Chaque Québécois doit 67 700 $

_______________________________________________________________________

26 juillet, 2017

L'Étatisme tue la créativité des citoyens

Un État qui exerce des pouvoirs discrétionnaires illimités est la cause fondamentale du déficit de créativité au sein de la société.

Un article de Libre Afrique
L’originalité n’a jamais été une grande vertu en politique. La protection des intérêts à long terme de l’État, de ses fonctionnaires et de ses citoyens exige une inertie et une certaine routine. La politique institutionnalise le statu quo, sauvegarde l’ordre permanent. Les régimes qui échouent à le faire deviennent les anomalies de l’histoire.

L’ENNEMI DE L’ÉTAT

Tout ce qui est nouveau et non testé est une menace potentielle en politique ; ce qui est différent pourrait pourtant apporter une solution à l’inégalité, mais il y a aussi le risque d’exacerber le problème. Les États ont un instinct primitif de survie, lequel est menacé par l’incertitude. L’originalité doit être au mieux traitée avec méfiance, au pire abolie avec hostilité.
Restreindre les compétences du gouvernement à un nombre limité de pouvoirs bien déterminés remédie à ce biais anti-originalité. Ainsi, la société est protégée contre les débordements politiques et ses innombrables dangers. L’État peut poursuivre ses propres fins avec l’efficacité impitoyable requise pour une domination à long terme.
Mais il n’a pas la force de mettre à mal l’ingéniosité – pierre angulaire des pouvoirs productifs de l’homme – dans les projets créatifs qu’il entreprend pour son propre bénéfice, qu’il s’agisse de nourrir son corps ou son âme.
La politique est l’affaire de l’État qui doit efficacement allouer des ressources aux domaines où les besoins sont les plus urgents. Mais la politique est une machine imparfaite, car son moteur est l’homme avec ses imperfections, et c’est bien là le danger. L’homme est animé de passions et de jugements qui sont le socle de la discrimination.
Compte tenu du poids de l’État dans la société, ce pouvoir discriminatoire est potentiellement dévastateur pour les citoyens. Cela réduit l’espace de liberté de l’homme et entrave sa capacité créative.
Certes les nouvelles idées sont potentiellement une menace pour la stabilité de l’État, comme cela a toujours été le cas, mais un État « conscient » qui définit et poursuit sa propre idéologie est menacé par des idées concurrentes.

LA DISPARITION DE LA CRÉATIVITÉ

Le manque d’originalité dans la vie moderne s’étend du politique au culturel. C’est particulièrement incroyable pour la politique, car il n’y a pratiquement aucun problème qui dépasse le gouvernement central. Pourtant, le discours public est comme un disque condamné à être rejoué.
Lors du cycle électoral, les mêmes vieux problèmes du bien-être, de la réforme réglementaire et de l’emploi sont discutés. Les promesses sont pourtant rarement suivies et il n’y a pas d’incitation à le faire, car pendant que la politique étouffe l’originalité qui constitue une menace pour son existence, l’État n’est pas un producteur d’idées et n’a pas d’imagination.

L’EXIGENCE D’INGÉNIOSITÉ

Son jugement discrétionnaire est réactif et non proactif. La résolution de problèmes exige de l’ingéniosité. De ce fait, il devient de l’intérêt de l’État de perpétuer les inégalités les plus importantes et pressantes car il ne peut pas saisir les nuances des injustices plus subtiles.
Les restrictions de la créativité étant élargies au-delà des limites de la politique, le reste de la société stagne. Le discours politique est un masque obligatoire et de routine, il en va de même pour la culture. La créativité n’est pas illimitée.
L’originalité devient relative, une question de réinterprétation du connu et de ce qui est certain. Les vieux slogans et messages sont recyclés de la même manière que les messages politiques.

HIÉRARCHIE DE LA CRÉATIVITÉ

Le résultat est l’émergence d’une hiérarchie de la créativité. La société, travaillant de concert avec l’État, approuve implicitement les formes d’expression appropriées.
Puisque la culture doit évoluer, mais la politique est enracinée dans l’inertie, la genèse du divertissement populaire est vraiment une dévolution entre un choix de plus en plus étroit d’anciens et familiers modes d’expression créative (donc pas une menace pour la survie de l’État).
En somme, la culture devient de plus en plus fragmentée et imitative. De plus, tous les experts faisant autorité sont obsédés par le problème d’une politique fracturée et partisane. Le premier problème conduit au dernier. La culture n’est pas le principal problème. Un État « conscient » qui exerce des pouvoirs discrétionnaires illimités est la cause fondamentale du déficit de créativité.

La réflexion du jour

Les quotas de vente de voitures électriques imposés aux fabricants par le gouvernement du Québec vont augmenter à terme le coût marginal des voitures conventionnelles de 1100 $, révèle un Point publié aujourd’hui par l’IEDM. En fin de compte, ce sont les consommateurs qui vont payer cette « taxe » par des prix plus élevés.--- Germain Belzile

25 juillet, 2017

La réflexion du jour

Selon Stigler, l'intervention du gouvernement se fait souvent au bénéfice d'intérêts spéciaux et au détriment de la société en général. Cela s'explique par le fait que les autorités réglementaires subissent les pressions et l'influence des industries qu'elles réglementent, car ces industries ont fortement intérêt à faire pencher la balance en leur faveur. Le public, lui, a peu ou pas d'intérêt à mettre de grands efforts pour influencer les autorités.--- Jasmin Guénette

24 juillet, 2017

La réflexion du jour

Alors que le revenu personnel disponible des Québécois augmentait de 7,4 % au cours des trois dernières années, le gouvernement de Philippe Couillard réussissait à aller chercher dans les poches des contribuables 15,4 % de plus d’impôt sur le revenu des particuliers.--- Michel Girard

20 juillet, 2017

La réflexion du jour

Plus de neuf Canadiens sur dix sont en faveur de permettre l’achat d’alcool dans une province et son transport d’une province à l’autre.--- JdM

19 juillet, 2017

L’environnementalisme : le nouveau marxisme

Un ouvrage court qui est une synthèse sur l’électricité renouvelable en Europe.


Je recommande vivement la lecture d’un tout petit (80 pages) ouvrage de synthèse sur l’électricité européenne qui vient de paraître, L’Utopie du tout renouvelable, par Jean-Pierre Schaeken (Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2017).
Après la sortie américaine de l’Accord de Paris, il se confirme que l’Europe s’engagera, seule, dans la voie d’une électricité tout intégralement générée par de l’énergie renouvelable (soleil, vent).

LES CONDITIONS DE PRODUCTION, D’ACHEMINEMENT ET DE STOCKAGE DU « RENOUVELABLE »

Schaeken traite la question de manière purement technique et terre-à-terre. Il commence par examiner les conditions de réalisation d’un système électrique « bas carbone ». La production de l’éolien et du photovoltaïque suppose de couvrir nos mers et nos champs d’éoliennes, nos toits et nos territoires de panneaux photovoltaïques, ce qui requiert des sommes inouïes qui seront et sont déjà financées par le contribuable.
L’adaptation de nos réseaux de distribution au caractère intermittent de l’électricité renouvelable suppose également des sommes colossales — 1500 milliards d’euros d’ici 2050… pour le seul transport de l’électricité ! « Ce n’est pas grave, c’est l’État qui paie. »
Schaeken montre enfin que les techniques de stockage — sans lesquelles l’électricité renouvelable n’est pas apte à assurer un minimum de sécurité d’approvisionnement, exclure les black-out, etc. — n’existent à l’heure actuelle tout simplement pas, et que rien ne permet de prédire qu’elles existeront un jour sous une forme qui ne soit pas grossièrement onéreuse.

UN RENOUVELABLE QUI SE PAYE CHER

Dans une deuxième partie, Schaeken examine l’impact d’une politique bas carbone sur le système électrique européen. Il montre que la sécurité d’approvisionnement est déjà compromise par le mixte électrique actuel, et que, par les motifs exposés dans la première partie, cette sécurité sera de plus en plus précaire.
Quant à la compétitivité, l’équation est simple : les entreprises européennes payent leur électricité de plus en plus cher, tandis que leurs concurrents mondiaux, y compris américains, ont accès à une électricité qui l’est de moins en moins.

UN RENOUVELABLE QUI TUE DES EMPLOIS

L’idée que le développement de l’électricité verte favorisera l’emploi et la croissance est une plaisanterie : chaque emploi vert naît de la subvention de l’État, pour un montant qu’il aurait été plus efficace économiquement de laisser dans l’économie marchande. On estime qu’un emploi vert tue deux emplois sains.
Quand, par ailleurs, la conséquence de l’opération est de renchérir — et dans quelles proportions ! — le prix de l’électricité de toutes les entreprises et professions marchandes sans aucune exception, on mesure aisément que l’opération relève d’une forme de sabotage à grande échelle. Tout cela au nom de la « science » d’un organisme, le GIEC, dont il a été démontré qu’il n’a rien de scientifique et qu’il est intégralement politique.
En résumé, l’Europe a déjà dépensé des sommes folles pour l’utopie du tout renouvelable, elle s’apprête à en dépenser bien davantage encore, tout cela avec une influence marginale sur les émissions de CO2, et nulle sur la température moyenne du globe.
L’environnementalisme est le marxisme de notre temps.
Jean-Pierre Schaeken, L’Utopie du tout renouvelable, Académie royale de Belgique, mai 2017.

La réflexion du jour

Comme quoi l’augmentation des libertés économiques constitue le meilleur véhicule de réduction des inégalités.--- Vincent Geloso

18 juillet, 2017

La réflexion du jour

Il veut obliger les nouveaux prestataires de l’aide sociale, ceux qui s’y inscrivent pour la première fois, à suivre un programme de réinsertion dans le marché du travail, à retourner aux études ou à accepter un suivi social, par exemple dans un cas de toxicomanie.--- Joseph Facal

17 juillet, 2017

La réflexion du jour

Le socialisme (et non pas la social-démocratie), l’étape précédant le communisme selon Marx, confond « égalité des chances » et l’égalitarisme qui impose une redistribution radicale de la richesse, indépendamment de l’effort individuel. --- Lise Ravary

15 juillet, 2017

La réflexion du jour

Ce n’est pas un hasard si les systèmes de santé qui fonctionnent mieux que le nôtre, comme celui de la Suède, sont généralement plus décentralisés et concurrentiels. Cette décentralisation permet aux acteurs qui sont sur le terrain et qui voient les besoins, ainsi que la disponibilité des ressources, de prendre de meilleures décisions. --- Germain Belzile

14 juillet, 2017

La réflexion du jour

C’est illégal de vendre de la drogue. Mais si tu te fais pincer, tu dois payer ta part de TPS et de TVQ à l’État ! Comme si tu gagnais ta vie de façon honnête, et que tu vendais des bonbons au lieu de la coke ! Soudainement, quand vient le temps de garnir les coffres de l’État, on se fout de savoir si tes activités professionnelles étaient légales ou pas !--- Richard Martineau

13 juillet, 2017

La réflexion du jour

Il va sans dire qu’en situation de concurrence avec des cavistes et autres fournisseurs d’alcool, la SAQ perdrait ces jours-ci des clients au profit de ces derniers. Mais en ce moment, avec le monopole conféré à la SAQ par la Régie des alcools, les restaurateurs et les clients sont captifs et doivent endurer les ratés. Voilà une raison de plus pour ouvrir le marché à la concurrence, comme nous l’avons déjà d’ailleurs proposé. --- Pascale Déry

12 juillet, 2017

Gordon Tullock, ou l'économie appliquée à la politique

Gordon Tullock n’a peut-être pas gagné de prix Nobel comme son proche collaborateur James Buchanan, mais son apport n’en est pas moins impressionnant.

Par Jasmin Guénette.
Gordon Tullock n’a peut-être pas gagné de Prix Nobel, mais pour quelqu’un qui n’a suivi qu’un seul cours d’économie durant sa formation, son apport surprenant à la discipline le hisse au rang des plus grands économistes. En effet, le renommé professeur a consacré la majeure partie de sa carrière à l’avancement de la science économique, plus particulièrement à l’application de la théorie économique à des domaines hors marché afin d’expliquer certains comportements humains.
Tullock a obtenu un Juris Doctor de l’Université de Chicago en 1947 avant de pratiquer le droit brièvement, pour ensuite se joindre au Département d’État américain. Après une première affectation en Chine, il a étudié la langue et la culture à Yale et à Cornell avant d’être envoyé à Hong Kong et en Corée. Tullock a quitté le Département d’État en 1956 pour se consacrer à ce qui le passionnait vraiment : la recherche et l’enseignement.
Il enseigna d’abord au département d’études internationales de l’Université de Caroline du Sud, où il publia une première version de The Politics of Bureaucracy. Ce sont ses premiers travaux sur les importants problèmes de communications au sein des grandes bureaucraties centralisées qui amenèrent Tullock à collaborer avec James M. Buchanan. Les deux partageaient le même intérêt pour l’utilisation de la théorie économique afin d’expliquer des phénomènes politiques et sociaux.
Les deux professeurs publièrent ensemble The Calculus of Consent: Logical Foundations of Constitutional Democracy en 1962, l’ouvrage séminal d’un nouveau courant de pensée : l’école des choix publics. Dans ce livre, Tullock et Buchanan appliquent l’analyse économique à la prise de décision des agents du secteur public afin de démontrer qu’ils ne sont pas des anges dépourvus d’intérêts personnels.
À l’époque, on voyait l’État comme un tout, bienveillant, qui agit seulement dans l’intérêt du bien public. Les deux collaborateurs rejetaient cette conception de l’État, affirmant que les fondements du comportement humain ne changent pas lors de l’ascension au pouvoir politique. Buchanan recevra d’ailleurs le Nobel d’économie en 1986 pour sa contribution à l’École des choix publics, honneur auquel Tullock n’a pas eu droit.
La théorie du choix public, qui cherche à appliquer la théorie économique à des domaines et des phénomènes hors marché, est à la base des travaux de Tullock.
En effet, l’auteur et professeur a apporté une contribution imposante à l’économie politique en général. Il est d’ailleurs l’auteur des premiers travaux sur la théorie de la recherche de rente. Son article The Welfare Costs of Tarriffs, Monopolies, and Theft (1967) introduit ce qu’on appelle aujourd’hui le « trapèze de Tullock ». Reprenant l’idée d’Arnold Harberger sur la perte sociale sèche entraînée par la présence d’un monopole dans un secteur, Tullock a montré que l’entreprise monopolistique gaspillait également des ressources afin d’obtenir des protections légales et réglementaires, dépenses qui n’entraînent aucun gain de productivité.
À partir de ses travaux sur la recherche de rente, Gordon Tullock a remarqué un important paradoxe. Il le décrit comme étant le coût relativement bas des activités de lobbying comparativement aux gains astronomiques qu’elles entraînent. Selon lui, le fait que les politiciens aient besoin de financement pour leurs activités partisanes et leur réélection engendre une possibilité pour leurs financiers de demander un retour sur leur investissement sous la forme de mesures favorables à leur entreprise.
Outre l’économie politique, Tullock s’intéressait également au comportement électoral. En effet, il expliquait que les motivations des individus à voter ne peuvent pas être que purement rationnelles. Selon lui, les citoyens sont conscients que les chances que leur vote ait un impact quelconque sur le résultat d’une élection sont infiniment petites.
Pour cette raison, il avançait que les motivations devaient être plus morales que rationnelles et que les individus ne devenaient pas automatiquement informés ou intéressés simplement parce qu’ils allaient voter.
Finalement, Tullock a apporté une contribution importante à la redéfinition de l’étude de la loi, alors largement comprise du seul point de vue de la philosophie morale, comme étant un domaine qui pouvait être étudié à l’aide de la théorie économique. Son livre The Logic of the Law demeure à ce jour un incontournable.
Encore aujourd’hui, les théories mises à l’avant par Gordon Tullock peuvent servir à comprendre et expliquer des phénomènes observables. C’est le cas notamment de la recherche de rente dans certains secteurs de l’économie canadienne, comme dans le domaine de l’agriculture, où le système de gestion de l’offre protège les producteurs de lait, d’œufs et de volaille.
En définitive, il est difficile de qualifier le legs scientifique qu’aura laissé le professeur de droit et d’économie. Un auteur autodidacte et prolifique, il a écrit plus de 150 articles et publié ou co-publié près de 40 livres durant une carrière universitaire de plus de 50 ans. Il n’aura peut-être pas gagné de prix Nobel comme son proche collaborateur James Buchanan, mais son apport n’en est pas moins impressionnant.

11 juillet, 2017

La réflexion du jour

Justin Trudeau, qui semble avoir pour but de nous enterrer vivants sous les dettes, dépense comme si la fin du monde était prévue dans 25 ans. Rappelons qu’il « promet » plus de 100 milliards de déficits sur les cinq prochaines années.--- David Descôteaux

La réflexion du jour

Incroyable ! Au cours des 12 derniers mois, selon Statistique Canada, le Québec a créé 61 200 emplois dans le secteur public, lequel secteur regroupe tous les employés travaillant pour les gouvernements de Québec et d’Ottawa, les municipalités, les sociétés d’État et les établissements financés par l’État, tels que les écoles, les universités, les hôpitaux.--- Michel Girard

10 juillet, 2017

La réflexion du jour

La seule révolution dont le Québec a besoin pour l’avenir est celle de l’éducation. Tout le reste est secondaire.--- Denise Bombardier

08 juillet, 2017

La réflexion du jour

La fonction publique québécoise est coûteuse et en expansion constante. La province gagnerait à mettre en place des réformes semblables à celles entreprises par l’Australie. Les avantages de la compétition sur la stagnation, d’une part, et de la reconnaissance du mérite sur celle de l’ancienneté, d’autre part, ne sont plus à défendre.--- Jasmin Guénette

07 juillet, 2017

La réflexion du jour

Tout le monde veut aider les petits travailleurs. Mais une meilleure solution serait d’augmenter l’exemption personnelle de base pour ces travailleurs. En haussant la tranche de salaire sur laquelle un travailleur ne paie pas d’impôt, les travailleurs à faible revenu en auraient encore plus dans leurs poches. Et les employeurs, eux, n’auraient pas à réduire les heures de travail des employés.--- David Descôteaux

06 juillet, 2017

La réflexion du jour

Au gouvernement québécois, avec un poste permanent, tu es intouchable. Même avec le rendement d’une plante verte, personne ne peut t’atteindre.---Claudie Audet

05 juillet, 2017

L’État-actionnaire : l’incompétence en matière de gestion d’entreprise (2)

(NDLR Ce qui est vrai pour la France, l'est tout autant pour le Québec.)
L'exemple de la Poste montre à quel point la gestion d'une entreprise par l'État peut être calamiteuse.
Par Étienne Henri.
L’immobilisme de l’État actionnaire est nuisible aux entreprises comme en témoignent les tristes péripéties de La Poste et Bpifrance.
Nous avons vu que l’État-actionnaire est souvent contraint de laisser la priorité à l’État-stratège dans la gouvernance de ses entreprises.

L’IMMOBILISME, POISON DE L’ÉTAT-ACTIONNAIRE

Aujourd’hui, nous nous intéressons à l’immobilisme, un poison qui tue à petit feu. Même si, dans ce cas, l’État ne détruit pas immédiatement la rentabilité des entreprises administrées, il diminue leur capacité d’adaptation.
Dans un monde où les progrès technologiques sont de plus en plus rapides, où la concurrence est devenue mondiale et les cycles croissance/récession sont de plus en plus courts, les entreprises doivent pouvoir réagir rapidement aux changements d’environnement et être capables de revoir leur business model.

L’EXEMPLE DE LA POSTE

L’immobilisme de l’Etat-actionnaire s’est particulièrement illustré dans le cas de La Poste. La Société Anonyme est détenue aux trois-quarts par l’État, et au quart par la Caisse des Dépôts et Consignations.
Avec l’essor des communications électroniques, elle est soumise à une baisse continue du volume de courrier. Sa réponse stratégique ? Une hausse continue du prix du timbre postal. Vous avez pu le constater : un envoi en lettre prioritaire est passé de 0,58€ en 2010 à 0,85€ cette année. Cela représente une hausse de 46% en moins de sept ans tandis que l’inflation était à sur un plancher historique.
Connaissez-vous beaucoup d’entreprises privées qui, face à une érosion de leur marché, font exploser leur prix à la hausse ?
La conséquence immédiate est que particuliers comme entreprises réduisent autant que possible leurs envois postaux.

UNE STRATÉGIE DOUTEUSE ET D’UN AUTRE ÂGE

Sans faire d’hypothèses hasardeuses sur le pourquoi du choix de cette stratégie, nous pouvons toutefois déplorer que la direction ait opté pour un cercle vicieux.
Si l’objectif n’est pas de fournir le meilleur service au meilleur prix, pourquoi ne pas simplement fixer le prix du timbre à 20€, voire 50€ ? Le groupe La Poste redeviendrait immédiatement rentable même avec un effondrement du trafic postal.
La Poste est également très peu compétitive sur l’envoi des petits colis, une activité en plein essor avec la démocratisation du e-commerce. Les achats en ligne sont en croissance continue ; le groupe aurait pu être un acteur de référence en mettant à profit son réseau de bureaux de Poste, sa flotte de véhicules et ses employés.
Au lieu de jouer sur ces atouts historiques, La Poste a multiplié les fermetures de guichets, réduit les horaires d’ouverture et a conservé une grille tarifaire d’un autre âge.
Moralité, ce sont les acteurs privés du transport qui se sont engouffrés dans la brèche de l’e-commerce en proposant des services moins chers et en transformant les magasins de quartiers en points de retrait ouverts soirs et week-end.
Voilà comment un fleuron national se retrouve has-been à force de ne pas évoluer.

BPI FRANCE OU LE SYMBOLE DES MAUVAISES HABITUDES

Ce tour d’horizon des investissements de l’État ne serait pas complet sans évoquer le cas de Bpifrance. Faisant suite à Oseo, la Banque publique d’investissement créée fin 2012 « favorise l’innovation, l’amorçage, le développement, l’internationalisation, la mutation et la transmission des entreprises ».
En pratique, elle entre au capital des entreprises de façon minoritaire pour une durée de sept à dix ans. Elle est devenue, très rapidement, le passage obligé des start-up dans les secteurs d’avenir (actuellement : innovation, santé).

L’ÉTAT ENTRE AU CAPITAL DES ENTREPRISES… MAIS LES TAXE FORTEMENT !

Dans un pays où les charges qui pèsent sur le travail et les entreprises sont fortes, ce type de fonctionnement pose problème. Pourquoi l’État, qui prend d’une main avec les divers prélèvements, financerait-il en parallèle certaines entreprises en priorité ? Pourquoi ne pas laisser le marché faire son travail de sélection des entreprises utiles ?
Pire encore : les financements publics se révèlent souvent être des cadeaux empoisonnés même pour les structures qui en bénéficient. Les chiffres montrent que les subventions d’État ont tendance à retarder les faillites des start-ups. Tant que les subventions et participations sont là, l’insolvabilité des entreprises est masquée par l’argent facile. Lorsque la source se tarit, le taux de défaut rejoint alors le taux de défaut habituel des entreprises.
Au final, la sanction finit toujours pas tomber pour les entreprises non rentables. Pour autant, elles ont pu engloutir force argent public durant leurs premières années de pseudo-activité.
Les derniers chiffres de performance des fonds dédiés à l’innovation et financés par Bpifrance font froid dans le dos. Les fonds en phase de maturité ont des multiples d’investissement de l’ordre de 0,4. Leur performance est donc très négative.
Ce n’est un secret pour personne, le financement de l’innovation est une activité risquée.
L’expérience prouve que Bpifrance a également de grandes difficultés à dénicher les pépites rentables et se retrouve à essuyer de larges pertes. Quelle différence avec les fonds privés ? Ses investissements hasardeux sont faits avec l’argent public…

LES ERREMENTS DE L’ÉTAT-ACTIONNAIRE : CONTRE-PRODUCTIFS

Considérer comme ambigu et souvent contre-productif le positionnement de l’État-actionnaire n’est pas qu’une marotte d’analyste libéral. La très sérieuse Cour des Comptes, dans son dernier rapport de janvier 2017 sur l’Etat-actionnaire, pose un diagnostic similaire.
Si vous avez un peu de temps devant vous, je vous conseille la lecture de cet excellent papier, disponible gratuitement sur le site Internet de la Cour. Il a été rédigé avec un pragmatisme bienvenu et trop rare en cette période électorale où les promesses en l’air rivalisent avec les idéologies les plus déconnectées de la réalité.
La mission de la Cour est de « s’assurer du bon emploi de l’argent public [et] en informer le citoyen ». Les analyses de ce contre-pouvoir salutaire sont souvent pertinentes et plutôt équilibrées dans leur conclusion. En tant que contribuables, nous pouvons nous féliciter que cette structure existe et mène avec sérieux sa mission de surveillance de l’usage des deniers publics.
Malgré la qualité de ses rapports, force est de constater que les gouvernements en place (quel que soit leur bord politique) ne se sentent pas particulièrement engagés par les conclusions qui y figurent. Il est difficile pour toute organisation de réduire volontairement sa voilure, et l’État ne fait pas exception à la règle.
Il faut nous rendre à l’évidence : le fonctionnement actuel de l’État-actionnaire n’a que peu de chances d’être bouleversé dans les prochaines années. Il serait illusoire de retenir notre souffle et d’espérer un quelconque revirement quel que soit le résultat des prochaines échéances électorales.
Pour plus d’informations de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

La réflexion du jour

En somme, les crédits d’impôt créent des distorsions et imposent des coûts considérables aux contribuables sans que les retombées nettes soient nécessairement au rendez-vous. Ceux qui veulent faire du Québec et de Montréal des plaques tournantes du secteur numérique et multimédia devraient donc viser la réduction du fardeau fiscal pour l’ensemble des entreprises afin d’attirer davantage d’investissements.--- Alexandre Moreau

04 juillet, 2017

La réflexion du jour

En d’autres mots, ce sont les occasions de s’enrichir qui comptent – et qui doivent être accessibles à tous – et non la distribution de la richesse.--- Michel Kelly-Gagnon

03 juillet, 2017

La réflexion du jour

Quand on fait l’addition des bêtises que l’administration humoriste nous sert toute l’année durant, sans coup férir, il n’y a qu’une chose à faire. Prendre sa canne préférée, ses mouches préférées, sa casquette préférée et filer là où rien ne nous atteint... Les envoyer paître tous. Paresseux, parasites, postiches et faux-monnayeurs. Le plus sincèrement du monde, libérer le mépris.--- Michel Hébert