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10 janvier, 2022

La trilogie de la liberté : doute, pragmatisme, morale

 Par Michel Faure.

Les libéraux n’ont jamais été vraiment écoutés en France. Aujourd’hui, avec la crise de la Covid-19, ils sont inaudibles et certains s’en réjouissent.

Nous sommes entrés, nous dit-on avec délice, dans « un moment keynésien », comme s’il s’agissait d’une nouveauté alors que ce moment dure depuis six décennies. On fête aussi déjà la fin du libéralisme, comme si nous laissions derrière nous une longue et calamiteuse période d’un État modeste et régalien.

Mais c’est l’étatisme qui règne en France, pas le libéralisme. Et son bilan n’est pas brillant. Parmi les pays de l’OCDE, le nôtre est celui où les impôts sont les plus lourds et le chômage l’un des plus élevés.

Pour plaider la sauvegarde de nos libertés, appuyons-nous sur trois qualités libérales : le doute, le pragmatisme et la morale.

La liberté et le doute

Dans Délire et défaites, Claude Fouquet écrit que le libéralisme « est une opinion, un aveu d’ignorance, donc un programme de tolérance ».

Dans Un cœur intelligent, Alain Finkielkraut nous rappelle que l’incertitude fait partie de la nature humaine.

Frédéric Bastiat conclut : « L’ignorance entoure le berceau de l’humanité ».

Bref, pour un libéral, le doute est raisonnable et tant mieux s’il s’agit d’un péché mortel pour tout commissaire au Plan. Il nous conduit à l’observation attentive des réalités.

La liberté et le pragmatisme

Dans La grande paradeJean-François Revel nous rappelait que le libéralisme n’est pas « une théorie se fondant sur des concepts antérieurs à toute expérience, ni un dogme invariable et indépendant du cours des choses ou des résultats de l’action. Ce n’est qu’un ensemble d’observations portant sur des faits qui se sont déjà produits. »

Ce pragmatisme nous permet d’introduire l’expérience de réalités nouvelles dans nos réflexions et mesurer celles-ci à l’aune des libertés. Ainsi la pandémie renforce la critique libérale d’une bureaucratie tentaculaire et sans efficacité. Elle conforte notre rejet de l’étatisme et de la corruption qui souvent l’accompagnent, nos critiques d’une dépense publique sans contrôle et la menace d’une dette hors normes.

La morale

II nous faudrait enfin rappeler les dimensions morales et sociales du libéralisme. Notre devise, Liberté, Égalité, Fraternité, est l’invention des libéraux qui ont réclamé, face aux monarchistes et aux conservateurs, l’égalité devant la loi et la fin des privilèges. Ils ont défendu les échanges et les contrats qui exigent équité et empathie. L’une des plus grandes figure du libéralisme, Adam Smith, a d’abord écrit sa Théorie des sentiments moraux qui chante les plaisirs de la sympathie et de l’aide aux plus pauvres, avant de publier La richesse des nations.

Cette trilogie devrait nous permettre d’offrir une image du libéralisme éloignée de la caricature habituelle. Nous aimons le libre commerce, la liberté chérie de La Marseillaise, l’égalité de tous devant la loi, et la fraternité, la vraie, celle qui engage les sentiments et suscite des actions pour sauver la famille humaine des calamités des dictatures, des conflits et de la pauvreté.

04 août, 2021

La trilogie de la liberté : doute, pragmatisme, morale

Pour plaider la sauvegarde de nos libertés, appuyons-nous sur trois qualités libérales : le doute, le pragmatisme et la morale.

Les libéraux n’ont jamais été vraiment écoutés en France. Aujourd’hui, avec la crise de la Covid-19, ils sont inaudibles et certains s’en réjouissent.

Nous sommes entrés, nous dit-on avec délice, dans « un moment keynésien », comme s’il s’agissait d’une nouveauté alors que ce moment dure depuis six décennies. On fête aussi déjà la fin du libéralisme, comme si nous laissions derrière nous une longue et calamiteuse période d’un État modeste et régalien.

Mais c’est l’étatisme qui règne en France, pas le libéralisme. Et son bilan n’est pas brillant. Parmi les pays de l’OCDE, le nôtre est celui où les impôts sont les plus lourds et le chômage l’un des plus élevés.

Pour plaider la sauvegarde de nos libertés, appuyons-nous sur trois qualités libérales : le doute, le pragmatisme et la morale.

LA LIBERTÉ ET LE DOUTE

Dans Délire et défaites, Claude Fouquet écrit que le libéralisme « est une opinion, un aveu d’ignorance, donc un programme de tolérance ».

Dans Un cœur intelligent, Alain Finkielkraut nous rappelle que l’incertitude fait partie de la nature humaine.

Frédéric Bastiat conclut : « L’ignorance entoure le berceau de l’humanité ».

Bref, pour un libéral, le doute est raisonnable et tant mieux s’il s’agit d’un péché mortel pour tout commissaire au Plan. Il nous conduit à l’observation attentive des réalités.

LA LIBERTÉ ET LE PRAGMATISME

Dans La grande paradeJean-François Revel nous rappelait que le libéralisme n’est pas « une théorie se fondant sur des concepts antérieurs à toute expérience, ni un dogme invariable et indépendant du cours des choses ou des résultats de l’action. Ce n’est qu’un ensemble d’observations portant sur des faits qui se sont déjà produits. »

Ce pragmatisme nous permet d’introduire l’expérience de réalités nouvelles dans nos réflexions et mesurer celles-ci à l’aune des libertés. Ainsi la pandémie renforce la critique libérale d’une bureaucratie tentaculaire et sans efficacité. Elle conforte notre rejet de l’étatisme et de la corruption qui souvent l’accompagnent, nos critiques d’une dépense publique sans contrôle et la menace d’une dette hors normes.

LA MORALE

II nous faudrait enfin rappeler les dimensions morales et sociales du libéralisme. Notre devise, Liberté, Égalité, Fraternité, est l’invention des libéraux qui ont réclamé, face aux monarchistes et aux conservateurs, l’égalité devant la loi et la fin des privilèges. Ils ont défendu les échanges et les contrats qui exigent équité et empathie. L’une des plus grandes figure du libéralisme, Adam Smith, a d’abord écrit sa Théorie des sentiments moraux qui chante les plaisirs de la sympathie et de l’aide aux plus pauvres, avant de publier La richesse des nations.

Cette trilogie devrait nous permettre d’offrir une image du libéralisme éloignée de la caricature habituelle. Nous aimons le libre commerce, la liberté chérie de La Marseillaise, l’égalité de tous devant la loi, et la fraternité, la vraie, celle qui engage les sentiments et suscite des actions pour sauver la famille humaine des calamités des dictatures, des conflits et de la pauvreté. 

22 avril, 2021

Cuba sans Castro, la dictature sans fin

 Raúl Castro, assassin notoire, va bientôt quitter le pouvoir, à l’issue du huitième congrès du Parti communiste cubain, qui s’ouvre à La Havane ce vendredi.

Le 16 janvier 1959, soit 16 jours après la victoire de la révolution castriste, une dépêche de l’agence américaine UPI (United Press International) écrit ceci :

« Raúl Castro, commandant militaire de la province de l’Oriente dans laquelle ont été exécutés jusqu’à présent 106 criminels de guerre a vivement réagi aux accusations selon lesquelles la justice révolutionnaire avait entrepris un bain de sang. En même temps, il a promis de nouvelles exécutions ».

Après la prise de Santiago de Cuba par Fidel, Raúl Castro était resté sur place et a présidé à l’exécution sommaire de plus d’une centaine de soldats, officiers et responsables du régime de Batista dans la ville, dont 72 en une seule journée, celle du 12 janvier. Le journal Revolución, organe du M26-7, parti des révolutionnaires, fait de ce sinistre événement un titre triomphal.

UN ASSASSIN NOTOIRE

C’est ce même Raúl Castro, assassin notoire, qui quittera le pouvoir à l’issue du huitième congrès du Parti communiste cubain, qui s’ouvre à La Havane vendredi 16 avril et va se conclure le 19.  Il est annoncé que la majorité de la génération de la Révolution, et Raúl Castro, 89 ans, avec elle, prendra sa retraite. Ainsi s’efface une gérontocratie historique, une bande de nonagénaires qui ont du sang sur les mains et dont l’inepte et brutale dictature a plongé le pays dans une situation dramatique.

LES CHOSES VONT-ELLES CHANGER À CUBA ?

Le 20 avril au matin, Cuba se réveillera pour la première fois sans un Castro au pouvoir depuis 1959. Mais les choses vont-elles vraiment changer ?

Ce n’est pas au programme des autorités. Ce congrès « sera celui de la continuité, » affirme un communiqué du parti.

Ne l’oublions pas, nous sommes dans un pays dont l’article 5 de la Constitution donne la prééminence au Parti communiste, « force dirigeante supérieure de la société et de l’État », tandis que l’article 224 réitère que le socialisme est « irrévocable ».

LA CONTINUITÉ, UN SUICIDE POLITIQUE

Lire l’avenir est dès lors difficile. Tout ce que l’on peut espérer, c’est que le parti se réveille de son long coma. La continuité, à Cuba, relève du suicide politique. Pour survivre, le régime doit se réformer. Mais Raúl lui-même a montré les limites de cet exercice alors qu’il était au pouvoir.

Quand il succède à Fidel, en 2008, Raúl semble un vieux « gorbatchévien » en quête de sa perestroïka. Ce communiste très orthodoxe s’est trouvé devant l’éternelle équation du collectivisme agonisant : comment dynamiser une économie centralisée sans sacrifier le socialisme lui-même ? Il a observé de près le Vietnam et la Chine, où le Parti communiste cohabite avec une économie capitaliste. Mais Confucius n’est pas né dans les Caraïbes. Raúl a donc mené de façon incrémentielle des changements homéopathiques, comme une modeste – et lourdement fiscalisée – introduction du secteur privé au cœur de la dernière nation communiste occidentale.

Parallèlement, la dictature a perduré. Raúl, un homme colérique que la rumeur dit de santé fragile et amateur de vodka, a traité avec la même rigueur qu’autrefois tous les opposants au régime.

A CUBA, LA PIRE RÉCESSION DEPUIS LA FIN DE L’URSS

Il quitte maintenant la scène et cette transition historique coïncide avec la pire récession économique à Cuba depuis l’effondrement de l’URSS. Une timide ouverture au marché a fait monter l’inflation et les plus pauvres, c’est-à-dire l’immense majorité de la population cubaine, connait la faim. Les gens font la queue pendant des heures devant les magasins d’État dont les étagères sont presque vides.

La frustration est grande, et malgré la tradition d’une répression féroce, la jeunesse, des communautés d’artistes et des militants chrétiens, notamment, expriment celle-ci à haute voix et dans les rues.

PEUT-ON ENCORE RÊVER ?

Si la nouvelle génération au pouvoir imite la précédente, elle doit s’attendre au chaos.

Au stalinisme tropical des Castro succèderait alors, sans doute, une dictature militaire, l’armée ayant beaucoup d’intérêts à défendre. Mais le plus probable et le plus souhaitable est que cette nouvelle génération songe à sa survie qui exige l’initiation d’une transition démocratique. Mais peut-on encore rêver, quand il s’agit de Cuba ?

 

Michel Faure est l’auteur de Cuba en 100 questions, Paris, Tallandier, 2017, et de Cuba, Paris, Éditions du Chêne, Collection Grands voyageurs, 2016. 

23 janvier, 2021

La trilogie de la liberté : doute, pragmatisme, morale

 Pour plaider la sauvegarde de nos libertés, appuyons-nous sur trois qualités libérales : le doute, le pragmatisme et la morale.

Les libéraux n’ont jamais été vraiment écoutés en France et aujourd’hui, avec la crise de la Covid-19, ils sont inaudibles et certains s’en réjouissent.

Nous sommes entrés, nous dit-on avec délice, dans « un moment keynésien », comme s’il s’agissait d’une nouveauté alors que ce moment dure depuis six décennies. On fête aussi, déjà, la fin du libéralisme, comme si nous laissions derrière nous une longue et calamiteuse époque d’un État modeste et régalien. Mais c’est l’étatisme qui règne en France, pas le libéralisme. Et son bilan n’est pas brillant. Parmi les pays de l’OCDE, le nôtre est celui où les impôts sont les plus lourds et le chômage l’un des plus élevés.

Pour plaider la sauvegarde de nos libertés, appuyons-nous sur trois qualités libérales : le doute, le pragmatisme et la morale.

LA LIBERTÉ ET LE DOUTE

Dans Délire et défaites, Claude Fouquet écrit que le libéralisme « est une opinion, un aveu d’ignorance, donc un programme de tolérance ».

Dans Un cœur intelligent, Alain Finkielkraut nous rappelle que l’incertitude fait partie de la nature humaine.

Frédéric Bastiat conclut : « L’ignorance entoure le berceau de l’humanité ».

Bref, pour un libéral, le doute est raisonnable et tant mieux s’il s’agit d’un péché mortel pour tout commissaire au Plan. Il nous conduit à l’observation attentive des réalités.

LA LIBERTÉ ET LE PRAGMATISME

Dans La grande paradeJean-François Revel nous rappelait que le libéralisme n’est pas « une théorie se fondant sur des concepts antérieurs à toute expérience, ni un dogme invariable et indépendant du cours des choses ou des résultats de l’action. Ce n’est qu’un ensemble d’observations portant sur des faits qui se sont déjà produits. »

Ce pragmatisme nous permet d’introduire l’expérience de réalités nouvelles dans nos réflexions et mesurer celles-ci à l’aune des libertés. Ainsi la pandémie renforce la critique libérale d’une bureaucratie tentaculaire et sans efficacité. Elle conforte notre rejet de l’étatisme et de la corruption qui souvent l’accompagne, nos critiques d’une dépense publique sans contrôle et la menace d’une dette hors normes.

LA MORALE

II nous faudrait enfin rappeler les dimensions morales et sociales du libéralisme. Notre devise, Liberté, Égalité, Fraternité, est l’invention des libéraux qui ont réclamé, face aux monarchistes et aux conservateurs, l’égalité devant la loi et la fin des privilèges. Ils ont défendu les échanges et les contrats qui exigent équité et empathie. L’une des plus grandes figure du libéralisme, Adam Smith, a d’abord écrit sa Théorie des sentiments moraux qui chante les plaisirs de la sympathie et de l’aide aux plus pauvres, avant de publier La richesse des nations.

Cette trilogie devrait nous permettre d’offrir une image du libéralisme éloignée de la caricature habituelle. Nous aimons le libre commerce, la liberté chérie de La Marseillaise, l’égalité de tous devant la loi, et la fraternité, la vraie, celle qui engage les sentiments et suscite des actions pour sauver la famille humaine des calamités des dictatures, des conflits et de la pauvreté.