Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry

11 septembre, 2015

Une bulle qui ruina le monde

« Une bulle qui ruina le monde » par G. Garrett
Revue de livre par Johan Rivalland

Comment l’ampleur des dettes souveraines mena à la Grande crise de 1929. Et comment les mêmes erreurs ont trop tendance à se perpétuer, alors qu’il est fondamental et pourtant simple de tirer les leçons du passé.

Christophe Jacobs, avec le soutien et les encouragements de l’Institut Coppet, a entrepris fort opportunément de traduire les chroniques éditoriales des années 1915-1932 de Garet Garrett, journaliste économique et directeur de journal influent de l’Amérique de ces années-là.

Une entreprise parfaitement bienvenue alors que le monde subit des chocs économiques violents à la suite d’erreurs qui ne devraient plus avoir lieu si on savait tirer les enseignements de l’histoire économique.

Présentation d’ensemble d’un ouvrage très pédagogique et clair, dont on ne peut que conseiller la lecture.

Les origines de la bulle

L’ordre de présentation des chroniques ne respectant pas une chronologie, mais plutôt une logique propre et cohérente, Garet Garrett commence (nous sommes en 1928) par dresser une cosmologie de la bulle. Une formule, en guise d’ouverture, résume bien l’idée-phare qui reflète la situation :

« Le Seigneur offre la croissance, mais les hommes ont élaboré le crédit. »

Et le phénomène n’est pas nouveau : G. Garrett se réfère, à titre d’exemple, à l’épisode resté tristement célèbre de la crise des tulipes apparu en Hollande au XVIIème siècle. Sauf que, cette fois-ci, le phénomène dépasse en ampleur tout ce qui avait pu précéder. Débiteurs et créanciers du monde entier ont, en effet, en même temps « poursuivi les mêmes mirages ». Bien plus encore, « la déraison du prêteur a dépassé l’extravagance de l’emprunteur ».

Ainsi, tout a commencé avec la Première Guerre Mondiale, qui s’est financée à crédit. Pour des montants qui ont conduit à des dettes effroyables, elles-mêmes ayant donné lieu à de nouveaux emprunts, portant sur d’immenses sommes d’argent en provenance à la fois du crédit interne, mais aussi et surtout du capital privé américain.

Or, une fois la guerre finie, non seulement le fardeau de la dette était incommensurable, mais il s’est encore accru d’année en année, chaque pays ayant tendance à penser, de manière très commode, que « la panacée pour soigner la dette est le crédit ». Au prix d’une dette effroyable, dont G. Garrett ne peut que s’inquiéter (je rappelle que nous ne sommes encore qu’en 1928).

Inquiétude insuffisamment partagée, puisque l’éditorialiste relève que l’état d’esprit général de l’époque est que « les gens ont droit à certaines améliorations de la vie. S’ils ne peuvent pas payer immédiatement, c’est-à-dire si ces améliorations ne peuvent pas être tirées de leurs propres ressources, la doctrine assume que les gens n’y ont cependant pas moins droit, et qu’il faut les fournir à crédit. Et de peur que cela ne paraisse déraisonnable, on ajoute en conclusion que, si le niveau de vie général devait s’élever par l’effet du crédit (…), alors les gens seront de meilleurs créanciers, de meilleurs clients, plus conviviaux, et ils seront enfin à même de payer leurs dettes volontairement ». Quelle naïveté… (pourtant aujourd’hui encore largement partagée). Et on connait d’ailleurs la suite…

Le processus n’est pas, non plus, sans rappeler la situation de la Grèce aujourd’hui :

« Comment les gens pourront-ils vivre comme ils ont appris à vivre, et comme ils ont le droit de vivre, sans les fruits du crédit ? Peut-on leur dire de revenir en arrière ? Ils ne reviendront pas en arrière. Ils se soulèveront d’abord. Telle est la rhétorique illustrant le point de vue émotionnel. Elle ne dit pas que, ce contre quoi les gens menacent de se soulever, c’est le remboursement de la dette issu du crédit englouti. Quant à ceux qui ont vécu à crédit au-delà de leurs moyens, la dette les dépasse (…) S’ils répudient leur dette, c’est la fin de leur crédit. Devant le dilemme, la solution idéale, donc celle également recommandée pour le créancier lui-même, est davantage de crédit, davantage de dettes. »

Garrett remarque en outre que la prospérité à crédit va à l’encontre de tout ce que la pensée économique avait pu démontrer jusque-là, reposant sur l’augmentation et l’échange de la richesse, le crédit n’en étant que le produit.

Une fantastique méprise dont le plus étonnant, selon G. Garrett, est le succès imaginaire reçu auprès de la finance internationale, persuadée que le commerce international s’en trouverait stimulé, résolvant ainsi le problème de la dette internationale. Un raisonnement et un mécanisme entièrement fondés sur la foi en les vertus des balances commerciales excédentaires… stimulées par le crédit (et un retour, d’une certaine manière, au mercantilisme, dont on aurait pourtant pu penser un temps qu’il resterait rangé parmi les échecs retentissants de l’histoire). Le principe : le crédit américain accordé aux pays européens, à même de pouvoir alors acheter les excédents américains et dégager à leur tour des excédents qui permettront de rembourser leurs dettes. Sauf que le crédit américain aux Allemands se transforme en crédit allemand aux Russes, etc. Une sorte de serpent qui se mord la queue. Avec pour résultat, en réalité, un nouvel accroissement des dettes et un effondrement mondial du commerce extérieur, aggravé par les mauvais réflexes protectionnistes dans ce genre de circonstances et avec ce genre de théories.

C’est l’époque où la Réserve Fédérale est créée (décembre 1913), jouant un rôle majeur dans le financement de l’Europe qui va avoir lieu. Et celle de la prise de conscience soudaine par les États-Unis de leur rôle de première puissance à la fois industrielle, mais aussi financière, avec « la plus belle machine de crédit du monde ». Et, pour la première fois au monde, d’une puissance amenée à « penser à l’échelle internationale », « premier signe avant-coureur de la méprise à venir », selon l’auteur. Celle qui conduit, pour des tas de raisons, notamment sentimentales, au développement immodéré des sources du crédit, chacun se sentant, à son niveau, une responsabilité vis-à-vis du Vieux Continent, y compris les citoyens américains par leur épargne, via le développement effroyable des obligations, produits quelque peu hasardeux dans le contexte de l’époque, que les banquiers ont écoulé massivement sans parcimonie ni sens de la mesure. Pire encore, un système délirant où, en définitive, l’appétit de création de crédit était si fort que les représentants des établissements bancaires de Wall Street sont allés jusqu’à solliciter massivement à travers le monde les demandes de crédit, grâce à un démarchage actif (souvent à l’aide de pots de vin), tandis qu’ils recouraient à des techniques de vente agressive auprès d’une clientèle de prêteurs fortement demandeuse aux États-Unis.

Tout ceci s’est fait en l’absence de réglementation. Et le jeu fut trouble, notamment avec l’Allemagne, dont les États-Unis ont finalement financé par l’emprunt le remboursement de ses dettes de guerre. Les Américains se sont, en quelque sorte, payés eux-mêmes.

« Que la dette ne doive jamais être remboursée, qu’elle puisse être indéfiniment reportée, qu’un pays créancier puisse se rembourser lui-même en augmentant progressivement les dettes de ses débiteurs, telle était la logique de cette illusion de crédit. »

Faisant le parallèle avec John Law et sa bulle du Mississipi, G. Garrett note que

« la faiblesse fatale du concept est que vous ne pouvez pas arrêter. Lorsque de nouveaux créanciers ne sont pas amenés à se présenter plus rapidement que les anciens créanciers demandent à être payés, la bulle éclate (…)  Il n’y a rien de nouveau dans le système. Ce qui est nouveau, c’est que pour la première fois le monde entier s’y est essayé. »

Anatomie de la bulle

G. Garrett s’intéresse ensuite aux mécanismes du crédit, moteur essentiel de l’économie, certes, mais qui parfois, en raison de certaines inconséquences ou projets fous (souvent publics) qu’il compare aux constructions des pyramides en Égypte (environ 100 000 hommes, rappelle-t-il, avaient été mobilisés d’autorité pendant vingt ans rien que pour celle de Khéops, faisant d’eux ensuite des « oubliés », tandis qu’ils auraient pu contribuer, pendant toutes ces années-là, à améliorer grandement le bien-être de la Société en étant affectés autrement), mène à un aveuglement et à des catastrophes effroyables.

Tel est le cas de la bulle de 1929, un type de pyramide invisible et éphémère, fruit d’une spéculation délirante et d’une fiction collective qui n’a eu pour effet, par une forme d’effet d’éviction, que d’engloutir le crédit de manière accélérée et incontrôlable, là où il aurait permis de grandes réalisations bien concrètes et utiles en termes de richesse réelle dans le pays. Avec l’issue que l’on connait, les « oubliés » étant tous ces petits épargnants qui, en retirant tous en même temps leur argent ont contribué à accélérer la chute des banques, quand il leur a seulement été possible de le récupérer…

G. Garrett explique ainsi, de manière très concrète et pédagogique la manière dont fonctionne le crédit. Un parfait cours d’économie pour qui veut s’instruire de choses qui lui échappent éventuellement.

Il cite d’ailleurs aussi, au passage, une autre pyramide invisible, très liée à notre actualité immédiate (et dont certains devraient tirer leçon), le soutien artificiel aux prix :

« Le Conseil Fédéral du Fermage a construit deux grandes pyramides dans l’agriculture, l’une dans le blé et l’autre dans le coton, et les a nommées stabilisation. Il utilisait le crédit du gouvernement, emprunté à la population, pour soutenir les prix du blé et du coton. Néanmoins, les prix du blé et du coton ne pouvaient que chuter, et le crédit fut perdu. Il y a eu toute une vague de pyramides portant le nom de la stabilisation. Des dizaines d’entre elles, publiques ou privées, ont été construites en utilisant le crédit dans un effort plus ou moins désespéré de soutenir les prix qui étaient destinés à chuter pour des raisons naturelles. »

Et il n’oublie pas, bien sûr, parmi toutes ces pyramides, d’insister surtout sur cette multiplication du crédit envers les pays étrangers évoquée plus haut, avec pour fin de contribuer aux débouchés pour le commerce américain et ses excédents, avec l’échec que l’on sait et l’incapacité à rembourser de certains pays, qui va faire plonger le système dans son ensemble…

La description du processus inverse à celui du crédit (qui vaut d’ailleurs son pesant d’or !) montre en détail, et de manière tout aussi concrète, comment la demande de récupération de son argent par « l’oublié » (le petit déposant) engendre une remontée en cascade de demandes de remboursements de crédit (pour un multiple de 10). Par un effet cumulatif, une spirale infernale se développe, entraînant un effondrement des actions (spéculateurs) et, pire encore, des obligations émises par les banques, qui entraînent leur chute. Des pages passionnantes à lire attentivement pour bien comprendre ce qui s’est passé exactement.

Ce sont ainsi 3635 (!!!) banques de toutes sortes, en 1930 et 1931, qui se sont trouvées ruinées et ont dû fermer, privant des millions de petits déposants de leurs économies sagement accumulées durant toute une vie de labeur. Un vrai drame et un vrai scandale…

L’inflation et la déflation du crédit ont mené aux mêmes maux et produit des misères similaires :

« L’inflation du crédit – frénésie, délire, enrichissement fantastique. La déflation du crédit – déclin, crise, honte. Un état succède à l’autre et on ne peut y échapper, car l’un est la cause et l’autre la conséquence ».

Le sauvetage de l’Europe

Le troisième chapitre du livre est très intéressant également. Il montre comment le plan Hoover destiné à sauver l’Allemagne de l’effondrement financier, en 1931 (« et éviter ainsi une catastrophe dont il était prévisible qu’elle affecte de manière désastreuse la structure de la finance internationale toute entière », ce qui nous rappellera ici aussi bien des choses…), outre les difficultés particulières de sa mise en œuvre, a suscité rapidement de l’amertume en Europe, y compris en Allemagne et s’est quasiment retourné contre les Américains (cela rappellera aussi l’ingratitude de la Grèce à l’égard de ses prêteurs et de l’Allemagne en particulier), accusés par les uns (les Allemands) de n’y voir que leur intérêt, par les autres (les Français) de se mêler de ce qui ne les regarde pas, en voulant une fois de plus donner des leçons aux autres ; tandis que les États-Unis se drapaient dans un voile d’auto-satisfaction et semblaient céder au mirage classique des bonnes intentions.

De surcroît, en seulement deux semaines, les 300 millions de crédit accordés avaient déjà été engloutis par l’Europe et surtout, les créanciers privés, pris de panique en constatant le besoin d’aide de l’Allemagne, rejoints en cela par les Allemands eux-mêmes, se mirent à fuir le Mark, risquant de conduire toute l’Europe à l’écrasement.

Il est alors apparu nécessaire de proposer très rapidement un second plan Hoover, triplant le montant de l’aide à l’Allemagne sans que cela ne résolve le problème de fond le moins du monde.

Et, comble de « malchance », d’autres crises (sauvetage de la Banque d’Angleterre, entre autres, victime notamment de la mauvaise gestion travailliste et ses budgets en déficit année après année, sous l’effet en particulier des largesses offertes en matière de prestations sociales) intervinrent aussitôt, conduisant les États-Unis à intervenir de nouveau, de manière de plus en plus massive. Un appel accru des Européens au crédit américain.

Et, une nouvelle fois, avec des réactions d’une vive hostilité de la part de la population, ne comprenant pas que les prêteurs n’acceptent d’accorder leur aide qu’en échange d’un effort de meilleure gestion de l’argent public. La Banque de Réserve Fédérale de New York était accusée de « mettre un pistolet sur la tempe » de l’Angleterre.

« Comment les populations arrivent-elles à ce niveau de déraison – comment le peuple Anglais y arrive-t-il, connaissant bien l’état d’esprit du créancier lui-même puisqu’il fut l’un des principaux créanciers du monde avant nous ? »

Telle est la question que se pose G. Garrett. Et tel est le constat que nous pouvons tirer nous-mêmes au vu de notre actualité de l’éternel recommencement des choses (et des erreurs).

Mais « la finance est égarée dans son propre monde. Elle ne sait ni comment aller de l’avant, ni comment retourner en arrière ». Et, dès lors, elle ne contrôle plus les événements, s’engage dans la fuite du crédit infini et de « la crédulité du créancier », et pire encore « adopte l’état d’esprit des masses dans la rue ».

C’est ainsi que la spirale du crédit s’est envolée à des niveaux incroyables et totalement déraisonnables, et a fini par être garantie non par les Européens mais les Américains eux-mêmes, « les pires prêteurs du monde » car prêtant « impulsivement, d’une manière émotionnelle, téméraire et non systématique », à partir de « ce sentiment étrange que nous sentons peser sur nous en permanence, de devoir sauver l’Europe ».

Pour quel gain ?

« En tout cas, pour commencer, ni l’amitié, ni la bonne volonté de l’Europe. Au contraire, nous avons inspiré à nos débiteurs en Europe un état d’esprit détestable envers nous-mêmes (…) Mais ce qui la rend bien pire en Europe et lui confère un sinistre poids politique, est la manière partiale dont elle est exploitée, non seulement par la presse et les politiciens, mais par des hommes d’État responsables, par les ministres des Finances qui n’arrivent pas à équilibrer leurs budgets, par les gouvernements quand il est nécessaire d’augmenter les impôts »

L’Histoire qui réchauffe toujours les mêmes plats, disais-je…

Ici, l’Allemagne qui paye ses dédommagements de guerre grâce à l’argent américain, dont les autres pays profitent pour payer les remboursements annuels de leurs propres dettes, le gouvernement américain ne récupérant qu’une petite partie de son propre argent.

« Mais si vous en parlez à un européen, si vous en parlez même à un de ceux qui en ont conscience, il est offensé. Très peu d’entre eux en ont vraiment conscience, d’ailleurs ; il est plus aisé de croire ce qu’ils entendent de la bouche de ceux qui exploitent l’état d’esprit du débiteur ».

Ressentiment qui s’est rapidement transformé en haine du « riche » et de ceux à qui on prête l’intention « d’asservir le monde avec leur or ».

En définitive, G. Garret qualifie d’absurdité cette idée du gouvernement américain de l’époque d’avoir voulu intervenir dans les affaires européennes (y compris la guerre).

« En moins de dix ans la finance a accompli une chose dont l’idée avait été rejetée par le peuple américain depuis un siècle et demi, à savoir le fait de s’immiscer à l’étranger ».
« Il existe en outre le danger que la pensée se dénature au point de conclure qu’une nation riche, seulement du fait qu’elle est plus riche que les autres, est obligée de disperser son excédent parmi les envieux et les moins fortunés. Cette idée, en effet, a été soutenue par de nombreux savants européens de l’économie politique. Mais ceux-ci ne voient pas, ou ils ne se soucient pas de ce que l’emprunt international tend ainsi à devenir téméraire et irresponsable, et surtout, de ce qu’il prenne ainsi une forme, évoquant la conception ancienne d’un pillage ».

Le sauvetage de l’Allemagne

G. Garrett considère ensuite le sauvetage de l’Allemagne sous l’angle du jeu européen, de la propagande allemande visant à organiser sa propre insolvabilité (il s’agissait, en réalité, de la troisième grande crise allemande) et susciter les aides et emprunts, de l’intervention des comités internationaux d’experts, des rivalités entre voisins européens et des grandes conférences internationales de crise, visant à trouver des solutions pour sauver l’Allemagne (qui n’entendait pas payer des indemnisations de guerre qu’elle considérait plutôt comme un tribut).

Un jeu complexe que je ne détaillerai pas ici, vous renvoyant au livre, afin d’éviter d’allonger trop encore cet article. Un jeu de dupes où l’Allemagne savait que les obligations « pourries » qu’elle avait émises abondamment se trouvaient répandues partout dans le monde (encore une fois un parallèle stupéfiant avec la Grèce d’aujourd’hui) et suscitait la panique de la finance internationale, contraignant le monde (et en particulier les États-Unis, bien sûr) à devoir une nouvelle fois intervenir, d’autant qu’on craignait que l’Allemagne ne tombe dans le giron communiste ou, avant même cela, déstabilise les pays voisins par une politique de dumping économique destructrice. Un ensemble de craintes sur lesquelles elle savait jouer, pour mieux refuser les concessions, préférant brandir ce genre de menaces en cas d’échec des négociations. Et les créanciers savaient, en outre, qu’ils avaient trop à y perdre en cas de répudiation de sa dette.

Menace à la fois sur la structure politique de l’Europe et sur la structure économique du monde. Voilà qui explique comment l’Allemagne a ainsi été une nouvelle fois renflouée de manière folle. Et son coup de maître aura été de n’avoir jamais payé, en réalité, d’indemnisations de guerre. « Elle a fait en sorte que le monde les paie pour elle ; elle a fait en sorte que les créanciers se paient eux-mêmes », avec au premier rang d’entre eux son pire ennemi, celui qui lui avait fait perdre la guerre. 

Et pendant ce temps-là, elle s’était bâti, avec l’argent des emprunts, un véritable empire industriel (le second au monde) et avait développé fantastiquement toute son économie, les logements, les équipements publics et sociaux, à la stupéfaction de ses voisins, faisant preuve d’inventivité et bâtissant, dans tous les domaines, des choses prodigieuses que même ses créanciers n’étaient pas en mesure d’acquérir.

L’utilisation de la poule aux œufs d’or

Dans le chapitre suivant, G. Garrett explique comment les États-Unis se sont trouvés en quelque sorte pillés de leurs réserves d’or (rappelons que nous sommes à l’époque de l’étalon-or). Nous sommes maintenant en 1932. Le sauvetage de l’Europe a coûté cher, mais s’est aussi accompagné vers une fuite bien plus forte que prévu des réserves d’or vers l’Europe, en raison du moratoire d’un an accordé sur les dettes, qui ne pouvait donc donner lieu à aucun remboursement en or, tandis que l’Europe, elle, exigeait le paiement en or de tous ses avoirs à New York, via la vente de ses obligations et actions américaines ; au moment où les banques américaines, elles-mêmes acculées face à l’agonie de leurs placements en Europe étaient contraintes de vendre leurs obligations américaines les mieux notées.

Mais, avec stupéfaction, on découvre que l’or est « détourné » surtout par… la France, qui détient ainsi rapidement la moitié du stock dont les États-Unis disposent eux-mêmes, pour une richesse nationale cinq ou six fois inférieure. Avec quelle intention ? Faire courir la rumeur (concurrencée en cela par la Grande-Bretagne) de l’effondrement financier imminent des États-Unis, et proclamer au monde entier la fin prochaine du système de l’étalon-or, pour mieux affirmer le rôle du franc en tant que véritable monnaie en or du monde. Édifiant.

S’en est suivi un début de panique, de vente massive de dollars dans certains pays, dont la valeur baissa, avant qu’on se rende compte que les rumeurs françaises étaient fausses.

Le réel objectif de la France était d’obtenir, par la négociation avec les Américains, le retour au plan Young tué dans l’œuf par les Allemands, l’effacement de ses dettes au Trésor Public des États-Unis (prises en charge par le contribuable américain) et la poursuite des indemnisations de l’Allemagne en sa faveur, voire le projet politique de ruiner celle-ci.

Un chapitre fantastiquement raconté et ici trop rapidement résumé, dont je vous conseille la lecture pour mieux comprendre la complexité du jeu et de la rivalité entre Français, Américains et Britanniques.

L’invention de l’or

G. Garrett revient ensuite sur l’essence de l’étalon-or, rappelant que l’or, parce qu’il est la moins instable des ressources (relative constance de l’approvisionnement et des efforts pour l’extraire, inaltérabilité du métal) constitue la référence la plus commode à cette époque. Mais il ne s’agit que d’une convention, de même que la valeur à laquelle il est fixé en tant que monnaie. Il n’est donc qu’une représentation formelle contingente. Et il n’a d’ailleurs pas toujours été considéré comme la monnaie de référence (et ne l’est plus aujourd’hui, comme on le sait), puisque à l’origine, par exemple, le dollar ou la livre-sterling étaient auparavant représentés en argent.

Toujours est-il que la convention de l’étalon-or porte sur le ratio entre le montant de crédit créé et la quantité réelle d’or, qui est, là encore, évolutif selon la vitesse d’accroissement du commerce mondial au regard de celle de l’offre d’or. L’auteur montre alors comment la fonction moderne de l’or consiste donc à « limiter la quantité de monnaie et de crédit qui pourrait éventuellement être créée et mise en circulation intentionnellement et de façon irresponsable ».

Le problème vient lorsque la créativité en matière d’apparition de nouvelles formes de crédit atteint un niveau tel que, par une sorte de leurre et d’illusion collective conduisant à ce que « tout le monde puisse devenir infiniment riche par le biais de la dette infinie », on aboutit à une situation comme celle de 1928 et 1929. D’où l’importance de la définition de la convention sur l’or, qui doit agir comme une sorte de garde-fou. La confiance à l’égard des dépôts, du crédit, des obligations ou de la monnaie-papier en dépend. Mais l’auteur est très pessimiste sur la propension collective à retrouver les mêmes démons, et est convaincu que de telles crises se renouvelleront immanquablement ; l’histoire nous le prouve effectivement.

En cas de rupture de la confiance, c’est alors le développement de l’inflation, puis l’effondrement, avec une concurrence aiguë qui se développe entre les différents acteurs, États comme particuliers, pour rechercher l’or en tant que valeur-refuge. D’où l’importance d’une règle de bon sens dont la description fait ici penser un peu à la proposition de Milton Friedman d’une règle de progression de la création monétaire au rythme de la création réelle de richesse, sans qu’elle soit définie de manière aussi stricte.

Le livre des amortissements

Le dernier chapitre, le plus long, mais que je ne présenterai que très brièvement en raison de la longueur de cet article, porte sur l’émission des Liberty Bonds, les obligations ayant permis aux Alliés, ruinés et au bord de la défaite, de financer à partir de 1917 la reconquête et la fin de la guerre, puis le secours après-guerre et la reconstruction. Pour le montant prodigieux de près de 11 milliards de dollars de l’époque (à multiplier par 100 pour avoir une idée approximative en dollar actuel).

Ce chapitre est l’occasion d’assister à quelques échanges passionnants au Parlement et au Sénat américains lors des discussions sur l’émission de ces obligations, de voir avec quelle générosité, absence de garanties et une totale liberté d’utilisation, ces prêts ont été consentis, par le contrat (donc de manière très claire et non contestée à l’époque), et de constater avec quelle mauvaise volonté et mauvaise foi ultérieure ont réagi les Européens lorsqu’il s’est agi, après-guerre, d’en venir à la période des remboursements. Ce qui permet d’apporter un éclairage supplémentaire aux chapitres précédents (et d’observer, une nouvelle fois avec notre expérience d’aujourd’hui, le caractère immuable de cette mauvaise volonté de la part de certains emprunteurs a posteriori).

La liberté d’utilisation offerte a notamment induit des comportements inattendus, comme l’utilisation, par des mécanismes sophistiqués, d’une partie des sommes prêtées, non pour le financement de la guerre elle-même, mais le soutien de la livre-sterling comme monnaie de référence. D’où les conflits diplomatiques que cela a occasionné après-guerre et le développement de relations particulièrement tendues, faites d’amertumes et de rancœurs, que l’on peut observer à la lecture.

Une tentative de coalition entre Alliés européens a visé, de manière particulièrement insidieuse et pernicieuse, chacun promettant à l’autre l’effacement de leurs dettes mutuelles en cas de réussite, à obtenir des États-Unis un effacement total des dettes, avec au centre de ce jeu de dupes, une Grande-Bretagne manipulatrice et de fort mauvaise foi, face à un prêteur unique et universel, les États-Unis, qui était allé jusqu’à devoir payer ses propres interventions et envoi d’hommes en Europe dans la dernière période de la guerre, tandis qu’il faisait crédit dans le même temps à tous ses débiteurs de toutes leurs opérations sur son territoire.

Et l’Amérique était considérée comme cupide du simple fait qu’elle escomptait bien le remboursement des dettes envers son Trésor Public par ceux-là même qu’il ne dérangeait pas dans le même temps de faire appel de manière continue et irrationnelle au grand réservoir de crédit privé de Wall Street pour tout ce qu’ils voulaient, sans retenue.

Les arguments fallacieux et tentatives d’arrangement se sont ainsi succédé pour tenter de justifier le non remboursement.

Il fallut finalement faire appel aux procédures d’arbitrage et les menaces d’interdiction d’emprunts nouveaux pour obtenir tardivement gain de cause, ce qui ne se fit qu’avec réticence et uniquement les dettes postérieures à l’armistice. Mais cela n’empêcha pas la mauvaise foi de continuer, les Américains étant accusés d’entraîner la ruine de l’Europe, alors même que pour un dollar remboursé, ce sont trois dollars qui étaient nouvellement prêtés.

Qu’est-ce qui, donc, avait pu expliquer tout ce ressentiment des européens à l’égard des États-Unis, grands perdants de cette intervention durant la guerre ? « (…) l’accession soudaine à une position de puissance dominante » de ceux-ci.

« La domination mondiale avait été pendant des siècles l’un des attributs incontestés en Europe ; puis au beau milieu d’une querelle meurtrière concernant la question de savoir quel membre européen l’obtiendrait ensuite, le pouvoir de domination a lui-même disparu. Il est réapparu sur un autre continent, en dehors d’atteinte de toute conquête (…) Quelles étaient donc ces dettes, sinon un rappel amer des attributs perdus de l’Europe ? »

Garet Garrett, Une bulle qui ruina le monde, CreateSpace Independent Publishing Platform, Institut Coppet, traduit par Christophe Jacobs, janvier 2015, 216 pages.


La réflexion du jour

L’industrie des énergies renouvelables et du changement climatique est devenue un business de 1500 milliards par an ! C’est l’équivalent de l’activité économique de l’ensemble du secteur américain à but non lucratif, ou toutes les économies générées depuis 10 ans par l’utilisation des médicaments génériques. En comparaison, les revenus annuels tant décriés de Koch Industries s’élèvent à environ 115 milliards de $ et ceux d’Exxon Mobil autour de 365 milliards de $.--- Paul Driessen

10 septembre, 2015

La réflexion du jour

Pas de réchauffement depuis 18 ans, aucun ouragan de catégorie 3 à 5 n’ayant ravagé les États-Unis depuis 10 ans, une montée des eaux atteignant à peine 15 cm en un siècle : les modèles informatiques et les discours hystériques sont sans cesse contredits par les faits du monde réel.--- Paul Driessen

09 septembre, 2015

La réflexion du jour

Pourtant, prétendre que les États modernes sont « publics » n’est qu’une vue arbitraire de l’esprit. Tous les fonctionnaires qui y travaillent prennent des décisions en fonction de leur salaire, de leur quête de plaisir ou de reconnaissance, de leurs préjugés, de leur agenda personnel ou de leur recherche d’avancement. Tout cela est très « privé » et inégalitaire.--- Gabriel Lacoste

La réflexion du jour

Par exemple: malgré les dizaines (centaines?) de milliards de dollars qu’on a engouffrés dans l’éducation depuis la réforme des années Soixante, 53% des Québécois ne savent pas lire suffisamment pour comprendre un article de 300 mots du Journal de Montréal (ici). Probablement ni écrire ni compter, évidemment. Solution envisagée: plus de ressources.--- Mario Roy

08 septembre, 2015

La réflexion du jour

Si les gens souhaitent utiliser les services de cette application géniale (ndlr Uber), rien ne peut l’empêcher. On contourne ainsi les services des répartiteurs, qui deviennent en quelque sorte des allumeurs de réverbères modernes parce qu’une nouvelle technologie les remplace avantageusement. Et les réglementations de l’État aussi semblent inutiles.--- Youri Chassin

07 septembre, 2015

Le nouvel âge digital

Comment internet changera-t-il notre futur ?

Revue de livre par Valentin Weber.

Comment internet changera-t-il notre futur ? C’est la question fondamentale posée par Jared Cohen et Éric Schmidt de Google. Chacun d’eux apporte une expérience unique au livre : Éric Schmidt sur le versant technologique et Jared Cohen dans le domaine des affaires étrangères.

Aujourd’hui plus de 2,5 milliards de personnes sont connectées à Internet et plus de 5 milliards sont propriétaires d’un téléphone mobile. En d’autres mots, davantage de personnes sont en possession d’un portable que d’une brosse à dents. Cela leur permet d’augmenter leur productivité et leurs connaissances de manière considérable. « Un enfant qui ne peut pas être présent à l’école à cause de raisons sécuritaires, de la distance ou des frais de scolarité aura une connexion au monde de l’éducation s’il a un portable ». Il détient la totalité des informations mondiales dans sa main. Cela n’avait jamais été le cas dans l’histoire de l’Homme.

Avec l’augmentation de la connectivité notre vie quotidienne devient de plus en plus virtuelle. Cohen et Schmidt maintiennent que nous vivons et vivrons dans deux mondes, l’un physique et l’autre virtuel, s’influençant eux-mêmes mutuellement.

Des plateformes virtuelles comme Facebook ou Twitter faciliteront l’organisation de rassemblements de citoyens ou même des révolutions. Cependant, comme l’a dit Henry Kissinger, ancien ministre des Affaires étrangères des États-Unis, qui a été interviewé pour ce livre, « le leadership c’est un trait intrinsèque de l’Homme et ne peut pas être reproduit par la communauté des médias de masses… Les citoyens habilités connaissent la technique de rallier les citoyens dans la rue, mais ils ne savent pas quoi faire avec eux lorsqu’ils sont dans la rue. »

Le citoyen a d’autant plus de pouvoir avec son portable. Il peut filmer la corruption, signaler les incidents, des raids ou bien des injustices. Cohen et Schmidt évoquent l’exemple des élections générales au Pakistan en 2013. Lors de cet événement, 15.000 observateurs électoraux utilisaient des applications mobiles pour dénoncer immédiatement des irrégularités de scrutin.  Tous ces développements changeront le comportement des États.

Les auteurs avertissent d’une « balkanisation » possible d’Internet. C’est-à-dire que des États individuels ou des groupes d’États formeront des alliances pour établir leur propre Internet. Dans cette vision, le flux des informations sera limité majoritairement au flux intra-étatique à cause de la censure nationale. Il pourra y avoir un Internet américain, français ou même un Internet motivé par les idées religieuses ou idéologiques partagées. Nous pourrions imaginer par exemple un Internet sunnite ou chiite qui filtrera toute information défavorable au gouvernement. Les pays démocratiques de leur côté formeront des unions pour prévenir la diffusion, la technologie de filtrage aux pays plus pauvres et pour propager leur vision d’un Internet libre.

Selon les auteurs, Internet pourrait aussi optimiser les instruments de la politique étrangère des petits pays, généralement moins puissants à cause de leur taille. Des États comme l’Estonie ou la Suède qui sont des pays fortement connectés et qui disposent de la technologie la plus avancée pourraient exporter cette technologie, leur expérience. Ils pourraient assister aux cyberguerres contre des pays très éloignés et aussi contribuer à travers le soutien technologique aux missions de maintien de la paix de l’ONU. Le proverbe de Napoléon, que « la politique des États est dans leur géographie », sera partiellement mis en cause par les possibilités qu’Internet ouvre aux petits ou moyens États en élargissant leur radius d’influence politique.

Toutes ces prédictions individuelles sont bien évidemment intéressantes, mais quel est le message plus large que ce livre apporte ? Nous évoquons souvent comment Internet devient de plus en plus important et partie intégrante de notre vie et que cela aura des conséquences positives et négatives. Le débat dans les médias est trop souvent limité aux nouveaux gadgets comme le Google Glass ou l’Apple Watch ou bien aussi l’espionnage de la NSA, l’agence nationale de sécurité américaine. 

Récemment les citoyens français ont appris que des hauts fonctionnaires et les plus grandes entreprises françaises ont été surveillés par les Américains. Pourtant les médias ne couvrent que rarement l’image plus grande de la connectivité et la politique d’Internet. Le livre de Cohen et de Schmidt nous ouvre les yeux sur cet aspect.

Pour eux, 5 milliards de propriétaires de portables ne se traduit pas seulement par une augmentation de la production économique. Ils y voient plutôt une situation inédite dans l’histoire de l’Homme. Si la progression de la connectivité s’accroît à la même vitesse que jusqu’à maintenant, la quasi-totalité de la population mondiale aura rejoint le débat global. Il y aura des milliards d’idées de plus, qui pourront améliorer la vie quotidienne de nous tous. En d’autres mots, nous vivrons bientôt dans le nouvel âge digital, où pour la première fois dans l’histoire nous serons capables de recueillir l’innovation et les pensées de tous les Hommes à travers un moyen : Internet.

Jared Cohen, Eric Schmidt, The New Digital Age, éd. John Murray, 353 pages
—


La réflexion du jour

Les gestes « audacieux » et immédiats se vendent mieux à un public rationnellement ignorant et inspiré par la peur, même si les bénéfices à court terme découlent exclusivement de leur apparence plutôt que de leur contribution effective à la solution d’un problème. Le politicien lui-même trouvera plus facilement dans ces gestes le moyen de s’arroger le crédit, que de solutions marchandes plus productives mais indirectes.--- Jean-Luc Migué

05 septembre, 2015

La réflexion du jour

Bureaucrates, politiciens, écolos et leurs haut-parleurs dans les médias s’emploient à terroriser la population pour lui faire digérer l’intervention massive de l’État. La mortalité attribuée de façon absurde au smog sert à justifier le gaspillage gigantesque de ressources dans les moulins à vent et le transport en commun. Dans un monde d’ignorance rationnelle, les activistes peuvent rêver de nous imposer l’impossible Kyoto sous prétexte qu’il nous épargnera la dévastation future.--- Jean-Luc Migué

04 septembre, 2015

Pourquoi l’Amérique dominera le XXIe siècle

Sur un essai signé Johan Van Overtveldt, ministre des finances en Belgique.

Revue de livre par Thierry Godefridi.

« Quiconque vous dit que l’Amérique est en déclin et que notre influence a décru, ne sait pas de quoi il parle », déclara le Président des États-Unis dans son discours sur l’état de l’Union en2012. Pourtant les sceptiques abondent qui, même dans la presseet les universités américaines, s’accordent sur l’inéluctabilité del’accession de la Chine au rang de première puissance mondiale,les avis ne divergeant que sur la date de cette accession,généralement située entre 2030 et 2050.

C’est à contre-courant de cette quasi-unanimité sur le déclin de l’Amérique que s’inscrit Johan Van Overtveldt, journaliste et écrivain, Docteur en sciences économiques, actuellement ministre belge des Finances, dans son livre A Giant Reborn, Why the US Will Dominate the 21st Century publié chez Agate Publishing aux États-Unis.

Après l’euphorie de la chute du mur de Berlin et un sentiment de fin de l’Histoire, le doute quant à l’avenir de la puissance américaine s’est installé lors de la crise financière de 2008. Or, prédit Johan Van Overtveldt, les évolutions technologiques, économiques, sociales et politiques des prochaines décennies induiront le changement d’une manière plus rapide et plus intense que jamais auparavant et, pour s’adapter à ce turbo-changement, aucun autre pays au monde n’est aussi bien équipé que les États-Unis. Ces derniers ont l’innovation et la destruction créatrice propre au capitalisme de marché inscrits au plus profond de leur patrimoine génétique alors qu’en Chine et dans l’Union européenne, autres principaux protagonistes, divers groupes de pression visant à maintenir le statu-quo disposent d’une telle influence qu’ils bloquent la destruction créatrice et enrayent la croissance économique.
Van Overtveldt identifie trois facteurs de turbo-changement : un accroissement des connaissances par le capital humain, une dynamique mondiale en faveur de l’esprit d’entreprise et grâce à l’esprit d’entreprise, et la globalisation.
La notion de capital humain remonte à aussi loin que l’apparition de la théorie économique, au XVIIe siècle, et regroupe, selon la définition qu’en a donnée Ben Bernanke, l’ancien Président de la Banque centrale américaine, cité par Van Overtveldt, « un amalgame d’éléments touchant à l’éducation, l’expérience, la formation, l’intelligence, l’énergie, les habitudes de travail, la fiabilité et l’esprit d’initiative qui affectent le rendement marginal d’un travailleur. » Pour souligner l’importance de cette notion dans le processus de croissance économique, l’auteur de A Giant Reborn se réfère aux travaux de deux chercheurs de l’Université de Chicago, Jorgenson et Fraumeni, qui estimèrent l’accumulation de capital humain aux États-Unis entre 1948 et 1984 à cinq à dix fois la valeur du capital physique.

En ce qui concerne l’esprit d’entreprise, la faillite du modèle soviétique devrait suffire à convaincre chacun de l’importance de l’initiative entrepreneuriale dans le processus de croissance économique. L’Union soviétique et ses satellites eurent beau s’enorgueillir de systèmes d’enseignement de qualité, le fait qu’ils soient intégrés dans un modèle politique et économique – le socialisme ou le communisme – constituant l’antithèse de l’entrepreneuriat n’a pas permis à ces systèmes d’enseignement de sauver le modèle en question de la déliquescence. L’esprit d’entreprise ne peut se déployer, avance Van Overtveldt, que dans une société caractérisée par un État de droit, la protection de la propriété privée, un système bancaire et financier pleinement fonctionnel et un cadre fiscal et réglementaire propice à l’activité entrepreneuriale, sans qu’il ne faille bien sûr sous-estimer les affinités philosophiques et culturelles à son égard dans ladite société (certaines personnes sont naturellement plus enclines à entreprendre et à réussir).
Si le bien-être économique d’une société dépend de l’interaction entre ces deux aspects essentiels que sont le capital humain et l’esprit d’entreprise, la globalisation, que Van Overtveldt définit comme le phénomène d’intégration mondiale au travers des flux de biens, de capital et de personnes ainsi qu’au travers du partage des connaissances et des transferts de technologie, ajoute une troisième dimension au processus de turbo-changement. L’auteur argue de l’irréversibilité de la globalisation en citant Gideon Rachman du Financial Times qui écrivit : « il serait moralement douteux d’essayer d’améliorer les standards de vie occidentaux en sapant une tendance économique qui a arraché des centaines de millions de gens à la pauvreté de par le monde en voie de développement. »

Par son approche analytique et objective (loin de tout esprit partisan), concise (l’ouvrage ne contient que 224 pages dont une cinquantaine est consacrée à la bibliographie, à des notes et à un index) et claire (du point de vue du langage et de la structure), A Giant Reborn, Why the US Will Dominate the 21st Century constitue un ouvrage essentiel pour comprendre le monde d’aujourd’hui et appréhender celui de demain. (Cette chronique en poursuivra d’ailleurs la recension dans un prochain article consacré au cas de la Chine.)

§  Johan Van Overtveldt, A Giant Reborn, Why the US Will Dominate the 21st Century, Open Letter, 224 pages.
—


La réflexion du jour

À l’approche de la conférence de Paris qui accueillera en décembre les représentants de tous les pays pour lutter contre l’évolution du climat, nombreux sont ceux, individus et associations, qui souhaitent exprimer leur préoccupation devant la propagande actuelle qui impose une véritable panique. La peur irrationnelle qui nous est quotidiennement distillée est l’œuvre d’une bureaucratie climatique dont l’intérêt objectif est d’aller toujours plus loin dans l’outrance et les prophéties de malheur. Pour lui faire face, il est aujourd’hui lancé le Collectif des climato-réalistes, qui regroupe individus et associations rassemblés derrière un même projet : favoriser le retour à la raison dans le regard commun sur le climat.--- Skyfall

03 septembre, 2015

La réflexion du jour

L'establishment scolaire ne cesse de dire qu'il faut placer l'élève au centre des préoccupations du système alors que, dans les faits, c'est l'intérêt des enseignants syndiqués qui fait l'objet de toutes les attentions. Tant que les enfants et leurs parents n'auront pas le pouvoir de choisir et seront traités comme les récipiendaires des largesses de l'État plutôt que comme des clients, il y a fort à parier que les syndicats continueront d'avoir la main haute sur l'éducation de ceux qui feront l'avenir du Québec.--- Adrien Pouliot

02 septembre, 2015

La réflexion du jour

Tout cela suppose, en filigrane de repenser profondément l’État qui n’aura plus vocation à assurer, encadrer, certifier le quotidien. Il devra faciliter les activités, permettre au secteur entrepreneurial d’être dynamique et inventif, créatif et créateur. Il devra se faire plus léger et organiser la fluidité des activités économiques et sociales (concept cher à William Baumol).----Erwan Le Noan

01 septembre, 2015

La réflexion du jour

En gros, ça prend un patron. Quelqu’un qui évalue, embauche et qui peut congédier. Tous ne sont pas faits pour enseigner et tous n’ont pas ce qu’il faut pour diriger une école. Dans un monde où personne n’est responsable, où c’est la commission scolaire qui décide de tout, où tout devient une corvée à saveur bureaucratique, où les priorités des milieux sont sacrifiés à l’hôtel de l’uniformisation des processus administratifs, peut-on seulement imaginer qu’on mérite mieux? Au ministre de régler ça: autonomie, souplesse, liberté d’établir des liens et de faire participer le milieu et la communauté, relation privilégiée entre la direction de l’école et les parents dans les cas extrêmes, etc.--- Joanne Marcotte

31 août, 2015

L'hôpital public doit être géré comme une entreprise privée

Pour des raisons de coût et d'efficacité et pour garantir l'accès aux soins de qualité à tous, l'hôpital public doit être géré de la même façon qu'une entreprise privée, du moins pour ceux qui voudraient éviter une médecine à deux vitesses généralisée.


La réflexion du jour

Les créations de richesses réelles – et d’emplois – venant toutes des entreprises (nous savons aujourd’hui qu’un emploi public coûte au moins 1,5 emploi privé), il faudrait donc avoir pour priorité de faciliter autant que possible le travail de celles-ci.--- Pascal Comas

29 août, 2015

La réflexion du jour

Ne nous y trompons pas. C’est bien de cela dont il s’agit. Tant que la défense de la cause pouvait servir les intérêts des FTQ, CSN et compagnie, tout était pour le mieux. Maintenant que la population veut passer à autre chose – peut-être a-t-elle finalement compris que l’adhésion de certains groupes corporatistes au projet de pays se résumait à augmenter leurs privilèges? – les « sauveurs » et la convergence extrême ne suffisent plus.--- Joanne Marcotte

28 août, 2015

« Libéral mais non coupable » de Charles Gave

Un essai stimulant sur les origines de la crise de 2008 et le poids de l’interventionnisme public, qui peut parfois mener aux pires catastrophes.

Revue de livre par Johan Rivalland.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, à la lecture de son titre, ce livre est loin d »être une apologie du libéralisme ou quoi que ce soit qui puisse s’y assimiler. Je dirais même que, libéral ou pas, chacun peut avoir intérêt à le lire, pour y trouver une leçon d’économie contemporaine tout à fait intéressante et digne d’intérêt, propice à la réflexion puis sujette à discussion.

Certes, son auteur, économiste et financier international ne se cache pas d’être un libéral convaincu et entend bien exprimer en quoi il estime ne pas avoir à s’en sentir fautif, ni coupable de quoi que ce soit. Mais son ouvrage permet surtout d’y voir beaucoup plus clair sur le scénario fou qui a précipité le monde dans la crise économique. Sans qu’il fasse une fixation sur le libéralisme en tant que tel, dont il parle bien peu en réalité.

De l’interventionnisme public à la crise financière et économique

Ainsi, avec un grand sens de la pédagogie, Charles Gave nous révèle une série de paradoxes qui sont à l’origine des dérèglements du marché.

Premier paradoxe, pour un libéral proclamé, l’auteur nous explique pourquoi la monnaie se doit d’être considérée selon lui comme un bien public, de par les trois fonctions économiques de base qui sont les siennes. Partant de là, et c’est le second grand paradoxe, c’est un gouvernement démocrate, en l’occurrence celui de Bill Clinton, qui a privatisé la monnaie en 1999 en abolissant le Glass Steagall Act, pourtant adopté en 1938 pour tirer les enseignements de la crise de 1929, en séparant obligatoirement les activités des banques de dépôts et celles des banques d »affaires, ces dernières assurant traditionnellement leur prise de risque sur leurs propres fonds.

La raison : le lobbying des banques classiques, confrontées au déclin face à l’invention des fonds de trésorerie, et le vote d’une loi distordant la concurrence par les démocrates, pour honorer une promesse faite en échange de paiement des frais de campagne électorale (!). Il s’en est suivi une période de création monétaire folle et incontrôlée, doublée d’une fragilisation du système économique, les dépôts des épargnants étant mis en danger tandis que plus aucune morale n’intervenait dans l’échelle des rémunérations des banquiers.

S’y est ajoutée ensuite une seconde erreur de politique économique, cette fois de la part de Mr. Greenspan, ayant trop tardé et trop peu à remonter le niveau des taux d’intérêt après la reprise économique du printemps 2002 consécutive aux attentats de septembre 2001. Une spirale spéculative s’est alors développée, entraînant une accumulation de dettes partout dans le monde et une dépréciation du dollar.

Un marché comme devenu fou, sous l’effet de deux erreurs de politique économique, autrement dit de l’interventionnisme public. Et comme tout est toujours inter-imbriqué en économie, c’est ensuite à la crise financière asiatique des années 1990 que Charles Gave remonte, montrant comment l’interventionnisme via le choix d’un taux de change fixe par rapport au dollar a, là encore, fait dériver le système et est également en partie à l’origine de la crise actuelle.

Puis, à travers différents chapitres successifs, l’auteur nous invite à un voyage à travers la planète, au cours duquel il nous explique en quoi selon lui l’euro s’est avéré être un désastre pour nos économies (une explication qui vaut son pesant d’or), puis en quoi certains pays de l’ancien bloc communiste ont compromis leur économie en cédant à la facilité de l’emprunt massif en monnaies étrangères, les menant à la même situation de grave crise que la Thaïlande en 1997, sans oublier le lourd problème des systèmes de retraites.

Le rôle des banques et des politiques dans la crise financière de 2008

La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée aux origines de la crise financière de 2008, due aux excès de prêts et de création monétaire de la part des banques, compromises dans des dissimulations et mensonges massifs, avec la complicité des banques centrales, ainsi que des autorités de contrôle, agences de notation et pouvoirs politiques, qui n’ont pas joué leur rôle.

Remontant à la dépression des années 1930, Charles Gave montre comment sont nés, sous l’impulsion de Franklin Roosevelt, Fanny Mae et Freddy Mac, conduisant à des distorsions du marché des capitaux, les deux organismes se conduisant par ailleurs comme deux des plus puissants lobbies américains, avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer (corruption généralisée, fonds propres insuffisants, abus de position dominante, faveurs, etc.), à côté desquels notre épisode du Crédit Lyonnais ne constituerait qu’une « aimable plaisanterie » selon l »auteur.

D’où, dans les années Clinton, l’injonction faite aux banques de prêter aux minorités en vue de leur permettre d’accéder à la propriété, intention louable dont on sait aujourd’hui qu’elle a conduit à l’envolée des prix de l’immobilier aux États-Unis, à une spéculation démesurée et des niveaux ridiculement bas des taux d’intérêt, entraînant à leur tour une envolée de la masse monétaire, une titrisation des dossiers pourris, avant le scénario du désastre que l’on connaît.

De manipulations en manipulations (publiques), le système a complètement dérivé, faussant totalement les mécanismes du marché, conduisant ainsi à la fameuse « présomption fatale », Charles Gave s’appuyant sur le concept issu de la pensée hayékienne pour montrer comment les nobles intentions des élites auto-proclamées (Davos) censées régir le monde ont conduit au désastre.

Sources d’espoir et d’inquiétude pour l’avenir

Enfin, dans une troisième partie, à travers une analyse plus spécifiquement centrée sur la crise actuelle, ainsi que sur les éléments de démographie disponibles et les principes de la destruction créatrice (Schumpeter étant l’économiste préféré de l’auteur), présente les sources d’espoir ou d’inquiétude, quant à l’avenir proche et plus lointain, en s’appuyant sur la situation de chaque pays.

Nous sommes, nous dit-il, à l’orée d’une révolution à la fois économique, démographique, technologique, énergétique et organisationnelle, dont l’importance est tout à fait comparable dans son ampleur à celle du XIXème siècle. De notre capacité à passer à une économie de la connaissance, refonder notre système éducatif et révolutionner notre économie dépendront ses résultats.

Un ouvrage vif, passionnant et stimulant. Même s’il remonte à 2009, il n’a rien perdu de sa vigueur et constitue une très bonne source pour tenter d’y voir plus clair dans les débuts de la crise et les éléments liés à l’histoire de l’économie.

À conseiller à tous les esprits ouverts, pour inviter à un débat des plus intéressants. On peut aussi retrouver des chroniques plus récentes de Charles Gave sur son site l’Institut des Libertés.

Charles Gave, Libéral mais non coupable, François Bourin Éditeur, septembre 2009, 152 pages.



La réflexion du jour

Est-il raisonnable de sacrifier 2931 emplois et 367 millions de dollars d’activité économique pour la sauvegarde, par ailleurs incertaine, de 96 caribous par année au Québec? C’est pourtant ce qui risque de se produire si le gouvernement freine davantage l’exploitation forestière pour protéger cet animal, selon une Note économique publiée aujourd’hui par l’IEDM.

27 août, 2015

La réflexion du jour

Nicolas Girard n’a pas été mis dehors parce que c’était un séparatiste, mais plutôt parce qu’il était incompétent.  Voici ce qui est arrivé à l’AMT sous sa direction (2 ans):
  • Les coûts d’exploitation ont augmenté de 11,8%.
  • L’achalandage n’a augmenté que de 2,0%.
  • Les revenus autonomes ont baissé de 0,6%.
  • Le déficit accumulé a été de 95,2 millions de dollars.
Bref, comme beaucoup de péquistes, Nicolas Girard était nul avec les chiffres et c’est pour cette raison qu’il a enfin été dégommé.  Nicolas Girard n’a pas été victime de l’intolérance de Philippe Couillard, mais de sa propre incompétence. --- Antagoniste

26 août, 2015

La réflexion du jour

La hausse du niveau de vie et la longévité depuis deux siècles résultent du capitalisme, nonobstant la vision négative que les gens nourrissent à son endroit. L’État étant un mal nécessaire, le correctif qui s’impose, révélé par l’histoire du dernier demi-siècle, est que les règles constitutionnelles circonscrivent rigoureusement le Québec dans sa fiscalité et ses régulations.--- Jean-Luc Migué

25 août, 2015

La réflexion du jour

La fonction publique du Québec emploie le même nombre de personnes que la Californie. La cause déterminante de notre retard se trouve ainsi identifiée : Les études démontent universellement que la relation entre le rythme de croissance de l’économie et la taille de l’État est négative.--- Jean-Luc Migué

24 août, 2015

L’État est mort, vive l’État ! de Charles Gave

Un ouvrage instructif, sur le social-clientélisme et ses effets, et en même temps plein d’espoir sur ce qui peut théoriquement être fait (mais par qui et dans quels délais ?).

Revue de livre par Johan Rivalland.

C’est toujours un plaisir d’entendre Charles Gave s’exprimer dans les médias. Faute de pouvoir lire un nouvel ouvrage plus récent, puisque l’économiste et entrepreneur explique lui-même que son vrai métier n’est pas d’écrire des livres, revenons-en à l’un de ses ouvrages, le dernier je crois, sorti en 2010, et qui décrit aussi parfaitement ce qu’il s’est passé depuis, qui était parfaitement prévisible donc, de même que ce qui est en train de se dérouler et ce qui va probablement se passer d’ici peu.

Un ouvrage que l’on peut qualifier non pas de visionnaire, mais plus simplement d’avisé. Écrit par un auteur qui ne fait qu’observer et analyser (puis proposer), à partir d’éléments et de statistiques accessibles à tous, la démagogie et les œillères en moins, contrairement à tous ceux qui sont soit impliqués en politique ou dans leurs intérêts propres, soit idéologisés (dans le mauvais sens du terme). Un constat doublé d’une vision d’économiste (dont on sait, et l’auteur ne manque pas de le rappeler lui-même, qu’elles peuvent être multiples).

Les fruits du social-clientélisme

Ce constat repose sur tous les excès que nous vivons depuis près de quarante ans et qui font qu’une génération, celle de 1968 (dont l’auteur dit faire partie) a vécu à la fois sur l’épargne et les économies de la génération qui l’a précédée, et sur le lourd endettement futur qu’elle va laisser aux générations suivantes, qui va nécessiter de très gros sacrifices de leur part. Affligeant.

Comment en est-on arrivés là ? Comment certains ont-ils pu profiter aux dépens des autres ? Telles sont les questions posées par Charles Gave, qui en décortique les fondements. La réponse principale tient dans le fait que la croissance de l’État en France s’assimile plus à un social-clientélisme qu’à la social-démocratie.

L’auteur les définit ainsi :

« Dans la social-démocratie, un dialogue constant a lieu entre parties prenantes (salariés, actionnaires, management, clients) pour trouver de concert la meilleure solution, c’est-à-dire celle qui protège au mieux les intérêts à long terme de chacun. Cela implique que chacun soit prêt à faire des sacrifices à court terme (…).

Dans le social-clientélisme, le but est d’accaparer le pouvoir politique et le monopole de la violence légale qu’il confère, afin de distribuer des avantages non gagnés à ses propres troupes au détriment des autres parties prenantes à la discussion(…) »

Appuyé par des citations évocatrices et bien choisies, dont certaines bien connues des visiteurs de ce site, telle « L’État c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde » (Frédéric Bastiat), parfois humoristiques comme l’est souvent l’auteur lui-même, à l’instar du « Le capitalisme répartit inégalement la richesse alors que le socialisme répartit la pauvreté équitablement » (Winston Churchill), l’état d’esprit de l’ouvrage est sans concession et montre à quel point la situation est grave. Ainsi, Charles Gave explique que :

« le propos de ce livre est donc d’expliquer que ce qui s’est produit pour l’Union soviétique va frapper notre système politico-économique et pour les mêmes raisons »

Excusez du peu ! Une suite heureuse, en quelque sorte, à L’Union européenne, une nouvelle URSS ? de Vladimir Boukovsky. Cependant, Charles Gave n’accable pas les politiques. Comme il le dit, en citant de nouveau Churchill :

 « Les hommes politiques sont merveilleux, ils finissent toujours par trouver les bonnes solutions, non sans avoir essayé toutes les autres avant, cependant ».

Un jeu à quatre grands acteurs

Et, partant de ce constat assez évocateur de certaines réalités, il nous livre une leçon d’économie stimulante, avec un grand sens de la pédagogie, qui permettra à beaucoup de mieux comprendre ce qui se passe actuellement… et d’avoir une idée de ce qui nous attend, pour ceux qui se posent la question à juste titre (sans oublier son évocation elle aussi très actualité du rôle de l’euro dans tout ceci). Mieux encore, en prolongement de son livre, démarche originale et stimulante, il propose d’actualiser ses analyses et indicateurs à travers un blog […], ce qui permet d’enrichir la réflexion et poursuivre la discussion.

Ainsi, un peu à la manière d’une histoire (ou d’une bande dessinée, nous dit l’auteur), tout repose sur quatre acteurs principaux (l’entrepreneur, le rentier, le banquier et l’État) qu’il commence par nous présenter tour à tour en illustrant leur rôle économique, avant d’en venir au jeu de leurs interactions.

Avec toujours un style parlant, humoristique et le sens de la pédagogie (résumés fréquents de ce qu’il vient d’expliquer) et des citations appropriées, telle cette formule célèbre de Saint-Simon, à propos de l’entrepreneur, tant décrié en France malgré ses mérites :

« Imaginons que les cinquante premiers princes du royaume, les cinquante premiers préfets ou présidents de Cour de cassation, les cinquante premiers pairs du royaume, les cinquante premiers évêques, Monsieur, frère du roi, ainsi que toute la Cour, disparaissent par accident : le peuple en serait fort triste, car il a le cœur bon. Mais si disparaissaient les cinquante plus grands industriels, les cinquante plus grands savants, les cinquante meilleurs artisans, la nation serait détruite ».

Les titres des trois grandes parties de l’ouvrage vous donneront un aperçu de l’esprit qui est le sien et de l’intérêt qu’il peut revêtir du point de vue de la réflexion, pour tout un chacun, économiste ou non :

1) Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’économie sans jamais oser le demander.
2) Le trou noir financier.
3) Faire tomber le Mur de Berlin que nous avons dans nos têtes.

Se réformer ou faire faillite

Avec des chapitres aussi utiles pour ceux qui veulent y voir clair que : « Petite introduction à la dette étatique », « Comment un État fait-il faillite ? », qui permettent de bien mieux comprendre l’économie et la réalité que nous vivons. Et avec un constat accablant, mais hélas inéluctable : lorsqu’un État, comme le nôtre probablement très bientôt, n’a plus la possibilité d’emprunter, il ne reste alors plus que deux solutions : se réformer ou « faire faillite » (l’auteur expliquant au passage en quoi le terme est abusif). Un ouvrage éclairant, instructif, passionnant, que je conseille à tous ceux qui veulent tenter de mieux comprendre la profonde crise actuelle et savoir à quelle sauce (pimentée !) nous allons probablement être mangés…

Charles Gave, L’État est mort, vive l’État ! Pourquoi la faillite qui s’annonce est une bonne nouvelle, François Bourin Éditeur, septembre 2010, 162 pages.




La réflexion du jour

Depuis les années 60, le Québec s’est assujetti à une idéologie plus asservissante que la ferveur qui a caractérisé sa foi religieuse traditionnelle. Cet asservissement a nom étatisme, contrôle de l’État. Et l`étatisme a donné lieu à un recul prononcé de la croissance économique, relativement au reste du Canada.--- Jean-Luc Migué

22 août, 2015

La réflexion du jour

Le cloisonnement des métiers, en raison de la rigidité qu’il introduit dans l’organisation du travail du secteur assujetti, est parmi les sources les plus fréquemment mentionnées d’allongement des travaux par les intervenants de l’industrie.--- Michel Kelly-Gagnon

21 août, 2015

« Pourquoi les intellectuels n’aiment pas le libéralisme » de Raymond Boudon


 Raymond Boudon tente de répondre, en sociologue, à cette question que vous êtes probablement nombreux à vous poser.

Revue de livre par Johan Rivalland

En guise d’introduction, Raymond Boudon commence par tirer le constat de la faible tradition libérale parmi les intellectuels. Il note cependant que le phénomène est variable selon les pays, les milieux, conjonctures et spécialités.

Quoi qu’il en soit, trop d’importance est accordée, selon lui, aux déterminismes sociaux en sociologie des idées. C’est pourquoi il préfère, quant à lui, s’intéresser à la rationalité cognitive et adopter, par conséquent, une approche centrée sur les raisons sociocognitives.

Encore faut-il que l’on s’entende sur le sens à donner à « intellectuels », dont il existe différents types, et à la définition du libéralisme. C’est ce qu’il s’attache donc à faire avant d’articuler son ouvrage en deux grandes parties : ce qu’il appelle « l’offre » d’idées hostiles au libéralisme, dans un premier temps, et ce qui en motive la production, puis la « demande » de telles idées, qualifiées d’ « illibérales », dans un second temps, qui peuvent expliquer pourquoi elles trouvent un tel écho.

Différentes théories (contre-modèle marxiste, entre autres, mais pas seulement), mouvements ayant eu une influence (anthropologie, psychologie, sociologie, structuralisme), visions de l’homme, de la société ou de l’État, et explications (ignorance, attrait de la simplicité, conformisme de la pensée, image du libéralisme difficile à assumer même par beaucoup de libéraux, vocabulaire manipulé et réducteur, désinformation ou mimétisme, entre autres là encore), relayés par les milieux journalistiques, politiques ou syndicaux, notamment, sont ainsi passés en revue.

Avant que l’auteur, face à la somme de clichés et idées reçues sur le libéralisme, ne s’interroge, dans d’ultimes développements, sur l’avenir (« Et demain ? »).

Quelques extraits

Selon Raymond Boudon, l’une des raisons qui expliquent le faible attrait du libéralisme chez les intellectuels français est l’absence de formulation d’une vision globale du monde. À l’inverse, « de même que le biologiste en sait chaque jour davantage sur les processus vitaux, mais est de moins en moins en mesure d’expliquer l’essence de la vie, de même le sociologue d’inspiration libérale se contente de proposer des explications de phénomènes circonscrits ».

Se référant aux idées de Karl Popper, Raymond Boudon montre que le vérificationnisme est « le dénominateur commun de bien des « démonstrations » fausses. Une théorie passe en effet facilement pour vraie dès lors qu’elle paraît confirmée par certains faits. » D’où le malentendu. D’autant que ses pourfendeurs sont doués de l’art de contrer les objections, à l’aide d’arguments toujours simples et porteurs, ce qui imperméabilise cette théorie, présumée « utile », contre la critique.

« Ces mécanismes sont porteurs, je crois, d’un danger pour la démocratie, nous dit l’auteur. Non parce que les idées fausses, fragiles et douteuses impressionnent nécessairement le public. Car le sens commun, si décrié par les intellectuels qui se voient comme les guides du Peuple, existe bel et bien. Cette notion incertaine désigne simplement le fait que tous les hommes obéissent aux mêmes mécanismes cognitifs de base. Il y a danger pour la démocratie, plutôt parce que les idées utiles et fausses ont une influence directe sur les citoyens les plus jeunes : car il faut dans bien des cas du temps – et souvent beaucoup de temps – pour découvrir qu’une idée utile est fausse. Il faut même quelquefois attendre d’être frappé au visage par la brutalité d’une donnée de fait, comme l’invasion de Budapest par les chars soviétiques en 1956.

Sinon, on ne comprendrait pas que tant d’hommes et de femmes qui se sont signalés ensuite par une grande acuité d’esprit aient d’abord épousé des idées dont ils ont souvent eux-mêmes de la peine à comprendre pourquoi ils y ont adhéré.
Le danger pour la démocratie provient aussi de ce que les idées utiles et fausses exercent une influence indirecte sur les hommes politiques et autres « décideurs » qui, passant outre les messages que leur dicte le sens commun, ont tendance à confondre l’opinion des intellectuels, des médias et des minorités actives avec l’opinion tout court. »

« … le fin du fin est d’être conformiste, de se laisser porter par le courant, mais de paraître « moderne », d' »avant-garde » : de réussir à passer pour un homme « de progrès », qu’il s’agisse d’art, de sciences humaines ou de politique. Ce mécanisme explique aussi la facilité avec laquelle certains intellectuels passent d’un conformisme à l’autre. Il rend également compte du culte de l’avant-garde : celui-ci combine la réalité et les avantages du conformisme avec les apparences de l’ouverture d’esprit et du sens du progrès. »

Si de nombreux exemples émaillent le raisonnement et la démonstration, Raymond Boudon n’en pense pas moins que, malgré l’affaiblissement relatif de beaucoup des théories ou mécanismes décrits ci-dessus, il faudra probablement une ou plusieurs générations avant que tout cet ensemble puisse évoluer vers une réflexion plus saine et moins empreinte d’a priori et déformations.

Raymond Boudon, Pourquoi les intellectuels n’aiment pas le libéralisme ?, Odile Jacob, février 2004, 242 pages.
—


La réflexion du jour

En bref, le mouvement écologiste a empêché les gens, à plusieurs reprises, d’accéder à des technologies plus sûres et les a forcés à employer des technologies plus sales, plus risquées ou plus nocives. Il sait exploiter habilement les soupçons des personnes vis-à-vis des nouveautés.--- Matt Ridley

20 août, 2015

La réflexion du jour

Le bénéfice politique du choix d'un financement par répartition (ndlr du régime des rentes du Québec) est extrêmement important: il permet d'avantager des électeurs du moment en étant généreux avec la première génération de retraités en transmettant le fardeau aux générations futures, une forme de dette. C'est une excellente façon d'accroître sa popularité, toujours, bien sûr, au nom du bien commun.--- Gérard Bélanger

19 août, 2015

La réflexion du jour

«Annuellement, cela coûte 8 milliards aux entreprises de se conformer à la réglementation des trois paliers de gouvernement (fédéral, provincial et municipal)», avance Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI), qui organise chaque année une Semaine de sensibilisation à la paperasserie.--- Martine Hébert

18 août, 2015

La réflexion du jour

Avant de penser de faire du Québec un pays, ça serait bien de faire du Québec autre chose qu’une porte d’entrée au Canada pour les immigrants investisseurs. Quand on sait que 89% des immigrants investisseurs qui arrivent au Québec décident d’aller vivre ailleurs au Canada, c’est parce qu’il y a quelque chose de pourri dans le modèle la province…--- Antagoniste

17 août, 2015

L'actualité québécoise en caricatures

Petit Traité d’Anti-Écologie ou H16 au pays des « Fluffies »

Un petit livre à lire d’urgence par tous ceux qui entendent ne pas se laisser submerger par le catastrophisme ambiant.

Revue de livre par Thierry Godefridi

« La planète va super mal, bientôt il va falloir tout débrancher et on va tous mourir de faim si nous ne sommes pas tous engloutis avant par un immense raz-de-marée planétaire. Comment diable s’est-on mis dans ce pétrin ? Les obstacles au meilleur des mondes possibles ne sont pourtant pas d’ordre technologique, technique, économique ou même environnemental. Non, ils sont d’ordre politique. » C’est la thèse que défend H16 dans son Petit Traité d’Anti-Écologie paru dans la collection des Insoumis aux Belles Lettres (Paris).

« Si le socialisme venait à manquer de pauvres et de chômeurs, l’économie deviendrait subitement florissante et les électeurs renverraient les barons du collectivisme à leurs études », donc« leurs propositions reviennent toujours à collectiviser l’énergie de la production à la consommation, à diminuer autant que possible l’utilisation de cette énergie et, en conséquence, à appauvrir tout le monde. » Le ton de ce pamphlet décapant contre l’écologisme médiatique, le constructivisme sociétal et l’idéologie recyclée de l’auto-flagellation de masse est ainsi donné.

Que de chemin parcouru en quelques dizaines d’années, constate l’auteur. Si dans les années 1970 le mouvement embryonnaire ne concernait que quelques campeurs et amoureux transis de la nature irrités par les pollutions visibles, les collectivistes communistes et socialistes s’empressèrent de le récupérer lorsque la chute du Mur de Berlin entraîna la disparition des républiques populaires au début des années 1990 et enleva aux plus irréductibles les dernières illusions qu’ils entretenaient à l’égard du modèle paradisiaque soviétique. Avec les verts comme nouveaux rouges, nous voilà revenus un siècle en arrière, en pleine programmation de l’Homme Nouveau et réformation de l’Humanité, sous les harangues des apôtres du dogme du réchauffement climatique causé par l’activité humaine et sous les vivats des foules ébaudies.

C’est heureusement sans crainte de se faire excommunier comme hérétique que l’auteur procède à un inventaire des mythes et contre-vérités qui ont émaillé l’avènement du réchauffisme, des causes et effets de la flatulence des dinosaures il y a quelques dizaines ou centaines de millions d’années à l’annonce faite en 2000 par un très sérieux journal britannique selon laquelle la neige appartenait au passé, ce dont chacun aura pu faire sa propre conviction lors des derniers hivers, à celle faite en 2005 par l’Organisation des Nations Unies suivant laquelle la détérioration du climat obligerait 50 millions de personnes à migrer avant 2010 ou encore à celle propagée par Al Gore suivant laquelle la calotte glacière arctique aurait complètement fondu en 2013.

La réalité est bien contrariante. Toutes ces îles dont on annonçait qu’elles seraient englouties par la montée des océans sont toujours bien là et elles auraient même tendance à voir leurs populations augmenter (allez savoir pourquoi !), que ce soit les Bahamas, les Seychelles ou les îles Salomon. Aussi, les oracles de l’apocalypse climatique repoussent-ils sans cesse les échéances de leurs prophéties car il faut bien se rendre à l’évidence, la débâcle n’en finit pas de ne pas arriver. Ce ne devrait pas être une surprise puisque le réchauffement climatique est en panne depuis 16 ans. Ce n’est pas H16 qui l’affirme, précise-t-il, c’est le Met Office britannique lui-même qui l’a annoncé en 2012. N’est-il pas curieux qu’une nouvelle si importante n’ait fait l’objet d’aucun battage médiatique ?

H16 se veut néanmoins rassurant à l’égard de ses compatriotes : « Gageons cependant qu’en France, écrit-il, on saura ne pas tenir compte de ces péripéties et qu’on continuera d’encenser les fiers penseurs d’un collectivisme décroissant et malthusien. » Il en tient pour preuve les orientations de la politique énergétique française en matière de production nucléaire et d’exploitation du gaz de schiste. Faisant fi d’un pragmatisme à l’américaine, constate-t-il, les Français veulent surtout ne pas suivre ces gros capitalistes éhontés et gagner comme eux une certaine indépendance énergétique qui leur eût permis de réduire les coûts, de créer de nombreux emplois et d’assurer la prospérité.

Ce Petit Traité d’Anti-Écologie est à lire d’urgence par tous ceux qui entendent ne pas se laisser submerger par le catastrophisme ambiant ni se laisser embobiner par les « Fluffies », ces suaves et duveteux altermondialistes et écolobonococos à la pointe du combat pour la Nature et contre l’Humanité dont ils rêvent de vampiriser l’être, le bien-être et le mieux-être.



La réflexion du jour

Conclusion : L’abandon pur et simple de Kyoto, sans implantation de programmes substituts factices, s’avère donc pour le Canada le plan optimal de réduction des gaz à effet de serre.--- Jean-Luc Migué

15 août, 2015

La réflexion du jour

Malheureusement, et cela en rebute plusieurs, le discours environnementaliste présente l’humain comme un corps étranger, un virus mortel, un abuseur de ressources dont les réussites technologiques et les avancées scientifiques se font au prix de l’environnement, le tout débité sur un ton moralisateur aussi idiot qu’inutile.--- Lise Ravary

14 août, 2015

Le Québec dans le rouge

Une vidéo de Joanne Marcotte qu’il vaut la peine de visionner au moins une fois par moi.

Un montage réalisé à partir des reportages sur le Québec dans le rouge et des dernières recherches sur la productivité et les finances publiques de la province.


La réflexion du jour

Malgré le nombre maintenant élevé de foirades magistrales lié à l’application de l’égalitarisme, on continue quand même à en user avec profusion. Son parfum le plus connu, le Socialisme, a pourtant largement prouvé sa nocivité, mais certains persistent pourtant, obstinément, à l’employer partout.--- h16, Contrepoints

13 août, 2015

La réflexion du jour

Quand on additionne le tout, le fardeau fiscal des entreprises du Québec est près de deux fois plus élevé que celui des autres provinces. Est-ce vraiment une bonne idée de l’augmenter, comme le veut le NPD ?--- Pierre Duhamel

12 août, 2015

La réflexion du jour

Saviez-vous qu’en 1950, le Venezuela (ndlr paradis socialiste) était l’un des dix pays les plus riches sur terre? Saviez-vous qu’entre 1948 et 1961, les Vénézuéliens étaient plus riches que les Canadiens? Difficile à croire considérant qu’aujourd’hui, le pays a des pénuries de papier de toilette...--- Vincent Geloso

11 août, 2015

La réflexion du jour

Des bonis à la performance dans un marché ouvert, avec une forte compétition, ça pourrait peut-être se défendre.

Mais dans un marché fermé (ndlr la SAQ)? Avec une clientèle captive qui n’a pas le choix d’aller ailleurs?

Vous voulez rire de nous, ou quoi? --- Richard Martineau

10 août, 2015

60 milliards d’économie!

Revue de livre par Serge Rouleau

Il est ahurissant de réaliser jusqu’à quel point le Québec et la France se ressemblent : les mêmes problèmes, les mêmes défis, les mêmes solutions. Ce qui différencie la France du Québec c’est la population, il y a huit fois plus d’habitants en France qu’au Québec, et le moment où nos modèles respectifs ont été créés. Le modèle français est né après la Deuxième Guerre mondiale, alors que le modèle québécois est né avec la Révolution tranquille.

60 milliards d’économie est un nouveau livre qui s’attaque à la façon dont est géré l’État en dévoilant la face cachée du secteur public.

Pour nous protéger, l’État, les collectivités locales et la Sécurité sociale sont prêts à tout, même à nous spolier. Grâce à la mise en commun de nos impôts et de nos cotisations, nous avons les services publics parmi les plus onéreux d’Europe. Mais sont-ils pour autant efficaces ?

Plus la France s’enfonce, plus nous renforçons le modèle de l’État-social qui nous ruine, et plus nous avons peur de le réformer. Un rapport secret de l’inspection des finances, commandé avant l’alternance, dressait pourtant la liste des économies possibles pour redresser le pays. Aujourd’hui, malheureusement, toute perspective de création de richesses est cassée, l’avenir est sombre : chômage de masse, travail au noir, dette publique, précarité croissante... En même temps, ceux qui veulent réformer sont broyés par la machine administrative qui protège ses intérêts. Alors que les indignés de tout poil nous disent que notre sécurité sociale et les acquis de 1945 auraient régressé, les chiffres disent exactement le contraire : notre système n’a jamais été aussi généreux malgré les modestes tentatives actuelles pour le réformer.

Ce n’est plus soixante milliards d’euros d’économies sur les dépenses publiques sur la durée du quinquennat, comme l’a annoncé François Hollande, qu’il faut réaliser, mais soixante milliards chaque année, si on ne veut pas voir notre système s’effondrer !


Ce livre ouvre les yeux sur un modèle qui doit changer s’il veut survivre.

Agnès Verdier-Molinié est directrice de l’iFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques). Elle est aussi l’auteur des Fonctionnaires contre l’État (Éditions Albin Michel, 2011).


La réflexion du jour

Afin de prospérer, le Québec devrait adopter toutes les meilleures pratiques et arrêter de protéger les droits acquis des taxis ou des compagnies aériennes.--- Pierre-Louis Vézina, Professeur Adjoint, King's College London

La réflexion du jour

L’économie de partage n’est pas une mode. C’est l’avenir.

Ça va tout changer, tout transformer, tout faire exploser. Notre relation au travail, les grandes entreprises, la fiscalité...
.........

Comme l’écrivait fort intelligemment sur son blogue Youri Chassin, de l’Institut économique de Montréal: ce n’est pas Uber qui doit disparaître. Ce sont les vieilles réglementations.--- Richard Martineau

08 août, 2015

La réflexion du jour

L’ignorance de l’économique et du capitalisme est généralisée. Le capitalisme a été et demeure l’unique système du progrès économique et de la prospérité; on peut même le désigner comme la pré condition à la paix mondiale.--- Jean-Luc Migué

La réflexion du jour

Persuadés qu’ils n’ont rien à craindre, ces apprentis sorciers « verts » se voient en élite de cette nouvelle humanité que l’effondrement du capitalisme libéral, qu’ils espèrent, fera forcément émerger sur la planète entière (cela ne vous rappelle pas « quelque chose » ?…). Leurs considérations oiseuses et leur rhétorique à base de clichés, d’expressions percutantes apprises par cœur, sans arguments concrets et sans références chiffrées, impressionnent et noient efficacement le citoyen.--- Michel Gay

07 août, 2015

Ras-le-bol des écolos

Il règne en France une dictature intellectuelle alimentée par les écolos de EELV (seulement 2% aux élections) qui fait qu'on ne peut même plus faire de la recherche.

La navigatrice Maud Fontenoy ose ouvrir un débat posé et sensé sur l'exploration des gaz de schiste.

Le bouquin de Maud Fontenoy "Ras-le-bol des écolos" chez Plon :
http://www.plon.fr/ouvrage/ras-le-bol...


La réflexion du jour

Selon une récente étude réalisée par des chercheurs de l'Université du Manitoba, le système de gestion de l'offre impose un coût additionnel de 339 $ par année aux ménages qui comptent parmi les 20% les plus pauvres, ce qui représente 2,29% de leurs revenus (le coût monte à 554 $ par année pour les ménages les plus riches). En pourcentage des revenus, ces mesures touchent les ménages pauvres cinq fois plus que les ménages riches.--- Adrien Pouliot

06 août, 2015

La réflexion du jour

Aujourd’hui, « les peuples endettés n’ont pas d’avenir, prisonniers qu’ils sont de leurs créanciers, de l’obsession du court terme de leurs échéances, de la disparition de toute marge de manœuvre de la politique économique » --- Nicolas Baverez via Contrepoints

05 août, 2015

La réflexion du jour

Nonobstant le fait que toutes ces prophéties alarmistes se soient avérées sans fondements, c.-à-d. contraires aux faits et à l’enseignement de la science, l’hystérie alarmiste revêt le caractère d’une véritable religion profane, doublée d’une religion politique puissante : le socialisme. --- Jean-Luc Migué

04 août, 2015

La réflexion du jour

A l’échelle du globe, on a démontré qu’en regard de toutes les mesures objectives de condition humaine, le bien-être et la qualité de vie ont réalisé des progrès gigantesques. Grâce au capitalisme et à la diffusion de la technologie par la globalisation, l’espérance de vie s’élève, l’alimentation s’améliore, l’alphabétisation se répand, l’accès à l’eau propre et à l’air pur s’étend, le revenu matériel gagne du terrain et le travail des enfants est moins répandu. --- Jean-Luc Migué

03 août, 2015

What America’s Decline in Economic Freedom Means for Entrepreneurship and Prosperity

The United States was once considered the land of opportunity where entrepreneurs such as Henry Ford, Ray Kroc and Steve Jobs contributed to a flourishing economy by providing new products and services at prices people were happy to pay.

Today America’s entrepreneurs are stifled by cascading regulations and other mandates from government. Rather than focusing on satisfying their customers, entrepreneurs increasingly have to satisfy government bureaucrats.

A new book published by the Fraser Institute and Mercatus Center, What America’s Decline in Economic Freedom Means for Entrepreneurship and Prosperity, connects the dots between the role entrepreneurs and small businesses play in growing an economy, how high levels of economic freedom increase both the quantity and quality of entrepreneurship, the decline of economic freedom in the United States since 2000, and how the decline in economic freedom explains the sluggish economic recovery in the U.S.

Download the book for free at http://www.fraserinstitute.org/resear...


La réflexion du jour

Pour notre malheur, la pensée groupiste s’avère souvent nettement fausse. Les groupes d’intérêt, syndicats, lobbyistes et porte-parole de la santé publique, s’emploient à promouvoir la falsification des préférences de leurs membres et de leurs sympathisants pour amplifier leur influence.--- Jean-Luc Migué

01 août, 2015

La réflexion du jour

Le coût annuel du programme (ndlr des garderies subventionnées) est ainsi passé de près de 300 millions en 1997-1998 à 2,6 milliards en 2014-2015, un bond de 767 %. C’est beaucoup plus que la hausse de places offertes, qui, elle, n’a même pas triplé. Même en tenant compte de l’inflation, le coût par place a plus que doublé. --- Michel kelly-Gagnon et Yanick Labrie