuis quelques mois. --- Nicolas Lacroix

27 mai, 2019

La réflexion du jour

Les électeurs de la CAQ tiennent à voir leur gouvernement agir de façon responsable en matière d’environnement. Mais ils ne veulent pas en faire une religion. Or, les caricaturistes au flair aiguisé ont vite dépeint Dominic Champagne dans des habits d’évêque pontifiant.--- Mario Dumont

25 mai, 2019

La réflexion du jour

Appuyer l’incarnation du multiculturalisme canadien, voter pour Trudeau, c’est se jeter en bas du pont de la Confédération. Trudeau, c’est le commis-voyageur courtisant l'électeur Samsonite. Ceux qu’il prend pour des valises... À Paris comme à Lévis. --- Michel Hébert

24 mai, 2019

La réflexion du jour

Mais voilà que Dominic Champagne, toujours aussi culpabilisant et antipathique, revient à la charge avec une vidéo pour promouvoir à nouveau son Pacte mettant en vedette... des vedettes.
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 Et puis, est-ce le rôle des artistes, ces marchands de bonheur, d’ajouter à l’éco-anxiété ambiante ? Bono est devenu artistiquement moins intéressant quand il s’est mis à prêcher. --- Lise Ravary

23 mai, 2019

La réflexion du jour

Pour ceux qui ont les deux mains dedans, le fric est sans importance. Il leur appartient puisqu'il appartient à tout le monde et à personne. Pour un poste de police, un haut fonctionnaire ou un abribus, la même comédie dramatique, en reprise dans un conseil de ville près de chez vous... Michel Hébert

22 mai, 2019

Chine : la révolution Xi Jinping

Le « miracle chinois » en est-il un, si l’on tient compte de ses prémisses, à savoir la libéralisation de la production et du commerce ?

Peut-on être sinolâtre ou faut-il être sinophobe, c’est en quelque sorte la question à laquelle Éric de La Maisonneuve s’efforce de répondre dans Les défis chinois, son livre bien documenté et très agréable à lire, paru en mars aux Éditions du Rocher, qui fait le point sur son expérience et sur ce qui a été publié ces dernières années concernant la Chine. Il en trace l’évolution dans son contexte historique et formule des hypothèses dans la cadre de ses perspectives actuelles – il évoque les « défis chinois » du passé, du présent et de l’avenir.
En 1820, la Chine représentait un quart de la population mondiale et une part égale voire supérieure du produit mondial brut. En 1978, ces chiffres étaient respectivement de 20 % et 2 %. Deng Xiaoping (1904-1997), un homme de petite taille surnommé le Petit Timonier, à sa réhabilitation après la mort (1976) du Grand Timonier, Mao, formula le pari de redonner à la Chine la place qui lui revient dans le monde en 50 ans, pari gagné bien avant l’échéance : en 2018, la Chine comptait pour 18,5 % de la population mondiale et 17 % du produit mondial brut. Le retour à l’équilibre devrait se produire d’ici 2022.

L’ÉCONOMIE AVANT L’IDÉOLOGIE

Partant du principe que « peu importe qu’un chat soit blanc ou noir, s’il attrape la souris, c’est un bon chat » et que, si le socialisme consiste en un partage des richesses, encore faut-il les produire et ne suffit-il pas de s’enfermer dans l’utopie révolutionnaire, Deng accorda la priorité à l’économie par rapport à l’idéologie et il appuya sa politique sur deux autres axes, la démographie et l’urbanisation.
Après que Deng eut décommunisé l’agriculture, déclaré qu’il était glorieux de s’enrichir et invité ses compatriotes à « plonger dans la mer » (se lancer dans les échanges internationaux), l’Homme étant l’Homme – immuable dans sa nature, n’est-ce pas – les Chinois ne se contentèrent plus des « trois qui tournent » (la bicyclette, la montre, la machine à coudre), mais ils visèrent les « trois gros objets » (la télévision, le réfrigérateur, la machine à laver) et, désormais, ils aspirent aux « trois très gros objets » que sont un ordinateur, un appartement et une voiture.
Le miracle chinois en est-il un, si l’on tient compte de ses prémisses, à savoir la libéralisation de la production et du commerce ? Les sempiternelles cassandres, chagrines ou catastrophistes, eurent beau prédire que l’expérience ferait long feu, elle se poursuit ; elle est d’ailleurs condamnée à le faire. En effet, rien n’a de valeur ni d’intérêt qu’au regard du développement économique, car il oriente la politique et conditionne le maintien du Parti au pouvoir. Pourrait-il en aller autrement ailleurs, quoi qu’en pensent les éco-socialistes et autres partisans de la décroissance en Europe ?
« En adeptes historiques de la bicyclette, les Chinois savent qu’il faut pédaler pour avancer, mais aussi pour ne pas tomber, en clair que le progrès économique requiert en permanence autant de capacité d’adaptation au monde environnant que de dynamisme industriel ou commercial », écrit Éric de La Maisonneuve.
Vint Xi. L’auteur décrit comment fonctionne l’organigramme Parti-gouvernement à la tête de l’État chinois, rappelle la sujétion du gouvernement par rapport au Parti, tout en haut duquel se concentre le pouvoir, et le rôle du Parti dans le management de China Inc. La Chine n’en est pas monolithique pour autant. L’avènement de Xi Jinping ne s’est fait ni sans heurts ni sans choix.
Comme l’expose François Bougon dans son livre Dans la tête de Xi Jinping, qui fit l’objet d’une recension sur Palingénésie précédemment, le Président actuel de la Chine fut porté au pouvoir sur la base d’un programme de redressement idéologique, un cocktail de maoïsme, de confucianisme et de légisme (Han Fei, l’instigateur de cette dernière théorie, ne se faisait guère d’illusion sur le genre humain et préconisait un pouvoir autoritaire, gouvernant par la loi, dans un État fort.)
Si l’avènement de la direction chinoise actuelle s’est accompagné d’un retour en arrière idéologique et d’un rejet des valeurs humanistes de l’Occident, voire d’un anti-occidentalisme avéré, il s’est aussi, dans un bel exemple de yin yang chinois davantage épris de dualités circulaires que binaires et de mise en pratique de la métaphore de la bicyclette, assorti d’un « rêve chinois », au travers de l’initiative de la nouvelle route de la soie, la Belt and Road Initiative, censée asseoir le développement économique de la Chine et de ses partenaires et favoriser le rayonnement de la Chine dans le monde à l’heure où celle-ci est confrontée à de multiples défis internes dont le vieillissement de sa population n’est pas le moindre.
À une époque marquée par la résurgence du nationalisme et de l’illibéralisme ainsi que les diatribes du président des États-Unis à l’encontre de l’OTAN, de l’UE et de dirigeants européens, il serait mal avisé, pour Éric de La Maisonneuve, que l’Europe laisse un duopole diriger les affaires du monde et ignore les initiatives de la Chine. L’auteur voit notamment une opportunité de coopération dont tous sortiraient gagnants dans une coordination des efforts de l’Union européenne et de la Chine en Afrique. N’est-ce pas précisément là – Theo Francken l’évoquait dans Continent sans frontière – que se situe l’un des principaux « défis européens » de ce siècle ?
Les défis chinois, Éric de La Maisonneuve, 344 pages, Éditions du Rocher.

La réflexion du jour

Le prix de l’essence est une chose qui fait régulièrement rager les automobilistes québécois, mais on finit toujours par payer, car il ne semble pas y avoir moyen d’obtenir de meilleurs prix. Et si je vous disais que, parfois, les essenceries aimeraient baisser leurs prix, mais c’est le gouvernement qui les en empêche ? Ça sonne un peu fou, non ? --- Renaud Brossard

21 mai, 2019

La réflexion du jour

Mais le fait qu’on ne coordonne toujours pas les travaux fait en sorte qu’alors que j’écris ces lignes, on retrouve simultanément des travaux sur Hutchison, Parc, Saint-Urbain, Saint-Laurent et Saint-Denis, des rues toutes parallèles, transformant les déplacements en enfer, tant pour les automobilistes que pour les cyclistes et les piétons.---Félix-Antoine Jolicoeur

20 mai, 2019

La réflexion du jour

L’État veut nous protéger de la cyberhaine et de la cyberviolence. Mais qui nous protégera de la cybercensure de l’État et du délit d’opinion ? Les générations précédentes se sont battues pour que nous puissions vivre dans un État de droit. Qui se battra pour que les droits de l’État ne prennent pas le dessus ?--- Nathalie Elgrably-Lévy

18 mai, 2019

La réflexion du jour

Je note aussi que Luc Ferrandez en appelle à un leader autoritaire progressiste, et cela, sans que les médias se déchaînent contre lui. Imagine-t-on un seul instant leur réaction si quelqu’un plaidait semblablement pour un leader autoritaire souverainiste, nationaliste ou conservateur ?--- Mathieu Bock-Côté

17 mai, 2019

La réflexion du jour

Je n’aurais jamais l’idée de dire aux uns ou aux autres de faire des enfants. C’est une décision éminemment personnelle, même si sa portée collective est évidente. Mais ne pas en faire pour « sauver la planète » est une raison ubuesque, que certains demi-intellectuels relaient en croyant par là afficher leur conscience vertueuse.--- Mathieu Bock-Côté

16 mai, 2019

La réflexion du jour

Et puis, évidemment, comme si nos esprits pouvaient contenir encore quelque bouillie, il y a les fameux changements climatiques... Qui sont chez nous synonymes de mort lente, de stérilisation de masse, d'apocalyse volontaire. Il faut donc lutter, d'abord avec la salive des experts autoproclamés et les profs improvisés de l'Union des artistes... Michel Hébert

15 mai, 2019

L’écologisme politique ne peut être solidaire, ni démocratique

Sommes-nous en train de voir l’écologie glisser vers l’écologisme et ses méthodes peu avouables ?

L’écologie est une science éminemment utile et respectable. Elle a pour objet d’étudier les interactions entre sujets dans un environnement (au sens large) défini par des considérations géographiques (c’est le cas pour l’étude des environnements dits naturels, les plus discutés, ou des études régionales technico économiques) ou des considérations purement immatérielles (écologie des intellectuels, de la classe bourgeoise des grandes villes…).
Une pseudo-science idéologique s’est greffée sur cette vraie science. Elle a pour base un dogme catastrophiste : avec notre progrès technique, et notre mode de vie, nous conduisons l’humanité à la catastrophe par l’épuisement des ressources et le dérèglement climatique. Nous le nommerons écologisme.
L’histoire montre pourtant que le progrès technique a toujours triomphé des impasses dans lesquelles il était censé mener l’humanité en croissance. L’invention du propulseur a permis de nourrir une population croissante de chasseurs, l’invention de l’agriculture a encore augmenté la disponibilité de la nourriture, l’esclavage, force motrice et limite de l’industrie manufacturière, a pris fin avec la machine à vapeur, l’épuisement des forêts a été stoppé par l’arrivée des combustibles fossiles, l’agriculture moderne quintuple les rendements… et l’accession à la prospérité fait chuter la natalité. En outre, pour tous ces bouleversements, il n’y a pas eu vraiment de transition. Ils sont survenus sans avoir été prédits ou anticipés.

VERS UN MONDE (ENCORE) MEILLEUR

D’après l’ONU, même s’il y a encore des situations intolérables pour certains habitants de cette planète, tous les clignotants sont au vert. Voici l’état des objectifs suivis par l’ONU en 2015 :
Objectif 1 : Éliminer l’extrême pauvreté et la faim 
En 1990, près de la moitié de la population des pays en développement vivait avec moins de 1,25 dollar par jour. En 2015, cette proportion est tombée à 14 %.
La proportion de personnes sous-alimentées dans les régions en développement est passée de 23 % en 1990 à 13 % en 2015.
 Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous 
Le nombre d’enfants non scolarisés en âge de fréquenter l’école primaire est passé de 100 millions en 2000 à 57 millions en 2015
Le taux d’alphabétisation des jeunes est passé de 83 % en 1990 à 91 % en 2015.
 Objectif 3 : Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes 
Dans leur ensemble, les régions en développement ont atteint la cible consistant à éliminer la disparité entre les sexes dans l’enseignement primaire, secondaire et supérieur.
En Asie du sud, par exemple, en 1990, 74 filles allaient à l’école primaire pour 100 garçons. Aujourd’hui, 103 filles sont scolarisées pour 100 garçons.
 Objectif 4 : Réduire la mortalité des enfants de moins de cinq ans 
Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans dans le monde a diminué de plus de moitié, passant de 90 à 43 décès pour 1 000 naissances entre 1990 et 2015.
84 % des enfants dans le monde ont reçu au moins une dose de vaccin contre la rougeole en 2013, contre 73 % en 2000.
 Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle 
Depuis 1990, le taux de mortalité maternelle a diminué de 45 % dans le monde.
En 2014, plus de 71 % des naissances dans le monde ont été assistées par un personnel soignant qualifié, en augmentation par rapport à 59 % en 1990.
 Objectif 6 : Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies 
Depuis 2000, les nouvelles infections au VIH ont chuté de 40 %, passant de 3,5 à 2,1 millions de cas.
Entre 2004 et 2014, 900 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide ont été livrées aux pays d’Afrique subsaharienne où le paludisme est endémique.
 Objectif 7 : Assurer un environnement durable 
1,9 milliard de personnes supplémentaires ont l’eau potable courante depuis 1990.
Les substances appauvrissant la couche d’ozone ont été pratiquement toutes éliminées depuis 1990, et la couche d’ozone devrait se reconstituer d’ici au milieu du siècle.
Mais l’accès aux connaissances et à la méthode scientifique pour le plus grand nombre a sonné le glas des croyances traditionnelles telles que les religions parmi certaines catégories (les plus dynamiques) de la population. Paradoxalement, il s’en est suivi une perte de sens pour une partie des Terriens, généralement appartenant aux classes moyennes et aisées des pays développés. L’esprit humain a horreur du vide. Aux peurs millénaristes orchestrées de tous temps par les chamanes et les prêtres se succèdent des peurs « scientifiquement établies ». Le Pape François a bien compris le danger pour son Église : il prend le train en marche avec application.
Le climat, la pluie ont toujours été un thème de prédilection des autorités religieuses, car la nourriture en dépendait. Dans l’Ancien testament judéo chrétien, l’histoire de Noé est emblématique : après la submersion des terres émergées, un sauveur est désigné, à qui Dieu demande de préserver la biodiversité, sans assurer sa propre descendance, car l’Homme s’est montré néfaste pour la Création. Cela nous rappelle quelque chose.

ÉCOLOGISME, UNE SOBRIÉTÉ HEUREUSE ET INCLUSIVE ?

Le point de départ de l’écologisme, et donc de l’écologie politique, est la catastrophe finale, inéluctable, vers laquelle nous projettent nos modes de vie et qui met en danger les générations futures. Il appelle à une transition vers une autre société, laquelle n’est jamais bien décrite elle-même.
Ce qui pose d’ailleurs d’emblée un problème méthodologique. Comment peut-on définir une trajectoire, ou une transition, vers un but pas vraiment défini ? On entend souvent parler de sobriété heureuse…  Mas qu’est ce que cela recouvre ? Quel rôle des États ? Quelles fonctions régaliennes ? Quels financements, pour quelles redistributions ? Quelles activité abandonnées, à quel prix pour les citoyens ? Une idée de cette société nous est donnée, par exemple, dans le scenario Negawatt qu’on pourrait résumer ainsi :
Selon Negawatt, les Français de 2050 vivront frugalement. Entassés dans des appartements à petites surfaces au sein de zones à fortes densités de population, ils mangeront essentiellement des légumes, voyageront peu pour leurs loisirs et à vitesse réduite. Globalement, ils consommeront moins pour minimiser les transports de fret. Et ce sera une société de service, l’industrie ayant disparu. En dehors de leurs zones urbaines, ils iront à vélo voir la campagne française qui consistera en une immense zone d’agriculture et de sylviculture industrielle, égayée par 40 000 éoliennes, 1100 km2 de panneaux solaires, 200 à 300 centrales au gaz, 38 000 unités de méthanation, le tout relié par des milliers de km de lignes électriques et de tuyaux de gaz.
Cette société ne sera pas solidaire, car si les ressources sont artificiellement rares, ou chères, elles resteront donc accessibles seulement à quelques privilégiés. Un exemple nous est donné par la situation de la France pendant l’occupation allemande. Il y a eu de la solidarité, mais elle était marginale par rapport à l’ensemble de la population. Pourtant une partie des classes aisées s’en sortait très bien. L’affaire des Gilets jaunes est également à cet égard une incroyable démonstration de cette implacable logique : les possesseurs de Porsche Cayenne se fichent pas mal de la taxe carbone.
En 1987, le rapport Bruntland a défini le concept de développement durable (sustainable development) qui théorisait une recherche d’équilibre entre développement, contraintes sociales  et environnementales. Les écologistes radicaux ont compris le danger pour eux. Le compromis n’est pas dans leurs gènes. Conscients du caractère anti-social de leurs paradigmes, ils ont fini par imposer l’écologie solidaire ou inclusive, un concept dont le flou permet de noyer le poisson.
L’idée dominante maintenant serait d‘amener de l’inclusif (traduire : ne laissant personne sur le carreau) par le biais des progrès environnementaux. C’est évidemment un contresens : c’est par la prospérité, et l’établissement  d’une classe moyenne, qu’émergent à la fois la sensibilisation et les moyens de protéger l’environnement.

ÉCOLOGISME ET DÉMOCRATIE

Mais il y a pire. Les Gilets jaunes montrent aussi la quasi impossibilité pour un gouvernement démocratique de se sortir de ce guêpier. Il a différé l’augmentation de la taxe carbone, mais c’est le pilier de sa transition écologique. Il a différé l’augmentation de l’électricité, mais c’était elle qui devait financer cinq fois plus de solaire et trois fois plus d’éolien. Malgré l’évidence que les citoyens ne sont pas prêts à accepter ces impôts destinés à éviter des catastrophes qu’ils ne verront pas de leur vivant, on trouve encore des ministres et des parlementaires pour y revenir. Et c’est logique, dès l’instant où on accepte le dogme de la catastrophe annoncée.
C’est le philosophe Hans Jonas, dans son Principe de responsabilité qui a théorisé le sujet par un argument dramatiquement simple dès lors qu’on adopte le catastrophisme : les générations futures ne peuvent pas voter, elles ne seront donc jamais défendues dans un gouvernement démocratiquement élu.
Un autre aspect de l’éthique nouvelle de la responsabilité requise pour un avenir lointain et requise pour se justifier face à celui-ci, mérite d’être mentionné : le doute quant à la capacité d’un gouvernement représentatif de rendre justice à ces nouvelles requêtes en suivant ses principes et  procédures ordinaires…
Pour Jonas, l’accès à la sobriété ne se conçoit que sous l’égide d’une élite éclairée.
D’autres ont emboîté le pas de Hans Jonas : le club de Rome disait en 1989, dans le chapitre « Limite de la démocratie » de son rapport « Limite à la croissance » :
La démocratie n’est pas la panacée. Elle ne peut tout organiser, et ignore ses limites. On doit carrément regarder cela en face, même si cela peut sembler sacrilège… La complexité et la nature technique de nombreux problèmes actuels ne permettent pas toujours que des représentants élus prennent les bonnes décisions au bon moment… cependant, la crise du système démocratique contemporain ne doit pas servir d’excuse pour rejeter la démocratie.
La dernière phrase semble écrite à regret… Le texte insinue en fait qu’on peut se permettre quelques entorses, selon le sujet.
Nous n’en sommes pas encore là, évidemment. Quoique…
Il y a des signaux faibles :
Telle ancienne ministre déclare sur France Inter en 2015 :
Moi, je suis un grand défenseur de la liberté d’expression. Dès lors, s’il y a des gens qui ont envie d’être climatosceptiques, c’est leur affaire. Je pense quand même qu’à un moment donné du temps, il va falloir tenir un registre très précis de tous ceux qui se seront prononcés et qui auront agi dans un contexte climatosceptique, pour que, dans quelques années, ils portent la responsabilité au moins morale de ce qu’ils auront fait.
On n’en est pas encore au stade de l’obligation de porter un badge (jaune ?) si on est sur la liste. Mais c’est bien dans la ligne du nudging, ou paternalisme libertaire, préconisé déjà dans un rapport sur la « Consommation durable » de l’ex Conseil d’analyse stratégique en 2011 (maintenant France stratégie), un organisme qui dépend du Premier ministre :
Les incitations doivent être ciblées selon les comportements et l’offre à réorienter. La combinaison du signal-prix et de l’instrument réglementaire est nécessaire afin de révéler certaines externalités et imperfections de marché, tout comme les dispositifs d’éducation et d’information permettront de démarrer, généraliser et pérenniser les pratiques d’achat et d’usage durables.
Ces instruments économiques traditionnels doivent en outre s’adapter aux aspects mimétiques et d’émulation intrinsèques de la consommation, en s’appuyant sur les communautés socioculturelles, multiplicateurs d’opinion et médias communautaires, plutôt que sur les individus, afin d’atteindre une masse critique d’éco-consommateurs. Les instruments innovants, adaptés de techniques de marketing ou relevant du paternalisme libertaire, seront privilégiés.
Voilà donc les outils : renchérir le prix des produits par des taxes, interdire les produits les moins chers s’ils sont jugés moins verts, utiliser le nudging et ses principales composantes : la délation, la dénonciation publique, la manipulation par les biais cognitifs de nos instincts primaires…
La prise en compte par des structures collectives constitue en effet un levier plus efficace que le ciblage des individus. Les ménages vivent sous le regard des autres et ces relations sociales sont une incitation forte à agir…
Pour la puissance publique, la publicité est un levier puissant qui permet de toucher un large public : s’inspirer des techniques commerciales, en particulier des pratiques dites de marketing viral, est une stratégie qui peut s’avérer fructueuse…
Il serait adéquat de mettre à disposition des collectivités territoriales ou d’autres structures locales idoines une palette de nudges ou d’exemples de nudges issus d’études de cas menées par les pouvoirs publics.
Le Conseil d’Analyse Stratégique a été entendu, puisque l’État prône officiellement l’utilisation du nudging pour ses services.
Plus récemment, Novethic, organisme plus ou moins lié à l’État, a publié une étude qui définit les conditions de rester sous 1,5 degré de réchauffement. C’est une longue suite d’interdictions, de limitation des libertés, de renoncement au confort… Cela ressemble d’ailleurs étrangement aux conditions du scénario Negawatt.
Évidemment, Novethic assure que c’est juste « pour faire réagir ». Ou pour commencer à habituer le citoyen à ces idées ? Et d’abord, si c’est vraiment ce qu’il faut faire, dire que c’est inenvisageable, c’est accepter la catastrophe ? Ou est la logique ?
Ce lent glissement vers la mainmise sur notre futur par des « communautés socioculturelles, multiplicateurs d’opinion et médias communautaires » est peut- être déjà enclenché. Soyons vigilants.
L’écologie est un sujet trop sérieux pour être laissé aux écologistes.

14 mai, 2019

La réflexion du jour

Une partie inquiétante de la gauche écologiste, qui est devenue la frange hautement vocale, se dit maintenant au service de la planète, des animaux, des plantes. Et pour arriver à ses fins, elle martèle une série de messages voulant qu’il faut dompter l’être humain.--- Mario Dumont

13 mai, 2019

La réflexion du jour

Comme un bon politicien offre à la masse ce qu’elle réclame, comme elle réclame actuellement de la culpabilité et de l’auto-flagellation et comme — ultime bonus — cette culpabilité peut se monnayer et cette auto-flagellation peut rapporter gros, il était inévitable que toute une coterie d’individus peu recommandables se jetteraient sur le créneau avec avidité.--- h16

11 mai, 2019

La réflexion du jour

Et tout ce qui est vert est positif, recherché et peu critiquable. Pensez au Fonds vert. Il a fallu engloutir des fortunes de nos taxes sur l’essence avant que quelqu’un pose des questions.--- Mario Dumont

10 mai, 2019

La réflexion du jour

L’écologie radicale est devenue un refuge intellectuel pour les collectivistes qui trouvent dans la décroissance un nouveau « bien commun » à défendre pour justifier leurs pulsions planificatrices ou leurs révolutions populaires.--- IREF

09 mai, 2019

La réflexion du jour

On tente d’exagérer les conséquences des changements climatiques pour inciter la population à accepter de plus importants changements à son mode de vie dès maintenant. Ce n’est rien de moins que de la propagande et ce faux sentiment d’urgence amène trop souvent à prendre des décisions complètements irrationnelles et beaucoup trop coûteuses.--- Le minarchiste

08 mai, 2019

Le rendement inférieur de la Caisse de Dépôts est à la fois une taxe et une subvention.






Au Canada, il existe plusieurs caisses de retraite publiques, telles que la Caisse de Dépôts et Placements du Québec (CDPQ). Cependant, l’institution québécoise est différente des autres car son mandat ne consiste pas qu’à générer le meilleur rendement possible compte du risque pour les contribuables; elle doit en plus utiliser les actifs du fonds pour investir de manière à stimuler le développement économique du Québec.
Dans un billet passé, j’avais d’ailleurs publié un billet expliquant que depuis l’arrivée de Michel Sabia à la présidence, la Caisse a augmenté ses investissements dans les entreprises québécoises. Récemment, la Caisse a (malheureusement) augmenté sa position dans SNC Lavallin, atteignant maintenant 20% des actions de la compagnie et valant maintenant $1.3 milliards (voir graphique au bas du billet).
La CDPQ a aussi investi dans la division de Transports de Bombardier, laquelle n’a même pas obtenu le contrat pour le Réseau Électrique Métropolitain (REM), un nouveau système de trains de banlieues dont la CDPQ sera elle-même propriétaire… Vous avez bien lu: la CDPQ achètera des trains auprès d’un concurrent d’une entreprise dans laquelle elle a investi et qui aurait grandement bénéficié d’un tel contrat! C’est inoui…(voir ceci)
Évidemment, les investissements visant à favoriser le développement économique québécois procurent un rendement inférieur aux autres opportunités d’investissements (sinon la Caisse n’aurait pas besoin d’avoir le mandat explicite d’investir au Québec). Ce rendement inférieur constitue donc à la fois une taxe envers les contribuables et une subvention à ces entreprises.
Or, la question que je me pose est à combien se chiffre cette taxe/subvention?
Cela est difficile à évaluer car on ne peut pas vraiment encercler tous les investissements faits dans cette optique et comparer leur rendement au reste du portefeuille ou à son indice de référence. Par ailleurs, les écarts de rendements entre la CDPQ et des gestionnaires de fonds publics similaires ne peuvent pas être entièrement attribués à cette mission, car ils peuvent être causés par la malchance, des employés de plus faible compétence ou d’autres circonstances particulières.
Cependant, je me suis tout de même amusé à comparer les rendements de la CDPQ à celui de 7 autres caisses de retraites publiques canadiennes. J’ai dû exclure BCIMC car je ne trouve pas les rendements avant 2010, mais cela n’aurait pas tellement changé l’analyse.
La CDPQ est la deuxième plus grosse caisse de retraite publique au Canada avec $298.5 milliards d’actifs. La première place appartient à la caisse du gouvernement fédéral, CPPIB. La plus grosse somme appartient à l’Ontario, mais elle est divisée entre plusieurs caisses pour les enseignants (OTPP), les employés municipaux (OMERS), les travailleurs en soins de santé (HOOPP) et les autres fonctionnaires (OPB). L’Alberta a AIMCO et la Colombie-Britannique BCIMC.

CDPQ: Caisse de Dépôts et Placements du Québec, CPPIB: Canada Pension Plan Investment Board, OTPP: Ontario Teachers Pension Plan, AIMCO: Alberta Investment Management Corporation, OMERS: Ontario Municipal Employees Retirement System, HOOP: Health Care of Ontario Pension Plan, OPB: Ontario Pension Board, BCIMC: British Columbia Investment Management Corporation.
Dans le graphique suivant, on observe que la CDPQ a obtenu le pire rendement entre 2006 et 2017, soit 6.4%. Est-ce que ce rendement peut s’expliquer par un risque plus faible? Non, car l’écart-type de ses rendements est le deuxième plus élevé.
Dans le graphique suivant, on constate que si $10,000 avait été investi en 2006 dans toutes les autres caisses de retraites publiques canadiennes, il vaudrait $24,024 à la fin de 2017 comparativement à $21,012 avec la CDPQ, un écart de 14%.
Compte tenu de la taille actuelle du portefeuille de la CDPQ, cet écart de rendement équivaut à une somme de $3.4 milliards par année. Si on attribue 100% de cet écart au mandat de développement économique de la CDPQ, c’est comme si on taxait les contribuables québécois de $3.4 milliards et qu’on remettait ensuite cette somme en subventions à des entreprises.
On ne peut pas vraiment savoir si l’écart de rendement est entièrement attribuable à l’objectif de stimulation de l’économie locale de la CDPQ, ou si il est en partie attribuable à de l’incompétence ou de la malchance due aux aléas des marchés financiers.
Mais ne serait-il pas plus juste pour les contribuables que l’on fasse comme les autres provinces et le gouvernement fédéral, c’est-à-dire ne pas mêler taxe/subventions et fonds de retraite? N’y aurait-il pas plus de clarté, plus d’imputabilité et moins de risques de corruption? Je pense que la réponse à ces questions est évidente…


Prix de l’action de SNC Lavalin comparativement à l’indice S&P500.