Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Nouvelle devise du dollar canadien : Un de perdu, dix d’empruntés. - Michel Beaudry

________________________________________________________________________

15 juillet, 2007

Marché vs démocratie

André Dorais

Dans un régime démocratique l’électorat est appelé à voter pour un parti, un individu ou des projets en particulier. Aussi nombreux qu’ils puissent être, ils ne constituent pas un gage de satisfaction. Le processus démocratique n’est pas conçu pour répondre aux besoins de chacun. Voter constitue bel et bien l’expression d’une volonté individuelle, mais ne traduit pas une raison précise. Il existe pratiquement autant de raison de voter qu’il y a d’électeurs.

Son mode de financement est tout aussi inapproprié. En effet, puisque les consommateurs des services gouvernementaux ne sont pas nécessairement ceux qui les payent, l’indifférence, l’abus et la négligence ont la voie grande ouverte. À l’inverse, ceux qui les payent se retrouvent avec moins de ressource pour créer de la richesse. Il s’ensuit que la capacité à satisfaire les besoins est affectée deux fois plutôt qu’une. Il y a également un prix moral à payer pour cette façon de procéder et ce pourrait être la solidarité sur laquelle la démocratie prétend être fondée.

Si en démocratie un vote est sujet à plusieurs interprétations, au contraire, dans un marché libre le choix exercé par un consommateur est sans équivoque. Le marché répond aux besoins particuliers des gens sur une base volontaire. Un individu achète sa nourriture en échange d’une somme d’argent, un autre offre ses services en échange d’un salaire, etc. Le gain est mutuel, car aucun des partis d’une transaction n’oblige l’autre à en arriver à une entente.

Le choix de refuser une offre est d’autant plus grand qu’il y a concurrence entre les agents économiques. Celle-ci s’établit sur les prix et les salaires d’une part et d’autre part, sur la qualité et la quantité des biens et des services. Le salaire seul d’un individu est insuffisant pour conclure à sa richesse ou à sa pauvreté relative. On doit toujours comparer un salaire au nombre et à la qualité des biens économiques qu’il peut en retirer et à la valeur qu’il leur attribue. Puisque cette évaluation varie selon chaque individu, il est malavisé pour un gouvernement de décréter un salaire minimum, ou encore des prix planchers et plafonds.

Dicter aux gens un «juste» prix (salaire, taux d’intérêt) est non seulement prétentieux et infantilisant, mais a des conséquences sur la production et la distribution de richesse. Plus le salaire minimum est élevé, plus il tend à créer du chômage, qui, à son tour, tend à hausser les prix des biens économiques. De manière générale, plus on décrète de prix minimums, moins les consommateurs peuvent en tirer des économies. En ce qui a trait aux producteurs affectés, ils chercheront à produire autre chose pour ne pas se retrouver avec des surplus. À l’inverse, plus on met en place des prix maximums, plus on crée de pénuries.

La présomption d’établir un «seuil raisonnable» sur les prix s’étend aux revenus octroyés par l’État. À titre d’exemple, on peut mentionner les prestations d’aide sociale et d’emploi, les allocations familiales, les subventions, etc. À la différence des seuils fondés sur des prix, ceux établis sur des revenus exigent une redistribution des richesses via les pouvoirs fiscaux. Ici encore, on présume être en mesure d’utiliser ces pouvoirs avec discernement. Or, l’État n’a de cesse de les utiliser pour empiéter des champs toujours plus vastes de l’activité économique : garderie, alcool, casinos, transport public, électricité, éducation, assurance médicaments, santé, emploi, automobile, etc.

Des mesures sont établies, amendées, abrogées et renouvelées dans un processus qui ne cesse de s’alourdir. Comment pourrait-il en être autrement? L’idée de justice, ou de solidarité, sur laquelle l’État moderne se fonde est impossible à déterminer. Elle relève davantage des diktats de quelques-uns que des partis concernés. Il est temps de la réviser, ou plutôt de la redécouvrir.

Tant et aussi longtemps que les agents économiques ne sont pas limités autrement que par le respect de l’individu et ce qui lui appartient pour en arriver à une entente, les prix, de même que le mécanisme des profits et pertes, guident l’investissement, la production et la distribution de richesse au bénéfice de tous. L’investisseur et le producteur cherchent un profit en comblant les besoins des consommateurs; les intérêts des uns et des autres sont indissociables. Cela est valide pour tous les secteurs d’activités. Le marché n’exclut personne.

La démocratie a tendance à évacuer l’idée de propriété pour la remplacer par celle, galvaudée, de bien commun, ou ses équivalents. En effet, que contrôle un individu d’une propriété dite publique? Il ne peut ni acheter sa part, ni la vendre. Il est taxé pour veiller à l'entretien d'une propriété dont il n'a aucun contrôle et qui, trop souvent, laisse à désirer non pas par manque de fonds, mais d’appartenance. Une propriété est individuelle ou ce ne l’est pas.

Elle est fondamentalement d’ordre éthique. Elle renvoie à l’homme, en tant qu’il est propriétaire de lui-même, et à ce qui lui appartient. Elle est à la base des «droits naturels» censés encadrer la démocratie. Malheureusement, comme toute politique, la démocratie la pervertit en la soumettant au vote populaire. Moins la propriété est respectée, moins la démocratie est représentative des choix intimes des électeurs.

Lorsqu’on doit consacrer son temps à défendre l’idée que personne ne devrait être en mesure de faire payer autrui pour ses propres choix, ne doit-on pas conclure à l’avilissement des mœurs? Ce n’est pas parce qu’une majorité démocratique décide de s’offrir un service avec l’argent d’autrui que cela rend le geste légitime. Être appelé à voter sur un projet est une chose, le faire payer, en totalité ou en partie, par ceux qui n’en veulent pas en est une autre.

Non seulement il n’y a rien d’édifiant à forcer les gens à aider les autres, mais cela ne saurait être qualifié de solidarité. Il ne s’agit pas non plus de générosité, car la générosité est la vertu du don et celui-ci n’est possible qu’avec le consentement du donneur. Est-ce de la compassion? Celle-ci est un sentiment d’amour pour la personne souffrante. Enfin, peut-on qualifier de justice l’exercice d’un pouvoir coercitif sur des gens qui n’ont rien de fait de mal?

En agissant de la sorte, on aide certaines gens à court terme, mais au détriment de tous à long terme. Il n’existe pas de seuil qui distingue le raisonnable du déraisonnable pour tout le monde. Ce seuil ne se mesure pas, car il est propre à chaque individu. Et parce qu’il en est ainsi, en établir un pour tout le monde ne peut conduire qu’à l’exclusion et à la pauvreté. Avec pareille justice, on ne doit pas se surprendre que sous le prétexte de les combattre la démocratie les aggrave.

Un salaire minimum élevé conduit au chômage qui conduit à une pauvreté d’autant plus grande qu’on augmente le nombre de semaine de prestation et le taux à partir duquel elle est établie. Au contraire, la réduction du salaire minimum et de l’aide sociale conduit plus de gens à travailler, augmente la production, réduit les prix et crée de la richesse pour tout le monde. Ce raisonnement est d’autant plus vrai lorsqu’on met bout à bout tous les revenus et services octroyés par l’État.

Certes la démocratie est préférable au régime qui n’hésite pas à tuer ceux qui le contrarient, mais est-elle préférable au marché? Non, car le marché est plus respectueux de la propriété, par conséquent des choix de chacun, que ne l’est la démocratie. Celle-ci est avant tout un régime politique et comme trop d’entre eux, elle tend à empiéter toujours un peu plus la propriété des gens. Pour cette raison, elle répond moins bien aux besoins que le marché.

Aucun commentaire: