Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

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24 mai, 2018

La réflexion du jour

Depuis 2013, les partis politiques québécois vivent d’abord et avant tout avec l’argent de nos taxes et impôts. Les versements sont établis selon le nombre de votes à la dernière élection. Cette nouvelle politique est le résultat du traumatisme de la commission Charbonneau. Financement politique et corruption sont devenus synonymes. Pourtant, le financement politique existe dans toutes les démocraties sur terre, avec divers niveaux d’encadrement. La situation que nous avons créée au Québec est rarissime, si jamais elle existe ailleurs.--- Mario Dumont

23 mai, 2018

Débat typique avec un communiste…



J’ai récemment eu un échange de courriel avec un communiste. Ce dernier n’a aucune formation en économie, mais semble avoir eu une épiphanie: le communisme peut fonctionner si seulement il était démocratique! Comme la concurrence pure et parfaite est impossible, la planification centrale doit forcément, selon lui, être la seule manière d’obtenir une allocation optimale des ressources qui serait aussi plus équitable.
J’ai synthétisé ces plusieurs courriels en rubriques; ses arguments sont en caractères gras, suivis de mes réponses.
Le communisme a échoué dans le passé car il n’était pas démocratique
Le communisme démocratique est un oxymoron.  On en a jamais vu dans l’histoire et c’est impossible dans la pratique, tel qu’expliqué par Hayek si brillamment (voir ceci).
Le communisme est par construction incompatible avec la démocratie et favorise l’émergence du totalitarisme. C’est pourquoi tous les pays qui ont essayé le communisme ont rapidement affaibli la démocratie jusqu’à sa disparition.
De plus, de par la nature de la tâche et les compétences requises pour la mener à bien, les mouvements communistes (et fascistes) sont toujours menés par des crapules assoiffées de pouvoir et des tyrants cruels (Staline, Chavez, Mao, Castro, Pot, Kim, Tito, etc). On peut aussi ajouter à la liste les dirigeants quasi-communistes corrompus tels que les Perron-Kirschner et Lula-Roussef. C’est ce qu’Hayek décrit par « the worst rise on top ». Pas moins de 100% des grands leaders communistes de l’histoire ont été des tyrants! Et vous croyez que le prochain sera bienveillant et respectueux de la démocratie? Très drôle. Combien de morts faudra-t-il pour finalement prouver que le communisme ne fonctionne pas? Je pense qu’il y en a déjà trop eu. Ce serait irresponsable de recommencer encore une fois l’expérience.
Mais que dire de la Suède, un état très gros, mais démocratique?
Je suis content que vous utilisiez l’exemple de la Suède, un pays foncièrement capitaliste, où une grande proportion de l’économie est privatisée (voir ceci et ceci).
La Suède est bien loin du communisme. C’est une économie basée sur le libre-change et l’entreprise privée, mais avec un filet social généreux financé par un impôt personnel élevé. Il n’y a rien qui y ressemble à de la planification centrale.
Tout de même, jamais vu ne signifie pas impossible. Je soutiens que le communisme a existé dans le passé lointain.
En fait, le communisme fonctionne assez bien à petite échelle (famille, tribu, village), mais pas à plus grande échelle. Même Hayek est d’accord avec cette affirmation! Mais à l’échelle d’une ville, d’une province ou d’un pays, les choses se compliquent terriblement.
L’économiste Elinor Ostroms a remporté un prix Nobel en démontrant que les biens communs peuvent très bien être gérés de façon collective sans propriété privée tout en évitant la tragédie des biens communs. N’est-ce pas la preuve que le communisme peut fonctionner?
Non! Au contraire, les exemples soulevés par Ostroms n’impliquent pas la propriété étatique de ces biens. Elle explique plutôt que dans les cas où les droits de propriété sont impossible ou trop difficiles à établir, des règles simples convenues entre citoyens peuvent faire l’affaire. Une solution locale et décentralisée issue d’une forme d’auto-régulation. Rien à voir avec du communisme démocratique. Elle prône une forme de laissez-faire, une acceptation de la diversité des façons de faire, plutôt que l’adoption d’une solution uniforme planifiée dans une tour d’ivoire. Cette vision chaotique de l’économie est tout à fait en ligne avec la perspective libertarienne. Voir ceci.
Quant aux coopératives, jardins collectifs, fermes participatives et monastères, le capitalisme n’exclut aucunement ces initiatives. Celles-ci peuvent très bien coexister avec un système capitalisme sans problème et sans entrave. En revanche, démocratie et communisme ne peuvent pas co-exister. Il faut que quelqu’un prenne les décisions au bout du compte et le pouvoir attire les tyrants.
L’innovation est possible dans un système communiste. C’est la recherche fondamentale qui innove, les start-up font les applications mais ne découvrent rien, c’est l’argent public qui financent les fusées, le Téflon, l’accélérateur de particules, le décodage du génome, la nano-sciences…
Non, pour qu’une découverte améliore le niveau de vie, il faut qu’elle soit traduite en bien utilisable par la population. C’est ça l’innovation: i.e. trouver comment adopter de nouvelles découvertes dans un processus de production pour améliorer le niveau de vie. Et ça c’est le secteur privé qui le fait toujours. Le secteur public n’a aucun incitatif à innover et est toujours en retard.
Aux États-Unis, les universités sont privées. Les subventions concernent surtout les frais de scolarité des étudiants, pas la recherche directement. Ceci dit, si vous souhaitez que l’état finance davantage la recherche fondamentale, c’est défendable, mais de là à justifier le passage au communisme…
Beaucoup de recherche fondamentale a été faite par des entreprises privées, comme Bell Labs, et de nos jours Google. Mais il est vrai que l’état a donné un coup de pouce et a aidé Silicon Valley à émerger. Il faut aussi tenir compte du fait que l’état a un effet crowd out sur le privé. J’avais écris un texte sur l’internet qui donne quelques éclaircissements. Sans entreprise privée, l’internet serait possiblement resté un réseau militaire inutile pendant longtemps…
Le teflon a été découvert par un dénommé Roy Plunkett, qui travaillait au Jackson Laboratory, un laboratoire situé dans le New Jersey et appartenant à la société chimique américaine E.I. du Pont de Nemours and Company, une entreprise privée.
Et que dire des chars soviétique, supérieurs à ceux des américains, Spoutnik, Gagarine? 
Oui, je l’accorde que pour gaspiller des ressources dans l’industrie de la guerre, le communisme n’a pas son pareil. Si le planificateur concentre les ressources sur une activité en particulier, bien sûr que cette nation communiste prendra de l’avance sur les autres dans cette activité, mais ce sera au détriment de tout le reste…
Même chose pour l’aérospatiale: les planificateurs ont décidé de détourner des ressources vers la course à l’espace pour impressionner les américains et convaincre d’autres pays d’adopter le communisme. Mais cela s’est fait au détriment des autres activités économiques.
Quand Khrushchev a visité Nixon aux États-Unis et qu’il a vu une machine à laver, un lave-vaisselle et un réfrigérateur suffisamment abordables pour qu’une famille moyenne puisse facilement se les payer, il a déclaré qu’il s’agissaient de luxes inutiles, et a bifurqué la conversation au sujet des missiles de l’URSS…
Voir cet article qui va dans la même veine.

En outre, il est des marchés qui se prêtent encore moins à la concurrence privée, comme l’agriculture : Mère-Nature est capricieuse, les récoltes sont bonnes ou mauvaises, et font fluctuer les prix ce qui amène les producteurs à jeter de la nourriture pour maintenir les prix! Et que dire du logement, dont les coûts sont exorbitants…
Ce problème résulte directement des interventions gouvernementales. Ceci dit, cela n’est pas un problème grave pour les consommateurs. En revanche, le communisme est plutôt la cause de famines et pénuries de nourriture, ça c’est un problème pour la population.
La chose qui fait le plus augmenter les coûts de logement sont les règles de zonage et les restrictions diverses sur la construction ainsi que les contrôles de loyers (qui découragent l’offre). Encore des effets pervers d’interventions étatiques. On peut aussi parler du subventionnement direct de l’assurance hypothécaire (qui sévit au Canada). Voir ce billet à cet égard.

Un marché dit mature, où la concurrence (déloyale) est devenue illusoire (zéro innovation), doit être collectivisé car il est devenu une rente.
Aucun marché n’est vraiment mature. L’automobile est présentement en révolution, les magasins à rayons sont en déclin au profit du commerce en ligne, les modèles d’affaires des épiciers sont en changement, les banques changent complètement leur façon d’opérer, pleins de start-ups émergent dans tous les secteurs. Même les entreprises de produits domestiques sont en disruption (Unilever, Nestlé, Colgate, etc), par les micro-marques innovatrices qui gagnent des parts de marché.
Tout ces changements sont motivés par la concurrence et la recherche du profit, qui sont absents d’un système communiste.
S’il n’y pas de concurrence loyale, nomme-moi donc un exemple de quelque chose que les consommateurs paient en général trop cher en raison de manque de concurrence? Bonne chance!
Réponse : les cercueils…
Faux. Les rendements sur le capital des entreprises de services funéraires n’indiquent pas un manque de concurrence, au contraire. Tu peux regarder Park Lawn, Service Corp et Dignity PLC par exemple, pas d’abus du tout.
Les gens paient trop cher pour les cercueils parce qu’ils choisissent délibérément des modèles trop dispendieux. C’est un biais comportemental, et non un manque de concurrence qui permet le « price gouging ».
Pour que le manque de concurrence soit un problème pour la population, il faut nécessairement qu’il en résulte un comportement abusif des producteurs par l’entremise de prix élevés, résultant en des rendements sur le capital anormalement élevés.
Et que dire du secteur des équipementiers automobiles, qui sont dépendants des fabricants? Des usines de Volkswagen ont fermé, résultant en des faillites et mises à pieds chez les fournisseurs établis dans la ville.
Ceci est anecdotique, et non empirique. Leur modèle d’affaire n’était visiblement pas assez diversifié et insoutenable. Le capitalisme a l’avantage d’éliminer ces inefficiences en faveur des meilleurs producteurs, ce qui crée de la richesse pour tous. Je serais prêt à parier que des subventions gouvernementales ont favorisé l’émergence d’un tel écosystème comme c’est le cas dans l’industrie aéronautique canadienne.
Si l’industrie automobile n’était pas assez concurrentielle, il y aurait trois symptômes: 1) les marges et rendement sur le capital des manufacturiers seraient anormalement élevées aux dépends des consommateurs, 2) les véhicules ne s’amélioreraient pas technologiquement et 3) les fournisseurs seraient malmenés (comme tu l’affirmes).
Or, on observe le contraire. Les manufacturiers automobiles ont des rentabilités dérisoires, entre 5-6% de rendement sur le capital, signe que la concurrence y est féroce. Les fabricants automobiles se livre une féroce concurrence ce qui résulte en des prix qui n’ont pas beaucoup augmenté en termes réels ces 30 dernières années pour des véhicules ayant bénéficié d’une quantité énorme d’innovations améliorant le confort et la performance.
Les fournisseurs tant qu’à eux sont prospères, regardez les rendement sur le capital de Delphi, Borgwarner, Magna et Linamar, entre 12% et 20%! Donc les faits ne concordent pas avec votre petite théorie. Cette industrie est concurrentielle et ne nécessite aucune intervention (encore moins collectivisation). Maintenant, vous voulez nous parler des exemples d’automobiles produites par des entreprises étatiques? Je suis sûr que non!
L’entrepreneur privé fixe son prix de vente au-dessus du coût de revient, donc il plume le client d’une façon ou une autre. Tandis que dans le public, on met un prix de vente = au coût de revient. Donc, on paye un prix minimal.
Il faut d’abord se demander quel est l’incitatif du secteur public à fournir le bien ou service au coût de revient le plus bas. Pour faire baisser les coûts, il faut innover, faire des investissements qui améliorent la productivité et trouver des manières de faire plus avec moins. Sans la pression de la concurrence, pas d’incitatif à innover pour améliorer le processus de production ni à contenir les coûts.
Voir mon article sur l’importance du profit ici.
L’incitatif à maintenir les coûts faibles, c’est le goût du travail bien fait, le respect de l’usager…Fais un peu confiance au sens de l’honneur, de respect des uns et des autres
Vraiment pas! Vous ne vivez pas sur la même planète que moi. La nature humaine est ce qu’elle est et, encore une fois, la réalité historique est là pour le démontrer.
Pourquoi la privatisation du rail anglais a fait tripler le prix du billet? 
Voici deux articles qui éclaireront votre lanterne à ce sujet ici et ici.

La planification n’a qu’à se faire en fonction des besoins, en se basant sur la consommation de l’année précédente.
Non! Le planificateur ne peut connaître les besoins. En 1980 aviez-vous besoin d’un lecteur DVD? C’est l’offre qui crée la demande. On investit, on innove, on produit et le fruit de la production permet de consommer. Impossible de vraiment connaître les besoins d’investissement sans signal de prix et de profit. Les économistes appellent cela la Loi de Say.
Comment GM gère-t-elle ses stocks alors?
Justement, gérer les stocks d’une seule entreprise qui n’offre qu’une seule gamme de produit est déjà une tâche monumentale difficile à accomplir parfaitement. Imaginez lorsqu’il est question des métaux entrant dans la production du véhicule, de la machinerie nécessaire à la production de ce métal, de chaque composant entrant dans l’assemblage de cette machinerie, c’est infini!
La production d’un simple crayon à mine nécessite la coordination d’un nombre incalculable d’entreprises, de travailleurs aux diverses compétences et des ressources allant du coq à l’âne (voir ceci).
Quand j’observe les planificateurs gouvernementaux, ils ont des difficultés monumentales à faire des prévisions, voire même à mesurer ce qu’il tente de prévoir. Tout ce qui est confié sous la juridiction de l’état (entretien des routes, système de santé, éducation, etc) fonctionne mal. Vous voudriez leur confier l’ensemble de l’économie? Très drôle! Ce serait un désastre, comme ça l’a été dans tous les pays communistes.
L’Afrique est pauvre, il n’y a pourtant pas de communisme sur ce continent!
Il y a plusieurs causes de la pauvreté en Afrique, comme je l’expliquais dans ma série de billets intitulée « Diagnostic Pauvreté ». Ceci dit, vous oubliez que le communisme a joué un rôle important en Afrique durant la guerre froide. Plusieurs pays se sont déclarés communistes (même si aux yeux de l’URSS, ils étaient plutôt « semi-communistes »). Somalie, Congo, Éthiopie, Mozambique, Bénin, Angola, Madagascar, Algérie, Guinée, le Cap Vert, Guinée-Buissau, Tanzanie, Zambie, Sao Tomé-et-Principe et Seychelles. Ça en fait pas mal!
Il apparaît évident quand on regarde les politiques économiques désastreuses et les institutions déficientes de ces pays que le communisme a eu une influence négative sur le développement de ces pays.
On revient à MA grande question: si la concurrence n’est pas parfaite, alors l’allocation des ressources non plus.
Premièrement, la concurrence loyale ne peut être amenuisée que par l’état. Presque tous les marchés sont contestables et c’est ce que nous observons dans la réalité.
Deuxièmement, le fait que l’allocation ne soit pas optimale ne signifie pas que la planification centrale puisse mieux faire (en fait l’expérience historique montre que c’est l’inverse).
En somme, le marché n’atteint jamais l’équilibre, faisant constamment l’objet de chocs qui le débalancent et provoque des petits cycles, ce qui signifie qu’il n’y a pas de concurrence pure et parfaite
Non, l’allocation optimale des ressources n’est pas toujours possible, mais un système de libre-marché s’en approche suffisamment près, alors que toute tentative de planification centrale nous en éloigne davantage, la réalité historique l’a démontré parfaitement. L’état intervient pour « optimiser » cette allocation et le résultat est pire que ce que le libre-marché avait non-optimalement atteint. C’est en résumé ce que j’expliquais dans ce billet.
Les hypothèses de la concurrence pure et parfaite ne sont pas réalistes, mais celles qui sous-tendent la planification centrale le sont encore moins. Il faut vraiment être naïf pour penser que les biais humains qui rendent la CPP impossibles n’ont « magiquement » aucun effet sur les « super-humains » qui seraient planificateurs centraux, et qu’en plus ils ne seraient aucunement corrompus par leurs nouveaux pouvoirs. Si on ne l’avait jamais essayé, on pourrait en douter, mais c’est ce qu’on a observé à toutes les fois, à plus d’une dizaine de reprises! Voir la définition de la folie par Einstein…

La réflexion du jour

Nos élites sont devenues moralisatrices à en pleurer. Nous multiplions les commissions, comités, groupes d’études et polices parallèles (UPAC) pour combattre notre discrimination, notre racisme, notre islamophobie, notre homo et transphobie, notre sexisme et notre corruption endémique. Cela coûte de l’argent sonnant et pesant, payé à même les taxes des culpabilisés que nous sommes.--- Denise Bombardier

22 mai, 2018

La réflexion du jour

Ce qui est frappant dans tout ça c’est comment, année après année, les mêmes problèmes réapparaissent à peu près sous les mêmes formes. Les gouvernements et les ministres changent, et les patients continuent à patienter. Comme à l’habitude, les solutions sont connues et la Vérificatrice en propose quelques-unes qui sont tout à fait pertinentes. Mais au fil des années, les gouvernements ne les appliquent qu’en partie, à reculons ou pas du tout, ce qui fait qu’on relit les mêmes manchettes depuis trente ans.--- Patrick Déry

21 mai, 2018

La réflexion du jour

« Les Montréalais paient six taxes sur l’essence, ce qui équivaut à 40 % du prix qui est payé. Comme nous sommes les plus taxés, on devrait s’attendre à des infrastructures extraordinaires, mais malheureusement ce n’est pas le cas », déplore Carl Vallée, directeur Québec de la Fédération canadienne des contribuables qui a publié cette étude jeudi.