Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry

25 janvier, 2021

Le pouvoir de la destruction créatrice, par Philippe Aghion, Céline Antonin et Simon Bunel, Odile Jacob, 2020

 

La destruction créatrice fait référence bien sûr à Schumpeter qui, à regret d’ailleurs, ne croyait plus à l’avenir du libéralisme. Pourtant, 70 ans après la mort de Joseph Schumpeter, Philippe Aghion et ses acolytes actualisent avec talent le principe de destruction créatrice selon lequel l’innovation assure un renouvellement incessant des technologies, des entreprises et des emplois qui est le moteur efficace du capitalisme. Certes, les auteurs de cet ouvrage, avec Schumpeter, se trompent, de mon point de vue, sur la nature même de toute dynamique économique humaine. En effet, alors que Schumpeter considérait que le capitalisme allait mourir parce que les petites et moyennes entreprises seraient remplacées par des monstres bureaucratiques, ce nouvel ouvrage a la prétention de surmonter l’obstacle en demandant à l’Etat de « protéger le capitalisme contre le capitalisme ». Les auteurs sont indûment pessimistes à l’excès sur la capacité des hommes à s’autoréguler dans un marché libre. Ils ne voient pas suffisamment que c’est souvent déjà la bureaucratie étatique qui installe des monopoles et crée des entraves réglementaires à l’innovation et à la régulation naturelle du marché.

Néanmoins, cet ouvrage est intéressant à bien des égards. Les auteurs observent d’évidence que c’est la croissance du PIB qui a permis de sortir une grande partie du monde de la pauvreté et a contribué à l’augmentation de l’espérance de vie. La croissance économique n’a décollé qu’à partir du début du XIXème siècle, à partir du moment où la liberté d’entreprendre a été mieux reconnue, la concurrence plus ouverte et les innovations, autant que les droits de propriété, mieux protégés. Elle a été encouragée aussi par la diffusion du savoir scientifique et technique permise par une plus grande liberté de s’exprimer et d’échanger. La concurrence entre les pays européens, puis avec les Etats-Unis, a joué aussi un rôle important tandis que la Chine, par exemple, se repliait sur elle-même plutôt que de faire valoir ses innovations dans le monde.

Ils vantent l’exemple danois de la flexi-sécurité du travail, avec un code du travail très succinct et des procédures de licenciement facilitées. Ils démontrent que les pays qui innovent davantage croissent plus vite et génèrent plus d’emplois. A cet égard, ils constatent à quel point Keynes s’est trompé quand en 1930 il annonçait une nouvelle maladie : « le chômage technologique ». Ils observent que « une hausse de 1% de l’automatisation dans une usine augmente l’emploi de 0,25% au bout de deux ans et de 0,4% au bout de dix ans… même pour les travailleurs industriels non qualifiés ». L’automatisation entraîne aussi une augmentation des ventes et une baisse des prix. Aucune révolution technologique « n’a produit le chômage de masse que certains avaient anticipé ».

Ils mettent en garde contre de mauvais combats contre les inégalités alors que leur regain actuel est dû principalement à l’effet de la révolution numérique. « Les zones d’emploi pour lesquelles la part des revenus du « top 1% » est la plus élevée sont typiquement situés dans des Etats américains comme la Californie, le Connecticut, le Massachusetts, qui sont des Etats particulièrement innovants ». Certes, l’innovation augmente l’inégalité au sommet, mais « elle n’accroît pas l’inégalité globale, elle encourage la mobilité sociale… et enfin elle stimule la croissance ». A l’encontre de ce que soutiennent les égalitaristes, il y a sur longue période « une quasi-invariance du travail et du capital dans le revenu total ». D’ailleurs, notent-ils, la baisse apparente du taux de croissance dans les pays développés est peut-être une illusion d’optique car le PIB n’enregistre pas de nombreux effets positifs des nouvelles technologies, en particulier les gains de temps que permet internet et sa gratuité pour prendre des photos, réserver ses voyages ou ses rendez-vous médicaux…

Les auteurs mettent en garde contre une fiscalité trop progressive et donnent le contre-exemple, positif, des baisses d’impôt de Reagan ou de la Suède qui a supprimé ses impôts sur le capital (succession et fortune) et réduit dans les années 90 son taux supérieur d’imposition du revenu de 88 à 55%, voire 30% pour les revenus du capital. Ils alertent sur la nocivité de l’excès règlementaire et des politiques de subventions aux entreprises aussi bien que sur les relations incestueuses entre les mondes économique et politique (le Japon contemporain ou la République de Venise au Moyen Age par exemple) qui découragent l’innovation ou l’annihilent. Mais Philippe Aghion a été le conseil des gouvernements socialistes avant d’être celui du très étatiste Emmanuel Macron. Il pense que l’Etat doit toujours s’interroger pour savoir où il doit intervenir : dans la lutte contre le réchauffement, la santé, la défense. Un protectionnisme provisoire peut être utile, dit-il, à la suite de l’économiste du XIXème siècle Friedrich List. L’Etat doit montrer la voie de l’innovation, accompagner le développement sauf à cibler, dit-il encore, les secteurs ayant une forte intensité de travail qualifié ou de concurrence pour s’assurer que les investissements publics génèreront de la croissance. En fait les auteurs de cet ouvrage restent attachés à une économétrie dans laquelle ils veulent que l’Etat puisse activer des leviers pour piloter le navire. Ils soulignent que les pays qui disposent d’une finance capitalistique (les fonds d’investissement, notamment de retraite) forte sont plus innovants, mais ils reviennent à leurs vieux démons pour défendre l’idée que « la finance a besoin d’être régulée de façon à ne pas devenir un obstacle à la croissance » ! Ils oublient que ce n’est pas l’Etat qui a été à l’origine de la vapeur, des montgolfières, du chemin de fer, de l’électricité. L’Etat peut avoir son rôle, notamment à partir des investissements de défense qui conduisent parfois à d’énormes progrès, comme celui d’internet. Mais Google, Apple, Amazon … se sont développés sans l’Etat.

Non, l’Etat ne peut pas tout. Contrairement à ce que pensent M. Aghion et ses co-auteurs, même l’éducation n’a pas le pouvoir de transformer un crétin en génie. L’économie n’est pas un mécano pour économistes agiles. Elle est le résultat des décisions de milliards d’hommes, spontanées, changeantes, diverses selon leurs besoins, aussi variées qu’ils sont nombreux. Les Etats, et même les économistes, ne peuvent pas tout prévoir ni tout savoir. C’est pourquoi, malgré l’imperfection du marché, il vaut mieux s’en remettre à lui plutôt qu’à l’Etat dont la gestion est unidimensionnelle et souvent erratique. Les auteurs de cet ouvrage sont victimes du « en même temps », ils voudraient le marché et l’Etat comme investisseur et assureur. Mais le marché, c’est le risque, c’est l’investissement personnel.

Ce serait pourtant utile que les libéraux conversent avec les auteurs de cet ouvrage sur les nombreux sujets où ils peuvent se rejoindre. Car en dépit de leurs tentations étatiques, ils concluent que l’abolition du capitalisme n’est pas la solution. Ils sont peut-être près de rallier une vision libérale de l’économie qui ne peut vivre que dans le respect de la société civile et de la démocratie, dans un état de droit, selon les desseins de Tocqueville et Hayek auxquels nos auteurs font référence.

23 janvier, 2021

La trilogie de la liberté : doute, pragmatisme, morale

 Pour plaider la sauvegarde de nos libertés, appuyons-nous sur trois qualités libérales : le doute, le pragmatisme et la morale.

Les libéraux n’ont jamais été vraiment écoutés en France et aujourd’hui, avec la crise de la Covid-19, ils sont inaudibles et certains s’en réjouissent.

Nous sommes entrés, nous dit-on avec délice, dans « un moment keynésien », comme s’il s’agissait d’une nouveauté alors que ce moment dure depuis six décennies. On fête aussi, déjà, la fin du libéralisme, comme si nous laissions derrière nous une longue et calamiteuse époque d’un État modeste et régalien. Mais c’est l’étatisme qui règne en France, pas le libéralisme. Et son bilan n’est pas brillant. Parmi les pays de l’OCDE, le nôtre est celui où les impôts sont les plus lourds et le chômage l’un des plus élevés.

Pour plaider la sauvegarde de nos libertés, appuyons-nous sur trois qualités libérales : le doute, le pragmatisme et la morale.

LA LIBERTÉ ET LE DOUTE

Dans Délire et défaites, Claude Fouquet écrit que le libéralisme « est une opinion, un aveu d’ignorance, donc un programme de tolérance ».

Dans Un cœur intelligent, Alain Finkielkraut nous rappelle que l’incertitude fait partie de la nature humaine.

Frédéric Bastiat conclut : « L’ignorance entoure le berceau de l’humanité ».

Bref, pour un libéral, le doute est raisonnable et tant mieux s’il s’agit d’un péché mortel pour tout commissaire au Plan. Il nous conduit à l’observation attentive des réalités.

LA LIBERTÉ ET LE PRAGMATISME

Dans La grande paradeJean-François Revel nous rappelait que le libéralisme n’est pas « une théorie se fondant sur des concepts antérieurs à toute expérience, ni un dogme invariable et indépendant du cours des choses ou des résultats de l’action. Ce n’est qu’un ensemble d’observations portant sur des faits qui se sont déjà produits. »

Ce pragmatisme nous permet d’introduire l’expérience de réalités nouvelles dans nos réflexions et mesurer celles-ci à l’aune des libertés. Ainsi la pandémie renforce la critique libérale d’une bureaucratie tentaculaire et sans efficacité. Elle conforte notre rejet de l’étatisme et de la corruption qui souvent l’accompagne, nos critiques d’une dépense publique sans contrôle et la menace d’une dette hors normes.

LA MORALE

II nous faudrait enfin rappeler les dimensions morales et sociales du libéralisme. Notre devise, Liberté, Égalité, Fraternité, est l’invention des libéraux qui ont réclamé, face aux monarchistes et aux conservateurs, l’égalité devant la loi et la fin des privilèges. Ils ont défendu les échanges et les contrats qui exigent équité et empathie. L’une des plus grandes figure du libéralisme, Adam Smith, a d’abord écrit sa Théorie des sentiments moraux qui chante les plaisirs de la sympathie et de l’aide aux plus pauvres, avant de publier La richesse des nations.

Cette trilogie devrait nous permettre d’offrir une image du libéralisme éloignée de la caricature habituelle. Nous aimons le libre commerce, la liberté chérie de La Marseillaise, l’égalité de tous devant la loi, et la fraternité, la vraie, celle qui engage les sentiments et suscite des actions pour sauver la famille humaine des calamités des dictatures, des conflits et de la pauvreté.

22 janvier, 2021

L’écologie à l’esbroufe

 Thierry Benne

D’abord et par principe, chez nous l’idéologie "verte" ne supporte pas le contradictoire et taxe systématiquement ses opposants de négationnisme ou de complotisme, alors qu’elle-même est toujours incapable d’expliquer en quoi des variations climatiques importantes ont existé voici plusieurs siècles sans que l’on puisse pourtant tracer de lien entre ces variations et les activités humaines. Voici plusieurs siècles aussi que l’on patauge lourdement sur l’origine et les effets des variations des rayonnements solaires. Mais qu’importe, quelle que soit l’opposition, un écologiste a toujours raison, parce qu’il ne raisonnera jamais comme vous et moi. Voyons plutôt.

LE BILAN D’UN ÉCOLOGISTE NE COMPORTE QU’UN ACTIF ET JAMAIS DE PASSIF

Quand il présente son projet, un écologiste n’en expose et n’en retient le plus souvent que les avantages. Les inconvénients, eux, sont toujours tus, dissimulés ou minimisés. Un exemple récent : la fermeture de la centrale de Fessenheim n’avait, avant d’être réalisée, que d’indéniables avantages (surtout d’ailleurs pour nos voisins allemands !). Curieux qu’il ait fallu attendre qu’elle soit fermée pour que la Ministre de la Transition Écologique, relayant les alarmes du responsable de réseau, vienne, très gênée, nous annoncer qu’on ne pouvait pas exclure des coupures cet hiver, coupures certes "très brèves", mais qui comme chacun sait signifient le recours à des centrales thermiques et de préférence germaniques, parmi les plus polluantes. De même vous saviez bien que les éoliennes ont des pales, mais les écolos ne s’étaient pas vantés des inconvénients de ces pales qu’on appelle les "grandes faucheuses", tellement elles font de carnages parmi les oiseaux et les chauves-souris. Ce qu’on ne vous avait pas dit non plus, c’est que les pales s’usent et qu’il faut donc les remplacer au moins une fois pendant la durée de vie de l’engin. Très bien, il suffirait alors de les recycler ! Sauf – le saviez-vous ? – que le recyclage de ces pales immenses n’est pas une mince affaire, si bien qu’on a vu en Allemagne s’entasser ici ou là à l’air libre d’immenses monceaux de métal dont personne ne sait que faire. Pas vraiment fameux pour un pays qui avait cru pouvoir faire la leçon à toute l’Europe en quittant précipitamment le nucléaire pour le remplacer par du charbon, ou mieux du lignite bien polluant, en dévissant ainsi dans les principaux classements écologiques Sans compter que les Allemands n’avaient pas été vraiment consultés sur la hausse vertigineuse du coût de l’électricité qui allait s’en suivre. Mais ne nous apitoyons pas trop sur le sort de l’Allemagne, car elle vient d’arrêter sagement l’aventure éolienne terrestre en s’apercevant que pour la faire tourner, il lui fallait encore plus de subventions que de vent. Cet échec, qui survient après celui des États-Unis où les carcasses délaissées commencent à faire désordre, aurait pu nous ouvrir les yeux et nous amener nous aussi à interrompre un programme, qui enrichit surtout les constructeurs, les installateurs et les exploitants éoliens. Mais nous, on a suffisamment de Verts pour ne pas nous arrêter à des détails aussi triviaux et au lieu d’appuyer sur le frein, nous écrasons l’accélérateur de manière insensée, en défigurant nos paysages (cf. la dernière indignation d’Alain Finkielkraut venant après tant d’autres) et en allant même jusqu’à oser menacer ceux qui bénéficient des classements les plus prestigieux. De toute manière, les Verts ne se sont jamais vantés d’étendre le bétonnage des sols, avec les socles des éoliennes – une artificialisation dans leur jargon - , qui une fois achevé n’aura rien à envier au Mur de l’Atlantique, sauf qu’étant enfouies, ces masses de 1500 tonnes ou plus sont pratiquement indestructibles, diffusant à longueur de siècle dans le sous-sol la toxicité cachée de leurs effluents, au risque d’empoisonner librement les nappes phréatiques avoisinantes. Et on ne parle même pas de toutes les nuisances sonores, esthétiques et autres perturbations apportées au voisinage, ce qui explique d’ailleurs que les bobos réservent l’implantation de ces superbes engins exclusivement aux zones rurales et maritimes, sans que jamais aucun d’entre eux n’ait envisagé d’en implanter en ville ou à côté de chez lui où il existe pourtant aussi des zones venteuses.

L’ÉCOLOGIE NE NETTOIE PAS LA PLANÉTE, ELLE DÉPLACE SEULEMENT LES POUSSIÈRES

Si l’on prend l’exemple de la voiture électrique, elle est bien entendu parée de tous les avantages, dont notamment
la suppression de tout carburant fossile, le silence etc. Cependant à y regarder de plus près, les hybrides, ce sont deux moteurs là où il n’en fallait qu’un. Quant à la voiture intégralement électrique, son unique moteur requiert des batteries, des batteries lourdes et qui augmentent considérablement le poids des véhicules et que la France ne fabrique pas. Ce sont aussi des métaux et des terres rares, sources d’autant de graves pollutions à l’extraction qu’au recyclage qu’on ne maitrise d’ailleurs pas entièrement. L’électricité utilisée n’est pas non plus climatologiquement neutre, surtout si elle provient de centrales thermiques et si, comme on l’a vu, la fable éolienne commence à péricliter. Pire si l’on s’attache au cycle de vie du véhicule, des études ont montré que si l’on prend le cycle de vie entier du véhicule, de l’origine de sa conception jusqu’à son ultime recyclage, la balance n’est pas partout nécessairement favorable au véhicule électrique par rapport à un diesel dernière génération. Certes elle est gagnante en terme d’émissions, mais ses batteries nécessitent des terres rares et des métaux à la fois hautement polluants et géo-stratégiquement très sensibles et leur recyclage repose essentiellement sur des progrès qui restent encore à faire, cependant que son coût hors subventions d’État demeure toujours dissuasif. Et l’on s’aperçoit alors notamment à propos des extractions minières que la seconde arme des écologistes consiste à expurger leurs projets de toutes les pollutions qu’ils exportent le plus loin possible des pays constructeurs, de telle manière que ces derniers puissent présenter à leurs ressortissants le bilan écologique le plus flatteur qui soit. Mais toute la pollution n’a pas pour autant disparu, on l’a déplacée ailleurs – délocalisée disent-ils !- sur la planète et bien souvent dans des conditions telles que la planète en souffre davantage encore. En réalité depuis Lavoisier tout le monde sait que rien ne se crée, rien ne se perd, mais les écologistes tentent de nous faire croire le contraire en glissant partout sous les vastes tapis dont ils ont parsemé le monde tous les toxiques, tous les surcoûts, toutes les aberrations qu’ils veulent dissimuler, parce que leur prise en compte sérieuse ruinerait à jamais leurs projets.

L’ÉCOLOGIE A VITALEMENT BESOIN DE L’ÉTAT

Mais notre réflexion ne serait pas complète si l’on omettait un dernier et inquiétant aspect de l’idéologie verte. Son écologie largement punitive ne peut pas s’imposer économiquement en raison de ses choix discutables et généralement dispendieux. Elle a donc besoin d’énormes subventions (jusqu’à plus de € 10 000 pour une voiture tout électrique !) pour implanter des systèmes trop souvent économiquement non viables. Ce qui l’amène à chercher le secours de l’État, car elle sait bien qu’elle ne trouvera jamais ailleurs aucun partenaire capable de gaspiller tant d’argent public dans des coups foireux, dont beaucoup restent dans toutes les mémoires. On rappellera sans prétendre à l’exhaustivité :

- l’incroyable feuilleton des déficits et de l’endettement insensé de la SNCF , dont on sait bien pourquoi elle craint la concurrence plus encore que le chat craint l’eau froide,
- le coût faramineux de la politique de la Ville, qui sème des dizaines de milliards d’euros au vent de la démagogie et de l’inefficacité,
- la quasi-faillite d’Areva avec la mise en péril d’EDF, ancienne pépite devenue fragile,
- la cession de la branche nucléaire d’Alsthom qui met sous la coupe de l’étranger un secteur vital pour notre industrie et notre souveraineté nationale,
- et malgré le cumul d’une Inspection des Finances (en si large sureffectif que son personnel essaime ailleurs et en nombre aux meilleures places), d’une comptabilité publique tatillonne qui bloque les euros mais laisse filer les milliards et d’une Cour des comptes qui tient méticuleusement le journal des pillages et des gaspillages sans qu’ils ne soient jamais sanctionnés, ni même poursuivis, la dérive incroyable de dépenses publiques que personne ne sait, ni ne cherche à maîtriser etc.

Et c’est en s’accolant à cet interlocuteur de choix, à ce débiteur de haut vol, qui flaire avec un sens très sûr tous les coups où il y a de l’argent public à perdre, que l’idéologie "écolo" va prospérer à partir de la contrainte et en mobilisant sans compter redevances, participations, contributions, taxes et impôts en tout sens (jetez donc un simple coup d’œil à votre facture d’électricité !), tout en fustigeant "vertement" les citoyens récalcitrants. En outre, la politique écologique qui est à l’aune de l’Histoire une politique neuve présente l’immense avantage d’une friche largement inexplorée, sur laquelle toutes les bêtises n’ont pas encore été faites : la manière dont la Chine a pris sans coup férir le contrôle du solaire est à méditer . Si bien que l’État a trouvé là une occasion inespérée pour relancer encore sa dépense publique, augmenter le nombre de ses fonctionnaires, aggraver le maquis de ses normes absconses et accentuer sa pression fiscale, grever la balance commerciale du pays, toutes choses dont ce dernier n’avait pourtant nul besoin. L’annonce d’un référendum pour renforcer, après la Charte de l’Environnement, l’onction constitutionnelle de politiques qui, le plus souvent, lancent des défis fort onéreux au bon sens, ne fait que souligner la vaine superbe d’un État endetté jusqu’à l’os et qui distribue présentement les milliards à vau l’eau sans vraiment se soucier de l’ordre des priorités. Le même qui, avant de crouler sous tous les coûts et toutes les faillites d’une pandémie dispendieusement gérée, prétend à lui tout seul et au besoin en ruinant le pays, changer la face d’un Monde, dans lequel la France ne pèse qu’un ridicule pourcentage. C’est pourtant bien quelqu’un de chez nous qui, au temps où la communication ne l’avait pas encore emporté sur la raison, a écrit la fable de la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf.

CONCLUSION

Pour discuter avec un écologiste, commencez par vous interroger sérieusement sur la partie du bilan qu’il vous cache et demandez-vous où vont être évacués ou comment vont être traités les déchets du nouvel ordre, ensuite recherchez âprement les surcoûts qu’on vous a soigneusement dissimulés, biffez enfin résolument les subventions qui ne sont le plus souvent que d’éphémères trompe-l’œil destinés à brouiller les calculs économiques : nul doute alors que le projet présenté perdra beaucoup de ses attraits. Bien sûr, à la fin de votre entretien, vous n’aurez probablement plus d’interlocuteur, car complètement écœuré, il vous aura planté sans plus attendre, après vous avoir définitivement classé dans la catégorie irrécupérable des climato-sceptiques, des complotistes ou bien pire encore. Mais ne sentez-vous pas comme cela fait du bien de temps à autre de ne pas laisser rouiller son intelligence ?

21 janvier, 2021

Les libertés ne sont plus un droit mais une concession du pouvoir

 « Les inconvénients de la liberté, même chèrement payés, ne l’emporteront jamais sur ses avantages, puisque c’est elle et elle seule, qui soutient la vocation de l’homme ».

« Sans la liberté il n’y a rien dans le monde. » Chateaubriand

Depuis vingt ans François Sureau constate que les Français s’habituent à ce que l’air de la liberté se raréfie et que l’édifice de l’État de droit conçu pour la garantir, par beau comme par mauvais temps, s’effrite de plus en plus.

Dans sa jeunesse, tout le monde s’accordait encore sur les grands principes – ceux de la Déclaration des droits – qui semblaient établis pour l’éternité, même si, exceptionnellement, des entailles y étaient pratiquées :

« La règle paraissait être celle des jésuites : péchez, mais du moins ne corrompez pas les principes ».

Les temps sont difficiles, dit-on, pour justifier les lézardes :

« Les temps sont toujours difficiles pour ceux qui n’aiment pas la liberté ».

Ce n’est pas une surprise de la part des gouvernants, c’en est une de la part des citoyens.

Est-ce au moins efficace ? Même pas :

« La demande de sécurité relève de l’évidence et n’est pas illégitime. C’est la réponse des États qui est surprenante, en ce qu’elle échoue toujours, la diminution des libertés n’entraînant aucun bénéfice en ce qui concerne la sûreté ».

Qu’il s’agisse de la loi anticasseurs du 10 avril 2019, de la loi organisant la répression des fausses nouvelles en période électorale ou de la loi visant les discours de haine sur internet, le constat d’inversion des valeurs est le même :

« Les libertés ne sont plus un droit mais une concession du pouvoir ».

Est abandonnée « cette idée simple que penser n’est pas agir, que dire n’est pas faire, qu’avant l’acte criminel il n’y a rien ». Un contrôle social de plus en plus rigoureux, exercé conjointement par acteurs publics et privés, en résulte.

La liberté a un prix. Le refuser, c’est en faire peu de cas. L’accepter, c’est rester fidèle à cette idée que la contradiction, fille aînée de l’inquiétude ontologique, est le plus sûr aiguillon pour bâtir, siècle après siècle, une société meilleure.

Le citoyen seul a qualité pour juger de l’emploi qu’il fait de sa liberté. L’État n’a pas à s’arroger le rôle de tuteur de celui-ci, supposé défaillant dans son intelligence et donc dans ses choix. Aucune loi ne peut légitimement le lui conférer :

« Cette société du paternalisme étatique a pour conséquence que la liberté d’autrui ne nous concerne plus ».

L’idéal des libertés est remplacé par le culte des droits : « Au tourniquet des droits, chacun attend son tour ». Au lieu de garantir les droits naturels, l’État n’a désormais d’autre fonction que de garantir les désirs de chacun et de châtier l’autre.

Le résultat est mirifique :

« Nous avons réussi le prodige d’asservir le citoyen en diminuant dans le même temps l’efficacité de l’État, sans améliorer pour autant la qualité de la représentation : c’est à la fois Kafka et Oblomov, le sapeur Camember et Courteline, les chambres au sens propre introuvables et le cabinet noir ».

François Sureau ne désespère pas, à condition de comprendre que « les inconvénients de la liberté, même chèrement payés, ne l’emporteront jamais sur ses avantages, puisque c’est elle et elle seule, qui soutient la vocation de l’homme ».

À défaut, « nous devrions préférer la simple licence, la pulvérisation de l’idée de liberté en cent images irréconciliables, sa diffusion en mille comportements opposés, plutôt que ce que l’ordre social nous promet : la dictature de l’opinion commune »…

20 janvier, 2021

Le capitalisme, cette richesse détestée des socialistes

 Dans un système de liberté économique et de libre concurrence l’individu est motivé à continuer à travailler pour créer encore plus de richesse et l’échanger avec des pairs contre le fruit de leur travail.

Un article de The Foundation for Economic Education

Ceux parmi nous qui soutiennent le capitalisme savent à quel point il est une source de richesse dans notre économie moderne. Ils savent aussi que les États ne créent pas de richesses mais ne font que prélever l’argent des gens suffisamment productifs pour générer un profit à partir de leurs efforts.

Beaucoup de ceux qui sont en désaccord avec nous pensent que le capitalisme n’est qu’un jeu à somme nulle anarchique qui offre aux riches la possibilité d’exploiter les pauvres et voler le fruit de leur travail. Qui a raison dans ce débat controversé ?

LA LOI DE LA JUNGLE

Pour nous aider, commençons par observer ce qui différencie, entre autres,  les hommes des animaux. Ces derniers vivent réellement en anarchie. Ce terme signifie « sans État », ce qui correspond bien à l’environnement dans lequel ils évoluent.

Les animaux doivent s’affronter pour survivre sous la loi de la jungle, là où le pouvoir fait le droit, où la fin justifie les moyens et où la violence est l’arbitre des conflits. Ils mettent œuvre des classements au sein de leurs meutes ou troupeaux. Tous s’affrontent pour la meilleure place et finissent ainsi par s’organiser en hiérarchies qui dictent le rôle de chacun dans leur société.

Les hommes, eux, ne sont pas obligés de vivre en anarchie et peuvent au contraire organiser différentes formes d’États pour décider du contrôle des membres de la société. Cela dit, ils forment aussi des hiérarchies ; simplement elles peuvent prendre des formes plus variées. Le chef dirige et les travailleurs, essentiellement, s’exécutent tout en essayant de se frayer une place pour un meilleur poste. Tous ceux qui ont déjà été employés ont pu observer ce genre de comportements sur leur lieu de travail.

PRODUCTEURS VERSUS CONSOMMATEURS

Comparons maintenant la concurrence au sein du monde animal primitif à la concurrence dans les sociétés humaines plus avancées. Imaginons un groupe de lions vivant dans le Delta d’Okavango au Botswana et se nourrissant d’un troupeau de buffles. Quand un lion tue un buffle, selon la hiérarchie établie dans la troupe, le chef sera le premier à se servir sur la carcasse. Une fois repu, les autres lions pourront se nourrir, toujours dans l’ordre hiérarchique.

Les lions sont à la merci de la nature qui leur offre une quantité limitée de nourriture : le troupeau de buffles. S’il y a une sécheresse, le troupeau déclinera, et les lions auront alors moins à manger. Si la météo et le débit de la rivière sont plus avantageux, le troupeau de buffles prospérera et par conséquent le groupe de lions aussi. Ils n’ont aucun moyen de gérer la santé et le bien-être des buffles, alors même qu’ils sont leur seule source de nourriture. Les animaux sont bloqués dans leur environnement naturel limité, sans aucun moyen d’améliorer leur mode de vie anarchique. D’un point de vue économique, les animaux sont consommateurs et n’ont aucun moyen de devenir producteurs.

Que fait l’Homme dans une telle situation ? Par exemple, ceux qui aiment les côtelettes d’agneau rassembleraient un troupeau de moutons dans un pâturage cerné par une clôture qu’ils édifieraient afin de le protéger des autres prédateurs. Ils procureraient aux moutons de quoi boire et manger, et un environnement propice à leur reproduction pour agrandir le troupeau. Ils remarqueraient que leurs moutons produisent de la laine pouvant être récoltée et transformée en étoffe pour confectionner des vêtements ou d’autres objets.

Celui qui découvre qu’il aime les pommes mettra de côté une partie de sa récolte effectuée sur le pommier trouvé dans la forêt, et plantera des graines pour créer un bosquet, puis un verger. Dès qu’il possèdera suffisamment de pommes pour sa propre consommation, il pourra utiliser l’excédent pour nourrir les moutons, ou bien le vendre à ceux qui le souhaitent.

CAPITALISME ET CRÉATION DE RICHESSES

Par leur ingéniosité et leur travail, les individus créent de la richesse là où elle n’existait pas auparavant. Ils peuvent produire plus de côtelettes d’agneau et de compote de pommes qu’ils n’en ont besoin. Cette richesse devient un bénéfice pour la société. Les humains ont donc la capacité d’utiliser leur intelligence et leur travail pour faire prospérer leur espèce, là où le travail des lions dépend des ressources limitées fournies par mère Nature.

Dans un système de liberté économique et de libre concurrence où l’individu possède les moyens de production et la liberté de disposer de sa propriété comme bon lui semble (une définition viable du capitalisme), il est motivé à continuer à travailler pour créer encore plus de richesse et l’échanger avec des pairs contre le fruit de leur travail. Contrairement aux animaux, les Hommes peuvent devenir des producteurs en plus d’être de consommateurs.

LE SECRET DU CAPITALISME

Notez que les hommes et les femmes perdront leur motivation à travailler et créer de la richesse s’ils ne peuvent en tirer bénéfice. La personne qui crée un grand troupeau de moutons et un verger de pommiers et qui est ensuite lourdement taxée par l’État, pourrait estimer que son travail n’en vaut pas la peine. De même, si des bandes de voleurs errants volaient les fruits et les moutons, leur propriétaire réaffecterait une partie de son temps et de son travail à cacher sa richesse et sera dès lors moins productif.

Les socialistes aujourd’hui qui voudraient vous faire croire que la concurrence dans un environnement capitaliste n’est qu’une autre forme d’exploitation anarchique, n’appréhendent pas la réalité de la situation.

Voici maintenant divulguée l’origine du titre de cet essai : c’est une citation issue du livre de George Reisman Capitalism : A Treatise on Economics. Il résume le concept avec éloquence  :

« […] dans le capitalisme, la concurrence est diamétralement opposée à la loi de la jungle : c’est une concurrence entre producteurs pour produire des richesses, et non entre consommateurs pour consommer des richesses ». (chapitre 10, paragraphe 10)

Article initialement publié en janvier 2019.


Traduction pour Contrepoints de « Capitalism : Understanding Its Secret ».

19 janvier, 2021

Les pays les plus libres connaissent des crises économiques moins graves

 Les pays qui subiront le moins fortement la crise en 2020 sont ceux qui présentent les indices de liberté économique les plus élevés.

Un article de l’Iref-Europe

Il y a quelques semaines, en rapprochant les prévisions de l’OCDE en termes de croissance et l’indice de liberté économique (Index of economic freedom) publié chaque année par Heritage Foundation, nous affirmions que les pays qui subiront le moins fortement la crise en 2020 sont ceux qui présentent les indices de liberté économique les plus élevés.

Christian Bjørnskov, professeur d’économie à l’université d’Aarhus au Danemark, confirme nos propos dans une étude1 qu’il vient de réaliser pour notre confrère Timbro, un think tank suédois.

L’ÉTAT À L’ORIGINE DE LA CRISE

Bjørnskov rappelle d’abord que dans la plupart des pays, les gouvernements ont augmenté les dépenses publiques pour soutenir les entreprises à l’occasion de la pandémie de Covid-19 et de ses suites, il ne faut pas perdre de vue qu’ils sont aussi à l’origine des entraves à la liberté de commercer que nous connaissons encore actuellement.

La plupart des politiciens et de nombreux économistes plaident pour un renforcement accru du rôle de l’État dans l’économie pour dépasser la crise. D’autres économistes et des politiciens peu nombreux, tel Stephen Harper, ancien Premier ministre canadien, soutiennent que la puissance publique devrait jouer un rôle beaucoup plus restreint dans l’économie afin de ne pas faire obstacle à la création de nouvelles entreprises et au dynamisme économique.

Le débat est bien entre une grande liberté économique ou une liberté économique restreinte par les interventions étatiques. Pour les keynésiens, certaines crises peuvent être dues à des défaillances du marché et les interventions politiques et le contrôle de l’économie permettent d’y faire face.

De l’autre côté, les économistes libéraux (par exemple Buchanan et Tullock) affirment que les gouvernements ne disposent pas des informations nécessaires pour agir car de nombreux intérêts particuliers leur fournissent des informations biaisées dans le but d’obtenir des réglementations à leur avantage immédiat. Ces réglementations réduisent les investissements et faussent l’allocation des ressources, et donc peuvent conduire à des crises plus profondes et à une reprise plus lente.

Autre effet pervers : des groupes d’intérêts – composés d’entreprises, mais aussi de syndicats, par exemple s’opposant aux licenciements – se forment pour empêcher des réformes qui les pénaliseraient. Mais l’absence de réformes, ou des réformes incomplètes, contribue à maintenir en vie des entreprises qui deviennent de plus en plus fragiles et de moins en moins rentables. Celles-ci, en cas de crise, disparaissent et rendent la crise beaucoup plus profonde encore.

Enfin la réglementation et le manque de liberté économique ne favorisent pas l’activité entrepreneuriale. Or les entrepreneurs sont essentiels après une crise car ce sont eux qui créent des emplois et permettent de réduire le chômage. Un tissu entrepreneurial insuffisant peut prolonger et accentuer la crise.

LA LIBERTÉ ÉCONOMIQUE LIMITE LES CRISES

Mais Bjørnskov, préfère s’en remettre à ce qu’il appelle « la petite littérature empirique » plutôt qu’aux théories économiques. Cette littérature montre que « la liberté économique est systématiquement associée de manière négative au risque de crise ainsi qu’à sa gravité ».

Christian Bjørnskov (2016) a comparé 212 crises entre 1993 et 2008 et a constaté que les sociétés économiquement moins libres connaissent généralement des crises économiques plus profondes avec des reprises plus lentes.

Ses travaux rejoignent ceux de Baier (2012) qui a observé que des niveaux plus élevés de liberté économique rendent les crises bancaires générales moins probables, et l’étude de Shehzad et Haan (2009) qui a montré comment une liberté économique accrue sur les marchés financiers est associée à un risque réduit de crise systémique.

L’étude réalisée pour Timbro actualise les travaux précédents de Bjørnskov en s’appuyant sur 389 crises survenues entre 1993 et 2017, et confirme que « la liberté économique a des effets négatifs à la fois sur le risque de crise et la profondeur de la crise ».

Précisons que Bjørnskov définit la crise comme « un événement où la croissance annuelle tombe en dessous de -0,2 % ». Indiquons également qu’il se concentre sur quatre aspects de la crise :

  • le risque d’entrer en crise ;
  • le nombre d’années pendant lesquelles le PIB réel par habitant diminue ;
  • la profondeur de la crise (écart entre le pic et le creux du PIB par habitant) ;
  • le temps de reprise (nombre d’années nécessaires pour retrouver le PIB d’avant-crise).

Ces données sont ensuite comparées à l’indice de liberté économique développé par Heritage Foundation.

Le professeur Bjørnskov, après avoir examiné l’ensemble des données recueillies (2653 observations par pays et par année pour 389 crises distinctes), en conclut que les pays situés en dessous du niveau médian de liberté économique ont connu en moyenne une année supplémentaire de croissance négative au cours de la période 1993-2017 par rapport à ceux situés au-dessus de la médiane de liberté économique.

De même, pendant les crises, le premier groupe a connu une baisse moyenne des revenus réels de 8,3 %, alors que la perte de revenus dans les pays plus libres s’élevait en moyenne à 5,4 %.

Le graphique ci-dessous résume les travaux de Bjørnskov. En moyenne, tous pays confondus, le risque de crise est de 15 %. Les pays ayant un niveau de liberté économique inférieur de dix points à la moyenne ont un risque de crise de 18,4 %, tandis que ceux ayant un niveau de liberté économique supérieur de dix points à la moyenne sont confrontés à un risque moyen de 12,7 %.

Estimation du risque de crise et de la profondeur de la crise par degré de liberté économique

Lorsque la crise survient, la perte moyenne de revenus est de 10 % du PIB. Les pays ayant un niveau de liberté économique inférieur de dix points à la moyenne sont susceptibles de connaître une baisse de 12 %, tandis que ceux ayant un niveau de liberté économique supérieur de dix points à la moyenne connaît une baisse de 8 %.

Pour illustrer ses propos, Christian Bjørnskov prend l’exemple de l’Autriche, pays classé parmi les plus libres. Si l’Autriche descendait dans l’indice de liberté économique de Heritage Foundation pour rejoindre l’Argentine, classée parmi les moins libres, le risque qu’elle connaisse une crise augmenterait de près de 50 %. Et la survenue d’une crise entraînerait une chute du PIB autrichien par habitant de 2000 dollars (alors qu’il est aujourd’hui d’environ 50 000 dollars). Réglementer conduit bien à davantage de crises qui, lorsqu’elles surviennent, sont plus graves et plus coûteuses.

La conclusion s’impose donc d’elle-même : les gouvernements devraient cesser de réglementer l’économie et arrêter de s’illusionner sur ce qu’eux et leur administration sont capables de faire.

Sur le web

  1. Christian Bjørnskov, « Economically free countries have fewer and less severe economic crises », Timbro Briefing Paper n°29, 11 novembre 2020. ↩

18 janvier, 2021

Grands penseurs du libéralisme : Ludwig von Mises

 Que ce soit par ses écrits en philosophie politique ou en économie, l’influence de Ludwig von Mises sur notre société est considérable.

Un article de l’Institut économique de Montréal

Nous célébrions récemment les 135 ans de Ludwig von Mises, l’un des leaders intellectuels de l’école de pensée économique autrichienne. L’influence de Mises sur la promotion des idées libérales classiques au cours du XXe siècle est impressionnante.

Né dans une famille aisée dans une province de l’empire austro-hongrois qui fait maintenant partie de l’Ukraine, Mises a démontré son intelligence très jeune : il maîtrisait le français, l’allemand et le polonais et lisait le latin dès l’âge de 12 ans.

LUDWIG VON MISES, PÈRE FONDATEUR DE L’ÉCONOMIE AUTRICHIENNE

Mises partageait les idées socialistes quand il a commencé ses études universitaires. Son point de vue sur le monde et sur l’économie a rapidement évolué lorsqu’il a pris connaissance des écrits de Carl Menger et Friedrich von Wieser, les pères fondateurs de l’école autrichienne d’économie.

Dans son premier ouvrage (en allemand) publié en 1912, The Theory of Money and Credit, Mises développe son explication des fluctuations de l’économie. À partir de ce moment, sa réputation ne cesse de prendre de l’ampleur grâce à la qualité de ses travaux.

Sa carrière a été très mouvementée. Après avoir fondé son propre institut de recherche à Vienne, il doit fuir le pays dans les années 1930 avec la montée du nazisme. Il s’enfuit d’abord en Suisse puis aux États-Unis, plus précisément à New York. Cinq ans après son arrivée, il commence à enseigner à l’Université de New York en tant que professeur invité. Il y restera jusqu’à sa retraite en 1969. Il meurt à l’âge avancé de 92 ans en 1973.

COORDINATION ÉCONOMIQUE ET THÉORIE DES FLUCTUATIONS ÉCONOMIQUES

Parmi les contributions importantes de Mises à la théorie économique, il faut mentionner en particulier la notion de coordination économique par les prix et sa théorie sur les fluctuations économiques.

Les ressources étant limitées et les besoins illimités, il faut trouver les meilleures façons de produire ce dont nous avons besoin. Comment s’y prendre ? Pour répondre à cette question, prenons un exemple, celui de la construction de voies ferrées. Il est possible de construire des voies ferrées avec de l’or, du moins théoriquement. Bien sûr, on peut voir des milliers d’autres utilités à l’or : les bijoux, les pièces d’ordinateurs, etc. Alors, comment savoir si on doit préférer l’or à l’acier ?

Selon Mises, seuls les prix nous informent de la valeur relative des ressources et de leurs utilisations optimales pour le bien de notre société. C’est pourquoi le législateur doit s’assurer que l’information issue des prix ne soit pas « contaminée » par des réglementations inadéquates qui les feraient monter ou baisser pour des raisons qui ne découlent pas de l’échange volontaire entre les individus.

CONTRE LA MANIPULATION DES PRIX

Mises n’analysait pas l’économie à travers les lentilles traditionnelles de l’offre et de la demande. Il postulait que les marchés sont généralement stables, mais sont sujets aux récessions, voire aux dépressions, lorsqu’il y a une expansion artificielle du crédit par les banques centrales. Selon lui, ceci crée des pressions inflationnistes et incite les individus et les entreprises à faire des mauvais choix. C’est en manipulant les prix que le gouvernement perturbe les activités économiques normales.

Son travail a influencé celui de plusieurs autres, tels que Friedrich von Hayek (Nobel 1974), Robert Lucas (Nobel 1995) et Leonid Hurwicz (Nobel 2007). Son influence va bien au-delà de l’école autrichienne d’économie.

Les prix Nobel en sciences économiques ayant été introduits seulement vers la fin de la vie de Mises, il n’en a jamais reçu. Cependant, le fameux économiste du MIT et lui-même un lauréat, Paul Samuelson, a écrit que si le prix avait été décerné plus tôt, Mises l’aurait certainement gagné. Ceci est une reconnaissance importante puisque les idées de Samuelson étaient diamétralement opposées à celles de Mises.

Que ce soit par ses écrits en philosophie politique ou en économie, l’influence que Ludwig von Mises a eue sur notre société est considérable. Il a réussi à consolider les fondations d’une des plus importantes écoles de pensée en économie et son œuvre est aujourd’hui plus vivante et actuelle que jamais. Le jour de son anniversaire est un bon moment pour le rappeler.