Le Québec s'endette au rythme de 19 millions $ par jour.

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31 mai, 2014

La réflexion du jour

«Le Québec de 2035 comptera environ deux fois plus d’individus âgés de 75 ans et plus que le Québec d’aujourd’hui.»

«Sans redressement à court terme du déficit actuel, et avec une croissance anticipée des dépenses de soins de santé de 5,2 % par année en moyenne, le déficit atteindra plus de 7 G$ en 2020-2021, avant d’augmenter rapidement jusqu’à 35 G$ dans 20 ans.»--- Raymond Bachand

30 mai, 2014

La libre concurrence, un outil efficace de réglementation

Deux entreprises de transport maritime font la navette entre la France et la Corse : une française (SNCM), l’autre italienne (corsica ferries).

La SNCM est au bord de la faillite, alors que corsica ferries engrange des profits.

Pourquoi?

La SNCM est une entreprise privée, mais le gouvernement français est actionnaire minoritaire. Corsica ferries est 100 % privée;
Les tarifs de la SNCM sont jusqu’à 33 % plus chers que ceux de corsica ferries;
La SNCM impose toutes sortes de restrictions aux usagers : pas de chien sur le pont, défense de dormir sur les canapés, etc.
La SNCM est assujettie à des conventions collectives en béton. Les tâches sont minutieusement définies et les employés confinés à une seule tâche. La productivité des employés de corsica ferries est le double de celle de la SNCM;
La SNCM reçoit beaucoup plus de subventions que son compétiteur. La gestion de la SNCM est dictée par les conditions d’obtention des subventions plutôt que par les besoins de la clientèle.
Les grèves et les interruptions de service se succèdent régulièrement ce qui fait fuir les clients.

En définitive, la SNCM se comporte comme un monopole d’État géré par des bureaucrates.

Le résultat :

En 2000, la SNCM transportait 82 % des voyageurs. En 2013, seuls 33 % des passagers l’utilisent;
En moins de quinze ans, la SNCM a accumulé 150 millions d’euros de perte;
La SNCM est acculée à la faillite.


La réflexion du jour

Au Québec, il est difficile pour un politicien de parler d'austérité, de révision de programmes, de fiscalité, sans devoir d'abord faire une génuflexion, pour marquer son respect et sa dévotion au modèle québécois, qui repose sur l'autel de la Révolution tranquille.--- Alain Dubuc

29 mai, 2014

La réflexion du jour

L'aide québécoise au secteur manufacturier ne donne pas les résultats escomptés, montre une nouvelle étude du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal. Un diagnostic important, dont le gouvernement Couillard doit tenir compte dans son prochain budget.--- Ariane Krol

28 mai, 2014

Changer le modèle québécois c’est mettre fin à la culture de dépendance

Selon l’Institut Fraser, les divers niveaux de gouvernement confisquent 44 % des revenus d’une famille canadienne de deux personnes ou plus. Mais au Québec, ce pourcentage est considérablement plus élevé.
En effet, nous payons plus d’impôts directs, la taxe de vente provinciale la plus élevée, le plus haut pourcentage de prélèvement sur la masse salariale, le plus de taxes sur l’essence et les boissons alcoolisées, le plus de taxes foncières et j’en passe.

Pourtant, nos systèmes de santé et d’éducation se maintiennent dans la moyenne canadienne; nos infrastructures routières sont manifestement plus délabrées que dans la plupart des autres provinces; Montréal est paralysé 6 mois par année pour refaire les rues, les égouts et les aqueducs dont l’entretien a été négligé depuis trente ans.

Mais ou va tout cet argent?

Un pourcentage important des revenus du gouvernement sert à subventionner des entreprises rentables et des groupes d’intérêt bruyants et bien médiatisés; à payer les salaires des nombreux fonctionnaires inutiles et à renflouer leurs fonds de pension plaqués or; à payer des extra aux entreprises de construction, de génie-conseil, d’avocats et d’informatique.

Les gros gouvernements sont synonymes de gros gaspillages.

Changer le modèle québécois c’est mettre fin à la culture de dépendance des individus, des entreprises et des organisations qui prétendent défendre les intérêts des uns et des autres, mais qui se servent toujours en premier.

Ça ne se fera pas sans douleur.


La réflexion du jour

En dernière analyse, pourquoi faire confiance aux partis et à l’État si la politique, c’est de distribuer des faveurs plutôt que de respecter des droits, et si les élus sont réduits au rôle de quêteurs auprès d’administrations trop souvent lentes, arbitraires, voire incompétentes ? Ou même, comme on l’a vu ces dernières années, quand on passe des lois qui oppriment une partie de la population pour gagner la faveur d’une majorité électorale…--- Jean-Claude Leclerc

27 mai, 2014

La réflexion du jour

Ici, au pays des merveilles, entrepreneurs et syndiqués, politiciens et administrateurs ont créé une société modèle et équitable – le modèle québécois – financée à crédit par la vente de la peau de l’ours que nous n’avons pas tué…--- Benoît Aubin

26 mai, 2014

L’économie et la saucisse Hygrade

Pour paraphraser l’adage de la saucisse Hygrade : plus de monde en mange parce qu’elle est  plus fraîche, elle est plus fraîche parce que plus de monde en mange, nous pouvons dire : l’économie croît parce que plus de monde travaille, plus de monde travaille parce que l’économie croît.

C'est en France qu'on travaille le moins dans l'OCDE avec 620 heures par habitant par an contre près de 700 en Allemagne, 750 en Europe et 870 aux États-Unis. C'est autant de richesse totale en moins à répartir entre les Français et donc autant de niveaux de vie en moins.

C’est au Québec où l’on travaille le moins en Amérique du Nord. Il ne faut donc pas se surprendre si les mêmes problèmes engendrent les mêmes maux. Les Français sont plus pauvres que les Allemands, les Québécois sont plus pauvres que les Canadiens.


La réflexion du jour

La «machine», c’est la bureaucratie. Si on ne la garde pas à l’œil, elle perd la tête. Elle s’offre à nos frais une semaine au luxueux Château Montebello, comme les directeurs des commissions scolaires. Ou au Manoir Richelieu, comme des cadres de cégep. Les bureaucrates font aussi du yoga à Drummondville. Pour oublier l’austérité, il n’y a rien comme des étirements lombaires dans les Bois-Francs.--- Michel Hébert

24 mai, 2014

La réflexion du jour

La gestion de l’offre des produits agricoles est probablement la politique économique la plus socialement régressive jamais adoptée par un pays occidental. Le but de cette politique est de limiter l’offre de produits laitiers, de volailles et de sirop d’érable ce qui a pour effet de faire grimper le prix des biens qui sont sous l’égide de cette politique. En somme, il s’agit d’un transfert (dont la taille est débattue, mais dont l’existence est indiscutable) allant de la poche des dizaines millions de consommateurs vers les dizaines de milliers de producteurs.--- Vincent Geloso

23 mai, 2014

Les gazelles : a-t-on besoin d’un autre programme de subventions?

Avant le déclenchement des élections, le gouvernement Marois annonçait en grande pompe un autre programme de subventions pour les PME en forte croissance. Ce programme était destiné à 300 entreprises de moins de 250 employés, affichant un chiffre d’affaires de 2,5 millions $ ou plus et démontrant un excellent potentiel de croissance et de création d’emplois.

Le gouvernement s’engage à leur fournir toute une panoplie de service : conseils stratégiques, montage financier sur mesure, formations, accès privilégiés à des réseaux d’experts, traitement rapide des dossiers. Mais il impose une kyrielle de conditions encore plus imposante :
  • un comité consultatif ou un conseil d’administration dans les six premiers mois suivant sa nomination;
  • suivi d’une formation de pointe sur les meilleures pratiques de gestion de la croissance;
  • Un plan stratégique dont l’enjeu est la croissance de l’entreprise;
  • élaboration et réalisation d’un plan d’intervention convenu conjointement entre l’entreprise, son chargé de projet et les partenaires (MFEQ, IQ, CLD, Export Québec, Emploi-Québec);
  • obtenir les services professionnels proposés par les partenaires (MFEQ, IQ, CLD, Export Québec, Emploi-Québec);
  • fournir les renseignements requis portant sur les services offerts et la progression de l’entreprise sur une période de cinq ans.

Je ne nie pas que les PME en forte croissance puissent bénéficier d’un coup de pouce ponctuel pour prendre leur envol. Mais je doute qu’un autre programme concocté et géré par des fonctionnaires soit la solution.

Croyez-vous vraiment qu’un fonctionnaire puisse donner des conseils stratégiques? Identifier des experts que l’entrepreneur ne connaît pas déjà? Donner des formations sur comment gérer une entreprise? Si vous répondez oui à ces questions, demandez-vous alors pourquoi ce fonctionnaire n’est pas devenu un entrepreneur?

Par définition un fonctionnaire est tout l’opposé d’un entrepreneur : peur du risque, priorité  au processus plutôt qu’au résultat, interprétation étroite des règlements, etc. Je ne blâme pas le fonctionnaire. S’il veut survivre, il doit se conformer aux exigences qui prévalent dans la fonction publique.

Un entrepreneur qui a bâti une entreprise de 200 employés affichant un chiffre d’affaires de plus de 2,5 millions $ et démontrant une forte croissance n’a certainement pas besoin d’un fonctionnaire pour lui dire quoi faire ni comment le faire.

S’il a besoin de capitaux il s’adressera à son banquier, à Investissement Québec, à Investissement Canada ou aux Fonds FTQ, CSN et Desjardins. La dernière chose dont il a besoin ce sont des fonctionnaires qui n’en finiront plus d’exiger des rapports sous tous les formats possibles.

S’il a besoin d’expertise stratégique, il fera appel à d’anciens collègues, à un réseau de mentor, à la Chambre de Commerce local, etc. Je doute que le réseau d’affaire des fonctionnaires soit plus pertinent que son propre réseau.

Il existe déjà tellement de programmes d’aide que les entrepreneurs doivent embaucher des consultants et des lobbyistes pour s’y retrouver. Une chatte en perdrait ses chatons. Un autre programme ne fera que compliquer davantage la vie des entrepreneurs.

Pour aider les entrepreneurs, il faudrait plutôt libéraliser l’environnement économique : simplifier la réglementation, réduire la fiscalité, mettre à niveau les lois du travail, etc. Les solutions sont connues. L’Institut Fraser, l’IÉDM et la FCEI ont déjà fait le tour de la question plusieurs fois. Il ne manque que la volonté politique d’agir.


Heureusement, le gouvernement Couillard a annoncé son intention de réévaluer ce nouveau programme. Espérons qu’il aura le courage de l’annuler et de proposer des mesures plus pertinentes qui permettront de vraiment améliorer le sort des entrepreneurs.

La réflexion du jour

L’UPA, ce lobby de l’agriculture industrielle, écraseur de petits producteurs indépendants, fossoyeur de diversité et d’originalité dans la production, défenseur de l’immobilisme, monopole opaque, hostile, fermé à toute réforme qui lui retirerait ne serait-ce qu’une partie de son immense pouvoir.--- Lise Ravary

22 mai, 2014

La réflexion du jour

.....les gens d’affaires doivent « redonner à la communauté ».

En fait, dit-il (ndlr Maxime Bernier), cette phrase émane d’une incompréhension du rôle de l’entrepreneur et de l’entreprise dans l’économie.

En effet, elle implique que l’entrepreneur a « pris » quelque chose à la société, lorsqu’il a développé ses affaires, et qu’il devrait donc la lui remettre, ou au moins en partie, pour montrer sa gratitude. C’est pourtant l’inverse qui est vrai : les entrepreneurs à succès le sont devenus parce qu’ils ont créé quelque chose qui a de la valeur aux yeux des consommateurs. Les entrepreneurs n’ont donc pas à se sentir mal, ou redevables plus qu’il ne le faut, envers la société.--- Michel Kelly-Gagnon

21 mai, 2014

La réflexion du jour

Il y a 20 ans, pour préserver son modèle social-démocrate, la Suède a choisi de réformer sa fonction publique. Fini la sécurité d’emploi à vie, les augmentations automatiques, la tyrannie de l’ancienneté, les descriptions de tâches rigides. On a même ouvert l’offre de services publics au privé. Les syndicats ont participé à ces courageuses réformes, au lieu de se cantonner dans l’opposition.

Aujourd’hui, l’économie suédoise est vigoureuse, la dette minuscule, le budget équilibré, l’État investit massivement en santé et en éducation et les gens, syndiqués à 80 %, sont heureux.--- Lise Ravary

20 mai, 2014

La réflexion du jour

Alors, je suis d'accord pour conserver le maximum de bénéfices sociaux pour les gens qui sont dans la charrette, mais assurons-nous aussi de bien nourrir les chevaux que sont nos entrepreneurs. Le foin, dans cette histoire, étant un contexte économique favorable à l'investissement, soit moins de taxes, moins de réglementation, plus de main-d'oeuvre qualifiée, et peut-être un allègement de la charrette en faisant descendre quelques passagers trop confortablement assis.---Gérald Daly

19 mai, 2014

Les hauts taux tuent les totaux

Au Québec comme en France, les politiciens ne connaissent qu’une formule pour renflouer les coffres de l’État : fouiller plus profondément dans les poches des contribuables.

Je me souviens trop bien des promesses de l’ex-ministre du bonheur, Raymond Bachand. Afin d’équilibrer des finances publiques, il s’engageait à réduire le taux de croissance des dépenses gouvernementales pour réduire le déficit anticipé de 60 %. En contrepartie, il imposait aux Québécois des augmentations de taxes et de tarifs pour combler le 40 % manquant.

Les augmentations de taxes et tarifs se sont rapidement concrétisées, mais j’attends toujours les réductions de dépenses.

Depuis cinq ans nous avons subi une panoplie d’augmentation de taxes et de tarifs : TVQ, impôt, taxes foncières, taxes d’eau, essence, immatriculation, taxe santé, éco taxes, SAQ, HQ, et j’en oublie. Mais rien n’y fait, le gouvernement est toujours à court d’argent et la dette continue de s’accumuler.

Les Français viennent de subir trois années de matraquage fiscal et l'État se rend compte que les recettes fiscales ne sont plus au rendez-vous avec un manque à gagner fiscal de 11 milliards d'euros pour 2013. Il faut donc au plus vite baisser les prélèvements obligatoires et bien sûr la dépense publiques et ouvrir un véritable débat sur la taille de l'État et le niveau de redistribution que l'on souhaite financer.  

Nicolas Doze a trouvé la bonne formule pour résumer ce phénomène : les hauts taux tuent les totaux.


La réflexion du jour

Parmi les provinces, le Québec est incontestablement le champion des subventions. La province a versé à elle seule 115,5 milliards $ en aides financières diverses de 1980 à 2009. L’Alberta, l’Ontario et la Colombie-Britannique occupent les deuxième, troisième et quatrième rangs avec des contributions de 49,9 milliards $, 46,7 milliards $ et 34,5 milliards $.--- Carl Renaud

17 mai, 2014

La réflexion du jour

Alors la question qui taraude bien des gens: combien de sous-ministres, hauts-fonctionnaires, directeurs généraux, ingénieurs de l'État ont perdu leur job ou ont été rétrogradés en raison de leur incurie crasse?

Où est ce rempart qui, selon le discours syndical, doit nous protéger quand tout un chacun (excluons François Beaudry, qui mérite une médaille) perpétue le système pour des enveloppes brunes, des billets de hockey, un voyage dans le sud, des bouteilles de vin et quoi encore.--- Donald Charette

16 mai, 2014

Les dossiers de circonscription sont la propriété de l’État

Trop souvent, les députés sortants éliminent leurs dossiers avant de quitter leur bureau de circonscription. Dans certains cas, les dossiers sont conservés par le député sortant, dans d’autres ils sont tout bonnement détruits. Dans un cas comme dans l’autre, cela constitue un vol. Ces dossiers ne leur appartiennent pas, ils appartiennent à l’État.

Cette pratique détestable doit être dénoncée, condamnée et enrayée. Les nouveaux élus face à des classeurs vides n’ont d’autres choix que de demander  aux citoyens, entreprises et organismes concernés d’ouvrir un nouveau dossier et de tout reprendre à zéro. En plus d’occasionner des délais considérables dans le traitement des dossiers, cette pratique alimente le cynisme des Québécois envers les politiciens. Il n’est certainement pas utile de ralentir plus qu’elle ne l’est déjà la machine gouvernementale ni d’encourager le cynisme envers la classe politique.

Ces dossiers n’appartiennent pas au député, mais à l’État. Il serait inimaginable qu’un fonctionnaire ou un employé d’entreprise privée détruisent ses dossiers lorsqu’il quitte son emploi. Ces dossiers appartiennent au ministère ou à l’entreprise qui les emploie et non à l’individu qui en avait la responsabilité.

Pourquoi en serait-il autrement pour un député. C’est l’État, c’est-à-dire les contribuables, qui paie le salaire et les dépenses des députés et de ce fait l’État demeure propriétaire de ses dossiers lorsque celui-ci quitte ses fonctions.

Certains députés plaident la confidentialité pour justifier leur irresponsabilité. Foutaise. Est-ce que les médecins, les notaires, les avocats, détruisent les dossiers de leurs clients sous prétexte qu’ils contiennent des informations confidentielles? Certainement pas. Si dans des circonstances particulières, un individu, une entreprise ou un organisme désire que son dossier soit détruit dans le cas où le député en fonction serait remplacé, il suffirait de le spécifier au moment de l’ouverture du dossier.

Malheureusement, il existera toujours un certain nombre de petits politiciens frustrés qui n’hésiteront pas à détruire leurs dossiers par dépit ou par vengeance. Devant autant d’irresponsabilité, c’est au parlement en tant qu’employeur de veiller à discipliner les députés et de s’assurer que les dossiers de circonscription survivront après son départ.

Pour s’assurer que cette pratique puérile et coûteuse disparaisse une fois pour toutes, il suffirait de retenir les indemnités de départ des députés jusqu’à ce que le nouveau député confirme la réception des dossiers en bonne et due forme. En cas de conflit, un arbitre neutre serait mandaté pour trancher le litige.


La réflexion du jour

M. Chevrette fait partie d’une certaine arrière-garde qui a prospéré avec l’idée que les politiciens donnent les ordres, et les fonctionnaires les exécutent. Qu’importe que les projets soient utiles, urgents, nécessaires d’un point de vue rationnel. À partir du moment où un ministre des Transports fort en gueule dicte sa raison, la raison politique, tout semble justifiable, ou excusable. Même les éléphants blancs perdus dans les Laurentides.--- Brian Myles

15 mai, 2014

La réflexion du jour

M. Coiteux rêve aussi de productivité. Il apprendra vite que l’administration ne mesure à peu près pas le rendement de ses employés, embauchés à vie, peu importe la compétence et le dévouement. On ne mesure pas le rendement quand l’immobilisme sert justement à maintenir des programmes que l’on sait désuets.--- Michel Hébert

14 mai, 2014

L'incapacité des autorités à bien diagnostiquer l'état de l'économie

André Dorais

Selon les indices des prix à la consommation au Canada, aux États-Unis et en Europe, l'inflation est faible depuis la crise économique de 2008.  Depuis 2012, elle ne dépasse pas 2 % dans chacune de ces régions, sur une base annualisée.  Elle est si faible en Europe que plusieurs individus, dont Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, exhortent la Banque centrale européenne d'assouplir sa politique monétaire pour encourager la consommation.  Leur raisonnement est le suivant: une inflation trop faible décourage la consommation qui, à son tour, ralentit la croissance économique.

Question de faire ressortir les nombreuses erreurs de ce raisonnement, voici d'abord quelques affirmations qui seront analysées par suite: une faible inflation ne décourage pas la consommation, ni ne ralentit la croissance économique; une croissance économique n'a nul besoin d'inflation pour naître et elle ne se fonde pas non plus sur une augmentation de la consommation; une politique monétaire «souple» ou expansionniste ne constitue pas un remède à la croissance économique.  Enfin, probablement la plus grave erreur de ce raisonnement est de sous-entendre qu'une politique expansionniste soit sans danger tant que l'inflation est faible.

Une faible inflation ne ralentit ni la consommation, ni la croissance économique

L'idée qu'une consommation soit reportée à plus tard parce qu'on prévoit une baisse des prix est généralement rattachée au concept de déflation plutôt qu'à celui d'inflation.  Cependant, qu'on l'associe à la déflation ou à une faible inflation le raisonnement est le même.  Seule une question de degré de «découragement» ou d'empressement les différencie.  On prétend qu'une faible inflation décourage la consommation parce qu'il ne sert à rien de se presser pour consommer lorsqu'on sait qu'on pourra se procurer plus tard et pratiquement au même prix les biens et services qu'on désire.  Dans la même veine, on se dépêchera d'autant moins à dépenser et à consommer s'il y a déflation, entendue ici comme étant une baisse générale des prix des biens et des services. 

Je n'irai pas jusqu'à dire que ce raisonnement est ridicule, mais il est certainement exagéré.  On peut concevoir que certains consommateurs retardent l'achat de quelques biens et services parce qu'ils s'attendent à une baisse de leurs prix, mais de là à conclure que la majorité d'entre eux retarde l'ensemble de leur consommation, il y a une marge.  Les gens retarderont leurs dépenses de certains biens économiques, notamment les plus dispendieux, uniquement s'ils peuvent reporter à plus tard la satisfaction des besoins qui sous-tend l'achat de ces biens et s'ils considèrent hautement probable une baisse à venir de leurs prix et hautement probable leur disponibilité le jour où ils veulent se les procurer.  Par ailleurs, ils continueront de se nourrir, s'habiller et se loger peu importe les prix.

On doit rappeler l'évidence.  Craindre une réduction de la consommation parce que les prix des biens économiques sont à la baisse va à l'encontre de la loi de la demande qui dit que plus le prix d'un bien économique est faible, plus il sera convoité, toutes choses égales par ailleurs. 

On vient d'abattre l'idée que l'inflation soit nécessaire à la consommation, mais est-elle nécessaire à la croissance économique?  Les trop nombreuses autorités qui attribuent une faible consommation à une faible inflation attribuent tout aussi erronément une faible croissance économique à une faible inflation.  Pourquoi?  D'abord, elles considèrent que la consommation constitue la pierre angulaire de l'économie; elles tirent cette conclusion du produit intérieur brut (PIB) qui accorde la part du lion à la consommation. 

Le PIB constitue l'agrégat le plus populaire pour mesurer la croissance économique.  On le présente simplement comme étant la somme des dépenses gouvernementales, de consommation et d'investissement, celles-ci étant aussi qualifiées de dépenses de production.  Bien que le poids accordé à chacune de ces catégories varie d'un pays à l'autre, on attribue généralement aux dépenses de consommation quelque 60 % du PIB.  Ainsi, en partant de l'idée que ces dernières soient peu élevées à cause de la faible inflation, il s'ensuit presque inévitablement une faible croissance économique.

Une croissance économique ne se fonde pas sur une augmentation de la consommation

Si la consommation constitue une composante importante de la croissance économique, elle n'en est pas la plus importante.  En effet, il ne peut pas y avoir de consommation s'il n'y a pas de production au préalable, à tout le moins un investissement de travail.  Rendre compte adéquatement des dépenses de production constitue la principale faiblesse du PIB.  Non seulement le PIB ne rend pas compte de l'ordre chronologique de la production et de la consommation, mais il attribue à celle-ci un poids démesuré. 

Cette erreur provient de la pratique d'exclure plusieurs dépenses de production dans le calcul du PIB sous le prétexte qu'elles se retrouvent dans les prix des biens de consommation.  Or, si les dépenses de production, ou d'investissement, sont inclues dans les dépenses de consommation, pourquoi ne pas les exclure complètement du PIB?  Autrement dit, pourquoi continue-t-on de calculer certaines dépenses de production si elles sont déjà comptabilisées dans les dépenses de consommation?  Selon ce point de vue, inclure les dépenses de production dans le PIB revient à calculer plusieurs fois les mêmes dépenses.  Or, comme le démontre George Reisman, dans son article «The Value of Final Products Counts Only Itself», les dépenses de consommation ne comptent qu'elles-mêmes.  

Reisman ne s'en tient pas qu'à cette démonstration, il offre un agrégat alternatif au PIB qui rend mieux compte de la richesse économique.  Il le nomme «revenu intérieur brut».  D'après cet agrégat, les dépenses de consommation, publiques et privées, aux États-Unis, constituent environ 33 % des dépenses totales, tandis que les dépenses d'investissement constituent le reste, soit 67 %.  Ce sont là des résultats qui représentent l'exact opposé de ceux obtenus par l'entremise du PIB. 
    
On doit donc faire attention avant de conclure que la consommation constitue la composante la plus importante de la croissance économique.  C'est vrai uniquement si l'on utilise l'actuelle définition de la croissance économique, à savoir une variation positive du PIB d'une période à l'autre.  Si on ne remet pas en question le PIB, qu'on l'interprète à la lettre, alors on encourage la consommation dans le but d'obtenir une croissance économique à court terme, mais au détriment d'une croissance économique durable. 
  
En effet, maintenir et améliorer les moyens de production exige du temps et des ressources qui ne peuvent pas être disponibles s’ils sont utilisés à des fins de consommation.  Les ressources ne sont pas infinies, seul l’est la capacité de produire la monnaie fiduciaire.  Néanmoins, il ne suffit d’émettre celle-ci en grande quantité pour qu’apparaisse une plus grande capacité de production.  La première relève strictement d’une décision politique, alors que la seconde relève du temps, des ressources disponibles et de l’ingéniosité humaine.  Une banque centrale qui n’est pas consciente de cette différence et qui se sert à la lettre des données du PIB pour déterminer l’état de l’économie préconisera inévitablement le court terme au détriment du long terme.

Une politique monétaire expansionniste ne constitue pas le remède à une relance économique

Prescrire un remède à un individu exige une connaissance des médicaments et une capacité à bien diagnostiquer les problèmes.  Les banques centrales connaissent les médicaments, mais elles évaluent mal les problèmes, car les outils dont elles se servent pour ce faire sont inadéquats.  Il s'ensuit que les remèdes qu'elles prescrivent le sont tout autant, voire aggravent la situation.  

Si une relance de l'économie exige une relance de l'investissement privé, alors tout ce qu'un gouvernement peut faire est de le faciliter.  Il ne doit pas essayer de le remplacer comme il le fait trop souvent sous le prétexte que lui aussi peut investir.  On doit rappeler que ses dépenses ne sont pas tant des dépenses d'investissement que des dépenses de consommation.  S'il doit encourager quelque chose, ce n'est pas la consommation, mais l'épargne.  C'est l'épargne qui permet d'investir dans des moyens de production dans l'espoir d'augmenter la richesse économique.

Établir le taux directeur à un niveau historiquement bas n'est pas propice à l'épargne, mais à la spéculation.  Dans ce contexte, les gens sont portés à consommer davantage à crédit et à investir dans des projets ou des actifs plus risqués qu'ils ne le feraient autrement.  L'autre aspect d'une politique monétaire expansionniste est d'accroître l'offre de monnaie.  L'idée principale derrière cette politique est d'encourager la consommation et l'investissement. 

Encourager l'investissement est certainement plus constructif que d'encourager la consommation, mais encore faut-il savoir comment s'y prendre.  À réduire le taux directeur à un niveau plus bas que celui qui serait établi par les forces du marché et à augmenter l'offre de monnaie à un niveau plus élevé que celle qui serait établie par ces mêmes forces, la banque centrale n'aide pas l'investissement, mais lui nuit.  Elle lui nuit, car elle fausse les données à partir desquelles l'homme agit et investit.

Parce que les taux de financement sont peu élevés et qu'il y a beaucoup d'argent de disponible, les agents économiques sont incités à investir dans des projets de longue durée.  Cependant, il n'y a pas plus de ressources disponibles, il y a uniquement plus d'argent pour se les procurer.  Les premiers à investir grâce à cette politique réaliseront probablement leurs projets, toutes choses égales par ailleurs, car ils obtiennent les ressources (matière première, main-d'œuvre, etc.) aux prix prévus.  Cependant, plus le temps passe, plus les prix de celles-ci risquent d'augmenter pour satisfaire la demande accrue.  Il s'ensuit que les entrepreneurs qui tardent à débuter leurs projets risquent d'être incapables de les compléter, soit parce que les prix des ressources s'avèrent plus élevés que prévus, soit parce qu'elles ne sont plus disponibles en quantité suffisante.  Plusieurs ressources sont ainsi dilapidées, mais ce constat demande temps et réflexion pour être réalisé.

Les effets d'une politique expansionniste sont plus faciles à observer dans les marchés boursiers.  Peu après leur effondrement en l'an 2000, les banques centrales ont abaissé leur taux directeur et augmenté leur offre de monnaie.  Lorsque les marchés sont repartis à la hausse en 2003, les banques centrales ont alors rehaussé leur taux directeur et diminué leur offre de monnaie.  En 2008, nouvel effondrement des marchés, les banques centrales abaissent de nouveau le taux directeur et augmentent de nouveau l'offre de monnaie.
 
Aujourd'hui, en 2014, les marchés boursiers, notamment américains, sont à des niveaux records, mais les autorités continuent de stimuler l'économie.  Doit-on conclure qu'elle ne se porte pas aussi bien qu'on le dit?  Si c'est le cas, est-ce à dire que les marchés boursiers reflètent davantage les politiques monétaires qu'une embellie économique?  Je le pense, mais ce point de vue n'est pas partagé par les autorités.  Elles sont néanmoins craintives, sinon elles ne continueraient pas à encourager la consommation, à injecter des sommes colossales dans l'économie et à maintenir le taux directeur à un niveau historiquement bas. 

Les autorités monétaires ne sont pas prêtes à adopter une politique monétaire restrictive pour ralentir la progression des marchés, tandis que les autorités législatives ne sont pas prêtes à adopter une politique fiscale restrictive pour ralentir la progression de la dette publique.  Elles n'y sont pas prêtes, car elles n'ont de yeux que pour l'inflation, telle que déterminée par l'indice des prix à la consommation. 

À mon avis, il y a deux raisons principales qui expliquent la faible hausse des prix des biens et services de consommation.  D'abord, le marché des ressources premières est en baisse depuis 3 ans, du moins il l'était jusqu'à tout récemment, ce qui se répercute sur les prix des biens de consommation.  Ensuite, les taux d'intérêt sont en baisse depuis 33 ans et de manière plus prononcée depuis la dernière crise économique. Ces taux affectent directement le financement des maisons et des véhicules qui constitue une part importante des dépenses considérées dans l'indice des prix à la consommation.  Ce sont effectivement les prix du financement de ces biens qui sont inclus dans ledit indice, ce qui explique en partie qu'il soit si bas.  Les autorités veulent une augmentation de l'inflation, mais non une augmentation du taux directeur...  Voilà un problème qui risque d'être résolu sans leur aide. 

Au-delà de ces spéculations à savoir pourquoi l'indice des prix à la consommation est si bas, on doit réaliser que les biens économiques répertoriés par cet indice ne constituent qu'une infime partie de ceux affectés par les politiques monétaires.  Il s'ensuit qu'une faible inflation des prix des biens et services de consommation ne doit pas être considérée comme représentative de l'ensemble de l'économie. 

Une faible inflation ne prouve pas qu'une politique expansionniste soit sans danger

Les banques centrales ne remettent pas en question leurs politiques; elles se défendent d'être la cause principale des cycles économiques.  Si ce n'était des définitions de la richesse économique et de l'inflation qu'elles utilisent, leur position serait indéfendable.  Il y a, en effet, également leur définition de l'inflation qui cause problème.  En définissant l'inflation comme étant une hausse des prix des biens et des services de consommation, non seulement les banques centrales réduisent leur champ de vision et perdent le sens des proportions, mais elles se rendent inaptes à expliquer la variation des prix des biens économiques. 
Pour être en mesure d'expliquer la variation des prix des biens économiques, on doit d'abord évaluer la variation de la «quantité» de monnaie dans l'économie.  On parle de quantité pour faire simple, mais ce n'est pas précis car cela renvoie au temps où la monnaie était métallique et évaluée au poids, toutes choses égales par ailleurs.  Aujourd'hui, lorsqu'on évoque une évaluation de la quantité de monnaie, on réfère en réalité à une évaluation de sa valeur nominale.  Lorsque cette valeur est accrue relativement à la richesse créée, on parle communément d'«inflation monétaire».

L'inflation monétaire constitue la source principale de l'augmentation des prix des biens économiques.  Les biens économiques représentent une catégorie beaucoup plus large que les biens et services de consommation.  Ils sont utiles, rares, échangeables et ils sont produits ou non par l'homme.  Ils incluent et les biens et services de consommation et les biens de production.  En somme, on peut dire que tout ce qui peut légitimement avoir un prix constitue un bien économique. 

L'inflation monétaire n'affecte pas les biens économiques de manière égale, elle s'y répercute différemment selon la façon dont elle est introduite dans l'économie et selon les désirs de ceux et celles qui en ont un accès privilégié.  Les marchés boursiers et immobiliers sont souvent les premiers bénéficiaires du nouvel argent, ce qui explique la variation de leurs prix, mais celle-ci n'est pas comptabilisée dans l'indice des prix à la consommation.  Par conséquent, il ne suffit pas de constater une faible inflation d'après cet indice pour conclure que l'inflation monétaire soit sans danger. 

En somme, les autorités monétaires commettent deux erreurs plutôt qu'une en ce qui a trait à l'inflation.  Elles ne voient pas de danger à l'inflation monétaire autre que celui répertorié dans l'indice des prix à la consommation et elles se servent de cet indice pour déterminer leur politique monétaire.  Ce faisant, elles accentuent les cycles économiques plutôt que de les réduire et elles détruisent la richesse sous le prétexte de stimuler l'économie.  Évidemment, le poids démesuré qu'elles accordent au PIB et à la consommation ne les aide pas à voir plus clair.


La réflexion du jour

«On a à apprendre à faire une meilleure gestion.

Tranquillement, comme société, on s’est mis dans une situation où, aujourd’hui, c’est pas compliqué, il y a un reset à faire. Est-ce qu’on est en train de le faire? J’espère.»--- Guy Laliberté

13 mai, 2014

La réflexion du jour

Les interrogatoires (ndlr : à la CEIC) des dernières semaines ont aussi servi à nous faire voir, si besoin était, le nombre effarant de paliers et d’intervenants impliqués dans la prise de la plus simple décision. La fonction publique a tendance à se démultiplier ad infinitum. Le malheur, c’est que ce sont les jeunes, les nouveaux arrivants sur le marché du travail qui seront pénalisés. Les ronds de cuir réussiront à s’agripper à leurs nombreux avantages jusqu’à une retraite la plus tardive possible.--- Geneviève St-Germain

12 mai, 2014

Le Québec doit suivre l'exemple de l'Italie

Le nouveau leader de l’Italie, Matteo Renzi, s’est résolument engagé à redémarrer l’économie italienne. Contrairement à la plupart des politiciens, il semble bien comprendre ce qu’il faut faire : diminution des impôts des particuliers et des entreprises, réduction des dépenses publiques, suppression de 315 postes de parlementaires, etc..

Espérons que le premier ministre Couillard aura le courage de suivre son exemple.

Nicolas Doze est vert de jalousie.


La réflexion du jour

De nous voir chaque année «dépendre» de la péréquation canadienne à hauteur de 9 milliards pour boucler notre budget me gêne.

La péréquation est conçue pour aider à traverser des périodes difficiles, pas pour se financer sur une base permanente. Sans partisanerie aucune, avant de parler de souveraineté, devenons tout d'abord autonomes. C'est une question de fierté et de responsabilité pour tous les Québécois.--- Gilbert Rozon

10 mai, 2014

La réflexion du jour

Et derrière la cause perdue (ndlr : Loi sur les produits alimentaires du Québec portant sur les succédanés du lait), les survivances de politiques agricoles passéistes où le gouvernement, au lieu de diriger, devient une courroie de transmission de l'Union des producteurs agricoles et du lobby du lait, et où on pense protéger notre industrie laitière en s'attaquant au libre-choix des consommateurs. C'est le temps de changer de siècle.--- Alain Dubuc

09 mai, 2014

La domination des cigales québécoises

Depuis la fondation de Québec par Samuel de Champlain en 1608, les colons français se sont résolument dédiés à la tâche de construire un nouveau pays.

Tout était à faire dans un environnement hostile. Pendant plus de 350 ans, rien n’a pu décourager ces colons intrépides : hiver interminable, forêts impénétrables, indigènes hostiles, guerres de colonisation, conquête des Anglais, gouverneurs corrompus, etc.

Quoiqu’il arrive, les Québécois inventaient, construisaient, défrichaient, se reproduisaient. Ils étaient des fourmis qui bâtissaient sans relâche leur pays.

Vers 1960 naquit l’État providence. En moins d’une génération, une majorité de fourmis québécoises se transformèrent en cigales.

Bien sûr, il existe toujours un bon nombre de fourmis qui bossent de longues heures, paient de nombreux impôts, taxes et tarifs, mais leur nombre diminue constamment.

Par contre, le nombre de cigales augmente rapidement. En plus des cigales munies d’un diplôme en sociologie, politique ou philosophie, plusieurs jeunes fourmis rêvent de travailler dans la fonction publique où elles pourront mener une vie de cigale : un travail garanti à vie, une généreuse pension assurée, des congés sabbatiques, etc.

De plus, ce qui n’améliore pas la situation, le dernier sondage montre que les cigales méprisent les fourmis quand elles ne les considèrent pas carrément nuisibles. Elles les accusent de tous les maux : défigurer les paysages, polluer l’environnement, détruire les cours d’eau, produire des gaz à effet de serre.

Pour plaire aux cigales, car elles sont plus nombreuses et plus médiatisées que les fourmis, les politiciens créent toujours plus de règlements compliqués et coûteux. Dans ces conditions les fourmis peinent à rentabiliser leurs entreprises. Plusieurs abandonnent pour devenir des cigales, d’autres émigrent vers des cieux plus cléments.

Comme le prédisait Ayn Rand dans son roman La grève, un jour il n’y aura plus de fourmis. Elles auront toutes abandonné ou émigré. Les cigales blâmeront le capitalisme, la mondialisation, l’individualisme, le libre marché, etc. Elles s’accuseront mutuellement de ce fiasco, mais elles n’auront qu’elles-mêmes à blâmer.

Charles Trenet reprend la fable de La Fontaine en chanson. Il est accompagné par Django Reinhardt.


La réflexion du jour

Afin d’informer les consommateurs, certains produits s’affichent « bios » ou « fabriqués au Québec ». Pourquoi pas! Personnellement, j’apprécierais que les entreprises et les organismes qui survivent et prospèrent sans aide de l’État affiche le logo suivant : « certifié 100% libre de subventions ».--- Pierre Simard

08 mai, 2014

La réflexion du jour

Dans un sondage CROP–Radio-Canada publié le mois dernier, 77 % des Québécois — une très forte majorité — se disaient inquiets de l’état des finances publiques. Et quand on leur demande ce qu’il faut faire pour résorber le déficit, le consensus est encore plus saisissant : 94 % des personnes sondées privilégient l’idée de couper dans les services et la taille de l’État, contre 6 % qui préfèrent augmenter les taxes et les impôts.--- Jérôme Lussier

07 mai, 2014

La réflexion du jour

Réduire bêtement les dépenses, hausser les taxes ou s'endetter ne sont pas les seules solutions aux problèmes financiers du gouvernement du Québec. Trouver des façons plus intelligentes de rendre les mêmes services doit aussi faire partie de l'équation.--- Francis Vailles

06 mai, 2014

La réflexion du jour

Il y a même dans notre bureaucratie un art qui s’est raffiné pour bâtir les structures de telle sorte que toute responsabilité est si bien diluée qu’aucune personne ne peut être clairement imputable en cas de gâchis. «Votre enfant en difficulté n’a pas les services à l’école? Allez à la Commission scolaire, madame! Ah non!, ça, c’est la faute de l’école! Oui, mais la directive vient de la direction régionale du ministère de l’Éducation! Et les budgets viennent du ministère, mais du central!» Trouver le responsable? Comme attraper un savon dans le fond de la douche. Bonne chance.---Mario Dumont

05 mai, 2014

Réinventer le Québec

Revue de livre par Marcel Boyer

(NDLR : En réponse aux critiques formulées par Louis Cornellier du Devoir, L’économie en l’absence de l’humain, Marcel Boyer résume le contenu de son livre, écrit conjointement avec Nathalie Elgrably-Lévy.)


Vous avez récemment recensé notre livre Réinventer le Québec. Douze chantiers à entreprendre (Stanké 2014). Dans votre texte, en entrée en matière, vous affirmez que « Marcel Boyer et Nathalie Elgrably-Lévy sont deux économistes de droite qui se réclament de l’école néoclassique. En termes simples, on dira qu’ils sont néolibéraux ». Condamnés dès le départ avant même le début du procès, nous ne pouvions nous attendre qu’à une recension superficielle, caricaturale, hors contexte et biaisée de notre livre. Attente confirmée.

Vous auriez pu écrire de manière plus juste et plus conforme au contenu de notre livre, que vous auriez eu intérêt à lire, que « Marcel Boyer et Nathalie Elgrably-Lévy sont deux économistes qui refusent de croire que le modèle sociale-démocrate est nécessairement synonyme d’inefficacité et de gaspillage. Leurs propositions visent à faire du Québec une société social-démocrate efficace, responsable, prospère, éprise de liberté, de conquête et d’excellence, et véritablement respectueuse des citoyens ».

Mais cela aurait exigé de votre part une analyse intellectuellement plus rigoureuse et plus fine qui se marie mal à votre conception de la société, dans laquelle s’affrontent deux camps : les bons citoyens et les méchants néolibéraux, les innocents et les coupables, la gauche et la droite, l’« avec nous » et les terroristes. Il est vrai que cette conception d’un monde dichotomique vous simplifie la vie !

Social-démocratie

Vous nous accusez du crime de lèse-majesté irréparable, celui d’offrir une critique radicale du modèle québécois. C’est nous présenter avec un manque sérieux d’objectivité et de discernement. Nous critiquons le modèle québécois parce qu’il s’est éloigné de la véritable social-démocratie pour se transformer en un modèle basé sur la préservation des droits acquis, la protection des rentes et intérêts corporatistes et la sauvegarde des vaches sacrées, bref, un modèle devenu peu motivant, peu innovant, tolérant de la médiocrité, figé et enfermé dans son passé, et endormi dans une langue de bois où la forme et le contenant dominent le réel et le contenu.

Notre analyse critique est basée sur des faits, entre autres les suivants : au cours des 30 dernières années, seulement 17 % des emplois à plein temps créés au Canada l’ont été au Québec ; l’écart de PIB réel par habitant entre le Québec et le reste du Canada (ROC) a augmenté de 73 %, passant de 3225 $ à 5575 $ ; le nombre de jeunes de moins de 15 ans a diminué de 12 % au Québec, alors qu’il augmentait de 7 % dans le ROC, 16 % en Ontario et 22 % aux É.-U. ; le nombre de jeunes travailleurs ou de jeunes familles, les 15-44 ans, a diminué de plus de 5 % au Québec, alors qu’il augmentait de 23 % dans le ROC, de 29 % en Ontario et de 15 % aux É.-U. Vous ne dites pas mot de ces faits. C’est vrai que les faits sont dérangeants.

Nos douze chantiers visent à redonner au modèle québécois le véritable sens et la véritable finalité de la social-démocratie. Parmi ces chantiers, mentionnons la redéfinition des rôles des secteurs public et concurrentiel ; la non-manipulation des prix comme signaux de rareté relative des ressources, biens et services ; le recours systématique aux mécanismes concurrentiels pour contrer le développement d’un capitalisme de copinage (collusion) et permettre l’affirmation concrète d’un droit des citoyens et des organisations de contester l’ordre établi et de remplacer le cas échéant les fournisseurs actuels de biens et services publics et sociaux ; une plus grande responsabilisation des écoles, collèges et universités dans le développement et le maintien de notre capital humain ; la participation concurrentielle du secteur privé au sein de notre régime public de santé comme c’est le cas en France et en Suède entre autres ; la protection et la valorisation de nos ressources environnementales, dont l’eau, par la création de marchés appropriés ; le développement d’une taxation plus incitative, cohérente, inclusive et simplifiée, favorable à une redistribution directe et incitative des revenus et des richesses ; etc.

On peut être en désaccord avec l’analyse et les propositions que nous présentons dans Réinventer le Québec, mais votre recension de notre livre est malheureusement intellectuellement désolante, indigne d’un journal comme Le Devoir !

L'auteur est professeur émérite de sciences économiques, Université de Montréal, et Fellow du CIRANO

La réflexion du jour

L’exemple qui illustre le mieux ce processus (ndlr : le processus de privatisation) est probablement celui du Canadien National. Après avoir été privatisée en 1995, cette société de la Couronne plutôt inefficace a tant et si bien changé qu’elle est aujourd’hui un fleuron de l’industrie nord-américaine.--- Philippe Leblanc

03 mai, 2014

La réflexion du jour

Le Québec vit une situation analogue à celle d’une famille dont les dépenses dépassent les revenus et qui doit faire des choix douloureux : diminuer les sorties au restaurant, au cinéma et les voyages dans le sud, ou vendre les meubles, l’auto et peut-être même la maison pour éviter la faillite.--- Gilbert Lavoie

02 mai, 2014

Comment explique-t-on l’amélioration du niveau de vie?

Depuis des temps immémoriaux, la plupart des gens peuplant la planète étaient extrêmement pauvres. En monnaie d’aujourd’hui, ils gagnaient moins de trois dollars par jour pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles.

Cette situation perdura jusqu’au début du 19e siècle. C’est alors que le niveau de vie commença à augmenter à un rythme accéléré qui persiste encore aujourd’hui. Depuis trente ans, le nombre d’humains devant survivre avec moins de trois dollars par jour a diminué de moitié.

Dans la vidéo qui suit, la professeure Deirdre McCloskey explique comment ce phénomène est né.

Quelle est la principale cause de la croissance accélérée du niveau de vie? Plusieurs prétendent que l’amélioration du niveau de vie des uns est due à l’appauvrissement des autres. Il n’en est pourtant rien.

Seule l’innovation : les idées nouvelles, les inventions, les nouveaux matériaux, les nouvelles technologies, etc., peuvent expliquer l’explosion du niveau de vie des humains au cours des deux derniers siècles. Selon la professeure McCloskey la démocratie et le libre marché qui naquirent en Hollande et en Angleterre aux 17e et 18e siècles sont à l’origine de la croissance accélérée du niveau vie.


La réflexion du jour

Autre question tout aussi importante: notre élite politique fera-t-elle preuve un jour d’un peu d’esprit critique face à l’implosion évidente des théories sur le réchauffement anthropique? À moins, bien entendu, qu’elle ne les instrumentalise délibérément pour garnir les coffres de l’État!--- Nathalie Elgrably-Lévy

01 mai, 2014

La réflexion du jour

On dépense souvent en alourdissant sa carte de crédit. Quand ça ne passe plus, on demande une rallonge de la limite, mais, un jour, il faut rembourser intérêts et capital. C’est pareil pour le gouvernement du Québec: ça fait longtemps qu’il dépense en présumant ses revenus et en refilant les déficits à la dette. Il n’y a eu qu’un premier ministre, Lucien Bouchard, qui parvint à neutraliser l’endettement. Il faut refaire l’exercice, c’est tout.--- Michel Hébert