Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry
Aucun message portant le libellé Michelle Ouimet. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Michelle Ouimet. Afficher tous les messages

17 septembre, 2012

La réflexion du jour

La Ville a la fâcheuse habitude de découper ses hausses en rondelles, comme si c'était un saucisson, et de les présenter en pièces détachées. Elle se vante de limiter ses hausses au niveau de l'inflation, mais c'est de la rhétorique. Pour le contribuable, ces contorsions ne changent rien.--- Michelle Ouimet

Le chiffre du jour : 3,4 %

Le premier réflexe est de dire: «Pas encore!» Puis, vient la résignation, le grand soupir du contribuable.

À Montréal, les taxes vont augmenter de 2,2% en 2013. L'inflation. Raisonnable. Mais, à ce chiffre, il faut ajouter 1,2% pour la taxe d'eau. Total: 3,4%. Au-delà de l'inflation.

10 septembre, 2009

Éducation : un autre plan parachuté d’en haut



Où est le progrès?
Michelle Ouimet, Cyberpresse, 10 septembre 2009

Il y avait du monde, beaucoup de monde, hier, à la conférence de presse-fleuve de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, qui dévoilait son plan de lutte contre le décrochage.

Son fameux plan. Depuis le temps qu'elle nous le promet.

Elle a pris son ton exalté pour expliquer les 13 «voies de réussite» qui forment le coeur de son plan.

«Je suis très, très touchée d'être ici ce matin», a-t-elle lancé devant une centaine de personnes réunies dans la bibliothèque de l'école secondaire Honoré-Mercier, située dans l'ouest de Montréal.

Pourquoi touchée? Allez savoir.

Treize voies de réussite pour contrer le décrochage, donc. Treize idées, petites et grandes.
Mais parlons d'abord de chiffres. La ministre était fière d'annoncer que le taux d'obtention de diplôme chez les moins de 20 ans avait grimpé de 69% en 2006 à 72% en 2007.

Un bond de trois points en un an. Prodigieux? Pas vraiment. En 1992, le ministre de l'Éducation, Michel Pagé, avait lancé un plan de lutte contre le décrochage: classes plus petites, titulariat, meilleur encadrement.

À l'époque, le taux d'obtention de diplôme était de... 72%. Il voulait le hisser de quinze points en cinq ans. En 2000, huit ans et une quarantaine de millions plus tard, le taux stagnait toujours à... 72%.

La ministre aurait dû le préciser, hier. Un peu de perspective historique n'aurait pas fait de tort. En 2002, le taux d'obtention de diplôme a dégringolé à 67%. Le retour aux 72% en 2007 est donc une victoire.

Mais la réalité, la vraie, c'est que depuis 15 ans, les écoles subissent un grand et désespérant piétinement: 72% en 1992, 72% en 2007. Où est le progrès?

Je ne veux pas vous assommer avec les statistiques, mais rappelons que ce 72% englobe l'ensemble des jeunes de moins de 20 ans. Il inclut donc tous ceux qui ont abandonné leur secondaire et terminé leurs études à l'éducation aux adultes où les exigences sont moins fortes.

Des diplômes au rabais.

Prenons les vrais chiffres, soit le nombre de jeunes qui sortent avec un diplôme après avoir passé cinq ans au secondaire. En 2005, seulement 55,8% des élèves de la province avaient obtenu leur diplôme; 54,4% en 2008. À peine un sur deux. La ministre s'est bien gardée d'en souffler mot.

Hier, Mme Courchesne a annoncé que le «taux de diplomation» des moins de 20 ans grimpera à 80% en 2020 grâce à ses 13 voies de réussite. Je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir une pensée pieuse pour tous les ministres de l'Éducation qui l'ont précédée et qui ont fixé avec enthousiasme des cibles qui n'ont jamais été atteintes.

* * *

Parlons un peu du plan de Mme Courchesne. Rien d'original, mais des mesures incontournables et nécessaires: baisser les ratios dans les classes au primaire en commençant par les milieux défavorisés. Coût: une centaine de millions par année.

Ajout de 200 «enseignants-ressources» au secondaire. Coût: 11 millions par année.
Création d'un fonds pour le développement des jeunes. But: aider les enfants d'âge préscolaire qui viennent de milieux défavorisés. Coût: 400 millions sur 10 ans. Quelles mesures seront adoptées avec tous ces millions? Impossible d'obtenir des réponses claires. Le fonds est entouré d'un flou artistique.

La ministre a aussi annoncé la création d'un comité de vigie qui sera formé de tout le monde et son père, y compris des élus municipaux. Un comité de gérants d'estrade, comme s'il n'y avait pas déjà assez de monde dans la grande galère de l'école. Leur mandat: suivre l'évolution des taux de réussite, analyser des moyens d'intervention et proposer des ajustements. Misère.
Mme Courchesne a parlé de contrôles fréquents. Elle veut s'assurer que l'argent sera bien dépensé. Un but honorable. Le problème, c'est que les directeurs d'école vont être englués dans une bureaucratie tatillonne.

Hier, la présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Chantal Longpré, était dans tous ses états. Elle en avait quasiment les larmes aux yeux. Les directeurs d'école sont débordés, ils doivent rendre des comptes pour chaque sou dépensé. «À chaque nouveau programme, on est enterrés sous la paperasse, a-t-elle dit. Et là, on nous en rajoute.»

Au total, le gouvernement injectera une centaine de millions en 2010 et en 2011, puis 160 millions par année à partir de 2012. Cap sur 2020 et la cible de 80%.

En 2020, Mme Courchesne ne sera plus là. Ce sera à son tour d'avoir une pensée pieuse pour le ministre de l'Éducation qui annoncera de nouvelles cibles.

20 février, 2009

Nous sommes tous au service du système

Le transport en commun souffre exactement des mêmes problèmes que tous les monopoles gouvernementaux d’ici et d’ailleurs : inefficacité, coûts élevés, mauvaise qualité du service.

Pourquoi?

C’est bien simple, les monopoles d’État sont gérés par des bureaucrates ineptes pris en sandwich entre les syndicats et les politiciens. Ces systèmes ne sont pas là pour servir les usagers, bien au contraire :


  • Les malades servent le système de santé;

  • Les petits bouts de choux servent le système de garderie;

  • Les élèves servent le système d’éducation;

  • Les laissés pour compte servent le système de services sociaux;

  • Les multi-poqués servent la DPJ;

  • Les usagers servent le système de transport en commun;

  • Les accidentés servent la CSST;

  • Etc.

Alors, lorsqu’un chroniqueur feigne d’être surpris de l’inefficacité des monopoles d’État, ça me surprend.
_________

Les élus ou les technocrates

Michelle Ouimet, La Presse, 17 février 2009


Montréal est surgouverné. Les structures s'empilent: 19 arrondissements, une ville centrale, 15 municipalités défusionnées et un conseil d'agglomération qui coiffe tout ce beau monde qui vit sur l'île.


À cette orgie de strates, il faut ajouter une autre couche: la Communauté métropolitaine (CMM) créée en 2001 dans la foulée des fusions. La CMM gère les dossiers qui touchent les 82 villes de la grande région de Montréal, de Mirabel à Mont-Saint-Hilaire.

Les transports en commun souffrent de la même enflure: Laval, Montréal et Longueuil ont des sociétés de transport (STL, STM, RTL) et les villes de banlieue ont des conseils intermunicipaux de transport. L'Agence métropolitaine (AMT) chapeaute le tout. La CMM, qui couvre, en gros, le même territoire, s'occupe aussi de transport, mais son mandat est vague, dilué.


Le vrai patron, c'est l'AMT.


Surgouvernés, les transports en commun? You bet! Un exemple, un seul, souligne à gros traits la paralysie qu'engendre ce millefeuille de structures: la voie réservée sur Pie-IX.


Oh, le beau dossier! Simple en apparence: tracer une voie réservée sur le boulevard pour que les autobus circulent rapidement. Mais compliqué en diable parce que trop d'intervenants y mettent leur nez, soit l'AMT, la STM, la Ville de Montréal et quatre de ses arrondissements, dont celui du très actif André Lavallée, vice-président du comité exécutif et responsable du transport. Car Pie-IX passe dans SON arrondissement, pour ne pas dire son royaume.


Qu'est-ce que l'AMT vient faire là-dedans? Pie-IX est considérée comme une artère métropolitaine. Elle tombe donc sous sa juridiction. Mais l'AMT doit s'entendre avec Montréal.


La voie réservée a été fermée en 2002 à la suite de la mort de deux piétons. Question: comment la rouvrir de façon sécuritaire? Sept ans plus tard, la question est toujours pendante.


L'AMT a fait faire 11 scénarios. La Ville a opté pour le plus cher. Après tout, ce n'est pas elle qui paie, mais Québec. Pourquoi se contenter d'une petite voie chenue, alors qu'elle pourrait avoir la totale? Le problème, c'est qu'il faudrait couper des arbres - beaucoup d'arbres - dans Hochelaga-Maisonneuve. Alors parle, parle, chicane, chicane et toujours pas de solution en vue.


La ministre des Transports, Julie Boulet, s'est choquée hier. Vous vous entendez, a-t-elle dit en substance, ou, en juin, je vous impose une solution.


L'AMT est une créature de Québec gérée majoritairement par des technocrates. La CMM, elle, est dirigée par des élus. L'AMT veille sur les milliards que Québec investit dans les transports en commun. Les élus digèrent mal l'idée d'être à la merci des technocrates.


Qui doit s'occuper du transport, la CMM? Pas sûr.


La CMM est un lobby de maires qui ont trop souvent le nez collé sur leur nombril et leur porte-monnaie. Lorsque le dossier du transport atterrit sur leur table, les élus ont deux idées en tête: est-ce que je peux attirer le projet dans ma cour et comment puis-je réduire ma contribution?


Pour la vision régionale, on peut repasser.


L'AMT étudie les besoins de la région et établit une liste de priorités: un tramway ici, une voie réservée là, des trains de banlieue là-bas, etc. Bien sûr, elle consulte, mais ultimement, c'est elle qui décide.


Le maire de Montréal veut un tramway qui traversera le Vieux-Montréal? L'AMT trouve que c'est une mauvaise idée. Le tramway se retrouve donc à la fin de sa liste. Comme c'est Québec qui paie et que l'AMT est le bras de Québec, le maire de Montréal aura son tramway dans la semaine des quatre jeudis.


C'est donc le président de l'AMT, Joël Gauthier, qui tranche. Un non-élu. Pire, une nomination politique. Avant d'atterrir à l'AMT, Joël Gauthier était directeur général du Parti libéral du Québec.


Pas étonnant que les maires rêvent de mettre le grappin sur l'AMT. La CMM est prête à l'avaler. Les élus pourraient enfin contrôler la créature et avec elle, les milliards de Québec.


Les élus peuvent-ils faire le travail à la place de l'AMT? Pourront-ils s'entendre? Pas sûr. Le seul fait d'armes de la CMM a été la création d'un logo à 687 000$. Bien peu de gens connaissent cette bibitte à 82 têtes.


Au tournant des années 1990, le gouvernement a créé le Conseil métropolitain de transport en commun (CMTC), un regroupement d'élus chargé de gérer les dossiers régionaux. Mais le CMTC s'est vite enlisé dans les chicanes. En 1996, le gouvernement l'a remplacé par une agence dirigée par des non-élus, l'AMT. Cinq ans plus tard naissait la CMM.


Aujourd'hui, la CMM et l'AMT se pilent sur les pieds. Les élus se méfient des technocrates. Et vice-versa. Alors, je pose la question: l'AMT doit-elle bosser tout le monde? Les élus sont-ils mieux placés?


Aucune idée. Une chose est certaine: la structure actuelle ne fonctionne pas.

18 février, 2009

École : réponse de Joseph Facal à Mme Ouimet

Pour les bien-pensants de la gogauche québécoise il faut démolir l’école privée parce qu’elle fait ombrage à l’école publique. Jamais ils ne leur viendraient à l’esprit de l’encourager pour le plus grand bien de l’ensemble de la population. Pour eux le principe d’égalité est un dogme qui ne doit pas être remis en question. S’il faut être médiocre pour y arriver, qu’il en soit ainsi.
______________

Fausse route, faux débat
Joseph Facal, 16/02/2009 09h52

Le décrochage scolaire continue à augmenter. La vieille proposition de couper les subventions aux écoles privées relève donc la tête. Si seulement c'était si simple.

Quand une école se vide, c'est que les parents ne lui font plus confiance. C'est ce qui arrive à plusieurs écoles publiques. Alors, que faire? Regagner la confiance des parents en leur offrant ce qu'ils veulent?

Bien sûr que non. Pour stopper l'hémorragie, on y retiendra captifs enfants et parents en mettant l'école privée à un prix que seuls les riches pourront se payer. Une vraie mesure «progressiste» comme on les aime au Québec

CHOISIR

Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Précisément parce qu'elle est subventionnée, l'école privée coûte autour de 4 000 $ par année par enfant. C'est accessible à la plupart des gens, pour peu qu'ils se disent qu'une auto de 16 000 $ roule aussi bien qu'une autre de 20 000 $, ou qu'un écran plat n'est pas indispensable.

Un carton de cigarettes Players coûte 66,99 $ avant taxes. Question de valeurs, j'imagine.

Il est vrai que l'école privée sélectionne. Mais elle sélectionne sur la base du mérite scolaire des enfants et non du portefeuille des parents. Qu'on puisse lui imposer d'autres exigences, ça se discute.

Mais coupez les subventions aux écoles privées et qu'arrivera-t-il? Elles devront exiger des frais à la hauteur du coût réel de la formation. Les parents qui n'en auront plus les moyens devront renvoyer leurs enfants dans le secteur public, qui verra ses coûts augmenter. Et nombre d'écoles privées fermeront, faute de clientèle.

Les écoles privées restantes seraient réservées non plus aux enfants talentueux, d'où qu'ils viennent, mais à ceux, quel que soit leur talent, dont les parents en auraient les moyens. Est-ce ce qu'on veut?

La fin des subventions signifierait que, même si un enfant travaille fort, il n'aura plus accès à l'institution de son choix si ses parents n'en ont pas les moyens. Lamentable.

Mais rien n'est simple. Comment expliquer qu'il y a des écoles publiques de grande qualité? Comment expliquer qu'il y en a qui font des bonds de deux cents places dans ces classements qu'on dénonce, mais que tout le monde consulte?

Et où sont les preuves que la performance d'un élève en difficulté s'améliore parce qu'on le force à coexister avec un autre qui réussit sans problème?

LUTTER

Dans les écoles publiques qui réussissent, que trouve-t-on invariablement? Des directeurs à poigne, de la discipline, des enseignants qui aiment leur métier, des parents qui s'occupent de leurs enfants.

Comme par hasard, on y livre souvent un combat quotidien contre les conventions collectives à la soviétique, la bêtise de certaines décisions des commissions scolaires et les théories fumeuses des intégristes de la psychopédagogie. Le cas de l'école Louis-Riel, située dans un quartier difficile, est demeuré célèbre.

Tout le Québec d'aujourd'hui est dans ce débat. Chez nous, le réflexe premier est toujours de penser que pour aider les uns, il faut forcément réduire la liberté des autres. Moins fatigant, n'est-ce pas?

Mes propres enfants fréquentent l'école primaire au coin de la rue, et j'en suis fort satisfait. Elle est publique.

15 novembre, 2008

Le monde kafkaïen du Montréal Métropolitain

L’œuvre de l'écrivain tchèque de langue allemande, Franz Kafka dépeint les difficultés des relations humaines et l'angoisse face au monde mécanique. Aujourd'hui, l'adjectif "kafkaïen" s'applique à une situation angoissante à force d'absurdité.

Dans la grande région de Montréal les couches superposées de politiciens et de bureaucrates condamnent la région à l’inefficacité : Le ministère des Affaires municipale, la Communauté métropolitaine de Montréal, le Conseil d’agglomération, le Secrétariat d’agglomération, la ville de Montréal et finalement les villes défusionnées.

Toutes les décisions sont centralisées au ministère et exécutées par les villes. Les organismes intermédiaires ne servent qu’à favoriser l’interventionnisme des politiciens et à créer des emplois de fonctionnaire aussi inutiles que nuisibles.

J’espère qu’un jour l’ENAP, l’IÉDM ou l’Institut Fraser se donneront la peine de comparer la performance de Montréal à d’autres agglomérations nord-américaine.
___________

Publié le 29 octobre 2008 à 07h02 Mis à jour à 07h03

Un grand pas pour l'humanité municipale
Michelle Ouimet

En plus d'être surgouverné, Montréal est désormais «surlogoïsé». La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) vient d'adopter un logo - un machin multicolore à cinq bosses qui a la forme d'un M - et une devise: Le Grand Montréal, l'espace pour se réaliser.

Coût: 687 000$.

Première question: la Communauté quoi? La Communauté métropolitaine, une structure politique qui chapeaute les 82 villes de l'île de Montréal, de la Rive-Sud et de la couronne nord.

Toutes ces villes, ou presque, ont déjà un logo. La CMM voulait le sien. Elle y tenait mordicus. Elle a donc mis le paquet.

Deux ans de travail ponctués de séances de remue-méninges, de groupes de discussions, de sondages, de consultations auprès des Gilbert Rozon et autres Normand Legault de ce monde, sans oublier un comité de pilotage et l'embauche de firmes. Firmes au pluriel. Quatre, pour être précis.

La totale, quoi. Pas étonnant que la facture soit si salée.

La CMM a d'abord commandé une étude: faut-il un slogan? Vaste question qu'une entreprise privée a explorée. Réponse: oui. Coût: 87 000$.

Deuxième étape: trouver un logo et une devise. Trois firmes ont planché là-dessus. Facture: 400 000$.

Troisième défi, qui se déroulera en 2009: «développer une stratégie pour la promotion du logo».

Budget alloué: 200 000$.

Grand total: 687 000$.

Une petite fortune. Indécente quand on pense à la récession qui plane sur le pays.
Mais le directeur général de la CMM, Massimo Iezzoni, insiste. C'est important. Très important. Archi important.

- C'est un grand pas pour l'humanité, a-t-il lancé.

- Ce n'est pas un peu fort? lui ai-je dit.

- Disons pour l'humanité municipale, a-t-il corrigé.

D'autres villes ont développé un «branding» régional, a précisé M. Iezzoni: Lyon, Amsterdam, Toronto, Barcelone, Berlin.

C'est vrai. Mais Lyon est resté sobre. Son logo - ONLY LYON - a coûté 40 000 euros, soit environ 60 000$. Dix fois moins cher que Montréal. Faut croire que l'humanité lyonnaise est plus économe.

Le problème, c'est que Laval, la deuxième ville de la CMM avec ses 380 000 habitants, lève le nez sur le logo.

Le maire Gilles Vaillancourt reste poli et son attachée de presse, Amélie Cliche, pèse ses mots. «Laval ne prévoit pas utiliser le logo, a-t-elle dit. On en a déjà un.»

Ah bon.

Pourquoi, alors, M. Vaillancourt a-t-il voté en faveur d'un logo à 687 000$? Mme Cliche a répondu, dans un autre élan d'enthousiasme: «Il n'a pas voté contre.»

Nuance.

Même réaction mitigée chez Claude Gladu, maire de Longueuil, troisième ville de la CMM. «On a déjà notre logo», a expliqué le porte-parole de M. Gladu, Jean Rossignol.

Confronté au manque d'enthousiasme de ses collègues, M. Iezzoni a défendu son bébé. Lorsque les gens de la CMM iront à l'étranger, a-t-il souligné, ils auront leur logo et leur devise.

La réalité municipale est composée de deux couches, a-t-il ajouté, la locale et l'internationale.

À chacun son logo.

La CMM fait partie des innombrables structures qui encombrent le paysage montréalais. L'île, à elle seule, comprend Montréal, avec ses 19 arrondissements, et 15 villes défusionnées. Chaque entité, incluant les arrondissements, a un conseil où siègent des élus.

Pour coiffer l'île, une structure: le Conseil d'agglomération. Pour chapeauter l'île, la Rive-Sud et la couronne nord, la mère de toutes les structures: la Communauté métropolitaine de Montréal.
Et je vous fais grâce des 14 MRC, de l'Agence métropolitaine du transport et des sept conférences régionales des élus qui couvrent en tout ou en partie le territoire de la CMM.

Pour aller avec ces structures superposées, des logos superposés. Faut être cohérent.

11 septembre, 2008

Éducation : pourquoi ne pas imiter la Suède?

Une chroniqueuse chevronné comme Michèle Ouimet n’a pas pu écrire une telle énormité : « Que fait-on des généreuses subventions au privé qui vampirisent l'école publique? » (Voir le texte ci-après)

Mais comment peut-on prétendre que l’école privée vampirise l’école publique? L’école privée comble un besoin que l’école publique est incapable de satisfaire. À qualité égale tous les parents enverraient leurs enfants à l’école publique. C’est d’une teIle évidence qu’on n’a pas besoin d’un diplôme en physique nucléaire ou en journalisme pour comprendre cela!!

La plupart des parents doivent faire d’énormes sacrifices pour envoyer leurs enfants à l’école privée. Malheureusement, beaucoup de parent sont trop pauvres pour payer l’école privée à leurs enfants. C’est injuste pour ces enfants, qui mériteraient certainement mieux. Toutefois, réduire la contribution gouvernementale aux écoles privées, comme le suggère la question de Mme Ouimet, ne ferait qu’imposer cette injustice à un plus grand nombre de parent.

Comme le dit si bien Jacques Parizeau : « Ce n’est plus de ressources ni d’argent qu’il s’agit aujourd’hui, c’est à l’effondrement d’un système auquel nous assistons. »

Malgré les promesses de changement qui se succèdent depuis vingt ans, le système d’éducation continue à se détériorer. C’est le propre de tout monopole, à plus forte raison un monopole d’État, de se complaire dans la médiocrité et de refuser d’évoluer. Seule une menace externe peut amener un tel système à évoluer ou de préférence à disparaître.

L’école privée est la seule menace à laquelle doit faire face l’école publique. De grâce, il ne faut surtout pas diminuer cette menace, il faut plutôt la renforcer. Pour ce faire, il suffirait de financer également les deux catégories d’école. En contrepartie, les écoles privées seraient tenues d’accepter tous les élèves sans discrimination.

Ce simple changement abolirait le débat « privé-public » en faveur d’une saine compétition entre les écoles. Les écoles inefficaces, publiques et privées, seraient menacées de disparaître au profit des écoles plus performantes. Ainsi l’ensemble du système d’éducation s’améliorerait au fil des ans. Si ce système est bon pour la Suède, pourquoi ne le serait-il pas pour le Québec?

________

Le mercredi 10 septembre 2008

«J'suis pas fâchée!»

Michèle Ouimet

La Presse

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, est une émotive. J'ai passé une heure dans son bureau de Montréal, jeudi. Une pièce magnifique aux fenêtres panoramiques offrant une vue époustouflante sur le fleuve.

L'entrevue se déroulait calmement. Mme Courchesne causait réforme, compétences transversales, sondages, drogue, violence.

L'entrevue a dérapé lorsque la question des subventions à l'école privée est arrivée comme une bombe. «Il faut revaloriser l'école publique», a affirmé Mme Courchesne.

Des mots creux qui ne veulent rien dire. Valoriser, je veux bien, mais comment? Combien de ministres ont «valorisé» l'école publique à coups de projets «tellement formidables» ? Résultat? Nul. La saignée se poursuit. Les parents fuient l'école secondaire publique et refusent d'y envoyer leur ado.

Les chiffres sont renversants. Dans certaines régions du Québec, un élève sur trois fréquente une école secondaire privée. Un sur trois, c'est énorme. Ce sont souvent les élèves doués qui se dirigent vers le privé. Le public, lui, se retrouve avec les cas lourds. Le privé s'en lave les mains. Le gouvernement aussi, même s'il prétend le contraire.

Les chiffres enflent, explosent. En 1975, à peine un élève sur dix fréquentait une école secondaire privée. Aujourd'hui, c'est un sur trois. À quand un sur deux?

Sans oublier les écoles publiques à vocation particulière, qui drainent environ 20% des élèves. L'école ordinaire est à bout de souffle, lourdement pénalisée par ce double écrémage.

«Valoriser», répétait Mme Courchesne. Facile à dire. Le gouvernement tire allègrement sur l'école publique en subventionnant le privé à 60%.

«Avez-vous envoyé vos enfants à l'école publique?» ai-je demandé à la ministre.

Non, a-t-elle répondu.

Tiens, tiens.

Mme Courchesne a deux garçons. Aujourd'hui, ils ont 22 et 24 ans. Ils ont fréquenté une école privée au secondaire. Le plus vieux a toutefois fait ses deux dernières années dans une école publique à vocation particulière qui offrait un programme sport-études.

«Ils sont allés au privé parce qu'ils étaient pensionnaires et que j'étais sous-ministre. Je n'avais pas les moyens d'avoir une nounou qui coûtait une fortune, alors faites attention!» a-t-elle lancé d'une voix aiguë.

Puis elle a enchaîné sur l'école Jeanne-Mance, située dans le Plateau-Mont-Royal. Elle en a fait une description apocalyptique. «Une des écoles les plus difficiles de Montréal», a-t-elle souligné.

- Le Plateau a changé, la population s'est embourgeoisée. Les parents boudent Jeanne-Mance, a expliqué la ministre.

- Ont-ils tort?

- Quand tu vois des graffitis et de la drogue au coin de la rue, c'est sûr que ça fait peur aux parents. Pourtant, dans cette école, il y a un projet fantastique. Un prof de judo fait des miracles avec des jeunes très rock'n'roll.

- Vous enverriez votre garçon à Jeanne-Mance? lui ai-je demandé.

Mme Courchesne n'a pas répondu.

Les parents doivent faire confiance au public, a-t-elle insisté. Des mots. Elle est la première à lui tourner le dos.

Que fait-on des généreuses subventions au privé qui vampirisent l'école publique? On continue et on se met joyeusement la tête dans le sable?

La ministre reconnaît que la crise de confiance envers le public existe, mais il est hors de question de couper les vivres au privé.

«Pensez-vous vraiment que le gouvernement va se lever un matin et dire c'est fini? a affirmé la ministre en roulant des yeux.

- C'est un tabou?

- Énorme.

- Pourquoi? Parce que les ministres et les députés envoient leurs enfants au privé?

- Si on ne subventionnait pas le privé à 60%, on enlèverait cette capacité aux familles québécoises de choisir librement», a-t-elle tranché.

La discussion s'est ensuite égarée sur le rôle des commissions scolaires dans la «valorisation» de l'école publique. La ministre s'est énervée et a monté le ton. Elle a de nouveau justifié le choix de l'école privée pour ses enfants. Lorsque le chapitre privé-public a été clos, elle avait les larmes aux yeux.

Émotive.

«J'suis pas fâchée, j'suis pas fâchée, a-t-elle protesté. Je parle avec fougue et passion.»

La ministre a la mèche courte. En août, elle a débarqué dans le bureau d'une journaliste à la tribune de
 La Presse, à Québec, pour l'engueuler sur le choix d'un mot dans un article. Elle la montrait du doigt et parlait fort. Du jamais vu.

Les journalistes de la tribune ont envoyé une lettre officielle au bureau du premier ministre Jean Charest pour se plaindre de Mme Courchesne. Intimidation, ont-ils dit.

Ce n'est pas en s'énervant que les problèmes de l'école publique vont se régler. Encore moins en embauchant des profs de judo, aussi formidables soient-ils.

 

22 mars, 2008

La politique n’est pas un conte de fée!

Bientôt ce sera le troisième anniversaire des défusions. Les conséquences de ce gâchis dépassent l’entendement : des centaines de millions de dépenses inutiles, un immobilisme glaciaire, détérioration des services, etc. Le déneigement, ou plutôt le non-déneigement, des rues et trottoirs de Montréal est le dernier exemple du fiasco créé par les fusions/défusions.

Montréal glisse lentement, mais non moins surement, vers le peloton de queue des grandes villes nord-américaines. Toutefois, la ministre Normandeau persiste à ignorer le problème en espérant qu’il va disparaître. Pourtant, elle devrait savoir que c'est seulement dans les contes de fée que les choses s'arrangent par enchantement.
____________

Le jeudi 20 mars 2008
L'intendant de Montréal
Michèle Ouimet
La Presse

Même le maire de Montréal le reconnaît: les rues et les trottoirs de la ville sont mal déneigés.

Dix jours après la tempête, les Montréalais valsent toujours sur des trottoirs gelés et s'embourbent dans des rues à l'allure déconcertante: un tas de neige au centre, encadré par des ornières glacées.

Du jamais vu.

Pourtant, Montréal est une ville nordique. Et qui dit nord dit neige, non? Le déneigement devrait donc faire partie des compétences de base de la Ville.

Pourquoi Montréal patauge-t-il dans un tel bordel depuis 10 jours? Après tout, la ville n'a reçu que 26 centimètres de neige. Avec des gros vents, oui, oui, je sais, mais on est loin des 50 centimètres de 1971.

Le maire Gérald Tremblay a une longue liste de réponses qui sent la justification à plein nez. Je l'ai rencontré à l'hôtel de ville, hier. La chenillette et la souffleuse n'ont pas de secret pour lui et il cause déneigement avec passion.

L'équipement est désuet, a-t-il expliqué. Les bris sont fréquents. Les dépôts de neige sont archipleins, les camions doivent parfois attendre une heure avant de décharger leur cargaison. Les bancs de neige à la carrière Francon, par exemple, atteignent 70 mètres de haut.

La Ville ne sait plus où mettre la neige. Elle n'a pas le droit de la déverser dans le fleuve.

C'est vrai, le maire a raison. La ville compte 4100 kilomètres de rues, soit l'équivalent de la distance entre Montréal et Vancouver. Pas facile à déneiger. Mais 10 jours! Soyons sérieux. En veine de confidences, Gérald Tremblay a ajouté qu'il a pelleté son toit trois fois et qu'il déblaie son entrée à 4h du matin.

Mais l'énergique maire n'a pas de pouvoir, sauf celui d'enlever la neige devant son portique. Il ne peut même pas demander aux cols bleus de déblayer le trottoir en face de l'hôtel de ville, car le déneigement fait partie des compétences des arrondissements. Et il y en a 19 avec, à leur tête, des maires qui ont plus de pouvoir que Gérald Tremblay dans leur champ de compétence.

Ce sont eux qui décident du rythme du déneigement, des priorités et des budgets alloués. Gérald Tremblay n'a pas un mot à dire. Il peut suggérer, proposer, discuter. Mais décider? Non. Ainsi va la Ville charcutée au cours de l'opération défusion menée par le premier ministre Jean Charest.

Montréal est une ville à 19 vitesses, éclatée en 19 arrondissements, 19 royaumes. Elle est ingouvernable et «indéneigeable».

Le maire le reconnaît. «Je ne peux pas imposer des pratiques à un arrondissement», a-t-il dit.

Il a toutefois mis sur pied une «cellule d'intervention pour la neige» et il a l'intention de faire une autopsie de la dernière tempête. Il veut même «s'asseoir avec les arrondissements, les cols bleus, les entrepreneurs et des groupes de citoyens» pour brasser des idées et trouver des solutions originales aux problèmes de déneigement.

Bref, beaucoup de parlotte pour masquer son impuissance. Car le pouvoir, le vrai, lui échappe.

Gérald Tremblay a multiplié les demandes auprès de Québec pour qu'il modifie la charte et lui donne davantage de prise sur sa ville. Mais le gouvernement traîne les pieds et le dossier agonise sur le bureau de la ministre des Affaires municipales.

Gérald Tremblay a été très peu présent pendant les 10 jours où Montréal s'est débattu avec la neige. Il a laissé le crachoir à son frère Marcel, le grand manitou de la propreté et du déneigement. Sauf que les Montréalais veulent voir leur maire, pas son frère.

En août, lorsqu'une longue fissure a provoqué l'affaissement d'une dalle dans un passage souterrain du centre-ville, le maire s'est précipité sur les lieux. Mais la neige? Rien, ou si peu.

Pourquoi cette absence? Gérald Tremblay se défend en disant qu'il fait partie d'une équipe. «L'important, c'est que la neige soit ramassée», a-t-il tranché.

Oui, la neige est ramassée, mais avec une lenteur toute kafkaïenne. Je ne veux pas en rajouter, mais les rues de Kaboul sont en meilleur état.

À la fin de l'entrevue, le maire a fait une déclaration étonnante: «J'ai un rôle d'intendance, a-t-il dit. Je suis un intendant.»

Non, M. Tremblay, vous n'êtes pas un intendant, mais un maire. C'est pour ça que les Montréalais vous ont élu.