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15 septembre, 2021

Laissons les policiers faire leur travail et les entrepreneurs s’occuper du reste

 Depuis quelque temps, le taux de criminalité est en hausse. En même temps, les pressions financières sur nos corps policiers se multiplient. Ce cahier de recherche propose une nouvelle façon de concevoir la répartition des tâches policières qui pourra générer des économies substantielles tout en améliorant la qualité des services à la population.

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Ce Cahier de recherche a été préparé par Krystle Wittevrongel, analyste en politiques publiques à l’IEDM, et Olivier Rancourt, économiste à l’IEDM.

Les taux de criminalité au Canada ont connu une modeste remontée ces dernières années. Ce revirement, conjugué à l’augmentation des coûts, a nécessité un effort de conciliation entre la responsabilité financière et la nécessité de lutter contre la criminalité. Le moment est donc venu de se pencher sur le bien-fondé de l’exécution de certaines tâches par des effectifs policiers hautement qualifiés. Le recours à des professionnels de la sécurité titulaires d’un permis en complément aux forces policières permettrait d’alléger les pressions budgétaires, d’augmenter l’efficacité des services de police, de réduire la criminalité et d’augmenter la satisfaction professionnelle des policiers.

Chapitre 1 − Des agents de sécurité à la rescousse

  • Les tâches principales de la police exigent une combinaison de compétences physiques, cognitives, émotionnelles et interpersonnelles pour lesquelles les policiers reçoivent une formation approfondie. Pourtant, on estime que moins de 10 % des tâches effectuées par les policiers font appel à l’ensemble de ces compétences.
  • De plus en plus de ressources policières sont sollicitées pour des tâches secondaires, et les rôles et responsabilités des services de police dans les activités non criminelles se sont élargis, un exemple typique de glissement de mission.
  • Une analyse de 2005 portant sur trente ans de données relatives aux services de police en Colombie-Britannique a révélé qu’au total, les policiers consacrent 40 % de leur temps à des tâches administratives et à la rédaction de rapports, sans compter l’heure supplémentaire non rémunérée que chaque policier consacre quotidiennement à la paperasse.
  • Certains éléments secondaires du travail de la police ne nécessitent pas l’autorité, la formation spécialisée ou la crédibilité d’un policier et peuvent être pris en charge par des agents de sécurité. Ainsi, les policiers pourraient se consacrer davantage aux tâches principales et à la lutte contre la criminalité.
  • Les agents de sécurité sont en mesure d’offrir un certain nombre de services qui se prêtent bien à un soutien aux effectifs policiers dans quatre grandes catégories opérationnelles, soit les services administratifs, le soutien aux enquêtes, les services nécessitant des connaissances hautement spécialisées et techniques, et les services en uniforme assortis de pouvoirs policiers limités.
  • La sous-traitance de certaines tâches policières bénéficie de l’appui de la population. Dans un sondage réalisé en 2017, une majorité de Canadiens (59 %) était d’accord pour que des entreprises de sécurité privée effectuent des tâches de soutien qui sont présentement prises en charge par des policiers.

Chapitre 2 − Réformes potentielles : études de cas

  • Nous proposons plusieurs réformes en lien avec les éléments qui bénéficient de l’appui du public. Par le biais d’études de cas en Alberta et au Québec, nous illustrons la manière dont le personnel de sécurité peut être utilisé par les forces policières pour réduire les coûts sans compromettre la qualité des services.
  • L’Alberta compte un total de 7687 policiers, qui touchent une rémunération annuelle moyenne de plus de 133 000 $. Au Québec, la rémunération annuelle médiane des 15 622 policiers de la province s’élève à près de 117 000 $. En comparaison, un professionnel de la sécurité touche une rémunération annuelle d’un peu moins de 53 000 $ en Alberta et d’un peu plus de 49 000 $ au Québec.
  • Chaque année, ces policiers hautement qualifiés consacrent plus de six millions d’heures en Alberta et près de treize millions d’heures au Québec à la rédaction de rapports et à l’exécution d’autres tâches administratives chronophages, pour lesquelles ils sont généreusement rémunérés.
  • Des agents de sécurité peuvent également être employés comme auxiliaires pour diverses activités policières au Québec relevant de la catégorie « gendarmerie » sans complication majeure, du moins dans une certaine mesure.
  • Nous estimons une réduction possible du fardeau des contribuables québécois de 525 à 615 millions de dollars annuellement. Cela représente une réduction annuelle potentielle de 17 % à 20 % des dépenses de fonctionnement.
  • Les agents de sécurité peuvent aussi facilement appuyer les policiers albertains dans la gestion de la circulation en s’acquittant de tâches telles que la patrouille, diriger la circulation et les interventions sur les lieux d’une collision.
  • On peut prévoir un allégement du fardeau des contribuables albertains de 171 à 225 millions de dollars par année. Cela représente une réduction annuelle potentielle de 11 % à 14 % des dépenses de fonctionnement.

Chapitre 3 − Intégration progressive du personnel de sécurité

  • Le recours à des agents de sécurité au sein des forces policières en place se ferait de manière progressive, en remplaçant peu à peu certains policiers qui partent à la retraite ou qui quittent le service pour d’autres raisons. Par conséquent, les économies réalisées augmenteraient elles aussi de manière progressive.
  • À mesure que les policiers pourront se concentrer davantage sur les tâches principales de leur travail en raison du délestage de certaines tâches et de la réduction du glissement de mission, leur satisfaction professionnelle augmentera, tout comme leur motivation et la qualité de leur travail. Inversement, les taux d’absentéisme et de roulement devraient diminuer.
  • Une plus grande satisfaction au travail et une réduction du taux de roulement auront une incidence positive non seulement sur les communautés au sein desquelles ces policiers œuvrent, mais aussi sur les fonds publics, en raison de la réduction des dépenses liées à la formation et à la gestion.
  • Se tourner vers les entrepreneurs pour appuyer les effectifs policiers de manière complémentaire est une stratégie qui a été mise à l’essai dans un certain nombre d’endroits. L’exemple du Royaume-Uni démontre que ce type de sous-traitance permet effectivement aux policiers de se recentrer sur leurs tâches principales, augmentant ainsi la qualité des services offerts à la communauté.
  • En 2012, par exemple, la police du Lincolnshire a signé un contrat de 10 ans avec G4S, une entreprise de sécurité privée. En confiant les tâches administratives et certaines tâches secondaires à G4S, elle a pu économiser plus de 5 millions de livres sterling (6,8 millions de dollars canadiens) la première année, et le taux de criminalité a chuté de 14 %.
  • Alors que les pressions budgétaires continuent de croître, il est impératif de reconnaître et d’utiliser les ressources et le soutien disponibles par le biais d’un personnel de sécurité hautement formé et qualifié.

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