Que l’État se contente d’être juste, nous nous chargerons d’être heureux.---- Benjamin Constant
Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement
Vaut mieux en rire!
Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry
31 janvier, 2015
La réflexion du jour
De plus en plus de gens semblent croire que la défense de leurs intérêts propres justifie tout et n’importe quoi. Que toute contrainte constitue une injustice. Que les dirigeants n’ont pas le droit de diriger. Que les syndicats détiennent le vrai pouvoir, pas le gouvernement.--- Lise Ravary
30 janvier, 2015
La pensée unique, symptôme de la « dindification » des Québécois
Dans son livre, Dindification,
développer son esprit critique dans le monde du prêt-à-penser, Éd.
Transcontinental, 144 p., Pierre Fraser déplore que nous ayons baissé les bras
devant toutes les formes plus ou moins évidentes de nous imposer ce que nous
devons penser.
Selon Fraser nous sommes tous des dindes. Le fermier nourrit ses dindes soigneusement
pendant 1000 jours, il est donc logique de penser que le 1001e jour sera pareil
aux 1000 précédents. Eh bien non, le 1001e jour, le fermier coupe
soigneusement la tête des dindes parce que c'est Noël! L’auteur
utilise cette métaphore pour nous démontrer que l’abandon de notre sens
critique fait de nous des dindes manipulées par les bien-pensants. Des centaines de milliers, voire des millions
de personnes sautent à pieds joints dans une tendance à la mode et en
embrassent les valeurs promues par les dindificateurs.
Qui sont- ils au juste? Ce sont les bien-pensants de tout
acabit : gourous, spécialistes, experts, éditorialistes, chroniqueurs, etc..
Le gourou définit le discours à la mode. Il est charismatique et fait la promotion sans
distance critique des valeurs à la mode. Par exemple, dans le domaine de l’environnement
on retrouve les Steven Guilbault, David Suzuki, Laure Waridel, etc. Par contre,
le spécialiste, connaît les limites de son savoir, mais dès qu’on lui présente
un micro, il se sent obligé d’en rajouter. Alors son discours confond souvent science
et croyance. L’expert, quant à lui, est une espèce bien particulière. Il n’est
ni gourou ni spécialiste, mais à mi-chemin entre les deux. Chaque média, écrit
ou électronique, a ses experts maison qui vulgarisent les discours des gourous et
des spécialistes. Enfin, les éditorialistes et les chroniqueurs propagent
« la bonne parole » des gourous, spécialistes et experts.
Le processus de dindification
est initié par les gourous, amplifié par les spécialistes et les experts et
propagé par les éditorialistes et les chroniqueurs. Il démarre lentement; il
devient le sujet de prédilection des initiés et des groupies; il est ensuite adopté
par les artistes à des fins d’autopromotion; les politiciens, qui ne ratent
jamais une bonne occasion, l’utilisent à des fins électoralistes; et enfin les
entreprises s’en servent à des fins mercantiles. À ce stade une majorité de la
population souscrit au système de valeurs prêchées par les gardiens
autoproclamés de la bonne morale. Seul un évènement imprévisible peut changer
le cours des choses. Dans la métaphore de Fraser c’est le fermier qui coupe la
tête des dindes.
La pensée unique, un phénomène particulièrement présent au
Québec, est le symptôme le plus évident d’une société dindifiée.
Quels sont les grands courants de la pensée unique québécoise dont personne ne peut critiquer publiquement sans se faire vilipender sur la place publique? Ils sont nombreux, mais les plus dommageables sont : l'écologie et le modèle québécois.
Quels sont les grands courants de la pensée unique québécoise dont personne ne peut critiquer publiquement sans se faire vilipender sur la place publique? Ils sont nombreux, mais les plus dommageables sont : l'écologie et le modèle québécois.
Ceux et celles qui, au quotidien, nous disent quoi penser
tiennent à peu près tous le même discours : il faut éliminer les
hydrocarbures, il faut manger bio/local, il faut taxer les riches et les
entreprises, il faut protéger nos acquis, il faut plus de programmes sociaux, l’État
est seule apte à fournir les services publics, etc. À peu près aucune voix
discordante, sauf quelques sceptiques à qui il faut bien accorder un peu d’espace
médiatique pour créer un semblant d’objectivité journalistique.
La répétition constante, dans tous les médias, du discours des
dindificateurs, prend tout l’espace médiatique
au détriment d’un débat rationnel qui permettrait un éclairage plus juste des défis
auxquels nous sommes confrontés. Pour s’en convaincre, il suffit de penser au
dossier du transport du pétrole par pipeline ou à celui du retour nécessaire au
déficit zéro.
Ça prend beaucoup d’efforts pour combattre la pensée unique.
Il faut se demander quels sont les intérêts de celui qui prononce le discours. Il
faut relever les contradictions dans le discours, il y en a toujours. Il faut
rechercher quels sont les discours opposés à ce discours. Il faut mesurer quels
sont les impacts du discours sur nos vies et la société. Ce n’est pas de tout
repos, mais c’est le prix à payer pour éviter d’être dindifié.
La réflexion du jour
Dommage que, devant ce genre d’initiatives (ndlr gaspillage des fonds publics), on ne puisse sévir qu’avec la dérision. Parce qu’au fond, c’est d’une profonde tristesse. On sait que les compressions ratent parfois la cible. Le Capharnaüm des Services Patentés du Québec a accueilli au fil des ans plusieurs réfugiés politiques dont les compétences technologiques étaient facultatives. Sa mission a peut-être été altérée par la présence de ces intouchables.--- Michel Hébert
29 janvier, 2015
La réflexion du jour
Après 14 ans de révolution chavezienne, 32 % de la population vivait toujours sous le seuil de la pauvreté. Mais la popularité du presidente éclipsait tous les maux: un des taux de criminalité les plus élevés au monde, une corruption débridée, des violations répétées des droits de l’homme, la fuite des capitaux et des cerveaux – un million de Vénézuéliens ont quitté le pays en 15 ans.--- Lise Ravary
28 janvier, 2015
Qui va payer la dette de la Grèce?
Pendant des décennies, les politiciens grecs (choisis
démocratiquement par leur peuple) ont mené leur pays à la faillite, c'est eux
les responsables des problèmes économiques grecs. La Grèce a vécu longtemps au-dessus
de ses moyens puis a maquillé ses mauvais chiffres pour entrer dans l'euro.
Avec quel argent Alexis Tsipras, premier ministre élu le 25 janvier dernier,
va-t-il financer ses promesses démagogiques ? Qui va payer la dette de la Grèce
? Probablement les contribuables européens.
La réflexion du jour
Mais la Grèce avait de graves problèmes : un nombre inconnu de fonctionnaires (ça vous rappelle pas une belle grosse province ?), une fiscalité aléatoire (la moitié des contribuables s'en tiraient avec des esquives...), une corruption érigée en tradition (ça vous rappelle pas encore une belle grosse province ?), un endettement systématique (ça ne vous rappelle pas un comportement local ?), enfin bref, quand les pays européens ont compris qu’ils se faisaient baiser par les Grecs – ce qui doit être particulièrement douloureux..., ils ont mis un bouchon bancaire: finis les emprunts refinancés à l’infini...--- Michel Hébert
27 janvier, 2015
La réflexion du jour
Ainsi, le système fiscal des pays démocratiques présente des caractéristiques consistant à (1) faire coïncider l’impôt avec des événements heureux ou malheureux, (2) faire passer l’impôt pour temporaire et marginal, (3) préférer les taxes et impôts indirects, (4) utiliser des monopoles pour générer des revenus, (5) tenter de collecter des taxes et impôts sous forme de paiements périodiques modestes, et enfin (6) brouiller la présentation des comptes.---Sylvain Fontan
26 janvier, 2015
Que signifie être libertarien?
Selon le Dr Jeffrey Miron, les libertariens ont du respect pour les décisions individuelles. Ils sont différents des individus qui s’identifient à la gauche ou à la droite du spectre politique. Ces deux groupes utilisent le gouvernement pour faire avancer leurs idées. Ils tentent d’imposer aux gens comment agir et se comporter. Par contre, les libertariens pensent que les individus devraient être en mesure de vivre leur propre vie comme ils l'entendent. Vivre et laisser vivre.
La réflexion du jour
Au Québec, par exemple, notre effort est considérable. Si on additionne les 600 millions annuels que nous coûtent les vire-vent et les centaines de millions servant à financer le marché du carbone, ça fait beaucoup d’argent dépensé sur la base de prédictions qui ne s’avèrent pas mieux fondées que l’astrologie du jour.--- Jacques Brassard
25 janvier, 2015
24 janvier, 2015
La réflexion du jour
Le grand rêve de la gauche québécoise est de recréer un autre «printemps érable» ou, en d’autres mots, de foutre le bordel comme en 2012.--- Jean-Jacques Samson
23 janvier, 2015
Un partenariat public-public à l’image du modèle québécois
Faut-il se réjouir de la décision du gouvernement Couillard
de confier à la CDPQ (Caisse) le soin de financer et gérer deux projets d’infrastructures
de transport en commun?
A priori, l’idée semble intéressante. Je me suis dit que la
Caisse ne pouvait faire pire que l’AMT et le ministère des Transports. Il
suffit de se rappeler les fiascos du métro à Laval et du train de l’Est pour
s’en convaincre. C’est aussi une façon d’introduire un peu de concurrence dans
l’industrie du transport en commun. Qui sait ou cela pourrait nous mener?
La dette du Québec dépasse les limites du raisonnable. À
moins de la stabiliser et réduire le ratio dette/PIB, nous subirons tôt ou tard
une décote des agences de notation. Ce serait une catastrophe d’autant plus
dramatique que les frais d’intérêt gobent déjà 10 milliards de dollars du
budget annuel de la province. De plus, les taux d’intérêt sont appelés à
augmenter au cours de 2015. Il faut donc trouver une façon de financer des
infrastructures dont nous avons grandement besoin sans augmenter la dette
publique.
Bien sûr, nous pourrions nous en remettre aux partenariats
public-privé (PPP) pour financer et exploiter ces projets. Mais selon la
logique tordue des étatistes, la formule
des PPP est inacceptable, car cela permet à des entreprises privées de faire
des profits sur le dos des Québécois. Dans le cas de la Caisse, personne ne
s'opposera à ce que l'institution engrange des profits, puisque cet argent
servira à assurer nos retraites. Donc le modèle proposé permettrait de faire
taire les opposants habituels.
Dans l’immédiat, l’utilisation de la Caisse pour financer
des projets d’infrastructure servira bien les intérêts politiques. Les nouveaux
projets stimuleront l’économie à court terme et nous saurons seulement dans 5
ou 10 ans si les projets ont été un succès. Dans le cas contraire, ce sera le
problème des politiciens en place à ce moment-là. Ils pourront toujours se
déculpabiliser en blâmant les administrations antérieures comme ils le font à
chaque élection.
Malheureusement, les politiciens ne résisteront pas à
l’envie d’utiliser la Caisse pour promouvoir des projets électoralement
rentables même si ceux-ci sont très risqués. La Caisse n’est pas à l’abri des
pressions politiques, bien au contraire. Comme dit l’adage : les occasions
font le larron. Nous avons plus que notre part de larrons, la commission
Charbonneau nous la brutalement rappelé, et des occasions il y en aura.
Le cas d’Hydro-Québec démontre qu’aucune entreprise étatique
n’est à l’abri d’interventions politiques à des fins électoralistes. Hydro est l’instrument
privilégié des politiciens, tous partis confondus, pour subventionner les
industries grandes consommatrices d’électricité en leur fournissant de
l’électricité à rabais. Ces subventions coûtent des centaines de millions aux
consommateurs québécois. Hydro est aussi un véhicule privilégié des politiciens
pour amadouer le mouvement écologiste.
C’est ainsi qu’Hydro finance des parcs d’éoliennes qui produisent de l’électricité
au coût de 10¢ le kWh revendu aux Américains 4¢ le kWh. Le résultat se traduit
par des pertes de centaines de millions de dollars de revenu pour le Conseil du
Trésor. Et que dire des dizaines de millions en commandites imposées à Hydro-Québec
pour subventionner les projets fétiches des ministres.
Le modèle proposé par le gouvernement Couillard est un PPP à
l’image du modèle québécois dont la seule qualité est de le rendre plus
attrayant aux yeux des critiques étatistes. À mon avis, cet avantage a bien peu
de poids par rapport aux risques inhérents qui en découlent. Il est évident que
les politiciens ne pourront résister à l’envie d’utiliser la Caisse à des fins
électoralistes. Ils le font avec Hydro-Québec, la SAQ, Loto Québec et
Investissement Québec. Comment la Caisse serait-elle protégée de ce vice
inhérent au modèle? De plus, les
dirigeants de la Caisse seront pris au piège entre les intérêts contradictoires
des usagers et ceux des épargnants. Ne seront-ils pas tentés de négocier des
augmentations de cotisation aux régimes de retraite pour compenser le manque à
gagner d’un projet qui a mal tourné? Soyez-en assuré.
J’aimerais rappeler que la mission fondamentale de la Caisse
est de faire fructifier les milliards d’actif des régimes de retraite des
Québécois. Cela comporte suffisamment de risques et de défis sans en beurrer une
autre couche.
Il existe déjà un modèle d’affaires qui permet à la Caisse
de financer les projets d’infrastructure québécois. Ce modèle est le
partenariat public-privé (PPP). Les succès du pont de l’autoroute 25 et de
l’autoroute 30 sont des exemples concrets de la pertinence et de l’efficacité
des PPP. Si la Caisse juge que sa participation financière aux projets
d’infrastructures québécois contribuera à sa rentabilité, rien ne l’y empêche.
Elle n’a qu’à participer comme partenaire financier aux PPP intéressés à nos
projets Il n’est donc pas utile de créer
un nouveau véhicule pour y arriver. Comme disent les péquistes, nous éviterons
ainsi tous les risques inhérents de cette « patente à gosse ».
La réflexion du jour
Au Québec, le portrait est similaire : les entreprises québécoises ont consacré en 2014 plus de 8,1 milliards $ pour se conformer à la réglementation des trois paliers de gouvernement, comparativement à 7 milliards $ en 2012. Quant à la moyenne des heures totales consacrées par entreprise, elle s’établissait à 728 heures en 2012 et elle est passée à 801 heures en 2014.--- FCEI
22 janvier, 2015
La réflexion du jour
Le manuel des tarifs des médecins de famille fait 498 pages et celui des spécialistes, 832 pages. De quoi rendre fou. Les tarifs varient selon la nature de l'intervention, l'âge du patient, le moment du rendez-vous, le type d'établissement, la ville et, bien sûr, le nombre de centimètres des excisions chirurgicales, entre autres. Les factures sont payées par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).--- Francis Vailles
21 janvier, 2015
La réflexion du jour
«Il faut que les gens soient responsables de leurs affaires en santé. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas. Ils demandent plutôt aux docteurs de s'occuper d'eux. Les gens doivent se responsabiliser davantage. Ce n'est pas parce que le système de santé est gratuit qu'il faut qu'on s'en remette aux pilules au lieu de prendre des marches et de mieux manger. C'est aberrant» --- Dr Paul Poirier, cardiologue responsable du Pavillon de prévention des maladies cardiaques à l'Hôpital Laval ou l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.
À la découverte du fabuleux miracle français
Revue de livre par Sylvain
Gay
Le roman libertarien d’Hector Allain, qui tient à la fois de
la Fable et de l’Utopie, est une excellente introduction au libéralisme.
« L’État est devenu une religion d’État
C’est un culte sans Dieu, un obscur potentat
Les curés sont partis mais on crèvera du fisc
Les anges, comme des travelos, se sont mués en flics
L’État est devenu une religion d’État
C’est un culte muet, sans pardon, ni espoir
Ils ont fait de nos vies un putain de mouroir »
— « Mécréant » du groupe rap libertarien Love Hatred,
cité in À la découverte du fabuleux miracle français
C’est un culte sans Dieu, un obscur potentat
Les curés sont partis mais on crèvera du fisc
Les anges, comme des travelos, se sont mués en flics
L’État est devenu une religion d’État
C’est un culte muet, sans pardon, ni espoir
Ils ont fait de nos vies un putain de mouroir »
— « Mécréant » du groupe rap libertarien Love Hatred,
cité in À la découverte du fabuleux miracle français
Je déplore de façon récurrente la rareté des textes français
de science-fiction ayant pour thème la liberté. Très majoritairement
socialistes et/ou collectivistes, les écrivains français intègrent
excessivement rarement la liberté et sa défense dans leur horizon intellectuel.
Ils ne sont certes pas les seuls (euphémisme !) mais dans un domaine où tout le
monde est d’accord pour dire que la science-fiction a à voir avec la liberté,
cette absence est troublante. Je suis d’autant plus heureux aujourd’hui de présenter
ici le roman À la découverte du
fabuleux miracle français d’Hector Allain. Il s’agit d’un court roman
d’environ quatre-vingt-dix pages édité sous forme électronique pour le Kindle
d’Amazon. Ce texte veut être une présentation attrayante et romancée de
quelques idées
libertariennes.
Hector Allain est un pseudonyme. L’auteur est entrepreneur
dans le domaine du web et préfère séparer ses activités professionnelles de ses
idées politiques.
Le point de départ du roman est que trois Allemands sont
chargés par leur gouvernement d’effectuer un voyage d’étude en France. Il y a
Hans, un jeune docteur en sociologie berlinois, Sigismund, un politicien
sexagénaire obèse et alcoolique qui sera un peu le « méchant » de
l’histoire et Ernst, personnage le plus discret du récit. Depuis la Révolution
de Tilleul – ainsi nommée car elle a éclaté en mai – notre pays s’est en effet
redressé économiquement et socialement, ce qui intrigue fort les pays voisins.
Les trois « explorateurs » devront rapporter à leur commanditaire les
causes de ce miracle.
« À la France, le pays le plus étrange du monde. Un pays
fait de rigueur et de chaos, de modestie et d’arrogance, d’effort et de
jouissance, de rires et de colère, mais avant tout de beauté et de
liberté. »
— Hans, in À la découverte…
— Hans, in À la découverte…
Le voyage commence après Sarrebruck quand les trois héros de
cette histoire traversent la frontière. Ils entrent en France au volant de leur
véhicule de location. Dès le début du texte, l’étrange est présent puisque
cette voiture est une « puissante Renault électrique ». Leur
premier objectif sera donc une visite de l’usine Renault implantée au sud de
Reims. Après la Révolution de Tilleul, l’entreprise a été privatisée et les
salariés de l’usine font partie des principaux propriétaires. Technologiquement
très avancés grâce à de nouvelles inventions, les modèles électriques désormais
fabriqués par la firme ont rencontré un succès mondial. On apprend aussi que
Renault favorise l’apprentissage et que le problème des retraites a été résolu
notamment grâce au départ progressif des salariés âgés. Le second objectif des
voyageurs est une visite du « Bercy Fun Center » qui a pris la place
du ministère de l’Economie et des Finances de sinistre mémoire. Il s’agit d’un
gigantesque complexe dédié au divertissement avec hôtel, restaurant, piscine,
thermes, etc.
Ce ne sont que les deux premières étapes d’un véritable
« Tour de France » qui va les ramener à Paris après être passé
notamment par Nantes, Saint-Jean-de-Monts, Tarbes, Carcassonne, Perpignan,
Valence, Dijon et Chatillon-sur-Seine. Chaque halte est l’occasion pour
l’auteur via les visites accomplies par les personnages de nous exposer ses
idées sur des problèmes qui se posent à la France d’aujourd’hui comme
l’éducation, la légalisation des drogues et de la prostitution, la création
d’entreprises ou la conscription. Nous avons aussi droit au récit des
événements de la « Révolution de Tilleul », cette révolution étant
une réponse aux problèmes légués par les différents gouvernements de la
cinquième république. Le grand inspirateur de cette révolution est Jean-Michel
Thorun1,
un philosophe français contemporain (dans le monde du livre) ayant passé sa vie
à brocarder le pouvoir en place avant de devenir un martyr de la révolution.
« Liberté, Liberté, Liberté »
— Devise du drapeau inventé par Thorun quelques jours avant sa mort.
— Devise du drapeau inventé par Thorun quelques jours avant sa mort.
Mais ces idées ne sont jamais exposées de façon aride et
l’auteur parvient toujours à les présenter de façon attrayante et même
pédagogique pour le lecteur qui ne connaîtrait pas du tout les idées
libertariennes. L’auteur mêle à tout cela le récit des péripéties vécues par
les trois Allemands, péripéties surtout provoquées par les frasques de
Sigismund.
Sur un plan plus proprement politique, l’auteur est un
libéral convaincu minarchiste,
c’est-à-dire tenant d’un État minimal. Cet « État minimal » est réalisé
dans À la découverte… puisque subsiste une « Coordination nationale
de l’Économie » installée sur une péniche dans le quinzième arrondissement à
Paris. Le Coordinateur National explique que : « La plupart de nos
tâches du passé ont été supprimées ou bien reprises par le secteur privé. Les
contrôles se sont allégés. Avec un taux d’imposition plus faible, les gens ne
songent plus à frauder. Et puis avec le Bitcoin, cette monnaie non étatique,
nous avons beaucoup moins de problèmes à gérer. »
Le régime politique est donc un État de taille réduite allié
à une démocratie participative ou des référendums ont lieu quotidiennement par
Internet. Un certain consensus s’est ainsi mis en place pour financer
collectivement l’éducation (même si les écoles appartiennent aux groupements de
parents d’élèves) et pour rétablir la conscription. Tous les citoyens français
sont ainsi astreint à un service militaire de six mois dont le but est de les
intégrer plus fortement à la Nation. Le consensus a également voté le
rétablissement de la peine de mort.
Hector Allain défend donc dans son texte des idées libérales
voire libertariennes mais certaines d’entre elles naturellement font débat. Et
d’abord sa fascination pour l’écologie et tout ce qui est
« naturel ». Je ne suis pas sûr que les aliments dits
« bio » par exemple soient vraiment meilleur pour la santé (en fait,
je pense le contraire). Quant aux plantes vertes détoxifiantes présentes au
début du livre, elles n’existent tout simplement pas. Un autre point qui gêne
l’objecteur de conscience que je suis est bien sûr le rétablissement de la
conscription. Même décidé par un vote électronique, le service national, civil
ou militaire reste du travail forcé et est à ce titre indéfendable. Enfin, la
peine de mort est une abomination qui n’a pas sa place dans une société libre.
Ceci dit, je comprends les motivations d’Hector Allain. Nous vivons
actuellement une période historique où notre pays donne l’impression de vouloir
se suicider, ou en tout cas, c’est l’impression que donne le résultat de
l’action des élites françaises. Comment répondre à cela ? Comment proposer une
« sortie de crise » plausible et vraisemblable ? Ce sont des
questions que l’auteur s’est certainement posées.
Hector Allain a bien voulu nous répondre concernant ces
interrogations : « Je suis effectivement minarchiste. Concernant la
peine de mort, je suis plutôt en faveur, sans être un extrémiste. La crainte de
l’erreur judiciaire tout comme le respect de la vie me font évidemment
réfléchir… Je souhaitais évoquer ce point précis également pour une autre
raison : les tenants du système actuel récusent souvent la démocratie directe
sous prétexte que la peine de mort n’aurait jamais été abolie si l’on avait eu
recours à un referendum. Cet argument me gêne beaucoup. C’est pour moi une
forme de despotisme éclairé qui s’appuie sur une supériorité morale totalement
gratuite. À mon sens, si le peuple était consulté, on aboutirait à une
situation proche de ce qui est décrit dans le livre : une peine de mort d’ordre
symbolique car très peu appliquée dans les faits. » Effectivement, ce
raisonnement se tient. Je préfère cependant que l’État n’ait jamais le
droit de nous tuer – je crois que c’est une sage précaution – et, dans un autre
ordre d’argument, je pense que le risque d’erreur judiciaire ne peut jamais
être ramené à zéro.
Nous avons donc avec À la découverte du fabuleux
miracle français un excellent texte introductif au libéralisme, texte d’où
l’humour n’est pas absent et qui tient à la fois de la Fable et de l’Utopie. De
surcroît, le fait que ce roman puisse donner lieu à débats et discussions est
une grande qualité.
Hector Allain, À la découverte du
fabuleux miracle français, format Kindle, Digitaline Éditions, 2014, 89
pages.
20 janvier, 2015
La réflexion du jour
Du million d'emplois créés au Canada depuis la fin de la crise, le Québec en compte seulement 17%. La part du secteur public dans les emplois occupés dans la province a augmenté; désormais, un emploi sur quatre se trouve dans le secteur gouvernemental.--- André Pratte
19 janvier, 2015
La réflexion du jour
Pourtant, force est d’admettre qu’en ce qui concerne la prospérité et son corollaire, la pauvreté, ce modèle n’a pas fait ses preuves. On a parfois l’impression que la richesse se crée en dépit des interventions publiques, et parfois même, malgré elles.---Francis Gosselin
18 janvier, 2015
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