Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry

17 octobre, 2010

Caricatures : semaine du 10 octobre 2010



La réflexion du jour

Les vrais pionniers qui méritent davantage de respect et de reconnaissance de la population, ce sont tous ces Québécois qui ont accepté de prendre le risque d'investir des millions de dollars dans l'exploration des schistes d'Utica, en dépit des quolibets de tous ces beaux esprits qui, une fois encore, nous prouvent leurs immenses talents pour critiquer et démolir, avant de récolter sans retenue et sans gêne les fruits semés par d'autres! --- Denis Piché, Conseiller financier

Le chiffre du jour : 8 sur 10

Près de huit personnes sur dix croient que la présence des deux réseaux d'enseignement est un avantage et les deux tiers sont d'avis que le réseau privé ne nuit pas au réseau public.

16 octobre, 2010

La réflexion du jour

Ce qui importe, ce n'est pas tant la valeur des monnaies - jusqu'à un certain seuil évidemment - que l'avantage comparatif. Que fait-on de mieux que les autres ne savent pas ou ne peuvent pas faire? Aux États-Unis, les clés du dynamisme ont toujours été l'innovation et l'esprit d'entreprise?: si les États-Unis stagnent, c'est que la politique économique de Barack Obama a anesthésié cet esprit d'entreprise. --- Guy Sorman, Économiste, l'auteur a publié plusieurs ouvrages, notamment «L'économie ne ment pas» (Fayard, 2008).

Le chiffre du jour : 436 M $

Les investissements du Canada dans les systèmes d'information sur les médicaments (SIM) auront généré des économies de coûts et des gains de productivité de l'ordre de 436 millions de dollars en 2010. ---Richard Alvarez, président et chef de la direction d'Inforoute Santé du Canada

(NDLR : Malheureusement, le Québec ne bénéficie pas des avantages de l'informatisation. L'immobilisme a un coût.)

15 octobre, 2010

La réflexion du jour

Tandis que le gaz et le pétrole giclent partout chez nos voisins, on se contente ici de caresser nos grenouilles et on appréhende avec angoisse les quelques grammes de phosphates qui iraient contaminer le St Laurent si jamais il fallait nettoyer quelques milliers de cormorans suite à un déversement « catastrophique » dans l’estuaire du St Laurent. Au Québec, on préfère exploiter la péréquation. --- Reynald Du Berger

Le chiffre du jour : 6,9 %

L'Ouest canadien se situe en tête de peloton de l'entrepreneuriat au pays. C'est dans cette région que l'on note un plus grand nombre de personnes ayant l'intention d'entreprendre (16,9 % pour l'Ouest comparativement à 11,2 % pour l'ensemble du Canada), mais aussi le plus grand nombre de démarcheurs (6,1 % comparativement à 4,6 %) et de propriétaires d'entreprise (13,2 % comparativement à 10,1 %).

De plus, en 2010, les provinces de l'Atlantique ont rattrapé le Québec sur le plan du dynamisme entrepreneurial. La proportion de la population ayant l'intention d'entreprendre est maintenant légèrement supérieure dans les provinces de l'Atlantique (8,8 %) qu'au Québec (6,9 %). On compte également plus de propriétaires d'entreprises dans les provinces de l'Atlantique (7,4 %) qu'au Québec (5,1 %).

Le tableau suivant présente les données pour chaque indicateur, par région et pour l'ensemble du Canada :

Le processus entrepreneurial dans l'ensemble de la population du Canada (2010)

(NDLR : Il semble qu’un environnement économique invitant est plus efficace qu’un environnement réglementaire sclérosant !)

14 octobre, 2010

L’UPA, le groupe d’intérêt le plus puissant du Québec, est insatiable

L’industrie agricole bénéficie annuellement de plus d’un milliard de dollars de subventions directes et indirectes (voir ici). Malgré tout, selon Christian Lacasse, président de l’UPA, cela est encore insuffisant.

Il déplore le fait qu’à peine le tiers des produits consommés par les Québécois proviennent du Québec. Donc, il se permet de demander au gouvernement d’imposer les produits québécois aux consommateurs :

« Je pense qu'il faut qu'ils envisagent la voie réglementaire pour faire en sorte que nos produits vont vraiment avoir la place qui leur revient.»

L’UPA souhaite que le gouvernement impose un pourcentage de produits québécois sur les tablettes des épiceries. C’est ahurissant, non!

C’est à croire que l’UPA a embauché Hugo Chavez comme consultant.

C’est ça le problème avec les groupes d’intérêt. Plus on les écoute, plus ils ont de pouvoir. Plus ils ont de pouvoir, plus ils se permettent d’imposer des politiques « à la soviétique » au détriment de l’ensemble de la population.

Les produits québécois auront leur place sur les tablettes des épiceries et dans les frigos des Québécois dans la mesure où leur rapport qualité/prix sera égal ou supérieur aux produits importés.

L’industrie agricole québécoise est dépendante du protectionnisme gouvernemental depuis trop longtemps. L’imposition de quotas de produits québécois dans les épiceries ne fera qu’aggraver cette situation lamentable.

Un jour ou l’autre l’industrie agricole devra abandonner les mamelles de l’État. C’est comme la dette publique, plus on retarde l’échéance, plus le remède sera amer.
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Une anecdote qui démontre bien les coûts cachés de la gestion de l'offre.

Lettre - Vacherie !


Jacques Lalonde - Le 11 octobre 2010 13 octobre 2010 Consommation

Les producteurs agricoles et l'UPA sont en très bons termes avec le ministère de l'Agriculture du Québec. Les prix de certains produits, dont le lait, sont entièrement contrôlés avec des prix planchers.

Prix d'un litre de lait: 2,29 $ à Laval.

Prix d'un deux litres de lait: 3,99 $ à Laval.

Le gallon de lait américain équivaut à 3,785 litres.

Le 20 septembre 2010, la chaîne de magasins 99Ac de Dallas Forth Worth, au Texas, vendra le gallon de lait à 0,89 $ pour un temps illimité. 0,89 $ pour 3,785 litres.

Il y a de la vacherie qui se passe à l'UPA.

La réflexion du jour

Nous vivons beaucoup de désenchantement en politique. Les citoyens, alimentés par les médias, cherchent en vain réponse à nombre de questions qu'ils se posent au sujet des allégations de corruption, de collusion et de malfaçons dans la gestion des affaires de l'État. Le pouvoir politique est-il véritablement au service de l'État ou est-il devenu un pouvoir discrétionnaire gouvernant selon son intérêt propre ou celui de groupes particuliers? --- Normand Chatigny, Jean-Noël Tremblay, Denys Larose et Michel Héroux

Le chiffre du jour : 29/31

Certaines statistiques sont plutôt surprenantes, notamment dans le secteur de l'éducation et la santé. Le taux d'obtention du diplôme d'études secondaires chez les francophones est de 62% alors qu'il est de 82% chez les élèves montréalais dont la langue d'usage à la maison est le vietnamien. Quant aux études postsecondaires, la situation n'est guère mieux. Montréal se classe 29e parmi les 31 régions métropolitaines d'Amérique du Nord avec 26,5% de sa population détentrice d'un grade universitaire.

13 octobre, 2010

Subventions, les perles de la semaine

Chaque semaine, le blogue de Mathieu Turbide et de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.


Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.
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  • À l’occasion de l’inauguration du studio de production de l’Association pour le métissage artistique et culturel (AMETAC), la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a annoncé l’octroi d’une contribution financière de 54 804 $ à l’organisme.
  • Le gouvernement accorde une aide financière de 3 393 898 $ pour le développement de l’escale de Baie-Comeau, dans le cadre du Programme d’aide à la stratégie des croisières.
  • Le gouvernement du Québec accorde une subvention de 122 000 $ pour la tenue de la 24e édition de Coup de coeur francophone, qui se déroulera à Montréal du 4 au 14 novembre 2010.
  • Le ministère de la Culture accorde 18 600 000 $ au Conseil du patrimoine religieux du Québec pour la restauration de bâtiments religieux.
  • Le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, octroi un soutien financier de 770 000 $ pour un projet totalisant 2,8 M$ de Métal 7 inc.
  • Le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) du Québec, Conservation de la nature Canada (CNC) et la Commission de la capitale nationale (CCN) annoncent l’acquisition d’une propriété de près de 5 km2 en Outaouais à des fins de conservation de la biodiversité et de protection des espèces. Les dépenses liées à l’acquisition, l’intendance et la gestion de ces terres totalisent 685 000 $.

La réflexion du jour

L’industrie (du gaz de schiste) a été naturellement plus rapide que le gouvernement. Est-ce bien étonnant ? L’État, idole de plusieurs, présent partout, était apparemment occupé à autre chose… À nous dire, par exemple, que le cinéma italien est en vedette à Ouagadougou et que deux chambres sont libres à la Maison de la culture de Budapest…--- Michel Hébert

Le chiffre du jour : 70 %

Une proportion de 77 % des propriétaires de petites entreprises sondés affirment que le principal obstacle au succès est la gestion des flux de trésorerie, suivie de la gestion des clients (72 %) et de la bureaucratie gouvernementale ou autres formalités administratives (70 %).

12 octobre, 2010

La réflexion du jour

« Or, la relative bonne tenue du Québec n'a fondamentalement rien changé au retard économique de la province et aucun rattrapage significatif n'a été enregistré suite à la dernière récession, explique Robert Gagné. Ce retard relève plutôt de facteurs structurels tels que la flexibilité du marché du travail et le niveau général de concurrence dans notre économie, par exemple.»

Le chiffre du jour : 27 %, 57 % et 78 %

Toujours selon Robert Gagné, la productivité du travail, mesurée par le PIB par heure travaillée, demeure encore aujourd'hui, l'une des principales sources de l'écart de niveau de vie entre le Québec, le Canada et les États-Unis. En 2009, la productivité du travail expliquait près de 27% de l'écart de niveau de vie avec l'Ontario, 57% avec le Canada et 78% avec les États-Unis.

11 octobre, 2010

Décadente démocratie

André Dorais

Régis Labeaume, maire de la ville de Québec, voit grand. Il a plusieurs projets sur la table et à l’instar de la plupart des politiciens, il cherche à les financer avec l’argent des contribuables, et pas seulement ceux de «sa» ville. Il n’est pas le premier à agir de la sorte et il ne sera certainement pas le dernier tant et aussi longtemps que l’on vivra en démocratie. C’est que la démocratie, aujourd’hui, domine la liberté de disposer de ses biens comme on l’entend. Il s’ensuit qu’il n’y a pratiquement plus de limite à ce que l’on peut soutirer des contribuables.

Régis Labeaume n’est pas plus à blâmer que les autres politiciens pour cette façon de procéder, car il s’agit d’une pratique courante. Ses actions ne servent qu’à démontrer comment la démocratie, comme tout autre régime politique qui s’arroge la propriété des gens, conduit inévitablement à une expansion de l’État et à une réduction conséquente des libertés. On taxe et on impose des contribuables qui non seulement n’ont pas voté pour le politicien élu, mais n’en avaient même pas le droit puisqu’ils habitent un autre territoire électoral.

Cette pratique est répandue, mais est-elle légitime? Seulement poser cette question suffit à vous condamner. En effet, plusieurs bien-pensants ont coutume d’ignorer les gens qui se questionnent sur la légitimité de la démocratie sous prétexte que ces derniers sont peu nombreux, par conséquent que l’effort à donner pour obtenir leur vote n’en vaut la peine. Les individus qui cherchent uniquement à circonscrire la démocratie ne sont guère mieux traités. Mieux vaut les discréditer en disant, par exemple, que leurs idées sont radicales, voire dangereuses au bien-être de la population.

Or, une idée radicale n’est pas nécessairement injuste et, à l’inverse, une idée partagée par plusieurs n’est pas juste pour autant. Ignorer cette remise en question permet aux partis politiques d’aller de l’avant avec leurs projets comme si le processus était légitime. Néanmoins, faire comme si c’était légitime n’est pas nécessairement légitime en soi. Cela évite uniquement de se questionner à savoir si ce que l’on fait est juste ou non, voire de se conforter dans ses croyances.

Lorsque des journalistes ont questionné la légitimité d’aller de l’avant avec le projet d’amphithéâtre, le maire a répondu, tel un enfant, que Montréal a eu ses bonbons, alors Québec doit avoir les siens. Avec pareil raisonnement on ne voit pas pourquoi les autres villes du Québec, voire du Canada, ne réclameraient pas les leurs. En plus d’être infantilisante, cette façon de procéder constitue une excellente façon d’attiser l’animosité de ses voisins et partenaires d’échange appelés à «contribuer».

De manière générale on se demande si la construction d’un amphithéâtre, pour accueillir notamment une équipe de hockey, mérite un financement public. Plusieurs commentateurs répondent par la conditionnelle. Ils y seraient plus favorables si l’amphithéâtre avait aussi comme objectif d’attirer les Olympiques de 2022; si le secteur privé y contribuait, si les gouvernements investissaient également dans les arénas, si la contribution publique n’était pas aussi importante, etc.

Lorsqu’il s’agit de la construction d’un hôpital le consensus est généralement plus élevé, mais rarement, comme le souligne le maire Labeaume, sonde-t-on les gens sur les différents projets mis de l’avant par les politiciens. Pourquoi a-t-on sondé les gens sur ce projet en particulier? Est-ce parce que la construction d’un amphithéâtre est à ce point différente de celle d’un hôpital? N’est-ce pas plutôt parce que la majorité des gens considère qu’un amphithéâtre ne constitue pas un besoin essentiel?

Un amphithéâtre est effectivement moins important à la vie qu’un hôpital, mais ce type de comparaison, qui vient rapidement à l’esprit, est trompeur pour quelques raisons. L’une d’elles est qu’il ne tient pas compte des établissements déjà en place. Si, sur un territoire donné, il y a déjà plusieurs hôpitaux mais aucun amphithéâtre, alors la construction d’un amphithéâtre peut être considérée importante pour une population. Les désirs de celle-ci, cependant, sont-ils déterminants pour imposer les contribuables des autres circonscriptions électorales?

Une administration territoriale ne possède pas le pouvoir fiscal d’imposer les individus qui se trouvent sous la gouverne d’autres administrations, à moins que celles-ci soient d’un niveau hiérarchique inférieur. Rien n’empêche celles-ci, cependant, d’encourager l'administration supérieure à «faire sa part», c’est-à-dire à imposer ses propres contribuables. C’est la façon de procéder du maire Labeaume, voire de tous les politiciens. Ceux-ci cherchent à tirer le maximum de ressources des administrations supérieures, par conséquent des contribuables qui ne vivent pas uniquement sur leur territoire électoral. Cette façon de procéder conduit tout le monde à faire pareil, ce qui n’est dans l’intérêt de personne.

Un autre problème, plus fondamental, avec ce type de raisonnement est que l’on prétend parler pour la majorité. Or, ce qui est important pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre. On doit donc se méfier des affirmations qui prétendent conclure que la population est d’accord avec tel ou tel projet puisque ces affirmations passent outre le désaccord de plusieurs individus.

Lorsqu’on réalise que les partis politiques, dans les démocraties, reçoivent rarement plus de 30% de l’appui de la population éligible à voter, on ne doit pas se gêner de remettre en question les décisions qui engagent l’ensemble des contribuables; d’autant moins lorsque les projets mis de l’avant engagent les contribuables des autres juridictions électorales.

À titre d’exemple, le Parti libéral du Québec a été élu par 24% des gens éligibles à voter lors des dernières élections. 57% de la population éligible à voter a exercé son droit de vote et la majorité d’entre elle a voté, à hauteur de 42%, pour le Parti libéral (57% x 42% = 24%). À Montréal, en 2009, 36% des gens éligibles à voter ont exercé leur droit de vote et 37,5% de ceux-ci ont voté pour le parti mené par Gérald Tremblay, ce qui fait de lui, en réalité, un représentant de 13,5% des gens éligibles à voter (36% x 37,5% = 13,5%). Ces taux de représentation sont similaires dans toutes les démocraties; ils dépassent rarement les 30%. Ils deviennent infinitésimaux lorsque les politiciens engagent les contribuables des autres juridictions territoriales.

Malgré cette faible représentativité, la plupart des politiciens prétendent parler au nom de l’ensemble de la population. Non seulement ont-ils tendance à exagérer cette représentativité, mais la plupart d’entre eux sentent le besoin, et pour cause, d’utiliser d’autres arguments pour justifier leurs actions. L’argument des retombées économiques fait partie de ceux-là. Or, cet argument ne sert qu’à faire croire à la population que les projets avancés par les politiciens sont rentables pour tout le monde, d’où qu’il n’y a pas lieu pour celle-ci de s’y opposer. Encore une fois, ce qui est rentable ou important pour les uns ne l'est pas nécessairement pour les autres.

Concurremment aux arguments fallacieux utilisés par les politiciens pour justifier leurs projets, plusieurs d’entre eux n’hésitent pas à attiser la division entre différents groupes d’individus pour s’assurer d’atteindre leurs objectifs. On peut penser ici à l’opposition que tente d’établir le maire Labeaume entre la population de Montréal et celle de Québec. Le maire n’hésite pas non plus à discréditer les gens qui demandent une contribution du secteur privé pour construire ledit amphithéâtre.

À trop vouloir pourfendre ses détracteurs, cependant, on y perd souvent en crédibilité. Ainsi, le maire prétend que la Ville de Québec n'a ni la population, ni les moyens pour justifier une contribution du secteur privé. Autrement dit, puisque la Ville ne peut se payer seule ce qu’elle veut, il est normal, pense Labeaume, d’exiger des autres autorités politiques de faire leur part, soit d’imposer leurs propres contribuables pour satisfaire celle-ci.

Encore une fois, il ne s’agit pas de blâmer davantage le maire de Québec que les autres politiciens, mais de se questionner sur la légitimité de financer des projets par l’entremise des contribuables. La légitimité ou l’illégitimité du financement public ne relève pas du fait qu’il s’agisse de la construction d’un amphithéâtre plutôt que celle d’un hôpital ou de l’établissement de services quelconques. La légitimité en cause est celle du processus lui-même, peu importe ce qu’on cherche à financer.

Suffit-il d’être élu pour légitimer l’imposition et la taxation des contribuables? Répondre que c’est «démocratique» est un peu court, mais malheureusement c’est la seule réponse qu’on entend. Autrement dit, lorsqu’un individu prononce ces mots sous forme exclamative, il laisse entendre qu’il n’y a pas lieu de chercher une plus grande justice, car la démocratie en constitue le sommet. Pour cet individu, remettre en question cette façon de procéder, cette croyance, constitue un sacrilège, une profanation qui mérite au moins qu’on vous ignore.

Pourtant, est-il exagéré de concevoir le politicien démocrate comme un être rusé qui sait créer la division entre différents groupes d’individus pour obtenir ce qu’il veut? Comme un individu qui attise les sentiments nationalistes? Qui utilise des arguments spécieux pour se justifier? Qui n’hésite pas à imposer et à taxer les contribuables contre leur gré et à prétendre que cela est fait nom d’une certaine idée de la morale? On peut concevoir qu’un politicien démocrate ne soit pas manipulateur, prétentieux, hypocrite et lâchement complaisant, mais le régime démocratique s’y prête mal, voire pas du tout.

Si l’on cherche à laisser aux individus plus de liberté à disposer de leurs biens comme ils l’entendent, il vaut mieux préconiser un autre régime que d’attendre l’improbable sauveur de la démocratie. On doit se rendre à l’évidence, depuis sa renaissance, au 18e siècle, la démocratie n’a prise qu’une direction : celle d’un plus grand contrôle de l’État sur la vie des gens. Il y a peu d’espoir que surgisse de ce régime un individu qui renverse cette tendance, si ce n’est que pour une courte période. Par conséquent, pour atteindre cet objectif on considère qu’il vaille mieux changer de régime.

Une alternative à la démocratie

La monarchie peut être moins vorace envers les contribuables que la démocratie, mais elle est également plus risquée puisqu’elle dépend beaucoup du monarque lui-même. Ce régime comporte des avantages sur la démocratie et ne peut être rejeté du revers de la main, mais ce n’est pas de lui dont on veut discuter. Il existe un autre régime qui donne plus de poids aux individus que la démocratie, mais on n’hésite à le qualifier de politique puisqu’il cherche justement à s’en débarrasser, ou à tout le moins, à réduire les services offerts via l’imposition et la taxation.

On peut qualifier ce régime de liberté, soit un régime où l’individu est son propre représentant dans la mesure du possible, où ses paroles sont entendues plutôt qu’édulcorées et travesties par des représentants qu’il connaît à peine, voire pas du tout. Mieux encore, ce régime ne conduit pas les électeurs à voter sur ce que les politiciens leur offrent, mais tout au plus sur le choix de ceux qui sont appelés à gérer des services identifiés et délimités. On qualifie ce régime de liberté parce que c’est lui qui en offre le plus aux individus. Il ne cherche pas à tromper les gens en tâchant de leur faire croire que leurs «contributions» sont dans l’intérêt général. Il n’étire pas ce concept pour y intégrer des intérêts particuliers.

Étant conscient que les «valeurs» des gens sont subjectives et qu’elles doivent être respectées tant et aussi longtemps qu’elles respectent la liberté d’autrui, tout ce que ce régime impose sont les principes universels de ne pas tuer et de ne pas voler. On peut qualifier ces principes de «valeurs objectives» puisque ce sont les seules qui ne nuisent à personne lorsqu’on les pratique. Toutes les autres «valeurs» que l’on tente d’intégrer au concept d’intérêt général, par exemple un système public de santé, nuisent au moins à un individu et souvent à plusieurs d’entre eux dès lors qu’on les met de l’avant. Il s’ensuit que ces valeurs constituent des intérêts particuliers, non un intérêt général.

Parce qu’un régime de liberté s’en tient à l’intérêt général strictement défini, soit aux principes universels, il s’avère plus respectueux des choix de chacun que le régime démocratique. Par conséquent, on ne voit rien de radical à le suggérer à ses compatriotes. Ce qui est radical n’est-il pas, au contraire, d’encourager les individus à poursuivre ce processus qui encourage les gens à vivre aux dépens des autres? Exiger que des inconnus paient pour ses choix personnels est effectivement beaucoup plus radical que de soulever le doute sur la légitimité de ce processus puisque cela revient à se faire complice d’injustice.

Non seulement la démocratie conduit l’homme à perdre son sens de l’autonomie, elle tend aussi à lui faire perdre son sens de la justice.  Elle substitue la coercition à la coopération pacifique entre les hommes, c’est-à-dire qu’elle se sert de la loi pour établir des services qui pourraient et devraient être offerts uniquement par le marché.  Elle tente également d’établir une égalité là où il n’y en a pas et où il ne devrait pas y en avoir.  Bref, elle conduit lentement mais sûrement à une plus grande pauvreté, voire à une homogénéisation de l’homme, soit à sa dénaturation.  Plusieurs y voient un progrès, alors qu’il faudrait plutôt y voir une régression, une décadence.

Dans cette perspective, le maire Labeaume n’est pas un mauvais démocrate puisqu’il est tout aussi rusé et manipulateur que la plupart d’entre eux. Son franc-parler le rend plus facile à suivre, mais aussi à dénoncer. Sa franchise a néanmoins un aspect éducatif, car elle montre au grand jour l’injustice de la démocratie, c'est-à-dire comment le contribuable sert de vache à lait à des projets qu’il n’a jamais demandés.

Une démocratie qui ne respecte pas la propriété individuelle conduit tôt ou tard à retirer toute souveraineté au peuple. Elle est appelée à imploser, à s’annihiler à l’instar du socialisme soviétique. Le progrès social et économique des 250 dernières n’est pas dû à l’avènement de la démocratie, mais des droits individuels et plus précisément du respect de la propriété. Tant et aussi longtemps que cela ne sera pas compris et partagé, on doit craindre un retour en arrière, une régression sociale et une plus grande pauvreté.

Un nouveau parti ?

Je crois rêver. Je m’étais résigné à demeurer un électeur orphelin (sans parti) au moins jusqu’en 2020. Je ne suis certainement pas le seul puisque 61 % des 38 792 lecteurs de Cyberpresse qui ont participé au sondage approuve la création d’un nouveau parti.

Je ne peux que féliciter les initiateurs de cette démarche. Au mieux, on portera au pouvoir un parti qui comprend qu’il faut couper dans les dépenses et le gaspillage pour sortir les finances publiques des ornières dans lesquelles elles se sont enlisées. Au pire, un nouveau parti forcera le PLQ à se donner un chef capable de faire la « réingénierie » de l’État comme Jean Charest nous l’avait promis en 2003.

La réflexion du jour

Onze membres du personnel infirmier pour traiter quatre patients : voilà une situation rêvée, mais quasi utopique. Sauf dans les pénitenciers, selon ce qu'a vu le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu au cours de sa tournée des établissements carcéraux.

Le chiffre du jour : 3 versus 33

Quand je regarde le bureau des victimes d'actes criminels, il y a trois professionnels qui travaillent là. Il y en a 33 dans le bureau de l'ombudsman. Il y a un problème quelque part !