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08 juin, 2021

Impact économique de la crise covid : le marché du travail (2)

 Deuxième épisode de notre série portant sur l’analyse économique de la crise sanitaire du point de vue libéral de l’école autrichienne d’économie.

Première partie de l’article ici

Les effets des pandémies sur la structure productive réelle : marché du travail, processus des étapes de biens d’équipement et impact de l’incertitude.

MARCHÉ DU TRAVAIL

L’apparition d’une nouvelle maladie hautement contagieuse qui s’étend à travers le monde avec un taux élevé de mortalité constitue, sans nul doute, un contexte catastrophique capable de provoquer à court, à moyen et même à long terme une série de conséquences économiques importantes.

Parmi celles-ci, et en premier lieu, le coût représenté par les pertes en vies humaines, dont beaucoup étaient pleinement créatives et productives. Rappelons, par exemple, que la fameuse “grippe espagnole” fit dans le monde entre 40 et 50 millions de victimes à partir de 1918 (plus du triple du nombre de morts, combattants et civils, de la Première guerre mondiale) ; cette pandémie ayant spécialement attaqué les hommes et femmes relativement jeunes et robustes, et donc en plein âge productif1.

En revanche, même si la pandémie d’aujourd’hui, due au virus SARS-CoV-2, ne cause que des symptômes légers à 85 pour cent des contaminés, elle reste grave pour les autres quinze pour cent ; un tiers d’entre eux doit même être hospitalisé et un patient sur cinq de ces cas graves décède, s’agissant pour la plupart de personnes à la retraite ou souffrant déjà de pathologies importantes.

La pandémie actuelle n’affecte donc pas de façon appréciable l’offre de main d’œuvre et de talent humain sur le marché du travail, car l’augmentation des décès parmi les personnes en âge de travailler est relativement faible.

Cette situation -nous l’avons dit- diffère dans une large mesure de celle qui découla de la “grippe espagnole” ; on peut estimer que l’offre de travail,  sur le plan mondial, fut environ réduite de plus de 2 pour cent, si l’on ajoute aux décès dus à la maladie les morts de la Première guerre mondiale (la maladie causa 40 à 50 millions de décès et la guerre plus de 15 millions).

Cette relative pénurie de main d’œuvre ne cessa d’exercer une pression à la hausse sur les salaires réels durant les “heureuses années vingt” du siècle dernier. Ce fut le moment de la restructuration de l’économie mondiale : on passa d’une économie de guerre à une économie de paix et le processus fut accompagné en même temps d’une grande expansion de crédit, que nous ne pouvons pas analyser ici en détail mais qui, en tout cas, jeta les bases de la “Grande Dépression” apparue à partir de la grave crise financière de 19292.

Diverses pandémies ont eu, au cours de l’histoire, des effets beaucoup plus importants encore sur le marché du travail. Ainsi, par exemple, la grande peste qui dévasta l’Europe à partir de 1348 et réduisit d’au moins un tiers le volume total de la population.

Après la pandémie, il y eut une augmentation importante des salaires réels qui se consolida durant les décennies suivantes et fut conséquence de la grande pénurie de main d’œuvre survenue.

À ce propos, il est exaspérant de constater que les économistes d’obédience monétariste et, surtout, keynésienne, ne se lassent pas de faire allusion aux prétendus effets “bénéfiques” de guerres et pandémies (sans doute pour tout le monde sauf pour les millions de morts et de personnes appauvries dans ces circonstances).

Ils prétendent que ces tragédies permettent aux économies de sortir de leur léthargie pour prendre le chemin d’une heureuse “prospérité” et justifient en même temps leurs politiques économiques d’interventionnisme monétaire et fiscal intense.

Mises qualifie, avec sa perspicacité habituelle, de pur “destructionnisme économique” ces théories et politiques économiques qui se bornent à justifier et à chercher une augmentation de l’offre monétaire par habitant et, surtout, de la dépense des administrations publiques3.

STRUCTURE PRODUCTIVE ET BIENS D’ÉQUIPEMENT

Outre ces effets sur la population et le marché du travail, nous devons aussi considérer, en second lieu, l’impact d’une pandémie sur le taux social de préférence temporelle et, par là, sur le taux d’intérêt et la structure productive des étapes de biens d’équipement.

En ce sens, la situation peut-être la plus catastrophique que l’on puisse concevoir est celle décrite par Boccace dans son introduction au Décaméron à propos de la peste bubonique qui frappa l’Europe au XIVº siècle. Car, si la conviction d’être à la merci d’une contagion fort probable et d’une mort à court ou moyen terme se répand, il est compréhensible que les appréciations subjectives se tournent vers le présent et la consommation immédiate.

“Mangeons et buvons car demain nous allons mourir” ou bien “repentons-nous, faisons pénitence et prions en mettant de l’ordre dans notre vie spirituelle” sont deux attitudes antagoniques face à la pandémie, parfaitement défendables, mais qui ont le même effet économique : à quoi bon épargner et engager des projets d’investissement qui ne se réaliseront que dans un futur lointain, alors que  nous-mêmes et nos enfants ne serons plus là, et ne pourrons pas en profiter ?

Le résultat flagrant que l’on a pu observer, par exemple, dans la Florence du XIVº siècle dévastée par la peste bubonique, fut l’abandon massif de fermes, bétail, champs et ateliers et, en général, le manque d’entretien et la consommation sans remplacement des biens d’équipement4.

Ce phénomène peut être illustré graphiquement de façon simplifiée, comme je l’explique dans le paragraphe consacré aux “économies en régression” de mon livre Monnaie, crédit bancaire et cycles économiques5, à l’aide des fameux triangles hayékiens ; ceux-ci représentent la structure productive d’une société (leur signification et explication détaillée se trouvent aux pp. 194 et s. de ce même livre).

Comme on peut l’observer sur le graphique 1, on assiste dans ce cas à une augmentation subite et intense du taux social de préférence temporelle qui accroît la consommation monétaire immédiate (figure b) au détriment de l’investissement. Concrètement, de multiples étapes du processus de production, représentées par la zone ombrée de la figure (c), sont abandonnées et une partie très importante de la population cesse de travailler (pour cause de décès ou volontairement) ; ceux qui survivent se mettent à consommer assidûment des biens de consommation (dont les prix en unités monétaires flambent en raison de la contraction de leur offre et de la diminution généralisée de la demande de monnaie).

Les transactions sur le marché du temps et des fonds prêtables sont pratiquement interrompues et les taux d’intérêt, pour le petit nombre de celles qui se font, montent en flèche.

A l’inverse de ce qui se passe dans la situation précédente, on ne relève pas de modification significative du taux social de préférence temporelle dans le cas de la pandémie de Covid-19 (mis à part l’effet d’augmentation temporelle de l’incertitude que l’on étudiera plus loin).

D’une part, les circonstances actuelles sont loin de rappeler une pandémie aussi grave que celle décrite par Boccace dans Le Décaméron. Comme nous l’avons indiqué, la mortalité prévisible de la population en âge de travailler est pratiquement négligeable et les perspectives concernant l’aboutissement des projets d’investissement les plus longs à réaliser demeurent inchangées (par exemple, on continue à investir dans la conception, l’innovation et la production des voitures électriques futures, et dans beaucoup d’autres projets d’investissement à long terme).

Et, si le taux social de préférence temporelle n’a pas connu de modification significative, la structure des étapes de production de biens d’équipement décrite de façon simplifiée dans le graphique hayékienne n’a pas non plus été altérée, si ce n’est par trois effets ; l’un à très court terme, un autre à moyen terme (1 à 3 ans) et le troisième d’une durée plus longue ou même indéfinie.

L’EFFET DES CONFINEMENTS OBLIGATOIRES

Le premier cas est celui de l’effet immédiat et réduit dans le temps (quelques mois) qu’ont exercé les confinements obligatoires imposés par les gouvernements sur la structure productive réelle.

On peut supposer que la “pause” économique décrétée durant quelques mois a surtout affecté l’effort productif le plus éloigné de la consommation finale : somme toute, la population, même celle confinée qui n’a pas pu travailler, a forcément continué à demander et à consommer des biens et services de consommation (même si c’était à travers le commerce électronique – Amazon, etc.- car de nombreux magasins et distributeurs finaux ont été obligés de fermer, n’étant pas considérés “activités essentielles”).

Dans ces conditions et si la demande finale de monnaie orientée vers la consommation ne s’est pas sensiblement modifiée, soit parce que les économies domestiques, en état de pause forcée imposée par les autorités, ont tiré sur leurs réserves financières ou parce qu’elles ont remplacé leur baisse de revenus par des fonds provenant d’aides temporaires pour chômage (ERTES, ERES, etc.), la structure productive d’un point de vue monétaire aura oscillé de façon pendulaire pendant un cours laps de temps, comme l’indique le schéma ci-dessous (graphique 2) :

En tout cas, une fois achevée la “déconnexion” forcée du processus  productif et les facteurs de production étant revenus à leur emploi, le processus de production peut redémarrer là où il s’était arrêté, car il n’y a pas eu d’erreurs systématiques génératrices de mauvais investissements qu’il faille reconvertir6.

Contrairement à ce qui arriva durant la Grande Récession de 2008, la structure productive n’a pas souffert de dommages irréversibles ; de sorte qu’un processus long et douloureux de reconversion et de réaffectation massive de main d’œuvre et de facteurs de production ne s’impose pas : il faut simplement qu’entrepreneurs, travailleurs et travailleurs indépendants retournent à leurs occupations, et reprennent leurs travaux là où ils s’étaient interrompus en utilisant les biens d’équipement qui restèrent alors intacts (il y a quelques mois) et demeurent disponibles.

Il convient de préciser que ce premier effet à très court terme se produirait aussi, quoique de façon beaucoup plus légère, moins traumatisante, et que l’oscillation du mouvement pendulaire serait donc bien moindre que celle indiquée sur le graphique, si les confinements se faisaient de manière volontaire et sélective et étaient décidés au niveau “micro” par les familles, entreprises, quartiers, etc., dans le contexte d’une société libre ; société qui ne connaîtrait pas de gouvernements monopolistes (autogouvernement propre à l’anarchocapitalisme) ou dont les gouvernements ne seraient pas centralistes et n’imposeraient pas de mesures généralisées et coercitives de confinement indiscriminé.

DES SECTEURS OÙ LA CONSOMMATION EST RÉDUITE

Il y a, néanmoins, différents secteurs, fondamentalement liés à l’étape de la consommation finale, pour lesquels la demande est sévèrement réduite une fois le confinement terminé et durant la période, de parfois plusieurs mois7, nécessaire pour se relever de la pandémie et revenir à la normalité totale de mouvements préalable à son explosion.

Essentiellement des secteurs comme le tourisme, le transport, l’hôtellerie et les spectacles, qui sont relativement très importants dans certaines économies comme l’espagnole, pour laquelle le tourisme représente presque 15 pour cent de son PIB, demandent un changement plus profond que celui simplement pendulaire décrit au point précédent et qui affecte la structure productive pendant une période plus prolongée (environ deux ans).

Naturellement, toutes circonstances égales, si les économies domestiques consomment moins en transport aérien, hôtels, restaurants ou théâtres, elles consommeront davantage d’autres biens et services de consommation différents ou de remplacement; ou bien elles consacreront davantage de leur revenu à l’investissement ou à l’augmentation de leur solde de trésorerie.

Laissant de côté l’accroissement possible de la demande de monnaie, que nous étudierons ensuite à propos de l’incertitude, on voit clairement que la structure productive devra s’adapter temporairement aux circonstances nouvelles et tirer le meilleur parti possible des ressources restant actives dans les secteurs affectés (au moins partiellement) et, surtout, de celles qui restent forcément et provisoirement non employées ; elles devront être réaffectées aux lignes de production de remplacement où elles pourront trouver un emploi profitable (temporaire ou définitif).

Ainsi, par exemple, certains restaurants resteront ouverts coûte que coûte, reconvertiront leur offre (en faisant par exemple des repas à servir à domicile), réduiront leurs dépenses au maximum (en licenciant du personnel ou en le reconvertissant directement ou indirectement, par exemple en livreurs à domicile) et négocieront leurs obligations avec les fournisseurs de façon à réduire à un minimum les pertes et la consommation de capital.

Cela leur évitera de laisser perdre les années consacrées à acquérir une réputation et un équipement de grande valeur et difficilement reconvertible, et d’attendre une conjoncture plus favorable qui leur offrira une situation plus avantageuse que celle de leurs concurrents face à la prévisible et nouvelle reprise du secteur.

D’autres entrepreneurs choisiront, au contraire, de se retirer et d’ »hiberner »; ils fermeront pour un temps leurs entreprises, mais en laissant leurs infrastructures et contacts de travail prêts pour une réouverture aussi rapide que possible dès que les circonstances le permettront.

Un troisième groupe, généralement constitué par les projets entrepreneuriaux marginalement moins rentables même dans les contextes prépandémiques, se verra obligé à fermer définitivement ses entreprises et à liquider ses projets entrepreneuriaux.

Tous ces mouvements et décisions entrepreneuriaux peuvent et doivent être engagés de façon relativement rapide et en réduisant les coûts au maximum. Cela ne sera possible que dans une économie dynamiquement efficiente, qui favorise le libre exercice de la fonction entrepreneuriale et ne l’entrave ni par des réglementations défavorables, spécialement sur le marché du travail, ni par des impôts dissuasifs.

Car ce ne seront bien sûr ni le gouvernement ni ses fonctionnaires qui seront capables de prendre les décisions les plus indiquées à tout moment et dans les circonstances particulières de lieu et de temps, mais une foule d’entrepreneurs qui, malgré toutes les difficultés, désirent continuer à avancer, imperturbables, vers un futur meilleur et restent confiants.

Notre triangle simplifié de structure productive peut, tout au plus, montrer (graphique 3), dans le cas où le taux social de préférence temporelle ne subit pas de changement significatif,  un va-et-vient horizontal de son hypoténuse, d’abord vers la gauche, lorsqu’il enregistre l’impact agrégé de moindre demande dans les secteurs affectés (et chez leurs fournisseurs respectifs), puis de nouveau à droite, à mesure que cette demande est remplacée par une de substitution durant les mois précédant le retour à la normalité, et dans la mesure du rétablissement de la demande monétaire perdue par ces secteurs.

Bien entendu, le graphique ne permet de montrer ni les innombrables décisions entrepreneuriales ni les mouvements réels d’investissement qu’implique l’oscillation horizontale rapide et flexible, représentée par les flèches à double sens.

Mais il permet de voir le grave risque que suppose l’adoption de politiques qui tendent à raidir la structure productive, en maintenant d’une part des entreprises “zombies” qui devraient être liquidées le plus vite possible et en entravant en même temps par des réglementations et des impôts l’effet “rebond” vers la droite de l’hypoténuse de notre triangle. Car l’intervention en matière fiscale et de réglementation peut fixer indéfiniment la structure productive réelle dans la position BB et empêcher son retour vers la position AA.

Inutile de dire que tous ces processus d’ajustement rapide et de reprise exigent un marché du travail très souple et flexible qui permette de licencier et d’employer à nouveau de façon très rapide et à peu de frais.

Il faut rappeler qu’à la différence de ce qui se passa durant la Grande Récession de 2008 (et en général après toutes les crises financières faisant suite à des processus prolongés d’expansion de crédit), on ne part pas, dans le cas de la Pandémie actuelle, d’un mauvais investissement généralisé des ressources productives (par exemple dans le secteur de la construction comme en 2008) qui pourrait justifier un volume structurel important de sous-emploi à long terme.

Il est maintenant possible, au contraire, de réaffecter de façon durable, rapide et permanente la main d’œuvre et les facteurs de production; il faut pour cela que les marchés du travail et de facteurs de production soient aussi libres et souples que possible.

Reste à analyser la possibilité de changements définitifs dans les habitudes de consommation de la population qui exigent des modifications permanentes de la structure productive des étapes d’investissement en biens d’équipement de la société.

Il convient d’indiquer à ce sujet que, dans toute économie de marché non contrôlée, la structure productive s’adapte toujours de façon progressive et non traumatisante aux changements relatifs aux goûts et besoins des consommateurs.

Et même si la Pandémie peut provoquer une accélération de la découverte et de l’adoption définitive de certaines habitudes nouvelles chez une grande partie des consommateurs (par exemple, l’extension généralisée du commerce électronique, la plus grande utilisation de certains moyens de paiement ou la généralisation de vidéoconférences dans le monde des affaires et dans l’enseignement, etc.), leur importance est peut-être exagérée, surtout si on compare ces prétendus changements radicaux à ceux dérivés depuis le début du XXIº siècle de la plus grande mondialisation du commerce et des échanges et de la révolution technologique qui l’a accompagnée et rendue possible.

Tout cela a permis à des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté et des milliards d’individus (spécialement en Afrique et en Asie), jusque-là étrangers aux circuits productifs et commerciaux propres aux économies de marché, ont pu entrer dans les flux de production.

Les forces productives du capitalisme se sont ainsi activées comme jamais auparavant dans l’histoire et, malgré le poids du contrôle et de la réglementation étatique qui entrave continuellement le progrès, l’humanité a obtenu un grand succès social et économique : elle a atteint et maintenu un volume de population de 8 milliards d’individus dont le niveau de vie aurait été inconcevable il y a encore quelques dizaines d’années.

De ce point de vue, l’impact économique de la crise covid à long terme de la Pandémie actuelle doit être à juste titre minimisé dans un contexte de changements beaucoup plus importants et profonds auxquels s’adaptent continuellement et sans difficultés majeures les économies de marché.

Ainsi donc, notre analyse doit revenir à l’étude des effets à court et moyen terme de la Pandémie actuelle, qui, en raison de leur plus grande proximité, peuvent être considérés aujourd’hui plus importants.

A suivre.

  1. L’auteur de ces lignes se rappellera toujours le récit de son ami Arthur Seldon racontant comment il perdit ses parents. Seldon, une fois diplômé de la London School of Economics fut, avec Lord Harris of High Cross, le premier Directeur général de l’Institute of Economics Affairs (IEA) de Londres, membre distingué de la Mont Pelerin Society, grand polygraphe et défenseur de l’économie de marché. Ses père et mère moururent, à l’âge de trente ans, alors qu’il était tout enfant, victimes de la grippe espagnole et en peu de temps. Arthur Seldon se trouva ainsi orphelin à deux ans et fut adopté. Il sut, avec le temps, surmonter cette expérience traumatisante qui lui laissa cependant une séquelle permanente : un bégaiement dont il ne se défit jamais mais qui ne l’empêcha pas de devenir l’un des économistes les plus brillants du Royaume-Uni et qui inspira dans une large mesure la révolution conservatrice de Margaret Thatcher entreprise à la fin des années soixante-dix du siècle dernier. Voir Arthur Seldon, Capitalism, Blackwell Publishers, 1991, en particulier pp. 58 et 77. ↩
  2. Voir, par exemple, Murray N. Rothbard, La Gran Depresión, Unión Editorial, Madrid 2013. ↩
  3. Voir, par exemple, le cas de Carlo Maria Cipolla, commentant les effets de la peste noire du XIVº siècle dans son livre Il governo della moneta a Firenze e a Milano nei secoli XIV-XVI, 1990, et ma critique à Cipolla dans Monnaie, crédit bancaire et cycles économiques, L’Harmattan, Paris 2011, pp. 63-64 et spécialement la note 111. La paranoïa destructionniste atteint, cependant, son zénith avec Paul Krugman qui osa affirmer dans son article “Oh! What a lovely war” publié en 2011 que “La deuxième guerre mondiale est la grande expérience naturelle portant sur les effets qu’entraîne une grande augmentation de la dépense publique, et a toujours servi en tant que telle d’important exemple positif (!) pour tous ceux qui défendons une attitude activiste face à une économie déprimée”. Cité par J.R. Rallo dans son prologue à La Gran Depresión, op. cit., pp. XXVI-XXVII. ↩
  4. “Tous, comme s’attendant à voir venir la mort le jour même, s’efforçaient non pas de travailler pour les fruits futurs des animaux et de la terre et de leurs travaux passés, mais de consommer ceux qu’ils avaient sous la main”. G. Boccace, Le Décaméron, Première Journée, fin du second paragraphe, et mes commentaires à ce qu’indique John Hicks à ce propos (Capital and Time: A Neo-Austrian Theory, Clarendon, Oxford 1973, pp. 12-13) inclus dans Jesús Huerta de Soto, Monnaie, crédit bancaire et cycles économiques, L’Harmattan, Paris 2011, pp. 64 et 230. ↩
  5. Ibidem, pp. 229-230. ↩
  6. Mis à part, naturellement, ceux qui existaient avant la Pandémie et attendaient d’être liquidés ou reconvertis. ↩
  7. Pour la “Grippe espagnole”, cette période fut d’un peu plus de deux ans. Pour la Pandémie actuelle de Covid-19, et malgré les vaccins, on estime que cette deuxième phase durera à peu près autant, ou quelques mois de moins. ↩

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