Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Nouvelle devise du dollar canadien : Un de perdu, dix d’empruntés. - Michel Beaudry

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04 décembre, 2010

Vingt-cinq ans de perdus

Nous avons perdu les derniers vingt-cinq ans à tergiverser et à tourner en rond.

Perdrons-nous les prochains vingt-cinq ans?

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Au même point

DONALD CHARETTE

03/12/2010 10h21

Le premier ministre Jean Charest a souligné, hier à l’Assemblée nationale, la résilience de Robert Bourassa, qui est tombé au plus bas dans l’estime populaire avant de revenir au pouvoir en 1985, en faisant élire 99 députés.

L’occasion lui a été fournie par le 25e anniversaire de l’élection du 2 décembre 1985.

Le premier ministre a rappelé les grandes réalisations de l’un de ses prédécesseurs, mais escamoté ce qui était au cœur du programme des libéraux, cette année-là : la réduction de la taille de l’État, combiné à un virage à droite assez radical.

« Dream team »

Vingt-cinq ans plus tard il est assez gênant de remarquer à quel point le Québec fait du surplace, mêmes problématiques, mêmes solutions, même immobilisme.

En 1985, le Québec sortait d’une crise économique et Bourassa l’économiste avait recruté un dream team du milieu des affaires pour repenser le gouvernement du Québec.

Le terme réingénierie n’existait pas, mais nombre de sociétés on avait entrepris des remises en question sur la place du gouvernement dans l’économie. Parmi les vedettes « économiques », il y avait Pierre Gobeil, Pierre MacDonald, Reed Scowen, André Vallerand, Pierre Fortier, des grosses pointures qui avaient accepté de quitter le milieu feutré des affaires pour donner un coup de barre jugé nécessaire dans la livraison des services publics.

Le nouveau premier ministre avait confié des ministères à ses recrues et donné des mandats précis à trois comités : l’organisation gouvernementale (Gobeil;), la déréglementation (Scowen) et la privatisation des sociétés d’État (Fortier).

Le rapport Gobeil est celui qui a fait le plus de bruit, car il proposait de fermer des ministères ou des organismes publics ou, dans la meilleure des hypothèses, de les regrouper.

Le rapport Gobeil était assez brutal et manquait, dans certains cas, de données objectives. On passait à la trappe un chapelet d'organismes comme la Régie du logement, le BAPE, les CRSSS... et on transférait les établissements culturels aux municipalités. L’analyse s’était faite à la tronçonneuse et, rapidement, Gobeil a été hérité du surnom de « La Hache » Gobeil. Tout le Québec « social » s’est mobilisé et a monté aux barricades.

Avant de tâter de la politique, Paul Gobeil dirigeait Provigo si bien que les commentateurs disaient que le Québec était passé de l’État-Providence à l’État-Provigo, amusant mais faux si on regarde la suite des choses. En fait, bien peu des recommandations ont été mises en vigueur et Bourassa, qui savait flairer le vent, a gagné du temps.

Les hommes d’affaires qui avaient accepté de servir sont rentrés dans leurs terres un à un.

Actualité

La relecture des solutions de l’époque demeure d’une actualité brûlante. Il y a 25 ans, il était question de hausser les frais de scolarité à l’université (la question sera abordée lundi prochain lors d’une rencontre à Québec avec la ministre Line Beauchamp), de privatiser des sociétés d’État qui font concurrence au privé, d’instaurer des bons d’étude pour que les parents choisissent leurs écoles, de changer le placement dans la construction, de confier au privé les petits hôpitaux, de sabrer dans les subventions aux entreprises, etc.

À deux reprises, en 1985 et 2003, les libéraux auront donc beaucoup promis et ont bien peu livré, si bien que ce terrain demeure vierge pour l’ADQ et le mouvement de François Legault.

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