Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Nouvelle devise du dollar canadien : Un de perdu, dix d’empruntés. - Michel Beaudry

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30 juillet, 2007

L’ineptie des services publics

Les nouveaux pouvoirs de taxations, réclamés par le maire de Montréal, permettront de camoufler l’ineptie de la bureaucratie municipale pendant un certain temps. Malheureusement, l’argent additionnel obtenu servira surtout à financer la croissance d’une bureaucratie inefficace et à remettre à plus tard les réformes essentielles au bon fonctionnement de la ville.

Si Montréal pouvait impartir toutes les tâches présentement effectuées par les cols bleus les économies obtenues se chiffreraient en centaines de millions. Pour s’en convaincre il suffit de se rappeler que pour refaire les lignes blanches du circuit Gilles Villeneuve, la ville à facturer l’organisation de Normand Legault 21 000$. Pourtant, celui-ci avait des soumissions de 8000$ pour effectuer le même travail.

Il est indécent de demander aux contribuables surtaxés de Montréal de payer encore plus de taxes pour compenser une gestion aussi inefficace.

Alain Dubuc, La Presse

Collaboration spéciale

En trois jours, j'ai été témoin de trois incidents provoqués par les trous et les craques dans les rues et les trottoirs de Montréal. Pas des drames. Des petites histoires ordinaires, mais qui ne se seraient pas produites il y a une dizaine d'années.

Je ne veux pas faire de grandes analyses là-dessus, nommer des coupables, réfléchir aux causes du problème, ou me lancer dans de longues considérations sur le contexte budgétaire. Non. Seulement réfléchir un peu à cette transformation de la réalité urbaine qui rend la vie dans nos villes un petit peu plus compliquée, un petit peu plus dangereuse.

Le premier incident s'est produit il y a deux semaines, en début de soirée. Ma fille jouait dans la rue avec une petite amie en visite avec ses parents. La copine s'est pris le pied dans un nid-de-poule, un trou de trois ou quatre centimètres, d'une vingtaine de centimètres de diamètre, et elle s'est ouvert le genou. Son papa, au lieu de venir au restaurant comme prévu, a passé la soirée à Sainte-Justine, le temps qu'on gèle le genou, qu'on nettoie la plaie et qu'on la referme.

Le lendemain, toujours sur notre bout de rue, une jeune femme qui passait le soir en vélo a fait une culbute quand sa roue avant s'est prise dans un autre trou. Une espèce de cuvette, imposante, un bon 12 centimètres de creux et 25 de large, que les automobilistes de la rue ont appris à éviter en zigzaguant, comme en Amérique latine.

Je ne dis pas où j'habite, pour ne pas accabler inutilement l'administration de l'arrondissement, car je sais que c'est partout pareil. Mais depuis, quelqu'un a placé un cône orange dans le fond de cette cuvette. Personne ne sait s'il s'agit d'une intervention de la Ville ou l'initiative d'un citoyen tanné.

Troisième incident, un jour plus tard: nous roulions en auto en famille dans le centre-ville quand nous avons vu une vieille dame étendue sur le trottoir. Je me suis arrêté pour lui porter secours. La vieille dame, une touriste, n'était pas blessée. Mais elle n'était pas capable de se relever après avoir chuté. Elle s'était enfargée dans une grosse craque du trottoir qu'elle était incapable de voir.

J'ai dit que je ne ferais pas de grandes analyses. Mais la vérité, c'est que j'ai consacré des heures et des heures de réflexion aux trous et aux craques dans les rues. Parce que je fais du jogging. Mon circuit est carrément lunaire et il faut vraiment regarder par terre pour ne pas se planter. Et comme, en jogging, l'esprit vagabonde, j'ai beaucoup pensé à ces trous tout en courant.

Le printemps dernier, il s'est passé quelque chose. Un employé de la Ville a encerclé les crevasses et les nid-de-poules les plus significatifs avec une bombe de peinture blanche. Ce qui était intriguant, c'est que plein de trous, pourtant pas mal plus costauds, avaient été oubliés par le graphitiste municipal. Je cherchais la logique: pourquoi avoir encerclé ce trou-ci et pas celui-là? Je n'ai jamais réussi à trouver le pattern.

À mesure que les semaines passaient, les trous n'étaient toujours pas réparés, mais la peinture s'effaçait à vue d'oeil. Suspense: les gars de la voirie arriveraient-ils avant que la peinture disparaisse? Faudrait-il recommencer le complexe et mystérieux travail de sélection?

En fin de compte, le gros du travail a été fait. La plupart des trous encerclés ont été bouchés. Mais pas tous! Il en reste. Encore un mystère. Y a-t-il une norme qui m'échappe? Ou une règle syndicale? Ou un mécanisme neurologique: il y a tellement de trous que le cerveau humain finit par ne plus les voir?

J'ai dit que je ne voulais pas critiquer qui que ce soit. Je voudrais donc plutôt faire des suggestions constructives. D'abord, pour la Ville. Il faudrait penser à une nouvelle signalisation pour indiquer le degré de difficulté des rues, leur niveau de dangerosité, un peu comme pour les pentes de ski: du vert pour les rues familiales sécuritaires, du bleu pour les rues comportant un niveau de dangerosité intermédiaire et du noir pour les expertes. De plus, on pourrait voir différents types de signalisation, comme un double losange pour indiquer qu'il ne faut pas emprunter la rue en vélo le soir.

Ensuite, une initiative citoyenne. Soyons à la mode. Les Montréalais devraient toujours garder un peu d'asphalte pour boucher eux-mêmes les nids-de-poule devant chez eux. Il y a bien sûr des risques. Qu'un zélé, à la Ville, flairant la mine d'or, force les citoyens à obtenir des permis d'asphaltage. Ou que les cols bleus n'apprécient pas et réagissent avec leur légendaire virilité.


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