Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Repas typiquement québécois : sur une table d’impôt épaisse, assiette fiscale craquée, couteau à la gorge et coupe qui déborde.---- Michel Beaudry

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19 avril, 2014

La réflexion du jour

Les détails de la politique la plus appropriée dépendent des contraintes et des opportunités locales. Mais tout gouvernement doit se demander s'il en fait assez pour améliorer l'emploi dans les secteurs modernes susceptibles d'absorber les salariés travaillant dans les autres secteurs de l'économie. ---Dani Rodrik via Pierre Duhamel

18 avril, 2014

L’entreprise privée mérite mieux


On considère le chef d’entreprise comme un homme à abattre ou une vache à traire. Peu voit en lui le cheval qui tire le char. --- Winston Churchill

La concurrence est au monopole ce que la démocratie est à la dictature.

Tous conviennent que les lacunes inhérentes à la démocratie : délais, influence indue des lobbys, abus des politiciens, compromis, etc., sont de loin préférables aux horreurs de la dictature.

La démocratie ne se limite pas à voter périodiquement, mais consiste surtout à permettre à des opinions différentes, voire opposées, de s’exprimer ouvertement et d’influencer l’évolution des politiques régissant la société. Le brassage d’idées généré par les débats entre les pour et les contre d’une politique proposée, permettent de mieux cerner les enjeux de celle-ci. Par exemple, les écologistes en s’opposant à l’exploitation des énergies fossiles obligent les entreprises à proposer des méthodes d’exploitation propres et sécuritaires.

Ainsi, la démocratie crée les conditions favorisant une saine concurrence entre les choix politiques qui s’offrent à nous. Cette concurrence oblige les protagonistes à redoubler d’ardeur et de créativité pour influencer l’opinion publique et les législateurs en faveur de la position qu’ils défendent. Sans être parfaites, ultimement, les politiques retenues suite à ce processus seront généralement plus optimales pour l’ensemble de la société que celles qui auraient été imposées par une dictature, aussi éclairée soit-elle.

Ce phénomène a permis aux démocraties occidentales d’atteindre un degré de liberté et une qualité de vie très supérieure à tous les autres types d’organisation sociale. Les sociétés socialistes, communistes ou fascistes, nécessitent, à des degrés divers, une gestion centralisée, voire une dictature, pour s’établir et se maintenir en place. Ce phénomène nuit considérablement à leur développement. À terme, ces sociétés imploseront comme l’ont expérimenté les républiques russes à la fin des années 80s et le Venezuela en 2014. Ce n’est qu’une question de temps avant que la Corée du Nord et Cuba implosent à leur tour.

Ce qui est vrai au niveau de la société l’est tout autant au niveau de l’économie. Une économie ouverte et libre où la concurrence entre les entreprises domine le marché, se développera plus rapidement et offrira de meilleurs services à meilleurs coûts à la population. Par contre, une économie dominée par les monopoles, privés et publics, sera peu innovatrice et favorisera le statu quo au détriment de la qualité et des coûts des produits et services offerts à la population.

Le poids des monopoles d’État et la propension des politiciens à vouloir tout réglementer nuisent au développement du plein potentiel de l’économie québécoise. Près de 50 % de l’économie québécoise est contrôlée par les divers niveaux de gouvernement. Si on considère qu’une participation des gouvernements dans l’économie de plus de 25 % à 30 % est contre-productive, cette situation est dramatique.
L’environnement économique québécois est l’un des moins libres en Amérique du Nord. C’est ce qui explique que, quel que soit le critère utilisé : PIB, revenu disponible, dette, taux de chômage, pauvreté, etc., le Québec trône honteusement dans le peloton de queue.

Malheureusement, cette situation risque de perdurer. Selon un sondage commandité par Cogeco, la moitié des Québécois considèrent que les entreprises privées nuisent à la société. Dans les circonstances, les politiciens sont peu enclins à favoriser le démantèlement des monopoles d’État au profit d’un environnement où des entreprises privées se concurrenceraient pour offrir les mêmes services.

Cette situation désolante perdurera aussi longtemps qu’une majorité de Québécois n’auront pas compris que la trop grande présence de l’État dans l’économie est un boulet nuisible à son développement.

Ce travail pédagogique requiert un effort soutenu et de longues haleines. Les pays anglo-saxons et la Chine font des efforts considérables pour favoriser  l’éducation économique et financière de leur population. Les gouvernements, les entreprises et les organisations voués au développement de l’économie contribuent à cet effort. Malheureusement au Québec, tout effort dans le but d’améliorer la littératie économique et financière de la population est immédiatement dénoncé. Les biens pensants gauchistes prétendent que cela conduira à la marchandisation de l’éducation et condamnent sans appel tout effort en ce sens.


Heureusement, il existe des organisations telles que l’IÉDM, dont le mandat est de promouvoir les bonnes pratiques économiques et de faire pression sur les élus. Cela permet peut-être d’éviter les pires dérapages, mais c’est clairement insuffisant pour changer le sentiment anti entreprise privée qui prévaut au sein de la population.

La réflexion du jour

Disons-le, la fonction publique montréalaise est un monstre qu’aucun maire n’a réussi à dompter, surtout depuis l’injonction d’hormones que furent les fusions et les défusions municipales.

On nous avait promis des « économies d’échelle », et pourtant, de 2002 à 2013, le nombre d’employés a bondi de 12 % et la part du budget de la Ville consacrée à la rémunération des employés est passée de 43 % à… 52 % !--- François Cardinal

17 avril, 2014

La réflexion du jour

Sérieusement, comment peut-on penser obtenir une majorité de voix en faveur de la souveraineté quand l’État québécois est non seulement surendetté mais qu’il évite la banqueroute grâce aux transferts fédéraux, et particulièrement la péréquation (9 milliards de dollars) ?--- Jacques Brassard

16 avril, 2014

Ministre de la Santé : un c’est bien, deux c’est mieux.

Monsieur le Premier Ministre,

À titre d’ex-ministre de la Santé, vous savez mieux que quiconque que le ministère de la Santé est devenu un mastodonte ingérable. On peut difficilement en attribuer la cause aux qualités de gestionnaire des ministres. Depuis trente ans ils ont tous échoué.

On ne peut pas non plus l'attribuer au manque d’argent. Le ministère accapare déjà plus de 40 % du budget de la province. Au cours des 10 dernières années, les dépenses du gouvernement en santé ont augmenté de 167 %, passant de 18 milliards à 30 milliards. On se retrouve aujourd'hui avec les mêmes problèmes: 30 % de la population n'a pas de médecin de famille, les salles d'urgence débordent, les aînés congestionnent le système.

Donc, je me permets de vous faire une suggestion qui ne coûtera rien, mais en revanche permettra peut-être de dompter ce mastodonte intraitable.

Vous avez la chance de pouvoir compter sur deux députés capables de brasser  les fonctionnaires, les gestionnaires, les syndicats et les ordres professionnels : les docteurs Barrette et Bolduc. Il vous faut exploiter cet avantage. Je vous suggère donc de nommer le Dr Barrette ministre de la Santé du Montréal Métropolitain et le Dr Bolduc, ministre de la Santé du reste du Québec.

A priori, cette suggestion peut vous sembler farfelue, mais elle pourrait permettre de faire ce qu’aucun ministre n’a réussi depuis trente ans.

En scindant le ministère en deux, la tâche des ministres demeurera immense, mais d’envergure plus humaine. Ils pourront ainsi concentrer tous leurs efforts à trouver des solutions aux problèmes du système. Vous le savez trop bien, les problèmes ce n’est pas ça qui manque.

Toutefois, ce plan requiert que certaines conditions préalables soient respectées.

Il faut motiver les docteurs Barrette et Bolduc à relever le défi que vous leur proposez. Ils sont ambitieux ce qui vous facilitera la tâche.

Leur motivation dépendra des gains qu’ils pourraient en retirer. Vous pourriez par exemple leur promettre que celui qui obtiendra les meilleurs résultats deviendra le nouveau ministre de la Santé après les élections de 2018. L’opportunité de devenir le ministre le plus important d’un futur gouvernement libéral saura les convaincre de donner le meilleur d’eux-mêmes.

Le but  est de les motiver à redoubler d’ardeur pour obtenir des résultats tangibles et visibles. Pour éviter que vos ministres dispersent inutilement leurs efforts, je vous suggère de les évaluer sur les deux critères les plus importants aux yeux de la population : l’accès à un médecin de famille et la réduction des temps d’attente aux urgences.

Je vous assure, vous allez être surpris des résultats. Des objectifs clairs et une saine concurrence font des miracles pour stimuler la créativité, l’innovation et l’efficacité.

Bien sûr, les deux ministres tireront la couverte chacun de leur bord ce qui ne manquera pas de créer des conflits. Mais vous êtes bien placé pour arbitrer les discordes de vos ministres, le cas échéant. Votre expérience récente de ministre de la Santé vous confère une crédibilité incontestable auprès du Conseil des ministres.

De plus, cette approche innovante aura un rôle pédagogique incontestable auprès de la population. Pour de nombreuses raisons que vos sociologues sont beaucoup plus aptes que moi à expliquer, les Québécois sont viscéralement contre toute forme de concurrence dans l’offre des services gouvernementaux. Lorsqu’ils verront que le système de santé s’améliore dû à une saine concurrence entre les ministres Barrette et Bolduc, ils en redemanderont. Le Québec sera mûr pour une révolution à la suédoise.

Enfin, l’amélioration du système de santé est votre meilleure carte pour garder le pouvoir en 2018. Dans le cas contraire, la CAQ pourrait très bien former le prochain gouvernement.

Bonne chance.

La réflexion du jour

S’il adopte une Charte de la laïcité consensuelle, avec le soutien de la CAQ et de QS, la frange ethnocentrique du PQ sera isolée. S’il lance, de bonne foi, un grand chantier de réforme de la fiscalité et du Code du travail, le PLQ pourra compter sur l’appui de la CAQ. (À l’ère de PKP, le PQ ne saura pas quoi faire.) S’il amorce des réformes de la bureaucratie excessive de certains ministères, ses appuis se consolideront. S’il mise sur la transparence — incluant, pourquoi pas, un directeur parlementaire du budget et des données ouvertes —, le parti sera blindé contre les accusations de «vieille politique». S’il demeure inclusif, qu’il investit dans un réseau d’éducation ambitieux, qu’il s’engage à être aussi vert que possible, il gardera l’appui des jeunes. Rien de tout ceci n’est anti-libéral — bien au contraire.--- Jérôme Lussier