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27 septembre, 2021

Écologistes et raison : une alliance impossible

 

par François Turenne

L’écologisme est une idéologie radicale, elle tire ses inspirations du marxisme ou de Rousseau. A l’heure où la défaite du communisme est actée définitivement dans nos sociétés occidentales, toute une partie de la gauche a dû se réinventer. Ainsi, l’écologisme serait une idéologie postmarxiste avec un vocabulaire et des procédés similaires à ceux des communistes du début du XXème siècle. En France, cette mouvance de moins en moins disparate s’incarne en politique notamment dans le parti Europe-Ecologie-Les-Verts et La France Insoumise. Dans la société civile, diverses ONG très militantes, notamment Greenpeace, tentent d’imposer par des modes d’action contestataires, voire violents, leurs agendas politiques.

Entre rationalité et radicalité, les écologistes ont choisi

L’écologisme s’est éloigné de la rationalité depuis la fin des années 80, pour tendre vers la radicalité. Alors que les gouvernements prenaient la mesure du problème, en incitant les acteurs économiques à diminuer les besoins énergétiques et les émissions de gaz à effet de serre, les écologistes postulaient, eux, la fin de notre mode de vie. Pourtant rétrospectivement, l’humanité a fourni des efforts très importants afin de réduire son impact écologique sans tout bouleverser. A titre d’exemple, les avions consomment 70% de moins de kérosène que dans les années 60. Airbus et Boeing travaillent à créer un avion zéro émission de carbone pour 2050. Des essais sont en cours pour tester la fiabilité d’un avion électrique ou utilisant des carburants hydriques (kérosène et biocarburant). Les constructeurs automobiles ne sont pas en reste, une voiture diesel consommait en moyenne 6,6 l/100km en 1995 contre 4,9 l/100km en 2019. Le progrès technique continu permet à l’humanité de tendre vers une économie moins polluante sans impacter ses habitudes et sa façon de vivre.

Le nucléaire, ou le grand n’importe quoi des écolos

L’activisme de Greenpeace contre les centrales nucléaires en France n’a pas commencé avec le scandale de l’intrusion de plusieurs de ses membres au sein de celle de Tricastin en février 2020. Le projet Superphénix fut le premier à mobiliser massivement des associations écologistes. Il a été lancé à la fin des années 70 par EDF et l’Etat français. Il visait à développer des réacteurs nucléaires utilisant du combustible recyclé. En effet, à la suite de la construction de nombreuses centrales nucléaires au début des années 70, le gouvernement a rapidement dû considérer la question des déchets et du combustible appauvri, issus de ces réacteurs. Le projet était prometteur mais nécessitait des investissements lourds et de nombreuses années de recherche. Sa réussite aurait pu permettre de rendre la production nucléaire pratiquement propre, tous les déchets produits par les réacteurs classiques auraient pu être réutilisés par le réacteur de la centrale Superphénix.

Cependant, l’opposition de la part d’associations et partis politiques écologistes s’est rapidement manifestée. En 1982, le site de la centrale est visé par un tir de lance-roquette, l’auteur ne sera jamais arrêté mais en 2003 le député de Genève Chaïm Nissim en revendique la responsabilité. De nouvelles manifestations ont lieu à la fin des années 80, après l’incident de Tchernobyl. La contestation fédère des associations écologistes françaises, suisses et de l’Europe entière. Pourtant, en 1992, le premier ministre Pierre Bérégovoy commande un rapport, lequel statue positivement sur la poursuite du projet et le peu de risque inhérent à son redémarrage. Mais il est abandonné en 1997 par le Premier ministre Lionel Jospin, poussé par les verts qui composaient sa coalition parlementaire à l’époque. Le rapport du Sénat et de l’Assemblée nationale l’ont critiqué. Ils pointaient du doigt le calcul politicien du gouvernement Jospin alors que le projet était viable. Les écologistes gagnèrent une première bataille contre la science et l’énergie nucléaire.

Ecologie et modernité, une opposition récurrente

Un nouveau projet attise aujourd’hui l’opposition de Greenpeace : le projet ITER (international thermonuclear experimental reactor). Il s’agit d’un projet de recherche expérimentale en vue de maîtriser la fusion nucléaire. Le développement d’une telle technologie permettrait une production électrique quasiment illimitée, peu énergivore et peu créatrice de déchets. L’idée que la production nucléaire devienne propre fait peur à Greenpeace puisque cela irait à l’encontre du discours alarmiste et pessimiste de l’organisation. En substance, la science ne peut nous sauver, seule Greenpeace et ses propositions le peuvent.

Greenpeace ne cesse d’attirer l’attention sur le coût du projet qui représente pourtant 20 milliards d’euros répartis entre une trentaine de pays. L’ONG explique qu’il ne permettra pas de répondre à l’urgence climatique, elle semble ignorer les possibilités ouvertes par la fusion. Aucune avancée scientifique majeure n’a été faite sans investissements massifs et de l’ambition. L’opposition est plus fondée sur un anti-nucléaire primaire que sur une réalité scientifique tangible, les plus grands cerveaux de la physique des particules travaillant sur ce projet.

Le discours politique écologiste, à contre-courant du bon sens

Le parti EELV a maintenu l’ambiguïté dans ses rapports avec la science durant de nombreuses années, notamment sur la question de la vaccination. Le candidat à la primaire, Jean-Marc Governatori, affirmait il y a quelques semaines que « la vaccination est une fabrique à maladie ». Le président du parti, Yannick Jadot, s’est lui prononcé en sa faveur mais il demeure le tenant d’une ligne modérée. Une autre candidate, Sandrine Rousseau, a carrément appelé à rompre avec la rationalité, elle déclarait : « Le monde crève de trop de rationalité, de décisions prises par des ingénieurs. Je préfère les femmes qui jettent des sorts que des hommes qui construisent des EPR ». Cette phrase est un résumé de la matrice idéologique au cœur de l’écologie politique : un rejet de la science, du nucléaire et la description d’un monde imaginaire.

Quels que soient les représentants de l’écologisme : ONG partis ou économistes ils tiennent un discours anti-modernisme qui dénigre le progrès technique. Cette approche est dangereuse à long terme, car à la manière des tenants du marxisme, ils nous promettent un appauvrissement et la fin de nos modes de vie. Les quelques élus locaux écologistes ont démontré une habileté remarquable à s’attaquer aux traditions et à l’écosystème économique de leurs villes. En outre, ils ont multiplié les polémiques et les ratés, nous laissant présager un avenir sombre s’ils arrivaient à l’Elysées en 2022.

 

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