Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

On est tellement taxés que lorsqu’il fait beau, j’ai peur de recevoir une facture. --- Michel Beaudry ________________________________________________________________________

05 mai, 2007

Immobilisme et règlementation

L’immobilisme du Québec est en partie dû à une règlementation excessive. L’élimination des règlements inutiles et une gestion moins tatillonne des règlements essentiels permettraient de :

  • Réduire le nombre de fonctionnaires ;
  • Réduire les coûts pour les entrepreneurs et les citoyens ;
  • Dynamiser l’économie.

Ce n’est qu’un exemple où moins de gouvernement profiterait à tous.

Le vendredi 04 mai 2007
CHRONIQUE
Yves Boisvert: Avez-vous un permis?
Yves Boisvert


Attention citoyens : cette chronique contient un appel à tous. Zet à toutes.Loin de moi l'idée d'encourager la délinquance. Mes voisins de bureau vous le diront, moi, c'est la Loi et l'Ordre - pas nécessairement dans l'ordre, et surtout la loi, finalement.

Mais regardons les choses en face. S'il fallait que tous les citoyens appliquent à la lettre les règlements municipaux concernant la construction et la rénovation, l'industrie du clou s'effondrerait instantanément.

Bang.

La vérité? Plus vous êtes honnête, plus votre projet est beau, plus on vous emmerdera.

Hier, je lisais l'article de mon collègue Éric Clément sur le promoteur David Owen, qui construit des condos dans l'arrondissement de Ville-Marie sans permis. Son projet a été refusé? Pas grave, il a 72 condos à livrer, alors il fonce. Il est rendu à trois étages.

Cow-boy, dites-vous? Bien sûr. La Ville lui a envoyé des constats d'infraction pour une valeur totale de 18 000 $. Attendre lui coûterait bien plus cher, peut-on penser. C'est le même M. Owen à qui on a ordonné de démolir un étage illégal sur une construction cet hiver.

Mais c'est aussi le même qui attend depuis deux ans (DEUX ANS) pour qu'on fasse passer son projet de pharmacie, angle Ontario et Champlain. Une pharmacie. Pas un méga-hôpital.

La raison? L'immeuble projeté a 71 centimètres de trop en hauteur (la Ville a accepté cet écart, finalement), le parking est trop près de la rue, l'édifice trop loin, etc. Et des citoyens du coin se battent contre le projet.

Nous comprenons tous qu'il doit y avoir des normes d'urbanisme. Mais pourquoi faut-il deux ans pour qu'un projet se règle?

Voilà un promoteur qui n'attirera la sympathie de personne. Il construit sans permis, et des condos, en plus, imaginez!

Sauf que dans bien des arrondissements de la Ville, même avec un superbe projet, correct, respectueux de tout ce qu'il y a à respecter, plus vous êtes transparent, et plus on vous fera des misères.

Essayez, par exemple, de changer une fenêtre en aluminium ou, mieux, en PVC sur le Plateau. Présentez un projet de fenêtre faite à la main par un artisan, un beau truc, en acajou, tiens.

Première réaction : Non! Si vous voulez changer, il faut faire comme à l'origine! On parle de 1911, disons. Il vous faudra vous battre avec les gens des permis jusqu'à ce qu'on finisse par dire, OK, d'abord.

Pendant ce temps-là, il y a un artisan et toutes sortes de gens qui attendent. Ils n'attendent pas toujours, ils ont d'autres contrats. Les gens de la construction ont toujours d'autres contrats.

Par exemple, ils vont poser des fenêtres chez quelqu'un qui n'a pas demandé de permis.

S'ils se font pincer par les mandarins, ils leur répondent en cantonnais : Su Mi, ce qui se traduit à NDG par «Sue me!» et dans Rosemont par «Nous nous reverrons en Cour!» Une amende, si on vous attrape, coûtera parfois moins cher en plans, en demandes, en heures d'attente, en rage, en désespoir et en immobilisme.

Vous êtes un sympathique citoyen qui aime le patrimoine? Vous refaites la façade affreuse de votre maison du Plateau, du Mile End, de la Petite-Patrie? Hé! Tout n'est pas magnifique dans ces quartiers à la mode!

Vous apportez vos briques, vos plans, vous êtes fier de votre architecte. Ils vous donneront un permis illico!

Vous êtes sympathique mais un peu twit. Ça ne se passera pas comme ça.

Première réaction du fonctionnaire municipal : «Hum c'est pas tout à fait la bonne teinte de rouge, ça»

Vous aurez beau lui dire que le voisin a des briques blanches avec des colonnes gréco-hawaïennes, rien n'y fera : il faut se comparer avec l'original ou n'importe quel modèle avec lequel vous n'êtes pas en conformité.

Comme disait John Locke, quand une loi est absurde, ou que l'application de la loi devient absurde, le citoyen a le droit et même le devoir de se révolter.

Mais la révolte, c'est ben de l'ouvrage. Alors le citoyen se contente de contourner la loi. Et de risquer une amende : Su Mi, Ville.

C'est vrai dans le résidentiel, c'est vrai dans le commercial, dans l'institutionnel, c'est vrai partout.

Alors voici l'appel à tous. Envoyez-moi un résumé de vos démêlés avec votre arrondissement de la Ville de Montréal côté permis et travaux. Des dates, des faits, mais ramassez-vous, ne me faites pas 20 pages. Discrétion assurée si nécessaire.

Et quand nous aurons recueilli suffisamment d'absurdités, on fera un beau portrait en forme de bilan. Et ensuite, on posera des questions. Des questions compliquées et dures - on nous paie pour poser des questions compliquées et dures.

Comme par exemple : pourquoi?

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