Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry

13 octobre, 2006

La vie facile.

La préface du Broadway musical Knickerbocker Holiday (1938-1939), écrite par Maxwell Anderson, mettait les Anglais en garde contre l’érosion des libertés individuelle au profit d’un gouvernement qui contrôle tout. Si Maxwell Anderson observait la société québécoise d’aujourd’hui il reformulerait sa préface comme suit :

La vie facile.

Si les millions de travailleurs québécois qui paient des impôts et des taxes pouvaient imaginer l’absolutisme bureaucratique que cela engendre pour eux et leurs enfants ils seraient moins prompt à exiger toujours plus du gouvernement. Lorsqu’un gouvernement contrôle la vie économique des gens il devient totalitaire et le totalitarisme détruit les arts, l’esprit, les libertés et l’essence même des gens qu’il gouverne. Ce n’est pas par accident que l’Allemagne, le premier état paternaliste de l’Europe moderne, a été prise en otage par un dictateur incontrôlable responsable de la première guerre mondiale ; ce n’est pas un accident non plus si la Russie, en adoptant un système économique socialiste pour des raisons humanitaires, a institué un système tyrannique plus sanguinaire et absolu que le tsarisme. Les Québécois doivent se responsabiliser et reprendre le contrôle de leur vie pour dynamiser l’économie et éviter un dérapage incontrôlable. Les personnes nourries et chouchoutées par les gouvernements deviennent rapidement des esclaves.

The Guaranteed Life

IF the millions of workingmen in this country who are patiently paying their social security dues could glimpse the bureaucratic absolutism which that act presages for themselves and their children they would repudiate the whole monstrous and dishonest business overnight. When a government takes over a people's economic life it becomes absolute, and when it has become absolute it destroys the arts, the minds, the liberties and the meaning of the people it governs. It is not an accident that Germany, the first paternalistic state of modern Europe, was seized by an uncontrollable dictator who brought on the second world war; not an accident that Russia, adopting a centrally administered economy for humanitarian reasons, has arrived at a tyranny bloodier and more absolute than that of the Czars. And if England does not turn back soon she will go the same way. Men who are fed by their government will soon be driven down to the status of slaves or cattle.

--MAXWELL ANDERSON, Written in a preface to Knickerbocker Holiday

10 octobre, 2006

Les leçons de l'histoire.

La plupart des pays qui ont expérimenté le socialisme se convertissent éventuellement au capitalisme. Malgré les multiples insuccès du socialisme, au Québec on croit toujours que l’état interventionniste est la solution à tous nos problèmes. Pourquoi ?

Failure of socialism par Milton Friedman (1 min.)

06 octobre, 2006

Citoyens ou sujets ?

Nos ancêtres, en quête de liberté, ont quitté la France pour s’affranchir de l’asservissement imposé par l’aristocratie. Ils sont venus s’établir au Québec où ils jouissaient d’un degré de liberté inimaginable dans un pays européen. Cette liberté qui leur était si chère fut acquise au prix de sacrifices extrêmes et souvent au prix de leur vie. Ils seraient bien déçus de constater que moins de quatre siècles plus tard le gouvernement du Québec a graduellement remplacé l’aristocratie française.

Nos ancêtres étaient des entrepreneurs pour qui la liberté comptait plus que le confort et la sécurité. Au début de la colonie, dans le but d’assurer le développement de l’agriculture, un édit défendait aux habitants de s’absenter en forêt plus de 24 heures. S’ils étaient pris en flagrant délit ils risquaient la peine de mort. Malgré cet édit, les autorités estimaient que plus de 800 colons, une majorité des hommes en âges de travailler, pratiquaient le métier de coureur de bois. Si les autorités empiétaient sur leurs droits fondamentaux nos ancêtres n’hésitaient pas à les défier au péril de leur vie.

Historiquement les gouvernements n’avaient pas pour fonction de régir les activités de la société dans ses moindres détails. Les premiers gouvernements fournissaient aux citoyens certains services difficiles à obtenir autrement. Les gouvernements d’antan n’étaient pas différents des autres organisations et professionnels qui composaient la société. Les citoyens consultaient le médecin pour leurs problèmes de santé et faisaient appel au gouvernement pour assurer leur sécurité et pour gérer la justice. Personne n’était autorisé à régir la vie des autres. La relation entre le citoyen et le gouvernement était celle d’un client (citoyen) envers un fournisseur (gouvernement). Les échanges étaient volontaires et les partis bénéficiaient d’un statut légal équivalent.

Au fil des siècles, le rôle des gouvernements a été perverti dans le but de donner de plus en plus de pouvoir au gouvernement au détriment des libertés individuelles. Cette situation est particulièrement évidente dans la vie de tous les jours des Québécois. Quoique vous fassiez il existe une loi, un règlement qui limite votre liberté ou qui exige une permission. Il est raisonnable d’exiger une permission pour utiliser une propriété ou un bien appartenant à quelqu’un d’autre. Le gouvernement n’est pas propriétaire des biens qu’il gère. Il est seulement le fiduciaire des propriétés et biens requis pour remplir les rôles que nous lui avons délégués. De quel droit est-ce que le gouvernement brime la liberté des Québécois en les obligeant : à devenir membre d’un syndicat contre leur gré, à financer un parti qui préconise des politiques qui vont à l’encontre de leurs croyances les plus profondes, à se faire soigner dans les établissements désignés par l’état, etc.

En grugeant graduellement les libertés individuelles les gouvernements successifs ont conditionnés les Québécois à se comporter comme des sujets. Les rois français multipliaient le prix du sel en imposant la gabelle. Le gouvernement multiplie le prix de l’essence en imposant des taxes. Les rois confisquaient le vingtième des récoltes des habitants. Le gouvernement exproprie près de 50% des revenues des Québécois. Les rois achetaient la loyauté de leurs sujets en distribuant des titres de noblesse. Le gouvernement distribue des subventions et des nominations. Les rois contrôlaient le monopole des moulins à farine. Le gouvernement contrôle les monopoles de l’électricité et de la distribution des boissons alcoolisées.

Cette situation, surtout depuis les derniers quarante ans, a conditionné les Québécois à se comporter comme des sujets. Ils trouvent normal les contraintes imposées à leur liberté. Ils acceptent volontiers d’échanger leur liberté contre de vagues promesses de veiller au mieux être de l’ensemble de la population. Ils ont perdu leurs réflexes de citoyens libres légués par leurs ancêtres.

C’est confortable et rassurant, mais dangereux. Sera-t-il possible de renverser la tendance actuelle avant qu’il ne soit trop tard ?

02 octobre, 2006

Steve Job (Apple)

L’érosion graduelle des libertés individuelles est, selon moi, le plus grand danger que les Québécois doivent combattre. On accepte beaucoup trop facilement d’échanger notre liberté contre de vagues promesses politiques. Les mesures socialisante, sous le prétexte vertueux de veiller au mieux être de l’ensemble de la population, servent d’abords à accroître le pouvoir des politiciens. L’effet pervers d’une société socialisante est la déresponsabilisation des individus. Les conséquences de cette déresponsabilisation sont : la perte de la notion d’imputabilité, le gaspillage des fonds publics, la peur du risque, l’immobilisme généralisé, etc.

Steve Job, comme la plupart des entrepreneurs, n’a pas craint de prendre des risques et d’en assumer les conséquences. Son discours aux finissants de Stanford est particulièrement révélateur (15 min.)

29 septembre, 2006

Le gouvernement et les libertés individuelles.

Il est important de réaliser que chaque fois que l’on demande au gouvernement de faire quelque chose pour nous, en retour nous devons abandonner une partie de notre liberté.

Voici un court vidéo assez explicite sur le sujet.

27 septembre, 2006

La réalité dépasse la fiction !

Lorsque j’ai écrit le texte Enfin, un règlement pour encadrer l’éternuement je voulais simplement dénoncer le ridicule des régimes politiques socialisant qui règlementent tout au nom du principe « nous savons ce qui est bon pour vous ». Je ne pouvais pas imaginer que quelque part dans le monde la réalité dépasserait la fiction.

En 2004, les Espagnols ont élu le gouvernement socialiste de Jose Luiz Rodriguez Zapatero. Il doit son élection en grande partie à la tentative malhonnête de Jose Maria Aznar de récupérer à des fins politiques les actes terroristes contre les trains de banlieue de Madrid. Il tenta d’attribuer la responsabilité de cet acte insensé aux militants Basques. Depuis, en accord avec la philosophie socialiste du « Nous savons ce qui est bon pour vous », le gouvernement espagnol dicte des lois et des règlements pour tout et rien.

La dernière trouvaille du gouvernement espagnol : règlementer l’indice de masse corporelle des mannequins. Les politiciens et fonctionnaires espagnoles ont déterminé qu’un indice de masse corporelle de moins de 18 (exemple : 55 kilos divisé par 1m75 au carré) représentait un danger imminent pour la société. La pesée à laquelle durent se soumettre les 68 mannequins, devant participer au programme de la 44e édition de la Pasarela Cibeles (le grand rendez-vous de la haute-couture cofinancé par le gouvernement régional de Madrid), révéla cinq coupables. Coupable de quoi au juste ?

Selon les politiciens socialistes espagnols ces mannequins sont responsables de l’anorexie des jeunes femmes obsédées par leur poids. Les experts se sont mis de la partie. Ils ont déclarée que cette mesure était très timide, mais allait dans la bonne direction. Selon eux, plus d’un million de femmes espagnoles sont des malades mentales comportant un haut risque d’anorexie ou de boulimie.

D’autres politiciens, qui n’ont probablement rien de plus important à faire, ont souligné l’évènement et souhaité que l’exemple des Espagnols soit suivi chez eux. La ministre de la culture britannique, Tessa Jowell, a encouragé les organisateurs de la London Fashion Week à suivre l’exemple de Madrid. Le maire de Milan, Letizia Moratti, a qualifié de sick looking les mannequins qui défilent dans sa ville. Devant autant d’encouragement un représentant de Madrid, Concha Guerra, n’a pas hésité à ajouter : Thinness is not beauty, but shows some kind of deficiency.

Les gouvernements interventionnistes et socialisants ne cesseront de me surprendre….

22 septembre, 2006

La comptabilité politique.

Comment se fait-il que les gouvernements, malgré les dénonciations des vérificateurs, des médias et des partis d’opposition, continuent année après année à gaspiller des centaines de millions ? Pourquoi les efforts consentis pour corriger une situation problématique : un projet dont les coûts ont explosé sans raisons apparentes (prolongation du Métro à Laval), un programme dont les coûts ont doublé par rapport aux prévisions (assurance médicament) ou une réglementation inutile qui empoisonne la vie des Québécois (1) , semblent futiles ? Dès qu’une brèche a été colmatée une autre apparaît aussitôt.

Pour comprendre les agissements des politiciens et des fonctionnaires on ne peut pas utiliser le schème de référence du monde des affaires. Depuis toujours, les politiciens utilisent les ressources des gouvernements, c’est-à-dire l’argent des contribuables, pour mousser leurs causes et leur pouvoir personnel. Un sujet qui les intéresse autrement plus que les rapports des vérificateurs.

La comptabilité politique diffère de la comptabilité d’entreprise.

L’interventionnisme de l’état se justifie à l’aide des principes de la comptabilité politique. Ceux-ci sont généralement à l’inverse des principes de la comptabilité d’entreprise. La prospérité d’une entreprise dépend, entre autre, de la capacité des gestionnaires à contenir les coûts par rapport aux bénéfices. Pour les politiciens les coûts d’un projet ou d’un programme sont infiniment moins importants que leurs popularités. Ils n’hésiteront donc pas à sciemment sous-évaluer leurs coûts dans le seul but de les rendre acceptables aux yeux de la population.

En économie, une activité qui produit des biens et services que les consommateurs désirent se procurer aux conditions prescrites, est considérée un succès. Les produits et services qui ne se vendent pas sont rapidement abandonnés. En politique, une activité qui attire des votes ou des contributions au parti au pouvoir, est considérée un succès. Les projets et programmes gouvernementaux sont conçus dans le but exprès de maximiser les retombées politiques plutôt que les retombées économiques. Lorsqu’un politicien fait campagne il insiste, plusieurs fois plutôt qu’une, sur les retombées des projets et programmes gouvernementaux dans son district électoral ; il ne parle jamais d’abolir les programmes inutiles pour mettre fin au gaspillage.

La comptabilité politique et le gaspillage.

Les critères utilisés pour mesurer la performance des ministères et agences gouvernementales sont incompatibles avec les pratiques comptables d’entreprise. Les fonctionnaires mesurent combien ils ont dépensé ; l’entreprise mesure combien elle a produit. Le gouvernement mesure le nombre d’emplois ajoutés dans la fonction publique ; l’entreprise mesure l’amélioration de la productivité. Le gouvernement mesure le nombre de pages de nouvelles réglementations publiées ; l’entreprise mesure le degré de simplification des procédures.

Les contribuables présument qu’avant d’imposer une nouvelle réglementation les fonctionnaires en ont judicieusement évalué les bénéfices et les coûts. En réalité, les coûts découlant d’une nouvelle réglementation et qui doivent être supportés par les contribuables sont rarement, pour ne pas dire jamais, évalués. Ne connaissant pas les coûts d’une réglementation, les politiciens et fonctionnaires ne sont pas en mesure d’en juger la pertinence. Ce qui compte c’est que la mesure préconisée soit populaire. La décision imposant l’addition de cinq pourcent d’éthanol dans l’essence en 2010 est un bon exemple de la comptabilité politique. Le fait qu’il faille 1,3 unités d’énergie pour produire une unité d’énergie-éthanol à partir du maïs, une culture extrêmement polluante, n’a que peu d’importance. L’important c’est qu’il est à la mode de promouvoir les énergies dites vertes. De plus, le lobby des producteurs de maïs est puissant, ce qui n’est pas négligeable. Dans la logique de la comptabilité politique la décision d’imposer l’ajout d’éthanol à l’essence fait d’une pierre deux coups : il favorise le vote populaire et il attire les contributions du lobby des producteurs de maïs.

Les bénéfices anticipés de la participation de l’état dans l’économie reposent sur l’hypothèse erronée que l’état peut fournir plus de services à la population que ne le ferait l’entreprise privée avec les mêmes ressources puisque l’état ne fait pas de profit. Pourtant, dans la plupart des cas les gouvernements gaspillent un pourcentage plus grand des ressources à leur disposition que le pourcentage de profit des entreprises privées. L’impact négatif de la participation de l’état dans l’économie sera d’autant plus important que le pourcentage de l’économie contrôlé par l’état est grand. La participation du gouvernement dans l’économie du Québec est la plus élevée en Amérique du Nord. C’est ce qui explique, au moins en partie, la pauvreté relative des Québécois.

Les coûts humains de la comptabilité politique.

Malheureusement, le gaspillage découlant des projets, programmes et règlementations des gouvernements a des coûts humains et sociaux énormes. Un gaspillage de 300 millions (le projet Papiers Gaspésia) équivaut aux salaires de 600 professeurs ou infirmières pendant dix ans ou à 8 000 places en garderie pendant cinq ans.

Les coûts découlant de la déresponsabilisation et de la perte de liberté des individus, conséquence directe de l’interventionnisme à outrance, sont énormes. Malheureusement ces coûts n’apparaissent pas dans les budgets officiels. Alors, ils sont présumés inexistants. C’est simpliste, mais commode.

Conclusion.

Les principes de la comptabilité politique permettent aux politiciens de rationaliser l’intervention des gouvernements dans tous les domaines de la vie sociale et économique. Ce faisant, les politiciens accroissent leur pouvoir au détriment des libertés individuelles. Les individus devenus dépendants se tournent instinctivement vers le gouvernement pour les protéger et subvenir à leurs moindres besoins. Ce cycle sans fin conduit inévitablement à la faillite de l’état comme on a pu le constater lors de la désintégration de l’ex URSS.


(1)Au Québec, un propriétaire de chalet ne peut le louer, même aux membres de sa propre famille, sans l’avoir auparavant fait « certifier » par un inspecteur. L’inspecteur attribue au chalet un certain nombre d’« étoiles » selon l’état des lieux, puis on appose une plaque indiquant le nombre d’étoiles accordées. Vous trouvez ce processus insensé ? Attendez la meilleure : il n’y a que trois inspecteurs dans toute la province pour faire observer le règlement. (Source FCEI)

15 septembre, 2006

Les droits de scolarité, une injustice sociale (suite)

Le Québec sera en période électorale dans les prochaines semaines ou tout au plus au printemps 2007. Le programme du PQ préconise de maintenir le gel des droits de scolarité. Le PLQ devra donc promette la même chose pour ne pas risquer de perdre le vote des étudiants.

Les conséquences de cette situation sont dramatiques pour l'avenir de l'éducation post-secondaire au Québec. La qualité des universités et collèges québécois continuera de se dégrader.

Dans un contexte de mondialisation ou la croissance des économies modernes favorisera de plus en plus les sociétés du savoir le Québec de demain sera grandement désavantagé. À moins bien sur que les Québécois laissent savoir aux politiciens qu'ils ont plus à perdre qu'à gagner en perpétuant cette politique irresponsable.

Pour faire suite au texte que j'ai publié le 18 janvier dernier, je vous propose de lire le texte de Jean-Paul Gagné du Journal les Affaires.

12 septembre, 2006

Pour en finir avec la dénatalité !

Les fonctionnaires recherchent une solution aux problèmes de la dénatalité.

Cette courte présentation utilise l'humour pour provoquer une réflexion sur le thème de l'interventionisme des gouvernements.

06 septembre, 2006

Qui s’occupe des vrais pauvres ?

La nécessité et l’urgence de réduire considérablement la taille de l’État Québécois pour assurer sa pérennité soulève automatiquement la question : qu’arrivera-t-il aux plus démunis ? C’est une question pertinente. Quel sera le sort des plus pauvres dans une société où tous les programmes gouvernementaux d’aide aux plus démunis seraient abolis ?

Le gouvernement et la pauvreté.

1. Le modèle qui prévaut dans l’opinion publique Québécoise.

En écoutant les lignes ouvertes et en lisant les pages d’opinion des journaux j’ai souvent l’impression que les Québécois présument que les individus œuvrant dans le milieu des affaires se comportent systématiquement de façon égoïste. Qu’ils cherchent à maximiser leur utilité individuelle, souvent au détriment de leurs concitoyens plus naïfs, pour mieux satisfaire leurs besoins personnels. De plus, ils présument que les politiciens et les fonctionnaires sont des gens généralement altruistes qui ne cherchent pas à maximiser leur utilité personnelle mais cherchent plutôt à promouvoir l’intérêt public. Ils considèrent donc que la tâche première du gouvernement est de protéger les faibles contre les forts. Ainsi, selon la croyance populaire, les individus sont divisés en deux groupes : les égoïstes qui œuvrent dans le domaine de l’économie de marché et les altruistes qui se dédient à la vie politique.

Les implications qui découlent de ces croyances politico-économiques sont importantes. Dans un marché libre de toutes entraves les individus égoïstes, économiquement forts, bien éduqués, peu scrupuleux dominent nécessairement les faibles : les handicapés physiques et mentaux, les sous-scolarisés, les minorités et les pauvres en général. Mais, puisque les individus œuvrant au sein du gouvernement sont supposés être altruistes, il leur incombe d’imposer des politiques de redistribution de la richesse entre les dominants et les laissés-pour-compte. Ainsi, selon la croyance populaire, l’économie de marché cause la pauvreté des faibles alors que le comportement altruiste des politiciens et des fonctionnaires vise à rétablir un minimum d’équilibre.

2. La réalité.

L’hypothèse selon laquelle les individus œuvrant dans la sphère de l’économie de marché sont égoïstes alors que ceux œuvrant dans la sphère gouvernementale sont altruistes est fausse. Il n’y a pas de raison de croire que la nature départage systématiquement les individus en deux groupes : les égoïstes et les altruistes. Chaque individu est un mélange d’altruisme et d’égoïsme dont les proportions diffèrent d’un individu à l’autre.

Il est évident qu’un grand nombre d’individus du milieu des affaires ont des comportements altruistes. Pour s’en convaincre il suffit de faire l’inventaire de leurs contributions, en temps et en argent, aux nombreux organismes voués au mieux-être de la société. Il est tout aussi évident qu’un grand nombre d’individus œuvrant dans le domaine public ont des comportements égoïstes. Il suffit de s’arrêter aux grands titres des médias pour s’en convaincre. De plus, il est raisonnable de croire que les proportions d’individus altruistes et égoïstes dans les deux groupes, en supposant que chacun des groupes est représentatif de l’ensemble de la société, sont à peu près les mêmes.

Le fait qu’il y ait des individus ayant des comportements altruistes et égoïstes dans chacun des groupes formant une société implique que le modèle de société décrit ci-haut, ne peut exister. Le milieu des affaires et le gouvernement n’ont pas d’objectifs indépendants de ceux des individus qui les composent. Seuls les individus ont des objectifs et ceux-ci peuvent se situer n’importe où entre purement altruistes et purement égoïstes. L’économie de marché est l’outil utilisé par ceux qui y œuvre pour atteindre leurs objectifs. De même le gouvernement est l’instrument permettant à ceux qui y participent d’atteindre leurs buts.

Donc, la question fondamentale n’est pas de savoir si la société doit adopter le modèle dit « égoïste » (économie de marché) ou le modèle dit « altruiste » (gouvernement). Il faut plutôt s’attarder à choisir les instruments qui peuvent le mieux contribuer à satisfaire les besoins de chacun des membres de la société. En d’autres mots, est-ce que l’économie de marché est un instrument plus efficace que le gouvernement pour permettre aux Québécois d’atteindre les objectifs sociaux qu’ils voudront bien se donner ?

3. Comment le gouvernement fonctionne-t-il ?

Avant de répondre à cette question il est utile d’identifier les différences fondamentales entre le milieu des affaires et le gouvernement. Le milieu des affaires représente le domaine où les individus peuvent librement échanger des biens et services. Dans cet environnement les échanges se font sur une base strictement volontaire. La force ne peut être utilisée pour obliger qui que ce soit à faire un échange qui ne lui convient pas. Ainsi, un échange sera effectué seulement si les partis impliqués perçoivent qu’ils reçoivent plus qu’ils ne donnent.

Au contraire, le gouvernement est le seul organisme dans une société qui peut faire appel à la force. Le gouvernement utilise son monopole sur l’utilisation de la force pour imposer le transfert des biens d’un groupe d’individus à un autre groupe d’individus. C’est cette caractéristique du gouvernement qui en fait un instrument si utile aux groupes qui en prennent le contrôle.

Puisque la démocratie implique que le gouvernement est contrôlé par la majorité, il est logique de croire que les pauvres, dans la mesure où ils sont en nombre suffisant, contrôleront le gouvernement. Ainsi, le gouvernement pourra adopter des politiques permettant de transférer une partie de la richesse des mieux nantis aux plus pauvres. Toutefois, la réalité est beaucoup plus complexe.

En fait, le concept de « majorité démocratique » est une vision de l’esprit plutôt qu’une réalité. Chaque individu a des intérêts personnels qu’il désire conserver ou améliorer. De plus, les individus ayant des intérêts en commun s’unissent pour former des groupes de pression (syndicats, associations, groupes sociaux) augmentant d’autant leur pouvoir politique.


Le but des groupes de pression est évidemment de promouvoir les intérêts de ses membres en influençant en leur faveur les politiques gouvernementales. Les syndicats demandent des lois du travail favorables à la syndicalisation. Le conseil du patronat demande la libéralisation des mêmes lois. Les agriculteurs exigent la gestion de l’offre et des prix planchers élevés. Les groupes sociaux demandent plus de subvention pour assurer leur pérennité. Etc.

Si le but premier d’un groupe de pression est d’influencer les politiques gouvernementales ces groupes vont naturellement encourager leurs membres à voter pour les politiciens qui promettent de supporter les politiques qui leurs sont favorables. Ainsi, le but du politicien est de s’engager à supporter les demandes des groupes de pression représentant suffisamment de vote pour être élu. On est loin d’une démocratie où chacun vote librement dans le but d’élire un gouvernement représentant les intérêts de la majorité de la population.

Dans ce système, malgré leur nombre, les pauvres sont les grands perdants. Ils leur manquent les trois éléments essentiels pour influencer l’appareil politique : le temps, l’argent et les compétences. Malgré le fait qu’il y ait de plus en plus de programmes et d’argent dédiés à enrayer la pauvreté les pauvres sont toujours là. Il faut se rendre à l’évidence. La machine gouvernementale et les groupes de pression qui se sont donnés pour mission d’aider les pauvres engloutissent la majorité des budgets et bien peu de cette argent se rend aux destinataires. En 2005, 6,8% de la population québécoise bénéficiait de l’aide sociale, le plus haut niveau de toutes les provinces canadiennes à l’exception de Terre-Neuve. Pourtant au cours de la période budgétaire 1994-1995 à 2004-2005 les subventions aux organismes communautaires ont plus que triplé passant de 99 millions $ à 327 millions $.

L’économie de marché et la pauvreté.

1. Les statistiques sont trompeuses.

Selon l’Institut de la Statistique du Québec près de 17% de la population québécoise vit sous le seuil de faible revenue (SFR), soit plus d’un million de personnes. Ces statistiques trompeuses servent bien les nombreux groupes de pression dont l’existence même dépend du plus grand nombre possible de pauvres. Elles servent bien aussi les politiciens qui s’en servent pour justifier la croissance du gouvernement sous le prétexte vertueux de redistribuer la richesse.

Ces statistiques alarmantes soulèvent plus de questions qu’elles en répondent :

  • Une donnée statistique représente une photo de la situation à un moment précis dans le temps. Il est certain qu’un grand nombre des individus gagnant un revenu moindre que le SFR à un moment donné ne feront plus partie de ces mêmes statistiques dans un mois, un an ou deux ans. Ces personnes, en voie d’escalader l’échelle socio-économique, sont-elles vraiment des personnes pauvres ?
  • Les taux de taxation marginaux quasi usuraires pratiqués au Québec équivalent à une invitation à développer l’économie au noir. Différentes études concluent que l’économie au noir représente entre 3% et 16% du PIB canadien. Selon le ministère des finances l’économie au noir au Québec représente des pertes fiscales de plus de 3 milliards $. Combien de personnes gagnant moins que le SFR ont des revenus non déclarés ?
  • Un certain nombre de personnes choisissent un mode de vie qui les maintient en bas du SFR. Certains par choix personnel, d’autres beaucoup plus nombreux et moins scrupuleux, dans le but exprès de profiter au maximum des largesses du système. Elles ne se considèrent pas pauvre pour autant.


Il n’y a pas de doute qu’il existe des gens pauvres au Québec. Toutefois, la réalité est beaucoup moins dramatique que ne le laisse entendre les statistiques officielles.


2. Les limites de l’aide gouvernementale.

En supposant que la perception qui prévaut dans l’opinion publique soit réelle et que le gouvernement pratique des politiques altruistes favorables aux plus pauvres, la réalité impose des limites importantes à la capacité du gouvernement à enrayer la pauvreté.

Prenons le cas du système d’éducation. Un des objectifs visés par une politique d’éducation primaire et secondaire gratuite et obligatoire et par une politique de frais de scolarité ridiculement bas pour les études postsecondaires, est de favoriser l’accès aux études aux enfants des familles pauvres. Ceci croyait-on allait briser le cycle de la pauvreté. Toutefois, en réalité, cette politique a favorisé l’accès aux études aux enfants des familles de classe moyenne et élevées. Les enfants des familles pauvres continuent trop souvent d’alimenter le marché du travail dès qu’ils atteignent l’âge légal. Le monopole d’état centralise les décisions entre les mains de quelques fonctionnaires. Le directeur d’école et les professeurs, coincés entre les fonctionnaires et la convention collective, ne peuvent que constater les dégâts. En particulier dans les milieux défavorisés, ils sont continuellement soumis aux abus des enfants, des parents, des fonctionnaires et des représentants syndicaux. Faut-il se surprendre si parfois ils remettent en question leur choix de carrière. Le système est congestionné, sclérosé avec pour conséquence l’augmentation sans fin des coûts et la diminution constante de la qualité. Les parents qui sont prêt à tout sacrifier pour assurer l’avenir de leur progéniture envoient leurs enfants à l’école privée. Les enfants des parents pauvres n’ont d’autres choix que de fréquenter leur école de quartier. Les plus débrouillards s’en tireront envers et contre tous mais malheureusement certains tomberont dans la criminalité. La plupart reçoivent une éducation médiocre qui leur garanti une place permanente chez les pauvres.

Cette constatation prévaut à des degrés divers dans tous les domaines monopolisés par l’état. Les pauvres sont bien utiles pour justifier l’interventionnisme de l’état mais ils sont toujours les derniers à recevoir l’aide promise. Malheureusement, trop souvent ils ne reçoivent que des miettes.

Les statistiques économiques de l’OCDE démontrent que dans les économies modernes la pauvreté diminue lorsque la croissance économique excède la croissance démographique. Les programmes gouvernementaux mis sur pieds pour enrayer la pauvreté ont au mieux des effets positifs à court terme et au pire détournent des fonds qu’il aurait mieux valu utiliser pour créer de la richesse.

3. Les avantages de l’économie de marché.

Devant l’incapacité des gouvernements à enrayer la pauvreté il faut se demander si l’économie de marché peut faire mieux.

L’économie de marché tend naturellement à utiliser tous les facteurs de production disponibles, incluant la main-d’œuvre, de manière à améliorer son efficacité. En recherchant le profit, l’entrepreneur favorise l’utilisation de main-d’œuvre ou de machinerie selon qu’il juge que l’un ou l’autre lui procurera un avantage compétitif. Ainsi, les ressources nécessairement limitées d’une économie sont allouées de façon à optimiser la croissance économique ce qui en retour favorise la création d’emploi et la diminution de la pauvreté.

Certains des emplois créés seront peu rémunérés. Toutefois, ces emplois existeront seulement dans la mesure où des travailleurs seront disponibles pour les occuper. La plupart des gens préfèrent occuper un emploi, même peu rémunéré, plutôt que d’être exclus de la société par la rampe de l’aide sociale, comme cela se produit trop souvent aujourd’hui. Pour beaucoup de gens le sentiment d’être utile, d’appartenir à une équipe, de contribuer à la société sont des valeurs plus importantes que le seul salaire. Comment pourrions-nous expliquer autrement les milliers de Québécois (es) qui œuvrent comme bénévoles ? Ils transmettront ces valeurs à leurs enfants et ainsi briseront peut-être le cycle infernal de la pauvretéL’économie de marché aide aussi les pauvres en tant que consommateurs. Les entrepreneurs libres d’optimiser les divers facteurs de production disponibles peuvent offrir des biens et services à moindre coût, les rendant ainsi plus accessibles.

4. Les vrais pauvres.

Dans un modèle de société où c’est l’économie de marché qui prédomine, qu’arriverait-il au plus démunis, à ceux qui n’ont même pas les moyens de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires ? Quelque soit le modèle socio-économique que nous préconisons un certain nombre de personnes doivent être pris en charge par l’ensemble de la société. L’élimination de tous les programmes interventionnistes de l’état aurait deux conséquences : (1) la pauvreté découlant des politiques interventionnistes et mal avisés du gouvernement serait automatiquement éliminée ; et (2) la croissance économique accrue permettrait de dégager les surplus requis pour procurer à tous les groupes de la société des conditions de vie raisonnables.

Les Québécois sont de nature généreuse. Ils acceptent un taux de fiscalisation usuraire de près de 50% dans l’espoir que l’argent qu’ils ont durement gagné sera utilisé parcimonieusement pour procurer à tous une qualité de vie raisonnable. De plus, ils contribuent des centaines de millions annuellement aux nombreuses campagnes de levée de fond pour financer des groupes communautaires, des activités de recherche et développement, des investissements en santé, en éducation, en infrastructures communautaires.

Devant l’incurie du gouvernement à fournir les services prépayés par les contribuables, près de 20% de la population de 15 ans et plus, plus d’un million de Québécois, consacrent 200 millions d’heures, l’équivalent de 100 000 emplois à plein temps, au bénévolat. De surcroit, le Secrétariat à l’action communautaire autonome, évalue à 3,9 millions le nombre de personnes aidantes qui soutiennent des proches sans passer par un organisme communautaire. Sans l’apport des bénévoles des centaines de milliers de Québécois vivrait dans l’indigence totale. Ce n’est pas le gouvernement qui amenuise la misère des pauvres mais les Québécois eux-mêmes. Toutefois, les politiciens, les groupes de pression et les fonctionnaires prennent tout le crédit sans même rougir.

Il n’y a aucun doute, si on leur en donne la chance, les Québécois sauront se responsabiliser face à leurs concitoyens moins chanceux. Le cas de la clinique du Dr. Julien est un exemple probant. Devant l’incapacité des nombreux organismes gouvernementaux à subvenir aux besoins des enfants en difficulté du quartier Hochelaga Maisonneuve, le Dr. Julien a mis sur pieds une clinique dont la réputation fait maintenant l’envie de tous. Pour éviter d’être assujetti aux politiques sclérosantes du gouvernement, le Dr. Julien fait appel à la générosité des Québécois pour financer sa clinique. Il a recruté des bénévoles compétents et engagés pour remplacer le personnel syndiqué. Ainsi, il élimine le risque que l’application de la convention collective ait préséance sur les besoins des enfants. Si on pouvait mesurer le ratio de la valeur des services rendus par rapport aux ressources investies de la clinique du Dr. Julien, je ne doute pas qu’il serait dix, cinquante, cent fois plus élevé que celui d’une clinique gouvernementale.

Si par miracle le gouvernement abandonnait tous les programmes d’aide aux pauvres et remettait aux Québécois, sous forme de réduction d’impôts, les économies ainsi réalisées, des milliers de Québécois de la trempe du Dr. Julien auraient vite fait de mettre sur pied des organismes de remplacement qui eux sauraient apporter des solutions originales aux vrais problèmes.

Conclusion

L’opinion populaire québécoise, croyant à l’altruisme des politiciens et fonctionnaires œuvrant dans le gouvernement, demande toujours plus de politiques visant à enrayer la pauvreté. Dans les faits, les pauvres sont plus souvent les victimes plutôt que les bénéficiaires des programmes gouvernementaux. De plus, ce qui compte ce sont les résultats, pas les intentions. Même en supposant que le modèle socio-économique favorisé par les Québécois soit intrinsèquement altruiste la réalité impose d’importantes limites à la capacité du gouvernement à enrayer la pauvreté. L’économie de marché, au contraire, peut réduire la pauvreté en créant des emplois et en dégageant suffisamment de richesse excédentaire pour subvenir adéquatement au besoin des vrais pauvres.

Finalement, j’ai toutes les raisons de croire que les pauvres seraient beaucoup mieux servis par l’économie de marché que par le gouvernement.

31 août, 2006

Enfin, un règlement pour gérer l’éternuement !

Les élections de l’automne 2006 avait reporté le Parti Libéral au pouvoir. Malgré la faible popularité de Jean Charest, les Québécois lui avaient donné un deuxième mandat. Ils avaient choisi le moindre mal comme ils le faisaient depuis trente ans.

Le PQ avait subi la pire défaite de son histoire. Au lendemain des élections André Boisclair avait démissionné comme chef du parti. Plusieurs prédisaient la disparition du PQ. Toutefois, lors de la course au leadership de l’automne 2008 Gilles Duceppe avait milité en faveur de l’abandon de l’option souverainiste et il avait été élu chef du parti. L’évacuation de l’option souverainiste en faveur de l’interventionnisme de l’état avait permis de faire renaître le PQ. Tout le programme du parti tournait autour du rôle prépondérant de l’état pour garantir une société juste et égalitaire. On promettait de bâtir une société exemplaire ou les inégalités et les injustices ne seraient plus tolérées. Le parti Québec Solidaire, au bord de la faillite, se sabordait au profit du PQ. Les syndicats, les groupes sociaux et les intellos de gauche voyaient dans ce changement de programme une manne qui tomberait bientôt du ciel et l’appuyait sans réserve.

À l’élection de 2010 le PQ remportait l’élection avec plus de 50% du vote populaire. Cette majorité absolue n’était pas aussi surprenante qu’on aurait pu le croire à première vue. En fait, la moitié des Québécois profitaient déjà de la redistribution forcée de la richesse créée par l’autre moitié. La promesse d’un interventionnisme encore plus créatif ne pouvait qu’améliorer le sort de la moitié profiteuse.

En 2020, le PQ était à mi-chemin dans son troisième mandat. Tout ce qui pouvait être étatisé, légiféré et règlementé l’était déjà. Les stratèges du parti étaient à court d’idée et pourtant ils étaient connus pour avoir beaucoup d’imagination. Un jour le ministre de la santé leur annonça qu’il avait trouvé la solution. Pour remporter un quatrième mandat il fallait règlementer l’éternuement : « L’éternuement est la principale cause de la transmission du virus de la grippe. Cela doit être règlementé tout comme nous règlementons les aliments, les médicaments, l’environnement, etc. Lorsque quelqu’un éternue il éjecte des millions de microbes à plus de 130 Km à l’heure pouvant contaminer ses camarades dans un rayon de 3 à 4 mètres. » Le premier ministre ajoutait : « Il est urgent d’agir et d’enrayer ce comportement asocial qui nuit à l’économie. Le gouvernement n’a plus de marge de manœuvre et si rien n’est fait il devra emprunter pour financer les coûts du système de santé. En 2019, 69% des revenus du gouvernement ont été alloué au financement de la santé. Je ne remets pas en doute la générosité légendaire des Québécois, mais ils paient déjà 75% de leurs revenus en impôts et en taxes. Pouvons-nous leur en demander davantage ? »

Le communiqué de presse de la CSN déclarait : « Enfin, un gouvernement qui a le courage de mettre fin aux abus des employeurs peu scrupuleux. Ils ne pourront plus exploiter les travailleurs en exigeant leur présence au travail s’il y a un risque, même minime, d’éternuement. Selon nos calculs le nombre de jours de travail des Québécois diminuera d’au moins 15 jours par année. Enfin, nous serons les leaders mondiaux avec moins de 200 jours ouvrables par année. »

Le Parti Vert s’était immédiatement rangé derrière ce projet innovateur. Il déclarait dans son communiqué de presse : « L’éternuement est non seulement une menace à la santé publique, c’est une menace à la démocratie. Plusieurs Québécois ne participent plus à nos marches de protestation par crainte d’être contaminés par les éternuements de nos opposants qui s’immiscent clandestinement parmi nos sympathisants. »

Le représentant du Conseil du patronat s’était timidement objecté : « L’éternuement est un réflexe naturel toléré et accepté dans tous les pays du monde. » La réponse du ministère de la santé ne se fit pas attendre : « Manger aussi est un acte naturel. Mais depuis que nous règlementons ce que les Québécois mangent les études démontrent que leur niveau de stress a considérablement diminué. Ils ne sont plus exposés à devoir choisir entre malbouffe et bouffe-santé. »

Lors de la période de question un journaliste avait demandé au Premier Ministre ce qu’il entendait faire pour améliorer le niveau de vie des Québécois. Selon la dernière étude de l’OCDE le PIB par habitant dépassait à peine 50% de la moyenne des pays de l’OCDE. Le premier ministre avait répondu : « Le PIB n’est pas un indicateur significatif pour le Québec. J’ai demandé à l’Institut de la Statistique du Québec de mesurer le BDQ, le bonheur des Québécois. On verra bien qui a raison. »

27 août, 2006

Liberté 101.

Comme vous l’avez certainement remarqué, dans mes textes je préconise moins de gouvernement et une responsabilisation accrue des individus, c’est-à-dire plus de liberté. Les gros gouvernements conduisent invariablement au gaspillage des fonds publics et à la déresponsabilisation des individus. La présentation suivante de Ken Schoolland exprime bien le pourquoi et le comment de ma position anti-gros-gouvernement.

Dans les sociétés occidentales, le gouvernement comme institution origine du besoin de protéger les libertés individuelles contre les abus des monarques. Dans ce contexte, les rôles des gouvernements se limitent à assurer la sécurité des citoyens et à administrer la justice. Malheureusement, sous prétexte de remplir l’un et l’autre de ces rôles les gouvernements grugent continuellement les libertés individuelles au profit des politiciens.

Les pères de la constitution américaine avait bien compris ce phénomène. Ils avaient inscrit dans la constitution les limites, croyaient-ils, qui devaient prévenir l’érosion constante des droits individuels au profit des gouvernements et des politiciens. S’ils revenaient à Washington aujourd’hui ils seraient certainement déçus de constater jusqu’à quel point le gouvernement américain contrôle la vie de tous les jours de leurs concitoyens.

S’ils profitaient de leur passage à Washington pour visiter le Québec, ils découvriraient une société dont la dépendance au bon vouloir de l’état a atteint un degré qu’ils ne pouvaient pas imaginer, même dans les scénarios les plus dramatiques. L’eau des piscines est contaminée, vite un nouveau règlement pour rappeler les responsables à l’ordre. Les garderies offrent des services non prévus aux règlements, on réclame un nouveau règlement pour éviter les abus. Les citoyens font de l’embonpoint, il faut un règlement pour enlever la malbouffe des comptoirs. Etc.

Les politiciens se feront toujours un plaisir de promulguer de nouveaux règlements pour répondre à la demande populaire. Toutefois, chaque nouveau règlement, sous le prétexte vertueux de répondre aux désirs de l’ensemble de la société, gruge une partie de notre liberté jusqu’au jour où l’individu est sacrifié au profit de l’élite politique. L’histoire nous enseigne quels sont les conséquences d’un tel dérapage.

24 août, 2006

Les parents québécois sont-ils irresponsables ?

Enfin l'AGPQ réagit et prend action pour enrayer les abus du ministère de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine. La ministre Théberge a concocté un règlement anti-entreprise privée dans le but d'appaiser la colère des trop nombreux groupes de pression qui s'oppose à l'arrivée de l'entreprise privée dans le domaine des garderies.

Je reprends ci-bas le texte que j'ai publié le 7 juin dernier à ce sujet :

Le gouvernement, dans sa grande sagesse habituelle, s’apprête à interdire aux parents qui envoient leurs enfants dans une garderie subventionnée, d’acheter les services supplémentaires qu’ils désirent pour leurs enfants. Encore une fois, un monopole gouvernemental prétendant agir en bon père de famille décide ce qui est le mieux pour nos enfants. Selon le gouvernement, les parents québécois sont des irresponsables incapables de décider eux-mêmes ce qu’ils veulent. Des fonctionnaires, que nous payons grâce à un régime fiscal usuraire, planifient et décident pour nous. Tous nos enfants recevront les mêmes services médiocres sous prétexte que le Québec est une société égalitaire et solidaire.

En 1997, lors de la création du régime des CPE, nous sommes passés d’un régime d’aide aux parents à un régime de subvention aux garderies. Le gouvernement s’est ainsi substitué aux parents et maintenant se croit justifier de décider pour eux quels services les garderies peuvent offrir. Ce modèle d’étatisme, que certains qualifient d’exemplaire, ignore totalement les réalités du monde moderne. Les parents ont besoin de solutions flexibles pour accommoder des horaires et des conditions de travail de plus en plus diversifiés. Mais dans un régime de garderie étatique ce n’est pas le régime qui s’adapte aux besoins des parents et des enfants, ce sont les parents et les enfants qui doivent s’ajuster à la rigidité du régime. Vous voulez des heures flexibles, vous désirez initier vos enfants aux arts, etc. oubliez çà. Tout ce qui ne peut être accommodé à l’intérieur des paramètres rigides concoctés par des fonctionnaires, eux-mêmes guidés dans leurs tâches par les syndicats, vous devrez vous en passer ou chercher ailleurs.

L’étatisation du régime des garderies est la source même de la plupart des problèmes vécus par les enfants, les parents et les garderies. Pour paraphraser un dicton bien connu sur l’institution du mariage : l’étatisation du régime des garderies est une institution créée pour résoudre des problèmes qui n’existeraient pas si l’institution elle-même n’existait pas.

Comment faire pour respecter les préférences des parents et réduire au minimum les possibilités de conflit ? Il suffit simplement de respecter le droit inaliénable des parents à choisir ce qu’ils désirent pour leurs enfants. À priori, le bon de garde ou l’équivalent, est l’instrument tout désigné pour redonner aux parents l’autonomie qu’ils ont perdue lors de la création du régime des CPE. Lorsque le pouvoir d’achat réside chez les bénéficiaires d’un service, les fournisseurs s’adaptent rapidement aux priorités de leurs clients. Au contraire, lorsque le financement provient du gouvernement les fournisseurs n’ont d’autres choix que de s’adapter aux exigences des fonctionnaires au détriment des clients.

Il est impératif que le régime de garderie du Québec soit soumis aux règles les plus élémentaires d’une économie de marché pour le plus grand bien des enfants, des parents et des fournisseurs de service. Les parents retrouveront ainsi le pouvoir de décider ce qu’ils désirent offrir à leurs enfants. Les CPE publics et privés retrouveront le droit de fixer les tarifs demandés afin qu’ils correspondent aux services dispensés. Les forces du marché trouveront rapidement le point d’équilibre entre les besoins financiers des garderies et la capacité de payer des parents.

17 août, 2006

Le ridicule ne tue pas !!

Le ridicule ne tue pas !!

Une chance pour les ministres Bachand et Courchesne que le ridicule ne tue pas.

IBM, une entreprise dont les finances sont en bien meilleur état que celles du Québec, ses revenus sont près du double et sa dette est moindre, a-t-elle vraiment besoin de l’aide du gouvernement ?

Les contribuables québécois vont débourser 9 millions pour permettre à deux ministres de participer à l’annonce d’IBM. Peut-il y avoir une autre raison pouvant justifier cette subvention ? Aidez-moi à comprendre quelqu’un.


Le jeudi 17 août 2006
IBM investit 85 millions $ à son usine de Bromont avec l'aide de Québec
Presse Canadienne
QUEBEC

Le géant de l'informatique IBM investit 85 millions $ dans son usine de Bromont, en Montérégie.
L'investissement, qui permettra à l'usine d'assumer un mandat mondial d'assemblage et de test de modules, créera 200 emplois.
L'usine est la plus grande installation d'assemblage et d'essai de semiconducteurs d'IBM dans le monde.
Elle exporte environ 700 millions $ de produits annuellement.
Inaugurée en 1972, l'usine de Bromont fournit une gamme étendue de produits à divers clients d'importance, dont IBM, Cisco, Microsoft, Sony et Nintendo.
Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand et sa collègue de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Michelle Courchesne, participaient à l'annonce, le gouvernement du Québec contribuant pour sa part 9 millions $ à l'investissement. De cette somme, 7 millions $ proviennent du Programme d'appui stratégique à l'investissement du ministère du Développement économique, et 2 millions $ proviennent d'une enveloppe d'Emploi-Québec visant la formation de la main-d'oeuvre et la mise à jour des compétences.

Les subventions créatrices d'emploi sont un mythe (3).

Mise au point de M. Lefebvre.
Bonjour M. Rouleau

Petite correction concernant votre texte sur Lefebvre Frères. La compagnie n'est pas en faillite, au contraire elle se porte bien. Les actionnaires ont pris la décision de fermer les deux usines de la Compagnie et de mettre à pied leurs employés car:
  1. Ils ne voyaient pas comment ils pourraient se démarquer dans un marché ou le Gouvernement avantage leurs compétiteurs pour plus de 50% des salaires payés et ce dans un contexte ou les salaires représente plus de 80% du coût des ventes.
  2. Désireux de poursuive la tradition familiale (3 générations) les actionnaires ont pris la décision d'investir temps et argent pour créer une nouvelle entreprise à un endroit ou les coûts de main d'œuvre leur permettrait de demeurer compétitif face aux entreprises subventionnées du Québec.

Je crois que le Québec perd au change et je continue à soutenir que le politique est une des raisons pour laquelle la richesse collective des Québécois est une des plus basse en l'Amérique du Nord et ce malgré des richesses naturelles imposantes et un esprit d'entrepreneurship sans pareil .

Pierre Lefebvre

13 août, 2006

Les subventions créatrices d'emploi sont un mythe (3).

Le cas de l’entreprise Lefebvre Frères / Industries Foresteel Limitée est un exemple probant de l’incohérence des politiques interventionnistes du gouvernement du Québec.

Le 21 avril 2004 M. Pierre Lefebvre, président du C.A., faisait parvenir une lettre à Jean Charest lui expliquant que les politiques de subvention du gouvernement allaient causer la fermeture de son entreprise. Depuis, les craintes de M. Lefebvre se sont matérialisées et l’entreprise a dû fermer ses portes.

Sous le prétexte vertueux de créer des emplois le gouvernement a poussé à la faillite cette entreprise avec pour conséquence la mise à pied de 242 employés. De plus, M. Lefebvre et ses actionnaires ont décidé d’investir leur argent et leurs talents sous des cieux moins interventionnistes et où les entrepreneurs compétitionnent à armes égales.

Faut-il se surprendre si le Québec traîne dans le peloton de queue parmi ses partenaires économiques et si Montréal demeure la seule grande ville Nord Américaine maintenant depuis plusieurs années un taux de chômage de plus de 10%.

Pour votre information je vous transmets la lettre de M. Pierre Lefebvre :

Premier Ministre du Québec
Édifice Honoré-Mercier, 3ème étage
835, boulevard René-Levesque Est
Québec (Québec) G1A 1B4

Monsieur le Premier Ministre,

Je vous écris au nom des employés et actionnaires de Lefebvre Frères Limitée et de sa filiale, Les Industries Foresteel, toutes deux de Montréal. Lefebvre Frères est établie depuis 1914 et Foresteel depuis 1960. Nous oeuvrons dans le secteur de la fabrication métallique et, en 2003, le Journal des Affaires, dans son énumération des 300 plus importantes PME du Québec, accordait à Lefebvre le 70e rang avec 242 emplois.

Un an plus tard, il ne reste que 40 emplois et ces derniers sont sérieusement compromis car il devient impossible pour une entreprise de notre secteur de concurrencer les entreprises situées en région et éligibles aux crédits d’impôt. L’interventionnisme de l’État fausse les règles du jeu et le Québec en sort grand perdant. À Montréal, l’industrie de la fabrication métallique se meurt et je me doute qu’il en va de même pour celle des autres régions non éligibles aux crédits d’impôt.

La Commission Métropolitaine de Montréal (CMM), vient de dévoiler que la grande région de Montréal, incluant Laval et Longueuil, a perdu entre 1999 et 2004 un total de 59 000 emplois dans le secteur de la fabrication. Il s’agit d’une baisse de 17 % par rapport à 1999. Je suis certain que si les chiffres pour l’Est de Montréal étaient disponibles, la situation serait plus tragique.

Au cours des trois dernières années, les entreprises suivantes, toutes situées dans la région de Montréal, ont fermé leurs portes : Robert Mitchell, Ralfor, Bedarco et Drummond Welding. Ces entreprises, qui avaient toutes plus de 20 années d’existence, faisaient de Montréal une plaque tournante de la fabrication métallique en Amérique.

LA SITUATION DE LEFEBVRE FRÈRES /FORESTEEL

Au cours des 22 dernières années, Lefebvre Frères/Foresteel a développé une expertise reconnue mondialement dans la fabrication des barres omnibus destinées a l’industrie des non-ferreux : Aluminium, magnésium, zinc et cuivre. Pendant cette période, l’entreprise a réalisé d’importants contrats :

• Alcoa (Renolds), Baie-Comeau, phases I et II (1983 et 1989)
• Aluminerie de Bécancour, Qc, phases I et II (1986 et 1989)
• Alouette, Sept-Îles, phase I (1990)
• Norsk Hydro, Qc (1986), Magnola, Qc (1998)
• Alcan, Alma, Qc (1999)
• Mozal, Mozambique, phases I et II (1999 et 2002)
• Hillside, Afrique du Sud, phases I et II (1992 et 2002)

Nous avons également réalisé plusieurs autres projets à travers le monde. Le créneau des barres omnibus représente aujourd’hui plus de 60% des ventes de l’entreprise. Au cours des trois dernières années nos deux usines de Montréal ont exporté toute leur production de barres à l’extérieur du pays.

La fabrication des barres omnibus comporte une très forte composante de main d’oeuvre directe puisque le matériel de base ( barres brutes) est généralement fourni par le client. Le prix vendant des heures de main d’oeuvre directe pour les opérations de soudage et d’usinage a un impact majeur sur la compétitivité d’une entreprise. A la suite de l’introduction des crédits d’impôt « Vallée de l’aluminium », par le Gouvernement du parti Québécois, Lefebvre Frères/Foresteel voit son marché disparaître. Il n’est pas possible de gagner de nouveaux contrats alors que des concurrents situés dans certaines régions peuvent bénéficier des avantages suivants :

• Crédit d’impôt remboursable de 40% ( maintenant 30%) sur toute augmentation de la masse salariale éligible;
• Déduction de 75% de son revenu imposable jusqu’au 31 décembre 2010;
• Déduction de 75% de son capital versé pour fin de taxe sur le capital jusqu’au 31 décembre 2010;
• Déduction de 75% des salaires pour fin de contribution au Fonds de service de santé (FSS), et ce, jusqu’au 31 décembre 2010 également.

Nous ne pouvons pas être compétitifs face à des entreprises qui bénéficient de tels avantages. Pour la première fois depuis dix ans, nous avons perdu un contrat de fabrication de barres omnibus, soit celui de l’aluminerie Alouette.

Nous croyons que la perte de ce contrat est directement liée aux politiques du gouvernement concernant les entreprises en région. La preuve : dans les renseignements additionnels sur les mesures du budget 2004-2005, le ministre des Finances, parmi les raisons qu’il donne pour maintenir les crédits d’impôt, mentionne les représentations des entreprises en région, qui ont souligné au gouvernement que « cela pourrait entraîner des difficultés financières pour les sociétés qui ont présenté des soumissions ou négocié des contrats en considérant l’impact des crédits d’impôt pour la période prévue de cinq ans ». J’assume que Monsieur Séguin, avant de reconduire les crédits, a pris soin de vérifier que les prétentions des entreprises étaient bien vraies et que s’il les maintient c’est qu’il est vrai que leur retrait mettrait la vie des entreprises en danger.

Nous avons été souvent confrontés à de la concurrence, ayant par le passé réussi à prévaloir sur des entreprises canadiennes et étrangères, mais avec les avantages accordés aux régions, il ne nous reste qu’à baisser les bras! Comment expliquer aux actionnaires et aux employés de Lefebvre Frères/Foresteel que les impôts qu’ils ont payés au cours des dernières années servent à subventionner une entreprise située dans une zone que le Gouvernement a décidé de privilégier et qui a comme résultat de déposséder les uns et de causer le licenciement massif des autres ? Comment leur faire comprendre que celui qui obtient le contrat reçoit du gouvernement des avantages qui peuvent représenter jusqu'à 50% du coût de la main d’oeuvre dans certaines situations?

Nos représentations auprès du ministère du Revenu n’ont pas été fructueuses. On nous a fait comprendre que la décision était politique. En ce qui a trait au ministère de l’Industrie et du Commerce, leur réaction a été de nous dire qu’ils n’avaient pas été consultés sur les programmes de crédits d’impôt. Nous n’avions d’autre choix que de mettre fin à nos activités de fabrication de barres omnibus au Québec et de nous résigner à recommencer à neuf ailleurs. Pour les employés et les actionnaires de Lefebvre/Foresteel les conséquences sont évidentes. Qu’en est-il du Québec ? Examinons la situation de plus proche.

• Pour le projet Alouette, les emplois ont été transférés de Montréal au Saguenay. Le nombre d’emplois est le même. La différence : le Gouvernement du Québec subventionne l’entreprise du Saguenay alors qu’une fabrication à Montréal n’aurait rien coûté. Coût pour l’état :
plusieurs millions de dollars.
• La perte de 60% de ses ventes affecte Lefebvre Frères /Foresteel au point que les emplois non reliés aux barres omnibus sont compromis. Quarante ont déjà disparus et sur les quarante autres une décision sera prise d’ici deux mois. Pertes importantes pour le trésor public.
• Au cours des 20 dernières années notre entreprise a dominé le marché international à partir de Montréal. Maintenant qu’elle n’a plus sa place au Québec elle se doit de reprendre à neuf ailleurs la ou le coût de la main d’oeuvre lui permettra d’être compétitif. Qui sortira gagnant sur les prochains contrats ? Chose certaine le Québec perdra, car au cours des vingt dernières années Lefebvre Frères/Foresteel a produit à partir de Montréal et cela sans subvention.

La disparition de deux entreprises, dont une qui fête cette année ses 90 années d’existence n’est pas dans le meilleur intérêt du Québec.

Combien d’autres cas comme le nôtre ?

LES SUBVENTIONS AUX ENTREPRISES ET L’ÉCONOMIE DU QUÉBEC

Le crédit d’impôt « Régions ressources » date du début des années 2000 et celui de la « Vallée de l’aluminium » de juin 2002. Une étude du Fraser Institute signée Fred McMahon évalue à $469 par habitant les subventions provinciales et municipales aux entreprises et ce, en l’an 2000, soit avant l’introduction des crédits d’impôt.

En Ontario, les subventions aux entreprises ne sont que de 32 $ par personne et la moyenne canadienne qui est évidemment plus élevée compte tenu du fait que le Québec fait partie du Canada, est de 193 $ par personne. Presque $2,000 pour une famille de deux adultes et deux enfants. S’agit-il d’un investissement productif et qui rapporte des emplois et de la richesse au Québec? Serait-il possible que nous fassions fausse route. Je ne peux m’empêcher de citer Monsieur McMahon, qui, à la page 47 de son étude dit ( la traduction est de moi ) : « La pratique du gouvernement du Québec de subventionner les entreprises plutôt que de baisser les taxes est non seulement inéquitable mais, en plus, elle réduit la croissance économique de
trois façons :

- elle maintient les taxes élevées, ce qui pénalise toutes les entreprises;
- elle peut récompenser les entreprises inefficaces mais politiquement bien connectées au détriment des entreprises plus efficaces; et
- elle fausse les données en détournant des ressources qui devraient être consacrées à l’augmentation de la productivité et de la compétitivité dans le marché ».

On subventionne les entreprises mais,

1. Le Québec impose à ses citoyens le fardeau fiscal le plus lourd de toutes les juridictions d’Amérique du Nord ( en pourcentage de l’économie );
2. Le Québec possède, de loin, le niveau de prospérité par personne le plus bas, mesuré par le produit intérieur brut par habitant, de toutes les provinces ou états américains industrialisés dont la population dépasse 6 000000 d’habitants;
3. À l’échelle mondiale, les chiffres démontrent que les régions retardataires des nations développées réussissent à combler l’écart avec les régions plus prospères par un facteur de 2 à 3 % par année.

Au cours des 40 dernières années le Québec n’a absolument rien comblé de son retard par rapport à la prospérité moyenne du Canada[1]; Serions-nous dans une situation ou l’interventionnisme de l’état fait plus de mal que de bien ?

LES ABUS DU SYSTÈME

Nous pensons également que le programme de crédits d’impôt ouvre la porte à des abus. Il est en effet possible que des entreprises aient pu :

• Réclamer plus d’un crédit d’impôt pour la même dépense. Non seulement le système est-il généreux, mais comme le libellé de la loi n’est pas clair, certaines entreprises en profiteraient pour demander deux ou trois crédits d’impôt pour le même dollar dépensé;
• Avoir la possibilité de réclamer un crédit d’impôt même s’il n’y a aucune création d’emploi obtenue en alternant le programme « Régions ressources » et celui de la « Vallée de l’aluminium ».

Même si la loi a été modifiée lors du budget du 12 juin 2003, il serait intéressant de connaître les sommes payées aux entreprises à cause du manque de rigueur qui prévaut dans le libellé de la loi. À une époque ou on parle de gouvernance pour les entreprises, n’est-il pas normal que les gouvernements se soumettent aux même exigences?

CONCLUSION

Nous considérons que le programme de crédit d’impôt a causé l’expropriation de notre entreprise et cela sans qu’aucun dédommagement ne soit versé à ses actionnaires et salariés.

Nous ne croyons pas que le Québec gagne. Au contraire nous croyons qu’il perd.

Il nous reste une usine et quarante emplois au Québec. L’entreprise doit prendre une décision concernant cette usine d’ici la fin de mai. Le 10 septembre 2003, il y a sept mois de cela, j’ai écrit au ministère du Revenu en posant des questions précises sur la portée des crédits d’impôt reliés à nos quarante emplois en fabrication métallique. J’ai pris bien soin dans mes communications écrites et orales de mentionner à mes interlocuteurs que mon objectif était de comprendre l’impact des crédits d’impôts sur les activités de fabrication métallique et que l’avenir de l’entreprise et de ses emplois étaient en jeu. Sept mois plus tard, et après plusieurs suivis, nous n’avons toujours pas de réponses.

Pourquoi?

Pierre Lefebvre
Président du CA
Lefebvre Frères Limitée et Les Industries Foresteel Limitée

[1] « Québec Prosperity », l’étude de M. Fred McMahon

05 août, 2006

Les subventions créatrices d’emplois sont un mythe (2).

Dans mon texte du 18 juillet, Les subventions créatrices d’emploi sont un mythe , je dénonçais les généreuses subventions que les gouvernements accordent dans le but de favoriser leur parti dans l’opinion publique. Comme pour me donner raison, le 28 juillet 2006, Norsk Hydro annonçait la vente de son usine de magnésium à Bécancour. Norsk Hydro ajoutait qu’il est possible que l’usine soit fermée. En clair, l’usine est au bord de la faillite et devra mettre à pied la plupart, sinon la totalité de ses employés.

Ce projet créé en 1989 a reçu près de 250 millions $ en subvention . Le gros de ces subventions provient du fait qu’Hydro-Québec fournissait l’électricité à Norsk Hydro à des tarifs ridiculement bas. Les États-Unis ont décrété que ces tarifs constituaient une subvention illégale et ont imposé des droits compensatoires aux produits de Norsk Hydro exporté aux États-Unis. Ainsi, le Québec, la région économique la plus pauvre de l’Amérique du Nord, a généreusement subventionné le trésor américain et il est maintenant acquis que la plupart des emplois créés disparaîtront sous peu.

Norsk Hydro est le dernier d’une série ininterrompu de fiascos :
  • L’usine Magnola à Asbestos qui devait aussi produire du magnésium. L’usine, grassement subventionné par les contribuables, a coûté plus d’un milliard de dollars, n’a jamais atteint sa pleine capacité de production et est maintenant fermée.
  • L’usine Gaspésia à Chandler. La compagnie a fait faillite et les contribuables québécois ont perdu plus de 300 millions dans cette aventure.
  • La salle de peinture de l’usine de General Motors à Boisbriand. Le gouvernement du Québec a fortement contribué financièrement à la construction de cette amélioration importante à l’usine ce qui devait assurer sa survie à moyen terme. L’usine est fermée et démolie.
  • L’usine du constructeur automobile Hyundai à Bromont. Le gouvernement du Québec y a investi de généreuses subventions et l’usine n’a fonctionné que quelques années.

Qui a été tenu responsable de ces gaspillages ? Bien sur, les partis de l’opposition ont crié aux scandales. Il y a eu des commissions d’enquête. Les médias en ont profité pour publier des grands titres accrocheurs. Mais il n’y a pas eu de procès, encore moins de condamnations. Avant même que le dernier fiasco ne soit oublié, les mêmes politiciens annonçaient déjà de nouvelles subventions créatrices d’emplois.

Malgré les fiascos, malgré les mises en garde répétées des experts, les politiciens au pouvoir continuent de distribuer généreusement l’argent des contribuables sous forme de subvention à la création d’emploi.

Cela fait beaucoup trop longtemps que les contribuables québécois, ceux qui à la fin paient la note, tolèrent les gaspillages de toutes catégories. Les politiciens en sont venus à croire que ce sont les bonnes intentions qui comptent et que, compte-tenu de la naïveté des contribuables, la machine médiatique gouvernementale pourra facilement gérer les dérapages.

30 juillet, 2006

Les bonnes intentions ne suffisent pas.

Les gens sont généralement plus sensibles et réceptifs lorsque le sujet discuté fait appel à leurs émotions. Les politiciens et les représentants des syndicats et des groupes de pression l’ont bien compris. Ils utilisent des formules chargées d’émotions pour influencer l’opinion publique en faveur de leurs causes. Les enfants, les malades, les démunis, l’environnement, etc. servent à justifier les demandes des groupes de pression et les programmes gouvernementaux qui en découlent. Rarement, pour ne pas dire jamais, fait-on appel à l’économie pour justifier des choix politiques.

L’économie est une science basée sur la raison et requiert un effort de compréhension que les gens trouvent plutôt ennuyeux. Pourtant, la société est assujettie aux lois de l’économie et ce n’est pas parce qu’on les ignore qu’elles ne s’appliquent pas. Par contre, en les ignorant les gouvernements choisissent des solutions non optimales et souvent inefficaces.

L’observateur avisé sait depuis toujours que ce n’est pas les intentions des politiciens, des planificateurs ou des bureaucrates qui comptent. S’il n’y a pas adéquation entre les moyens utilisés et les buts visés les bonnes intentions n’y changeront rien, les résultats recherchés seront invariablement en-deçà de ce qui a été promis. Seul un programme d’incitation approprié permet d’obtenir les résultats recherchés.

Par exemple, un entrepreneur qui déploie de nombreux efforts pour satisfaire ses clients voit son chiffre d’affaire et ses profits augmentés. Donc, il y a un lien direct entre les efforts fournis et les bénéfices que l’entrepreneur en retire.

Qu’arrive-t-il lorsqu’un service est fourni par le gouvernement ? Le fonctionnaire, comme tout individu normalement constitué, tente de maximiser le rapport bénéfices/efforts dans ses activités journalières. Toutefois, la rémunération des fonctionnaires n’est pas liée au nombre de clients desservis ni à leur satisfaction. Pour le fonctionnaire il n’y a pas de lien entre les efforts fournis et les bénéfices obtenus. Il doit se rabattre sur la variable « efforts » pour améliorer son rapport bénéfices/efforts. Donc, il cherchera à minimiser les efforts dédiés à servir la clientèle. Il utilisera plutôt son temps à satisfaire ses besoins personnels.

Dans les deux cas, l’entrepreneur et le fonctionnaire, cherchent simplement à améliorer leur sort. Mais, contrairement au fonctionnaire, l’entrepreneur doit nécessairement satisfaire ses clients pour atteindre son objectif. Donc, un programme d’incitation en relation avec les résultats recherchés motive les gens à modifier leurs comportements pour atteindre leurs objectifs.

Dans une économie de marché le même principe s’applique aux clients. Si vous consommez deux fois plus d’essence que votre voisin vous devrez aussi débourser deux fois plus pour bénéficier de ce privilège. Par contre, lorsque les services sont fournis par le gouvernement il n’y a pas de lien entre le prix payé et le coût des services fournis. Donc, lorsque les coûts d’un service sont en-deçà des coûts réels, le client aura tendance à exiger un maximum de services dans le but de maximiser le rapport bénéfices/efforts.

L’effet combiné de ces deux facteurs a des conséquences dramatiques pour la société. Les services fournis par le gouvernement, en plus d’être coûteux et de mauvaise qualité, gonflent artificiellement la demande. Le gouvernement n’a d’autre choix que de restreindre l’offre ce qui inévitablement crée une pénurie constante. Les groupes de pression, prétextant vouloir éliminer les pénuries et prétendant parler au nom de la population, exigent toujours plus d’argent pour leurs programmes préférés. Les politiciens, encouragés par les demandes répétées de ces groupes, créent de nouveaux programmes. Ce cycle se répète jusqu’à ce que le pays soit en faillite ou que les contribuables se révoltent.

Quel que soit le parti au pouvoir ou le niveau de gouvernement impliqué le résultat est toujours le même. Les partis de l’opposition accusent le parti au pouvoir d’irresponsabilité mais, dès qu’ils sont au pouvoir, le processus reprend de plus bel.

Le PLQ a remporté les dernières élections en promettant de dégraisser la machine gouvernementale et de réduire les impôts au rythme d'un milliard par année. Les dépenses totales sont passées de 55.8 milliards en 2005-2006 à 58.1 milliards dans le budget 2006-2007, soit une augmentation de 4.1%. À ce rythme les dépenses totales excèderont 100 milliards en 2020. Par contre, il est prévu que la population en âge de travailler (les 20-64 ans) sera à ce moment sensiblement la même qu’aujourd’hui. En supposant que les salaires augmenteront en moyenne de 2.5% par année (le taux d’inflation), le fardeau fiscal des contribuables devra augmenter de 1,6% par année pour satisfaire l’appétit insatiable de nos gouvernements. Un tel scénario conduira inévitablement à la révolte des contribuables ou à la faillite de l’état.

L’histoire démontre que les politiciens sont incapables de réduire les dépenses gouvernementales à moins d’y être obligé. Je propose donc de réduire sensiblement les revenus des gouvernements tout en maintenant l’objectif du déficit zéro. Ainsi, les gouvernements devront enfin sabrer dans les dépenses inutiles parce qu’ils n’auront plus les revenus nécessaires pour les financer. Les services qui ne seront plus disponibles auprès du gouvernement seront offerts par l’entreprise privée à des coûts et conditions beaucoup plus favorables.

Enfin, pour se prémunir contre l’irresponsabilité des gouvernements futurs, je propose que la loi exige que les dépenses ne pouvant pas être accommodées par les revenus existants soient soumises à l’approbation populaire par voie de référendum ou à l’occasion d’une élection générale. Un tel encadrement transférerait l’influence politique des groupes de pression aux contribuables et obligerait les politiciens à choisir parcimonieusement les projets qu’ils désirent promouvoir.

18 juillet, 2006

Les subventions créatrices d’emplois sont un mythe.

Les politiciens annoncent régulièrement et en grande pompe que le gouvernement accorde une subvention à tel projet, telle entreprise ou telle industrie. Invariablement, les communiqués de presse parlent longuement du nombre d’emplois directs et indirects qui seront créés. Si les chiffres ne sont pas suffisamment impressionnants on inclura les statistiques d’emplois de toute l’industrie : l’industrie forestière emploi 30 000 travailleurs, l’industrie bio-alimentaire emploi 440 000 travailleurs. Veux-t-on vraiment nous faire croire que sans les généreuses subventions annoncées l’ensemble des travailleurs de ces industries seraient mis au chômage le lendemain ?

Les mêmes programmes sont emballés plusieurs fois et à chaque fois on annonce sans sourciller la création de nouveaux emplois. Si on additionne tous les emplois ainsi annoncés non seulement le Québec aurait-il le taux de chômage le plus bas en Amérique du Nord, mais il nous faudrait encourager l’immigration de millier de travailleurs. C’est de la pure démagogie.

Pour souligner jusqu’à quel point les politiciens associent « subventions et création d’emplois » j’ai recherché les mots subvention + emploi dans les sites internet de cinq ministères. Pour la période du 1 janvier au 30 juin 2006 j’ai trouvé :

  • Développement économique, Innovation et Exportation : 82 documents ;
  • Affaires municipales et Régions : 43 documents ;
  • Développement durable, Environnement et Parcs : 85 documents ;
  • Culture et Communications : 130 documents ;
  • Familles, Aînés et Condition féminine : 22 documents ;

Pourtant, les économistes sont à peu près unanimes pour dire que les subventions gouvernementales ne créent pas vraiment d’emplois additionnels. Nathalie Elgrably, économiste à l’IÉDM, dans son éditorial du 15 juin 2006 publié dans Le Journal de Montréal conclut :

Malgré tout, les subventions sont généralement bien acceptées sous prétexte qu'elles permettent de sauver des emplois. Cet argument est tout simplement faux, car il omet de considérer le fait qu'une entreprise que l'on taxe dispose de moins de fonds pour accroître la taille de ses installations. Ainsi, nous sauvons peut-être un emploi dans l'entreprise subventionnée, mais nous empêchons la création d'un autre dans l'entreprise taxée. Et si elle avait distribué des dividendes plutôt que de prendre de l'expansion? Dans ce cas, les actionnaires auraient dépensé davantage, ce qui aurait indéniablement avantagé certains secteurs d'activités.

Comme les subventions ne sont ni un cadeau du Père Noël ni une manne divine, elles ne créent pas d'emplois, elles ne font que les déplacer d'une entreprise vers une autre. Si l'on ajoute le fait que, pour verser ces subventions, il a fallu des impôts élevés, lesquels font fuir nos entreprises ou en découragent certaines à s'installer chez nous, on en conclut que les subventions finissent par nuire à la création d'emplois.

La croyance populaire qui veut que les subventions créent des emplois est un mythe. Non seulement les subventions ne créent pas de nouveaux emplois, mais en plus cette pratique réduit le potentiel de croissance économique du Québec. À ce jour, aucun système n’a pu démontrer qu’il pouvait assurer une distribution des ressources économiques disponibles de façon aussi ou plus optimale que celle établit par les règles du marché. Pourtant, en subventionnant des projets, des entreprises et des industries choisies, c’est exactement ce que le gouvernement prétend faire.

Le mythe voulant qu’il y ait adéquation entre subvention et emplois est activement entretenu par les politiciens, les syndicats et les groupes de pression. Pour eux le système de subvention est un jeu qui permet aux plus habiles d’accroître leur pouvoir personnel. Ce jeu a des conséquences plus néfastes pour les Québécois que Loto Québec pourtant tant décrié par les groupuscules de bien-pensants. Le jeu des subventions affectent tous les Québécois d’aujourd’hui et de demain. De surcroît, les joueurs jouent l’argent des contribuables, non la leur.

13 juillet, 2006

La pauvreté, conséquence de l’étatisme.

Tous les politiciens de tous les partis prétendent vouloir éliminer/réduire la pauvreté. En réalité, on peut avec certitude compter sur eux pour exprimer de bons sentiments au moment opportun. Malheureusement, il y a peu de risques que les discours deviennent réalité.

En politique, ce qui compte avant tout c’est le spectacle. Les politiciens doivent avant tout attirer le vote des électeurs et le financement des bailleurs de fond. Que les promesses électorales se réalisent ou pas, c’est secondaire. Les politiciens savent d’expérience qu’il leur sera facile de faire oublier leurs promesses en offrant de nouveaux spectacles tous plus distrayants les uns que les autres.

Si les politiciens voulaient réellement aider les plus démunis, ils l’auraient fait depuis longtemps. En fait, trop souvent, ce sont les gouvernements et leurs bureaucraties qui empêchent les pauvres de se sortir de l’état de dépendance dans lequel ils se trouvent.

Comment les gouvernements maintiennent-ils les gens dans la pauvreté ?

D’abord, les gouvernements font augmenter artificiellement le coût de la vie. Les tarifs et quotas à l’importation, le contrôle des prix (lait, prix minimum de l’essence, etc.) ou toute autre forme de protectionnisme (renouvellement des voitures de métro sans appel d’offre) augmentent invariablement le prix des biens et services essentiels. Les groupes de pression, de connivence avec les politiciens, dénoncent le libre-échange en brandissant le spectre d’une catastrophe imminente si telle ou telle entreprise ou industrie n’est pas protégée. Dans les faits leur seul but est de favoriser des groupes déjà privilégiés, d’influencer le vote des électeurs et d’encourager les entreprises favorisées à contribuer à la caisse du parti.

Ensuite, les politiciens promulguent des lois et règlements souvent dans le but inavoué d’accroître leur pouvoir sur les citoyens. A priori, la réglementation a pour but de protéger les consommateurs. Toutefois, l’inefficacité des fonctionnaires, l’interférence des politiciens et l’influence des lobbies font que la réglementation augmente les coûts des produits et services sans pour autant protéger adéquatement le consommateur. La Fédération de l’Entreprise Indépendante du Canada estime les coûts de la réglementation au Québec à plus de 8 milliards annuellement ce qui représente une partie importante du coût des biens et services consommés par les Québécois. Pourtant, tous les règlements de ce monde n’ont jamais empêchés les truands de flouer les consommateurs : Norbourg, les commandites, etc.

Finalement, les gouvernements, encouragés par les syndicats et les groupes de pression intéressés à profiter de ses largesses, se substituent à l’économie de marché et offre directement des biens et services à la population. Ces produits et services sont offerts par des sociétés d’états (SAQ, Hydro-Québec, Loto-Québec, etc.) ou par le gouvernement (Santé et service sociaux, Éducation, etc.) et sont immanquablement plus chers et de moins bonnes qualités qu’ils sont fournis par des monopoles d’état. Ces monopoles sont gérés par des fonctionnaires ou des nominations politiques qui ont vite fait de comprendre à qui ils doivent rendre des comptes. Comme si cela n’était pas suffisant, les gouvernements ont accordé des monopoles syndicaux aux grandes centrales syndicales qui n’hésitent pas à utiliser ce pouvoir pour faire valoir leur propre agenda politique. Dans ce système, les citoyens et en particulier les pauvres, sont un mal nécessaire.

La prochaine fois que le gouvernement vous proposera d’en faire plus pour vous n’hésitez pas à répondre : non merci, je m’en occupe. Ainsi, vous serez bien mieux servis et à moindre coût.

30 juin, 2006

Tax Freedom Day. Enfin libre !

Le 19 juin 2006, l’Institut Fraser publiait son rapport Tax Freedom Day 2006. Le Tax Freedom Day est une façon simple de mesurer le taux de fiscalité des contribuables selon la province de résidence. Ce taux inclut tous les revenus collectés par les gouvernements : impôts, TPS, TVQ, taxes foncières, taxes sur les produits de l’essence, l’alcool et le tabac, etc.

Les contribuables québécois ont l’insigne honneur de travailler pour leurs gouvernements plus longtemps que tous les autres contribuables canadiens. Près de la moitié des revenus annuels de la famille moyenne québécoise servent à financer des gouvernements obèses et inefficaces. En 2006, c’est seulement depuis le 27 juin que les contribuables québécois peuvent commencer à jouir du labeur de leur travail. Les contribuables Ontariens ont été libérés le 16 juin, onze jours plus tôt que nous. Toutefois, il faut bien noter que ces calculs sont représentatifs d’une situation familiale moyenne. Certains contribuables ont arrêté de financer leurs gouvernements plus tôt alors que d’autres devront continuer à leur remettre leurs chèques de paie jusqu’en juillet. Comme chaque cas est différent je vous recommande d’utiliser le calculateur de l’Institut Fraser pour déterminer votre jour de libération.

Il est intéressant de noter qu’en 2006 le Tax Freedom Day des Québécois arrive trois jours plus tôt qu’en 2005 et six jours plus tôt qu’en 2000. C’est une bien maigre amélioration, mais au moins on semble avoir enfin dépassé le haut de la courbe. Entre 1981 et 2000 le Tax Freedom Day était passé du 7 juin au 3 juillet.

En 2006, la famille moyenne québécoise gagnera un revenu de 69 510$ et paiera 33 601$ en impôts et taxes. De ce montant 16 983$ (51%) ira au fédéral, 14 614$ (43%) sera versé au provincial et le reste, 1 993 (6%), échouera au municipal. En 2005, la même famille a payé 32 806$ en impôts et taxes, soit 795$ ou 2,4% de moins. Les principales augmentations en 2006 proviennent de l’impôt (454$) et des frais de pension et de santé (239$). On est bien loin de la réduction d'un milliard par année promis par le PLQ.

22 juin, 2006

Quel gâchis !

La saga des fusions forcées du PQ et des défusions démocratiques du PLQ coûte des centaines de millions aux contribuables québécois. De 2001 à 2003, les contribuables ont payé plusieurs centaines de millions en études, comité de transition et en coûts transitoires pour fusionner les municipalités du Québec.

Lors de la campagne électorale de 2003 le PLQ promet, à des fins électoralistes évidentes, de permettre aux municipalités qui le désirent de défusionner. Depuis, pour Montréal seulement, les coûts des référendums, du comité de transition et les coûts transitoires d’adaptation découlant du processus de défusion se chiffrent à plus de 50 millions. J’évalue à au moins 500 millions les coûts cumulatifs de la saga fusion-défusion. Si, de plus, on quantifiait les coûts découlant de l’immobilisme des élus municipaux occupés à défendre soit la fusion, soit la défusion, plutôt qu’à gérer leur municipalité, j’estime que les coûts réels de cette saga doubleraient ou même tripleraient. Mais le pire est que ce n’est pas terminé, loin de là.

Les conseils d’agglomération, organismes créés de toute pièce pour gérer les services chevauchant les villes reconstituées et les villes-centres, sont paralysés. Le budget 2006 de la ville-centre de Longueuil n’est toujours pas approuvé. Ailleurs les villes reconstituées contestent les budgets imposés par les villes-centres. Pendant ce temps, personne ne s’occupe des vrais problèmes, ceux pour lesquels les contribuables paient des taxes. Comme si cela n’était pas suffisant, le gouvernement, offre maintenant de payer les intérêts des prêts des municipalités reconstituées pour leur permettre d’étaler les hausses de taxes découlant des défusions.

Pourtant, le premier ministre Charest, tout au long de la campagne électorale de 2003, avait répété à maintes reprises que les villes qui choisiraient de défusionner assumeraient obligatoirement les coûts reliés à leur décision. Mais, à moins d’un an des élections, il vaut mieux être prudent et distribuer l’argent des contribuables là où les risques de perdre des votes sont les plus grands. Dans ce cas, il serait normal que l’argent soit pris dans les coffres du PLQ plutôt que dans les poches des contribuables.

Les fusions ont été imposées en prétextant que cela réduirait les coûts d’opération et permettrait d’améliorer les services. Après cinq ans de cafouillage et plusieurs centaines de millions de gaspillage les coûts d’opération continuent d’augmenter plus rapidement que la somme des taux de croissance de la population et de l’inflation. En ce qui concerne l’amélioration des services municipaux demandez aux Montréalais ce qu’ils en pensent.

Les défusions ont été promises en prétextant le respect d’un principe fondamental de la démocratie, le respect de la volonté de la majorité. Pourtant, le pouvoir de décider là où ça compte, c.-à-d.: le budget d’agglomération, est concentré entre les mains de la ministre des Affaires municipales et des Loisirs. On est plus près de la dictature que de la démocracie.

Finalement les municipalités se retrouvent dans une situation pire que celles qui prévalait avant les fusions forcées du PQ. Il est évident que cette situation est intenable et qu’elle devra être corrigée. Les villes doivent être des milieux accueillants qui favorisent le développement humain et économique de ses habitants. On ne peut se permettre de tolérer une situation où la priorité des élus municipaux consiste à faire de la petite politique et à parader devant la ministre des Affaires municipales et Régions.

On a beaucoup parlé de l’immobilisme du Québec dernièrement. On l’a attribué aux groupes de pression, au manque de leadership des politiciens et des élites économiques et intellectuelles. Je ne doute pas que ces causes soient bien réelles. Toutefois, des villes dynamiques, résolument tournées vers la croissance et le bien-être de ses habitants, apporteraient un contrepoids bien nécessaire à ces forces négatives. On ne peut dynamiser le Québec sans dynamiser ses villes.

Faudra-t-il encore subir plusieurs années d’inertie et gaspiller quelques centaines de millions en études, en comités de transition et en coûts transitoires pour se sortir de ce marasme ?

Le Québec, l’une des régions économiques les plus pauvres de l’Amérique du Nord, n’a certainement pas les moyens de gaspiller l’argent des contribuables de cette façon, mais il semble que personne ne s’en soucie véritablement.

07 juin, 2006

Les parents québécois sont-ils irresponsables ?

Le gouvernement, dans sa grande sagesse habituelle, s’apprête à interdire aux parents qui envoient leurs enfants dans une garderie subventionnée, d’acheter les services supplémentaires qu’ils désirent pour leurs enfants. Encore une fois, un monopole gouvernemental prétendant agir en bon père de famille décide ce qui est le mieux pour nos enfants. Selon le gouvernement, les parents québécois sont des irresponsables incapables de décider eux-mêmes ce qu’ils veulent. Des fonctionnaires, que nous payons grâce à un régime fiscal usuraire, planifient et décident pour nous. Tous nos enfants recevront les mêmes services médiocres sous prétexte que le Québec est une société égalitaire et solidaire.

En 1997, lors de la création du régime des CPE, nous sommes passés d’un régime d’aide aux parents à un régime de subvention aux garderies. Le gouvernement s’est ainsi substitué aux parents et maintenant se croit justifier de décider pour eux quels services les garderies peuvent offrir. Ce modèle d’étatisme, que certains qualifient d’exemplaire, ignore totalement les réalités du monde moderne. Les parents ont besoin de solutions flexibles pour accommoder des horaires et des conditions de travail de plus en plus diversifiés. Mais dans un régime de garderie étatique ce n’est pas le régime qui s’adapte aux besoins des parents et des enfants, ce sont les parents et les enfants qui doivent s’ajuster à la rigidité du régime. Vous voulez des heures flexibles, vous désirez initier vos enfants aux arts, etc. oubliez çà. Tout ce qui ne peut être accommodé à l’intérieur des paramètres rigides concoctés par des fonctionnaires, eux-mêmes guidés dans leurs tâches par les syndicats, vous devrez vous en passer ou chercher ailleurs.

L’étatisation du régime des garderies est la source même de la plupart des problèmes vécus par les enfants, les parents et les garderies. Pour paraphraser un dicton bien connu sur l’institution du mariage : l’étatisation du régime des garderies est une institution créée pour résoudre des problèmes qui n’existeraient pas si l’institution elle-même n’existait pas.

Comment faire pour respecter les préférences des parents et réduire au minimum les possibilités de conflit ? Il suffit simplement de respecter le droit inaliénable des parents à choisir ce qu’ils désirent pour leurs enfants. À priori, le bon de garde ou l’équivalent, est l’instrument tout désigné pour redonner aux parents l’autonomie qu’ils ont perdue lors de la création du régime des CPE. Lorsque le pouvoir d’achat réside chez les bénéficiaires d’un service, les fournisseurs s’adaptent rapidement aux priorités de leurs clients. Au contraire, lorsque le financement provient du gouvernement les fournisseurs n’ont d’autres choix que de s’adapter aux exigences des fonctionnaires au détriment des clients.

Il est impératif que le régime de garderie du Québec soit soumis aux règles les plus élémentaires d’une économie de marché pour le plus grand bien des enfants, des parents et des fournisseurs de service. Les parents retrouveront ainsi le pouvoir de décider ce qu’ils désirent offrir à leurs enfants. Les CPE publics et privés retrouveront le droit de fixer les tarifs demandés afin qu’ils correspondent aux services dispensés. Les forces du marché trouveront rapidement le point d’équilibre entre les besoins financiers des garderies et la capacité de payer des parents.

02 juin, 2006

Et que les meilleures gagnent !

Le porte-parole péquiste en matière d’éducation, Camil Bouchard, propose de moduler les subventions aux écoles publiques et privées en proportion des critères de sélection des élèves. Les écoles qui acceptent tous les élèves, sans restrictions, recevraient des subventions plus généreuses. En principe et dans la mesure où les règles d’application seraient les mêmes pour le public et le privé, cette suggestion m’apparaît excellente. Elle permettrait de traiter toutes les écoles sur un pied d’égalité du point de vue financier, une condition préalable à la venue d’un régime compétitif. Une saine compétition entre les écoles permettrait d’améliorer rapidement la qualité et l’efficacité de l’ensemble du système d’éducation. Je doute que le Parti Québécois, le parti le plus étatiste en Amérique du Nord, adopte une proposition favorable au secteur privé.

Au mieux, la qualité et l’efficacité des écoles publiques stagnent, au pire elles se détériorent. Par exemple, au secondaire le taux d’échec est passé de 12,5% en 1998, a atteint un creux de 19,9% en 2002 et se situe à 16,8% en 2004. Cette détérioration n’est certainement pas due au manque de ressources car entre 1996-1997 et 2004-2005 le taux de fréquentation des écoles primaires et secondaires a diminué de 3,8% alors que les coûts par élève augmentaient de 17,3%.

Pourquoi ? Le ministère, les commissions scolaires, les syndicats protègent leurs chasses gardées respectives au détriment des enseignants et des élèves. Pour améliorer le système d’éducation il est essentiel de ramener les élèves, c’est-à-dire les clients, au centre des préoccupations de chacun des intervenants. Pour ce faire il suffit d’offrir aux parents le choix de l’école qu’ils désirent pour leurs enfants. Ainsi, les écoles publiques devront rivaliser entre elles et avec les écoles privées pour obtenir et conserver le patronage de leur clientèle.

Les études empiriques réalisées à l’OCDE permettent de mieux comprendre les mécanismes par lesquels la concurrence entre établissements contribue à améliorer les résultats scolaires :

• La latitude de gestion dont bénéficient les établissements ainsi que la concurrence incitent les gestionnaires à améliorer les performances. Dans un régime compétitif, l’enjeu est la survie même de l’école. Cet impératif est le meilleur moyen de cristalliser l’attention de tous les intervenants sur l’essentiel, c’est-à-dire la réussite des élèves.

• La notion de choix implique nécessairement son corollaire, la notion de responsabilité. Lorsque c’est à eux qu’il revient de choisir un établissement scolaire, les parents s’impliquent nécessairement davantage dans la scolarité de leurs enfants. Dans leur étude Schneider et al. (1997) conclut que les parents, dont les enfants fréquentent des écoles publiques dans des circonscriptions qui autorisent le choix de l’établissement, participent davantage aux réunions de quartier organisées sur le thème de l’école, sont plus enclins à faire confiance aux enseignants et s’impliquent davantage dans les associations de parents et d’enseignants ainsi que dans des activités bénévoles.

• Les écoles exposées à la concurrence utilisent des méthodes pédagogiques plus intensives et parviennent davantage à faire régner la discipline. L’étude du PISA (OCDE, 2001b) conclut que la proportion d’élèves du deuxième cycle de l’enseignement secondaire s’inscrivant à des cours d’approfondissement est plus élevée, le temps consacré aux devoirs est en moyenne plus important et la discipline règne davantage. L’ensemble de ces facteurs influent positivement sur les résultats des élèves

Heureusement, au Québec, le système d’éducation bénéficie d’un secteur privé important et dynamique. Donc, en adoptant la proposition de Camil Bouchard et en offrant les mêmes conditions de financement et de sélection des élèves au privé et au public, la compétition s’installerait naturellement et rapidement. Dans moins d’une décennie le système d’éducation québécois ferait l’envie de tous pour le plus grand bien des générations futures.