Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry
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09 juin, 2008

Santé : Encore plus de bureaucratie

Depuis 2003, les efforts du ministre Couillard et les investissements du gouvernement pour désengorger les urgences n’ont pu empêcher la détérioration des résultats. Pour faire taire les critiques, le ministre Couillard n’a trouvé rien de mieux que de créer la « direction nationale des urgences ».

Peut-on être machiavélique au point de laisser croire à la population que la solution aux problèmes de congestion dans les urgences passe par plus de bureaucratie? Bien sûr que oui, le machiavélisme est le propre du politicien.

Si le ministre veut sincèrement régler ce problème voici ce qu’il doit faire :

  • Établir un objectif : Réduction de 25% du temps d’attente dans les urgences avant le 1ier juillet 2009;
  • Rétablir l’autorité des gestionnaires : Tous les conflits entre l’équipe de direction d’une part et les bureaucrates du ministère et les syndicats d’autre part seront tranchés en faveur de la direction de l’hôpital;
  • Responsabiliser les gestionnaires : Tenir les gestionnaires entièrement responsables des résultats. Offrir des bonis pouvant atteindre deux fois le salaire annuel si les résultats sont dépassés. Imposer des sanctions pouvant aller jusqu’au congédiement si les résultats ne sont pas au rendez-vous.


À tous ceux qui seraient tentés de me reprocher d’être simpliste, que ça ne peut pas fonctionner, qu’il faut ceci ou cela, je réponds : Cela fait plus de vingt ans que vous nous promettez une solution et les résultats se détériorent, alors le moment est venu d’essayer autre chose.
___________


Michel Vastel
Un médecin pour soigner les urgences!
Le journal de Québec, 07/06/2008 08h03

Faut-il en rire ou en pleurer? Pour réduire les temps d'attente ou de séjour dans les urgences des hôpitaux du Québec, le ministre Philippe Couillard crée une nouvelle «direction nationale des urgences» au sein du ministère de la Santé et des Services sociaux!

Le rapport? Le nouveau patron, le docteur Pierre Savard, est lui-même un urgentologue au Centre hospitalier universitaire de Québec qui affiche des résultats assez bons: une durée moyenne de 11 heures 30 sur civière. Ses nouvelles responsabilités réduiront cependant son temps de travail à l'hôpital à 12 heures par semaine, ce qui a fait dire au critique de l'Action démocratique: «ça ne donnera pas de nouveaux médecins, ça ne donnera pas de nouvelles infirmières...»

Le reste du temps, le docteur Savard sera dans un bureau du ministère à étudier des statistiques sur le fonctionnement des 78 hôpitaux de la province. Car l'une des premières choses que notre jovial ministre de la Santé a précisée, c'est que le nouveau «directeur national des urgences» n'aura aucun pouvoir! «Ce ne sera pas une police des urgences», a-t-il dit. «Il sera un facilitateur»!

On ignore encore combien de personnes travailleront dans cette nouvelle «direction générale». Sorte de service d'urgence pour les urgences, son personnel descendra dans les hôpitaux où cela va mal et leur apprendra de meilleures méthodes, supposément plus rapides. Il me semble que tout cela va coûter bien cher pour ne rien régler. Depuis 2003 qu'il est ministre de la Santé, un certain docteur Philippe Couillard n'a strictement rien amélioré!

Mais cela lui permettra, la prochaine fois qu'une «crise des urgences» éclatera dans les journaux, de changer un peu son discours. Plutôt que de parler encore «d'argent neuf» -- il doit commencer à en manquer! -- il dira: «les choses s'améliorent, j'ai nommé un directeur national des urgences». Une façon de dire que, si ça ne marche pas encore, ce n'est plus de sa faute mais celle du docteur Savard!

26 octobre, 2007

Le problème c’est la bureaucratie (1)

Le gouvernement propose une loi et une agence indépendante pour obliger les gouvernements futurs à entretenir les ponts et viaducs. En approuvant cette loi, l’assemblée nationale reconnaîtra que les gouvernements qui se sont succédé à Québec depuis trente ans ont mal géré les milliards destinés au ministère des transports. C’est un geste dans la bonne direction mais, est-ce suffisant? Ce sont les mêmes politiciens incompétents qui nommeront les gestionnaires de l’agence et qui établiront son budget. Ne vaudrait-il pas mieux confier la voirie à l’entreprise privée?

Quel boulet, cette ministre!
Michel Vastel, L’Actualité.com, le 19 octobre 2007

Ouf, je change de clou. Je cède à vos pressions et je m’intéresse à cette Commission d’enquête sur le viaduc de la Concorde, présidée par Pierre-Marc Johnson, et pour laquelle le premier ministre devrait être félicité puisque cela nous a permis de constater la profondeur de l’abîme dans laquelle la ‘nomenclatura’ du gouvernement du Québec nous a entraîné.

Mais je n’ai pas d’autres fleurs à distribuer.

La semaine dernière, saluant la création d’un programme de 30 milliards pour la rénovation et l’entretien des infrastructures, je demandais qu’on ne confie surtout pas tout cet argent aux fonctionnaires. Cela fait des années que ça dure, disait le premier ministre, évaluant le déficit accumulé au titre de l’entretien des infrastructures publiques à 27 milliards $. Et c’est à ce monde-là de fonctionnaires incompétents qu’on voudrait confier un autre 30 milliards $ pour réparer les pots cassés par leur négligence chronique ? On veut rire de nous ou quoi ?

Eh bien, voilà que la ministre des Transports, Julie Boulet, fait encore pire. Elle confie la responsabilité de toutes les infrastructures - même les municipales! - à une Agence de fonctionnaires qui ne rendront même pas de comptes à l’Assemblée nationale ni au pouvoir politique. Julie Boulet, qui ne connaît rien à l’ingénierie bien sûr - elle est pharmacienne - s’est laissée mener par les fonctionnaires encore une fois.

Qui plus est, ce plan ne répond même pas aux demandes de la Commission Johnson. Par exemple, au lieu de réparer les infrastructures en cinq ans, elle se donne jusqu’en 2022! Et de surcroît, ce ne sont que 80 % de ces infrastructures qui seront garanties sécuritaires. Et le 20 % qui reste? Combien y aura-t-il de ponts de la Concorde dans ce 20 %? La ministre est désolante de simplicité d’esprit: elle se fait avoir par ses propres fonctionnaires et nous allons payer bien entendu.

Vous comprendrez que je n’ai pas envie - mais pas du tout!- de féliciter Jean Charest. Il avait une belle occasion de confier tout cela à une Agence privée - va-t-il enfin prendre au sérieux sa promesse de se lancer dans les ententes de partenariat public-privé (PPP) -, Agence libre de financer ses investissements comme elle le voulait, probablement par le péage en grande partie. Au lieu de cela, nous allons continuer d’avoir des ingénieurs et des contremaîtres qui vont ordonner à des cols bleus de boucher des trous, de colmater des fissures et de poser des panneaux de signalisation pour détourner la circulation lorsque cela va trop mal.

C’est enrageant à la fin cette manie de vouloir tout faire faire par l’État, même lorsqu’il a, deux fois plutôt qu’une, démontré son incompétence…

19 juillet, 2007

Synonyme d’immobilisme : Paralysie, consensus, électoralisme, étatisme, etc.

L’immobilisme relatif du Québec est la conséquence directe de politiciens médiocres guidés par les sondages. Les groupes de pressions profitent de leur manque de leadership pour occuper l’espace politique et dicter leur agenda. La bureaucratie gouvernementale, toute puissante et sympathique aux groupes de pression, leur facilite la tâche en paralysant les dossiers.

Verrons-nous un jour un premier ministre québécois du calibre de Margaret Thatcher (U.K.) ou de Mary Robinson (Ireland) pour remettre le Québec sur les rails du succès?


Le Québec atteint de paralysie
Michel Vastel, L’actualité.com, 13 juillet 2007

Gilbert Rozon a lancé le débat. Normand Legault et Alain Simard l'ont poussé un peu plus loin. Ce matin, c'est Luck Merville qui se plaint au nom de la communauté haïtienne.

Et l'affirmation la plus surprenante vient du ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand: « Jean Drapeau n'aurait pas été capable d'accueillir Expo 67 dans le Québec d'aujourd'hui. » Venant d'un ministre du gouvernement, ancien cadre du Fonds de solidarité de la FTQ, c'est un peu étonnant.

Mais il connaît ça la paralysie, le ministre Bachand! Il en décrit très bien les symptômes: « dans une démocratie, quelqu'un qui est contre une idée doit aussi parfois se rallier à la majorité. C'est un dosage qu'on n'a pas vraiment trouvé au Québec où le consensus est parfois impossible... » Eh bien justement, si le consensus est impossible, il appartient au gouvernement de décider de ce qui est bon pour la majorité.

Traduisez cela en termes simples: s'il est dans l'intérêt de la majorité de déménager le Casino dans le Vieux Port, ou d'accueillir un nouveau spectacle du Cirque du Soleil, mais que quelques groupes s'agitent devant des caméras de télévision, les pouvoirs publics doivent les ignorer et aller de l'avant. Cela va brailler un peu mais pas longtemps.

Or Raymond Bachand est ministre. Combien de fois lui-même, ou son patron le premier ministre Jean Charest, ont-ils cédé devant la clameur de l'opinion publique.

Il est dommage que ce débat se fasse à propos des Festivals, une activité économique facile à ridiculiser, parce que ludique. Mais combien de projets encore plus importants - Le Suroît, Rabasca, ou une ou deux centrales nucléaires à moins qu'il ne s'agisse d'un autre grand barrage - ont été reportés ou annulés pour calmer la bruyante minorité.

Et que l'on ne se méprenne pas: ces professionnels de l'opposition peuvent être de bons bourgeois du Plateau Mont-Royal - comme ces artistes qui dirigent les mouvements de protestation contre de grands projets énergétiques du Nord -, mais ils peuvent aussi être des autochtones. Il n'y a aucune raison pour que l'opposition de quelques dizaines d'autochtones soit prise davantage au sérieux que celle de quelques centaines de blancs.

Oui, laissons faire les « droits ancestraux » : après 400 ans en Amérique, les Canadiens d'origine européenne - ce qui inclut en premier lieu les Québécois venus de France - ont eux aussi acquis des droits ancestraux. Et ils ont le droit d'exiger qu'on les respecte et qu'on les satisfasse...

11 juillet, 2007

La bureaucratite aigüe

L’immobilisme est directement proportionnel au nombre de politiciens et de fonctionnaires. Les uns interfèrent pour en retirer des avantages politiques, les autres s’imposent pour avoir l’impression d’être utiles. La solution requiert de réduire le plus possible leur nombre.

Michel Vastel, L’actualité.com

Voulez-vous nos bobettes avec ça?

Je vous en ai parlé le 12 juin (Toronto, la rapace). La Ville-Reine, déjà métropole économique et capitale du cinéma, veut devenir la Ville «Reine des Festivals»)

Certains d'entre vous, tout comme le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et la présidente de la Chambre de commerce, Isabelle Hudon, trouvent cela bien normal, ils sont même flattés que Toronto veuille copier nos succès. Ce matin dans La Presse, le grand patron du Festival Juste pour rire s'est vidé le coeur. Il en a marre de se faire bousculer par les fonctionnaires qui n'aiment pas les grands Festivals. Tous les grands Festivals en ont marre de la façon dont ils sont traités, qu'il s'agisse de Gilbert Rozon, Normand Legault, Alain Simard, Guy Laliberté...

Voici comment Rozon réagit au manque de leadership et à l'absence navrante de vision des dirigeants de Montréal: « Quand le maire de Toronto a dit l’hiver dernier qu’il voulait devenir la grande ville des festivals au Canada d’ici 10 ans, le maire Tremblay a dit qu’il fallait collaborer ! Hey, il vient de te donner une claque en pleine face ! C’est Montréal, la ville des festivals. Est-ce qu’on va se laisser faire ?

« Pourquoi pensez-vous que le maire de Toronto veut ça ? Il a vu ce que ça rapporte à Montréal. Mais ici, c’est sans cesse le parcours du combattant. Mais je ne vais pas passer deux autres années avec l’eau sur le bord du nez. S’ils veulent un festival rapetissé, ils vont en avoir un. »

Moi je dis que l'attitude des Montréalais à l'égard des Grands Festivals qui marchent, font connaître la ville, rapportent des dizaines de millions de dollars, et distraient les citoyens, c'est qu'il y a un petit groupe de braillards et de grincheux qui n'aiment pas le succès. Tout cela est typique de l'attitude de tous les Québécois à l'égard du succès. Si ça rapporte de l'argent, ça doit pas être bon, il faut laisser cela aux Anglais.

Cela ne vous rappelle rien? c'était le discours des curés qui ont maintenu le Québec dans la Grande Noirceur pendant trop longtemps. Aujourd'hui, les curés ont été remplacés par les nouveaux clercs de la gogauche...

Quelle pitié!

Et voilà que la ville de London revient à la charge une fois de plus pour nous piquer l'hôpital des Shriners, véritable centre de recherche. Mais c'est pas un pays ça, c'est une foire d'empoigne. Les envieux de l'Ontario veulent tout ce qui marche au Québec. Ils n'ont pas encore demandé nos bobettes, mais cela viendra.