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15 novembre, 2022

Midterms 2022 : les hauts et les bas du libéralisme

 Par Pierre-Guy Veer.

Novembre est la saison des élections aux États-Unis. Cette année, en plus des élections au Congrès, plusieurs États ont avancé des questions à leurs citoyens afin de faire avancer ou reculer leurs libertés.

Et l’excellente lancée de la légalisation de la marijuana se poursuit. Deux nouveaux États, le Maryland et le Missouri, l’ont légalisé à des fins récréatives. Ce sont maintenant 21 États qui font fi des restrictions fédérales selon lesquelles le pot est au même niveau de la cocaïne, c’est-à-dire que aucun usage médical n’est reconnu. À ce sujet, 37 États ont légalisé la marijuana à cette fin. Le Dakota du Sud, du Nord et l’Arkansas ont toutefois rejeté des mesures similaires.

Mais le Colorado a poussé sa défiance des lois fédérales (fort probablement) anticonstitutionnelles sur les drogues en légalisant les drogues et plantes psychédéliques. Il reste à espérer que l’organisme gouvernemental créé en même temps pour gérer cette légalisation fera mieux que son équivalent pour la marijuana. En effet, les prix « légaux » sont plus élevés, ce qui encourage fortement le marché noir.

Toujours au Colorado, on a rejeté une mesure qui aurait permis aux restaurants et bars de vendre de l’alcool à emporter et la livraison des boissons alcoolisées.

 

L’avortement en jeu

Par ailleurs, depuis le rejet par la Cour suprême des lignes directrices sur l’avortement, plusieurs États ont déjà durement légiféré sur le sujet – ils avaient des lois rendant l’opération illégale dès le rejet de Roe vs Wade.

Mais durant cette élection, plusieurs États ont soumis leurs propositions et les défenseurs de l’IVG ont de quoi se réjouir. Avec des majorités écrasantes respectives de 76 % et 65 %, le Vermont et la Californie ont amendé leur Constitution pour y officialiser des « libertés reproductives » et interdire au gouvernement de violer une telle liberté.

Bonne nouvelle : la Californie a également inclus l’accès aux contraceptifs dans cette mesure. Malgré leur inclusion depuis 2012 dans la loi sur la santé d’Obama, leur accès est encore restreint par la FDA, qui gère l’accès aux médicaments. Les mettre en vente libre au même titre que le paracétamol pourrait permettre d’éviter des grossesses non désirées.

Le Michigan a également approuvé une mesure semblable à la Californie à environ 56,5 %. Au Kentucky, les électeurs ont rejeté un amendement explicitant la non-existence d’un droit à l’avortement. Au Montana, les électeurs ont rejeté une proposition qui aurait obligé des soins médicaux à tout fœtus né même suite à un avortement et fortement mis à l’amende quiconque s’y soustrairait.

 

La diminution de l’emprise de l’État…

Toujours au sujet de bonnes nouvelles pour la liberté, trois États (Vermont, Tennessee et Oregon) ont définitivement aboli l’esclavage. Peu de gens se souviennent que le 13e amendement de la Constitution fédérale abolissant l’esclavage « l’autorise » encore comme punition. La Louisiane a rejeté une proposition semblable.

D’autres (Colorado) ont voté pour une diminution de l’impôt sur le revenu, (Arizona) rejeté de nouvelles taxes de vente et étonnamment pour la Californie, rejeté un nouveau palier d’imposition pour les hauts revenus. Le Tennessee a constitutionalisé le « droit au travail » (pas d’obligation de payer une cotisation syndicale), le Nevada exclut désormais toute violation des droits fondamentaux basée sur une panoplie de caractéristiques et le Montana exige maintenant un mandat avant l’accès aux données électroniques d’une personne.

Car en suivant la logique de plusieurs hoplophobes selon quoi le Second amendement ne s’applique qu’aux mousquets, il irait de soi que le Quatrième amendement ne s’appliquerait pas aux courriels.

 

… et son augmentation

Malheureusement, plusieurs initiatives montrent que vox populi non est sagere (la voix du peuple n’est pas celle de la sagesse).

En Californie, deux propositions qui auraient légalisé le jeu et confirmé l’interdiction du tabac parfumé ont été rejetées. L’État de la vice-présidente continue ici de montrer son déclin. Si l’expérience du Massachussetts est un indicateur, alors la Californie pourrait connaître une hausse des ventes de cigarettes ordinaires ainsi qu’une hausse du marché noir pour les produits nouvellement interdits. « Protéger les enfants » est l’excuse la plus nulle qui soit.

Au Nevada et au Nebraska, une hausse du salaire minimum a été approuvée. Ceux qui supportent cette mesure adorent généralement ce qu’on voit : de meilleurs salaires et un chômage encore très bas, comme on a répété ad nauseam à Seattle. Mais ils ignorent (ou refusent de considérer) ce qu’on ne voit pas : une diminution de la population active.

Aux États-Unis du moins, la population active est soit employée soit activement à la recherche d’un emploi. Un chômeur trop découragé dans sa recherche finira par l’abandonner, diminuant artificiellement les statistiques. Considérant que la population active du pays chez les 16-20 ans n’a pas augmenté depuis la récession de 2008, une hausse quelconque du salaire minimum, surtout dans un État bon marché comme le Nebraska, aura des effets néfastes sur les jeunes travailleurs.

De retour au Colorado maintenant : une proposition de consacrer 0,1 % des revenus de l’impôt au logement abordable est passée de justesse. Oh, il certain que l’État profiterait de logements plus abordables, le prix médian des maisons dépassant 580 000 dollars. Mais dans trop de grandes villes comme Denver, la réglementation empêche un développement résidentiel plus dense, laissant des quartiers entiers au développement unifamilial. Utiliser des fonds publics ne changera pas le problème.

Finalement, une chimère chouchou des Démocrates a maintenant force constitutionnelle en Oregon : le « droit » à des soins de santé abordables. N’en déplaise aux Orégoniens, garantir un droit positif ne saurait assurer sa pratique.

De toute façon, le gouvernement est le seul responsable de ces prix exorbitants en santé. D’un encouragement artificiel à l’assurance à une forte limitation du nombre de médecins et des écoles de médecine en passant par des obligations n’ayant aucun sens actuariel, le gouvernement ne peut résoudre ses problèmes en mettant des garanties ou en injectant plus d’argent.

Bref, les élections 2022 ont été assez bonnes pour le libéralisme au niveau des États. Au niveau fédéral, espérons que les Républicains obtiennent une majorité de sièges à la Chambre des représentants. En effet, un président et un Parlement de couleur différente « aide » au blocage législatif et ainsi à l’adoption de moins de lois.

01 mars, 2022

Quand l’écologie se fait idiote utile de la Russie

 Par Pierre-Guy Veer

Depuis l’école primaire, on me répète ad nauseam que la fin du monde est proche et que l’on doit tout changer afin de sauver l’environnement et le climat. Si tel est vraiment le cas, alors la réponse actuelle des gouvernements occidentaux est la pire imaginable.

Prenez la voiture électrique. Elle n’émet rien en roulant, mais son cycle de production est absolument affreux pour l’environnement. Et en plus de sa piètre performance en hiver, il y a le danger réel – et de plus en plus apparent– d’explosion de sa batterie. C’est sans doute ce qui a causé cet incendie en plein Atlantique d’un cargo chargé de voitures de luxe électriques.

Sacrifier le réseau électrique

Maintenant, imaginez quand ces batteries sont utilisées à grande échelle pour stocker l’énergie produite par les éoliennes et les panneaux solaires.

Car n’en déplaise aux Verts, c’est la seule façon durable de stocker ces formes d’énergie. Elles ne fonctionnent que lorsqu’il vente pour la peine et que le soleil brille assez fort. Ce dernier ne brille jamais plus de 12 heures consécutives à l’année à l’Équateur, et de moins en moins à mesure qu’on se rapproche des pôles. Vous pouvez donc imaginer l’incroyable perte de temps que sont des panneaux solaires au Nunavut, où ils seront complètement inutiles quand ils en auraient vraiment besoin, soit en hiver.

Une trop grande dépendance à ces énergies intermittentes n’est pas sans conséquence. Malgré ce que les « experts » vous diront, c’est bien ce qui a causé les énormes problèmes au Texas l’an dernier. Cet État du sud n’est pas équipé pour faire face à des froids intenses, ce qui a gelé les éoliennes qui fournissent 20 % de l’électricité.

En Californie, les sacrifices sur l’autel vert ont grandement augmenté la facture d’électricité au centre de l’État, au climat plus désertique – la fameuse Vallée de la Mort s’y trouve. Ainsi, la pauvreté énergétique se répand comme une trainée de poudre chez les moins fortunés et ne pourra qu’augmenter dans les prochaines années.

Vulnérabilité face à la Russie

Ce qui se passe en Californie et au Texas est exactement ce qui se passe en Europe. Toujours au nom de la prétendue sauvegarde de l’environnement, les membres de l’Union européenne ont massivement fait construire éoliennes et panneaux solaires.

L’Allemagne constitue sans doute l’exemple le plus dramatique. Voilà près de 25 ans qu’elle a promis une transition énergétique vers le duo vent/soleil en ignorant le nucléaire. Résultat : la plus grosse économie d’Europe est maintenant fortement dépendante de ses voisins pour combler ses carences en énergie. La situation est stable pour l’instant, mais il suffirait d’une vague de chaleur/froid intense pour que le réseau européen surchauffe, voire s’effondre.

Entre donc la Russie, son gaz naturel et sa propagande massive. Comme la technologie allemande n’a visiblement pas encore maitrisé les accumulateurs, elle doit donc se fier au gaz russe qui fournit une énergie continue quand le vent et le soleil ne fonctionnent pas assez. Normalement, cette situation ne devrait pas causer de froncement de sourcils, considérant qu’un commerce libéral s’installe quand les parties prenantes y trouvent leur compte.

Mais dans le cas présent, ces importations proviennent d’une planification énergétique affreuse de l’Allemagne durant la précédente décennie. La terre de Bismarck a cru pouvoir échapper aux lois de la physique en construisant presque uniquement des panneaux solaires et des éoliennes sans énergie de soutien.

Aussi, n’oublions pas que malgré des promesses à la chute de l’URSS, les puissances occidentales ont tout fait pour traiter la Russie comme l’Allemagne en 1919 et non comme en 1945. En plus d’une expansion de l’Union européenne à l’ouest, l’OTAN s’est étalée aux portes de la Russie malgré la promesse du contraire.

Ce n’est évidemment pas une excuse; L’initiation de l’agression n’est que l’apanage des pleutres. Mais s’il faut en croire cette analyse, cette « excuse » est suffisante pour un autocrate mégalomane qui rêve chaque nuit de la grandeur passée de la Russie.

Aider la Chine

Si l’Europe voulait cesser cette dépendance au gaz russe mais qu’elle voulait tout de même continuer son suicide vert, elle pourrait se fier aux États-Unis pour obtenir son gaz.

Sous la gouvernance Trump, les États-Unis sont redevenus un exportateur net de pétrole pour la première fois depuis le début de la Guerre froide. Mais la donne a rapidement changé avec Biden.

N’en déplaise aux vérificateurs de faits, Biden et les démocrates honnissent la production d’énergie fossile. Dès le premier jour, l’exploration gazière a été gelée sur les terres fédérales. Comme les cours du pétrole dépendent grandement des attentes futures, les prix ont fortement augmenté, et la hausse ne peut que s’accentuer avec la guerre en Ukraine et le nouveau gel de l’exploration décrété par Biden.

Et bien que l’infâme New Deal vert ne soit pas dans les projets prioritaires du gouvernement pour l’instant, se battre pour les chimériques objectifs de réduction de CO2 l’est toujours comme l’a maladroitement rappelé John Kerry. Mais Big Pétrole veille toujours au grain pour faire avancer son agenda.

Ce John Kerry est le même qui a admis du bout des lèvres que, même si les États-Unis cessaient toute émission de gaz à effet de serre, absolument rien ne changerait. Malgré tout, le pays continue son lent suicide vert alors que des pays comme la Chine, supposément des leaders en énergies renouvelables, construisent autant de centrale au charbon que les Français paient d’impôts.

Bref, au nom d’une illusoire promesse de sauvegarder l’environnement, les pays occidentaux sont en train de le détruire. Au passage, ils en profitent pour augmenter la puissance et l’importance de pays supposément ennemis en dépendant de leurs ressources ou en leur laissant le champ libre, sachant qu’ils ont la transparence du plomb sous les rayons X.

Si émettre peu de CO2 doit être prioritaire, alors le nucléaire doit revenir la pièce maitresse de plans énergétiques. Pour une fois, la France était un modèle à ce sujet. Mais elle est tombée face au chant de sirène des Verts.

Heureusement, le développement technologique pourrait avoir changé la donne avec le thorium, qui produit nettement moins de déchets.

18 janvier, 2022

Pour 2022, faites un « régime » avec le poids de l’État

Par Pierre-Guy Veer

Nouvelle année est souvent synonyme de nouvelles résolutions. Comme la perte de poids semble toujours aussi populaire, je vous invite à l’appliquer plus largement et ainsi diminuer votre consommation… d’État.

Oh, je ne propose pas une utopie à la Galt’s Gulch. Néanmoins, voyez comment de nombreuses vies peuvent s’améliorer à mesure que le périmètre d’action de l’État diminue.

Éducation

En effet, au début de la troisième année du « deux semaines pour aplanir la courbe », beaucoup d’enfants ont pris un sérieux retard dans leur apprentissage, certains ont développé des troubles mentaux et ont pris de l’embonpoint.

Heureusement, certains politiciens ont compris que les fonds finançant l’éducation sont là pour aider les enfants. Plus d’une vingtaine d’États américains se sont mis au régime pour offrir davantage de liberté sur le type d’éducation disponible pour les enfants : école publique, à charte, privée, à la maison, etc. Ainsi, si un programme controversé est enseigné, les parents peuvent choisir une autre école.

Quant aux autres États, particulièrement ceux où les syndicats de l’enseignement sont très forts, le retour à l’enseignement exclusivement virtuel semble inévitable en ce début d’année. Bien que « la science » montre que les foyers d’infection dans les écoles sont rarissimes, les syndicats se battent bec et ongles pour éviter un retour physique en classe. Ils propagent mensonges et hystérie, faisant un chantage éhonté pour éviter de retourner au travail comme tout le monde.

Économie

À tout le moins, les travailleurs non privilégiés – hors des bureaucrates ou contractuels de l’État, veulent travailler, si on en juge la colère des restaurateurs québécois à nouveau frappés par des restrictions et des fermetures.

Mais avec un État qui juge arbitrairement ce qui est essentiel ou non, la planification personnelle à long terme devient impossible. Et à l’instar des enfants confinés à l’école en ligne, être considéré non essentiel est désastreux pour le moral.

Qui diable est l’État pour affirmer sans broncher qu’un job permettant la subsistance de X et sa famille et indirectement d’autres personnes via ses dépenses et investissements, est non essentiel ? Pourquoi laisser les grandes surfaces comme Wal-Mart opérer à pleine capacité alors que la boutique de vêtement et l’épicerie de quartier ont dû fermer ?

Faire un régime de gouvernement permet d’éviter de poser ces questions rhétoriques. Quiconque veut bosser/embaucher est libre de le faire, du moment qu’il n’y a pas de fraude ou de violence en jeu. Finies les restrictions arbitraires telle l’interdiction de pratiquer hors de son État ou l’obligation d’une formation onéreuse et complètement inutile pour simplement tresser des cheveux.

Migration

Jusqu’ici, les plus conservateurs d’entre vous me supportent de tout cœur. Vous savez que les incitatifs corrompus de l’État créent des distorsions énormes dans l’éducation et l’économie, notamment pour les mouvements de capitaux.

Or, le mouvement des personnes est aussi affecté par les incitatifs. Quand un pays en ruine un autre, les citoyens sans contacts stratégiques dans l’État vont tenter de refaire leur vie ailleurs.

  • Si leur ferme n’est plus rentable parce que les subventions étrangères les désavantagent ;
  • Si leur gouvernement, aussi tyrannique fût-il, est remplacé pour un autre qui amène un chaos total ;
  • Si leur gouvernement dépend entièrement d’une force étrangère, et que le retrait désorganisé de cette dernière cause un retour à la tyrannie d’antan.

Un régime de gouvernement diminuerait grandement ces mouvements de migration de masse puisque les forces militaires serviraient strictement à défendre les frontières de réels envahisseurs qui viendraient avec tanks et autres armements. Ce que connaissent les États-Unis à leur frontière sud est une crise de la bureaucratie. Pour l’avoir vécu lors de l’obtention de ma résidence permanente, j’affirme que tenter de se retrouver dans les dédales de l’immigration est l’équivalent de vouloir obtenir le laisser-passer A38.

« Mais ces immigrants illégaux sont des criminels et des terroristes ! », diront ces xénophobes qui ne veulent pas explicitement s’identifier comme tel. Non seulement légalité n’est pas moralité, mais les statistiques officielles montrent une criminalité frontalière inférieure à celle du reste du pays. Si le reste du pays était aussi pacifique, il y aurait eu 5700 meurtres de moins en 2017.

« Ils ne s’intègrent pas et diluent notre culture et notre identité ! » N’en déplaise à ces exaltés du nationalisme, l’identité et la culture sont des caractéritiques personnelles. Oui, elles sont partagées avec d’autres, mais ces échanges se produisent depuis que les humains peuvent parler.

De toute façon, les taux d’assimilation aux États-Unis, y compris chez les musulmans, sont supérieurs à ceux de l’Europe et ce malgré une approche relativement minimaliste. Du moins, si on compare à la France ou au Québec, où les plus extrémistes veulent un contrôle absolu des questions identitaires.

Environnement et climat

Finalement, s’il y a un domaine où un régime de gouvernement est nécessaire, c’est bien l’environnement – et indirectement le climat. Surtout quand 100 % des « solutions » aux « problèmes » allégués (si on arrondit à la dizaine près) convergent vers un « empiffrement » de gouvernement.

Nonobstant le changement constant des données de température et la relégation d’autres importunes dans les trous de mémoire, s’occuper de l’environnement est l’affaire de tous. Et un régime extrême de gouvernement est plus que nécessaire. Bien qu’il ait pu accomplir certaines bonnes choses comme l’hydroélectricité au Québec – grâce aux deux crises pétrolières principalement, il est indirectement responsable de la multiplication des éoliennes, panneaux solaires et autres sources dites renouvelables qui ont un effet dévastateur négatif sur les humains via leur mauvais fonctionnement durant des périodes critiques de grand froid et la forte augmentation des prix de l’énergie.

Il ne peut en être autrement. Des investisseurs censés comme Warren Buffet savent que ces énergies dépendent presque entièrement d’incitatifs publics. C’est tellement évidemment que les ventes de véhicules électriques s’effondrent quand les subventions disparaissent.

Ces derniers, à l’instar des énergies vertes énumérées plus haut, requièrent une quantité astronomique de ressources dont le minage est plus efficace à détruire la nature qu’une politique de terres brulées.

Un régime de gouvernement laisserait ainsi les décisions de tous déterminer quelle source d’énergie offre le meilleur rapport qualité/prix. Certes, le charbon est extrêmement polluant et bon marché, mais il faut atteindre un certain niveau de richesse pour se permettre des technologies plus propres. Et sans incitatifs artificiels, les gens ne se laisseront pas duper par des technologies prometteuses en apparence mais dont le remplacement est tellement onéreux qu’une explosion est moins chère. Ou dont le stockage est tellement peu pratique que c’est une bombe à retardement.

Bref, laissez 2022 être l’année où vous vous débarrassez de la pire habitude imaginable : déprendre d’un monopole de la force pour espérer une amélioration nette de votre vie. Cela n’a jamais fonctionné ; hormis peut-être Tetris, aucune augmentation de l’action des forces publiques ne s’est faite pour une amélioration de la vie des citoyens dans un dessein 100 % pacifique.

Quand l’État intervient hors de ses tâches régaliennes, il y a toujours davantage de perdants que de gagnants. Rappelez-vous donc ces mots immortels de Benjamin Franklin la prochaine fois qu’on avancera qu’il « faut » restreindre nos droits et liberté au nom de la sécurité de Mère-Grand.


08 octobre, 2021

Le dangereux antilibéralisme de Mathieu Bock-Côté

 Mathieu Bock-Côté apparait étre le Zemmour québécois. Les deux partagent un discours identitaire et antilibéral aussi bien sur l’économie que sur la politique.

Depuis peu, le chroniqueur politique et sociologue québécois Mathieu Bock-Côté (MBC) est rendu à l’antenne de CNews pour l’émission Il faut en parler. Son impressionnante bibliographie montre qu’il n’a pas la langue dans sa poche et qu’il est capable d’aborder plusieurs sujets.

Mais pour quelqu’un qui se targue de fouiller derrière « le brouillard des controverses artificielles » il ne se gêne pas pour en créer de toutes pièces lui-même. Car derrière ses airs intellectuels se cache un être dangereusement opposé au libéralisme et aux tendances plutôt autoritaires.

Ça saute aux yeux dans ce commentaire sur un article d’un pair nationaliste.

Pourquoi diable devrions-nous nous soucier que telle ou telle société passe sous contrôle « étranger » ? N’est-ce pas le signe que ladite société rencontre un franc succès et que, comme pour Rona/Lowes, l’acheteur souhaite de nouveaux marchés grâce à ce point d’entrée ? Il ne s’est pas plaint des acquisitions de Couche-Tard à l’étranger.

Et comme trop de ses collègues socialistes (à Québec solidaire notamment), il dénonce un « capitalisme sans foi ni loi » qui évince les locataires à la suite de rénovations rendant le logement hors de prix. Il ne mentionne nulle part les incitations artificielles à la propriété comme des taux d’intérêt pratiquement nuls et la SCHL, entité du gouvernement fédéral qui assure les prêts hypothécaires à risque, laissant le champ libre aux banques pour proposer des prêts.

Finalement, il adore lancer des accusations gratuites envers les entrepreneurs au sujet des salaires.

OBSESSION IDENTITAIRE MALSAINE

Mais si son antilibéralisme économique est somme toute bénin comparativement aux socialistes, MBC sort les crocs, les griffes et son arsenal nucléaire quand vient le temps de parler d’identité, au point qu’il n’est pas sans rappeler certaines tendances très sombres du passé.

Ce n’est pas une attaque gratuite mais la description objective d’un homme promouvant une exaltation nationaliste et qui parle des Québécois (entendre francophones) comme d’un peuple homogène.

Que certains veuillent faire du Québec un pays n’est pas une fatalité en soi. En fait, quand on s’intéresse à l’histoire, on peut se rendre compte à quel point le colonisateur britannique – et le reste du Canada d’avant Lester Pearson – honnissait tous ceux qui parlaient en français.

Mais alors que René Lévesque présentait un projet, depuis Jacques Parizeau les séparatistes ne font que capitaliser sur une haine anti-Canada, contre « l’argent et le vote ethnique. »

Ces sentiments négatifs inspirent MBC. Il adhère à la thèse complotiste du grand remplacement (n’en déplaise à son meneur de claque officiel, Richard Martineau), il pourfend constamment l’immigration massive comme outil sournois du Canada pour « nous » noyer.

Ainsi, le critère numéro un d’un immigrant devrait être sa maitrise du français. Ces paroles ne sont pas sans rappeler celles de Trump… Pour MBC, il est inconcevable que des gens s’opposent à des lois autoritaires comme l’infâme loi 101, critiquent les dérives extrémistes de la loi 21 ou atteignent le niveau désirable de nationalisme. Auquel cas il accuse ceux qui l’accusent au grand jour de malhonnêteté.

Bref, ne vous laissez pas impressionner par Mathieu Bock-Côté, le Éric Zemmour québécois. Ce sont des hommes aux œillères idéologiques très épaisses qui s’attaquent aux mauvaises personnes.

En effet, si l’immigration est un problème, c’est l’État qu’il faut blâmer.

  • En France, pour l’avoir regroupée dans des ghettos aux portes de Paris.
  • Au Québec, pour s’être concentré sur les capacités linguistiques et ainsi avoir fortement encouragé l’immigration maghrébine.

Si elle était complètement privée – comme c’était le cas aux États-Unis avant la montée des lois xénophobes au début du XXe siècle – alors elle serait des plus désirables.

10 mai, 2021

Les origines conservatrices de la cancel culture

 Bien que les étatistes de gauche ne soient pas des alliés de la liberté d’expression, ceux de droite ne le sont pas davantage.

Depuis une dizaine d’années, des conservateurs principalement, et surtout des Anglo-Saxons, se plaignent d’être censurés à tout-va. Oh, il n’y a pas de doute que les médias sociaux font preuve d’un double standard patent quand vient le temps de sanctionner certaines offenses. Pensez-vous que si Tim Scott avait été démocrate, autant de commentaires racistes seraient restés impunis ?

Par contre, il est très ironique de les entendre se plaindre de la cancel culture : ce sont eux qui en ont dessiné les plans.

En effet, ce principe de vouloir mettre fin par la force à la diffusion d’idées arbitrairement jugées inappropriées est un principe très conservateur et les exemples modernes abondent.

CENSURE RACISTE DE LA CHANSON

Vue de l’Europe continentale, cette mentalité peut être difficile à comprendre. Mais quand on sait que les États-Unis ont été fondés par des puritains fuyant les guerres de religion, on comprend cette influence dans leur désir de censurer ce qui va à l’encontre leurs mœurs.

Prenons le domaine de la musique. Il pourrait y avoir quelques justifications à restreindre la diffusion de chansons où fuck est placé à chaque phrase durant les heures de grande écoute, bien que cette responsabilité incombe aux parents. Mais vouloir empêcher complètement leur diffusion est injustifié, et peut être même interprété comme raciste.

Cela sautait aux yeux lors de la sortie du premier tube commercial de NWA Fuck the Police. Cette chanson encore diffusée après plus de 30 ans était tellement controversée que le FBI a écrit au label pour la dénoncer car ne représentant pas correctement la police. Je me demande si l’auteur de la lettre a changé son fusil d’épaule à la suite du tabassage de Rodney King… On voulait même arrêter les disquaires vendant le disque aux mineurs. Et un concert du groupe a été interrompu lorsqu’il a défié les autorités et joué la chanson maudite.

Ce racisme musical ne date pas d’hier. Le jazz était considéré comme la musique du diable et associé aux lieux mal famés. Durant la prohibition, il a même contribué – ô horreur ! – au mélange des races. Nul besoin de dire que les puritains de l’époque étaient furieux et ont tout fait pour bannir ce style de musique, sans succès.

Et que dire de la musique rock et de ses descendants (heavy metal, notamment), qui ont été accusés de tous les maux et ont excité plusieurs vierges effarouchées chez les conservateurs.

BANC DE TOUCHE POUR COLIN KAEPERNICK

Cet outrage de pacotille s’étend aussi dans le domaine des sports.

En guise de protestation contre le racisme et la répression policière le joueur de football Colin Kaepernick met un genou au sol durant l’hymne américain. Il n’en fallait pas moins pour que s’enchaînent les accusations de traitrise et le dénigrement de masse.

Nonobstant les opinions politiques très discutables du footballeur, rien ne justifie les attaques au vitriol qu’il a subies. Il n’a rien brisé, il n’a pas levé son poing dans un gant en cuir ; il a très pacifiquement montré son désaccord envers des symboles ne le représentant que partiellement. Plusieurs propriétaires de club auraient même fait collusion pour l’exclure.

TOUS LES COUPS SONT PERMIS

Finalement, les conservateurs du pays se consacrent corps et âme à la défense d’Israël. Une loi fédérale de 2017 prévoit l’annulation de tout contrat avec une compagnie boycottant d’une quelconque façon l’État hébreu.

La quasi-totalité des États dispose de certaines formes de loi ou de décrets mettant sur liste noire toute compagnie boycottant Israël. Et quand vient le temps d’annuler des conférences pro-Palestine – pas des conférences par des individus au passé douteux – ou de harceler quiconque critique Israël, tous les coups sont permis.

CONCLUSION

Bref, bien que les étatistes de gauche ne soient pas des alliés de la liberté d’expression, ceux de droite ne le sont pas davantage. En fait, leurs racines puritaines sont tellement évidentes qu’ils tombent dans tous les pièges tendus par le très flamboyant troll Lil Nas X.

Aussi, combien de conservateurs ont-ils été vraiment bannis/suspendus pour avoir exprimé des idées conservatrices : limitation du gouvernement, traditions, famille nucléaire, etc. ?