Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

On est tellement taxés que lorsqu’il fait beau, j’ai peur de recevoir une facture. --- Michel Beaudry ________________________________________________________________________

09 mars, 2008

Le Québec souffre de « subventionnite aigu »

Tous les groupes d’intérêts, syndicats, organismes patronaux, Chambres de commerce, etc. quémandent à grands cris plus de subventions pour sauver l’industrie forestière et le secteur manufacturier. Pourtant, les programmes de subvention, au mieux, permettent de retarder une fin inévitable ou pire, créent des distorsions dans l’économie dont les effets pervers sont contre-productifs.

Les programmes de subvention sont définis en fonction des objectifs électoralistes du parti au pouvoir. Il est rare qu’ils atteignent les objectifs visés. Dans son texte, Nathalie Elgrably mentionne qu’il y a 1 700 programmes d’aide et de subvention aux entreprises. Ces programmes coûtent des milliards et personne ne semble se soucier de leur efficacité. Où sont les études coût/bénéfice?

Ils sont coûteux à administrer. Chaque demande de subvention requiert l’intervention de nombreux bureaucrates. Ils créent les formulaires de demande, approuvent les subventions et font le suivi auprès des entreprises. Les entreprises bénéficiaires doivent respecter une multitude de contraintes nuisibles à leur productivité.

Ils sont aussi des outils de propagande au profit du parti au pouvoir. Chaque subvention fait l’objet d’un communiqué de presse où l’on encense la générosité du gouvernement et mentionne les noms des ministres et députés impliqués de près ou de loin au dossier. En moyenne, il y en a une cinquantaine par mois.

Si le gouvernement cancellait tous les programmes de subvention et réduisait d’autant la fiscalité des entreprises le Québec serait le paradis de l’investissement privé au lieu de traîner dans le peloton de queue. De plus, l’élimination des programmes d’aide permettrait d’éliminer tous les fonctionnaires assignés à leur gestion. Les économies obtenues seraient plus que suffisantes pour aider les travailleurs affectés par les fermetures d’usine.

Le rôle du gouvernement n’est pas de fausser les règles du marché en concoctant des programmes de subvention inutiles. Sa priorité doit être de venir en aide aux travailleurs affectés par les conséquences inévitables d’une économie en croissance.
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Canoë, Mise à jour: 06/03/2008 10:11

Nathalie Elgrably-Levy

Aider intelligemment

La ministre des Finances, Mme Monique Jérôme-Forget, déposera son deuxième budget jeudi prochain.

Évidemment, aider le secteur manufacturier des régions ressources est l'une des priorités de l'heure. Et comme tous les partis se sont dits déçus du plan d'aide «très timide» du fédéral, on envisage certainement de délier les cordons de la bourse pour se lancer à la rescousse des régions.

Les intentions sont louables, mais il faut se méfier des mesures qu'on pourrait adopter. L'expérience nous a prouvé que subventionner les entreprises en difficulté ou offrir un crédit d'impôt remboursable de 30 % sur la croissance de la masse salariale sont des moyens inefficaces, voire tout simplement contre-productifs. D'ailleurs, comment oublier le fiasco de l'usine Gaspésia qui a coûté près de 300 millions $ aux contribuables québécois, et les 1 700 programmes d'aide et de subventions aux entreprises dont les effets tardent à se manifester ?

IDENTIFIER LA CAUSE

Pour régler définitivement un problème, il faut avoir le courage d'identifier sa cause. Si les régions ressources éprouvent des difficultés, ce n'est ni en raison de subventions insuffisantes, ni parce que le crédit de 30 % sur la croissance des salaires est trop maigre. C'est parce que leur productivité est trop faible !

À cet égard, les observations du Rapport Gagné sur les aides fiscales aux régions ressources sont fort éclairantes. En l'occurrence, il a montré que la productivité du secteur manufacturier dans les régions ressources s'est accrue d'à peine 0,2 % de 1998 à 2005. Oui, 0,2 % !!! Cette performance est lamentable, surtout quand on sait que celle du secteur manufacturier québécois dans son ensemble a augmenté de 2,5 %, et celle des régions urbaines, de 3,5 %.

ALLÉGER LE FARDEAU FISCAL

La productivité permet la création de richesse et constitue l'un des principaux moteurs de croissance d'une société. Il est donc utopique d'espérer progresser sans l'améliorer. Or, pour augmenter la productivité des travailleurs, il est primordial que (1) les entreprises aient accès à de la machinerie et à des équipements de pointe, et que (2) les travailleurs reçoivent la formation appropriée. Et comme la détresse des régions ressources est grande, il est urgent d'encourager l'investissement de manière notable, et de former adéquatement les travailleurs.

Ainsi, pour aider intelligemment les entreprises des régions ressources, comme celles de partout d'ailleurs, il serait souhaitable d'alléger leur fardeau fiscal afin de leur donner la marge de manoeuvre pour investir. Mais une telle mesure a peu de chances de voir le jour, car les politiciens aiment privilégier ce qui est politiquement rentable au détriment de ce qui est économiquement bénéfique. Par conséquent, on devrait au moins s'inspirer du rapport Gagné et remplacer l'actuel crédit d'impôt à la masse salariale par un crédit d'impôt à l'investissement. Idéalement, on devrait également encourager la formation des travailleurs. Les partis de l'Assemblée nationale peuvent offrir aux régions ressources l'occasion de s'en sortir. Espérons qu'ils auront le leadership nécessaire pour entreprendre le virage qui s'impose !

Et vu les vertus du crédit d'impôt à l'investissement, pourquoi le réserverions-nous uniquement au secteur manufacturier des régions éloignées ? Toutes régions confondues, la productivité des travailleurs québécois est inférieure à celle des travailleurs canadiens et américains. Alors, pourquoi ne pas étendre le " privilège " à l'ensemble des entreprises québécoises et ainsi les aider à devenir des acteurs redoutables sur la scène internationale ? Pouvons-nous réellement nous permettre de ne pas mettre toutes les chances de notre côté ?

1 commentaire:

Tym_Machine a dit...

Je n'aurais jamais pu le dire aussi bien moi-même avec les mots justes que vous utilisez.

Continuez votre bon travail Serge et gardez le moral. Parfois en lisant constamment du négatif, on en vient qu'à penser à aller s'accrocher après le lustre du salon.

Salutations cordiales,

Tym Machine