L'État abuse les contribuables

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Humour


Chaque fois que mon percepteur revenait, je payais un impôt sur le revenu --- Raymond Devos
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Le chiffre du jour : 38 %


A l'heure où la pénurie de main-d'oeuvre continue de frapper les organisations, plus du tiers des travailleurs québécois (38 %) envisagent de prendre leur retraite avant 60 ans. La gestion de la retraite représente donc un enjeu stratégique majeur pour les organisations; les travailleurs plus âgés ont la cote. Telle est la conclusion que l'Ordre des CRHA et CRIA du Québec (ORHRI) tire des résultats d'un sondage CROP publiés à l'issue de son colloque intitulé "La retraite : une question d'avenir" qui se déroule aujourd'hui même à Montréal. (Source : Communiqué de presse des CRHA et CRIA, le 22 mai 2008)
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Mes coups de gueule

Le 23 mai

C’est quoi cette connerie là? La générosité des politiciens n’a vraiment pas de limite.

Un carrousel de traite n’améliorera pas la qualité du lait. C’est à la vache qu’il faut faire des cadeaux : moulée, sirop, etc..

Un carrousel ne crée pas d’emplois, il en élimine.

Trois ministres grosses pointures pour annoncer une subvention de 102 982$; pas 100 000$, pas 105 000$ mais bien exactement 102 982$. La précision avec laquelle les fonctionnaires gèrent les généreux programmes de subvention gouvernementaux est hallucinante.
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LA MINISTRE NATHALIE NORMANDEAU CONFIRME UN INVESTISSEMENT DE PLUS DE 350 000 $ A LA FERME BENOIT SOUCY

NEW-RICHMOND, QC, le 6 fév. /CNW Telbec/ - La députée de Bonaventure, vice-première ministre et ministre des Affaires municipales et des Régions, Mme Nathalie Normandeau, annonce, au nom du ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, ministre du Tourisme et ministre responsable de la région de Montréal, M. Raymond Bachand, et au nom du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, ministre responsable des régions de Chaudière-Appalaches et du Centre-du-Québec et député de Frontenac, monsieur Laurent Lessard, l'attribution d'une aide financière de 102 982 $ à la Ferme Benoît Soucy, située à Nouvelle.

Le projet de plus de 350 000 $ consiste en l'achat d'un carrousel detraite de 18 postes, une nouvelle technologie au Québec importée d'Europe. Ce carrousel permettra à la Ferme Benoît Soucy de produire un lait de qualité, disponible à la fabrication de fromage. En plus de consolider les trois emplois actuels, le projet mènera à la création de deux postes supplémentaires lorsqu'il sera réalisé dans sa totalité.
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22 mai, 2008

La palabre, une priorité québécoise

Benoît Aubin compare les Québécois à l’empereur Néron qui composait des poèmes à la lumière de Rome en flamme.

En effet, plutôt que de s’attaquer aux problèmes auxquels le Québec est confronté (santé, éducation, voirie, gouvernance municipale, etc.) nous préférons les grands débats existentiels : Montréal s’anglicise, les Français ne nous aime plus, les intellectuels Taylor-Bouchard nous méprisent, etc.

La palabre c’est moins fatiguant, mais c’est aussi moins efficace.
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Un peu de sérieux, s.v.p.

Benoît Aubin, Journal de Montréal, 22/05/2008 09h02

Vous connaissez l'image de Néron, l'empereur dodu de la Rome en décadence, qui jouait de la lyre et cherchait des rimes sur son balcon, éclairé par les brasiers de sa capitale en feu?

Nous ne sommes pas des empereurs; Hochelag', ce n'est pas Rome, et, vu que les grandes vacances approchent, le Québec n'est pas vraiment en feu non plus.

Mais, quand même. Pendant qu'ici, le prix de l'essence s'enflamme, que les viaducs mal construits s'effondrent, pendant que les urgences débordent et que des pans entiers de l'économie font comme les viaducs, et s'effondrent, de quoi parlonsnous, sur le ton empressé de gens qui débattent de mesures pour contrer des menaces d'une extrême urgence?

Ici, au Québec des Québécois, nos politiciens ne laissent pas ces broutilles économiques, ces avatars administratifs, nous distraire des vrais enjeux, non mô'sieur.

Nous, ici, Québécois du Québec, nous gardons les yeux sur les vraies priorités prioritaires de tous les Québécois et Québécoises, de vieille souche, de moyennement vieille souche et Québécois et Québécoises de bouture plus récente. Nous parlons des vraies affaires importantes, oui madame, les vraies affaires. Ça occupe, ah ça oui.

D'abord, il a fallu régler le cas de cette Michaëlle Jean. Les Français qui croyaient avoir affaire à une jeune et jolie Québécoise, une vedette de la télé locale, polyglotte, multiculturelle, et charmante comme tout! Grâce à la vigilance du Bloc, Mme Jean fut exposée pour ce qu'elle est vraiment: une potiche vice-royale, suppôt de Babette 2, le faire-valoir de la monarchie britannique, une institution anachronique et antidémocratique.

Les oies du Capitole, ou plutôt le PQ et l'ADQ, ont ainsi pu éventer un complot machiavélique tramé par une puissance étrangère qui veut notre perte, le Canada, qui tentait de s'approprier notre 400e anniversaire - sous le fallacieux prétexte que Québec est une ville canadienne, et qu'Ottawa paie la moitié du coût de la fête.

Cette périlleuse mission de sauvetage en eaux internationales menée à bien, les protecteurs et protectrices de notre nation québécoise n'ont pas un moment pour souffler qu'un autre péril, plus grave, plus urgent encore requiert leur attention immédiate.

ILS PUBLIENT UN RAPPORT!

C'est que, dès ce matin, deux vieux intellectuels, dont un anglophone, potentiellement fédéraliste, vont publier un texte!

Les forces vives du Québec sont déjà en alerte, heureusement. Demandera-t-on aux Québécois de vider le Québec pour les remplacer par d'autres? demande Mario Dumont. Nous ordonnera-t-on de faire de «l'aplatventrisme»? renchérit Pauline Marois? Les deux intellectuels feront-ils de nous des Elvis Gratton? On ne rit pas...

Maintenant que l'opinion publique est bien alertée des enjeux et des embûches qui se cachent dans les pages de ce pernicieux rapport, apprendrons-nous, aujourd'hui même, de quelle manière la constitution canadienne protège les conjurés intégristes qui veulent proscrire les oreilles de crisse dans le YMCA de Hérouxville?

LE DROIT DE PAROLE

Sur une question plus badine: au Journal, nous croyons fermement à la liberté de parole et d'opinion. Alors, nous ne dirons jamais à personne de se taire.

Cependant, nous aurions parfois le goût d'enjoindre à nos hommes et femmes publics et publiques de faire montre d'un peu plus de sérieux - et de résister à la tentation de faire de la démagogie à bon marché sur des sujets sensibles et potentiellement explosifs.

21 mai, 2008

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Une étude de PricewaterhouseCoopers dénonce la complexité inutile du régime fiscale canadien. Cela génère des coûts considérables pour les entreprises et nuit à leur compétitivité. Les entreprises qui ont répondu à l'enquête ont déclaré un coût annuel moyen de 2,1 millions de dollars au titre de l'observation fiscale. Elles y ont consacré une moyenne de 19 863 heures, ce qui correspond à 2 483 journées de travail de 8 heures, soit l'équivalent de 11 employés à temps plein affectés uniquement aux questions d'observation fiscale.

Le régime fiscal canadien est dominé par le besoin viscéral des politiciens d’intervenir dans l’économie. Les interventions politiques sont toujours justifiées sous prétexte de coordonner, guider et corriger les forces du marché. Pourtant, il ne manque pas d’exemple pour démontrer que les interventions politiques sont plutôt nuisibles qu’utiles. En réalité, le pouvoir d’intervention des politiciens dans l’économie leur permet de manipuler les règles en faveur du parti au pouvoir.

La mise en place d’un régime fiscal à taux unique (flat tax) permettrait d’éliminer une bonne partie des coûts et des lacunes du régime actuel.
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L'enfer de la bureaucratie fiscale
13 mai 2008 - 06h37
La Presse
Claude Picher


Les entreprises canadiennes peuvent être assujetties à pas moins de 49 taxes et impôts différents.

À cela s'ajoutent 18 sortes de cotisations et autres taxes, ainsi qu'une pléthore de dispositions fiscales mises en place par les administrations provinciales. En plus des taxes et impôts que nous venons de voir, une entreprise qui fait affaire partout au Canada doit tenir compte de plus de 200 dispositions fiscales.

Ces chiffres sont extraits d'une étude publiée hier par la société PricewaterhouseCoopers (PwC), effectuée pour le compte du Conseil canadien des chefs d'entreprise, un organisme qui regroupe les dirigeants des plus grandes entreprises canadiennes (1).

Cette avalanche bureaucratique coûte cher.

Les entreprises doivent évidemment affecter des ressources à la production de leurs propres formulaires fiscaux, mais ce n'est pas tout. Elles sont aussi tenues de percevoir un certain nombre de taxes et d'impôts auprès des clients et fournisseurs, et d'effectuer les remises appropriées à l'État.

Il en va de même pour les impôts retenus à la source sur les salaires des employés, et des cotisations sociales (assurance emploi, Régie des rentes). Il faut aussi tenir compte des paiements obligatoires à l'État: redevances, permis, droits. Les sommes dépensées pour organiser, calculer, percevoir et verser tout cela sont considérables.

L'enquête de PwC porte sur 39 entreprises, mais pas n'importe lesquelles. La plus petite a un chiffre d'affaires de 500 millions; la plus grande, de 17 G$. Le chiffre d'affaires combiné de ces 39 répondants se situe à 187 G$. Parmi eux, 32 sont inscrits à la Bourse de Toronto, et leur capitalisation boursière totale dépasse les 700 G$.

Chacun des répondants devait remplir un questionnaire détaillé, ce qui a permis aux spécialistes de PwC d'établir des chiffres précis: en moyenne, les entreprises interrogées doivent consacrer 2483 journées de travail de huit heures à la bureaucratie fiscale. En tenant compte des salaires, avantages sociaux, achat d'équipement, bureaux (location, entretien, assurances, etc), tout cela leur coûte en moyenne 2,1 M$ par année.

On dira que ce n'est pas beaucoup compte tenu de leur taille (le chiffre d'affaires moyen des répondants est de 4,8 G$), mais ce n'est pas tout.

L'enquête portait uniquement sur les très grandes entreprises, mais toutes les entreprises, y compris les petites et les moyennes, sont aux prises avec le même problème. Les répondants représentent environ 15% de la taille de l'économie canadienne.

L'étude de PwC ne fournit pas de projections à l'échelle nationale, mais on peut raisonnablement supposer, à partir de cet échantillonnage, que l'ensemble des entreprises canadiennes doit consacrer entre 500 et 600 M$ en bureaucratie fiscale. Cela commence à faire pas mal, d'autant plus qu'il s'agit d'une dépense particulièrement stérile.

Mais, au fond, n'est-il pas normal que les entreprises consacrent des ressources à produire leurs documents fiscaux et à percevoir les impôts? N'est-ce pas la même chose partout ailleurs?

Réponse à la première question: oui, c'est tout à fait normal.

Réponse à la deuxième: on en saura beaucoup plus d'ici quelques mois, mais il semble déjà que le Canada se distingue assez nettement par la complexité de son régime fiscal, et les coûts qu'il engendre. J'ai bien écrit «il semble», parce que ce genre de recherche en est encore à ses premiers pas.

Ainsi, par son ampleur et sa rigueur, cette enquête est une première au Canada. Elle utilise une méthodologie mise au point par le bureau britannique de PwC qui a entrepris, il y a trois ans, de mesurer le poids de la bureaucratie fiscale.

Résultats: comparativement aux 49 taxes et impôts différents qui compliquent la vie des entreprises canadiennes, le Royaume-Uni n'en compte que 22; en outre, les tracasseries fiscales des administrations locales y sont pratiquement inexistantes. Comparativement aux Britanniques, les Canadiens sont hors jeu.

Prix de consolation: PwC, qui a des bureaux dans plus de 150 pays, a aussi fait l'exercice pour l'Australie, pour constater que ce pays a un régime fiscal aussi compliqué que le Canada.

Pour l'instant, c'est tout ce qu'on sait, mais la grande question est de savoir comment le Canada se compare à son principal concurrent, les États-Unis. L'enquête américaine est présentement en cours, et ses résultats devraient être publiés d'ici cinq ou six mois.

Selon Tom O'Brien, associé principal aux Services fiscaux de PwC et responsable de l'enquête au Canada, il se peut que les résultats américains soient moins encourageants qu'au Royaume-Uni, principalement en raison de la variété des dispositions fiscales dans les 50 États.

En revanche, à tout considérer, le système américain ressortira probablement comme moins complexe qu'au Canada. Nous saurons donc l'automne prochain dans quelle mesure la complexité du régime fiscal canadien nuit à sa compétitivité.

Devant l'intérêt suscité par ce genre de recherche, PwC a aussi entrepris des enquêtes similaires en Afrique du Sud, Allemagne, Belgique, France, Inde, Irlande, Pays-Bas et Suisse. Au fur et à mesure que les résultats seront publiés, nous pourrons établir des comparaisons internationales de plus en plus complètes.

(1) Pour un accès direct et gratuit au document de 44 pages (en français), cliquez sur ce clien: www.pwc.com/ca/fra/ins-sol/publications/ttcfra0508.pdf

19 mai, 2008

Il n’y a pas de « free lunch »

Les Québécois supportent un fardeau fiscal plus élevé que la plupart des Canadiens et sont plus pauvres.

Y aurait-il un phénomène de cause à effet?
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Julien Béliveau
Moins riches, les Québécois, mais plus taxés quand même

À partir du Jour de l’An, le contribuable recommence à travailler pour payer sa facture d’impôts, ce qu’il fera assidûment pendant plusieurs mois et ce n’est habituellement qu’au cours de la période estivale qu’il peut enfin se dire en recevant son chèque de paye, «de moi, à moi». La plupart des contribuables d’ici sont au courant qu’ils paient plus d’impôts que la plupart des autres Canadiens, mais gagnent-ils au moins autant?

Au cours de l’automne, Québec et Ottawa nous ont proposé un profil des contribuables québécois et canadiens pour l’année 2004. Les Québécois s’enrichissent-ils? Pour la presque totalité de nos concitoyens, pas vraiment. Et lorsqu’on examine les données fiscales de l’ensemble du Canada comparativement à la situation québécoise, pour paraphraser négativement l’adage populaire, «on se désole», c’est le cas de le dire.

D’abord, ces données nous rappellent que 40% des contribuables d’ici ne paient pas d’impôts. Par contre, on retrouve à peu près le même ratio dans le reste du Canada. Donc, rien de scandaleux et «on se console» pour une fois. Mauvaise nouvelle cependant, cette strate s’accroît de 4,5% annuellement au Québec, alors que les « productifs » eux, n’augmentent en nombre que d’un peu plus d’un pour cent.

Pour la suite des choses, la comparaison avec les autres provinces montre une nette détérioration. Au Québec, un citoyen sur deux gagne moins de 30 000 $ par an. Ouch! Et pire encore, un tiers des contribuables gagnent moins de 50 000 $. Bref, au Québec, seulement 15 % des contribuables gagnent au-delà de 1 000 $ par semaine. Rien de surprenant que les banques alimentaires déclarent devoir accueillir désormais de plus en plus de gens qui travaillent…

Non seulement on gagne moins qu’ailleurs au Canada, mais pire encore, le Québec pige plus profondément que la plupart des autres provinces dans les poches de ses citoyens. Pour des gains imposables de 30 000 $ (ce qui donnerait des gains bruts de l’ordre probable de 40 000 $), vous allez payer 50% de plus que votre concitoyen d’Ontario et si vous êtes un des « riches » qui déclarent des gains imposables de 50 000 $, au bout d’une année, vous paierez 65 % de plus que si vous habitiez à Hawksbury. Ce n’est pas peu dire! La pression ne se relâche qu’à partir des gros revenus annuels. Si vous déclarez 200 000 $ de gains imposables, vous ne paierez que 24% de plus qu’en Ontario. Des peanuts, quoi!

On parle bien souvent des «riches». Combien en compte-t-on au Québec? Si on établissait ce seuil tant envié et décrié à, disons, 200 000 $ par an, approximativement 30 000 contribuables québécois atteindraient ce statut. Par contre, ils vont payer bon an, mal an, plus d’un milliard au trésor québécois.

Si le 1/10 de 1% de la population canadienne qui est vraiment riche (les super riches) gagne annuellement en moyenne près de trois millions, aux «États», la moyenne équivalente s’établit à près de dix millions…Heureusement que les deux monnaies sont maintenant à parité, autrement la comparaison serait vraiment odieuse.

L’étude canadienne note par ailleurs que les revenus de la classe moyenne, celle qu’on tord fiscalement jusqu’à la corde, ont stagné au cours des 25 dernières années. Par contre, les riches, les vrais riches et les super riches le sont encore plus. L’adage que les bien nantis s’enrichissent est donc fondé.

La conclusion de tout cela : quand un politicien (j’inclus bien sûr le féminin) vous offre un bonbon, s’il ne vous dit pas à qui il va enlever son nanan, c’est qu’il a l’intention de piger dans vos poches et vous le faire payer. Comme le disent les Anglais, le lunch gratuit, ça n’existe pas, car on finit toujours par payer la note. Dito en politique : le cadeau politique n’existe pas, donc inutile de dire merci au bon ministre.

18 mai, 2008

Le Québec qui tombe

Les extraits du livre « La France qui tombe » de Nicolas Baverez (éd. PERRIN) sont fascinants. Il décrit bien le gouffre dans lequel la France est tombée. Si on exclue les fonctions spécifiques à un État souverain (défense, diplomatie, etc.), le diagnostique de Baverez pour la France est en tout point applicable au Québec.
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Nicolas Baverez, L'Express du 04/09/2003

Le livre qui épingle Chirac et Raffarin

En librairie le 11 septembre, La France qui tombe (Perrin) est un essai majeur sur l'actuelle crise française. Dans le quatrième chapitre, Quieta non movere (Ne réveillez pas ce qui dort), Nicolas Baverez dresse un bilan intraitable de l'action menée par le président et son Premier ministre. Extraits

Descartes soulignait que «l'erreur est toujours volontaire». De fait, qu'il s'agisse des individus, des entreprises ou des nations, le déclin n'est jamais fatal, mais toujours voulu et programmé. [...] L'obsolescence du positionnement diplomatique et du concept stratégique, la décomposition des institutions, l'anémie de la démocratie, la maladie de langueur qui mine l'économie française ne résultent que marginalement des chocs de la conjoncture mondiale ou des tensions géopolitiques. Elles renvoient principalement au choix délibéré du statu quo et à de multiples erreurs politiques. [...]

D'abord, aucun gouvernement ni aucune formation politique n'a élaboré ou engagé un projet global et cohérent de modernisation, se proposant de réformer en profondeur le pays pour l'adapter au nouvel environnement né de l'après-guerre froide et de la mondialisation. Au lieu d'expliquer la situation réelle de la France, de favoriser la prise de conscience des citoyens pour les convaincre de la nécessité du changement, l'essentiel du discours politique a été consacré à l'éloge de l'immobilisme au nom de l'excellence de l'exception française. La préférence pour la démagogie est la chose la mieux partagée entre majorité et opposition. [...]

Ensuite, les réformes limitées qui ont été engagées ont répondu à [...] la ligne électorale du mieux-disant démagogique, orientée vers les services des clientèles respectives. A gauche, à travers la hausse parallèle des effectifs (320 000 postes de fonctionnaires ont été créés entre 1997 et 2002) et des rémunérations de la fonction publique, et à travers des conquêtes sociales fictives dont les 35 heures sont le symbole. A droite, grâce à la bride lâchée aux revenus des professions médicales (progression de 7% en 2002, ciblée vers les honoraires médicaux qui représentent plus de 17 milliards d'euros) ou à des baisses d'impôts couplées à une accélération des dépenses publiques: d'où une explosion des déficits qui ne pourra être endiguée que par de nouveaux prélèvements. [...]

Enfin, [...] les tentatives opérées pour modifier la régulation du secteur public [...] ont systématiquement échoué. Quatre raisons majeures se cumulent pour expliquer ces revers: l'absence d'engagement ferme du chef de l'Etat ou du Premier ministre pour appuyer les réformes; le refus de toute réflexion préalable sur la redéfinition des missions de l'Etat avant d'aborder la question de la réaffectation des moyens; la volonté de privilégier un dialogue interne entre les responsables politiques et syndicaux, en tenant à distance les leviers extérieurs, et notamment l'opinion; le caractère technocratique et sectoriel des mesures envisagées, qui ont été rapidement contrecarrées par les oppositions corporatistes. [...]

Dans le domaine des fonctions régaliennes de l'Etat, le salutaire effort de rétablissement de l'ordre public a permis d'endiguer la hausse de la délinquance de proximité, mais a connu un spectaculaire coup d'arrêt en Corse. En inscrivant son action dans la continuité des funestes accords Matignon, le gouvernement a commis trois erreurs qui expliquent la sanction du référendum du 6 juillet 2003. D'abord, considérer que la question corse est exemplaire de la décentralisation alors qu'elle relève avant tout du rétablissement de l'ordre public [...]. Ensuite, nouer une alliance avec les groupes terroristes et mafieux autour de l'échange entre d'une part une garantie de représentation à l'assemblée unique et une dotation de 2 milliards d'euros à répartir entre eux et les élus, et d'autre part une réduction du niveau de la violence. Enfin une question biaisée, qui obligeait les partisans du maintien dans la République à joindre leurs voix à celles des poseurs de bombes, qui n'ont pas manqué de manifester leur dépit par un déchaînement de violences. En réalité, [...] l'électorat corse a rétabli le sens de la consultation, en substituant à la question de façade du changement de statut la question réelle de la dévolution de l'île aux nationalistes: le refus de l'assemblée unique est en réalité un vote favorable au maintien dans la République française. [...]

C'est néanmoins en matière de politique économique et sociale que la stratégie du gouvernement s'est révélée la plus incertaine, se transformant en navigation à vue, au gré des difficultés qui se sont accumulées. [...] Deux pans de l'action de l'Etat sont exemplaires de la confusion présente: l'Education et la Défense. L'Education nationale absorbe 7% du PIB, tout en produisant 12% d'illettrés, en rejetant chaque année 161 000 jeunes privés de toute qualification. La France se classe ainsi au 15e rang sur 32 dans l'OCDE pour les performances en termes de lecture. Depuis 1990, les effectifs du ministère ont progressé de 279 000 personnes, soit une augmentation de 10%, alors que le nombre d'élèves baissait de 1 million dans le primaire et de 200 000 dans le secondaire. Dans le même temps, du fait du pouvoir syndical structuré autour de l'enseignement secondaire, la France demeure le seul pays développé où le coût annuel d'un lycéen est supérieur à celui d'un étudiant (7 880 euros, contre 6 590). [...] Un nouvel exemple de la dérive du système vers le mode de fonctionnement du Gosplan soviétique a été fourni par le baccalauréat 2003, qui a connu un taux record de réussite presque voisin du «bac 68» (respectivement 80,1% et 82,07%), après deux mois de grève des enseignants. La leçon est claire: soit les résultats aux examens sont inversement proportionnels à la durée des cours, et il est urgent de diminuer les horaires et les effectifs de l'enseignement; soit la volonté de respecter à tout prix une norme fixée par avance, qui aboutit en régime de croisière à réévaluer à la hausse les résultats des académies dites sensibles, a conduit cette année à un laxisme généralisé qui prive le baccalauréat de toute valeur réelle. Comme le disait crûment Péguy, «quand une société ne peut pas enseigner, c'est que cette société ne peut pas s'enseigner, c'est qu'elle a honte».

Face à cette situation de crise, le gouvernement a choisi de supprimer les emplois-jeunes pour créer plusieurs dizaines de milliers de postes d'assistants d'éducation, puis d'annoncer, au printemps 2002, 30 000 postes supplémentaires (dont 18 000 dans le secondaire, contre 14 000 départs en retraite, alors que le nombre d'élèves diminuera de 25 000), avant de proclamer le non-remplacement des départs en retraite dans le budget de 2004, pour finalement décider en juillet de créer 4 000 postes supplémentaires. [...] Deux constats s'imposent: le gouvernement amplifie les déséquilibres et les dysfonctionnements du système éducatif. Car sa démarche épouse la logique syndicale, en s'enfermant dans une logique de moyens qui évite de s'interroger sur les missions et les objectifs de l'Education nationale d'une part, les conditions concrètes de fonctionnement des établissements scolaires d'autre part.

De même, l'indispensable relance de l'effort de défense, venant après l'absurde désarmement poursuivi par la gauche plurielle en pleine période de remontée des périls extérieurs, est en partie neutralisée par l'affectation prioritaire des nouveaux investissements à l'outil de dissuasion nucléaire, qui représente plus de 18% de l'effort global. [...] Ces choix prennent mal en compte les nouveaux risques terroristes, ce qui supposerait une refonte complète de la sécurité du territoire comme de l'articulation entre la sphère de la défense et la société civile. Dans ce domaine également, le refus de moderniser la doctrine de la dissuasion et de redéfinir l'hypothétique schéma d'armée 2015, le flou entretenu sur la défense européenne, la poursuite des investissements à fonds perdus dans des structures industrielles condamnées telles que Giat ou la DCN conduisent à dilapider des ressources rares. Avec pour résultat que les capacités opérationnelles évoluent dans un sens inversement proportionnel aux dépenses et que le mouvement de départ des officiers et sous-officiers d'avenir s'emballe.
Dans le domaine social, tout a été sacrifié au calendrier lent choisi contre la raison et le bon sens pour la réforme des retraites, dont tous les éléments étaient parfaitement connus en 2002 et à laquelle les esprits, sous le choc des élections, étaient alors acquis. [...] Pour prix d'une mini-réforme, la France s'est offert une méga-crise sociale, indissociable d'une nouvelle tétanie à l'approche des élections de 2004, dont les premiers symptômes sont patents: escamotage de la décentralisation, renonciation à tout changement au sein de l'Education nationale, remise à 2005 de la révision du système de santé en dépit de son implosion financière, report sine die du changement de statut d'EDF. [...]

Face aux deux stratégies politiques que pouvait dicter l'analyse postérieure au 21 avril, thérapie de choc du type de 1958 ou fuite en avant démagogique du type de 1981, les deux têtes de l'exécutif ont décidé en réalité de ne pas choisir, s'inscrivant dans la continuité des politiques de ni-ni inventées par François Mitterrand. Le gouvernement s'est dédoublé: aux jeunes délinquants, le privilège de la thérapie de choc; aux clientèles électorales et à la fonction publique, le bénéfice ambigu du placebo avec, sous le prétexte de ne pas bloquer la société, le parti pris de neutraliser ou de différer les réformes. L'objectif consiste à durer, plutôt qu'à présider ou à gouverner, avec en guise de principe d'action le dicton «Quieta non movere». [...] Le seul service minimum qui fonctionne est celui de l'action gouvernementale, qui se tient pour quitte vis-à-vis des Français avec la reprise en main de l'ordre public et la réforme tronquée des retraites. En réalité, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin n'est pas celui de la France d'en bas, mais bien celui de la France qui tombe.

Quatre erreurs cardinales expliquent cet échec. La première porte sur le diagnostic de la situation du pays, avec une confusion opérée entre 1995 et 2002: obsédé par le collapsus social du premier septennat de Jacques Chirac, Jean-Pierre Raffarin s'est trompé d'époque et de politique, cherchant à corriger sept ans après les fautes du gouvernement d'Alain Juppé. Ce faisant, il commet paradoxalement les mêmes erreurs, en ignorant la crise mondiale comme Alain Juppé était resté aveugle à la reprise, en trahissant le mandat réformateur lancé par les électeurs d'avril 2002 comme Alain Juppé avait délibérément enterré le programme de réduction de la fracture sociale. La deuxième faute consiste à avoir neutralisé la fenêtre stratégique qui s'ouvrait pour le changement au second semestre 2002, pour privilégier la popularité confortable qu'assure le renouvellement des équipes mises au service du statu quo. Or les réformes différées en période favorable font les réformes avortées en période défavorable. La troisième erreur de jugement provient du postulat selon lequel la France serait irréformable, alors que c'est le gouvernement qui est incapable de concevoir et de réaliser les réformes. La quatrième et la plus perverse consiste [...] à prétendre réformer de manière masquée, larvée. «Un prince qui a peur est renversable à tout moment», soulignait Napoléon. Comment le gouvernement peut-il convaincre les Français du bien-fondé de réformes qu'il a peur non seulement de réaliser mais même de formuler [...]? Comment un gouvernement qui ne sait ni ce qu'il veut ni où il va pourrait-il triompher des corporatismes qu'il n'a de cesse de relégitimer et qui ont du moins pour eux d'être parfaitement clairs et déterminés dans leur opposition frontale à tout changement?

La rétractation du politique dans la démagogie et la communication, au triple détriment du projet, de la pédagogie et de l'action, jointe à la montée de l'individualisme, provoque un formidable appel d'air dans lequel s'engouffrent l'extrémisme politique et le nihilisme social. [...] Le désengagement du politique a pour corollaire une radicalisation des mouvements sociaux qui basculent sans transition des fêtes ritualisées dans une violence désespérée. [...] Des fonctionnaires, détenteurs de l'autorité publique, ont ainsi impunément repris à leur compte les déviances qui étaient jusqu'alors le triste privilège des agriculteurs et des Corses. Ils ont multiplié les violences, saccagé les équipements publics, défié l'Etat de droit qu'ils sont censés incarner, récusé toute éthique professionnelle, tels les enseignants de philosophie mimant les autodafés nazis avec les livres du ministre de l'Education. De même, les quelque 170 000 journées de grève alignées chaque année par les cheminots (soit bon an mal an entre le quart et le tiers du total des jours de travail perdus du fait des grèves en France), dans une entreprise qui bénéficie de 6 milliards d'euros de subventions de l'Etat pour un chiffre d'affaires de 20,1 milliards [...], ont mis à mort le fret ferroviaire et gravement affecté le trafic des voyageurs. Les agents de la SNCF s'affirment comme les premiers fossoyeurs du service public du transport ferroviaire. Cela ne les empêche pas de s'arc-bouter sur des revendications catégorielles déconnectées des réalités économiques: un conducteur de TGV touche en moyenne 75 000 euros nets par an pour 25 heures de travail hebdomadaires, tout en bénéficiant d'une totale gratuité des soins et d'un départ à la retraite à 50 ans!

Dernier épisode en date, le conflit des intermittents du spectacle a marqué un paroxysme au point qu'Ariane Mnouchkine a pu évoquer un «suicide collectif».

La violence déchaînée pour obtenir l'annulation des festivals n'a eu d'autre effet que de briser les manifestations culturelles, de ruiner les institutions qui emploient les intermittents et les collectivités qui les soutiennent, de mettre en péril l'une des déclinaisons tangibles de l'exception culturelle française, de saper les valeurs fondatrices de la création, au premier rang desquelles le respect des artistes et du public. [...] Résultat: personne n'a traité les problèmes très réels du régime de chômage le plus favorable en Europe, qui a vu le nombre d'ayants droit progresser de 50 000 à 96 000 en dix ans au terme d'abus multiples [...] et les comptes afficher 124 millions d'euros de recettes pour 952 millions de dépenses. [...]

L'irrésistible ascension aux extrêmes de la violence sociale en France met en jeu des mécanismes et des schémas immuables. D'abord la mobilisation autour de mots d'ordre visant à «tout casser» ou à «tout bloquer». Ensuite le durcissement autour d'un noyau minoritaire qui impose une ligne extrémiste par le recours à l'intimidation et à l'idéalisation des postures de la radicalité, éventuellement contre le vote de la majorité en faveur de la poursuite ou de la reprise du travail. Le refuge dans l'idéologie et dans le culte du rapport de forces au détriment de l'intelligence de la négociation, qui suppose à la fois de redescendre des principes éthérés vers la discussion des enjeux concrets et de rentrer dans la logique démocratique du compromis. L'exaltation de la révolte au détriment de toute proposition alternative autre que le statu quo. L'appel systématique à l'Etat, non tant pour servir de médiateur ou d'arbitre que pour intervenir comme une poche profonde, sommée de mobiliser les fonds publics au service des intérêts catégoriels et corporatistes. Ainsi ces mouvements, en installant dans les esprits et les moeurs le fait que tout est possible et que tout est permis, bandent-ils en France les ressorts classiques du totalitarisme tel que le définit Hannah Arendt. [...]

La France de 2003 se présente comme le pays où, de José Bové aux intermittents du spectacle en passant par les dirigeants dévoyés d'entreprises ruinées et jusqu'au chef de l'Etat, chacun prétend agir selon sa fantaisie.

17 mai, 2008

Wall-Mart contribue à réduire l’inflation

Dans leur texte, les Investigateurs Financiers expliquent comment Wall-Mart contribue à modérer les pressions inflationnistes.

Les banques centrales (la Fed aux É.-U., la banque du Canada, la BCE en Europe, etc.) surveillent de près les pressions inflationnistes. Lorsqu’elles deviennent trop agressives, elles augmentent les taux d’intérêts pour ralentir la surchauffe économique.

On peut donc conclure que Wall-Mart aide les banques centrales dans leurs efforts pour contrôler l’inflation. Toutefois, Wall-Mart est beaucoup plus efficace que les banques centrales. Celles-ci, en augmentant les taux d’intérêts, pénalisent les consommateurs. Au contraire, Wall-Mart réduit les prix des biens de consommation au profit des consommateurs.
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Les Investigateurs Financiers, LesAffaires.com
16 mai 2008 à 11h01

Wal-Mart : on le déteste, et l'aime inconsciemment.

Combien de fois avons-nous entendu dire que Wal-Mart est un gros monstre qui s'attaque aux petits commerçants, qui sous-paie ses employés et qui abrutit le consommateur avec sa marchandise bon marché? Au Québec, plus particulièrement, nombreux sont les anti-walmartiens qui affirment fièrement ne jamais magasiner à cet endroit.

Mais comme dans la plupart des situations, nous avons le revers de la médaille (cette fois-ci, nous avons commencé par le côté sombre). Depuis plusieurs années, nous bénéficions de bas taux d'hypothèque, d'un marché immobilier reluisant et d'une inflation basse. Cette dernière nous a permis de jouir de meilleurs rendements boursiers. Quand l'inflation est basse, notre rendement net est plus élevé. Par exemple, si vous faîtes 10% à la bourse, vous ferez environ 8% net une fois l'inflation escomptée. Aussi, une inflation minime permet aux banques de prêter à moindre coût : la location de voiture et les paiements hypothécaires coûtent moins cher. Il existe beaucoup d'avantages à maintenir l'inflation à un bas niveau. C'est pourquoi la Banque du Canada surveille cet élément de très près.

Et oui, remercions Wal-Mart! Elle est en partie responsable de notre bonne fortune. En achetant en Chine et en forçant les fournisseurs d'un peu partout à produire à meilleur prix, elle contribue à la diminution ou le maintien des prix sur beaucoup d'articles. En effet, Wal-Mart utilise une stratégie qui s'avérait peu commune dans le passé. Elle travaille avec ses fournisseurs pour les aider à trouver des façons de réduire leurs coûts d'opération. Ainsi, Wal-Mart peut acheter à meilleur prix, pour revendre aux consommateurs à meilleur prix. Cette pratique créé une nécessairement une pression à la baisse sur les prix un peu partout. Avec des ventes de plus de 300B de dollars par an, Wal-Mart exerce à n'en poins douter une influence non négligeable.

Au Canada, nous bénéficions grandement de leur philosophie : en voulant acheter tout à meilleur prix, Wal-Mart doit nécessairement s'approvisionner de produits de la Chine. Cette dernière a besoin de beaucoup de matières premières pour produire ces biens. Et le Canada a bénéficié de cette demande grâce à la hausse importante du coût des métaux entre autres.

Beaucoup d'autres commerces ont dû baisser ou stabiliser les prix afin de survivre. Si, en tant que consommateurs, nous étions tous prêts à payer beaucoup plus cher par question de principe (encourager l'économie locale ou inciter les détaillants à payer davantage les employés), le paysage financier serait tout à fait différent. Et nous pensons qu'il serait beaucoup moins rose qu'actuellement. Qu'en pensez-vous?