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28 février, 2021

Et tous seront égaux, de gré ou de force

OPINION : Et si on évitait de créer des lois dont l’efficacité ne semble pas toujours la qualité première et de laisser le citoyen moyen penser qu’il n’en a pas pour son argent ?

Dans l’éternelle guerre française opposant libéralisme et étatisme, c’est ce dernier qui semblait avoir remporté la dernière bataille. L’improbable Covid est tombé du ciel pour redonner l’avantage à la machine étatique française.

Il était en effet vital en 2020 :

  1. Que chaque Français soit traité avec équité.
  2. Que la méchante hydre ultralibéralequivousveutdumal ne s’empare pas de ces nouveaux marchés juteux pour escroquer les pauvres consommateurs et/ou malades et/ou usagers français.
  3. Que, quoi qu’il en coûte, nous laissions notre pays dans l’état dans lequel nous l’avons trouvé en arrivant.

Un an après, il semble que le libéralisme reprenne du poil de la bête au vu des multiples errements, hésitations et autres incompétences dont la machine étatique semble avoir fait preuve ces douze derniers mois. En tout cas, mais je suis peut-être influencé par mon biais de confirmation, il semble que l’on entend moins fort les voix qui chuchotent à l’oreille de l’État et hurlent leur amour du collectivisme dans les médias.

Mais finalement, tout cela est-il bien le sujet de la discussion ? Trop ou pas assez d’État, c’est un peu comme trop ou pas assez de tests, trop ou pas assez de malades, de contraventions, de dette…

Le problème que l’on pose habituellement, à savoir : un État pour tous ou un État pour s’occuper de ceux qui en ont vraiment besoin, n’est peut-être pas le bon problème. Et si le problème est mal posé, la réponse ne peut être bonne.

ANECDOTE PERSONNELLE

Pour illustrer, voici une petite aventure personnelle du quotidien, autrement baptisée anecdote.

Je suis membre d’un club de théâtre. Comme toute association, nous devons faire preuve d’une transparence complète vis-à-vis de la préfecture, notamment en déposant notre procès-verbal d’assemblée générale sur le site ad hoc. Je dépose donc le document et me dit que l’affaire est pliée… Mais non.

Je reçois quelques semaines plus tard un courrier indiquant que la demande est refusée pour cause de cases non cochées. Je retourne cocher la bonne case qui permettra à un préposé assermenté de vérifier si notre association très petite et très amateure n’est pas en train de préparer… je ne sais quoi de dangereux.

Cette aventure passionnante soulève un certain nombre de questions.

Quelqu’un est-il VRAIMENT chargé de lire tous les procès verbaux de toutes les assemblées générales de France pour traquer les déviants ? Est-ce fait ? Dans quelles conditions ? Dans quel but ?

Et puis que cherche-t-il exactement ? Quel est le risque de laisser une association comme la nôtre gérer sa vie en toute autonomie ? Que mettons-nous en péril au point d’être contrôlés ainsi ?

La seule réponse crédible est que, parmi le maquis ahurissant qui compose l’asso-sphère française, ces millions d’organisations plus ou moins grosses, plus ou moins amicales, ont pu émerger quelques brebis galeuses : entreprise maquillée en association, détournement d’argent à des fins personnelles ou diffusion d’idées pas très républicaines. Certes.

Mais alors est-ce par le moyen qui nous est proposé, ce contrôle tatillon de toute modification, que nous allons remédier à cela ?

Ne serait-il pas plus efficace de mettre en place une vraie politique d’enquête et de traçage des contrevenants ? Vous savez : tester, tracer, isoler. Hein ? Ça vous parle ?

Ce qui m’amène à ma réflexion de départ : trop/pas assez d’État, est-ce le problème ?

LA SOLUTION DE LA PUNITION COLLECTIVE

Le problème n’est-il pas plutôt que nous traitons toujours des situations particulières de manière générale ? Autrement dit, plutôt que de trouver et condamner les fautifs, nous préférons faire subir à l’ensemble de la population une loi contraignante en espérant que le nombre de déviants restera limité.

Poussé par la curiosité et un peu de mauvaise foi, je vous propose ma liste des cas généraux censés traiter les cas particuliers.

Des foufous prennent la route pour un circuit ? C’est vrai. La réponse : le 80 km/h. Ou les ralentisseurs tous les 100 mètres ou les ronds-points à chaque carrefour même quand ce n’est pas un carrefour.

Il y a des malades ? Confinons toute la population.

Un problème d’emploi ou de stratégie industrielle ? Refabriquons un commissariat au plan et planifions sur dix ans l’ensemble de l’économie française.

Un problème de trafic de drogue dans les quartiers ? Jetons quelques milliards sur les tours.

Des élus peu scrupuleux s’en mettent plein les poches grâce à des marchés truqués ? Pas de problème : pourrissons la vie de l’ensemble des entreprises françaises qui voudraient commercer avec les administrations en les obligeant à remplir des dossiers épais, complexes et illisibles pour qu’au final seules les plus grosses d’entre elles aient les moyens et le temps nécessaires de s’y consacrer.

Certains abusent de la Sécurité sociale ? Ça roule : un parcours de soin général et global que tout le monde doit suivre sous peine de sanction financière.

Un problème de pollution en ville : supprimons les voitures.

Toutes ces décisions globales évidemment agrémentées de taxes, impôts et contraventions mitonnées aux petits oignons par nos énarques en liberté, eux.

TROP DE LOIS TUENT LA LOI

Quand je discute avec tout un chacun de libéralisme, la remarque qui m’est généralement faite est que l’on ne peut pas laisser les gens faire ce qu’il veulent.

Je suis d’accord, et d’ailleurs personne n’a jamais dit que le libéralisme consistait à supprimer toutes les lois pour laisser s’installer le laisser-faire généralisé.

Au contraire, l’un des objectifs du libéralisme étant de laisser aussi peu de lois que possible pour encadrer efficacement la vie en société, il est impératif que ces lois soient appliquées à la lettre. Et que le contrôle soit efficace.

Rêver à une instauration du libéralisme en France passe d’abord et avant tout par le recentrage de l’action de l’État sur l’application des règles telles qu’elles ont été décidées. Donc de déployer les moyens humains et techniques pour faire respecter ces règles. Et de sanctionner les contrevenants individuellement et systématiquement.

Ceci devrait éviter à l’avenir de créer des lois systémiques dont l’efficacité ne semble pas toujours la qualité première. Et de laisser le citoyen moyen penser qu’il n’en a pas pour son argent.

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