Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry

31 août, 2006

Enfin, un règlement pour gérer l’éternuement !

Les élections de l’automne 2006 avait reporté le Parti Libéral au pouvoir. Malgré la faible popularité de Jean Charest, les Québécois lui avaient donné un deuxième mandat. Ils avaient choisi le moindre mal comme ils le faisaient depuis trente ans.

Le PQ avait subi la pire défaite de son histoire. Au lendemain des élections André Boisclair avait démissionné comme chef du parti. Plusieurs prédisaient la disparition du PQ. Toutefois, lors de la course au leadership de l’automne 2008 Gilles Duceppe avait milité en faveur de l’abandon de l’option souverainiste et il avait été élu chef du parti. L’évacuation de l’option souverainiste en faveur de l’interventionnisme de l’état avait permis de faire renaître le PQ. Tout le programme du parti tournait autour du rôle prépondérant de l’état pour garantir une société juste et égalitaire. On promettait de bâtir une société exemplaire ou les inégalités et les injustices ne seraient plus tolérées. Le parti Québec Solidaire, au bord de la faillite, se sabordait au profit du PQ. Les syndicats, les groupes sociaux et les intellos de gauche voyaient dans ce changement de programme une manne qui tomberait bientôt du ciel et l’appuyait sans réserve.

À l’élection de 2010 le PQ remportait l’élection avec plus de 50% du vote populaire. Cette majorité absolue n’était pas aussi surprenante qu’on aurait pu le croire à première vue. En fait, la moitié des Québécois profitaient déjà de la redistribution forcée de la richesse créée par l’autre moitié. La promesse d’un interventionnisme encore plus créatif ne pouvait qu’améliorer le sort de la moitié profiteuse.

En 2020, le PQ était à mi-chemin dans son troisième mandat. Tout ce qui pouvait être étatisé, légiféré et règlementé l’était déjà. Les stratèges du parti étaient à court d’idée et pourtant ils étaient connus pour avoir beaucoup d’imagination. Un jour le ministre de la santé leur annonça qu’il avait trouvé la solution. Pour remporter un quatrième mandat il fallait règlementer l’éternuement : « L’éternuement est la principale cause de la transmission du virus de la grippe. Cela doit être règlementé tout comme nous règlementons les aliments, les médicaments, l’environnement, etc. Lorsque quelqu’un éternue il éjecte des millions de microbes à plus de 130 Km à l’heure pouvant contaminer ses camarades dans un rayon de 3 à 4 mètres. » Le premier ministre ajoutait : « Il est urgent d’agir et d’enrayer ce comportement asocial qui nuit à l’économie. Le gouvernement n’a plus de marge de manœuvre et si rien n’est fait il devra emprunter pour financer les coûts du système de santé. En 2019, 69% des revenus du gouvernement ont été alloué au financement de la santé. Je ne remets pas en doute la générosité légendaire des Québécois, mais ils paient déjà 75% de leurs revenus en impôts et en taxes. Pouvons-nous leur en demander davantage ? »

Le communiqué de presse de la CSN déclarait : « Enfin, un gouvernement qui a le courage de mettre fin aux abus des employeurs peu scrupuleux. Ils ne pourront plus exploiter les travailleurs en exigeant leur présence au travail s’il y a un risque, même minime, d’éternuement. Selon nos calculs le nombre de jours de travail des Québécois diminuera d’au moins 15 jours par année. Enfin, nous serons les leaders mondiaux avec moins de 200 jours ouvrables par année. »

Le Parti Vert s’était immédiatement rangé derrière ce projet innovateur. Il déclarait dans son communiqué de presse : « L’éternuement est non seulement une menace à la santé publique, c’est une menace à la démocratie. Plusieurs Québécois ne participent plus à nos marches de protestation par crainte d’être contaminés par les éternuements de nos opposants qui s’immiscent clandestinement parmi nos sympathisants. »

Le représentant du Conseil du patronat s’était timidement objecté : « L’éternuement est un réflexe naturel toléré et accepté dans tous les pays du monde. » La réponse du ministère de la santé ne se fit pas attendre : « Manger aussi est un acte naturel. Mais depuis que nous règlementons ce que les Québécois mangent les études démontrent que leur niveau de stress a considérablement diminué. Ils ne sont plus exposés à devoir choisir entre malbouffe et bouffe-santé. »

Lors de la période de question un journaliste avait demandé au Premier Ministre ce qu’il entendait faire pour améliorer le niveau de vie des Québécois. Selon la dernière étude de l’OCDE le PIB par habitant dépassait à peine 50% de la moyenne des pays de l’OCDE. Le premier ministre avait répondu : « Le PIB n’est pas un indicateur significatif pour le Québec. J’ai demandé à l’Institut de la Statistique du Québec de mesurer le BDQ, le bonheur des Québécois. On verra bien qui a raison. »

27 août, 2006

Liberté 101.

Comme vous l’avez certainement remarqué, dans mes textes je préconise moins de gouvernement et une responsabilisation accrue des individus, c’est-à-dire plus de liberté. Les gros gouvernements conduisent invariablement au gaspillage des fonds publics et à la déresponsabilisation des individus. La présentation suivante de Ken Schoolland exprime bien le pourquoi et le comment de ma position anti-gros-gouvernement.

Dans les sociétés occidentales, le gouvernement comme institution origine du besoin de protéger les libertés individuelles contre les abus des monarques. Dans ce contexte, les rôles des gouvernements se limitent à assurer la sécurité des citoyens et à administrer la justice. Malheureusement, sous prétexte de remplir l’un et l’autre de ces rôles les gouvernements grugent continuellement les libertés individuelles au profit des politiciens.

Les pères de la constitution américaine avait bien compris ce phénomène. Ils avaient inscrit dans la constitution les limites, croyaient-ils, qui devaient prévenir l’érosion constante des droits individuels au profit des gouvernements et des politiciens. S’ils revenaient à Washington aujourd’hui ils seraient certainement déçus de constater jusqu’à quel point le gouvernement américain contrôle la vie de tous les jours de leurs concitoyens.

S’ils profitaient de leur passage à Washington pour visiter le Québec, ils découvriraient une société dont la dépendance au bon vouloir de l’état a atteint un degré qu’ils ne pouvaient pas imaginer, même dans les scénarios les plus dramatiques. L’eau des piscines est contaminée, vite un nouveau règlement pour rappeler les responsables à l’ordre. Les garderies offrent des services non prévus aux règlements, on réclame un nouveau règlement pour éviter les abus. Les citoyens font de l’embonpoint, il faut un règlement pour enlever la malbouffe des comptoirs. Etc.

Les politiciens se feront toujours un plaisir de promulguer de nouveaux règlements pour répondre à la demande populaire. Toutefois, chaque nouveau règlement, sous le prétexte vertueux de répondre aux désirs de l’ensemble de la société, gruge une partie de notre liberté jusqu’au jour où l’individu est sacrifié au profit de l’élite politique. L’histoire nous enseigne quels sont les conséquences d’un tel dérapage.

24 août, 2006

Les parents québécois sont-ils irresponsables ?

Enfin l'AGPQ réagit et prend action pour enrayer les abus du ministère de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine. La ministre Théberge a concocté un règlement anti-entreprise privée dans le but d'appaiser la colère des trop nombreux groupes de pression qui s'oppose à l'arrivée de l'entreprise privée dans le domaine des garderies.

Je reprends ci-bas le texte que j'ai publié le 7 juin dernier à ce sujet :

Le gouvernement, dans sa grande sagesse habituelle, s’apprête à interdire aux parents qui envoient leurs enfants dans une garderie subventionnée, d’acheter les services supplémentaires qu’ils désirent pour leurs enfants. Encore une fois, un monopole gouvernemental prétendant agir en bon père de famille décide ce qui est le mieux pour nos enfants. Selon le gouvernement, les parents québécois sont des irresponsables incapables de décider eux-mêmes ce qu’ils veulent. Des fonctionnaires, que nous payons grâce à un régime fiscal usuraire, planifient et décident pour nous. Tous nos enfants recevront les mêmes services médiocres sous prétexte que le Québec est une société égalitaire et solidaire.

En 1997, lors de la création du régime des CPE, nous sommes passés d’un régime d’aide aux parents à un régime de subvention aux garderies. Le gouvernement s’est ainsi substitué aux parents et maintenant se croit justifier de décider pour eux quels services les garderies peuvent offrir. Ce modèle d’étatisme, que certains qualifient d’exemplaire, ignore totalement les réalités du monde moderne. Les parents ont besoin de solutions flexibles pour accommoder des horaires et des conditions de travail de plus en plus diversifiés. Mais dans un régime de garderie étatique ce n’est pas le régime qui s’adapte aux besoins des parents et des enfants, ce sont les parents et les enfants qui doivent s’ajuster à la rigidité du régime. Vous voulez des heures flexibles, vous désirez initier vos enfants aux arts, etc. oubliez çà. Tout ce qui ne peut être accommodé à l’intérieur des paramètres rigides concoctés par des fonctionnaires, eux-mêmes guidés dans leurs tâches par les syndicats, vous devrez vous en passer ou chercher ailleurs.

L’étatisation du régime des garderies est la source même de la plupart des problèmes vécus par les enfants, les parents et les garderies. Pour paraphraser un dicton bien connu sur l’institution du mariage : l’étatisation du régime des garderies est une institution créée pour résoudre des problèmes qui n’existeraient pas si l’institution elle-même n’existait pas.

Comment faire pour respecter les préférences des parents et réduire au minimum les possibilités de conflit ? Il suffit simplement de respecter le droit inaliénable des parents à choisir ce qu’ils désirent pour leurs enfants. À priori, le bon de garde ou l’équivalent, est l’instrument tout désigné pour redonner aux parents l’autonomie qu’ils ont perdue lors de la création du régime des CPE. Lorsque le pouvoir d’achat réside chez les bénéficiaires d’un service, les fournisseurs s’adaptent rapidement aux priorités de leurs clients. Au contraire, lorsque le financement provient du gouvernement les fournisseurs n’ont d’autres choix que de s’adapter aux exigences des fonctionnaires au détriment des clients.

Il est impératif que le régime de garderie du Québec soit soumis aux règles les plus élémentaires d’une économie de marché pour le plus grand bien des enfants, des parents et des fournisseurs de service. Les parents retrouveront ainsi le pouvoir de décider ce qu’ils désirent offrir à leurs enfants. Les CPE publics et privés retrouveront le droit de fixer les tarifs demandés afin qu’ils correspondent aux services dispensés. Les forces du marché trouveront rapidement le point d’équilibre entre les besoins financiers des garderies et la capacité de payer des parents.

17 août, 2006

Le ridicule ne tue pas !!

Le ridicule ne tue pas !!

Une chance pour les ministres Bachand et Courchesne que le ridicule ne tue pas.

IBM, une entreprise dont les finances sont en bien meilleur état que celles du Québec, ses revenus sont près du double et sa dette est moindre, a-t-elle vraiment besoin de l’aide du gouvernement ?

Les contribuables québécois vont débourser 9 millions pour permettre à deux ministres de participer à l’annonce d’IBM. Peut-il y avoir une autre raison pouvant justifier cette subvention ? Aidez-moi à comprendre quelqu’un.


Le jeudi 17 août 2006
IBM investit 85 millions $ à son usine de Bromont avec l'aide de Québec
Presse Canadienne
QUEBEC

Le géant de l'informatique IBM investit 85 millions $ dans son usine de Bromont, en Montérégie.
L'investissement, qui permettra à l'usine d'assumer un mandat mondial d'assemblage et de test de modules, créera 200 emplois.
L'usine est la plus grande installation d'assemblage et d'essai de semiconducteurs d'IBM dans le monde.
Elle exporte environ 700 millions $ de produits annuellement.
Inaugurée en 1972, l'usine de Bromont fournit une gamme étendue de produits à divers clients d'importance, dont IBM, Cisco, Microsoft, Sony et Nintendo.
Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand et sa collègue de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Michelle Courchesne, participaient à l'annonce, le gouvernement du Québec contribuant pour sa part 9 millions $ à l'investissement. De cette somme, 7 millions $ proviennent du Programme d'appui stratégique à l'investissement du ministère du Développement économique, et 2 millions $ proviennent d'une enveloppe d'Emploi-Québec visant la formation de la main-d'oeuvre et la mise à jour des compétences.

Les subventions créatrices d'emploi sont un mythe (3).

Mise au point de M. Lefebvre.
Bonjour M. Rouleau

Petite correction concernant votre texte sur Lefebvre Frères. La compagnie n'est pas en faillite, au contraire elle se porte bien. Les actionnaires ont pris la décision de fermer les deux usines de la Compagnie et de mettre à pied leurs employés car:
  1. Ils ne voyaient pas comment ils pourraient se démarquer dans un marché ou le Gouvernement avantage leurs compétiteurs pour plus de 50% des salaires payés et ce dans un contexte ou les salaires représente plus de 80% du coût des ventes.
  2. Désireux de poursuive la tradition familiale (3 générations) les actionnaires ont pris la décision d'investir temps et argent pour créer une nouvelle entreprise à un endroit ou les coûts de main d'œuvre leur permettrait de demeurer compétitif face aux entreprises subventionnées du Québec.

Je crois que le Québec perd au change et je continue à soutenir que le politique est une des raisons pour laquelle la richesse collective des Québécois est une des plus basse en l'Amérique du Nord et ce malgré des richesses naturelles imposantes et un esprit d'entrepreneurship sans pareil .

Pierre Lefebvre

13 août, 2006

Les subventions créatrices d'emploi sont un mythe (3).

Le cas de l’entreprise Lefebvre Frères / Industries Foresteel Limitée est un exemple probant de l’incohérence des politiques interventionnistes du gouvernement du Québec.

Le 21 avril 2004 M. Pierre Lefebvre, président du C.A., faisait parvenir une lettre à Jean Charest lui expliquant que les politiques de subvention du gouvernement allaient causer la fermeture de son entreprise. Depuis, les craintes de M. Lefebvre se sont matérialisées et l’entreprise a dû fermer ses portes.

Sous le prétexte vertueux de créer des emplois le gouvernement a poussé à la faillite cette entreprise avec pour conséquence la mise à pied de 242 employés. De plus, M. Lefebvre et ses actionnaires ont décidé d’investir leur argent et leurs talents sous des cieux moins interventionnistes et où les entrepreneurs compétitionnent à armes égales.

Faut-il se surprendre si le Québec traîne dans le peloton de queue parmi ses partenaires économiques et si Montréal demeure la seule grande ville Nord Américaine maintenant depuis plusieurs années un taux de chômage de plus de 10%.

Pour votre information je vous transmets la lettre de M. Pierre Lefebvre :

Premier Ministre du Québec
Édifice Honoré-Mercier, 3ème étage
835, boulevard René-Levesque Est
Québec (Québec) G1A 1B4

Monsieur le Premier Ministre,

Je vous écris au nom des employés et actionnaires de Lefebvre Frères Limitée et de sa filiale, Les Industries Foresteel, toutes deux de Montréal. Lefebvre Frères est établie depuis 1914 et Foresteel depuis 1960. Nous oeuvrons dans le secteur de la fabrication métallique et, en 2003, le Journal des Affaires, dans son énumération des 300 plus importantes PME du Québec, accordait à Lefebvre le 70e rang avec 242 emplois.

Un an plus tard, il ne reste que 40 emplois et ces derniers sont sérieusement compromis car il devient impossible pour une entreprise de notre secteur de concurrencer les entreprises situées en région et éligibles aux crédits d’impôt. L’interventionnisme de l’État fausse les règles du jeu et le Québec en sort grand perdant. À Montréal, l’industrie de la fabrication métallique se meurt et je me doute qu’il en va de même pour celle des autres régions non éligibles aux crédits d’impôt.

La Commission Métropolitaine de Montréal (CMM), vient de dévoiler que la grande région de Montréal, incluant Laval et Longueuil, a perdu entre 1999 et 2004 un total de 59 000 emplois dans le secteur de la fabrication. Il s’agit d’une baisse de 17 % par rapport à 1999. Je suis certain que si les chiffres pour l’Est de Montréal étaient disponibles, la situation serait plus tragique.

Au cours des trois dernières années, les entreprises suivantes, toutes situées dans la région de Montréal, ont fermé leurs portes : Robert Mitchell, Ralfor, Bedarco et Drummond Welding. Ces entreprises, qui avaient toutes plus de 20 années d’existence, faisaient de Montréal une plaque tournante de la fabrication métallique en Amérique.

LA SITUATION DE LEFEBVRE FRÈRES /FORESTEEL

Au cours des 22 dernières années, Lefebvre Frères/Foresteel a développé une expertise reconnue mondialement dans la fabrication des barres omnibus destinées a l’industrie des non-ferreux : Aluminium, magnésium, zinc et cuivre. Pendant cette période, l’entreprise a réalisé d’importants contrats :

• Alcoa (Renolds), Baie-Comeau, phases I et II (1983 et 1989)
• Aluminerie de Bécancour, Qc, phases I et II (1986 et 1989)
• Alouette, Sept-Îles, phase I (1990)
• Norsk Hydro, Qc (1986), Magnola, Qc (1998)
• Alcan, Alma, Qc (1999)
• Mozal, Mozambique, phases I et II (1999 et 2002)
• Hillside, Afrique du Sud, phases I et II (1992 et 2002)

Nous avons également réalisé plusieurs autres projets à travers le monde. Le créneau des barres omnibus représente aujourd’hui plus de 60% des ventes de l’entreprise. Au cours des trois dernières années nos deux usines de Montréal ont exporté toute leur production de barres à l’extérieur du pays.

La fabrication des barres omnibus comporte une très forte composante de main d’oeuvre directe puisque le matériel de base ( barres brutes) est généralement fourni par le client. Le prix vendant des heures de main d’oeuvre directe pour les opérations de soudage et d’usinage a un impact majeur sur la compétitivité d’une entreprise. A la suite de l’introduction des crédits d’impôt « Vallée de l’aluminium », par le Gouvernement du parti Québécois, Lefebvre Frères/Foresteel voit son marché disparaître. Il n’est pas possible de gagner de nouveaux contrats alors que des concurrents situés dans certaines régions peuvent bénéficier des avantages suivants :

• Crédit d’impôt remboursable de 40% ( maintenant 30%) sur toute augmentation de la masse salariale éligible;
• Déduction de 75% de son revenu imposable jusqu’au 31 décembre 2010;
• Déduction de 75% de son capital versé pour fin de taxe sur le capital jusqu’au 31 décembre 2010;
• Déduction de 75% des salaires pour fin de contribution au Fonds de service de santé (FSS), et ce, jusqu’au 31 décembre 2010 également.

Nous ne pouvons pas être compétitifs face à des entreprises qui bénéficient de tels avantages. Pour la première fois depuis dix ans, nous avons perdu un contrat de fabrication de barres omnibus, soit celui de l’aluminerie Alouette.

Nous croyons que la perte de ce contrat est directement liée aux politiques du gouvernement concernant les entreprises en région. La preuve : dans les renseignements additionnels sur les mesures du budget 2004-2005, le ministre des Finances, parmi les raisons qu’il donne pour maintenir les crédits d’impôt, mentionne les représentations des entreprises en région, qui ont souligné au gouvernement que « cela pourrait entraîner des difficultés financières pour les sociétés qui ont présenté des soumissions ou négocié des contrats en considérant l’impact des crédits d’impôt pour la période prévue de cinq ans ». J’assume que Monsieur Séguin, avant de reconduire les crédits, a pris soin de vérifier que les prétentions des entreprises étaient bien vraies et que s’il les maintient c’est qu’il est vrai que leur retrait mettrait la vie des entreprises en danger.

Nous avons été souvent confrontés à de la concurrence, ayant par le passé réussi à prévaloir sur des entreprises canadiennes et étrangères, mais avec les avantages accordés aux régions, il ne nous reste qu’à baisser les bras! Comment expliquer aux actionnaires et aux employés de Lefebvre Frères/Foresteel que les impôts qu’ils ont payés au cours des dernières années servent à subventionner une entreprise située dans une zone que le Gouvernement a décidé de privilégier et qui a comme résultat de déposséder les uns et de causer le licenciement massif des autres ? Comment leur faire comprendre que celui qui obtient le contrat reçoit du gouvernement des avantages qui peuvent représenter jusqu'à 50% du coût de la main d’oeuvre dans certaines situations?

Nos représentations auprès du ministère du Revenu n’ont pas été fructueuses. On nous a fait comprendre que la décision était politique. En ce qui a trait au ministère de l’Industrie et du Commerce, leur réaction a été de nous dire qu’ils n’avaient pas été consultés sur les programmes de crédits d’impôt. Nous n’avions d’autre choix que de mettre fin à nos activités de fabrication de barres omnibus au Québec et de nous résigner à recommencer à neuf ailleurs. Pour les employés et les actionnaires de Lefebvre/Foresteel les conséquences sont évidentes. Qu’en est-il du Québec ? Examinons la situation de plus proche.

• Pour le projet Alouette, les emplois ont été transférés de Montréal au Saguenay. Le nombre d’emplois est le même. La différence : le Gouvernement du Québec subventionne l’entreprise du Saguenay alors qu’une fabrication à Montréal n’aurait rien coûté. Coût pour l’état :
plusieurs millions de dollars.
• La perte de 60% de ses ventes affecte Lefebvre Frères /Foresteel au point que les emplois non reliés aux barres omnibus sont compromis. Quarante ont déjà disparus et sur les quarante autres une décision sera prise d’ici deux mois. Pertes importantes pour le trésor public.
• Au cours des 20 dernières années notre entreprise a dominé le marché international à partir de Montréal. Maintenant qu’elle n’a plus sa place au Québec elle se doit de reprendre à neuf ailleurs la ou le coût de la main d’oeuvre lui permettra d’être compétitif. Qui sortira gagnant sur les prochains contrats ? Chose certaine le Québec perdra, car au cours des vingt dernières années Lefebvre Frères/Foresteel a produit à partir de Montréal et cela sans subvention.

La disparition de deux entreprises, dont une qui fête cette année ses 90 années d’existence n’est pas dans le meilleur intérêt du Québec.

Combien d’autres cas comme le nôtre ?

LES SUBVENTIONS AUX ENTREPRISES ET L’ÉCONOMIE DU QUÉBEC

Le crédit d’impôt « Régions ressources » date du début des années 2000 et celui de la « Vallée de l’aluminium » de juin 2002. Une étude du Fraser Institute signée Fred McMahon évalue à $469 par habitant les subventions provinciales et municipales aux entreprises et ce, en l’an 2000, soit avant l’introduction des crédits d’impôt.

En Ontario, les subventions aux entreprises ne sont que de 32 $ par personne et la moyenne canadienne qui est évidemment plus élevée compte tenu du fait que le Québec fait partie du Canada, est de 193 $ par personne. Presque $2,000 pour une famille de deux adultes et deux enfants. S’agit-il d’un investissement productif et qui rapporte des emplois et de la richesse au Québec? Serait-il possible que nous fassions fausse route. Je ne peux m’empêcher de citer Monsieur McMahon, qui, à la page 47 de son étude dit ( la traduction est de moi ) : « La pratique du gouvernement du Québec de subventionner les entreprises plutôt que de baisser les taxes est non seulement inéquitable mais, en plus, elle réduit la croissance économique de
trois façons :

- elle maintient les taxes élevées, ce qui pénalise toutes les entreprises;
- elle peut récompenser les entreprises inefficaces mais politiquement bien connectées au détriment des entreprises plus efficaces; et
- elle fausse les données en détournant des ressources qui devraient être consacrées à l’augmentation de la productivité et de la compétitivité dans le marché ».

On subventionne les entreprises mais,

1. Le Québec impose à ses citoyens le fardeau fiscal le plus lourd de toutes les juridictions d’Amérique du Nord ( en pourcentage de l’économie );
2. Le Québec possède, de loin, le niveau de prospérité par personne le plus bas, mesuré par le produit intérieur brut par habitant, de toutes les provinces ou états américains industrialisés dont la population dépasse 6 000000 d’habitants;
3. À l’échelle mondiale, les chiffres démontrent que les régions retardataires des nations développées réussissent à combler l’écart avec les régions plus prospères par un facteur de 2 à 3 % par année.

Au cours des 40 dernières années le Québec n’a absolument rien comblé de son retard par rapport à la prospérité moyenne du Canada[1]; Serions-nous dans une situation ou l’interventionnisme de l’état fait plus de mal que de bien ?

LES ABUS DU SYSTÈME

Nous pensons également que le programme de crédits d’impôt ouvre la porte à des abus. Il est en effet possible que des entreprises aient pu :

• Réclamer plus d’un crédit d’impôt pour la même dépense. Non seulement le système est-il généreux, mais comme le libellé de la loi n’est pas clair, certaines entreprises en profiteraient pour demander deux ou trois crédits d’impôt pour le même dollar dépensé;
• Avoir la possibilité de réclamer un crédit d’impôt même s’il n’y a aucune création d’emploi obtenue en alternant le programme « Régions ressources » et celui de la « Vallée de l’aluminium ».

Même si la loi a été modifiée lors du budget du 12 juin 2003, il serait intéressant de connaître les sommes payées aux entreprises à cause du manque de rigueur qui prévaut dans le libellé de la loi. À une époque ou on parle de gouvernance pour les entreprises, n’est-il pas normal que les gouvernements se soumettent aux même exigences?

CONCLUSION

Nous considérons que le programme de crédit d’impôt a causé l’expropriation de notre entreprise et cela sans qu’aucun dédommagement ne soit versé à ses actionnaires et salariés.

Nous ne croyons pas que le Québec gagne. Au contraire nous croyons qu’il perd.

Il nous reste une usine et quarante emplois au Québec. L’entreprise doit prendre une décision concernant cette usine d’ici la fin de mai. Le 10 septembre 2003, il y a sept mois de cela, j’ai écrit au ministère du Revenu en posant des questions précises sur la portée des crédits d’impôt reliés à nos quarante emplois en fabrication métallique. J’ai pris bien soin dans mes communications écrites et orales de mentionner à mes interlocuteurs que mon objectif était de comprendre l’impact des crédits d’impôts sur les activités de fabrication métallique et que l’avenir de l’entreprise et de ses emplois étaient en jeu. Sept mois plus tard, et après plusieurs suivis, nous n’avons toujours pas de réponses.

Pourquoi?

Pierre Lefebvre
Président du CA
Lefebvre Frères Limitée et Les Industries Foresteel Limitée

[1] « Québec Prosperity », l’étude de M. Fred McMahon

05 août, 2006

Les subventions créatrices d’emplois sont un mythe (2).

Dans mon texte du 18 juillet, Les subventions créatrices d’emploi sont un mythe , je dénonçais les généreuses subventions que les gouvernements accordent dans le but de favoriser leur parti dans l’opinion publique. Comme pour me donner raison, le 28 juillet 2006, Norsk Hydro annonçait la vente de son usine de magnésium à Bécancour. Norsk Hydro ajoutait qu’il est possible que l’usine soit fermée. En clair, l’usine est au bord de la faillite et devra mettre à pied la plupart, sinon la totalité de ses employés.

Ce projet créé en 1989 a reçu près de 250 millions $ en subvention . Le gros de ces subventions provient du fait qu’Hydro-Québec fournissait l’électricité à Norsk Hydro à des tarifs ridiculement bas. Les États-Unis ont décrété que ces tarifs constituaient une subvention illégale et ont imposé des droits compensatoires aux produits de Norsk Hydro exporté aux États-Unis. Ainsi, le Québec, la région économique la plus pauvre de l’Amérique du Nord, a généreusement subventionné le trésor américain et il est maintenant acquis que la plupart des emplois créés disparaîtront sous peu.

Norsk Hydro est le dernier d’une série ininterrompu de fiascos :
  • L’usine Magnola à Asbestos qui devait aussi produire du magnésium. L’usine, grassement subventionné par les contribuables, a coûté plus d’un milliard de dollars, n’a jamais atteint sa pleine capacité de production et est maintenant fermée.
  • L’usine Gaspésia à Chandler. La compagnie a fait faillite et les contribuables québécois ont perdu plus de 300 millions dans cette aventure.
  • La salle de peinture de l’usine de General Motors à Boisbriand. Le gouvernement du Québec a fortement contribué financièrement à la construction de cette amélioration importante à l’usine ce qui devait assurer sa survie à moyen terme. L’usine est fermée et démolie.
  • L’usine du constructeur automobile Hyundai à Bromont. Le gouvernement du Québec y a investi de généreuses subventions et l’usine n’a fonctionné que quelques années.

Qui a été tenu responsable de ces gaspillages ? Bien sur, les partis de l’opposition ont crié aux scandales. Il y a eu des commissions d’enquête. Les médias en ont profité pour publier des grands titres accrocheurs. Mais il n’y a pas eu de procès, encore moins de condamnations. Avant même que le dernier fiasco ne soit oublié, les mêmes politiciens annonçaient déjà de nouvelles subventions créatrices d’emplois.

Malgré les fiascos, malgré les mises en garde répétées des experts, les politiciens au pouvoir continuent de distribuer généreusement l’argent des contribuables sous forme de subvention à la création d’emploi.

Cela fait beaucoup trop longtemps que les contribuables québécois, ceux qui à la fin paient la note, tolèrent les gaspillages de toutes catégories. Les politiciens en sont venus à croire que ce sont les bonnes intentions qui comptent et que, compte-tenu de la naïveté des contribuables, la machine médiatique gouvernementale pourra facilement gérer les dérapages.

30 juillet, 2006

Les bonnes intentions ne suffisent pas.

Les gens sont généralement plus sensibles et réceptifs lorsque le sujet discuté fait appel à leurs émotions. Les politiciens et les représentants des syndicats et des groupes de pression l’ont bien compris. Ils utilisent des formules chargées d’émotions pour influencer l’opinion publique en faveur de leurs causes. Les enfants, les malades, les démunis, l’environnement, etc. servent à justifier les demandes des groupes de pression et les programmes gouvernementaux qui en découlent. Rarement, pour ne pas dire jamais, fait-on appel à l’économie pour justifier des choix politiques.

L’économie est une science basée sur la raison et requiert un effort de compréhension que les gens trouvent plutôt ennuyeux. Pourtant, la société est assujettie aux lois de l’économie et ce n’est pas parce qu’on les ignore qu’elles ne s’appliquent pas. Par contre, en les ignorant les gouvernements choisissent des solutions non optimales et souvent inefficaces.

L’observateur avisé sait depuis toujours que ce n’est pas les intentions des politiciens, des planificateurs ou des bureaucrates qui comptent. S’il n’y a pas adéquation entre les moyens utilisés et les buts visés les bonnes intentions n’y changeront rien, les résultats recherchés seront invariablement en-deçà de ce qui a été promis. Seul un programme d’incitation approprié permet d’obtenir les résultats recherchés.

Par exemple, un entrepreneur qui déploie de nombreux efforts pour satisfaire ses clients voit son chiffre d’affaire et ses profits augmentés. Donc, il y a un lien direct entre les efforts fournis et les bénéfices que l’entrepreneur en retire.

Qu’arrive-t-il lorsqu’un service est fourni par le gouvernement ? Le fonctionnaire, comme tout individu normalement constitué, tente de maximiser le rapport bénéfices/efforts dans ses activités journalières. Toutefois, la rémunération des fonctionnaires n’est pas liée au nombre de clients desservis ni à leur satisfaction. Pour le fonctionnaire il n’y a pas de lien entre les efforts fournis et les bénéfices obtenus. Il doit se rabattre sur la variable « efforts » pour améliorer son rapport bénéfices/efforts. Donc, il cherchera à minimiser les efforts dédiés à servir la clientèle. Il utilisera plutôt son temps à satisfaire ses besoins personnels.

Dans les deux cas, l’entrepreneur et le fonctionnaire, cherchent simplement à améliorer leur sort. Mais, contrairement au fonctionnaire, l’entrepreneur doit nécessairement satisfaire ses clients pour atteindre son objectif. Donc, un programme d’incitation en relation avec les résultats recherchés motive les gens à modifier leurs comportements pour atteindre leurs objectifs.

Dans une économie de marché le même principe s’applique aux clients. Si vous consommez deux fois plus d’essence que votre voisin vous devrez aussi débourser deux fois plus pour bénéficier de ce privilège. Par contre, lorsque les services sont fournis par le gouvernement il n’y a pas de lien entre le prix payé et le coût des services fournis. Donc, lorsque les coûts d’un service sont en-deçà des coûts réels, le client aura tendance à exiger un maximum de services dans le but de maximiser le rapport bénéfices/efforts.

L’effet combiné de ces deux facteurs a des conséquences dramatiques pour la société. Les services fournis par le gouvernement, en plus d’être coûteux et de mauvaise qualité, gonflent artificiellement la demande. Le gouvernement n’a d’autre choix que de restreindre l’offre ce qui inévitablement crée une pénurie constante. Les groupes de pression, prétextant vouloir éliminer les pénuries et prétendant parler au nom de la population, exigent toujours plus d’argent pour leurs programmes préférés. Les politiciens, encouragés par les demandes répétées de ces groupes, créent de nouveaux programmes. Ce cycle se répète jusqu’à ce que le pays soit en faillite ou que les contribuables se révoltent.

Quel que soit le parti au pouvoir ou le niveau de gouvernement impliqué le résultat est toujours le même. Les partis de l’opposition accusent le parti au pouvoir d’irresponsabilité mais, dès qu’ils sont au pouvoir, le processus reprend de plus bel.

Le PLQ a remporté les dernières élections en promettant de dégraisser la machine gouvernementale et de réduire les impôts au rythme d'un milliard par année. Les dépenses totales sont passées de 55.8 milliards en 2005-2006 à 58.1 milliards dans le budget 2006-2007, soit une augmentation de 4.1%. À ce rythme les dépenses totales excèderont 100 milliards en 2020. Par contre, il est prévu que la population en âge de travailler (les 20-64 ans) sera à ce moment sensiblement la même qu’aujourd’hui. En supposant que les salaires augmenteront en moyenne de 2.5% par année (le taux d’inflation), le fardeau fiscal des contribuables devra augmenter de 1,6% par année pour satisfaire l’appétit insatiable de nos gouvernements. Un tel scénario conduira inévitablement à la révolte des contribuables ou à la faillite de l’état.

L’histoire démontre que les politiciens sont incapables de réduire les dépenses gouvernementales à moins d’y être obligé. Je propose donc de réduire sensiblement les revenus des gouvernements tout en maintenant l’objectif du déficit zéro. Ainsi, les gouvernements devront enfin sabrer dans les dépenses inutiles parce qu’ils n’auront plus les revenus nécessaires pour les financer. Les services qui ne seront plus disponibles auprès du gouvernement seront offerts par l’entreprise privée à des coûts et conditions beaucoup plus favorables.

Enfin, pour se prémunir contre l’irresponsabilité des gouvernements futurs, je propose que la loi exige que les dépenses ne pouvant pas être accommodées par les revenus existants soient soumises à l’approbation populaire par voie de référendum ou à l’occasion d’une élection générale. Un tel encadrement transférerait l’influence politique des groupes de pression aux contribuables et obligerait les politiciens à choisir parcimonieusement les projets qu’ils désirent promouvoir.

18 juillet, 2006

Les subventions créatrices d’emplois sont un mythe.

Les politiciens annoncent régulièrement et en grande pompe que le gouvernement accorde une subvention à tel projet, telle entreprise ou telle industrie. Invariablement, les communiqués de presse parlent longuement du nombre d’emplois directs et indirects qui seront créés. Si les chiffres ne sont pas suffisamment impressionnants on inclura les statistiques d’emplois de toute l’industrie : l’industrie forestière emploi 30 000 travailleurs, l’industrie bio-alimentaire emploi 440 000 travailleurs. Veux-t-on vraiment nous faire croire que sans les généreuses subventions annoncées l’ensemble des travailleurs de ces industries seraient mis au chômage le lendemain ?

Les mêmes programmes sont emballés plusieurs fois et à chaque fois on annonce sans sourciller la création de nouveaux emplois. Si on additionne tous les emplois ainsi annoncés non seulement le Québec aurait-il le taux de chômage le plus bas en Amérique du Nord, mais il nous faudrait encourager l’immigration de millier de travailleurs. C’est de la pure démagogie.

Pour souligner jusqu’à quel point les politiciens associent « subventions et création d’emplois » j’ai recherché les mots subvention + emploi dans les sites internet de cinq ministères. Pour la période du 1 janvier au 30 juin 2006 j’ai trouvé :

  • Développement économique, Innovation et Exportation : 82 documents ;
  • Affaires municipales et Régions : 43 documents ;
  • Développement durable, Environnement et Parcs : 85 documents ;
  • Culture et Communications : 130 documents ;
  • Familles, Aînés et Condition féminine : 22 documents ;

Pourtant, les économistes sont à peu près unanimes pour dire que les subventions gouvernementales ne créent pas vraiment d’emplois additionnels. Nathalie Elgrably, économiste à l’IÉDM, dans son éditorial du 15 juin 2006 publié dans Le Journal de Montréal conclut :

Malgré tout, les subventions sont généralement bien acceptées sous prétexte qu'elles permettent de sauver des emplois. Cet argument est tout simplement faux, car il omet de considérer le fait qu'une entreprise que l'on taxe dispose de moins de fonds pour accroître la taille de ses installations. Ainsi, nous sauvons peut-être un emploi dans l'entreprise subventionnée, mais nous empêchons la création d'un autre dans l'entreprise taxée. Et si elle avait distribué des dividendes plutôt que de prendre de l'expansion? Dans ce cas, les actionnaires auraient dépensé davantage, ce qui aurait indéniablement avantagé certains secteurs d'activités.

Comme les subventions ne sont ni un cadeau du Père Noël ni une manne divine, elles ne créent pas d'emplois, elles ne font que les déplacer d'une entreprise vers une autre. Si l'on ajoute le fait que, pour verser ces subventions, il a fallu des impôts élevés, lesquels font fuir nos entreprises ou en découragent certaines à s'installer chez nous, on en conclut que les subventions finissent par nuire à la création d'emplois.

La croyance populaire qui veut que les subventions créent des emplois est un mythe. Non seulement les subventions ne créent pas de nouveaux emplois, mais en plus cette pratique réduit le potentiel de croissance économique du Québec. À ce jour, aucun système n’a pu démontrer qu’il pouvait assurer une distribution des ressources économiques disponibles de façon aussi ou plus optimale que celle établit par les règles du marché. Pourtant, en subventionnant des projets, des entreprises et des industries choisies, c’est exactement ce que le gouvernement prétend faire.

Le mythe voulant qu’il y ait adéquation entre subvention et emplois est activement entretenu par les politiciens, les syndicats et les groupes de pression. Pour eux le système de subvention est un jeu qui permet aux plus habiles d’accroître leur pouvoir personnel. Ce jeu a des conséquences plus néfastes pour les Québécois que Loto Québec pourtant tant décrié par les groupuscules de bien-pensants. Le jeu des subventions affectent tous les Québécois d’aujourd’hui et de demain. De surcroît, les joueurs jouent l’argent des contribuables, non la leur.

13 juillet, 2006

La pauvreté, conséquence de l’étatisme.

Tous les politiciens de tous les partis prétendent vouloir éliminer/réduire la pauvreté. En réalité, on peut avec certitude compter sur eux pour exprimer de bons sentiments au moment opportun. Malheureusement, il y a peu de risques que les discours deviennent réalité.

En politique, ce qui compte avant tout c’est le spectacle. Les politiciens doivent avant tout attirer le vote des électeurs et le financement des bailleurs de fond. Que les promesses électorales se réalisent ou pas, c’est secondaire. Les politiciens savent d’expérience qu’il leur sera facile de faire oublier leurs promesses en offrant de nouveaux spectacles tous plus distrayants les uns que les autres.

Si les politiciens voulaient réellement aider les plus démunis, ils l’auraient fait depuis longtemps. En fait, trop souvent, ce sont les gouvernements et leurs bureaucraties qui empêchent les pauvres de se sortir de l’état de dépendance dans lequel ils se trouvent.

Comment les gouvernements maintiennent-ils les gens dans la pauvreté ?

D’abord, les gouvernements font augmenter artificiellement le coût de la vie. Les tarifs et quotas à l’importation, le contrôle des prix (lait, prix minimum de l’essence, etc.) ou toute autre forme de protectionnisme (renouvellement des voitures de métro sans appel d’offre) augmentent invariablement le prix des biens et services essentiels. Les groupes de pression, de connivence avec les politiciens, dénoncent le libre-échange en brandissant le spectre d’une catastrophe imminente si telle ou telle entreprise ou industrie n’est pas protégée. Dans les faits leur seul but est de favoriser des groupes déjà privilégiés, d’influencer le vote des électeurs et d’encourager les entreprises favorisées à contribuer à la caisse du parti.

Ensuite, les politiciens promulguent des lois et règlements souvent dans le but inavoué d’accroître leur pouvoir sur les citoyens. A priori, la réglementation a pour but de protéger les consommateurs. Toutefois, l’inefficacité des fonctionnaires, l’interférence des politiciens et l’influence des lobbies font que la réglementation augmente les coûts des produits et services sans pour autant protéger adéquatement le consommateur. La Fédération de l’Entreprise Indépendante du Canada estime les coûts de la réglementation au Québec à plus de 8 milliards annuellement ce qui représente une partie importante du coût des biens et services consommés par les Québécois. Pourtant, tous les règlements de ce monde n’ont jamais empêchés les truands de flouer les consommateurs : Norbourg, les commandites, etc.

Finalement, les gouvernements, encouragés par les syndicats et les groupes de pression intéressés à profiter de ses largesses, se substituent à l’économie de marché et offre directement des biens et services à la population. Ces produits et services sont offerts par des sociétés d’états (SAQ, Hydro-Québec, Loto-Québec, etc.) ou par le gouvernement (Santé et service sociaux, Éducation, etc.) et sont immanquablement plus chers et de moins bonnes qualités qu’ils sont fournis par des monopoles d’état. Ces monopoles sont gérés par des fonctionnaires ou des nominations politiques qui ont vite fait de comprendre à qui ils doivent rendre des comptes. Comme si cela n’était pas suffisant, les gouvernements ont accordé des monopoles syndicaux aux grandes centrales syndicales qui n’hésitent pas à utiliser ce pouvoir pour faire valoir leur propre agenda politique. Dans ce système, les citoyens et en particulier les pauvres, sont un mal nécessaire.

La prochaine fois que le gouvernement vous proposera d’en faire plus pour vous n’hésitez pas à répondre : non merci, je m’en occupe. Ainsi, vous serez bien mieux servis et à moindre coût.

30 juin, 2006

Tax Freedom Day. Enfin libre !

Le 19 juin 2006, l’Institut Fraser publiait son rapport Tax Freedom Day 2006. Le Tax Freedom Day est une façon simple de mesurer le taux de fiscalité des contribuables selon la province de résidence. Ce taux inclut tous les revenus collectés par les gouvernements : impôts, TPS, TVQ, taxes foncières, taxes sur les produits de l’essence, l’alcool et le tabac, etc.

Les contribuables québécois ont l’insigne honneur de travailler pour leurs gouvernements plus longtemps que tous les autres contribuables canadiens. Près de la moitié des revenus annuels de la famille moyenne québécoise servent à financer des gouvernements obèses et inefficaces. En 2006, c’est seulement depuis le 27 juin que les contribuables québécois peuvent commencer à jouir du labeur de leur travail. Les contribuables Ontariens ont été libérés le 16 juin, onze jours plus tôt que nous. Toutefois, il faut bien noter que ces calculs sont représentatifs d’une situation familiale moyenne. Certains contribuables ont arrêté de financer leurs gouvernements plus tôt alors que d’autres devront continuer à leur remettre leurs chèques de paie jusqu’en juillet. Comme chaque cas est différent je vous recommande d’utiliser le calculateur de l’Institut Fraser pour déterminer votre jour de libération.

Il est intéressant de noter qu’en 2006 le Tax Freedom Day des Québécois arrive trois jours plus tôt qu’en 2005 et six jours plus tôt qu’en 2000. C’est une bien maigre amélioration, mais au moins on semble avoir enfin dépassé le haut de la courbe. Entre 1981 et 2000 le Tax Freedom Day était passé du 7 juin au 3 juillet.

En 2006, la famille moyenne québécoise gagnera un revenu de 69 510$ et paiera 33 601$ en impôts et taxes. De ce montant 16 983$ (51%) ira au fédéral, 14 614$ (43%) sera versé au provincial et le reste, 1 993 (6%), échouera au municipal. En 2005, la même famille a payé 32 806$ en impôts et taxes, soit 795$ ou 2,4% de moins. Les principales augmentations en 2006 proviennent de l’impôt (454$) et des frais de pension et de santé (239$). On est bien loin de la réduction d'un milliard par année promis par le PLQ.

22 juin, 2006

Quel gâchis !

La saga des fusions forcées du PQ et des défusions démocratiques du PLQ coûte des centaines de millions aux contribuables québécois. De 2001 à 2003, les contribuables ont payé plusieurs centaines de millions en études, comité de transition et en coûts transitoires pour fusionner les municipalités du Québec.

Lors de la campagne électorale de 2003 le PLQ promet, à des fins électoralistes évidentes, de permettre aux municipalités qui le désirent de défusionner. Depuis, pour Montréal seulement, les coûts des référendums, du comité de transition et les coûts transitoires d’adaptation découlant du processus de défusion se chiffrent à plus de 50 millions. J’évalue à au moins 500 millions les coûts cumulatifs de la saga fusion-défusion. Si, de plus, on quantifiait les coûts découlant de l’immobilisme des élus municipaux occupés à défendre soit la fusion, soit la défusion, plutôt qu’à gérer leur municipalité, j’estime que les coûts réels de cette saga doubleraient ou même tripleraient. Mais le pire est que ce n’est pas terminé, loin de là.

Les conseils d’agglomération, organismes créés de toute pièce pour gérer les services chevauchant les villes reconstituées et les villes-centres, sont paralysés. Le budget 2006 de la ville-centre de Longueuil n’est toujours pas approuvé. Ailleurs les villes reconstituées contestent les budgets imposés par les villes-centres. Pendant ce temps, personne ne s’occupe des vrais problèmes, ceux pour lesquels les contribuables paient des taxes. Comme si cela n’était pas suffisant, le gouvernement, offre maintenant de payer les intérêts des prêts des municipalités reconstituées pour leur permettre d’étaler les hausses de taxes découlant des défusions.

Pourtant, le premier ministre Charest, tout au long de la campagne électorale de 2003, avait répété à maintes reprises que les villes qui choisiraient de défusionner assumeraient obligatoirement les coûts reliés à leur décision. Mais, à moins d’un an des élections, il vaut mieux être prudent et distribuer l’argent des contribuables là où les risques de perdre des votes sont les plus grands. Dans ce cas, il serait normal que l’argent soit pris dans les coffres du PLQ plutôt que dans les poches des contribuables.

Les fusions ont été imposées en prétextant que cela réduirait les coûts d’opération et permettrait d’améliorer les services. Après cinq ans de cafouillage et plusieurs centaines de millions de gaspillage les coûts d’opération continuent d’augmenter plus rapidement que la somme des taux de croissance de la population et de l’inflation. En ce qui concerne l’amélioration des services municipaux demandez aux Montréalais ce qu’ils en pensent.

Les défusions ont été promises en prétextant le respect d’un principe fondamental de la démocratie, le respect de la volonté de la majorité. Pourtant, le pouvoir de décider là où ça compte, c.-à-d.: le budget d’agglomération, est concentré entre les mains de la ministre des Affaires municipales et des Loisirs. On est plus près de la dictature que de la démocracie.

Finalement les municipalités se retrouvent dans une situation pire que celles qui prévalait avant les fusions forcées du PQ. Il est évident que cette situation est intenable et qu’elle devra être corrigée. Les villes doivent être des milieux accueillants qui favorisent le développement humain et économique de ses habitants. On ne peut se permettre de tolérer une situation où la priorité des élus municipaux consiste à faire de la petite politique et à parader devant la ministre des Affaires municipales et Régions.

On a beaucoup parlé de l’immobilisme du Québec dernièrement. On l’a attribué aux groupes de pression, au manque de leadership des politiciens et des élites économiques et intellectuelles. Je ne doute pas que ces causes soient bien réelles. Toutefois, des villes dynamiques, résolument tournées vers la croissance et le bien-être de ses habitants, apporteraient un contrepoids bien nécessaire à ces forces négatives. On ne peut dynamiser le Québec sans dynamiser ses villes.

Faudra-t-il encore subir plusieurs années d’inertie et gaspiller quelques centaines de millions en études, en comités de transition et en coûts transitoires pour se sortir de ce marasme ?

Le Québec, l’une des régions économiques les plus pauvres de l’Amérique du Nord, n’a certainement pas les moyens de gaspiller l’argent des contribuables de cette façon, mais il semble que personne ne s’en soucie véritablement.

07 juin, 2006

Les parents québécois sont-ils irresponsables ?

Le gouvernement, dans sa grande sagesse habituelle, s’apprête à interdire aux parents qui envoient leurs enfants dans une garderie subventionnée, d’acheter les services supplémentaires qu’ils désirent pour leurs enfants. Encore une fois, un monopole gouvernemental prétendant agir en bon père de famille décide ce qui est le mieux pour nos enfants. Selon le gouvernement, les parents québécois sont des irresponsables incapables de décider eux-mêmes ce qu’ils veulent. Des fonctionnaires, que nous payons grâce à un régime fiscal usuraire, planifient et décident pour nous. Tous nos enfants recevront les mêmes services médiocres sous prétexte que le Québec est une société égalitaire et solidaire.

En 1997, lors de la création du régime des CPE, nous sommes passés d’un régime d’aide aux parents à un régime de subvention aux garderies. Le gouvernement s’est ainsi substitué aux parents et maintenant se croit justifier de décider pour eux quels services les garderies peuvent offrir. Ce modèle d’étatisme, que certains qualifient d’exemplaire, ignore totalement les réalités du monde moderne. Les parents ont besoin de solutions flexibles pour accommoder des horaires et des conditions de travail de plus en plus diversifiés. Mais dans un régime de garderie étatique ce n’est pas le régime qui s’adapte aux besoins des parents et des enfants, ce sont les parents et les enfants qui doivent s’ajuster à la rigidité du régime. Vous voulez des heures flexibles, vous désirez initier vos enfants aux arts, etc. oubliez çà. Tout ce qui ne peut être accommodé à l’intérieur des paramètres rigides concoctés par des fonctionnaires, eux-mêmes guidés dans leurs tâches par les syndicats, vous devrez vous en passer ou chercher ailleurs.

L’étatisation du régime des garderies est la source même de la plupart des problèmes vécus par les enfants, les parents et les garderies. Pour paraphraser un dicton bien connu sur l’institution du mariage : l’étatisation du régime des garderies est une institution créée pour résoudre des problèmes qui n’existeraient pas si l’institution elle-même n’existait pas.

Comment faire pour respecter les préférences des parents et réduire au minimum les possibilités de conflit ? Il suffit simplement de respecter le droit inaliénable des parents à choisir ce qu’ils désirent pour leurs enfants. À priori, le bon de garde ou l’équivalent, est l’instrument tout désigné pour redonner aux parents l’autonomie qu’ils ont perdue lors de la création du régime des CPE. Lorsque le pouvoir d’achat réside chez les bénéficiaires d’un service, les fournisseurs s’adaptent rapidement aux priorités de leurs clients. Au contraire, lorsque le financement provient du gouvernement les fournisseurs n’ont d’autres choix que de s’adapter aux exigences des fonctionnaires au détriment des clients.

Il est impératif que le régime de garderie du Québec soit soumis aux règles les plus élémentaires d’une économie de marché pour le plus grand bien des enfants, des parents et des fournisseurs de service. Les parents retrouveront ainsi le pouvoir de décider ce qu’ils désirent offrir à leurs enfants. Les CPE publics et privés retrouveront le droit de fixer les tarifs demandés afin qu’ils correspondent aux services dispensés. Les forces du marché trouveront rapidement le point d’équilibre entre les besoins financiers des garderies et la capacité de payer des parents.

02 juin, 2006

Et que les meilleures gagnent !

Le porte-parole péquiste en matière d’éducation, Camil Bouchard, propose de moduler les subventions aux écoles publiques et privées en proportion des critères de sélection des élèves. Les écoles qui acceptent tous les élèves, sans restrictions, recevraient des subventions plus généreuses. En principe et dans la mesure où les règles d’application seraient les mêmes pour le public et le privé, cette suggestion m’apparaît excellente. Elle permettrait de traiter toutes les écoles sur un pied d’égalité du point de vue financier, une condition préalable à la venue d’un régime compétitif. Une saine compétition entre les écoles permettrait d’améliorer rapidement la qualité et l’efficacité de l’ensemble du système d’éducation. Je doute que le Parti Québécois, le parti le plus étatiste en Amérique du Nord, adopte une proposition favorable au secteur privé.

Au mieux, la qualité et l’efficacité des écoles publiques stagnent, au pire elles se détériorent. Par exemple, au secondaire le taux d’échec est passé de 12,5% en 1998, a atteint un creux de 19,9% en 2002 et se situe à 16,8% en 2004. Cette détérioration n’est certainement pas due au manque de ressources car entre 1996-1997 et 2004-2005 le taux de fréquentation des écoles primaires et secondaires a diminué de 3,8% alors que les coûts par élève augmentaient de 17,3%.

Pourquoi ? Le ministère, les commissions scolaires, les syndicats protègent leurs chasses gardées respectives au détriment des enseignants et des élèves. Pour améliorer le système d’éducation il est essentiel de ramener les élèves, c’est-à-dire les clients, au centre des préoccupations de chacun des intervenants. Pour ce faire il suffit d’offrir aux parents le choix de l’école qu’ils désirent pour leurs enfants. Ainsi, les écoles publiques devront rivaliser entre elles et avec les écoles privées pour obtenir et conserver le patronage de leur clientèle.

Les études empiriques réalisées à l’OCDE permettent de mieux comprendre les mécanismes par lesquels la concurrence entre établissements contribue à améliorer les résultats scolaires :

• La latitude de gestion dont bénéficient les établissements ainsi que la concurrence incitent les gestionnaires à améliorer les performances. Dans un régime compétitif, l’enjeu est la survie même de l’école. Cet impératif est le meilleur moyen de cristalliser l’attention de tous les intervenants sur l’essentiel, c’est-à-dire la réussite des élèves.

• La notion de choix implique nécessairement son corollaire, la notion de responsabilité. Lorsque c’est à eux qu’il revient de choisir un établissement scolaire, les parents s’impliquent nécessairement davantage dans la scolarité de leurs enfants. Dans leur étude Schneider et al. (1997) conclut que les parents, dont les enfants fréquentent des écoles publiques dans des circonscriptions qui autorisent le choix de l’établissement, participent davantage aux réunions de quartier organisées sur le thème de l’école, sont plus enclins à faire confiance aux enseignants et s’impliquent davantage dans les associations de parents et d’enseignants ainsi que dans des activités bénévoles.

• Les écoles exposées à la concurrence utilisent des méthodes pédagogiques plus intensives et parviennent davantage à faire régner la discipline. L’étude du PISA (OCDE, 2001b) conclut que la proportion d’élèves du deuxième cycle de l’enseignement secondaire s’inscrivant à des cours d’approfondissement est plus élevée, le temps consacré aux devoirs est en moyenne plus important et la discipline règne davantage. L’ensemble de ces facteurs influent positivement sur les résultats des élèves

Heureusement, au Québec, le système d’éducation bénéficie d’un secteur privé important et dynamique. Donc, en adoptant la proposition de Camil Bouchard et en offrant les mêmes conditions de financement et de sélection des élèves au privé et au public, la compétition s’installerait naturellement et rapidement. Dans moins d’une décennie le système d’éducation québécois ferait l’envie de tous pour le plus grand bien des générations futures.

25 mai, 2006

Éloge aux entrepreneurs.

L’entrepreneur, en particulier dans une société socialisante comme celle que nous connaissons au Québec, est malheureusement peu valorisé et souvent perçu avec méfiance. Ceci semble découler du fait qu’une partie des Québécois, ceux qui en général profitent des politiques socialisantes du gouvernement, jalousent ceux qui réussissent. Pour eux, la réussite est synonyme du « capitaliste qui abuse nécessairement les plus faibles ». Le fait que les entrepreneurs soient à la source de toute société solidaire semble leur échapper complètement. Une autre partie de la société québécoise, en particulier les élites politiques, culturelles et sociales, craignent l’esprit d’indépendance des entrepreneurs. Pour eux, l’entrepreneur est « l’empêcheur de tourner en rond ». En dénonçant l’omniprésence de l’état qui les étouffe les entrepreneurs remettent en question l’utilité des fonctionnaires et le pouvoir illimité des politiciens. Le fait que ce soit les entrepreneurs qui créent la richesse nécessaire au soutien financier de l’immense machine étatique du Québec semble bien secondaire à leurs yeux.

Les sociétés qui encouragent et appuient l’esprit d’entrepreneur de leurs citoyens sont aussi celles qui connaissent les meilleurs taux de croissance économiques et humains. Pour s’en convaincre, il suffit d’imaginer ce que serait le Québec si nous avions deux fois plus d’entrepreneurs québécois : deux Bernard Lemaire, deux Guy Laliberté, deux Robert Lepage, deux Gilles Julien, etc. Moi, c’est ce qui me rendrait vraiment fier d’être Québécois.

Qu’est-ce qu’un entrepreneur et pourquoi sont-ils si important dans le développement d’une société ?

L’entrepreneuriat consiste à évaluer sans arrêt les conditions prévalant dans son milieu afin de percevoir des occasions d’affaire. Les entrepreneurs réorganisent les ressources économiques vers des usages à valeur ajoutée plus élevée. Ils innovent en cherchant de meilleurs processus de production et des façons de réduire les coûts. Ils sont ainsi à l’origine du dynamisme économique et de la capacité à répondre efficacement aux désirs des consommateurs et aux besoins d’autres producteurs. Ils sont la source de la création de richesse. Joseph Schumpeter (1883-1950) est certainement l’économiste contemporain qui le mieux définit ce qu'est un entrepreneur et le rôle qu’il joue dans la société : l’entrepreneur innove en concoctant de nouvelles façons de faire. Celles-ci peuvent prendre différentes formes : 1) nouveaux produits ou produits améliorés, 2) nouveaux procédés de production, 3) nouveaux marchés, 4) nouveaux matériaux ou nouvelles sources d’approvisionnement, 5) nouvelles entreprises. Selon Schumpeter, l’esprit d’entreprise consiste en un heureux mélange de créativité appliqué au milieu des affaires. En ce faisant, l’entrepreneur brise l’état d’équilibre vers lequel tendent naturellement les forces du marché.

Les entrepreneurs agissent de plusieurs façons : ils sont travailleurs autonomes, ils créent de nouvelles entreprises ou pilotent des entreprises existantes. Ils achètent, embauchent, s’aventurent sur des nouveaux marchés, etc. Certains réaliseront des profits, plusieurs accuseront des pertes.

Les motivations de l’entrepreneur sont multiples mais les profits sont leur principale récompense. C’est un moyen simple et efficace de savoir quels projets ont effectivement créé de la richesse, et lesquels ont entraîné un gaspillage des ressources économiques. L’entrepreneuriat implique fondamentalement la prise de risques et il ne peut s’épanouir que dans un milieu où la prise de risque est valorisée, encouragée et récompensée. Un fardeau fiscal et réglementaire élevé augmente le risque et diminue la probabilité de succès. Un tel environnement maintient l’activité entrepreneuriale en-deçà de son niveau optimum.

La réglementation est utilisée par les gouvernements pour intervenir dans l’économie. Les objectifs visés peuvent être économiques, sociaux ou simplement des formalités légales et fiscales. Une réglementation complexe et volumineuse produit immanquablement des effets pervers qui pénalisent surtout les forces les plus dynamiques de la société. Elle décourage les entrepreneurs et impose des coûts non négligeables. Ces coûts augmentent nécessairement le prix des produits et services offerts et peuvent rendre ceux-ci non compétitifs. Une étude canadienne, complétée en 2002, conclut que sept PME sur dix jugent que la réglementation est trop complexe et qu’elle est un obstacle à leur croissance. Au Québec, la FCEI évalue les coûts directs de la réglementation à 7,4 milliards en 2003.

La réglementation excessive accule bien des entreprises à la faillite. Une étude de Statistique Canada réalisée en 1997, conclue que plus de 20 % des entreprises en faillite au Canada attribuent leur échec principalement à la réglementation gouvernementale..

Il n’existe malheureusement pas de mesure précise pour quantifier l’importance du fardeau réglementaire. Toutefois, le volume de lois et de règlements peut servir d'indicateur approximatif. Au Québec en avril 2003, il y avait 473 lois et 2345 règlements représentant plus de 35 000 pages de texte. Au cours de la période de 1990 à 1999, le Québec maintient la tête du peloton pour ce qui est du nombre de pages de règlements (excluant les lois) produites annuellement, avec une moyenne de plus de 5000 pages par année contre moins de 1600 pages en Ontario et en Alberta. Les entrepreneurs doivent consacrer des efforts considérables pour assimiler ces nombreux règlements et s’y conformer. Ce fardeau réglementaire est particulièrement onéreux pour les entrepreneurs.

Autant il est important de créer un environnement économique favorable à l’entrepreneuriat, autant il est inutile de créer de nouveaux programmes de subventions ou de financer les entrepreneurs avec des fonds publics. L’entrepreneuriat est une activité risquée par nature et il est impossible de prédire quels projets seront créateurs de richesse. Lorsque les entrepreneurs proposent des projets prometteurs et que l’environnement économique est favorable, le financement sera au rendez-vous. C’est la présence d’une activité entrepreneuriale active qui attire le capital de risque et non l’inverse.

L’entrepreneuriat, dans une société donnée, est directement proportionnel au niveau de liberté économique. À ce chapitre, le Québec se classe bon dernier au Canada. Pourtant, le Québec possède des atouts non négligeables : situation géographique privilégiée, population instruite et créative, ressources naturelles abondantes, etc. Malheureusement, ces atouts sont insuffisants pour compenser un environnement économique sclérosant.

Les Québécois, en favorisant un État interventionniste, se privent donc de l’existence d’entrepreneurs et d’entreprises pourtant essentiels à son développement économique et humain.

19 mai, 2006

Ushhhh ! Entendez-vous ce bruit continu de succion ?

Ushhhhhh ! Ne vous inquiétez pas vous n’avez pas de problèmes auditifs ou autres maladies inconnues. C’est le bruit de succion de l’aspirateur des gouvernements qui siphonnent l’argent directement dans vos poches.

Il est devenu impossible de faire quoi que ce soit sans payer de taxe, beaucoup de taxe. Même lorsque vous êtes assis à la maison à ne rien faire vous payez les taxes foncières de votre propriété ou vous payez un loyer plus élevé pour rembourser les taxes payées par le propriétaire. Il y a des taxes sur les services publics et sur votre auto même lorsque vous ne l’utilisez pas. Les taxes directes (Impôts, TPS et TVQ) et indirectes (Accise, essence, H-Q, etc.) augmentent considérablement le prix de tout ce que vous consommez. Si vous faites une sortie au restaurant ou au cinéma, une partie importante des coûts résulte des nombreuses taxes que vous devez payer. Si on pouvait éliminer toutes les taxes le prix des produits et services que nous consommons serait réduit en moyenne de plus de 40%.

À la longue la plupart d’entre nous n’entendent plus ce bruit de succion. On se dit qu’il nous reste suffisamment d’argent pour subvenir à nos besoins même si pour cela il faut couper dans ce qui était essentiel hier.

Au milieu des années quatre-vingt-dix le gouvernement fédéral a dû sabrer dans les transferts aux provinces pour éviter la faillite. Cela donnait au gouvernement du Québec une belle occasion de reprendre le contrôle des finances publiques. En recevant moins d’argent d’Ottawa, le gouvernement avait l’excuse idéale pour sabrer dans les dépenses inutiles. Et bien non, entre 1993 et 2003 les dépenses du gouvernement du Québec augmentent de 34%, bien au-delà du taux de croissance de la population.

À ma grande surprise, les gouvernements qui se sont succédé à Québec ont préféré s’inspirer des principes de Puviani pour imposer de nouvelles taxes et obtenir des concessions du Fédéral.

Les gouvernements, à tous les niveaux, sont incapables de contrôler encore moins de réduire les dépenses. S’ils collectent des revenus on peut être assuré qu’ils trouveront le moyen de tout dépenser. Une partie importante de ces revenus seront gaspillés à des fins électoralistes : projets populaires, subventions inutiles, etc. Il n’y a qu’un moyen de mettre fin à l’escalade des dépenses gouvernementales, c’est de réduire les revenus.

Il n’y a pas de solutions faciles, les gouvernements sont comme des enfants gâtés. Il est totalement irréaliste d’espérer qu’ils se disciplineront eux-mêmes. Si on les ignore ils interpréteront cela comme une invitation à abuser. Il faut attaquer le problème à la source et couper dans les revenus. Le travail au noir, la contrebande et l’évasion fiscale sont des moyens efficaces et le plus communément utilisés pour réduire les revenus des gouvernements. Toutefois, ces moyens sont illégaux et ceux qui les utilisent risquent gros.

En pratique, le seul moyen à la disposition des contribuables pour réduire le gaspillage des gouvernements consiste à élire des politiciens qui s’engagent à couper les impôts et les taxes. Les politiciens qui ont la stature et le leadership requis pour s’attaquer à une telle tâche sont extrêmement rares. Il faut admettre que le défi est de taille, surtout au Québec où plus de 4 000 organismes, grassement subventionnés à même les impôts des contribuables, militent en faveur de « plus de gouvernement ».

En attendant la venue d’une génération de politiciens courageux, les contribuables, ceux qui finissent toujours par payer les factures, les leurs et celles des autres, doivent s’opposer systématiquement à toutes propositions qui a pour effet d’augmenter les revenus des gouvernements, que ce soit les tarifs d’Hydro-Québec, les prix de la SAQ, la tarification des services, etc.

10 mai, 2006

Les stratégies de Puviani ou comment berner les contribuables ?

Au début du siècle dernier, Amilcare Puviani, économiste et intellectuel, s’est attaqué à la tâche de répondre à la question : Si l’objectif du gouvernement est de soutirer le maximum d’argent aux contribuables, tout en minimisant la grogne, comment doit-il s’y prendre ? Il a proposé plusieurs stratégies/principes susceptibles d’aider un tel gouvernement à réaliser son objectif. Aujourd’hui, tous les systèmes fiscaux des pays occidentaux sont basés, à divers degré, sur les stratégies élaborées par Puviani. Dans ce domaine, le gouvernement du Québec est un chef de file.

En matière de fiscalité, le but premier des politiciens est de créer l’illusion que les impôts et les taxes des contribuables sont moindres que la réalité. En même temps, ils s’efforcent aussi de créer l’illusion que les bénéfices obtenus par la population sont plus grands que la réalité. Ainsi, il est possible pour le gouvernement d’imposer une fiscalité usuraire sans pour autant soulever l’opposition de la population.

L’analyse du système fiscal québécois révèle que le gouvernement du Québec est un chef de file dans l’application des principes proposés par Puviani.

1. Utiliser des taxes et impôts indirects. Les revenus ainsi générés seront camouflés dans le prix des produits et services.

En incluant les taxes dans le prix d’un bien ou d’un service il devient pratiquement impossible pour le consommateur de départager la part des taxes de celle du coût du produit ou du service. Ce principe est abondamment appliqué au Québec : essence, cigarettes, boissons alcoolisées, etc.

2. Utiliser des monopoles d’État pour générer des revenus pour le gouvernement.

Les monopoles d’État, malgré leur inefficacité légendaire, permettent au gouvernement de taxer indirectement la population en gonflant artificiellement le prix des produits et services fournis. Le coût économique résultant de l’inefficacité de ces sociétés est totalement invisible mais, les dividendes versés au gouvernement sont, eux, largement publicisés. Ainsi la population croit faussement que ces sociétés contribuent à enrichir la population alors qu’en réalité c’est tout le contraire.

Compte-tenu que l’inefficacité des sociétés d’État l’application de ce principe risque, à terme, de mener les gouvernements à la faillite. La conversion au capitalisme de l’ensemble des pays du bloc de l’Est en est la meilleure preuve. La plupart des pays occidentaux ont abandonné ce moyen de taxer la population. Toutefois, société distingue oblige, le Québec possède l’économie la plus socialiste de l’Amérique du Nord et plusieurs sociétés d’État (H-Q, SAQ, Loto-Québec, etc.) génèrent une partie importante des revenus gouvernementaux.

3. Utiliser la dette publique pour financer les dépenses de l’État.

Un gouvernement qui désire financer un grand projet ou un déficit opérationnel peut soit accumuler des surplus ou emprunter. Comme il est politiquement plus rentable de distribuer les surplus budgétaires à des fins électoralistes, rares sont les gouvernements qui accumulent des surplus. La plupart sont obligés d’emprunter pour financer les projets et pour balancer leur budget.

Cette philosophie a été particulièrement populaire au Québec jusqu’au milieu des années 90 avec pour conséquence l’accumulation d’une dette de plus de 120 milliards. Même si aujourd’hui une loi oblige le gouvernement à présenter un budget équilibré, les politiciens n’hésitent pas à interpréter les règles comptables et le gouvernement continu d’accumuler les déficits.

4. Collecter les taxes et les impôts sous forme de paiements périodiques relativement petits.

Le gouvernement collecte les impôts au moyen d’une déduction automatique sur chaque chèque de paie. Ainsi le contribuable est plus ou moins conscient du montant annuel d’impôt payé. Si les impôts étaient facturés aux contribuables une ou deux fois par année ils se rendraient brutalement compte du coût énorme des services gouvernementaux.

De plus, les revenus gouvernementaux proviennent de plusieurs sources : impôts, TPS, TVQ, frais de services, taxes d’accise, etc. Ainsi, il est pratiquement impossible pour le contribuable d’évaluer le coût total des services gouvernementaux.

Combien de Québécois réalisent que les taux de fiscalité marginaux oscillent entre 50% et 70% pour la très grande majorité des contribuables ?

5. Faire croire à la population que les conséquences seront désastreuses si les revenus du gouvernement ne sont pas augmentés ou s’ils sont réduits.

La tactique bien connue de « crier au loup » est toujours efficace. Les syndicats, les associations patronales, les organismes bénéficiant des largesses gouvernementales (plus de 4 000 au Québec) ne manqueront pas de déchirer leurs chemises sur la place publique à la moindre allusion de coupure.

Cette tactique a permis au parti libéral de revenir sur sa promesse de réduction d’impôt d’un milliard par année. En faisant croire à la population que la pérennité des systèmes de santé et de l’éducation était en péril tous se sont empressés de supplier le gouvernement de ne pas baiser les impôts.

6. Profiter des courants populaires pour imposer de nouveaux impôts et de nouvelles taxes.

Par exemple l’environnement est un sujet à la mode depuis une dizaine d’année. Le gouvernement du Québec profite de cette mode pour taxer l’eau, maintenir la taxe sur l’essence à des niveaux inconnus ailleurs en Amérique du Nord, etc. Il est probable que taxer l’eau et maintenir le niveau de taxation de l’essence élevé sont des moyens efficaces de protéger l’environnement. Ce qui est inacceptable c’est que les revenus additionnels générés ne soient compensés par des baisses d’impôt ou de taxes d’en d’autres domaines.

7. Qualifier de temporaire l’introduction de nouveaux impôts et de nouvelles taxes ?

Tous les Québécois se rappellent que le gouvernement avait imposé une taxe temporaire sur les cigarettes pour payer le stade olympique. Trente ans plus tard, le stade est finalement payé mais le gouvernement profite du fait que le tabagisme est impopulaire pour maintenir cette taxe en vigueur. Je suis l’un de ceux qui croit que les cigarettes devraient être surtaxées car c’est le meilleur moyen de financer les coûts sociaux du tabagisme. Toutefois, le gouvernement devrait réduire les impôts et les taxes dans d’autres domaines pour compenser les revenus additionnels générés par la surtaxe des cigarettes.

8. Taxer les transferts d’actif. Habituellement le transfert d’actif est relié à un évènement heureux qui amène le contribuable à minimiser l’aspect négatif d’une taxe.

Le plus bel exemple de l’application de ce principe est la fameuse taxe de bienvenue lors de l’achat d’une propriété. Les sommes impliquées lors de l’achat d’une propriété sont en général énorme par rapport au montant de la taxe rendant celle-ci relativement acceptable. De plus, le montant de la taxe est peu visible pour le contribuable qui finance son achat par une hypothèque englobant l’ensemble des coûts et frais d’achat.

Un autre exemple est celui de la vente de son véhicule personnel. Dans ce cas le contribuable a déjà payé la TVQ au moment de l’achat mais le nouvel acquéreur doit aussi la payer ce qui résulte en une double, triple, etc. taxations d’une partie de la valeur de ce véhicule. Ainsi, un véhicule qui change de propriétaire plusieurs fois générera des sommes astronomiques de TVQ. Pour éviter la double, la triple taxations d’un même produit il suffirait de créditer la TVQ au vendeur au moment de la vente.

9. Rendre le système fiscal et budgétaire suffisamment complexe pour que personne, à part quelques experts, puissent s’y retrouver.

Le système fiscal du Québec, comme ceux de la plupart des pays occidentaux, sont devenus tellement complexes que même les experts font régulièrement des erreurs dans la préparation des rapports d’impôt même les plus simples.

Puviani serait sans doute plutôt satisfait de constater que les principes fiscaux qu’il a élaborés il y a plus de cent ans sont appliqués à la lettre par tous les gouvernements du monde moderne.

03 mai, 2006

Du travail à revendre.

La Fédération Canadienne des Entreprises Indépendante (FCEI) vient de publier son étude : « Du travail à revendre : les postes vacants à long terme posent un défi majeur aux PME » .

L’étude constate :

Les petites et moyennes entreprises (PME) d’un bout à l’autre du Canada se heurtent de plus en plus à l’impossibilité de trouver du personnel requis pour mettre leurs produits et services sur le marché. La pénurie persistante de main-d’œuvre défie les chefs d’entreprise et menace leur potentiel de croissance. Ce qui aggrave la situation est le fait que la perspective de l’offre de travailleurs est désespérante. Les pressions toujours plus grandes du vieillissement démographique et de la croissance limitée de la population active future rendent la question de la pénurie de main-d’œuvre d’autant plus urgente.

Les résultats du dernier sondage indiquent que 27 pour cent des chefs d’entreprise avaient au moins un poste à pourvoir en 2005 (Figure 1) contre 23 pour cent en 2004.

La FCEI estime qu’au Québec quelque 37 000 postes sont demeurés non pourvus en 2005 pendant quatre mois ou plus, soit l’équivalent de 2.3% des emplois dans le secteur des PME. Loin d’être un problème théorique, un poste vacant à long terme dans une exploitation de cinq personnes peut avoir un effet paralysant sur sa capacité à mettre ses produits et services sur le marché.

Pourtant, selon statistique Canada, en mars 2006 le Québec compte 347 000 sans-emplois et 178 000 assistés sociaux. Donc, 13% de la population active (les 15 à 64 ans) du Québec est sans travail et en même temps les PME sont incapables de trouver les employés dont ils ont besoin. Comment peut-on expliquer cette contradiction ?

J’admets qu’une partie importante des sans-emplois et des assistés sociaux ne sont pas disponibles ou aptes à remplir un poste vacant dans une PME. Toutefois, il me semble peu probable que les 37 000 postes disponibles ne puissent pas être remplis par des chômeurs chroniques et des assistés sociaux aptes au travail. Alors, pourquoi ne le sont-ils pas ?

Il y a certainement plusieurs raisons pouvant expliquer ce phénomène : l’inefficacité des bureaux d’emploi, des politiques de mains-d’œuvre mal adaptées aux réalités actuelles du marché, des politiques sociales et fiscales favorisant le retrait du marché des individus pas suffisamment motivés. Serait-ce aussi que l’État Providence a déresponsabilisé un trop grand nombre d’individus aptes au travail ?

L’omniprésence de l’État Providence a dépouillé l’individu de ses responsabilités les plus élémentaires. C’est vrai en matière de retraite, en matière d’assurance maladie et en matière de protection sociale. L’étatisation progressive de tous nos régimes sociaux a retiré aux individus le droit et par voie de conséquence, la responsabilité, de gérer leur vie.

Lorsque le gouvernement prend en charge les individus, depuis le berceau jusqu’au cercueil, ses responsabilités économiques et sociales disparaissent. Puisque nous payons l’assurance emploi pourquoi ne pas en profiter ? Puisque nous sommes obligés de cotiser à un régime public de retraite, pourquoi devrions-nous économiser pour nos vieux jours ? Pourquoi faire des économies pour parer à une mauvaise passe, l’État doit nous procurer le minimum vital ? De même, offrir la gratuité des études évite aux parents d’avoir à se sacrifier pour les enfants et aux enfants de se responsabiliser envers les institutions. L’école n’est plus la chose de la famille, mais de l’État. Manquer l’école ou s’y comporter n’importe comment ne relève donc plus du domaine des parents et des enfants.

La solidarité publique et forcée a pris la place de la solidarité spontanée entre les individus. L’individu est privé de ses motivations naturelles de solidarité puisque l’État s’est arrogé le rôle de subvenir à tous les besoins. De plus, l’État impose une fiscalité usuraire enlevant ainsi à l’individu les moyens financiers d’être solidaire. Aujourd’hui les déficits des régimes sociaux et du budget de l’État sont tels que les sacrifices sont reportés de la génération présente sur les générations futures. Le seul patrimoine des familles est désormais le passif des dettes laissées aux jeunes. La progressivité de l’impôt et la protection sociale sont dissuasives de l’esprit d’épargne et de promotion professionnelle.

Nous voilà donc en présence d’un cercle vicieux : réduire le rôle de l’État c’est rendre aux individus leurs responsabilités. Mais par où commencer ? Il faut sans doute mettre les gens en situation de responsabilité pour qu’ils puissent retrouver le sens des responsabilités. Il faut d’abord supprimer toutes les subventions à l’irresponsabilité. Il faut ensuite rendre à l’individu son pouvoir de décision. Bref, tous les secteurs occupés par l’État doivent être graduellement libérés pour que chacun puisse s’y investir. L’espace ne sera pas inoccupé, les initiatives individuelles et communautaires remplaceront rapidement et avantageusement la bureaucratie gouvernementale.

Le sens de la responsabilité est une éthique qui est naturelle à l’homme à condition de lui rendre d’abord la liberté d’agir, de le laisser prendre des initiatives. Le droit à l’initiative est l’un des plus importants qui soit. Retrouver le sens de ses responsabilités, c’est aussi savoir que les droits sont toujours accompagnés de devoirs.

11 avril, 2006

Éloge de la richesse, La peur des riches.

SVP, veuillez prendre note que le prochain texte sera publier le 3 mai.
Si tous les Québécois lisent et surtout comprennent le livre d’Alain Dubuc, le Québec passera du peloton de queue au peloton de tête en moins de 10 ans.

Un livre qui doit être lu et étudié.
Je vous invite aussi à lire l'excellent commentaire de Jean Hémond.

Éloge de la richesse La peur des riches

Dubuc, Alain

Nous vous présentons dans cette page deux extraits du livre d’Alain Dubuc, Éloge de la richesse, publié aux Éditions Voix parallèles, qui sort en librairie ces jours-ci.

Même dans une société qui se dit sociale-démocrate, le nerf de la guerre, c’est l’argent. Ce sont les revenus fiscaux qui permettent à l’État de jouer son rôle. Plus le niveau de vie est élevé, plus la marge de manoeuvre de l’État est grande. Sans richesse, et sans riches, il nous sera difficile de réaliser nos rêves. Dans mon esprit, l’enrichissement est la seule solution élégante pour nous sortir de notre impasse fiscale, la seule façon crédible d’avoir les moyens de nos aspirations.

Mais cette équation entre l’élévation du niveau de vie et le progrès social est loin d’être évidente pour tout le monde. Et pourtant. Un calcul sommaire, mais qui donne un bon ordre de grandeur, pourra nous amener à réfléchir. Si le niveau de vie des Québécois était aussi élevé que celui des Ontariens, si notre PIB par habitant grimpait donc de 35 379 $ à 41 718 $ (ce sont les données courantes pour 2004), cette augmentation de 18 % ferait passer les revenus autonomes du gouvernement du Québec de 45 à 53 milliards. Si nous étions aussi riches que les Ontariens, notre gouvernement aurait donc huit milliards de plus dans ses coffres. Huit milliards. Bien assez pour résoudre toutes les questions qui, actuellement, nous paraissent insolubles.

Et si le niveau de vie des Québécois rejoignait celui de nos voisins du Massachusetts, les revenus du gouvernement du Québec passeraient alors de 45 à 78 milliards, soit 32 milliards de plus. Il va de soi que, dans un tel contexte, un Québec beaucoup plus riche ne serait pas obligé de maintenir des taux d’imposition aussi féroces. Cela donne une idée du potentiel inouï que permettrait une prospérité plus grande.

Si ces bénéfices manifestes de la richesse ne nous sautent pas aux yeux, au Québec, c’est d’abord en raison d’importants blocages idéologiques, d’une profonde méfiance envers les riches et la richesse en général. En raison de la conviction répandue que l’élévation du niveau de vie fait des victimes. En raison de l’idée populiste voulant que, quand quelqu’un s’est enrichi, il y a quelqu’un d’autre, quelque part, qui s’est fait " fourrer ".

Cela tient également à une vision passive et fataliste de la fiscalité voulant que le fisc intervienne après coup, qu’il mette la main sur tout ce qu’il peut, tributaire des aléas conjoncturels, et où la marge de manoeuvre de l’État se résume à presser le citron un peu plus ou un peu moins. Nous n’avons que très rarement regardé les choses par l’autre bout de la lorgnette, pour se demander comment l’on pourrait transformer le contexte qui détermine les grands paramètres fiscaux. Et quand nous abordons la fiscalité avec cette approche plus proactive, quand nous nous mettons à réfléchir aux revenus plutôt qu’aux impôts, nous faisons trois découvertes.

La première, c’est qu’une élévation du niveau de vie élargit l’assiette fiscale, donc le potentiel de revenu d’un gouvernement. La deuxième, c’est qu’avec un régime fiscal progressif comme le nôtre, les effets de l’enrichissement sont captés par l’État et démultipliés. Finalement, la troisième, c’est que certains des effets de la prospérité, soit l’enrichissement personnel et le fait que des citoyens puissent devenir vraiment riches en plus grand nombre, profitent à la collectivité entière.

Les peurs ataviques.

Mais avant de tomber dans cette mécanique fiscale, il faut s’attaquer à un mythe bien enraciné qui consiste à croire qu’une société doit faire un choix entre la justice et la prospérité, qu’il est impossible d’avoir les deux en même temps, et que les progrès d’un côté se feront inévitablement au détriment de l’autre. Combien de fois ai-je entendu cet argument éculé consistant à dire " Oui, nous avons un niveau de vie plus bas, mais nous avons moins d’inégalité sociale ". Bel argument. Comme s’il y avait un lien entre les deux.

Pourquoi choisir ? Au nom de quelle logique ne pourrions-nous pas bâtir une société à la fois prospère et riche, et augmenter notre niveau de vie tout en favorisant le progrès social ? Le fatalisme québécois, à cet égard, est suspect.

(...) Il n’y a pas de loi de la nature qui nous imposerait un trade-off automatique et qui nous forcerait à choisir avec fatalisme un objectif au détriment de l’autre. Il y a des cas où une grande richesse coexiste avec de fortes inégalités sociales, comme aux États-Unis. Mais dans l’ensemble de la planète, c’est plutôt le contraire que l’on observe, c’est-à-dire que dans les sociétés pauvres, les inégalités ont tendance à être plus fortes, alors que les pays où la justice sociale est la plus grande sont en général les pays les plus riches.

L’autre préjugé, tenace lui aussi, mais combien plus primaire, c’est celui qui consiste à voir l’enrichissement d’un mauvais oeil car il ferait nécessairement des victimes. L’existence de millionnaires, par exemple, devient une espèce de tare sociale. S’il y a des gens plus riches, il y aura nécessairement, quelque part, une pauvreté plus marquée. Cela repose en fait sur une vision où l’économie est un jeu à somme nulle dans lequel les gains des uns sont nécessairement les pertes des autres. Si certains d’entre nous s’enrichissent, cela sera au détriment des autres, comme s’il y avait une tarte dont la taille est immuable et que la seule façon d’avoir un plus gros morceau, c’est de le prendre à quelqu’un d’autre.

En fait, toute la logique de la création de la richesse, c’est faire en sorte que la tarte soit plus grosse qu’avant, qu’il y en ait plus, idéalement, pour tout le monde. Et c’est possible dans une économie saine et en croissance, sans escroquer qui que ce soit, grâce au travail et à l’innovation, aux exportations ou à la croissance de la productivité. Il y a un autre mythe, celui qui veut que la justice sociale soit atteinte quand personne ne s’écarte trop de la moyenne. Il y a là un glissement de la pensée. L’essentiel, c’est moins la distribution des revenus en soi que le niveau de revenu de ceux qui sont dans les catégories les moins nanties. Qu’est-ce qui est préférable : que tout le monde soit assez pauvre mais égal, ou plutôt que tout le monde soit plus riche, même si cela permet à certains d’être encore plus riches ? Qu’est-ce qu’on préfère : tout le monde pareil, ou davantage pour tout le monde ? L’important, c’est que le taux de pauvreté soit bas et que les niveaux de revenus inférieurs soient malgré tout les plus confortables possible. Sinon, c’est la logique du nivellement par le bas. (...)

DES ENDROITS OÙ ÇA BOUGE !

Irlande et Californie, Barcelone et Berlin, le développement se fait de façon accélérée et on a vraiment l’impression d’être au coeur du monde.

(...) Les endroits qui réussissent à impressionner, ceux dont on parle avec envie, que ce soient des villes, des régions ou des pays, parviennent le plus souvent à ce résultat par leurs prouesses et leurs réalisations économiques, même si ce n’est pas le seul ingrédient de la réussite et la seule source de l’admiration.

C’est certainement le cas de l’Irlande, qui mérite littéralement l’appellation " miracle ". C’est incontestablement le cas de Barcelone, qui est devenue une ville-phare et dont l’attrait de ville vibrante, tant par sa culture que sa gastronomie, repose largement sur son remarquable dynamisme économique. C’est vrai aussi du nord de la Californie. C’est également vrai de Berlin, ville en reconstruction.

Et ce qui frappe, quand on se compare à ces villes et à ces régions, c’est qu’il y a des endroits où ça bouge, où le développement se fait de façon accélérée et où on a vraiment l’impression d’être au coeur du monde. Quand on est à Barcelone, on sent vraiment s’exprimer dans toute son explosion la nouvelle Europe en émergence. Quand on est à Berlin et qu’on voit les colossaux travaux de reconstruction de la Podsdamerplatz, on sent la détermination qu’il y a dans la réunification de l’Allemagne et dans l’ouverture de l’Europe sur l’Est. Quand on est à Vancouver, on sent l’énergie qui se dégage de l’apparition de cette nouvelle culture du Pacifique.

Pas à Montréal

Mais ce n’est pas vrai de Montréal. Et ce n’est certainement pas vrai non plus de Québec, une ville de plus petite taille qui pourrait être un modèle en son genre, mais qui n’arrive pas à décoller. Montréal se porte fort bien, mais on ne peut certainement pas dire qu’elle explose et qu’elle pétille. C’est une ville aux riches atouts, très appréciée pour son charme plutôt que pour ses succès. Ses principaux avantages, au contraire, sont des attributs qu’on associe habituellement à la pauvreté : ses coûts incroyablement bas pour les terrains, pour les espaces commerciaux, pour les maisons et pour le personnel qualifié.

Si tout est si peu cher à Montréal, c’est parce que le taux de change du dollar canadien est faible, mais aussi parce que notre niveau de vie est plus bas qu’ailleurs. De la même façon, le prix dérisoire de nos chambres d’hôtel et de nos restaurants s’explique également par le fait qu’il n’existe pas une pression mondiale sur le prix comme il en existe là où tout le monde veut aller. Ou encore, il est clair que nos taux d’immigration relativement faibles s’expliquent par le fait que Montréal n’est pas perçue comme une mecque économique qui ferait que les immigrants se bousculeraient pour venir faire fortune ici. Nos avantages comparatifs sont liés à notre pauvreté relative. Nous n’envoyons pas beaucoup de messages de succès à l’échelle mondiale.

Nous pouvons bien tenter, entre nous, au Québec, de nous expliquer nos retards par des interventions fédérales malheureuses. Mais personne à Londres ne dira : " Ah, le Québec, ce serait tout un succès économique s’il n’avait pas été privé de l’industrie automobile. " Et personne à Paris, ne dira : " Sans le déséquilibre fiscal, le Québec serait un endroit fantastique ". Tous les pays ont eu des coups durs qu’ils ont surmontés. Personne ne s’intéresse aux perdants. Et personne n’écoute les explications des perdants. Au lieu de nous plaindre et de croire que les autres sont responsables de nos malheurs, mieux vaut foncer, combler nos retards par le succès économique. Voilà ce que la création de richesse peut apporter à ce petit peuple québécois dans ses combats pour son affirmation. Une remarquable carte de visite.

05 avril, 2006

Les Québécois ne font pas confiance aux politiciens, mais…

Le sondage annuel de Léger Marketing, le baromètre des professions, évalue le degré de confiance des Québécois envers divers groupes de la société.

En 2005, les cinq professions qui inspirent le plus confiance demeurent les mêmes qu’en 2004, non seulement dans le même ordre, mais avec des taux presque tous identiques : Pompiers (98%), infirmières / infirmiers (95%), fermiers (94%), médecins (83%) et enseignants (93%) se classent encore en tête de liste

Les professions obtenant entre 50% et 85% de la faveur du public sont assez stable par rapport à l’an dernier. On observe toutefois une remontée des policiers dont le taux de confiance passe de 79% en 2004 à 83%. Il est également à remarquer que la confiance qu’inspirent les juges connaît en 2005 une baisse notable, passant de 77% à 71%.

Dans tous les sondages depuis 2002, les politiciens (16%) conservent la dernière position des professions soumises à l’évaluation des Québécois. Les vendeurs d’automobiles les devancent de peu avec un taux de confiance de 21%. Les hauts fonctionnaires sont ceux qui affichent les pertes les plus importantes, soit 7% de moins qu’en 2004. Par contre les journalistes (56%) gagnent 9%.

Je trouve intéressant de noter que malgré le fait que les Québécois ne font pas confiance aux politiciens, ils demandent, exigent même, que les gouvernements s’impliquent de plus en plus dans leur vie. Quoique les Québécois n’en soient pas à une contradiction près, peut-on expliquer ce phénomène ?

L’explication réside, au moins en partie, dans le fait que les contribuables, ceux qui paient la facture, sont de la majorité silencieuse. Qui ne dit mot consent, alors, les groupes de pression s’arrogent le droit de parler en leurs noms. Les politiciens s’accommodent bien de cette situation car cela justifie leurs interventions dans toutes les facettes de la vie des gens. Par ailleurs, pour s’assurer que des groupes de pression réclameront à grands cris de plus en plus de gouvernement, les politiciens leur octroient de généreuses subventions payées à même nos impôts.

Selon les documents du ministère de l’emploi et solidarité sociale (MESS) plus de 4 000 organismes se sont partagés 631 millions en subvention en 2004-2005. Si on y ajoute les subventions municipales et fédérales ce montant dépasse probablement le milliard. De 1996-1997 à 2004-2005 le montant de ces subventions est passé de 248 millions à 631 millions, une augmentation de 154% ou près de 20% par année. Une partie importante de ces organismes sont justifiés et jouent un rôle essentiel auprès des groupes les plus vulnérables de la société. Malheureusement, plusieurs de ces subventions sont accordées à des groupes bidons qui utilisent cet argent à des fins douteuses dont celle de prétendre représenter la majorité silencieuse.

Le gouvernement, grâce à la générosité bien involontaire des contribuables, pousse la générosité jusqu’à subventionner des organismes aussi farfelus que la Fédération des clubs de boulingrin du Québec, le Regroupement des utilisateurs et utilisatrices des transports collectifs alternatifs du Québec métropolitain, la Table ronde du mois de l’histoire des noirs, la Fondation Canado-palestinienne du Québec, etc. Le Centre de recherche-action sur les relations raciales, grâce aux généreuses subventions du MESS, entend poursuivre le gouvernement pour une somme de 1,2 milliards au nom des étudiants musulmans fréquentant l’ÉTS.

Ainsi, les politiciens subventionnent une multitude d’organismes inutiles en espérant qu’ils militeront en faveur d’un plus gros gouvernement. Après tout, plus de gouvernement confère plus de pouvoir aux politiciens. À la fin, quoique très peu de Québécois fassent confiance aux politiciens, ceux-ci peuvent prétendre qu’ils ne font que ce que le bon peuple désire puisque des milliers d’organismes, représentant divers groupes de Québécois, réclament leur intervention.