Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry

06 juillet, 2022

L’HYPOCRISIE CLIMATIQUE ET ÉNERGÉTIQUE DU « MONDE RICHE »

 

Le monde entier traverse une crise énergétique majeure. La réponse du monde développé à cette problématique a mis en évidence son attitude hypocrite à l’égard des énergies fossiles. C’est cette hypocrisie verte que le climatologue Bjorn Lomborg dénonce dans un article du Wall Street Journal. Les pays riches recommandent en effet aux pays en développement d’utiliser les énergies renouvelables. Le mois dernier, le G7 a annoncé qu’il ne financerait plus le développement des combustibles fossiles à l’étranger. Pourtant, l’Europe et les États-Unis supplient les nations arabes d’accroître leur production de pétrole. L’Allemagne rouvre des centrales à charbon pour compenser son choix catastrophique de quitter le nucléaire, et l’Espagne et l’Italie dépensent beaucoup pour la production de gaz en Afrique. Bon nombre de pays européens ont demandé au Botswana d’extraire plus de charbon ;  ce pays du sud de l’Afrique va ainsi plus que doubler ses exportations pour satisfaire aux besoins de pays riches.

Une dépendance mondiale aux énergies fossiles

Le monde développé s’est enrichi grâce à l’utilisation généralisée des énergies fossiles, qui alimentent toujours la plupart des économies développées. Les énergies renouvelables (éolien et solaire) ne sont pas fiables et la transition écologique est pour l’instant au point mort, comme l’explique le rapport sur la situation mondiale des énergies renouvelables 2022.

Certains estiment que les énergies renouvelables vont améliorer leur rendement médiocre à l’avenir, et misent notamment sur une augmentation des capacités de stockage des batteries. Or, cette voie ne servira à rien pour Bjorn Lomborg. A l’heure actuelle, les batteries présentes dans le monde peuvent à peine alimenter 75 secondes de la consommation électrique moyenne mondiale nous explique le scientifique danois. Même si l’offre augmente rapidement, d’ici à 2030, les batteries du monde entier couvriront toujours moins de 11 minutes de la consommation électrique mondiale. Chaque hiver en Allemagne, lorsque la production solaire est à son minimum, l’énergie éolienne est quasiment nulle pendant au moins cinq jours, soit plus de 7 000 minutes.

C’est pourquoi les panneaux solaires et les éoliennes, en plus d’engendrer de nombreux désagréments et d’être un gouffre financier, ne peuvent pas fournir la majeure partie de l’énergie nécessaire à l’industrialisation des pays pauvres. Les usines ne peuvent pas s’arrêter et redémarrer au grès du vent, la production d’acier et d’engrais dépend du charbon et du gaz, et la plupart des énergies solaire et éolienne ne peuvent tout simplement pas fournir l’énergie nécessaire pour faire fonctionner les pompes à eau, les tracteurs et les machines qui sortent les gens de la pauvreté.

Les chiffres de Bjorn Lomborg sont édifiants : les combustibles fossiles fournissent encore plus des trois quarts de l’énergie des pays riches, tandis que l’énergie solaire et éolienne en fournit moins de 3 %. Une personne lambda dans le monde développé utilise chaque jour plus d’énergie produite à partir de combustibles fossiles que toute l’énergie utilisée par 23 Africains pauvres.

On estime que 3,5 milliards de personnes parmi les plus pauvres du monde n’ont pas d’accès fiable à l’électricité. Plutôt que de leur donner accès aux outils qui ont permis aux pays riches de se développer, certains de ces mêmes pays riches demandent allègrement aux pays en développement de renoncer au charbon, au gaz et au pétrole et de passer directement à ce que M. Lomborg surnomme péjorativement le « nirvana vert » des panneaux solaires et des éoliennes.

L’expérience du village indien de Dharnai

Ce paradis promis est une imposture fondée à la fois sur des vœux pieux et un marketing vert très développé. Bjorn Lomborg revient sur l’expérience de Dharnai, un village d’Inde que Greenpeace a tenté en 2014 de transformer pour qu’il soit la première communauté du pays alimentée uniquement par l’énergie solaire. Greenpeace a reçu une attention médiatique mondiale élogieuse lorsqu’elle a déclaré que Dharnai refuserait de « céder au piège de l’industrie des combustibles fossiles. » Mais le jour où l’électricité solaire du village a été allumée, les batteries se sont vidées en quelques heures ! Un garçon se souvient qu’il n’a pas pu faire ses devoirs tôt le matin parce qu’il n’y avait pas assez d’énergie pour la seule lampe de sa famille !

On a dit aux villageois de ne pas utiliser de réfrigérateurs ou de téléviseurs parce qu’ils épuiseraient le système. Ils ne pouvaient pas utiliser de cuisinières et devaient continuer à brûler du bois et des excréments, ce qui crée une pollution atmosphérique aussi dangereuse pour la santé d’une personne que de fumer deux paquets de cigarettes par jour, selon l’Organisation mondiale de la santé. Dans les pays en développement, des millions de personnes meurent prématurément chaque année à cause de cette pollution intérieure. Mais il est plus facile pour les écologistes d’accuser le charbon et le pétrole.

Finalement, lorsque Dharnai a été raccordé au réseau électrique principal de l’Inde, qui fonctionne en grande partie grâce au charbon, les villageois ont rapidement abandonné leurs connexions solaires. Une étude universitaire a également révélé que l’électricité du réseau, en plus de fonctionner de façon beaucoup plus optimale, coûtait le tiers du prix de l’énergie solaire. Aujourd’hui, le système d’énergie solaire désaffecté de Dharnai est couvert d’une épaisse poussière et le site du projet est un abri pour le bétail. Encore un camouflet pour les idéologues de Greenpeace.

Des énergies fossiles irremplaçables pour l’instant

Malgré un fort activisme écologiste dans les pays du monde riche (bien souvent en Occident), les nations développées vont continuer à dépendre des combustibles fossiles pendant des décennies. L’Agence internationale de l’énergie estime que même si toutes les politiques climatiques actuelles sont appliquées intégralement, les énergies renouvelables ne fourniront qu’un tiers de l’énergie des États-Unis et de l’Union européenne en 2050. Le monde en développement n’est pas aveugle à cette hypocrisie. Le vice-président du Nigeria, Yemi Osinbajo, a exprimé son désarroi : « Aucun pays au monde n’a réussi à s’industrialiser en utilisant des énergies renouvelables », mais on attend de l’Afrique qu’elle le fasse « alors que tout le monde sait que nous avons besoin d’industries fonctionnant au gaz pour faire des affaires ».

La pensée écologiste concernant les énergies renouvelables, qui se veut comme partie intégrante d’un certain humanisme, est en réalité l’une des pires discriminations qui soit. Pour la planète, les pays pauvres doivent rester pauvres.

Plutôt que de bloquer égoïstement la voie du développement des autres pays, les nations riches devraient faire preuve de bon sens et convenir que les énergies fossiles vont rendre encore à l’Humanité de grands services. De même, plutôt que de subventionner l’énergie éolienne et solaire, qui ne peut pas être viable sans argent du contribuable dépensé à foison, les pays développés devraient laisser faire l’innovation et promouvoir dans le reste du monde le meilleur moyen de faire de l’électricité à bas coût et sans émissions de Co2 : le nucléaire.

05 juillet, 2022

Les données doivent suivre le patient

 Par Maria Lily Shaw et Krystle Wittevrongel.

Des milliards de dollars ont été engloutis dans le système de santé québécois pour améliorer la capacité de ses technologies de l’information. Les résultats laissent cependant beaucoup à désirer. Par exemple, lorsque les autorités de santé. ont eu un besoin urgent de données en temps réel sur le nombre de cas de COVID-19 dans les établissements de la province ou la population en général, elles ont réalisé que les renseignements étaient encore transmis par télécopieur. Il est tout simplement inacceptable qu’une méthode de transmission de données aussi inefficace soit encore utilisée en 2022.

Du point de vue du patient, la situation peut être tout aussi exaspérante. L’information du dossier médical ne peut pas être échangée facilement entre les hôpitaux à cause du manque de compatibilité entre les systèmes de dossiers de santé électroniques, ce qui nécessite que les patients répètent leurs antécédents médicaux plusieurs fois, ou même qu’ils apportent eux-mêmes leurs rapports d’imagerie à un rendez-vous. Non seulement est-ce un fardeau pour les patients et les fournisseurs de soins, mais il en découle un risque que de l’information cruciale se perde dans le processus de traitement.

Qui plus est, les dossiers de santé électroniques québécois ne sont même pas complets; il y manque encore des renseignements essentiels : vaccins passés ou récents, allergies, feuille sommaire d’hospitalisation rédigée par le médecin traitant après un séjour à l’hôpital. Les heures passées par les médecins (et donc les dollars des contribuables!) à jouer les détectives afin de retrouver tous les morceaux manquants sont un gaspillage honteux.

Si l’accessibilité des antécédents médicaux pour les patients et les professionnels de la santé tombe sous le sens, des données détaillées sur la santé recueillies systématiquement sont également indispensables à la recherche, et pourtant, les systèmes obsolètes et inefficaces du Québec compliquent encore inutilement l’accès aux données pour les chercheurs. Ainsi, en plus des coûts actuels, les Québécois sont aussi perdants sur le plan des innovations locales en santé.

Il est évident que la collecte et l’accessibilité des données de santé dans la province ont désespérément besoin d’être réformées. Heureusement, il semble que le ministre de la Santé soit d’accord, puisque l’une des priorités de son récent plan de réforme consiste à régler enfin les problèmes technologiques évidents du système de santé. Il n’a pas besoin de regarder bien loin pour trouver des exemples de pratiques exemplaires en matière de collecte et de transmission de données de santé à des fins de recherche : on trouve quelques exemples prometteurs ici même au Canada.

L’Alberta a conçu un système de dossiers de santé électroniques reconnu à l’échelle mondiale, Netcare, qui agit comme un portail récupérant toute l’information clinique des divers systèmes de la province et la présentant sous forme de dossier de patient unique.

Lorsqu’il y a un dossier électronique unifié et compatible, l’information peut facilement être utilisée en recherche. En Ontario, l’ICES collabore depuis 1992 avec le gouvernement, des décideurs et des acteurs du système de santé pour l’analyse de données administratives anonymes sur la santé.

L’information détenue par l’ICES est recueillie lors de visites chez le médecin et à l’urgence, et d’hospitalisations, et peut comprendre les médicaments prescrits. Grâce à ces données, on peut étudier de multiples aspects des soins de santé en Ontario, notamment les issues d’interventions médicales ou des mesures de l’efficacité du système de santé. Le Québec pourrait apprendre de ce modèle de transmission sécuritaire de données anonymisées destinée à la recherche.

Il en reste beaucoup à faire pour moderniser et uniformiser l’information répertoriée dans le système de santé québécois. D’abord, le Québec doit collecter les renseignements de santé systématiquement, avec un souci d’exactitude. Ensuite, le catalogage et le stockage de renseignements papier doit être abandonné et les systèmes électroniques utilisés pour recueillir les renseignements de santé doivent communiquer. Enfin, il faut autoriser la transmission sécurisée de données anonymisées sur la santé à des fins de recherche.

Le Québec a désespérément besoin de mettre en place un écosystème de santé numérique moderne et robuste. Cela favorisera la santé des patients d’aujourd’hui et encouragera l’innovation pour offrir de meilleurs soins demain.

Maria Lily Shaw est économiste à l’IEDM et Krystle Wittevrongel est analyste en politiques publiques à l’IEDM. Elles sont les auteures de « L’accès aux données sur la santé au Québec: un enjeu crucial » et signent ce texte à titre personnel.

04 juillet, 2022

 

Science et politiques stupides, 1/2 : bio, biologie, covid

Par Robert Girouard.

En politique comme dans la vie, le mieux est l’ennemi du bien. Interventionnistes par nature, les gouvernements s’évertuent en effet à mettre de l’avant des politiques ou des programmes qui visent à améliorer les choses dans divers champs d’activité — économie, énergie, agriculture, santé publique, etc. Mais, souvent, pour ne pas dire trop souvent, ces mesures présentées comme des panacées ne donnent pas les résultats escomptés ou sont carrément néfastes. L’histoire récente et l’actualité fournissent quantité d’exemples de politiques stupides… oui, stupides, n’ayons pas peur des mots.

Prenons le cas du Sri Lanka. Nouvellement élu en 2019, le gouvernement de Gotabaya Rajapaksa a tôt fait de lancer sa réforme agricole visant à faire du Sri Lanka le premier pays producteur mondial d’aliments 100 % biologiques. Ce projet d’agriculture soi-disant durable s’inspirait d’un manifeste1 émanant du Viyathmaga, un mouvement idéologique et en apparence vertueux, composé de membres de l’élite intellectuelle et technocratique srilankaise et qui a aidé M. Rajapaksa à prendre le pouvoir. Fort de cet appui et malgré les mises en garde des agronomes, ce dernier s’est empressé de bannir toute utilisation et importation d’insecticides et d’engrais chimiques dans le but de contraindre les agriculteurs à adopter le bio. D’une pierre deux coups, l’agriculture srilankaise allait ainsi devenir un modèle pour l’humanité, avec des rendements miraculeux, tandis que le gouvernement économiserait 500 millions $ par année en subventions aux agriculteurs pour l’achat d’intrants. Trop beau !

Mais, oups, les résultats —désastreux — de ce programme fondé sur la pensée magique ne se firent pas attendre. La production de riz a chuté de 20 % dès la première année tant et si bien que le pays, jadis autosuffisant, a dû en importer pour 450 millions $. La culture du thé, importante source de devises, a également été frappée de plein fouet. Même constat pour le caoutchouc et la noix de coco. Déjà aux prises avec la crise sanitaire mondiale et la chute consécutive du tourisme, autre source majeure de revenus et de devises, l’économie srilankaise s’est rapidement détériorée, avec toutes les conséquences sociales que l’on devine. Certes, le gouvernement a eu le réflexe relativement rapide de lever les interdictions suicidaires et d’offrir certains dédommagements, mais, selon certains observateurs2, il n’aurait pas totalement retenu la leçon.

Tout cela n’est pas sans rappeler la politique agricole russe formulée par le biologiste amateur Trofim Lyssenko dans les années 1930, laquelle n’a pas livré les mirobolantes améliorations de rendement promises et censées compenser les déboires de la collectivisation des terres. Fondée sur des postulats scientifiques dépassés, voire corrompus, cette politique avait toutefois le net avantage d’avoir le soutien inconditionnel et musclé de Staline et du Parti communiste. Les opposants au lyssenkisme étaient en effet envoyés au goulag ou éliminés ; Nikolaï Ivanovitch Vavilov, l’éminent botaniste et généticien russe qui fonda et dirigea l’Institut pansoviétique de culture des plantes, grand adversaire de Lyssenko, fut notamment emprisonné. Le lyssenkisme a finalement été abandonné plusieurs décennies plus tard, mais le terme est resté pour désigner toute pseudoscience au service d’une idéologie.

Autre exemple, cette fois dans le domaine de la santé publique : la politique idiote du « zéro Covid », qui consiste essentiellement à confiner toute une population — par exemple les 23 millions d’habitants de Shanghai — dès qu’un cas est déclaré au sein de celle-ci. La Chine de Xi Jinping est aujourd’hui la seule à poursuivre cette politique. Tous les autres pays qui l’ont essayée l’ont abandonnée en raison de ses coûts faramineux et des contraintes déraisonnables qu’elle impose aux populations concernées. Pourquoi la Chine persiste-t-elle à appliquer cette médecine de cheval ? Selon le site Bitter Winter3, qui surveille la situation des droits de l’homme et de la liberté religieuse en Chine, cette stratégie a été décidée non pas par les autorités sanitaires, mais bien par Xi Jinping lui-même et le Comité central, et ce, pour des motifs idéologiques inspirés des écrits de Marx et Engels. Primo, les épidémies sont le produit du capitalisme, elles ne sauraient se développer dans les sociétés communistes : le Covid est donc une importation. Deuxio, les stratégies occidentales favorisent la bourgeoisie qui bénéficie d’un meilleur accès aux soins et aux vaccins, tandis que le « zéro Covid » protège toutes les classes sociales également. Comme quoi les régimes autocratiques sont toujours plus lents à corriger leurs erreurs parce qu’il n’y a pas d’opposition pour relever l’idiotie de leurs arguments.

Références

1. Vistas of Prosperity and Splendour
2. In Sri Lanka, Organic Farming Went Catastrophically Wrong, Ted Nordhaus et Saloni Shah, Foreign Policy, 22 mars 2022
3. Xi Jinping’s Zero-COVID Policy: It’s the Ideology, Stupid, Hu Zimo, 21 mars 2022

Science et politiques stupides, 2/2 : transitions énergé 

Second volet des réflexions de Robert Girouard, qui nous apprennent que la Belle Province peut aussi, comme hélas bien des pays (dont la France), mériter le surnom de Bête Province....

Que penser maintenant des programmes de transition énergétique — vers les énergies soi-disant renouvelables — adoptés par de nombreux pays occidentaux à l’insistance de l’ONU et du mouvement écologiste mondial. Osons le dire, à l’instar de Richard Lindzen4 : ce sont des programmes carrément stupides qui ne fonctionnent tout simplement pas et qui se fondent sur la pseudo-science climatiste, elle-même s’appuyant sur des modèles climatiques qui ont tout faux. Même des climatologues orthodoxes comme Gavin A. Schmidt de la NASA affirment, dans la revue Nature5, que les modèles climatiques du GIEC exagèrent grandement le réchauffement de la planète dû aux émissions de CO2… sans oublier qu’ils oblitèrent totalement la variabilité naturelle.

L’Allemagne détient à coup sûr le championnat de la stupidité à cet égard, elle qui a investi des centaines de milliards d’euros dans l’éolien et le solaire afin de se sortir à la fois du charbon et du nucléaire. L’objectif à long terme est de réaliser le « net zéro carbone » en recourant quasi exclusivement aux énergies renouvelables, ce qui est évidemment illusoire dans l’état actuel de la technologie. Or, son programme appelé Energiewende — qualifié de désastre par le Groupe McKinsey6, entre autres — est d’ores et déjà un fiasco sur toute la ligne : hausse vertigineuse des tarifs d’électricité, nécessité de doubler la capacité des éoliennes avec des centrales classiques à lignite ou à gaz, gaspillage d’énergie et d’argent à certaines périodes d’abondance de vent, non-atteinte des cibles de décarbonation, menaces à la biodiversité, opposition citoyenne face à l’expansion des parcs éoliens et des lignes de transport d’électricité, etc. Par-dessus le marché, la guerre en Ukraine et les sanctions à l’égard de la Russie sont venues exacerber la situation. Mais, qu’à cela ne tienne : à défaut d’une opposition forte, rien n’indique (à ma connaissance) que le gouvernement songe sérieusement à un recentrage. Le plus ironique est que l’Allemagne ne compte que pour 2,5 % des émissions mondiales de carbone et qu’à supposer qu’ils soient un jour couronnés de succès, tous ses beaux efforts seraient annulés par l’augmentation des émissions ailleurs dans le monde, particulièrement en Chine et en Inde.

Mon Québec natal (environ 0,2 % des émissions mondiales) n’a rien à envier à l’Allemagne en matière de politiques énergétiques stupides. Par exemple, environ 50 % des besoins énergétiques de la province proviennent des hydrocarbures, et tout ce pétrole et ce gaz est actuellement importé malgré que le sous-sol québécois recèle des réserves considérables. Or, tout dernièrement, le gouvernement a décidé tout bonnement d’interdire désormais toute activité d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures sur l’ensemble du territoire. Il faudra par conséquent continuer à importer nos hydrocarbures tout en se privant des retombées économiques qui auraient découlé de l’exploitation de nos réserves. De plus, le gouvernement devra dédommager l’industrie pour les puits d’exploration en activité qui devront être fermés à grands frais. Voilà donc qui est stupide et hypocrite par-dessus le marché !
L’ autrefois très catholique Québec a, au fil des ans, multiplié les coups d’éclat vertueux — et imbéciles — pour se donner une bonne conscience environnementale :

  • rejet du projet extrêmement rentable de la centrale à gaz de Beauharnois (Le Suroît), qu’Hydro-Québec considérait hautement stratégique pour répondre à la pointe d’hiver ;
  • fermeture forcée de la centrale à gaz de Bécancour et dédommagement d’environ 1 milliard $ versé à son propriétaire ;
  • rejet du projet de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec (que certains tentent maintenant de relancer au vu du contexte actuel extrêmement favorable) ;
  • refus du projet de pipeline Énergie Est qui aurait permis un débouché sur l’Atlantique pour le pétrole albertain (une quantité passe néanmoins par train, ce qui n’est pas sans risque) ;
  • instauration d’une taxe carbone et d’un marché du carbone avec la Californie comme unique partenaire, etc.  

Tout cela supposément pour contribuer — de façon infinitésimale — à stopper le réchauffement de la planète, lequel serait pourtant bénéfique pour le Québec où l’hiver dure plus de six mois…et que tous rêvent de fuir en Floride ! Force est de constater que le climatisme, auquel adhèrent tous les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, est devenue la nouvelle religion des Québécois.

Le Québec s’est aussi illustré en lançant, en 2006, un programme de mise en valeur du potentiel éolien. Des permis d’exploitation sont ainsi octroyés à des entreprises privées, et l’électricité produite doit être achetée de force par Hydro-Québec. Or, cette dernière n’avait et n’a toujours nul besoin de cette électricité, surtout pas aux prix élevés convenus dans les ententes avec les producteurs, sans compter que l’intégration de ces sources disparates et intermittentes est à sa charge. Il faut aussi savoir que la production d’Hydro-Québec est quasi 100 % hydroélectrique, soit zéro carbone. Le programme d’éoliennes n’est donc que du vent, c’est le moins qu’on puisse dire. Et tel que rapporté par le Journal de Montréal7, « la vérificatrice générale du Québec a calculé que l’achat forcé d’électricité (… ) par Hydro-Québec auprès des producteurs privés avait fait grimper les tarifs d’électricité de 2,5 milliards $ au cours de la période de 2009 à 2016 ». Un vrai scandale ! On pourrait même être tenté d’établir un lien entre le programme d’éoliennes et l’abandon des centrales à gaz de Beauharnois et de Bécancour ; si c’est le cas, le scandale est encore plus… scandaleux.

Toujours généreux avec l’argent des contribuables, le gouvernement du Québec se distingue également par son programme de subventions à l’achat de voitures électriques, qui ajoute un cadeau de 7000 $ (était hier 8 000 $) aux 5000 $ déjà accordés par le gouvernement fédéral. Pourquoi diable vouloir stimuler les ventes de Tesla et autres quand l’industrie est dépassée par la demande et que les délais de livraison atteignent plus de 18 mois ? L’électricité québécoise compte parmi les moins chères au monde, alors que les prix de l’essence explosent, cela devrait suffire, non ? De plus, les gens qui achètent ces joujoux à batteries — lesquels sont plutôt fortunés en passant — disent les adorer et ne les changeraient pas pour tout l’or au monde.
Bref, les exemples de politiques stupides sont légion, et les lecteurs ne manqueront pas d’en trouver d’autres. La question qui tue : comment se fait-il que nos dirigeants, des personnes réputées intelligentes, puissent prendre des décisions aussi stupides, en agissant le plus souvent de bonne foi ? La réponse simple est qu’en politique, contrairement en science, il n’est pas obligatoire de tenir compte des faits et des données : les valeurs, les intérêts idéologiques ou autres et, surtout les votes ont beaucoup plus d’importance.


Philosophes, psychologues et politicologues se sont évidemment penchés sur la question, et quelques concepts intéressants ont émergé de leurs travaux :

  • La pensée de groupe (groupthink) : 1) pseudo-consensus survenant parfois lorsqu’un groupe se réunit pour penser et prendre une décision : le groupe se donne l’illusion de penser un problème et de parvenir à une décision pertinente alors qu’en réalité la libre pensée individuelle et collective est paralysée par des mécanismes nocifs de dynamique de groupe ; 2) processus selon lequel les individus d’un groupe ont tendance à rechercher prioritairement une forme d’accord global plutôt qu’à appréhender de manière réaliste une situation. Le père du groupthink, Irving Janis8 , a notamment étudié plusieurs cas notoires, dont le débarquement raté de la baie des Cochons (Cuba).
  • Le raisonnement motivé (motivated cognition): 1) raisonnement biaisé pour produire des justifications ou prendre les décisions les plus souhaitées plutôt que celles qui reflètent avec précision les preuves ; 2) tendance à trouver des arguments en faveur de conclusions que nous voulons croire et à délaisser des arguments en faveur de conclusions que nous ne voulons pas croire. Ce concept a été développé par Dan Kahan9 de la Yale University.

Plus concrètement, c’est presque toujours l’absence de débat véritable et le manque de transparence, alliés à la naïveté ou à la présomption, qui mènent à de mauvaises décisions politiques. Les régimes autocratiques n’en font qu’à leur tête, ils exercent le pouvoir sans partage et leurs rares opposants sont vite muselés. Dans les régimes démocratiques, les gouvernements une fois élus agissent sensiblement de la même manière, à la différence qu’ils risquent d’être défaits aux prochaines élections s’ils commettent trop de bêtises. Ils sont aussi très sensibles à la critique et tendent à pencher du bord des médias et des groupes de pression les plus criards. Ainsi va la politique, depuis toujours et pour toujours.

4. The Imaginary Climate Crisis: How can we Change the Message? A talk by Richard Lindzen, Clintel
5. Climate simulations: recognize the ‘hot model’ problem, Nature, 4 mai 2022
6. Germany’s energy transition at a crossroads, 21 novembre 2019
7. Éoliennes – Des milliards dépensés pour rien, Michel Girard, 23 mai 2018
8. Groupthink: Psychological Studies of Policy Decisions and Fiascoes, Irving L. Janis, 1982
9. Ideology, motivated reasoning, and cognitive reflection, Dan M. Kahan, Judgment and Decision Making, Vol. 8, No. 4, July 2013, pp. 407–424 — Voir aussi : How politics makes us stupid, Ezra Klein, Vox, 6 avril 2014

03 juillet, 2022

Inflation : ces explications courantes mais fausses

 Par Alexander William Salter.

Si la décomposition de l’inflation en ses éléments constitutifs est empiriquement délicate, son essence est simple. L’inflation est le résultat de trop d’argent pour trop peu de biens. Milton Friedman a popularisé cette règle empirique. La combinaison de son intelligibilité et de son pouvoir explicatif explique pourquoi elle est encore largement utilisée.

Mais tout le monde n’a pas reçu le mémo. Les politiciens, les bureaucrates, les journalistes et les universitaires de Very Online cherchent âprement d’autres causes. Considérons quelques mauvaises explications de l’inflation.

 

« Les sociétés avides ! »

C’est la préférée des progressistes au Congrès, notamment de la sénatrice Elizabeth Warren. Cette explication est la pire du lot.

Les entreprises sont toujours avides. Elles veulent que les profits soient aussi importants que possible. Pourtant, l’inflation est rarement aussi élevée qu’aujourd’hui. La dernière fois que nous avons vu le dollar se déprécier aussi rapidement, c’était il y a 40 ans. Vous ne pouvez pas expliquer un effet variable par une cause constante. La gravité ne fait pas trébucher et tomber quelqu’un. La cupidité ne cause pas l’inflation.

 

« Le pouvoir du marché ! »

En économie, le pouvoir du marché désigne la capacité des entreprises à pratiquer des prix supérieurs aux coûts marginaux. Les partisans de l’explication de l’inflation par le pouvoir du marché soulignent l’augmentation de la concentration dans plusieurs industries au cours des deux dernières années.

Pour les besoins de l’argumentation, supposons que la concentration industrielle ait augmenté. Cela n’explique toujours pas l’inflation.

Premièrement, le lien entre concentration et pouvoir du marché est faible. Parfois, la concentration est motivée par des facteurs économiques structurels – une réponse efficace à l’évolution des circonstances économiques. Lorsque cela se produit, il n’y a pas d’augmentation correspondante du pouvoir du marché.

Deuxièmement, l’argument du pouvoir du marché confond le niveau des prix et leur taux de croissance. L’inflation fait référence à ce dernier. Même si le pouvoir du marché permettait aux entreprises d’augmenter les prix, il s’agirait d’un événement ponctuel. L’inflation connaîtrait un pic temporaire, puis reviendrait à la tendance. Au lieu de cela, nous avons connu une longue période d’inflation supérieure à la tendance. Cela ne tient pas debout.

 

« Spirale salaire-prix ! »

Certaines mauvaises explications ne meurent jamais. Le point de vue de la spirale salaires-prix était un pilier des (pseudo-)théories keynésiennes de l’inflation du milieu à la fin du XXe siècle. C’était mauvais à l’époque et ça l’est encore aujourd’hui.

En principe, la hausse des prix incite les travailleurs à demander des salaires plus élevés, ce qui amène les entreprises à demander des prix encore plus élevés pour atteindre le seuil de rentabilité. C’est une boucle de rétroaction positive. Mais elle présente deux graves défauts : l’un est conceptuel, et l’autre est factuel.

D’un point de vue conceptuel, il n’est pas logique que les salaires dépassent la productivité des travailleurs. Les entreprises ne peuvent pas se permettre de payer les travailleurs plus que la valeur que ces derniers ajoutent à ses résultats. Si vous êtes propriétaire d’une sandwicherie et que vous pensez que l’embauche d’un travailleur potentiel ajouterait 15 dollars de revenus par heure, quel est le maximum que vous seriez prêt à lui verser pour travailler ? Vous perdrez de l’argent si vous le payez plus de 15 dollars de l’heure. Le montant de la production du travailleur, que les économistes appellent le produit marginal du travail, constitue la limite supérieure du salaire.

En fait, l’inflation a dépassé la croissance des salaires pendant des mois. L’IPC a augmenté de 8,6 % sur un an, alors que les salaires nominaux (en dollars) n’ont augmenté que de 5 %. Cela signifie que les travailleurs ont effectivement subi une baisse de salaire (c’est-à-dire après ajustement de leurs salaires pour l’inflation). Quelle spirale salaires-prix ? Au contraire, les entreprises font une bonne affaire !

 

« Le cost-push ! »

Je prends les questions pour 400 dollars, Alex !

Cette théorie de l’inflation dit que les entreprises transmettent (push = poussent) des coûts plus élevés aux consommateurs sous la forme de prix plus élevés. Mais ce n’est pas une explication. C’est juste répéter la chose à expliquer. Pourquoi les coûts augmentent-ils ? Vous êtes de retour au point de départ.

 

Améliorer le discours public

Espérons que ces explications minables disparaîtront bientôt de la conscience du public. Nous devons nous concentrer sur ce qui compte : l’abondance comparative de l’argent par rapport aux biens. Pour être clair, cela ne signifie pas que l’inflation est à 100 % liée à la masse monétaire. Je suis sûr que les problèmes persistants de la chaîne d’approvisionnement liés à la pandémie et à la guerre actuelle en Ukraine font partie du problème. En outre, nous devons être prudents lorsque nous évaluons les facteurs monétaires par rapport aux facteurs non monétaires.

Mes collègues du Sound Money Project ont fait du bon travail (ici, ici, ici, ici, et ici plus récemment) démontrant que l’argent compte beaucoup en ce moment. Ce n’est pas toute l’explication, mais c’est la plus grande partie. Armés de ces connaissances, et vaccinés contre certaines des explications stupides qui prévalent aujourd’hui, nous pouvons travailler à des solutions politiques pour reprendre le contrôle de la valeur du dollar.

02 juillet, 2022

Les meilleures citations de Frédéric Bastiat

 Un article de l’Institut Coppet

Frédéric Bastiat (image libre de droits)
Frédéric Bastiat (image libre de droits)

COMMERCE INTERNATIONAL — La différence des coûts de production dans l’échange international : « — Si l’on vous dit : Les terres de Crimée n’ont pas de valeur et ne paient pas de taxes. Répondez : Le profit est pour nous qui achetons du blé exempt de ces charges. — Si l’on vous dit : Les serfs de Pologne travaillent sans salaire. Répondez : Le malheur est pour eux et le profit pour nous, puisque leur travail est déduit du prix du blé que leurs maîtres nous vendent. » IV, p.254

CYCLES ÉCONOMIQUES — À une première phase d’abondance anormale des capitaux succède un resserrement du crédit et une crise : « Sans doute, les quatre époques des grandes crises, semblables à celles dont nous sommes témoins aujourd’hui, sont celles où le mal se manifeste ; mais les trois époques de prospérité anormale sont celles où il se prépare. Dans celles-ci, l’énorme épargne, que le pays réalise dans l’achat des subsistances, accumule des capitaux considérables dans les banques et aux mains des classes industrielles.

Ces capitaux ne trouvent pas immédiatement un emploi profitable. De là un agiotage effréné, un téméraire esprit d’entreprise ; opérations lointaines et hasardeuses, chemins de fer, usines, tout se développe sur une échelle immense, et comme si l’état de choses actuel devait toujours durer. Mais les époques de cherté surviennent, et alors il se trouve qu’une grande partie du capital national a été aussi certainement englouti que si on l’eût jeté dans la mer. » II, p.56-57

 

« Tout le monde veut vivre aux dépens de l’État, et on oublie que l’État vit aux dépens de tout le monde. »

DÉFICIT — Pourquoi y a-t-il un déficit permanent : « Pourquoi nos finances sont-elles dérangées ? » — « Parce que, pour les Représentants, il n’y a rien de plus facile que de voter une Dépense, et rien de plus difficile que de voter une Recette. » …. « J’en sais encore une raison. » « Tout le monde veut vivre aux dépens de l’État, et on oublie que l’État vit aux dépens de tout le monde. »  V, p.447

DÉPENSES PUBLIQUES — Compatibilité avec la liberté : « Lourd budget et liberté sont incompatibles. » IV, p.153

DÉPENSES PUBLIQUES  — On ne peut pas les diminuer sans heurter certains intérêts : « L’idée de réaliser des économies sans froisser personne implique contradiction. » V, p.440

 

« Le plus pressé, ce n’est pas que l’État enseigne, mais qu’il laisse enseigner. »

ÉDUCATION — Contre le monopole de l’enseignement : « Le plus pressé, ce n’est pas que l’État enseigne, mais qu’il laisse enseigner. Tous les monopoles sont détestables, mais le pire de tous, c’est le monopole de l’enseignement. » V, p.93

ÉTAT — Ce que veut dire la gratuité de l’État : « On parle beaucoup, depuis la République, de crédit gratuit,d’instruction gratuite. Mais il est clair qu’on enveloppe un grossier sophisme dans ce mot. Est-ce que l’État peut faire que l’instruction se répande, comme la lumière du jour, sans qu’il en coûte aucun effort à personne ? Est-ce qu’il peut couvrir la France d’institutions et de professeurs qui ne se fassent pas payer de manière ou d’autre ?

Tout ce que l’État peut faire, c’est ceci : au lieu de laisser chacun réclamer et rémunérer volontairement ce genre de services, l’État peut arracher, par l’impôt, cette rémunération aux citoyens, et leur faire distribuer ensuite l’instruction de son choix, sans exiger d’eux une seconde rémunération. En ce cas, ceux qui n’apprennent pas payent pour ceux qui apprennent, ceux qui apprennent peu pour ceux qui apprennent beaucoup, ceux qui se destinent aux travaux manuels pour ceux qui embrasseront les carrières libérales.

 

« L’instruction est gratuite. Gratuite ! oui, pour quelques-uns de ceux qui la reçoivent, mais non pour ceux qui la payent, sinon au professeur, du moins au percepteur. »

C’est le Communisme appliqué à une branche de l’activité humaine. Sous ce régime, que je n’ai pas à juger ici, on pourra dire, on devra dire : l’instruction est commune, mais il serait ridicule de dire : l’instruction est gratuite. Gratuite ! oui, pour quelques-uns de ceux qui la reçoivent, mais non pour ceux qui la payent, sinon au professeur, du moins au percepteur. » VI, p.295 — « Il n’est rien que l’État ne puisse donner gratuitement à ce compte ; et si ce mot n’était pas une mystification, ce n’est pas seulement l’instruction gratuite qu’il faudrait demander à l’État, mais la nourriture gratuite, le vêtement gratuit, le vivre et le couvert gratuits, etc. Qu’on y prenne garde.

Le peuple en est presque là ; du moins il ne manque pas de gens qui demandent en son nom le crédit gratuit, les instruments de travail gratuits, etc., etc. Dupes d’un mot, nous avons fait un pas dans le Communisme ; quelle raison avons-nous de n’en pas faire un second, puis un troisième, jusqu’à ce que toute liberté, toute propriété, toute justice y aient passé ? Dira-t-on que l’instruction est si universellement nécessaire qu’on peut, en sa faveur, faire fléchir le droit et les principes ? Mais quoi ! est-ce que l’alimentation n’est pas plus nécessaire encore ? Primo vivere, deinde philosophari, dira le peuple, et je ne sais en vérité ce qu’on aura à lui répondre. » VI, p.295-296

 

« Ce pays est trop gouverné, voilà le mal. »

ÉTAT — Le problème de la France est qu’il y a trop d’État : « Ce pays est trop gouverné, voilà le mal. Le remède est qu’il apprenne à se gouverner lui-même, qu’il apprenne à faire la distinction entre les attributions essentielles de l’État et celles qu’il a usurpées, à nos frais, sur l’activité privée. Tout le problème est là. » V, p.487-488

ÉTAT — S’il veut tout faire les finances publiques seront dans le rouge : « Les finances publiques ne tarderont pas d’arriver à un complet désarroi. Comment pourrait-il en être autrement quand l’État est chargé de fournir tout à tous ? Le peuple sera écrasé d’impôts, on fera emprunt sur emprunt ; après avoir épuisé le présent, on dévorera l’avenir. » IV, p.313

ÉTAT — Son intervention permanente trouble toute activité économique : « Je vous avoue que l’avenir m’inquiète beaucoup. Comment l’industrie pourra-t-elle reprendre, quand il est admis en principe que le domaine des décrets est illimité ? Quand chaque minute, un décret sur les salaires, sur les heures de travail, sur le prix des choses, etc., peut déranger toutes les combinaisons ? » VII, p.382

 

« L’État pourrait être efficace dans la police et la justice, s’il ne s’occupait pas de mille préoccupations accessoires »

ÉTAT — L’intervention de l’État perturbe le signal des prix : « Sous le régime de la liberté, le résultat est là qui avertit à chaque instant si l’on fait ou non fausse route. Mais quand l’État s’en mêle, c’est tout différent ; car quoiqu’il ne puisse pas changer le résultat général et faire que la perte soit bénéfice, il peut fort bien altérer les résultats partiels et faire que les pertes de l’un retombent sur l’autre. Il peut, par des taxes plus ou moins déguisées, rendre une industrie lucrative aux dépens de la communauté, attirer vers elle l’activité des citoyens, par un déplorable déplacement du capital. » II, p.33-34

ÉTAT — Il pourrait être efficace dans la police et la justice, s’il ne s’occupait pas de mille préoccupations accessoires : « Je ne suis pas un profond jurisconsulte, mais je crois véritablement que si le gouvernement était renfermé dans les limites dont je parle, et que toute la force de son intelligence, de sa capacité fût dirigée sur ce point-là : améliorer les conditions de sécurité des hommes, je crois qu’on pourrait faire dans cette carrière des progrès immenses. » V, p.492

 

« De toutes les classes d’hommes, la plus belliqueuse c’est certainement celle des journalistes. Ils ont le bonheur de ne laisser sur le champ de bataille ni leurs jambes, ni leurs bras. »

FONCTIONNAIRES — Plus il y en a, plus la liberté est compromise : « On ne peut multiplier les fonctionnaires sans multiplier les fonctions. Ce serait trop criant. Or, multiplier les fonctions, c’est multiplier les atteintes à la liberté. » II, p.478

FONCTIONNAIRES — Tout ce qui devient à leur charge ne progresse plus : « Tout ce qui est tombé dans le domaine du fonctionnarisme est à peu près stationnaire ; il est douteux qu’on enseigne mieux aujourd’hui que du temps de François Ier ; et je ne pense pas que personne s’avise de comparer l’activité des bureaux ministériels à celle d’une manufacture. » VI, p.549

GUERRE — Tempérament belliciste des journalistes : « De toutes les classes d’hommes, la plus belliqueuse c’est certainement celle des journalistes. Ils ont le bonheur de ne laisser sur le champ de bataille ni leurs jambes, ni leurs bras ; c’est le paysan qui est la chair à canon, et quant à eux, ils ne contribuent aux frais de la guerre qu’autant que leur coûtent une fiole d’encre et une main de papier. Il est si commode d’exciter les armées, de les faire manœuvrer, de critiquer les généraux, de montrer le plus ardent patriotisme, la bravoure la plus héroïque, et tout cela du fond de son cabinet, au coin d’un bon feu ! »  II, p.198

 

« Il est mauvais d’imposer des choses par la force à d’autres peuples »

IMPÉRIALISME — Il est mauvais d’imposer des choses par la force à d’autres peuples : « Et puis, comment se fait-il qu’il n’y ait pas assez d’impartialité, au fond de notre conscience nationale, pour comprendre combien nos prétentions à imposer une idée, par la force, blessent au cœur nos frères du dehors ? Quoi ! nous, le peuple le plus susceptible de l’Europe ; nous, qui, avec raison, ne souffririons pas l’intervention d’un régiment anglais, fût-ce pour venir ériger sur le sol de la patrie la statue de la liberté, et nous enseigner la perfection sociale elle-même ; quand tous, jusqu’aux vieux débris de Coblentz, nous sommes d’accord sur ce point qu’il faudrait nous unir pour briser la main étrangère qui viendrait, armée, s’immiscer dans nos tristes débats, c’est nous qui avons toujours sur les lèvres ce mot irritant : prépondérance ; et nous ne savons montrer la liberté à nos frères, qu’une épée au poing tournée vers leur poitrine ! Comment en sommes-nous venus à nous imaginer que le cœur humain n’est pas partout le même ; qu’il n’a pas partout la même fierté, la même horreur de la dépendance ? » V, p.451-452

 

« Que nos importations sont infinies et nos exportations nulles, je vous défie de me prouver que nous en serons plus pauvres. »

IMPORTATIONS — Peu importe si l’étranger nous « inonde » de produits : « Supposez, si cela vous amuse, que l’étranger nous inonde de toutes sortes de marchandises utiles, sans nous rien demander ; que nos importations sont infinies et nos exportations nulles, je vous défie de me prouver que nous en serons plus pauvres. » IV, p.57

IMPÔTS — Au-delà d’un certain niveau d’imposition, augmenter les impôts provoque une baisse des recettes : « Si un impôt est graduellement et indéfiniment élevé, par cela même qu’à chaque degré d’élévation il restreint un peu plus la consommation ou la matière imposable, un moment arrive nécessairement où la moindre addition à la taxe diminue la recette. » II, p.189 — « On se rappelle que la taxe s’élevant sans cesse, et la consommation diminuant à mesure, il arriva un moment où, en ajoutant 5 p. % au taux de l’impôt, on eut 5 p. % de moins de recette. » II, p.225

 

« Diminuer les impôts, voilà donc la première moitié du programme financier républicain. »

IMPÔTS — Conséquence de l’excès d’impôts : « Un tel impôt serait de la confiscation, et voyez les conséquences. Si, en fait, toute propriété était confisquée à mesure qu’elle se forme, qui est-ce qui se donnerait la peine de créer de la propriété ? On ne travaille pas seulement pour vivre au jour le jour. Parmi les stimulants du travail, le plus puissant peut-être, c’est l’espoir d’acquérir quelque chose pour ses vieux jours, d’établir ses enfants, d’améliorer le sort de sa famille.

Mais si vous arrangez votre système financier de telle sorte que toute propriété soit confisquée à mesure de sa formation, alors, nul n’étant intéressé ni au travail ni à l’épargne, le capital ne se formera pas ; il décroîtra avec rapidité, si même il ne déserte pas subitement à l’étranger ; et, alors, que deviendra le sort de cette classe même que vous aurez voulu soulager ? » II, p.475

IMPÔTS — Diminuer les impôts est la première exigence : « Diminuer les impôts (ce qui ne veut pas toujours dire diminuer les recettes), voilà donc la première moitié du programme financier républicain. » V, p.438

 

« La liberté n’existe plus quand le peuple est surtaxé »

IMPÔTS — La liberté n’existe plus quand le peuple est surtaxé : « Mais la question est précisément de savoir si un peuple surtaxé peut être libre, s’il n’y a pas incompatibilité radicale entre la liberté et l’exagération de l’impôt. Or, j’affirme que cette incompatibilité est radicale. » II, p.477

IMPÔTS — On ne peut pas réclamer beaucoup de l’État, et croire qu’il suffira de taxer les riches : « Imposer à l’État des attributions exorbitantes, et persuader qu’il pourra y faire face avec l’argent prélevé sur le superflu des riches, c’est donner au public une vaine espérance. » V, p.416 — « Mais lorsque l’État soutire à la nation le quart, le tiers, la moitié de ses revenus, il est réduit à agir de ruse, à multiplier les sources de recettes, à inventer les taxes les plus bizarres, et en même temps les plus vexatoires.

 

« On a essayé tant de choses, quand est-ce donc qu’on essayera la plus simple de toutes : la Liberté ? »

Il fait en sorte que la taxe se confonde avec le prix des choses, afin que le contribuable la paye sans s’en douter. De là les impôts de consommation, si funestes aux libres mouvements de l’industrie. Or quiconque s’est occupé de finances sait bien que ce genre d’impôt n’est productif qu’à la condition de frapper les objets de la consommation la plus générale.

On a beau fonder des espérances sur les taxes somptuaires, je les appelle de tous mes vœux par des motifs d’équité, mais elles ne peuvent jamais apporter qu’un faible contingent à un gros budget. Le peuple se ferait donc complètement illusion s’il pensait qu’il est possible, même au gouvernement le plus populaire, d’aggraver les dépenses publiques, déjà si lourdes, et en même temps de les mettre exclusivement à la charge de la classe riche. » II, p.475-476

LIBERTÉ — Il est temps de l’essayer : « On a essayé tant de choses, quand est-ce donc qu’on essayera la plus simple de toutes : la Liberté ? La liberté  de tous les actes qui ne blessent pas la justice ; la liberté  de vivre, de se développer, de se perfectionner ; le libre exercice des facultés ; le libre échange des services. » VI, p.125

 

« Malheur donc aux peuples qui ne savent pas limiter la sphère d’action de l’État. »

LIBERTÉ — Il faut la conserver, sans quoi tout disparait : « Malheur donc aux peuples qui ne savent pas limiter la sphère d’action de l’État. Liberté, activité privée, richesse, bien-être, indépendance, dignité, tout y passera. » IV, p.141

LIBERTÉ — C’est le dada de Bastiat : « Nous avons tous une idée chérie, un dada, en style shandyen. Mon idée chérie, pourquoi ne l’avouerais-je pas ? c’est la LIBERTÉ » V, p.431

LIBERTÉ — Elle est la cause du peuple : « La liberté commerciale, comme les autres, est la cause du peuple. » II, p.132

LIBERTÉ — Pas de milieu entre liberté et non-liberté : « Entre Liberté et Contrainte je ne vois pas de milieu. » V, p.61

LIBERTÉ — Il faut la fixer comme principe de la politique intérieure : « Il ne nous reste qu’à proclamer, comme principe de notre politique intérieure, LA LIBERTÉ, la liberté des arts, des sciences, de l’agriculture, de l’industrie, du travail, de l’échange, de la presse, de l’enseignement ; car la liberté est le seul système compatible avec un budget réduit. Il faut de l’argent à l’État pour réglementer et opprimer. Point d’argent, point de réglementation. » V, p.465

 

Problème : la France est trop habituée à être beaucoup  gouvernée

LIBERTÉ — Problème : la France est trop habituée à être beaucoup  gouvernée : « Nous sommes dans un pays habitué à être tellement gouverné qu’on ne peut s’imaginer qu’il puisse y avoir un peu d’ordre et de sécurité avec moins de réglementation. » V, p.489

LIBRE-ÉCHANGE — Si l’étranger paie moins d’impôts que nous, c’est une raison de plus d’ouvrir en grand nos frontières : « Mais je vais bien plus loin : je dis que, plus nos impôts sont lourds, plus nous devons nous empresser d’ouvrir nos ports et nos frontières à l’étranger moins grevé que nous. Et pourquoi ? Pour lui repasser une plus grande partie de notre fardeau.

N’est-ce point un axiome incontestable en économie politique, que les impôts, à la longue, retombent sur le consommateur ? Plus donc nos échanges seront multipliés, plus les consommateurs étrangers nous rembourseront de taxes incorporées dans les produits que nous leur vendrons. » IV, p.51

 

« Aujourd’hui on décrète que le salaire de tel genre de travail sera fixé ; qui peut prévoir le décret de demain, celui d’après-demain, ceux des jours suivants ? »

LOI — Elle est spoliatrice quand elle prend aux uns pour donner aux autres : « Comment reconnaître la spoliation ? C’est bien simple. Il faut examiner si la Loi prend aux uns ce qui leur appartient pour donner aux autres ce qui ne leur appartient pas. Il faut examiner si la Loi accomplit, au profit d’un citoyen et au détriment des autres, un acte que ce citoyen ne pourrait accomplir lui-même sans crime. » IV, p.354

LOI — L’inflation législative désordonnée empêche d’entreprendre : « Quel est en ce moment le hardi spéculateur qui oserait monter une usine ou se livrer à une entreprise ? Hier on décrète qu’il ne sera permis de travailler que pendant un nombre d’heure déterminé.

Aujourd’hui on décrète que le salaire de tel genre de travail sera fixé ; qui peut prévoir le décret de demain, celui d’après-demain, ceux des jours suivants ? Une fois que le législateur se place à cette distance incommensurable des autres hommes ; qu’il croit, en toute conscience, pouvoir disposer de leur temps, de leur travail, de leurs transactions, toutes choses qui sont des Propriétés, quel homme, sur la surface du pays, a la moindre connaissance de la position forcée où la Loi le placera demain, lui et sa profession ? Et, dans de telles conditions, qui peut et veut rien entreprendre ? » IV, p.287

 

« L’objectif doit être de changer l’opinion publique »

OPINION — L’objectif doit être de changer l’opinion publique : « Non, non, l’obstacle n’est pas au ministère, c’est tout au plus là qu’il se résume. Pour modifier la pensée ministérielle, il faut modifier la pensée parlementaire ; et pour changer la pensée parlementaire, il faut changer la pensée électorale ; et pour réformer la pensée électorale, il faut réformer l’opinion publique. » VII, p.37

POLITIQUE — Difficulté de convaincre en politique : « Bon Dieu ! que de peine à prouver, en économie politique, que deux et deux font quatre ; et, si vous y parvenez, on s’écrie : « c’est si clair, que c’en est ennuyeux. » — Puis on vote comme si vous n’aviez rien prouvé du tout. » V, p.347

POLITIQUE ÉTRANGERE  — Principes sur la politique étrangère : « En abordant notre politique extérieure, je commencerai par établir nettement ces deux propositions, hors desquelles, j’ose le dire, il n’y a pas de salut. 1° Le développement de la force brutale n’est pas nécessaire et est nuisible à l’influence de la France. 2° Le développement de la force brutale n’est pas nécessaire et est nuisible à notre sécurité extérieure ou intérieure. De ces deux propositions, il en sort, comme conséquence, une troisième, et c’est celle-ci : Il faut désarmer sur terre et sur mer, et cela au plus tôt. » V, p.449

POLITIQUE ÉTRANGÈRE — Ce que le gouvernement devrait dire à son propos : « Oui, chacun chez soi, chacun pour soi, autant qu’il s’agit de force brutale. Ce n’est pas à dire que les liens des peuples seront brisés. Ayons avec tous des relations philosophiques, scientifiques, artistiques, littéraires, commerciales. C’est par là que l’humanité s’éclaire et progresse. Mais des rapports à coups de sabre et de fusil, je n’en veux pas.

Parce que des familles parfaitement unies ne vont pas les unes chez les autres à main armée, dire qu’elles se conduisent sur la maxime chacun chez soi, c’est un étrange abus de mots. D’ailleurs, que dirions-nous si, pour terminer nos dissensions, lord Palmerston nous envoyait des régiments anglais ? Le rouge de l’indignation ne nous monterait-il pas au front ? Comment donc refusons-nous de croire que les autres peuples chérissent aussi leur dignité et leur indépendance ? » V, p.467

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — C’est du communisme : « Mais le Communisme revêt une troisième forme. Faire intervenir l’État, lui donner pour mission de pondérer les profits et d’équilibrer les fortunes, en prenant aux uns, sans consentement, pour donner aux autres, sans rétribution, le charger de réaliser l’œuvre du nivellement par voie de spoliation, assurément c’est bien là du Communisme. Les procédés employés par l’État, dans ce but, non plus que les beaux noms dont on décore cette pensée, n’y font rien.

Qu’il en poursuive la réalisation par des moyens directs ou indirects, par la restriction ou par l’impôt, par les tarifs ou par le Droit au travail ; qu’il la place sous l’invocation de l’égalité, de la solidarité, de la fraternité, cela ne change pas la nature des choses ; le pillage des propriétés n’en est pas moins du pillage parce qu’il s’accomplit avec régularité, avec ordre, systématiquement et par l’action de la loi. » IV, p.515-516

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — C’est la chimère du jour : « La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres. » IV, p.355

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — Ces schémas sont oppressifs et gaspillent les richesses : « La loi, qui restreint le travail et les jouissances de tous au profit de quelques-uns, est une loi oppressive. Elle prend une certaine somme dans la poche de Jean pour la mettre dans la poche de Jacques, avec perte définitive d’une somme égale pour la communauté. » II, p.70

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — Cycle infernal de l’intervention de l’État dans les fortunes individuelles : « Aujourd’hui qu’on a admis en principe que l’État est institué pour distribuer la richesse à tout le monde, il est naturel qu’on lui demande compte de cet engagement. Pour le tenir, il multiplie les taxes et fait plus de misères qu’il n’en guérit.

Nouvelles exigences de la part du public, nouvelles taxes de la part de l’État, et nous ne pouvons que marcher de révolution en révolution. Mais s’il était bien entendu que l’État ne doit prendre aux travailleurs que ce qui est rigoureusement indispensable pour les garantir contre toute fraude et toute violence, je ne puis apercevoir de quel côté viendrait le désordre. » IV, p.309

RESPONSABILITÉ INDIVIDUELLE — Le problème des mesures socialistes est qu’elles l’attaquent : « Leur écueil naturel est dans le déplacement de la Responsabilité. Ce n’est jamais sans créer pour l’avenir de grands dangers et de grandes difficultés qu’on soustrait l’individu aux conséquences de ses propres actes.

Le jour où tous les citoyens diraient : « Nous nous cotisons pour venir en aide à ceux qui ne peuvent travailler ou ne trouvent pas d’ouvrage », il serait à craindre qu’on ne vît se développer, à un point dangereux, le penchant naturel de l’homme vers l’inertie, et que bientôt les laborieux ne fussent réduits à être les dupes des paresseux. Les secours mutuels impliquent donc une mutuelle surveillance, sans laquelle le fonds des secours serait bientôt épuisé. » VI, p.459

SÉCURITÉ — C’est le plus grand bien : « Pour une nation, la Sécurité est le plus grand des biens. Si, pour l’acquérir, il faut mettre sur pied cent mille hommes et dépenser cent millions, je n’ai rien à dire. » V, p.340

SÉCURITÉ — La France n’a rien à craindre si elle est fidèle au libre-échange et à la non-intervention : « Avec ces trois choses : libre-échange, non-intervention, attachement des citoyens pour les institutions du pays, une nation de 36 millions d’âmes n’est pas seulement invincible, elle est inattaquable. » II, p.308

 

« Puissent-ils se préserver longtemps de cette peste du socialisme ! »

SERVICES PUBLICS — Par nature, ils sont inefficaces : « Quels sont les modes d’activité humaine qui offrent le spectacle de la stagnation la plus complète ? Ne sont-ce pas précisément ceux qui sont confiés aux services publics ? Voyez l’enseignement.

Il en est encore où il en était au moyen âge. Il n’est pas sorti de l’étude de deux langues mortes, étude si rationnelle autrefois, et si irrationnelle aujourd’hui. Non seulement on enseigne les mêmes choses, mais on les enseigne par les mêmes méthodes. Quelle industrie, excepté celle-là, en est restée où elle en était il y a cinq siècles ? » II, p.478

SOCIALISME. — La France et le socialisme : « Puissent-ils se préserver longtemps de cette peste du socialisme ! » I, p.88

SPOLIATION — Entourée de beaux slogans, elle se développera dans le futur : « Je le dis sincèrement : je crois que nous entrons dans une voie où, avec des formes fort douces, fort subtiles, fort ingénieuses, revêtues des beaux noms de solidarité et de fraternité, la spoliation va prendre des développements dont l’imagination ose à peine mesurer l’étendue. » IV, p.432