Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

On est tellement taxés que lorsqu’il fait beau, j’ai peur de recevoir une facture. --- Michel Beaudry ________________________________________________________________________

21 décembre, 2007

Dommage, c'était une si belle ville!

Encore une fois la réalité démontre jusqu’à quel point la saga des fusions-défusions coûte cher aux Montréalais et aux Québécois. Cette saga dure depuis plus de dix ans. Elle a coûté des centaines de millions en frais directs et en perte d’efficacité. On ne voit toujours pas la lumière au bout du tunnel. Alors que toutes les énergies des politiciens et des bureaucrates sont concentrées à régler les problèmes journaliers de fonctionnement ou à échafauder des solutions électoralistes, Montréal périclite. Le classement du Conference Board sur la capacité des villes d'attirer des travailleurs hautement qualifiés classe Montréal au 14e rang des 27 villes canadiennes.

Ce fiasco est un problème créé à des fins électoralistes par le PQ. Il a été empiré, toujours à des fins électoralistes, par le PLQ. Au rythme où vont les choses, les effets négatifs de ce fiasco se feront encore sentir dans dix ans et aura coûté des milliards en perte de création de richesse. Faut-il encore se surprendre si l’économie du Québec traîne dans le peloton de queue en Amérique du Nord?

C’est vraiment désespérant!


Trop de patrons gâtent le déneigement
René Vézina, LesAffaires.com, 21 décembre 2007 à 07h26

Quand l'ennemi est à nos portes, il faut unir les forces pour bien riposter. Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs au Québec, mais à Montréal, on fait exactement le contraire.Entendons-nous : la neige n'est pas notre « ennemie ». L'industrie des sports d'hiver ne serait pas d'accord... Mais sur nos rues et sur nos trottoirs, elle devient une calamité, surtout quand il s'écoule des jours -bientôt une semaine- avant qu'elle ne soit enlevée.

La raison de ce fouillis ? Un excès de démocratie.

À Montréal, la rue Saint-Denis traverse du nord au sud sept arrondissements... Or, le déneigement est l'affaire de ces fichus arrondissements. Montréal en compte 19 ! Et les plans ne sont pas coordonnés. Des portions de rue essentielle comme Saint-Denis sont déblayés, d'autres pas. Un peu comme du temps de l'ancienne petite politique, au Québec, quand le repavage d'une route se terminait précisément à la limite d'un comté qui n'avait pas « voté du bon bord ».

Au Québec, le déneigement n'est pas facultatif. C'est un service essentiel. Or, à Montréal en tous cas, on le fait tout croche. Les arrondissements prennent leurs propres décisions. C'est insensé. Et ça nous coûte une fortune.

On imaginerait plutôt une sorte de quartier-général, avec une grande carte de la ville, avec les abords des écoles, des hôpitaux, des sorties de métro, les axes importants, pour planifier systématiquement le travail. Mais non. C'est du ressort des arrondissements. Et tout monde glisse, gronde, puis écoute l'explication du jour pour justifier les retards. La dernière, c'est qu'il y a plus de voitures sur les routes. Mais je n'ai jamais vu le métro aussi bondé. Et la population de Montréal -travailleurs compris- n'augmente pas si vite que ça. On passe à un autre appel ?

Au moins, il y a matière à se réjouir : l'hiver commence officiellement aujourd'hui. Les choses sérieuses vont commencer. Et vivent les arrondissements et leurs lutins !


Le festival des congères

Marie-Claude Lortie, La Presse, Le vendredi 21 déc 2007

À 7h, hier matin, quand je me suis réveillée, je me suis empressée d'aller voir à l'extérieur si la déneigeuse était passée durant la nuit.

C'était en effet ce qu'assuraient toutes sortes de panneaux orange d'interdiction de stationnement installés la veille. Quand on a passé 15 minutes avec trois enfants affamés à chercher où garer la voiture, on reste marqué par ces promesses.

Or, rien n'avait bougé.

À 8h, deux enfants sur trois partent à toute vitesse à l'école avec leur papa. L'auto est à quatre rues de la maison. Les bancs de neige devant chez nous, qui se creusent comme les Rocheuses, en V bien pointus là où les piétons ont réussi à graver une sorte de sentier-sillon, sont deux fois hauts comme les petits.On sort le recyclage. Aujourd'hui, le camion est en retard. Normalement, à 7h30, les bacs vides ont déjà été lancés.À 8h, ma voisine Marie-Josée part pour un rendez-vous. À 9h, elle est rendue rue Isabella - ce qui prend normalement 10 minutes - quand la voiture qui la précède en heurte une autre venant à contresens en tentant de se frayer un chemin entre les montagnes de neige des deux côtés de la rue. Les deux chauffeurs sortent de leur véhicule, s'engueulent, en viennent aux poings. «Je pense que les gens ont atteint un certain niveau d'exaspération», me raconte-t-elle, après avoir verrouillé les portes de sa Subaru, fait demi-tour, annulé son rendez-vous et être rentrée à la maison.

À 9h30, je pars conduire la plus jeune à la garderie. Son CPE est caché derrière des murailles de neige. J'ai peine à les franchir. La petite pleure en perdant sa botte dans la neige.

À 10h, c'est le temps de faire mon jogging. J'attrape les derniers restants d'embouteillages matinaux sur mon chemin et je me retrouve finalement, derrière l'oratoire Saint-Joseph. Là, dans les hauteurs de Westmount, la souffleuse est passée. Aucun banc de neige ne m'empêche de me garer. Et je peux courir sur le pavé à nu par endroits.

À 11h30, je reviens chez moi pour constater que les bacs de recyclage sont encore là. En chemin, je sillonne un peu Westmount pour apercevoir une souffleuse dans la rue Clarke et des charrues dans les rues croisant Sunnyside.

À 12h30, je repars. Je veux aller voir comment ça se passe en banlieue. Devant l'embouteillage qui bloque l'accès à Décarie, je fais demi-tour et je décide plutôt de partir à la recherche des souffleuses dans la ville. Je prends les rues de Côte-des-Neiges et de Notre-Dame-de-Grâce pratiquement une à une. Rien en vue. Je continue à Outremont, toujours rien. Arrêt pour discussion au téléphone avec un journaliste qui habite la Petite Italie. «Va voir là-bas, c'est pire que pire. L'an dernier, ils ont laissé fondre les bancs de neige jusqu'en juillet!»

En ce moment, le sport national à Montréal, c'est le jeu du «mon arrondissement est pire que le tien». «Jeanne-Mance, Saint-Urbain, Saint-Hubert, pas déneigé», me dit l'un.

«Bourret, de la Peltrie, Jean-Brillant» lance un autre. Rue Hutchison, à Outremont, quatre jours après la tempête, les voitures sont encore garées en diagonale.

Je file vers la Petite Italie où il est vrai que les bancs de neige de la rue Henri-Julien entre lesquels les voitures se faufilent, juste au nord de Mozart, sont impressionnants.Toujours pas vu de souffleuse.

À 15h30, je décide de tout arrêter pour commencer à me diriger vers l'école où je dois prendre mon fils. À 16h, je me retrouve en arrêt complet angle Van Horne et Esplanade.

À 16h03, j'ai franchi un pâté de maisons. À ce rythme-là, j'aurai à peine atteint Bloomfield à 16h30. Mon petit va attendre tout seul...

À 16h08, l'embouteillage se décoince. On recommence à rouler.

J'arrive à l'école avec cinq minutes de retard. Suffit maintenant de filer vers le CPE de la plus petite. Après avoir invectivé mentalement quelques chauffeurs impolis dans la rue Ponsard où une seule voiture peut passer à la fois, on arrive à deux pas de la garderie où un contremaître de déneigement nous stoppe totalement. «Va falloir attendre. On déneige. On a eu une plainte.»

Je n'ai pas trouvé de souffleuse de la journée, mais j'ai finalement déniché un gigantesque camion avec une pelle frontale qui pousse la neige à qui mieux mieux.

Derrière moi, les klaxons se font aller à pleins poumons. Pourtant, il est évident qu'avec ce monstre du déneigement en pleine action, personne ne peut passer. Le contremaître reste calme. Je lis mes messages sur mon BlackBerry.

À 17h08, 22 minutes plus tard, on nous permet d'avancer.

À 17h46, je gare la voiture dans la rue collectrice pas loin de chez moi car dans ma rue, il est toujours impossible de se garer. Les affiches de déneigement sont toujours là. La petite pleure car elle est tombée dans la neige et en a jusqu'aux yeux. Elle ne rentre pas à la maison, elle. Quatre jours après la tempête, elle franchit encore l'Anapurna.

Devant la maison gisent les bacs à récupération dont le contenu commence à être éparpillé par le vent. Le camion de recyclage n'est toujours pas passé.L'ai-je déjà dit? Voilà quatre jours que la tempête est terminée.

Promenade à Longueuil

Claude Picher, La Presse, 15 décembre 2007 - 06h00

Mardi dernier, j'avais à faire à Longueuil. Comme j'avais beaucoup de temps libre devant moi, j'en ai profité pour faire une longue marche dans les rues du Vieux-Longueuil.

Ce jour-là, à Montréal, y compris dans le centre-ville, les opérations de déneigement étaient à peine entamées, et des milliers de pauvres piétons et d'automobilistes devaient se dépatouiller comme ils pouvaient dans cette merde. Mais dans le Vieux-Longueuil, et même bien au-delà, les rues et les trottoirs étaient parfaitement dégagés. Le contraste entre les deux villes était frappant.

Mais ce n'est tout.

En marchant, j'ai remarqué que tous les parcomètres du quartier étaient recouverts de capuchons verts portant l'inscription «Longueuil vous souhaite de Joyeuses Fêtes».

Ben non, ce n'était pas un rêve. Pendant la période des Fêtes, en fait pendant un mois, du 1er décembre au 2 janvier, la municipalité donne un répit aux automobilistes qui encouragent les commerçants et les nombreux restaurants de la rue Saint-Charles.

Pendant ce mois d'intense magasinage et de parties de bureau, le stationnement au coeur de la quatrième ville du Québec est gratuit, non seulement dans la rue, mais aussi dans les parkings municipaux. Vous n'avez rien à payer, pas un sou!

«Nous avons commencé cela il y a près de 10 ans», explique le porte-parole de la Ville, François Laramée. «C'est vraiment, dans l'esprit des Fêtes, un clin d'oeil que la municipalité veut adresser à ses commerçants et à ses citoyens.»

Le plus beau, c'est que cette initiative ne coûte à peu près rien. Le manque à gagner, pour le mois, est évalué entre 8500$ et 9500$.

Sur un budget de 226 M$, autant dire que ça ne paraît même pas. En fait, c'est ce que l'administration longueuilloise dépense en 21 minutes.

En revanche, quel résultat fantastique sur le plan, si on peut dire, du «service à la clientèle». Voilà une façon intelligente, civilisée et peu coûteuse de faire plaisir au monde.

Encore ici, le contraste avec Montréal saute aux yeux.

Non seulement n'a-t-il jamais été question d'implanter une mesure semblable à Montréal, mais les autorités montréalaises ne savent plus quoi faire pour écoeurer les automobilistes, à longueur d'année.

Même dans les quartiers éloignés du centre-ville, les parcomètres sont en fonction les fins de semaine et les soirs. Il est interdit de payer pour plus de deux heures à la fois.

C'est donc dire que vous devez interrompre votre petit souper romantique ou votre soirée entre amis pour aller engraisser les parcomètres du maire Tremblay.

Toutes ces tracasseries, paraît-il, ont pour but d'encourager les gens à utiliser les transports en commun. Niaiseries! Ça vous tente beaucoup, vous, de prendre l'autobus pour un souper romantique?

Faut-il s'étonner, dans ces conditions, que les Montréalais délaissent la ville centre pour s'établir en banlieue?

Je suis bien placé pour les comprendre. Pour ma conjointe et moi, Montréal, c'est fini.Pourtant, je suis un vrai Montréalais. Je suis né à Montréal, j'ai passé toute mon enfance et toute mon adolescence dans le quartier Hochelaga. Certes, je n'ai pas toujours résidé à Montréal.

Mon travail m'a amené à déménager dans plusieurs autres villes, dont Ottawa et Québec, et j'ai aussi habité quelques années en banlieue avec ma petite famille. Mais il y a plus de 20 ans que nous sommes revenus à Montréal, dans l'arrondissement de Mercier Hochelaga-Maisonneuve.

Et même si Montréal présente des avantages certains, les inconvénients sont devenus trop gros. Là, nous ne sommes plus capables. Dans quelques semaines, nous quittons le 514 pour le 450.

Pas seulement à cause des parcomètres. Nous quittons Montréal et ses trottoirs mal dégagés en hiver, repoussants de saleté en été. Ses poubelles qui débordent.

Ses gros syndicats qui ne se sont jamais gênés pour prendre la population en otage.

Ses maires tous plus bizarres les uns que les autres. Ses chauffeurs d'autobus totalement dépourvus de sens civique, et qui roulent en fous dans de paisibles rues résidentielles.

Ses taxes. Ses gangs de rue. Ses fonctionnaires qu'il est impossible de joindre au téléphone.

J'arrête ici, sinon, je vais me fâcher...

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