Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

En politique, si tu comprends quelque chose, c’est qu’on t’a mal expliqué.--- Michel Beaudry

________________________________________________________________________

20 novembre, 2019

L’écologisme, nouveau totalitarisme ? par Drieu Godefridi, Texquis, mai 2019


par Jean-Philippe Delsol
Dans un petit livre alerte qui mêle une petite histoire plaisante à une analyse rigoureuse, Drieu Godefridi s’inquiète à juste titre de la pensée écologique qui paraît prête, plus ou moins ouvertement, à exiger l’abolition de la démocratie et de la liberté, « pour le climat ». Il dénonce cet amalgame des écologistes qui présentent la lutte contre l’inégalité « comme un passage obligé vers la réconciliation de l’Homme avec la Terre ».
Il observe que l’écologie marque une rupture radicale avec la tradition occidentale en mettant la nature au centre des préoccupations du monde aux lieu et place de l’Homme. Pire, « elle reconnaît, dans la plupart de ses déclinaisons, une réalité vivante à l’écosystème », jusqu’à imaginer une « métaphysique de la nature », selon les mots de Hans Jonas, en substitution de toute métaphysique humaine caractéristique de la civilisation, notamment occidentale. Pourtant, comment pourrait-il y avoir une métaphysique de la nature alors que « ce qui est métaphysique est ce qui dépasse la nature » ? Mais dans la nouvelle écologie, l’Homme devient presque un « mammifère nuisible » !
Certes, le catastrophisme écologique n’est pas nouveau. Malthus, Ehrlich et le club de Rome, parmi d’autres, nous ont déjà conté la fin du monde pour demain en oubliant que la principale ressource de l’humanité, c’est l’homme. Mais désormais, les écologistes ont réussi à prendre le contrôle de la pensée au niveau mondial au travers du groupe intergouvernemental de l’ONU sur le climat, le GIEC, dont l’objet d’étude « est l’influence de l’homme sur le climat – pas de la nature et de l’homme, seulement de l’homme ». Ce groupe qui se veut scientifique est plutôt, dit Drieu Godefridi, « tout entier –composition, compétences, fonctionnement- politique et même diplomatique ». On pourrait même se demander s’il n’est pas plutôt un groupe millénariste, comme ceux du Moyen Age qui ont traversé l’histoire en annonçant sa fin et qui embrigadaient les enfants. Sauf que ces mouvements étaient tous entre les mains d’un gourou et que désormais ils ressemblent plutôt à ces mécaniques collectives, et donc plus dangereuses, décrites par Huxley ou Orwell. Ils brandissent la science comme une nouvelle transcendance à laquelle l’humanité doit se plier, et les scientifiques qui contestent leurs conclusions sont voués aux gémonies, ce qui n’est guère preuve d’une attitude scientifique ouverte par nature à la confrontation. Le GIEC fait peur en agitant la puissance dévorante d’un réchauffement climatique anthropique due à la production de CO2 (l’effet de serre) tout en reconnaissant que « l’homme n’émet que 4% du CO2 global », 96% des émissions étant dues à la nature, en affirmant que « par en effet dit de « forçage radiatif », ce léger surplus de CO2 humain rompt les équilibres naturels et provoque un réchauffement planétaire ».
Ainsi se développe une analyse totalisante de l’écologisme : « Si le CO2 humain est le problème, alors l’humain doit être bridé, contrôlé, domestiqué dans chacune de ses activités ». Hans Jonas concluait, au vu de la catastrophe écologique, que « le renoncement à la liberté individuelle est inéluctable ». L’ennemi, c’est l’homme. De nombreux écologistes succombent à cette tentation humanicide. Pour le moins, l’écologie veut tout régenter, les transports, la nourriture, l’agriculture, l’énergie, la vie humaine et sa limitation (parce qu’un enfant, c’est 58,6 tonnes d’équivalent-CO2 par an !) … Toute activité génère du CO2 et donc doit être soumise à cette nouvelle autorité morale. C’est dire le danger de cette pensée pernicieuse.
Drieu Godefridi ne se veut pas scientifique lui-même, mais il alerte, il incite à réagir. Il conclue en citant à propos Isaiah Berlin : « Réduire les domaines où peut s’exercer la liberté de choix, c’est porter atteinte à l’essence même de l’homme ». La lutte contre la pollution est importante pour garder à l’homme un environnement favorable, mais elle ne saurait être conduite au détriment de la liberté fondatrice de notre humanité.

La réflexion du jour

La relation des mouvements de gauche avec ce qu’ils appellent la science devient un sujet passionnant. Rien n’est plus à la mode que d’être un écologiste modèle que de se réclamer de la science en résumant toutes les sciences à une seule : la science du climat.--- Mario Dumont

18 novembre, 2019

La réflexion du jour

Il faut aussi, et surtout, y voir l’aboutissement de dizaines d’années de relâchement, l’abaissement systématique des exigences qui vient avec l’égalitarisme bon marché issu du national-syndicalisme. --- Michel Hébert

16 novembre, 2019

La réflexion du jour

Malgré de récents succès économiques, nous sommes encore nettement plus pauvres que la moyenne canadienne. À cause de cela, nous ne fournissons que 18 % des revenus du gouvernement canadien, malgré que le Québec représente 23 % de la population du pays. Quant à la péréquation, le programme d’aide aux plus pauvres, nous en recevons 55 %.--- Mario Dumont

13 novembre, 2019

La haine de la propriété privée est l’apanage des esclavagistes en herbe

par Ferghane Azihari, 
Jamais une institution n’aura suscité autant de controverses que le droit individuel de propriété. « La propriété, c’est le vol ! », s’écriait Proudhon dans un élan contradictoire, omettant que l’existence d’un vol atteste la présence d’un propriétaire lésé. Sans doute est-ce pourquoi la figure du fédéralisme ouvrier s’est finalement ravisée en proclamant qu’elle est synonyme de liberté.
Moins de deux siècles plus tôt, le philosophe John Locke entrevoyait déjà les liens entre la propriété et les droits fondamentaux de l’être humain. Dans une société libre, la force — publique ou privée — ne saurait avoir d’autre fonction que d’assurer leur protection contre les brigands qui vivent de leur violation.
Le droit individuel de propriété est en effet ce qui distingue l’être affranchi de l’être asservi. Qu’est-ce qu’un esclave, sinon celui qui se voit refuser le droit de posséder sa vie, sa personne ainsi que les fruits de son commerce et de son industrie ? La nature ayant horreur du vide, celui qui n’est pas propriétaire de lui-même est la propriété d’un autre qui revêt alors le costume d’un esclavagiste.
Les premiers féministes ne s’y trompent pas en scandant « mon corps, mon choix ». Ce slogan doit ses effets émancipateurs à la délimitation de la frontière qui distingue le « mien » du « tien », ce qui renvoie encore à la reconnaissance d’un droit de propriété. Les héritiers de Marx devraient donc méditer plus sérieusement sur les conséquences de leur haine du « propriétarisme », réduit à tort à une vulgaire idéologie mercantile.
L’obsession matérialiste qui définit la mentalité socialiste conduit ses adeptes à oublier que la propriété privée est d’abord un rapport d’exclusivité interpersonnel avant de concerner les choses. C’est la libre disposition de soi et la propriété qui font échec aux prétentions des violeurs, des meurtriers et des agresseurs de toute espèce. C’est pourquoi les rédacteurs de notre déclaration révolutionnaire de 1789 notaient dans son préambule que l’ignorance, l’oubli et le mépris des droits de l’homme — qui incluent la propriété — sont « les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements ».
Monsieur Piketty commet donc un contresens indigne de la culture qu’on attend d’un universitaire lorsqu’il assimile, dans son dernier ouvrage, les compensations offertes aux propriétaires d’esclaves affranchis à des dérives propriétaristes. L’esclavage qui a scandaleusement prévalu dans les pays qui se voulaient avancés jusqu’au XIXe siècle est précisément la plus grave des entorses faites au propriétarisme. Loin de contester le droit de propriété, la lutte abolitionniste a au contraire consisté à cesser de le relativiser pour lui conférer une portée universelle.
C’est donc lorsque les sociétés se mettent à sacraliser la propriété et à condamner la servitude, les exactions et les extorsions, qu’elles peuvent se targuer d’être civilisées. À l’inverse, les pays qui ont tenté de dépasser ces « droits de l’homme égoïste », pour reprendre l’expression de Marx, ont abrité les crimes de masse les plus retentissants de l’histoire de notre espèce. Ce qui devrait inciter notre cher économiste à modérer la nostalgie qu’il semble exprimer vis-à-vis de « l’échec dramatique de l’expérience communiste ». Personne n’utilise un vocabulaire aussi tendancieux pour qualifier le bilan des fascismes qui ont ravagé l’Europe.
La haine de la propriété est donc l’apanage de ceux qui veulent ériger le pillage au rang d’institution pour des motifs divers et variés. Chez Monsieur Piketty, ce pillage est justifié par la prospérité promise aux civilisations qui préfèrent l’égale dépossession à l’inégalité des possédants. Ce révisionnisme décomplexé n’est plus seulement la marque d’une idéologie coincée à l’Est du rideau de fer de la pensée. Il ignore aussi une leçon que même un Jean-Jacques Rousseau prit la peine de retenir dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes.
L’auteur du contrat social, qui déplorait la tendance de l’homme industrieux à s’éloigner de l’état de nature, remarquait qu’il n’aurait jamais embrassé la folie de la vie laborieuse sans la vile garantie offerte par la propriété privée que personne ne viendrait le dépouiller du fruit de son travail. En conspuant la propriété privée, Rousseau assumait au moins sa volonté de nous replonger dans l’âge des cavernes.