
Que l’État se contente d’être juste, nous nous chargerons d’être heureux.---- Benjamin Constant
Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement
Vaut mieux en rire!
26 juin, 2009
25 juin, 2009
Le chiffre du jour : 8,5 millions
La responsabilisation sert à guider les individus
La responsabilité est le devoir de répondre de ses actes, toutes circonstances
et conséquences comprises, c’est-à-dire d'en assumer l'énonciation,
l'effectuation, et par suite la réparation voire la sanction lorsque l'obtenu
n'est pas l'attendu.
Un individu déresponsabilisé trouvera toujours le moyen de contourner les lois et règlements, légalement où non, et de se justifier moralement.
Le texte d’Emmanuel Martin à propos de la crise financière et économique illustre bien l’importance de la notion de responsabilité individuelle.
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Pragmatisme contre dogmatisme : début de la fin du néolibéralisme ?
par Emmanuel Martin, Docteur en économie, UnMondeLibre.org, 12.05.09
Dogme, credo, pensée hégémonique, le projet néolibéral est mort avec la crise financière. Il n’était qu’un mythe. L’action, le réformisme (keynésiens) viennent de triompher contre la réflexion idéologique (néolibérale). Longue vie au pragmatisme. Voilà en substance le discours de nombre d’intellectuels, résumé sans doute dans l’essai du Professeur Sandye Gloria-Palermo dans Le Monde le 7 mai dernier, dont nous empruntons ici les références sémantiques. L’économiste va plus loin et conclut avec amertume que la réaction pragmatique à la crise a préservé les institutions du capitalisme, ne permettant qu’une amorce de révolution idéologique et sonnant la fin d’un processus de questionnement du capitalisme.
Voilà donc une invitation au questionnement qui ne se refuse pas. Néolibéralisme : où est le mythe ?
Le néolibéralisme c’est d’abord l’État minimal. Aux Etats-Unis, l’État représente plus du tiers du PIB, ce qui n’est pas véritablement minimal. Des dizaines de milliers de pages de réglementations sont produites chaque année. Même chose en France par exemple, où l’État minimal, issu du néolibéralisme sarkozien sans doute, représente à peine … 54% du PIB. La redistribution ? L’État « minimal » français y consacre un peu moins d’un quart du PIB. On ne peut nier que depuis les années 80 des secteurs ont été déréglementés, mais non pas au sens d’une absence de réglementation les encadrant, mais au sens de la permission d’exercer de nouvelles activités, d’ouverture vers l’étranger etc. La finance américaine est le secteur le plus réglementé après le nucléaire et plus de 12 000 personnes à Washington travaillent à la surveillance des marchés. S’il y a bien un mythe c’est celui de la réalité de l’État minimal et du supposé néolibéralisme qui va avec.Le dogmatisme néolibéral est-il la cause de la crise ?
La crise prouverait la fiction smithienne du marché autorégulateur. Pourtant, un des vecteurs majeurs de la crise a été la politique monétaire américaine. Par définition la politique monétaire – même si elle peut subir l’influence des marchés – n’est pas « le marché ». Il n’y a pas de liberté monétaire mais au contraire un système centralisé où les taux directeurs sont décidés de manière centralisée et … pragmatique justement.
De même, la politique délibérée des autorités américaines en faveur du logement des défavorisés, à l’origine de la crise, ça n’est pas « le marché ». Le département du logement urbain par le biais des agences de refinancement hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac (près de la moitié du marché du refinancement hypothécaire) fixait des objectifs de plus en plus larges en termes de ménages défavorisés couverts par leurs privilèges pour accéder au rêve américain, au delà de tout critère rationnel de risque, par… pragmatisme.
Le marché autorégulateur suppose la responsabilité. C’est un principe incontournable qui utilise la boussole, le signal des pertes et profits. Quand un entrepreneur prend un risque et qu’il en assume les conséquences, le marché peut s’autoréguler. Il ne le peut pas lorsque les institutions permettant cette autorégulation sont absentes ou lorsque des parties importantes de l’économie sont politisées et échappent par définition au processus d’autorégulation des marchés. Les libéraux croient-ils au « marché parfait » ?
Il faut dire encore un mot de cet aspect « autorégulateur » critiqué dans un ouvrage tout récent de Michael Lainé, Le marché introuvable : critique du mythe libéral. L’auteur prétend que le libéralisme se fonde sur une vision utopique de marchés parfaits issue de Léon Walras. Or, le courant réellement libéral chez les économistes est le courant « autrichien », qui a théorisé le marché comme processus de découverte et d’apprentissage, fondé sur les essais et erreurs des participants et de leur ignorance véritable, mettant l’accent sur la centralité de l’entrepreneur et de son respect de la discipline des pertes / profits pour guider son action responsable. La critique méticuleuse de la vision walrasienne de la connaissance parfaite (vision qui légitime la connaissance parfaite du planificateur central socialiste !) est d’ailleurs l’un des apports scientifiques incontournables de cette école de pensée.
Le pragmatisme est-il la solution ?
Le pragmatisme, en matière monétaire et sociale, on l’a vu, est en réalité une cause majeure de la crise. Est-ce à dire qu’il n’y a pas de responsabilités privées ? Absolument pas. Mais justement parce que ces responsabilités privées n’ont pas été mises en jeu du fait même du pragmatisme : privatisation des bénéfices, socialisation des pertes. Encore une fois, la boussole du système autorégulateur est la responsabilité. C’est un principe. Bien sûr, le pragmatisme n’aime pas les principes. Pourtant c’est en respectant certains principes physiques qu’on bâtit une maison. Toute nouvelle tentative pragmatique empêchant que des acteurs assument réellement leur responsabilité ne fera que prolonger le désordre.
24 juin, 2009
23 juin, 2009
Règlementation sclérosante
La règlementation vise avant tout à empêcher quelque chose. Ces multiples empêchements nuisent aux vrais bâtisseurs sans empêcher les moins scrupuleux de les contourner ou même de s’en servir à leur avantage.
Dans le texte qui suit, Pierre Duhamel nous donne un autre exemple des effets pervers de la règlementation à outrance.
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L’ère numérique, version gouvernementale
2 juin 2009, 14:06:41 (Pierre Duhamel)
Un article de The Gazette ce matin montre comment la réglementation abusive peut être un frein au dynamisme économique.
L’histoire est la suivante. BlackBerry lance un concours international pour déterminer la meilleure application développée pour l’appareil. Les éditeurs de logiciels de tous les endroits du monde sont invités à participer… sauf ceux du Québec. C’est que la réglementation de la Régie québécoise des alcools des courses et des jeux fait peur au fabricant ontarien.
La Régie exige en effet un droit de regard sur les modalités de tous les concours publicitaires offerts aux Québécois. Elle lève également un droit de 10 % de la somme des prix offerts si c’est un concours tenu uniquement au Québec, de 5 % pour un concours pan canadien et de un demi de 1 % pour un concours international comme celui de BlackBerry. Cette dernière somme paraît insignifiante, mais si BlackBerry devait payer de tels droits dans chacune des provinces, États ou régions administratives des quelque 160 pays du monde, son concours lui coûterait pas mal plus cher que prévu !
À la Régie des alcools courses et jeux, on ne comprend pas les réticences de BlackBerry. Son porte-parole, Réjean Thériault, pense même que le concours ouvert aux développeurs de logiciels n’est probablement pas un «véritable concours publicitaire» et qu’il serait plutôt reconnu comme une offre de services professionnels. Lequel cas, BlackBerry n’a rien à craindre de la fonction publique québécoise.
Il n’empêche, il y a un seul endroit au monde où une entreprise de haute technologie doit se poser ce type de question et demander l’avis d’une batterie d’avocats avant de solliciter des candidatures. C’est quand même étonnant, n’est-ce pas ?
Autre aberration, celle-ci en provenance d’Ottawa. Industrie Canada a déposé fin avril une loi pour «favoriser le développement et la propagation du commerce électronique».
Et comment cette loi favorisera-t-elle le commerce électronique ? En y mettant des entraves aussi bêtes que nuisibles. On veut interdire notamment l’envoi de messages électroniques commerciaux sans consentement. Fort bien, personne n’aime les pourriels (spams). Mais comment peut-on solliciter une première fois des clients potentiels et leur demander leur consentement quand il sera strictement interdit de les rejoindre, tel que l’indique l’article 6 (1) ? Mission impossible.
Le projet de loi veut aussi empêcher l’installation de logiciels non désirés dans le cadre des activités commerciales (article 8,1). Personne n’aime les virus et autres saloperies qui pourraient être téléchargés sans notre accord. Ceci dit, plusieurs extraits visuels ne peuvent être vus que par l’intermédiaire d’applications comme Java, par exemple, qui accompagnent le clip. Cet article est beaucoup trop large et risque de nous priver de l’accès complet à plusieurs sites très fréquentés et inoffensifs.
Le Canada croule sous les lois et les règlements. Un peu d’air, vite.
Le chiffre du jour : 84 %
- 84 pour 100 sont d'accord avec l'affirmation : "Etre propriétaire d'une maison assure un sens accru de bien-être émotionnel et de sécurité".
- 85 pour 100 croient que, même si l'accession à la propriété peut signifier plus de travail et d'effort, ils préféreraient être propriétaire que locataire.
- 88 pour 100 disent qu'ils se sentiraient plus sûrs financièrement en étant propriétaire de leur propre maison.
22 juin, 2009
Les fonctionnaires (10/55)
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Une autre source de malaise pour les employés de la fonction publique est le caractère excessivement bureaucratique de l’institution. Un bon nombre d’organisations publiques et privées sont fondées sur le modèle bureaucratique, mais le problème de la fonction publique est que les traits bureaucratiques s’y trouvent exacerbés.
Les caractéristiques des bureaucraties ont été décrites par le philosophe Max Weber au début du siècle dernier. Ce sont les suivantes : système hiérarchique, spécialisation des tâches et nombreuses règles. Dans la fonction publique, la hiérarchie est lourde, la spécialisation des tâches est rigoureuse et les règles sont multiples, ce qui en fait une bureaucratie étouffante.
Cette bureaucratie est aussi fortement orientée sur elle-même, tournée vers ses propres processus et ses exigences de fonctionnement, peu soucieuse des clients et désireuse de la plus grande autonomie possible par rapport aux dirigeants politiques. Des loustics affirment que cette organisation met tellement d’efforts dans la gestion de ses ressources et la conduite de ses opérations internes que, si on l’isolait sur une île déserte, elle pourrait continuer de fonctionner comme si de rien n’était!
Son premier réflexe est d’accroître ses ressources, de prendre toujours plus d’ampleur. Tous les principaux intervenants sont d’ailleurs gagnants à ce jeu. Les ministres et les hauts dirigeants ont plus de pouvoir, les simples travailleurs, plus de chance d’avancement et les syndicats, plus de revenus provenant des cotisations de leurs membres. (p. 63 & 64)
20 juin, 2009
Les Fonctionnaires (9/55)
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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On déplore que tout le monde se méfie des autres et que tous craignent comme la peste les conséquences des décisions qui sont prises. Dans un contexte de crainte exacerbée, les fonctionnaires comprennent que la ligne de conduite la plus prudente est de refiler les décisions à l’échelon supérieur. Une autre tactique est de créer des groupes de travail et des comités pour diluer la responsabilité. On peut aussi éviter bien des problèmes en laissant traîner les choses, car le temps clarifie les enjeux et modifie les problématiques. (p. 60)
19 juin, 2009
Les Fonctionnaires (8/55)
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Être fonctionnaire comporte toutefois un côté sombre : celui de faire carrière dans une organisation névrosée et paranoïaque, c’est-à-dire où règnent l’incompréhension, la méfiance et la crainte. Cette situation découle du fait que les décisions prises aux hauts échelons le sont à partir de considérations politiques et que ces décisions semblent incompréhensibles aux personnes formées pour décider à partir de critères administratifs, économiques ou scientifiques.
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Pour les politiciens, il semble tout à fait normal et tout à fait rationnel que les décisions gouvernementales visent à satisfaire les alliés du parti au pouvoir et à permettre à ce dernier d’être réélu : c’est le fondement même du processus démocratique. La logique politique n’est cependant pas perçue comme légitime par les fonctionnaires, ni par l’opinion publique. Les politiciens et les hauts fonctionnaires doivent donc justifier leurs décisions en utilisant des arguments objectifs. La contradiction entre les paroles et les gestes ne peut passer inaperçue aux yeux de bien des fonctionnaires. (p. 57 et 58)
18 juin, 2009
La pensée magique a de nouveaux adeptes
Depuis toujours, les ....logues de tout acabit prétendent que les gouvernements représentent la solution magique à tous les problèmes de la société. Ils croient que l’État doit dépenser sans compter pour satisfaire les moindres caprices d’une population déresponsabilisée. Heureusement, généralement, les économistes et chroniqueurs financiers offrent un contrepoids à tous ces ...logues.
Malheureusement, il semble qu’au Québec, ce contrepoids est en voie de disparaître. Deux exemples récents permettent d’illustrer mon propos.
Le retour des déficits
Au cours des derniers mois, la plupart des économistes et chroniqueurs financiers ont laissé tomber les principes de bonne gestion qu’ils avaient défendus pendant des années. Tout à coup, parce que la crise économique s’annonçait difficile, il devenait raisonnable d’abandonner le principe du déficit zéro. Bien entendu, ils prenaient soin de conclure qu’il fallait rapidement revenir à une situation d’équilibre budgétaire.
C’est de la pure pensée magique. On commence seulement à réaliser l’ampleur de l’erreur qui a été commise. En quelques mois, le déficit fédéral est passé de quelques milliards à 35 milliards, à 50 milliards et ce n’est que le commencement.
Au provincial, les hypothèses budgétaires au-delà de 2010-2011 sont totalement farfelues. Comment peut-on croire que le gouvernement va soudainement mettre fin au gaspillage et reprendre le contrôle des dépenses publiques? Par quel tour de magie va-t-on réussir ce qui n’a pu être fait depuis 40 ans? C’est un autre exemple de pure pensée magique.
Avant que ce cycle de dépenses folles ne soit terminé, des centaines de milliards se seront ajoutés aux dettes des gouvernements.
Les PPP
Les PPP sont loin d’être une solution idéale au manque d’efficacité des gouvernements. Au mieux, un projet réalisé en mode PPP impose une discipline budgétaire et administrative qui permettra de compléter un projet selon l’échéancier et le budget établis. Toutefois, les projets PPP coûteront toujours beaucoup plus chers que les mêmes projets confiés à l’entreprise privée. Mais au moins on est assuré que les entreprises privées impliquées veilleront au grain.
Au pire, les fonctionnaires et les entreprises comploteront pour mieux détrousser les contribuables. Même dans cette éventualité, les contribuables en obtiendront plus pour leur argent que si les projets étaient gérés entièrement par les fonctionnaires.
Malheureusement, de plus en plus d’économistes et de chroniqueurs remettent en question le modèle PPP. Cette remise en question propose que la gestion conventionnelle est efficace lorsque les projets sont à l’abri des interférences politiques (Voir le texte de Sophie Cousineau ci-bas.). Cela aussi c’est de la pure pensée magique.
Au minimum, le mode PPP rend les interférences politiques plus difficiles et surtout plus risquées. Leurs nombres et importances sont donc portés à diminuer.
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Les PPP à la poubelle des projets passés
Sophie Cousineau, La Presse Affaires, Lundi 15 Juin 2009
La présidente du Conseil du Trésor, Monique Gagnon-Tremblay, envisage d’abandonner la formule des partenariats public-privé (PPP) pour certains de ses grands projets, comme l’échangeur Turcot et le Centre hospitalier de l’Université de Montréal, rapportait La Presse cette fin de semaine.
«Dans notre contexte économique, je suis consciente que si les avantages reliés au PPP ne sont pas au rendez-vous, le gouvernement devra prendre les décisions appropriées», a déclaré la ministre.
C’est la première fois qu’un ministre du gouvernement Charest évoque cette possibilité, une volte-face qui aurait été inconcevable à l’époque de Monique Jérôme-Forget, pour qui les PPP tenaient de la religion.
Enfin !
Les PPP ne laissent personne indifférents, suscitant appuis fervents et critiques féroces. Dans ces deux camps idéologiques, nombreux sont ceux qui voudraient imposer des solutions mur à mur, là où les circonstances imposent plutôt de faire preuve de discernement.
En cette récession, le principal avantage des PPP ne tient plus, dans la mesure où les partenaires du gouvernement sont incapables de se financer à un coût raisonnable. Nombre de gouvernements qui avaient embrasé les PPP ces dernières années doivent d’ailleurs se substituer à leurs partenaires privés et assumer leurs risques financiers. Dans le contexte, larguer le PPP tient du gros bon sens.
De plus, il est loin d’être souhaitable que le gouvernement du Québec se fasse les dents avec des projets d’une envergure et d’une complexité aussi considérables. La prudence est de mise.
La gestion conventionnelle peut fonctionner si les évaluations de coûts sont réalistes et si le gouvernement ne change pas trop souvent ses exigences en cours de route, ce qui explique en bonne partie les dépassements de coûts. À Québec de faire la démonstration de son efficacité.
17 juin, 2009
Le chiffre du jour : 84,2 %
L'IRB (www.indicedebonheur.com), dans sa dernière enquête, en donne la preuve, car le niveau de bonheur des répondants est directement proportionnel à l'influence qu'exerce la société sur nos comportements et nos agissements.
- Passablement influencés par la société IRB de 72,60
- Légèrement influencés par la société IRB de 77,10
- Pas vraiment influencés par la société IRB de 79,10
- Pas du tout influencés par la société IRB de 84,20
16 juin, 2009
Le chiffre du jour : 81 %
15 juin, 2009
Les Fonctionnaires (7/55)
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Les façons de voir des hauts fonctionnaires ressemblent peu à celles des administrateurs du secteur privé. Alors que ces derniers mesurent leur influence par rapport au chiffre d’affaires qu’ils contrôlent, au nombre d’employés sous leur direction ou à leur rémunération annuelle, le critère utilisé par les sous-ministres et les sous-ministres adjoints est la proximité d’un ministre influent. .......
Comme le sous-ministre est nommé par le premier ministre, sa loyauté est d’abords envers ce dernier, par conséquent envers la gouvernement. Son principal rôle est de servir son ministre et d’agir comme son conseiller en matière de politiques ministérielles. Sa performance est jugée par son habileté à bien faire paraître son ministre.
..........
Comme la première responsabilité du sous-ministre est de servir son ministre, la gestion du ministère passe en second. Les tâches administratives sont omniprésentes, mais les impératifs politiques prédominent en tout temps. (p. 52 et 53)
11 juin, 2009
Les Fonctionnaires (6/55)
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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....... L’administration publique s’est toutefois donné un rythme de fonctionnement auquel elle n’aime pas déroger. Ce rythme peut être jugé lent et même léthargique, mais il répond à des critères de prudence et de régularité, car toute dérogation entraîne des risques et la fonction publique est réfractaire aux risques. Cette dernière considère qu’elle doit agir de façon professionnelle, c’est-à-dire effectuer les analyses qui s’imposent, procéder à des consultations, rédiger des rapports, obtenir des autorisations, etc. Ce mode de fonctionnement est intégré à la culture de l’organisation. La formule qui pourrait le mieux la décrire est « hâte-toi lentement ». (p. 47 et 48)
10 juin, 2009
Les Fonctionnaires (5/55)
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Certains ministres aiment se décrire comme des gestionnaires et se dire soucieux du bon fonctionnement de leur ministère. Mais cette image est inexacte, car, bien qu’ils soient en charge d’un ministère et d’un nombre plus ou moins grand d’organismes, leur rôle est essentiellement politique. ......Bref, ce sont des personnes très occupées dont le temps est la principale ressource, une ressource qui doit être utilisée judicieusement de façon à atteindre les objectifs les plus importants : leur réélection, la réélection du gouvernement et la progression de leur carrière.
Bien sûr, la tâche de chef d’un ministère est la plus prenante. ......
Son défi le plus exigeant, cependant, est d’utiliser les ressources de son ministère pour favoriser ses électeurs et les individus, groupes et entreprises de la région dont il est responsable. ..... (p. 39)
09 juin, 2009
Où cela s’arrêtera-il?
Dans son texte Catherine Cardinal dénonce la Société du parc Jean-Drapeau qui propose d’imposer une limite de vitesse aux cyclistes qui roulent sur le circuit Gilles-Villeneuve.
À ce propos Pierre Foglia écrit :
« LE CON MOYEN La décision de limiter la vitesse des cyclo-sportifs qui
s'entraînent sur le circuit Gilles-Villeneuve me fâche autant que vous, mais il
n'y a rien à faire. Ce n'est pas une erreur. Ce n'est pas une incompréhension.
C'est un courant de pensée. C'est l'Amérique du Nord dans ce qu'elle a de plus
étouffant: l'obsession sécuritaire. Et de plus réducteur: toujours tout ramener
au niveau du con moyen à pédales. Si j'osais, je dirais au niveau du Tour de
l'Île. Il y a deux façons correctes de faire du vélo chez nous:
en-respirant-l'air-pur-et-en-écoutant-les-ti-zoizeaux. Ou en étant 35 000 au
parc LaFontaine. »
Malheureusement, ce « courant de pensée » ne se limite pas à l’obsession sécuritaire. Dans tous les domaines relevant des monopoles d’État, on retrouve cette même philosophie. Celle qui vise à déresponsabiliser les individus et à imposer une pensée unique.
Ce processus a pour conséquence de tout ramener au plus petit dénominateur commun. À ce régime, éventuellement on sera tous égaux dans la médiocrité.
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Publié le 08 juin 2009
Cyclistes
Catherine Cardinal, Cyberpresse
Sous prétexte d'accidents trop nombreux, la Société du parc Jean-Drapeau souhaite imposer une limite de vitesse aux amateurs de cyclisme qui roulent sur le circuit Gilles-Villeneuve. En somme, les cyclistes qui s'y entraînent ne sont plus les bienvenus!
Quelle idée tout de même! Depuis des années, le circuit est le rendez-vous cycliste par excellence de tous les mordus de vélo. Ce lieu culte, est le seul endroit sur l'Île où la chaussée ne risque pas de nous déjouer à coups de nids de poule, où l'on peut rouler sans craindre de se faire bousculer par un automobiliste qui ne souhaite pas partager sa chaussée. Le seul endroit où on est sûr d'être à la fois libre et en sécurité, un lieu unique pour se dépenser sans avoir à se déplacer hors de la ville. Une ellipse urbaine où de nombreux sportifs se rencontrent pour partager une passion commune.
La Société du parc Jean-Drapeau rapporte 27 accidents survenus l'an passé. Il n'y en aurait qu'un que ce serait un de trop. Mais peut-on vraiment s'immuniser contre le risque? Qui veut-on satisfaire? À qui veut-on plaire? La limitation de vitesse prônée par l'organisme montre, encore une fois, ce rapport infantilisant que nous entretenons avec l'autorité. Combien d'interdictions faut-il avancer pour s'épargner le danger? Le risque ne fait-il pas implicitement partie de la vie? Il est certes vertueux de vouloir agir pour le bien-être de la majorité. Les cyclistes qui empruntent chaque jour le circuit pour s'entraîner ne sont pas majoritaires. D'accord. Mais au nom de la liberté de penser, peut-on arrêter de démarcher à coups d'interdits? Peut-on croire au jugement des citoyens et veiller au bien commun en prônant la sensibilisation plus que l'interdiction?
Plutôt cette année la ministre Courchesne parlait de son désir de stopper les batailles dans la LHJMQ. Noble et vertueux, ce souhait n'est possible selon moi que si l'on apprend aux jeunes à réfléchir plutôt qu'à obéir. L'obéissance sans réflexion est un cul-de-sac. Pourquoi tenter d'éteindre la fougue de jeunes hockeyeurs passionnés à coups de morale et d'interdictions sans réflexion? Ne vaut-il pas mieux saisir l'occasion pour raisonner et sensibiliser ces jeunes qui ne demandent qu'à apprendre et à s'améliorer?
Il en va de même pour les cyclistes. Pourquoi tenter de les mettre au pas et d'éteindre leur mode d'expression? Pourquoi ne pas plutôt valoriser l'activité sportive tout en prônant le respect des pairs? Avant de se rabattre sur l'interdit, n'a-t-on pas le devoir de passer un message de sensibilisation pour faire évoluer les mentalités?
Il faudrait arrêter une fois pour toute de se déresponsabiliser et de remettre aux mains de l'état et des autorités la sécurité des citoyens! Sur la route, les pentes de ski, en voiture ou sur deux roues, il y aura toujours un risque potentiel. Mais ce risque ne se conjugue pas au pluriel! Ce n'est pas le comportement de la majorité qui teinte les activités de danger. C'est les excès d'une minorité qui nous amène à réglementer. Il est dommage d'éteindre la liberté de la majorité au nom d'un semblant de sécurité. Et de toute façon même devant la loi, les règles et les interdictions, il y aura toujours un risque et des gens pour enfreindre les règlements.
Avec le désir de la Société du parc Jean-Drapeau de veiller à la sécurité de la majorité, la métropole perd un lieu culte de rassemblement sportif. Le comble de l'absurdité dans une société qui tente de valoriser l'activité physique et le dépassement de soi. Il ne manquerait plus que les Amis de la montagne nous confisquent Camilien Houde! On se rabattra peut-être sur le Bixi et du coup, la ville aura les moyens de ses ambitions, des sous pour réparer nos routes qui sont plus dangereuses que n'importe quel cycliste qui s'entraîne sur le circuit!
L'auteure réside à Montréal.
Le chiffre du jour : 90 %
Les Fonctionnaires (4/55)
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Aucun type de décisions ne traduit mieux l’exercice du pouvoir que les nominations. ............
Comme tout ce qui a trait aux décisions importantes, c’est le premier ministre qui a la main haute sur les nominations. ..... Les nominations sont le domaine où le lobby est le plus actif et où le plus de pressions s’exercent. Leur importance est énorme, car les personnes nommées par décret sont celles qui, dans les faits, gèrent les activités gouvernementales. Les personnes choisies sont redevables de leur nomination au premier ministre ou au ministre qui les a pistonnées. Elles ont donc un devoir de loyauté envers ce protecteur. (p. 37 et 38)
08 juin, 2009
Pourquoi la récession va se prolonger
La récession va se prolonger parce que les gouvernements sont imprudents. Dans plusieurs pays démocratiques ils sont encouragés en ce sens par des partis d’opposition opportunistes qui ne manquent pas l’occasion de promettre mer et monde à une population crédule. À titre d’exemple, en décembre dernier, au Canada, les partis d’opposition se sont ligués contre le parti minoritaire au pouvoir à cause, notamment, que celui-ci n'annonçait rien de spécifique pour relancer l'économie. Cherchant à la fois à répondre aux critiques et à rester au pouvoir ledit gouvernement s’est alors lancé dans les dépenses et a enregistré un déficit record. Les partis d’opposition s’insurgent maintenant contre ses dépenses insouciantes.
Ils s’opposent essentiellement pour la forme, car le gouvernement a répondu dans le sens de leur demande, soit en multipliant ses interventions dans l’économie. Aucun d'entre eux ne propose de réduire les services gouvernementaux. Au contraire, ils exigent du gouvernement d’accroître son aide aux chômeurs, d’accélérer les «investissements» dans les infrastructures, d’aider les secteurs de l’automobile, forestier, etc. Le Bloc Québécois propose d’ajouter un «train de mesures» pour stimuler l'économie. Or, comment instaurer ces «mesures» sans augmenter le fardeau fiscal? On retrouve ce genre d’opposition dans toutes les démocraties du monde et dans chacune d’entre elles la tendance est la même, soit une plus grande intervention de l’État dans l’économie. Il s’agit d’une grave erreur.
Selon une logique tordue et bien ancrée, les gouvernements, ou plus généralement les partis politiques, croient devoir dépenser ce que les individus tentent d’épargner. À leurs yeux, les épargnants empêchent l’économie de repartir. Les gouvernements ne les accusent pas directement, mais ils n’en réduisent pas moins leurs efforts en saturant les marchés de dette. Celle-ci n’est remboursable que par un fisc plus lourd et une inflation plus élevée. Un État qui impose ses choix sous le prétexte de mieux savoir que la population ce qu’est le bien est voué à une plus grande pauvreté.
Les gouvernements croient que la richesse d’un «pays» se trouve dans sa capacité à consommer, d’où leur tendance à dépenser davantage en temps de crise. Ils oublient, toutefois, que la consommation est précédée de la production et que celle-ci exige de l’épargne. Il faut chercher loin pour trouver un politicien préconiser la prudence en temps de crise et faire l’éloge de l’épargne. Calvin Coolidge, président des États-Unis au milieu des années 1920 est l’un de ceux-là :
«Lorsqu’une dépression économique survient on s’efforce d’être plus prudent dans ses dépenses. On épargne son argent et on ne prend aucune chance avec ses investissements. Curieusement, on prend la direction opposée en politique. On tend à appuyer des mesures extravagantes et on vote pour ceux qui avancent les positions les plus imprudentes. Il s’agit d’une réaction étrange et illogique. Lorsque l’économie va bien on peut prendre une chance avec un gouvernement prodigue, mais lorsqu’on est financièrement affaibli on a besoin davantage de politiques prudentes et d’hommes avisés.» Citation tirée de The Politically Incorrect Guide to the Great Depression and the New Deal, p. 16, de Robert Murphy, traduction libre
Les années 1920 ont été l’une des périodes les plus prospères de l’Amérique et de l’Europe notamment à cause de politiques prudentes et de gouvernements modestes. Aujourd’hui, les démocraties font le procès du capitalisme de la même façon qu’on fait le procès des gens dans les dictatures, soit précipitamment avec une idée toute faite. Or, ce n’est pas le capitalisme qui est coupable de la crise actuelle, mais les interventions de l’État.
L’interventionnisme peut prendre plusieurs formes, mais il a pratiquement toujours à sa base la banque centrale et plus généralement le monopole d’État sur la monnaie. Grâce à la Réserve fédérale (banque centrale américaine), créée à la fin de 1913, le gouvernement américain a pu financer, sur le dos des consommateurs, son entrée en guerre en 1917. La quantité de crédit qu’elle a injecté dans l’économie lors de cette période a également conduit le pays en récession en 1920-1.
Par chance, le gouvernement de l’époque avait encore le réflexe prudent de réduire et ses dépenses et le crédit disponible, de sorte que le pays, en peu de temps, s’est sorti d’une crise pour le moins sévère : production en baisse de 21% en 12 mois, nombre de chômeurs qui passe de 2,1 million à 4,9 million pour la même période, etc.. De 11,7% à son sommet en 1921, le taux de chômage baisse à 6,7% l’année suivante et à 2,4% en 1923. On doit noter que ces politiques sont à l’opposé de celles mises de l’avant aujourd’hui un peu partout dans le monde.
Tant que la banque centrale alimentera l’État, on ne pourra légitimement accuser le capitalisme de la crise puisqu’une banque centrale est une organisation étatique que le capitalisme rejette, car nuisible à la juste information des prix, à leur «transparence». De toutes les institutions de l’État, la banque centrale est une des pires. Pire au sens de nuisible à la création de richesse, au progrès et à la coopération humaine.
Le rôle de la banque centrale
Le principal rôle de la banque centrale est de fournir de l’argent au gouvernement pour financer ses programmes sociaux et ses aventures guerrières. Le processus se déroule de la manière suivante : dans un premier temps, le gouvernement émet de la dette que les banques achètent. La banque centrale crée ensuite de l’argent pour acheter cette dette gouvernementale détenue par les banques. Les banques, ou plus précisément certaines d’entre elles, sont les premières récipiendaires de ce nouvel argent. Plus leurs comptes sont renfloués, plus elles sont en mesure de prêter de l’argent. D’autant plus qu’elles sont encouragées par le gouvernement à maintenir dans leurs coffres qu’une partie de l’argent qu’elles prêtent aux différents agents économiques. Ce processus de création monétaire est connu sous le nom de politique des réserves fractionnaires.
Il y a donc deux grandes façons de créer de l’argent : en achetant les dettes gouvernementales détenues par les banques et en permettant à celles-ci d’en prêter plus qu’elles en détiennent dans leurs coffres. Ces façons de créer de l’argent sont possibles parce qu’on n’exige plus de cet argent une contrepartie métallique et parce que les économistes et les financiers censés comprendre et dénoncer ces mécanismes ou bien les approuvent parce qu’ils n’en voient pas les conséquences néfastes, ou bien parce qu’ils en tirent profit. La majorité d’entre eux se trouvent dans le premier camp. Ce sont parmi les plus grands responsables de la crise actuelle. Après tout, ils conseillent les politiciens qui tentent, à leur tour, d’endoctriner la population.
La très forte majorité des économistes ne remet pas en question la banque centrale pour quelques raisons dont les suivantes : elle comprend mal le processus de création monétaire, elle en voit mal les conséquences et elle croit aveuglément à la toute-puissance de l’État. L’idée qu’elle s’est fait de la banque centrale lors de la Grande Dépression est basée sur la critique de Milton Friedman, lauréat Nobel d’économie en 1976. Bien que Friedman fût un excellent économiste, il en n’avait pas la compréhension d’un Friedrich von Hayek ou d’un Ludwig von Mises.
Dans son livre, écrit conjointement avec Anna Schwartz, A Monetary History of the United States, publié en 1963, Friedman blâme la banque centrale de ne pas avoir réagit rapidement et avec assez de force pour contrer la baisse des prix suivant le krach de 1929. La plupart des économistes, y compris l’actuel président de la Réserve fédérale, Ben S. Bernanke, reprennent à leur compte cette façon de voir pour revendiquer une action rapide et musclée de la banque centrale. Ils ne sont pas déçus puisque Bernanke va plus loin que les prescriptions de Friedman. En effet, non seulement achète-t-il les dettes gouvernementales détenues par les banques, mais il achète aussi les dettes des banques elles-mêmes pour qu’elles soient en mesure de prêter davantage aux agents économiques. On rappelle que la plupart des économistes croient, à tort, que la richesse s’établit d’abord par la consommation.
Lorsque les banques sont ainsi protégées de la faillite par les gouvernements, comment ne pas comprendre la population et les autres secteurs d’activités de revendiquer pareille protection? Là où le bât blesse, cependant, c’est de constater que la vaste majorité des gens considère cela comme du capitalisme alors que c’en est tout le contraire. Inonder les banques de liquidités ne contrebalancera jamais la baisse des prix des actifs immobiliers et boursiers. Si leurs prix nominaux ne baissent pas, ce sont leurs prix réels qui baisseront. Non seulement l’ajout de monnaie dans l’économie n’est d’aucun secours, mais elle aggrave la situation.
Le compte rendu de Friedman de la Grande Dépression est erroné. La banque centrale américaine a agit rapidement et avec force au krach de 1929. Elle a inondé les banques de liquidités dans l’idée de relancer l’économie dès la fin de 1929, toute l’année de 1930 et pratiquement toute l’année de 1931.
“The moment the boom broke in 1929, the Central Banks of the world, acting obviously in concert, set to work to create a condition of easy money, quite out of relation to the general conditions of the money market. This policy was backed up by vigorous purchases of securities in the open market in the United States of America. From October 1929 to December 1930 no less than $410 million was pumped in the market in this way. The result was as might have been expected. The process of liquidation was arrested. New loans were floated.” Lionel Robbins, The Great Depression, p.87, 1934
Ce n’est qu’à la fin de 1931 que la Réserve fédérale a mis la pédale douce sur sa création de crédit monétaire, soit l’inflation à proprement parler, parce que cela incitait les agents économiques du monde entier à rapatrier la véritable monnaie, à l’époque l’or, sur laquelle le crédit monétaire se multipliait. Or, deux ans après le krach la dépression ne faisait que s’accentuer malgré l’exécution exacte des directives préconisées par Friedman, Bernanke et la quasi-totalité des économistes, soit d’inonder les marchés de liquidités en abaissant les taux d’intérêt.
Les prix des biens et des services ont effectivement baissés entre 1929 et 1933, mais cela n’était pas dû au manque d’effort de la Réserve fédérale pour renverser cette tendance. Les prix baissaient à l’époque pour la même raison qu’ils baissent aujourd’hui, soit parce que les gens dépensent moins et gardent leur argent chez eux en sécurité. Lorsque l’économie va bien les banques accumulent l’argent et les profits à cause notamment de la politique des réserves fractionnaires. Par contre, lorsque l’économie va mal ce multiplicateur fonctionne à l’envers, c’est-à-dire que plus les gens gardent leur argent chez eux, plus les banques doivent réduire leurs prêts. Selon cette mécanique, moins l’argent est dépensé, plus les prix tendent à baisser, toutes choses étant égales par ailleurs. Plutôt que d’abolir cette politique, qui constitue généralement la source principale d’inflation et des cycles économiques, les gouvernements préfèrent dépenser l’argent des contribuables dans le but illusoire de relancer l’économie. Malheureusement, il ne s’agit pas de la seule illusion du «système bancaire».
L’«assurance dépôt» ne sera d’aucun secours en temps de crise puisqu’elle dépend elle-même de l’argent créé à volonté par les gouvernements. Les lois économiques n’obéissent pas aux diktats de l’État, non pas parce qu’elles sont rebelles, mais parce qu’elles ne sont pas de même nature. Si certains économistes admettent du bout des lèvres que les politiques monétaires et fiscales utilisées aujourd’hui ont des similitudes avec celles utilisées lors de la Grande Dépression, ils prétendent néanmoins que les résultats seront différents aujourd’hui parce que l’or ne sert plus de monnaie. Autrement dit, puisque les gouvernements ont maintenant les mains libres pour créer autant de monnaie qu’ils le veulent, les résultats vont être différents. Ils le seront effectivement, mais pas pour le mieux. Si la tendance actuelle à dépenser et à arroser les banques n’est pas renversée rapidement, on n’assistera pas à une relance de l’économie, mais à son effondrement.
07 juin, 2009
Fiscalité : enfin libre
C’est une amélioration considérable depuis 2000 alors que les familles avaient travaillé pour les gouvernements jusqu’au 3 juillet. Malgré tout, les Québécois demeurent ceux qui travaillent le plus longtemps pour les gouvernements après la Saskatchewan et Terre-Neuve.

VIDEO - Enfin libre 2009
04 juin, 2009
Le pouvoir absolu de l’État
Voilà un autre exemple de l’attitude méprisante des politiciens et des bureaucrates envers la population et en particulier envers l’entreprise privée.
Il est en apparence rassurant de demander à l’État de s’occuper de tout. Cette fausse assurance découle de l’hypothèse que l’État est en tout temps bienveillant. C’est oublié qu’Il est représenté et géré par l’ensemble des politiciens et des bureaucrates qui le composent. Ceux-ci ont les mêmes qualités et défauts que l’ensemble de la société québécoise. La grande différence c’est qu’eux ils ont un pouvoir absolu.
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Grave préjudice à deux fromagers
Jean-Paul Gagné, lesaffaires.com, 4 juin 2009
En refusant de compenser deux petits fabricants de fromage qui ont été des victimes innocentes de la razzia de l’été 2008 des inspecteurs de son ministère, le ministre Laurent Lessard montre tout le mépris dont est capable un gouvernement quand il s’agit de reconnaître les erreurs de ses fonctionnaires.
Sauf de rares exceptions, les fonctionnaires ne sont jamais punis pour leurs erreurs. Pire, on les excuses.
Bien entendu, l’État semble prend un malin plaisir à sévir contre des entreprises et des personnes qui enfreint le moindre règlement. On poursuit quelqu’un qui nourrit des écureuils dans un parc, on impose un amende salée à un usage du métro qui n’a pas tenu la rampe d’un escalier roulant, on punit une personne qui a mis à la rue ses vidanges 30 minutes avant l’heure permise, etc., etc.
Tout le fromage de la Société coopérative agricole de l'Isle-aux-Grues et de la Fromagerie Blackburn de Jonquière qui était en distribution lors de la crise de la listériose a été rappelé et détruit. Or, ces établissements n’avaient rien à se reprocher, selon le rapport de la Protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, qui a recommandé leur indemnisation pour les préjudices causés. Des pertes respectives de 75 000 $ et de 140 000 $ pour les deux entreprises.
Destruction massive
La Protectrice du citoyen a justifié l’action musclée du ministère, qui a détruit des meules entières de fromages, alors que la listériose s’était attaquée à la production de deux fabriucants et aux portions pré-coupées et emballées dans les comptoirs des détaillants.
Les inspecteurs auraient pu accepter que les meules entières entreposées dans les réfrigérateurs des magasins soient conservées temporairement pour inspection ultérieure, Mais non, on a ordonné la destruction massive de 27 000 kg de fromage dans 300 magasins.
Les descentes du ministère ont causé des préjudices aux fromagers et aux détaillants. Des fabricants ont même cessé la production de fromage au lait crû pour avoir la paix avec le ministère même s’ils n’avaient rien à se reprocher.
Ponce Pilate
Le ministre se lave les mains des préjudices causés, déclarant que "ce n’est pas le ministère qui a mis la listériose dans les fromages". Ce ne sont pas non plus les producteurs cités plus haut qui l’ont mise, mais on a détruit leur production. Qu'ils s'arrangent avec leur trouble, dit en substance le gouvernement. C'est inacceptable.
Or, peut-on penser que, même s’ils sont des victimes innocentes, les producteurs lésés vont poursuivre le ministère ? Probablement pas, car ils risquent d’y perdre leur chemise face à la batterie d’avocats que le ministère peut se payer.
Car ils n’ont pas droit à l’aide juridique, eux, contrairement à des criminels notoires qui se servent généreusement de l’argent des contribuables pour se faire défendre.
Depuis la crise, le ministère a débloqué un programme de 8 M$ pour promouvoir les fromages du Québec et pour former ses 20 inspecteurs, qui, paraît-il, n’étaient pas préparer pour gérer correctement l’apparition de la listériose dans les fromages.
Fromages importés
Et n’oublions pas aussi que, selon une enquête de Radio-Canada, révélée à l’émission La semaine verte, on a aussi découvert de la listériose et d’autres bactéries en quantité importante dans des meules de fromage importées. Or, le fromage importé est sous la juridiction des inspecteurs d’Agriculture Canada, qui n’ont pas réagi avec la même ferveur que ceux du gouvernement du Québec.
Comment jugez-vous l’attitude du ministre québécois de l’Agriculture face aux préjudices causés par ses fonctionnaires aux deux fromagers mentionnés plus haut ?
Les fonctionnaires (3/55)
Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Grille de décision des politiciens
La grille de décision utilisée par les élus est essentiellement politique. Les considérations de rigueur administrative, d’efficacité d’efficience et de rentabilité économique sont secondaires. Avant toute décision, plusieurs questions doivent être considérées. Mentionnons les suivantes :
- cette décision s’imposent-elle et est-elle de nature à favoriser la réélection du gouvernement?
- est-ce le bon moment pour prendre cette décision?
qui a le plus à gagner et qui a le plus à perdre? - dans quel camp se trouvent ces gagnants et ces perdants : parmi les partisans ou parmi les adversaires?
- à quel moment seront visibles les bénéfices et les inconvénients?
- comment la décision risque-t-elle d’être perçue par les divers intervenants : les personnes et les groupes concernés, les médias et le public, les partisans et bailleurs de fonds, etc.?
- est-il possible d’imputer la responsabilité ou le blâme aux adversaires?
le sujet en question fait-il partie des préoccupations vite oubliées ou des enjeux marquants dont les gens se rappelleront longtemps? - quels sont les risques et comment peut-on les atténuer?
(p. 34)
03 juin, 2009
Les fonctionnaires (2/55)
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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.... Les sociétés de grande taille ont un conseil d’administration qui représente les actionnaires et qui comprend généralement un certain nombre de gestionnaires. Les membres du conseil d’administration et les gestionnaires se donnent des objectifs communs et tendent à partager des valeurs communes.
Il en va différemment pour l’administration publique. Les dirigeants politiques ont des objectifs et des priorités qu’ils ne partagent pas avec les fonctionnaires et ces derniers ont des intérêts qui leur sont propres. Les tensions entre les deux groupes sont constantes. Les politiciens n’hésitent pas à blâmer les fonctionnaires pour ce qui va mal, une situation tout à fait impensable dans une entreprise, car on imagine mal des dirigeants s’en prenant publiquement à leurs employés. (P. 26 et 27)
Le chiffre du jour : 60,4
02 juin, 2009
Le monopole de la STM
Les groupes d’intérêt, syndicats et bureaucrates coopèrent pour s’assurer qu’il n’y aura pas de compétition dans les services de transport en commun. Après tout, c’est une question de principe. Il faut à tout pris éviter qu’une brèche, aussi mince soit-elle, mette en péril les monopoles du transport en commun.
Il semble bien que le transport en commun est condamné à la médiocrité. Seule la menace de la compétition pourrait faire bouger ce monopole obèse et désuet. Malheureusement, les politiciens préfèrent sacrifier les intérêts des usagers aux bénéfices des groupes d’intérêt.
Verrons-nous un jour un politicien prêt à défendre les intérêts des contribuables et consommateurs québécois?
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Publié le 01 juin 2009 à 16h09
Les usagers du métro... comme dans Lost
Larissa Souline, Cyberpresse
Des gens sont prisonniers d'une île, sans transport pour s'y échapper, sans ressource, laissés à eux-mêmes. Vous croyez que ceci est le synopsis de la série Lost? Et bien, détrompez-vous! Il s'agit de ce nous avons vécu, moi et quelques centaines de personnes, jeudi dernier, lors l'interruption de service du métro de Montréal.
Mon amie et moi avions pris le métro à la station Longueuil-Université-de-Sherbrooke. Le métro était immobile depuis 20 minutes pour cause d'interruption de service sur trois lignes, dont la ligne jaune. Puis, le métro ferme ses portes et part. Nous nous arrêtons à la station Jean-Drapeau. Les portes du wagon s'ouvrent, les lumières s'éteignent, puis, plus rien. Nous décidons de sortir du wagon. Personne n'était là pour nous dire ce qui se passait, s'il y avait des navettes qui s'en venaient. Seulement un monsieur, qui affichait un STM sur son chandail, bête comme ses pieds, vraisemblablement sur la fin de son shift et qui n'en n'avait rien à cirer. Arrivées dehors, nous voyons que nous sommes dans le parc de la Biosphère, au milieu de nulle part.
Puis, nous apercevons une jeune femme qui ne semble pas bien aller du tout. Problème cardiaque, nous dit-elle, et elle est enceinte. Une dame de la STM est à côté d'elle, elle a l'air de s'en foutre comme dans l'an 40. «Avez-vous besoin d'une ambulance, madame?» est la seule phrase altruiste que cette femme demande à la future maman, dont le malaise est aussi flagrant qu'une trompe dans la face d'un éléphant. Nous avons donc pris en charge, mon amie et moi, la pauvre fille tremblotante.
Finalement, après plusieurs dizaines de minutes, la STM décide de réagir. «OK, on va vous envoyer au Casino! Montez dans la 167. De là, vous pourrez prendre un taxi!». On monte. L'autobus ne part pas. Pourquoi? « Ahhhh ben on attend que le chef des opérations donne son go pour vous amener à Montréal!» Finalement, ils nous font changer d'autobus. Après de longues minutes, on part. Nous resterons une heure dans l'autobus, puisqu'ils ont décidé de nous amener au centre-ville de Montréal, rue McGill, où le top de la crise se trouve. Pourquoi ne pas avoir passé par le pont Jacques-Cartier? On ne le sait pas. On ne nous dit rien. Même les chauffeurs ne savent rien.
Nous débarquons finalement en quelque part à l'angle des rues University et De la Gauchetière. On marche jusqu'au métro McGill. Aucune navette spéciale ne part du métro. Aucun petit monsieur STM dehors pour diriger les gens. Les autobus réguliers sont pleins, les taxis aussi. Impossible de trouver quoique ce soit pour rentrer chez nous. On monte jusqu'à la rue Sherbrooke. Encore là, je n'ai vu aucune navette. L'interminable filée attend les autobus réguliers, en rang d'oignons, les pieds dans l'eau, l'estomac vide. Nous voyons finalement que les 535 Parc direction nord ne sont pas pleines. Nous nous dirigeons pour en prendre une et ainsi aller vers le métro Parc. Je prendrai ensuite la ligne bleue jusqu'à St-Michel, puis un autobus jusqu'à Anjou. Trois heures et 45 minutes exactement que cela me prendra pour me rendre chez moi.
Quand la STM dit qu'elle dresse un bilan positif de son opération d'urgence, le poil se dresse sur mes bras et l'urticaire me pousse sur tout le corps. Qui est le tata qui a donné son go pour que le métro de la ligne jaune fasse une station et s'arrête sur une île en plein milieu du fleuve St-Laurent? Pourquoi aucun taxi pour venir nous chercher ou aucune navette spéciale, vu que de d'aller nous débarquer là-bas était vraisemblablement l'idée du siècle? Pourquoi n'aie-je croisé aucune navette spéciale durant mon long périple dans le centre-ville de Montréal, alors que c'est LE CENTRE-VILLE DE MONTRÉAL QUI ÉTAIT LE PLUS TOUCHÉ? Pourquoi avoir amené les gens de la rive sud à l'endroit le plus congestionné de la crise? Pourquoi n'ai-je vu aucune pancarte indicative proche des métros et/ou aucun travailleur de la station de métro à l'extérieur pour diriger correctement les gens? Pourquoi les navettes partaient uniquement d'un bout de ligne de métro pour ainsi arriver remplies à capacité au milieu du parcours, où autant de gens attendaient, sinon plus?
Le plan d'action et de communication de la STM en temps de crise ne vaut pas une claque. Le capharnaüm, c'était Montréal jeudi. Aucune structure, aucun plan précis n'avait été conçu pour un événement-catastrophe d'une telle envergure et cela paraissait. Et que dire du manque de communication flagrant au sein de l'équipe? La STM, la société de transport la plus imposante en terme de territoire au Québec, ne devrait-elle pas se doter de spécialistes des communications et gestion de crise pour élaborer une stratégie efficace et logique? Si vous en manquez, contactez-moi, je travaille dans le milieu des communications depuis de nombreuses années, je ne pourrai qu'améliorer la chose.
01 juin, 2009
Le chiffre du jour : 8 sur 10
Les fonctionnaires (1/55)
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
Les fonctionnaires (extrait 1)
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Dans les ministères dits « à clientèle » tels que l’Agriculture, la Culture, le Développement économique, l’Emploi et la Solidarité sociale, l’Immigration et le Tourisme, une bonne partie des fonctionnaires sont affectés à des fonctions telles que la planification et le contrôle, l’élaboration des politiques, l’ébauche des lois et des règlements, de même que les services administratifs (gestion du personnel, gestion financière et du matériel, informatique et communications). La lourdeur des règles administratives fait que, comparativement aux entreprises privées de taille comparable, deux à trois fois plus de personnes sont nécessaires pour s’acquitter des tâches reliées à l’administration interne. (P. 18 et 19)
31 mai, 2009
L’État nounou est voué à disparaître
Emmanuel Martin a résumé pour nous la thèse de Mathieu Laine.
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Post-politique de Mathieu Laine
Le 14 mai 2009 - La crise va-t-elle précipiter le monde dans une hyper-régulation et un hyper-paternalisme sans doute inquiétant ? Pour Mathieu Laine, avocat, maître de conférences à Sciences-Po et directeur du think-tank Altermind, contrairement à l’opinion majoritaire actuellement, le politique a touché à ses limites. C’est la thèse de son ouvrage intitulé Post-politique, publié aux éditions JC Lattès. L’auteur de La Grande Nurserie commence son nouvel ouvrage en rappelant l’impuissance du politique dans un monde de plus en plus complexe en perpétuelle mutation. La déroute des finances publiques, que les petits « sauvetages » récents vont amplifier, n’est qu’un symptôme de cette impuissance.
En réalité, le monde d’aujourd’hui donne l’opportunité de remettre sur le devant de la scène l’individu, sa puissance créatrice et civilisatrice. Mais pour cela il faut rendre à chacun son propre destin, et le politique doit le permettre. Malheureusement, en ayant sombré dans un pragmatisme excessif, tel une girouette tournant au gré du vent, le politique a perdu toute vision. A cet égard, le président de la République français fait l’objet d’une critique juste de la part de l’auteur. En effet, la rupture que M. Sarkozy proposait ne s’est en réalité traduite que par des réformettes décoratives. Pire, avec la crise il change de cap idéologique en fonction des évènements. Prônant le retour de l’Etat protecteur dès septembre 2008, l’once de discours de liberté qui lui restait disparaît.
La crise actuelle est-elle une victoire implicite du politique sur l’économique ? Ne niant pas les responsabilités privées, Laine rappelle les responsabilités politiques dans cette crise, trop souvent éludées par ceux qui, se présentant comme les grands sauveurs du système, ont souvent été des pompiers pyromanes. Aux Etats-Unis, mauvaise réglementation, encouragement politique à l’endettement des pauvres pour accéder à la propriété (lois anti-discrimination du Community Reinvestment Act, prêts sans apports personnels, activités de Fannie Mae et Freddie Mac qui suivaient les objectifs politiques du Départment du Logement urbain), politique monétaire « pragmatique » sont pointés du doigt. L’interventionnisme finit par devenir « une maladie qui se prend pour son remède ». Malheureusement la crise lui donne l’occasion de s’hypertrophier.
Revenant aux mythes fondateurs du politique, du socialisme au conservatisme, l’auteur rappelle leurs incohérences, voire, parfois, leur inhumanité. Le libéralisme est remis à sa juste place, qui est celle d’un humanisme, contrairement à la caricature qui en est souvent donné. Pourquoi ? Parce que c’est bien l’homme qui se trouve véritablement au centre de ce système, l’homme digne et responsable. La pierre angulaire de la régulation libérale, « par le bas », est donc la responsabilité de l’homme. Elle a été mal menée par l’héritage interventionniste socialiste comme conservateur qui a donné l’État-Providence actuel. La société post-politique doit donc se réformer, non pas graduellement, mais avec volontarisme et fermeté, pour remettre la responsabilité aux commandes.
Est-ce donc la fin du politique ? Paradoxalement non, puisque c’est le volontarisme politique qui permettra ce changement. Mais ce sera certainement la fin du politique tel qu’il est actuellement, s’il ne se réforme pas. Le politique doit se réinventer pour s’adapter à la nouvelle configuration du monde. Cette dernière nécessite en effet une transformation du politique vers une plus grande flexibilité, une plus grande plasticité pour mieux répondre aux nouveaux besoins de cette société hyper-créative. Les vieilles recettes ne peuvent plus fonctionner, et les « sauvetages » lors de la crise ne doivent pas faire illusion. Beaucoup de pays en ont d’ailleurs pris conscience voilà trois décennies. La France, « exception culturelle », reste à la traîne.
C’est sans doute dans les réflexions profondes, économiques et institutionnelles, de penseurs de l’école autrichienne, tels Hayek ou Mises, qui ont fort bien décrit l’ordre complexe et décentralisé du monde moderne, qu’il faut trouver l’inspiration pour penser la nouvelle régulation, pour « réinventer l’interventionnisme » pour qu’il ne soit plus un paternalisme impératif nous imposant nos choix, mais qu’il deviennent plus « indicatif », nous permettant d’exercer notre liberté, et de connaître les succès et les échecs qui vont avec, tout en nous guidant par des incitations appropriées, vers le choix le plus raisonnable.
Au milieu du discours ambiant prônant un retour de l’État non seulement protecteur mais aussi autoritaire, le livre de Mathieu Laine est d’une lecture bien rafraîchissante.
Mathieu Laine : Post-politique, JC Lattès, 2009. Une revue de livre par Emmanuel Martin
29 mai, 2009
La propriété privée de plus en plus menacée
......il n'a jamais ni nulle part existé de peuples qui, sans la propriété privée, se soient élevés au-dessus de la nécessité la plus pressante et de la sauvagerie semi-bestiale. (Chapitre 2, 2e paragraphe)
Le corollaire de cette proposition est aussi vrai : si un peuple fragilise/élimine la propriété privée, il régressera au point de ne plus pouvoir satisfaire les nécessités les plus élémentaires. L’implosion des pays du bloc communiste démontre clairement la justesse de cette proposition.
Au Québec, le droit de propriété privée est de plus en plus fragilisé. Dans sa chronique, Nathalie Elgrably-Lévy, dénonce l’utilisation abusive du droit d’expropriation. Cette anecdote est symptomatique du peu de respect des institutions québécoises envers un principe aussi fondamental.
On retrouve ce même manque de respect envers la propriété privée dans plusieurs ministères, mais en particulier aux MDDEP. Sous prétexte de protéger le « bien commun » le ministère abuse systématiquement de ses pouvoirs. Il antagonise les propriétaires et impose des conditions qui s’apparentent parfois à des expropriations indirectes.
Les lois et règlements régissant l’eau, les terrains humides, la forêt privée, souffrent tous des mêmes lacunes. Ils donnent aux bureaucrates du ministère tous les pouvoirs et imposent aux propriétaires toutes les responsabilités.
Il suffit qu’un écolo exalté prétende qu’une grenouille ou un castor est en danger pour que le ministre s’empresse d’imposer un moratoire. Aux yeux des bureaucrates du MDDEP, les grenouilles et les castors sont les véritables propriétaires des lieux. Par contre, les taxes doivent toujours être payées par le propriétaire légal.
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Interventionnisme sauvage
Le Journal de Montréal, p. 33 / Nathalie Elgrably-Lévy, 21 mai 2009
Le projet du Quartier des spectacles proposé par la Société de développement Angus (SDA) fait couler beaucoup d'encre, surtout en ce qui concerne le 2-22 Sainte-Catherine. On nous parle de revitalisation, et de mobilisation citoyenne et communautaire. On discute du partenariat avec la Ville de Montréal, de l'esthétique, du nombre d'étages, du volume de la tour, de l'intégration de l'édifice dans le quartier, etc.
Or, se laisser distraire par des expressions ronflantes et des détails racoleurs est aussi absurde que de philosopher sur la couleur des rideaux pendant que la maison brûle. En effet, pour construire l'édifice 2-22, les promoteurs ont proposé d'acheter les terrains convoités. Mais comme les propriétaires de ces terrains exploitent des commerces rentables, ils sont réticents à vendre. On se serait attendu à voir la SDA bonifier son offre. C'est du moins ce qui se serait produit si nous étions dans une économie réellement capitaliste.
Mais quand la Ville s'en mêle, négocier respectueusement pour arriver à une entente avantageuse pour toutes les parties devient inutile, voire superflu. Les propriétaires refusent de quitter? Qu'à cela ne tienne, exproprions-les!
L'expropriation est présentée comme une banalité, mais ce geste est grave. C'est une saisie de propriété qui relève de la tyrannie. C'est un vol inqualifiable! C'est de l'interventionnisme sauvage à saveur soviétique!
L'article 17 de la Déclaration universelle des droits de l'homme stipule que «nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété». En principe, c'est à l'État qu'incombe la responsabilité d'assurer le respect des droits de propriété, et de nous protéger des agresseurs. Mais la Ville estime être au-dessus de ces principes et bafoue sans vergogne des droits de propriété clairement établis. Elle veut des terrains et elle les aura, dût-elle recourir à la force. On trouverait inacceptable que notre voisin use de violence pour nous évincer de notre maison et s'y installer. Alors pourquoi sommes-nous anesthésiés quand c'est le cartel SDA/Ville qui agit ainsi?
Un pouvoir public qui arrache la propriété à un commerçant pour l'octroyer un autre, ce n'est ni «citoyen» ni «communautaire», c'est immoral!
Le projet du Quartier des spectacles est certainement pertinent et les promoteurs sont bien intentionnés. Là n'est pas la question. Mais voulons-nous réellement vivre dans une société soviétisée où nous devons obéir à un pouvoir arbitraire et brutal qui peut impunément s'emparer de notre bien? Et comment peut-on s'épanouir quand un despote défend des intérêts catégoriels particuliers et emploie la force pour imposer sa propre vision?
Bien que le cartel SDA/Ville viole des droits de propriété et fasse régner la loi de la jungle, nombreux sont ceux qui y voient une marque «leadership». Soit! Mais par souci de cohérence, ils devront également applaudir si un jour, une autre administration à la vision différente, décidait d'user du même pouvoir arbitraire pour, par exemple, exproprier des résidents du plateau Mont-Royal afin de permettre la construction d'un magasin Wal-Mart. Doter Montréal d'un quartier des spectacles est une idée séduisante, mais n'oublions pas que si on sacrifie un droit, il est perdu à jamais.
Certes, il est noble de vouloir revamper notre ville. Mais plutôt que d'engloutir l'argent des contribuables dans un projet grandiose dont la rentabilité est incertaine, l'administration municipale n'aurait-elle pas plutôt intérêt à essayer de comprendre pourquoi des quartiers entiers de Montréal sont délabrés? Et si c'était elle qui siphonnait le dynamisme des individus avec des entraves bureaucratiques et judiciaires inutiles, et avec une fiscalité étouffante? Mais cela, on s'en doute, elle ne l'admettra jamais!
Nathalie Elgrably-Lévy est économiste senior à l'Institut économique de Montréal.
28 mai, 2009
Le chiffre du jour : 358 373 $
27 mai, 2009
Bannir les monopoles publics
Dans un environnement compétitif c’est tout le contraire. Pour survivre l’entreprise doit satisfaire en priorité les besoins des usagers.
Une nouvelle étude sur le système d’écoles privées en Ontario confirme le bien fondé de ce point de vue.
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Les écoles privées de l'Ontario: des communautés bienveillantes qui favorisent l'épanouissement des enfants
Les décideurs devraient s'inspirer des succès des écoles privées pour
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améliorer le réseau public
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OTTAWA, le 26 mai /CNW Telbec/ - Les parents qui assument les coûts élevés d'une école privée sont généralement convaincus que leurs enfants seront mieux instruits que s'ils fréquentaient une école du réseau public.
Une nouvelle étude en Ontario vient identifier les éléments d'une éducation privée les mieux appréciés des parents.
Et selon les responsables de l'étude, les décideurs devraient s'inspirer de leurs recherches pour améliorer le système public.
L'étude a été réalisée à partir d'un sondage de parents dont les enfants fréquentent une école privée en Ontario.
Deani Neven Van Pelt, professeure adjointe à la Faculté d'éducation de Redeemer University College (Ancaster, Ontario); Derek Allison, professeur adjoint à la Faculté d'éducation au University of Western Ontario; et Patricia Allison, chargée de cours à Western, ont ensuite analysé les résultats de ce sondage.
Leur étude a été présentée au Congrès.
Selon la Dre Neven Van Pelt, environ six pour cent des élèves aux niveaux primaire et secondaire en Ontario fréquentent une école privée. Ces écoles sont créées soit pour des raisons religieuses, soit pour des raisons académiques.
Parce qu'elles ne reçoivent aucun financement de la part du gouvernement provincial, ces écoles coûtent cher aux parents qui décident d'y envoyer leurs enfants. Ceci est particulièrement vrai, affirme-t-elle, pour les parents qui choisissent une école privée pour des raisons de religion.
Les chercheurs ont voulu savoir ce qui motivait une famille à assumer de tels coûts.
La Dre Neven Van Pelt dit que le programme d'enseignement, la qualité de l'instruction et des professeurs dévoués ont tous leur importance. Mais selon elle, le plus surprenant a été l'importance accordée à la communauté scolaire elle-même.
Les parents ont souvent raconté comment ils se sont sentis bien entourés par la communauté scolaire, qui leur a offert un soutien à toute épreuve - et ce dans plusieurs aspects de leurs vies. Ils rapportent avoir trouvé dans cette communauté en sentiment de compassion pour les enfants et pour la famille.
Selon les parents, cette communauté bienveillante a permis à leurs enfants de s'épanouir.
"Ca m'a donné tout un choc que de lire des histoires semblables les unes après les autres." affirme la Dre Neven Van Pelt. "Pourquoi ne trouve-t-on pas ça dans le système public?"
"Voilà 30 ans que nous savons ce qu'il faut pour créer une écoleefficace," poursuit-elle, en expliquant qu'une école efficace doit être unecommunauté où tout le monde travaille en fonction du bien-être de l'élève.
Elle dit que les écoles privées, parce qu'elles sont indépendantes, sont plus flexibles et donc plus en mesure de faire en sorte que l'administration et les enseignants travaillent ensemble vers un but commun.
Cette façon de faire ne s'impose pas de l'extérieur, continue-t-elle : Pour être efficace, une école doit puiser dans ses propres ressources et créer sa propre communauté. Et voilà ce qui explique le succès des écoles privées.
Elle dit que les décideurs devraient s'inspirer de ces principes pour améliorer le réseau public.
26 mai, 2009
Le chiffre du jour : 86 %
25 mai, 2009
Le chiffre du jour :
24 mai, 2009
21 mai, 2009
Le chiffre du jour : 39 %
20 mai, 2009
18 mai, 2009
17 mai, 2009
The monkey cage
Rien n'a été dépensé, ni gagné, ni perdu. N'empêche que plus personne dans le village n'a de dettes. N'est-ce pas ainsi qu'on est en train de résoudre - no sweat - la crise mondiale?
(Traduit par Pierre Foglia)




















