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Nouvelle devise du dollar canadien : Un de perdu, dix d’empruntés. - Michel Beaudry

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17 juillet, 2007

Religion ne rime pas avec esprit critique

Depuis que l’écologie a été élevée (ou rabaissée selon le point de vue) au niveau de religion les politiciens, les artistes et les médias n’hésitent pas à s’en servir pour mousser leur popularité. Les Québécois, en manque de spiritualité depuis la révolution tranquille, sont nombreux à adhérer aveuglément aux dogmes de la religion de l’écologie.

Hypocrisie ou bêtise
Le Journal de Montréal, p. 24 / Nathalie Elgrably, 12 juillet 2007

Les huit concerts du Live Earth organisés par Al Gore ont réuni plus de 100 artistes et auraient été vus par le tiers de la planète. Ce festival de la bonne conscience écologique avait pour objectif avoué de conscientiser les gens au réchauffement planétaire et à ses effets.

Conscientiser les gens? Pourtant, il ne s’écoule pas une seule journée sans que les médias endoctrinés ne traitent de la question climatique et ne nous rabâchent les consignes «écologiques» qu’un citoyen solidaire devrait respecter pour éviter une apocalypse certaine! S’il existe un enjeu dont la terre entière est au courant, c’est bien celui du réchauffement. À quoi ce concert rock peut-il donc bien servir, si ce n’est à mettre Al Gore en valeur en vue des prochaines présidentielles américaines et à amasser des fonds pour financer l’organisme qu’il préside, l’Alliance for Climate Protection?

Avec des amis comme ça…

Par ailleurs, organiser un concert planétaire pour sauver l’environnement est aussi aberrant que d’organiser le festival du fast-food pour promouvoir une saine alimentation. Difficile d’imaginer la quantité d’énergie que cet événement a exigée. À lui seul, l’éclairage de la scène britannique a consommé plus d’électricité qu’il n’en faut pour alimenter 10 résidences privées. Et si on tient compte de tous les déchets produits par cet événement et de tout le carburant qui a servi aux avions, aux autobus et aux automobiles empruntés par les artistes et les spectateurs, le bilan environnemental de Live Earth devrait faire rougir de honte les écolos.

Al Gore a donc eu l’idée géniale de brûler des quantités astronomiques de carburant pour transmettre son message de conservation de l’énergie! Avec des amis comme ça, la planète n’a pas besoin d’ennemis!

Quant aux artistes qui ont brûlé les planches, il est incontestable qu’ils excellent dans leur domaine. Mais pourquoi devrions-nous écouter leurs opinions sur une question scientifique aussi sérieuse que le réchauffement climatique? Non seulement ne sont-ils pas climatologues, mais certains d’entre eux sont parmi les individus les plus pollueurs de la planète. Ne savent-ils pas qu’un jet privé brûle en une heure autant de carburant qu’une voiture familiale n’en consomme en un an? Quant à Al Gore, sa résidence consomme en un mois deux fois plus d’électricité qu’il n’en faut à une famille américaine moyenne pendant un an.

Faites ce que je vous dis, mais ne faites pas ce que je fais…

Il faut également se demander si les groupes écologiques prennent eux-mêmes la «menace» environnementale au sérieux. Après tout, certains s’opposent au développement de l’énergie nucléaire bien qu’elle soit propre. En revanche, ils partagent l’idée d’Al Gore de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 90% d’ici 2050. Ils préfèrent donc des mesures qui nous ramèneraient à l’époque médiévale plutôt que d’envisager de nouvelles technologies!

Des effets dans 50 ou 100 ans

Le réchauffement planétaire est peut-être réel, mais cela ne signifie pas qu’il faille en faire une priorité absolue. Les mesures préconisées par les écolos sont extrêmement coûteuses et n’auront que des effets minimes dans 50 ou 100 ans.
Entre temps, nous négligeons les gens qui vivent dans la misère extrême. Plutôt que de tenir un concert inutile, nous aurions pu mettre en place des mesures simples et bon marché qui permettraient de réduire la malaria et la propagation du VIH dans les pays en développement. Or, nous négligeons le présent pour nous intéresser aux conséquences du réchauffement alors qu’elles sont contestées et contestables. Mais où est donc notre esprit critique?

* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.
Nathalie Elgrably est économiste à l'Institut économique de Montréal et auteure du livre La face cachée des politiques publiques.

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