Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

La comédie musicale Demain Matin Montréal m’attend, c’est-tu l’histoire d’un gars qui est à l’entrée du tunnel LaFontaine ? --- Michel Beaudry ________________________________________________________________________

02 juillet, 2022

Les meilleures citations de Frédéric Bastiat

 Un article de l’Institut Coppet

Frédéric Bastiat (image libre de droits)
Frédéric Bastiat (image libre de droits)

COMMERCE INTERNATIONAL — La différence des coûts de production dans l’échange international : « — Si l’on vous dit : Les terres de Crimée n’ont pas de valeur et ne paient pas de taxes. Répondez : Le profit est pour nous qui achetons du blé exempt de ces charges. — Si l’on vous dit : Les serfs de Pologne travaillent sans salaire. Répondez : Le malheur est pour eux et le profit pour nous, puisque leur travail est déduit du prix du blé que leurs maîtres nous vendent. » IV, p.254

CYCLES ÉCONOMIQUES — À une première phase d’abondance anormale des capitaux succède un resserrement du crédit et une crise : « Sans doute, les quatre époques des grandes crises, semblables à celles dont nous sommes témoins aujourd’hui, sont celles où le mal se manifeste ; mais les trois époques de prospérité anormale sont celles où il se prépare. Dans celles-ci, l’énorme épargne, que le pays réalise dans l’achat des subsistances, accumule des capitaux considérables dans les banques et aux mains des classes industrielles.

Ces capitaux ne trouvent pas immédiatement un emploi profitable. De là un agiotage effréné, un téméraire esprit d’entreprise ; opérations lointaines et hasardeuses, chemins de fer, usines, tout se développe sur une échelle immense, et comme si l’état de choses actuel devait toujours durer. Mais les époques de cherté surviennent, et alors il se trouve qu’une grande partie du capital national a été aussi certainement englouti que si on l’eût jeté dans la mer. » II, p.56-57

 

« Tout le monde veut vivre aux dépens de l’État, et on oublie que l’État vit aux dépens de tout le monde. »

DÉFICIT — Pourquoi y a-t-il un déficit permanent : « Pourquoi nos finances sont-elles dérangées ? » — « Parce que, pour les Représentants, il n’y a rien de plus facile que de voter une Dépense, et rien de plus difficile que de voter une Recette. » …. « J’en sais encore une raison. » « Tout le monde veut vivre aux dépens de l’État, et on oublie que l’État vit aux dépens de tout le monde. »  V, p.447

DÉPENSES PUBLIQUES — Compatibilité avec la liberté : « Lourd budget et liberté sont incompatibles. » IV, p.153

DÉPENSES PUBLIQUES  — On ne peut pas les diminuer sans heurter certains intérêts : « L’idée de réaliser des économies sans froisser personne implique contradiction. » V, p.440

 

« Le plus pressé, ce n’est pas que l’État enseigne, mais qu’il laisse enseigner. »

ÉDUCATION — Contre le monopole de l’enseignement : « Le plus pressé, ce n’est pas que l’État enseigne, mais qu’il laisse enseigner. Tous les monopoles sont détestables, mais le pire de tous, c’est le monopole de l’enseignement. » V, p.93

ÉTAT — Ce que veut dire la gratuité de l’État : « On parle beaucoup, depuis la République, de crédit gratuit,d’instruction gratuite. Mais il est clair qu’on enveloppe un grossier sophisme dans ce mot. Est-ce que l’État peut faire que l’instruction se répande, comme la lumière du jour, sans qu’il en coûte aucun effort à personne ? Est-ce qu’il peut couvrir la France d’institutions et de professeurs qui ne se fassent pas payer de manière ou d’autre ?

Tout ce que l’État peut faire, c’est ceci : au lieu de laisser chacun réclamer et rémunérer volontairement ce genre de services, l’État peut arracher, par l’impôt, cette rémunération aux citoyens, et leur faire distribuer ensuite l’instruction de son choix, sans exiger d’eux une seconde rémunération. En ce cas, ceux qui n’apprennent pas payent pour ceux qui apprennent, ceux qui apprennent peu pour ceux qui apprennent beaucoup, ceux qui se destinent aux travaux manuels pour ceux qui embrasseront les carrières libérales.

 

« L’instruction est gratuite. Gratuite ! oui, pour quelques-uns de ceux qui la reçoivent, mais non pour ceux qui la payent, sinon au professeur, du moins au percepteur. »

C’est le Communisme appliqué à une branche de l’activité humaine. Sous ce régime, que je n’ai pas à juger ici, on pourra dire, on devra dire : l’instruction est commune, mais il serait ridicule de dire : l’instruction est gratuite. Gratuite ! oui, pour quelques-uns de ceux qui la reçoivent, mais non pour ceux qui la payent, sinon au professeur, du moins au percepteur. » VI, p.295 — « Il n’est rien que l’État ne puisse donner gratuitement à ce compte ; et si ce mot n’était pas une mystification, ce n’est pas seulement l’instruction gratuite qu’il faudrait demander à l’État, mais la nourriture gratuite, le vêtement gratuit, le vivre et le couvert gratuits, etc. Qu’on y prenne garde.

Le peuple en est presque là ; du moins il ne manque pas de gens qui demandent en son nom le crédit gratuit, les instruments de travail gratuits, etc., etc. Dupes d’un mot, nous avons fait un pas dans le Communisme ; quelle raison avons-nous de n’en pas faire un second, puis un troisième, jusqu’à ce que toute liberté, toute propriété, toute justice y aient passé ? Dira-t-on que l’instruction est si universellement nécessaire qu’on peut, en sa faveur, faire fléchir le droit et les principes ? Mais quoi ! est-ce que l’alimentation n’est pas plus nécessaire encore ? Primo vivere, deinde philosophari, dira le peuple, et je ne sais en vérité ce qu’on aura à lui répondre. » VI, p.295-296

 

« Ce pays est trop gouverné, voilà le mal. »

ÉTAT — Le problème de la France est qu’il y a trop d’État : « Ce pays est trop gouverné, voilà le mal. Le remède est qu’il apprenne à se gouverner lui-même, qu’il apprenne à faire la distinction entre les attributions essentielles de l’État et celles qu’il a usurpées, à nos frais, sur l’activité privée. Tout le problème est là. » V, p.487-488

ÉTAT — S’il veut tout faire les finances publiques seront dans le rouge : « Les finances publiques ne tarderont pas d’arriver à un complet désarroi. Comment pourrait-il en être autrement quand l’État est chargé de fournir tout à tous ? Le peuple sera écrasé d’impôts, on fera emprunt sur emprunt ; après avoir épuisé le présent, on dévorera l’avenir. » IV, p.313

ÉTAT — Son intervention permanente trouble toute activité économique : « Je vous avoue que l’avenir m’inquiète beaucoup. Comment l’industrie pourra-t-elle reprendre, quand il est admis en principe que le domaine des décrets est illimité ? Quand chaque minute, un décret sur les salaires, sur les heures de travail, sur le prix des choses, etc., peut déranger toutes les combinaisons ? » VII, p.382

 

« L’État pourrait être efficace dans la police et la justice, s’il ne s’occupait pas de mille préoccupations accessoires »

ÉTAT — L’intervention de l’État perturbe le signal des prix : « Sous le régime de la liberté, le résultat est là qui avertit à chaque instant si l’on fait ou non fausse route. Mais quand l’État s’en mêle, c’est tout différent ; car quoiqu’il ne puisse pas changer le résultat général et faire que la perte soit bénéfice, il peut fort bien altérer les résultats partiels et faire que les pertes de l’un retombent sur l’autre. Il peut, par des taxes plus ou moins déguisées, rendre une industrie lucrative aux dépens de la communauté, attirer vers elle l’activité des citoyens, par un déplorable déplacement du capital. » II, p.33-34

ÉTAT — Il pourrait être efficace dans la police et la justice, s’il ne s’occupait pas de mille préoccupations accessoires : « Je ne suis pas un profond jurisconsulte, mais je crois véritablement que si le gouvernement était renfermé dans les limites dont je parle, et que toute la force de son intelligence, de sa capacité fût dirigée sur ce point-là : améliorer les conditions de sécurité des hommes, je crois qu’on pourrait faire dans cette carrière des progrès immenses. » V, p.492

 

« De toutes les classes d’hommes, la plus belliqueuse c’est certainement celle des journalistes. Ils ont le bonheur de ne laisser sur le champ de bataille ni leurs jambes, ni leurs bras. »

FONCTIONNAIRES — Plus il y en a, plus la liberté est compromise : « On ne peut multiplier les fonctionnaires sans multiplier les fonctions. Ce serait trop criant. Or, multiplier les fonctions, c’est multiplier les atteintes à la liberté. » II, p.478

FONCTIONNAIRES — Tout ce qui devient à leur charge ne progresse plus : « Tout ce qui est tombé dans le domaine du fonctionnarisme est à peu près stationnaire ; il est douteux qu’on enseigne mieux aujourd’hui que du temps de François Ier ; et je ne pense pas que personne s’avise de comparer l’activité des bureaux ministériels à celle d’une manufacture. » VI, p.549

GUERRE — Tempérament belliciste des journalistes : « De toutes les classes d’hommes, la plus belliqueuse c’est certainement celle des journalistes. Ils ont le bonheur de ne laisser sur le champ de bataille ni leurs jambes, ni leurs bras ; c’est le paysan qui est la chair à canon, et quant à eux, ils ne contribuent aux frais de la guerre qu’autant que leur coûtent une fiole d’encre et une main de papier. Il est si commode d’exciter les armées, de les faire manœuvrer, de critiquer les généraux, de montrer le plus ardent patriotisme, la bravoure la plus héroïque, et tout cela du fond de son cabinet, au coin d’un bon feu ! »  II, p.198

 

« Il est mauvais d’imposer des choses par la force à d’autres peuples »

IMPÉRIALISME — Il est mauvais d’imposer des choses par la force à d’autres peuples : « Et puis, comment se fait-il qu’il n’y ait pas assez d’impartialité, au fond de notre conscience nationale, pour comprendre combien nos prétentions à imposer une idée, par la force, blessent au cœur nos frères du dehors ? Quoi ! nous, le peuple le plus susceptible de l’Europe ; nous, qui, avec raison, ne souffririons pas l’intervention d’un régiment anglais, fût-ce pour venir ériger sur le sol de la patrie la statue de la liberté, et nous enseigner la perfection sociale elle-même ; quand tous, jusqu’aux vieux débris de Coblentz, nous sommes d’accord sur ce point qu’il faudrait nous unir pour briser la main étrangère qui viendrait, armée, s’immiscer dans nos tristes débats, c’est nous qui avons toujours sur les lèvres ce mot irritant : prépondérance ; et nous ne savons montrer la liberté à nos frères, qu’une épée au poing tournée vers leur poitrine ! Comment en sommes-nous venus à nous imaginer que le cœur humain n’est pas partout le même ; qu’il n’a pas partout la même fierté, la même horreur de la dépendance ? » V, p.451-452

 

« Que nos importations sont infinies et nos exportations nulles, je vous défie de me prouver que nous en serons plus pauvres. »

IMPORTATIONS — Peu importe si l’étranger nous « inonde » de produits : « Supposez, si cela vous amuse, que l’étranger nous inonde de toutes sortes de marchandises utiles, sans nous rien demander ; que nos importations sont infinies et nos exportations nulles, je vous défie de me prouver que nous en serons plus pauvres. » IV, p.57

IMPÔTS — Au-delà d’un certain niveau d’imposition, augmenter les impôts provoque une baisse des recettes : « Si un impôt est graduellement et indéfiniment élevé, par cela même qu’à chaque degré d’élévation il restreint un peu plus la consommation ou la matière imposable, un moment arrive nécessairement où la moindre addition à la taxe diminue la recette. » II, p.189 — « On se rappelle que la taxe s’élevant sans cesse, et la consommation diminuant à mesure, il arriva un moment où, en ajoutant 5 p. % au taux de l’impôt, on eut 5 p. % de moins de recette. » II, p.225

 

« Diminuer les impôts, voilà donc la première moitié du programme financier républicain. »

IMPÔTS — Conséquence de l’excès d’impôts : « Un tel impôt serait de la confiscation, et voyez les conséquences. Si, en fait, toute propriété était confisquée à mesure qu’elle se forme, qui est-ce qui se donnerait la peine de créer de la propriété ? On ne travaille pas seulement pour vivre au jour le jour. Parmi les stimulants du travail, le plus puissant peut-être, c’est l’espoir d’acquérir quelque chose pour ses vieux jours, d’établir ses enfants, d’améliorer le sort de sa famille.

Mais si vous arrangez votre système financier de telle sorte que toute propriété soit confisquée à mesure de sa formation, alors, nul n’étant intéressé ni au travail ni à l’épargne, le capital ne se formera pas ; il décroîtra avec rapidité, si même il ne déserte pas subitement à l’étranger ; et, alors, que deviendra le sort de cette classe même que vous aurez voulu soulager ? » II, p.475

IMPÔTS — Diminuer les impôts est la première exigence : « Diminuer les impôts (ce qui ne veut pas toujours dire diminuer les recettes), voilà donc la première moitié du programme financier républicain. » V, p.438

 

« La liberté n’existe plus quand le peuple est surtaxé »

IMPÔTS — La liberté n’existe plus quand le peuple est surtaxé : « Mais la question est précisément de savoir si un peuple surtaxé peut être libre, s’il n’y a pas incompatibilité radicale entre la liberté et l’exagération de l’impôt. Or, j’affirme que cette incompatibilité est radicale. » II, p.477

IMPÔTS — On ne peut pas réclamer beaucoup de l’État, et croire qu’il suffira de taxer les riches : « Imposer à l’État des attributions exorbitantes, et persuader qu’il pourra y faire face avec l’argent prélevé sur le superflu des riches, c’est donner au public une vaine espérance. » V, p.416 — « Mais lorsque l’État soutire à la nation le quart, le tiers, la moitié de ses revenus, il est réduit à agir de ruse, à multiplier les sources de recettes, à inventer les taxes les plus bizarres, et en même temps les plus vexatoires.

 

« On a essayé tant de choses, quand est-ce donc qu’on essayera la plus simple de toutes : la Liberté ? »

Il fait en sorte que la taxe se confonde avec le prix des choses, afin que le contribuable la paye sans s’en douter. De là les impôts de consommation, si funestes aux libres mouvements de l’industrie. Or quiconque s’est occupé de finances sait bien que ce genre d’impôt n’est productif qu’à la condition de frapper les objets de la consommation la plus générale.

On a beau fonder des espérances sur les taxes somptuaires, je les appelle de tous mes vœux par des motifs d’équité, mais elles ne peuvent jamais apporter qu’un faible contingent à un gros budget. Le peuple se ferait donc complètement illusion s’il pensait qu’il est possible, même au gouvernement le plus populaire, d’aggraver les dépenses publiques, déjà si lourdes, et en même temps de les mettre exclusivement à la charge de la classe riche. » II, p.475-476

LIBERTÉ — Il est temps de l’essayer : « On a essayé tant de choses, quand est-ce donc qu’on essayera la plus simple de toutes : la Liberté ? La liberté  de tous les actes qui ne blessent pas la justice ; la liberté  de vivre, de se développer, de se perfectionner ; le libre exercice des facultés ; le libre échange des services. » VI, p.125

 

« Malheur donc aux peuples qui ne savent pas limiter la sphère d’action de l’État. »

LIBERTÉ — Il faut la conserver, sans quoi tout disparait : « Malheur donc aux peuples qui ne savent pas limiter la sphère d’action de l’État. Liberté, activité privée, richesse, bien-être, indépendance, dignité, tout y passera. » IV, p.141

LIBERTÉ — C’est le dada de Bastiat : « Nous avons tous une idée chérie, un dada, en style shandyen. Mon idée chérie, pourquoi ne l’avouerais-je pas ? c’est la LIBERTÉ » V, p.431

LIBERTÉ — Elle est la cause du peuple : « La liberté commerciale, comme les autres, est la cause du peuple. » II, p.132

LIBERTÉ — Pas de milieu entre liberté et non-liberté : « Entre Liberté et Contrainte je ne vois pas de milieu. » V, p.61

LIBERTÉ — Il faut la fixer comme principe de la politique intérieure : « Il ne nous reste qu’à proclamer, comme principe de notre politique intérieure, LA LIBERTÉ, la liberté des arts, des sciences, de l’agriculture, de l’industrie, du travail, de l’échange, de la presse, de l’enseignement ; car la liberté est le seul système compatible avec un budget réduit. Il faut de l’argent à l’État pour réglementer et opprimer. Point d’argent, point de réglementation. » V, p.465

 

Problème : la France est trop habituée à être beaucoup  gouvernée

LIBERTÉ — Problème : la France est trop habituée à être beaucoup  gouvernée : « Nous sommes dans un pays habitué à être tellement gouverné qu’on ne peut s’imaginer qu’il puisse y avoir un peu d’ordre et de sécurité avec moins de réglementation. » V, p.489

LIBRE-ÉCHANGE — Si l’étranger paie moins d’impôts que nous, c’est une raison de plus d’ouvrir en grand nos frontières : « Mais je vais bien plus loin : je dis que, plus nos impôts sont lourds, plus nous devons nous empresser d’ouvrir nos ports et nos frontières à l’étranger moins grevé que nous. Et pourquoi ? Pour lui repasser une plus grande partie de notre fardeau.

N’est-ce point un axiome incontestable en économie politique, que les impôts, à la longue, retombent sur le consommateur ? Plus donc nos échanges seront multipliés, plus les consommateurs étrangers nous rembourseront de taxes incorporées dans les produits que nous leur vendrons. » IV, p.51

 

« Aujourd’hui on décrète que le salaire de tel genre de travail sera fixé ; qui peut prévoir le décret de demain, celui d’après-demain, ceux des jours suivants ? »

LOI — Elle est spoliatrice quand elle prend aux uns pour donner aux autres : « Comment reconnaître la spoliation ? C’est bien simple. Il faut examiner si la Loi prend aux uns ce qui leur appartient pour donner aux autres ce qui ne leur appartient pas. Il faut examiner si la Loi accomplit, au profit d’un citoyen et au détriment des autres, un acte que ce citoyen ne pourrait accomplir lui-même sans crime. » IV, p.354

LOI — L’inflation législative désordonnée empêche d’entreprendre : « Quel est en ce moment le hardi spéculateur qui oserait monter une usine ou se livrer à une entreprise ? Hier on décrète qu’il ne sera permis de travailler que pendant un nombre d’heure déterminé.

Aujourd’hui on décrète que le salaire de tel genre de travail sera fixé ; qui peut prévoir le décret de demain, celui d’après-demain, ceux des jours suivants ? Une fois que le législateur se place à cette distance incommensurable des autres hommes ; qu’il croit, en toute conscience, pouvoir disposer de leur temps, de leur travail, de leurs transactions, toutes choses qui sont des Propriétés, quel homme, sur la surface du pays, a la moindre connaissance de la position forcée où la Loi le placera demain, lui et sa profession ? Et, dans de telles conditions, qui peut et veut rien entreprendre ? » IV, p.287

 

« L’objectif doit être de changer l’opinion publique »

OPINION — L’objectif doit être de changer l’opinion publique : « Non, non, l’obstacle n’est pas au ministère, c’est tout au plus là qu’il se résume. Pour modifier la pensée ministérielle, il faut modifier la pensée parlementaire ; et pour changer la pensée parlementaire, il faut changer la pensée électorale ; et pour réformer la pensée électorale, il faut réformer l’opinion publique. » VII, p.37

POLITIQUE — Difficulté de convaincre en politique : « Bon Dieu ! que de peine à prouver, en économie politique, que deux et deux font quatre ; et, si vous y parvenez, on s’écrie : « c’est si clair, que c’en est ennuyeux. » — Puis on vote comme si vous n’aviez rien prouvé du tout. » V, p.347

POLITIQUE ÉTRANGERE  — Principes sur la politique étrangère : « En abordant notre politique extérieure, je commencerai par établir nettement ces deux propositions, hors desquelles, j’ose le dire, il n’y a pas de salut. 1° Le développement de la force brutale n’est pas nécessaire et est nuisible à l’influence de la France. 2° Le développement de la force brutale n’est pas nécessaire et est nuisible à notre sécurité extérieure ou intérieure. De ces deux propositions, il en sort, comme conséquence, une troisième, et c’est celle-ci : Il faut désarmer sur terre et sur mer, et cela au plus tôt. » V, p.449

POLITIQUE ÉTRANGÈRE — Ce que le gouvernement devrait dire à son propos : « Oui, chacun chez soi, chacun pour soi, autant qu’il s’agit de force brutale. Ce n’est pas à dire que les liens des peuples seront brisés. Ayons avec tous des relations philosophiques, scientifiques, artistiques, littéraires, commerciales. C’est par là que l’humanité s’éclaire et progresse. Mais des rapports à coups de sabre et de fusil, je n’en veux pas.

Parce que des familles parfaitement unies ne vont pas les unes chez les autres à main armée, dire qu’elles se conduisent sur la maxime chacun chez soi, c’est un étrange abus de mots. D’ailleurs, que dirions-nous si, pour terminer nos dissensions, lord Palmerston nous envoyait des régiments anglais ? Le rouge de l’indignation ne nous monterait-il pas au front ? Comment donc refusons-nous de croire que les autres peuples chérissent aussi leur dignité et leur indépendance ? » V, p.467

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — C’est du communisme : « Mais le Communisme revêt une troisième forme. Faire intervenir l’État, lui donner pour mission de pondérer les profits et d’équilibrer les fortunes, en prenant aux uns, sans consentement, pour donner aux autres, sans rétribution, le charger de réaliser l’œuvre du nivellement par voie de spoliation, assurément c’est bien là du Communisme. Les procédés employés par l’État, dans ce but, non plus que les beaux noms dont on décore cette pensée, n’y font rien.

Qu’il en poursuive la réalisation par des moyens directs ou indirects, par la restriction ou par l’impôt, par les tarifs ou par le Droit au travail ; qu’il la place sous l’invocation de l’égalité, de la solidarité, de la fraternité, cela ne change pas la nature des choses ; le pillage des propriétés n’en est pas moins du pillage parce qu’il s’accomplit avec régularité, avec ordre, systématiquement et par l’action de la loi. » IV, p.515-516

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — C’est la chimère du jour : « La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres. » IV, p.355

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — Ces schémas sont oppressifs et gaspillent les richesses : « La loi, qui restreint le travail et les jouissances de tous au profit de quelques-uns, est une loi oppressive. Elle prend une certaine somme dans la poche de Jean pour la mettre dans la poche de Jacques, avec perte définitive d’une somme égale pour la communauté. » II, p.70

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — Cycle infernal de l’intervention de l’État dans les fortunes individuelles : « Aujourd’hui qu’on a admis en principe que l’État est institué pour distribuer la richesse à tout le monde, il est naturel qu’on lui demande compte de cet engagement. Pour le tenir, il multiplie les taxes et fait plus de misères qu’il n’en guérit.

Nouvelles exigences de la part du public, nouvelles taxes de la part de l’État, et nous ne pouvons que marcher de révolution en révolution. Mais s’il était bien entendu que l’État ne doit prendre aux travailleurs que ce qui est rigoureusement indispensable pour les garantir contre toute fraude et toute violence, je ne puis apercevoir de quel côté viendrait le désordre. » IV, p.309

RESPONSABILITÉ INDIVIDUELLE — Le problème des mesures socialistes est qu’elles l’attaquent : « Leur écueil naturel est dans le déplacement de la Responsabilité. Ce n’est jamais sans créer pour l’avenir de grands dangers et de grandes difficultés qu’on soustrait l’individu aux conséquences de ses propres actes.

Le jour où tous les citoyens diraient : « Nous nous cotisons pour venir en aide à ceux qui ne peuvent travailler ou ne trouvent pas d’ouvrage », il serait à craindre qu’on ne vît se développer, à un point dangereux, le penchant naturel de l’homme vers l’inertie, et que bientôt les laborieux ne fussent réduits à être les dupes des paresseux. Les secours mutuels impliquent donc une mutuelle surveillance, sans laquelle le fonds des secours serait bientôt épuisé. » VI, p.459

SÉCURITÉ — C’est le plus grand bien : « Pour une nation, la Sécurité est le plus grand des biens. Si, pour l’acquérir, il faut mettre sur pied cent mille hommes et dépenser cent millions, je n’ai rien à dire. » V, p.340

SÉCURITÉ — La France n’a rien à craindre si elle est fidèle au libre-échange et à la non-intervention : « Avec ces trois choses : libre-échange, non-intervention, attachement des citoyens pour les institutions du pays, une nation de 36 millions d’âmes n’est pas seulement invincible, elle est inattaquable. » II, p.308

 

« Puissent-ils se préserver longtemps de cette peste du socialisme ! »

SERVICES PUBLICS — Par nature, ils sont inefficaces : « Quels sont les modes d’activité humaine qui offrent le spectacle de la stagnation la plus complète ? Ne sont-ce pas précisément ceux qui sont confiés aux services publics ? Voyez l’enseignement.

Il en est encore où il en était au moyen âge. Il n’est pas sorti de l’étude de deux langues mortes, étude si rationnelle autrefois, et si irrationnelle aujourd’hui. Non seulement on enseigne les mêmes choses, mais on les enseigne par les mêmes méthodes. Quelle industrie, excepté celle-là, en est restée où elle en était il y a cinq siècles ? » II, p.478

SOCIALISME. — La France et le socialisme : « Puissent-ils se préserver longtemps de cette peste du socialisme ! » I, p.88

SPOLIATION — Entourée de beaux slogans, elle se développera dans le futur : « Je le dis sincèrement : je crois que nous entrons dans une voie où, avec des formes fort douces, fort subtiles, fort ingénieuses, revêtues des beaux noms de solidarité et de fraternité, la spoliation va prendre des développements dont l’imagination ose à peine mesurer l’étendue. » IV, p.432

30 juin, 2022

Savoir quand vacciner et savoir quand s'arrêter

 Par André Dorais.

On a d'abord présenté les vaccins contre la COVID-19 comme étant la meilleure façon de se protéger du virus SARS-CoV-2.  Lorsqu'on a ensuite réalisé que des individus vaccinés étaient néanmoins infectés par ce virus, on a alors présenté ces vaccins comme ayant la capacité de réduire les taux d'infection et de transmission.  Et lorsqu'on a réalisé que ces taux étaient aussi élevés chez les individus vaccinés que les individus non vaccinés, on s'est rabattu sur l'idée qu'ils protègent contre les formes graves de la maladie.  Bref, pour maintenir l'idée que ces vaccins sont efficaces, on redéfinit toujours à la baisse leurs objectifs.   

 

Réduire ses attentes quant à l'efficacité de ces vaccins laisse songeur, mais n'est pas nécessairement contradictoire.  Ce qui est paradoxal, cependant, est d'affirmer que ces vaccins protègent contre les formes graves de la maladie tout en faisant place à celles qui le sont le moins.  En effet, habituellement on qualifie un remède d'efficace lorsqu'il protège contre la maladie, bénigne ou sévère, et qu'il est moyennement efficace lorsqu'il protège uniquement contre les formes les plus faibles de la maladie.  Or, avec les vaccins contre la COVID-19 on obtient le résultat inverse, soit qu'ils protègent contre les formes sévères de la maladie, mais non contre celles qui sont bénignes.  Cela n'est pas habituel et on peut se demander si quelque chose nous échappe.  Geert Vanden Bossche croit que oui. 

 

Selon Vanden Bossche, on ne doit pas crier victoire parce que les vaccins protègent contre les formes graves de la maladie, on doit plutôt chercher à arrêter la transmission du virus.  Force est de constater qu'on n'y est pas encore arrivé, et cela, malgré la panoplie de mesures contraignantes qui ont été utilisées pour ce faire.  La plupart des experts s'entendent pour dire qu'on y arrivera en développant une immunité collective, mais ils ont tort de penser que celle-ci adviendra à force de vacciner les gens.  Certes, une immunité peut advenir à l'aide de vaccins, mais encore faut-il qu'ils soient efficaces et savoir quand les utiliser.

 

Savoir quand vacciner

 

Selon Vanden Bossche, dès les premières vaccinations contre la COVID-19 il était déjà trop tard pour penser qu'elles feraient une différence, car pour être efficaces les vaccins doivent être utilisés avant que le virus soit parmi nous.  Dans le même but, on doit vacciner uniquement les individus susceptibles d'en être gravement atteint, car cela permet au reste de la population, peu affecté par ce virus, de renforcer son immunité.  À son tour, lorsque cette immunité est largement répandue au sein de la population, alors le virus s'éteint.

 

Lorsque le virus est présent dans un environnement, les vaccins ne peuvent pas empêcher l'infection.  Il en est ainsi pour deux raisons.  D'abord, on doit s'assurer de vacciner les individus dans un environnement exempt du virus, ensuite on doit laisser le temps au vaccin d'agir dans le but de nous offrir sa protection.  Lorsqu'un virus est transmissible et qu'il est présent en temps de vaccination, alors il tend à s'échapper, soit à surmonter l'obstacle qu'est pour lui le vaccin, en sélectionnant un variant plus adapté à sa survie.  En d'autres mots, parce que le virus a l'avantage d'être arrivé avant la vaccination, il tend à déjouer ceux et celles qui tentent de le combattre en se faisant vacciner après son arrivée. 

 

Cette chronologie des évènements a des conséquences qui peuvent être graves si on ne fait rien pour changer la donne.  En effet, dans ces circonstances non seulement le virus tend à sélectionner un variant plus adapté à sa survie, mais celui-ci risque d'être plus virulent et conséquemment d'affecter davantage les individus.  Il en est ainsi car les vaccins utilisés ne tuent pas le virus, ils ne font que le neutraliser pour un certain temps.  Et puisque cet effet neutralisant ne dure pas, alors le virus s'adapte pour mieux combattre.

 

De cette compréhension des phénomènes on doit réaliser deux choses.  La première est que l'infectiosité du virus ne s'explique pas par ses particularités, mais par son interaction avec le vaccin.  On doit donc également réaliser que dorénavant ce sont les individus vaccinés qui risquent de souffrir davantage du virus puisque la bataille entre lui et le vaccin se fait nécessairement chez eux, dans leur corps.  On se retrouve donc avec des individus non vaccinés qui au contact du virus renforcent leur immunité d'une part et d'autre part, des individus vaccinés qui risquent de tomber de plus en plus malades parce que le virus s'adapte et surmonte les anticorps vaccinaux. 

 

Il va sans dire que l'immense majorité des experts ne voit pas les choses du même œil.  Entre autres raisons, c'est parce qu'ils focalisent à tort leur attention sur les hospitalisations, soit les formes graves de la maladie.  Ils croient que les réductions des hospitalisations et des décès sont attribuables à l'efficacité des vaccins et que le virus finira par disparaître si les gens sont adéquatement vaccinés.  Puisqu'ils ne voient de solution au virus que par l'entremise des vaccins, alors tout ce qu'ils préconisent est que les individus soient vaccinés davantage.  Et si le récent passé est garant de l'avenir, alors le refus de ces injections supplémentaires sera accompagné de menaces et d'interdictions par nos autorités.

 

Reprenons de manière un peu plus technique.  Les vaccins avaient d'abord pour objectif d'éviter la maladie en produisant des anticorps neutralisants (des défenses).  Malheureusement, bien que ces vaccins aient pu réduire la maladie ils n'ont pas empêché la transmissibilité du virus.  Celui-ci a donc développé une résistance et a alors été en mesure d'échapper à ces anticorps en sélectionnant des variants plus adaptés à sa survie.  Il en est ainsi du variant Omicron et de sa famille de sous-variants; il a échappé aux anticorps neutralisants.  À cause de cette interaction entre le virus et les vaccins, ceux-ci continuent de produire des anticorps, mais cette fois des anticorps non-neutralisants qui se comportent différemment selon où ils se retrouvent. 

 

Normalement, lorsque les anticorps neutralisants se lient à la protéine de pointe dans le but de la neutraliser, les anticorps non-neutralisants ne se rattachent pas à cette protéine, responsable de l'infection et donc du virus.  Cependant, lorsque les anticorps neutralisants ne fonctionnent plus, alors les anticorps non-neutralisants s'y rattachent, mais comme leur nom l'indique ils ne neutralisent pas le virus.  Cette caractéristique demeure méconnue et plus elle le demeurera, plus grave en seront les conséquences.  On s'attarde plutôt au bienfait des anticorps non-neutralisants et plus généralement au bienfait des vaccins, à savoir qu'ils réduisent les symptômes sévères de la maladie, notamment ceux qui affectent les organes éloignés des voies respiratoires supérieures, par exemple le foie et les poumons.  C'est oublier, ou du moins ne pas reconnaître, que ces anticorps non-neutralisants tendent également à augmenter l'infectiosité du virus dans les voies respiratoires supérieures.  

 

Les anticorps non-neutralisants permettent au virus de se reproduire plus facilement, ce qui permet à celui-ci de s'adapter et de prendre ainsi une autre forme qui pourrait s'avérer plus virulente.  Malheureusement, la majorité des experts ne l'entendent pas ainsi.  Ils associent à tort le temps que prend le virus pour échapper au vaccin à l'efficacité de celui-ci, car ils concluent erronément que la réduction des hospitalisations en est une conséquence directe.  Or, ce n'est pas parce que beaucoup d'individus sont affectés par une forme bénigne du virus et conséquemment n'ont pas besoin de se présenter à l'hôpital qu'on doit conclure à l'efficacité des vaccins et crier victoire.  Au contraire, on devrait réaliser que les vaccins utilisés ne tuent pas le virus et que celui-ci a donc le temps de prendre une autre forme pour revenir à la charge. 

 

Savoir quand s'arrêter

 

Geert Vanden Bossche est un scientifique de premier plan.  Il demande à être entendu, mais on préfère l'ignorer.  On l'ignore pour des raisons évidentes, car sa compréhension de la pandémie est diamétralement opposée à celle mise de l'avant par nos autorités et ses experts.  Certains diront qu'il cherche à apeurer la population, mais devant les piètres résultats des mesures utilisées à ce jour pour contrer ce virus, je suis d'avis qu'on l'ignore à ses risques et périls. 

 

Malheureusement, advenant une autre vague épidémique nos autorités annoncent déjà qu'elles exigeront une vaccination «à jour», soit un minimum de trois doses à l'automne et probablement davantage à l'hiver.  Agissent-elles ainsi par entêtement, voire pour ne pas perdre la face ou parce qu'elles croient vraiment en l'efficacité de ces vaccins?  Pourtant, les statistiques à cet égard ne jouent pas en leur faveur. 

 

Si elles s'entêtent dans leur conviction, alors on doit craindre que cette nouvelle exigence sera accompagnée d'une panoplie de mesures contraignantes pour ceux et celles qui ne seraient pas prétendument solidaires.  Souhaitons qu'elles ne les rétablissent pas et qu'elles abandonnent l'idée d'obliger les gens à se faire vacciner davantage, car lorsqu'il est question de vie ou de mort la prudence est de mise.  Dans le doute il vaut mieux s'abstenir.  Le choix est simple, mais la décision lourde de conséquence.      

 

27 juin, 2022

Une autre écologie que l’écologie punitive est possible

 Par Loic Rousselle.

En France, nous serions tentés de dire Non, tant le battage médiatique incessant assimilant l’écologie à une posture étatiste, nécessitant de lourds sacrifices fiscaux et un contrôle renforcé de nos comportements et modes de vie est la norme.

 

Une autre écologie est possible

Et la bonne nouvelle, c’est qu’elle existe déjà… Malgré le silence des médias.

L’écologie véritable n’est pas particulièrement marquée politiquement. Étymologiquement, écologie signifie « économie de la maison »… Ce qui signifie tout simplement qu’elle vise à gérer en bon père de famille le capital de nature que nos ancêtres nous ont légués afin de le transmettre intact, voire amélioré à nos enfants. C’est une posture qui finalement est assez conservatrice (au sens de Roger Scruton) et qui est susceptible de rassembler largement parmi les personnes de sensibilité de droite comme de gauche.

Une politique écologiquement responsable cherchera à imiter autant que faire se peut le fonctionnement de la nature, tout simplement parce que l’organisation de la nature a fait ses preuves, est durable, résiliente, dotée de formidables capacités d’adaptations et génère une esthétique et une diversité incroyable.

L’organisation de la nature est totalement décentralisée et soumise à l’ordre spontané, c’est ce qui permet sa richesse et les adaptations aux conditions spécifiques de chaque territoire. Le type d’organisation économique qui imite le mieux le fonctionnement naturel est donc l’économie libre plutôt que le capitalisme d’État. L’organisation politique la plus proche du fonctionnement de la nature est une organisation décentralisée qui vise à ce que les décisions soient prises au niveau le plus local possible (subsidiarité).

 

Libertés économiques et performances environnementales sont corrélées

C’est ce que savent les véritables écologistes.

L’économie de la maison, c’est l’écologie. La maison est une belle métaphore de notre pays, c’est un lieu habité par une famille. Une politique authentiquement écologiste doit donc veiller au bien-être et à la prospérité de la population tout entière en rassemblant les citoyens au maximum. Les attentes de la majorité sociologique doivent prévaloir, y compris et surtout les attentes des citoyens qui ne votent plus car il ne se retrouvent plus dans aucune des propositions qui leur sont présentées lors des élections.

L’écologie véritable est un projet qui s’adresse aux classes moyennes, qui peut et qui doit être populaire. Les attentes des gens ordinaires pour reprendre l’expression du sociologue Christophe Guilluy doivent être respectées. Ces attentes sont finalement très naturelles : vivre de son travail, sécurité culturelle, conservation des modes de vie dans un environnement sain, services publics efficaces…

Les citoyens doivent être respectés, écoutés, consultés, responsabilisés… Le respect des droits naturels des citoyens prend tout son sens dans le cadre d’une politique véritablement écologique.

Quel est donc cet OVNI dans le paysage politique français ? C’est l’Écologie au Centre.

Ce jeune parti vient de présenter 200 candidats aux législatives, aux profils professionnels assez originaux par rapport à ceux des candidats des autres partis car aucun de nos candidats n’est professionnel de la politique et l’immense majorité d’entre eux travaillent dans le privé (beaucoup d’indépendants et d’entrepreneurs), ce qui permet une bonne connexion avec le monde réel et nous prémunit contre les propositions hors sol.

Nos 200 candidats ont obtenu un score moyen de 3 %, très encourageant pour une jeune formation inconnue du grand public et qui n’a pas eu accès aux médias.

Quelles propositions ont été défendues par Écologie au centre aux législatives ? Je vous présente une sélection des propositions adaptées à la ligne éditoriale de Contrepoints. Il y en a bien d’autres…

 

Un pouvoir d’achat dynamisé

Alignement des charges pesant sur le salaire complet sur la moyenne pratiquée dans les autres pays de l’UE afin que les Français puissent vivre de leur travail (14 % de net en plus en moyenne selon les calculs de l’institut Molinari)… Financé par la suppression des niveaux d’administrations inutiles, la réduction des dépenses de l’état.

Alignement des charges des TPE et PME s’installant dans la France périphérique sur la fiscalité moyenne pratiquée dans l’UE afin de rendre la concurrence loyale et d’aboutir par l’incitation à une meilleure répartition de l’activité économique sur tout le territoire. C’est une demande forte de la population (seuls 18% des français considèrent que les grandes métropoles sont un lieu de vie idéal).

 

Sortir du pouvoir centralisé

Inciter à transformer progressivement notre organisation territoriale hyper centralisée (de grandes métropoles très denses concentrant toute l’activité économique entourée par la France périphérique) en un réseau connecté de petites villes de province. Ce n’est pas neutre d’un point de vue écologique, le second type d’organisation consomme 30 à 40 % d’énergie en moins par la réduction des transports qu’il permet et grâce aux circuits courts.

C’est là que se situe le principal levier de réduction de notre consommation d’énergie.

Cette organisation territoriale plus équilibrée permet aussi de résoudre la crise du logement sans artificialiser les sols et sans densifier excessivement nos habitats : il y a trois millions de logements vacants dans les petites villes de province qui n’attendent que d’être rénovés ! C’est pour cela que nous avons proposé l’abrogation de la loi SRU (loi Gayssot) qui conduit à une surminéralisation excessive des abords immédiats des centres historiques de nos communes.

Vous remarquerez au passage que toutes les propositions véritablement écologistes sont incitatives (sous forme de baisse de fiscalité), jamais punitives… Subtile différence qui change tout !

Sortir de l’hyper concentration jacobine actuelle (économique, politique, territoriale) pour passer progressivement à un modèle plus horizontal est un objectif écologiste car l’organisation de pays comme l’Allemagne ou la Suisse imite mieux les organisations naturelles. Ces organisations (ainsi que le passage à la proportionnelle que nous soutenons) doivent permettre un fonctionnement politique plus apaisé et moins autoritaire que le fonctionnement que nous avons subi ces dernières années. Pour y parvenir, une politique volontariste de rééquilibrage des investissements en faveur des petites villes de province doit être mis en place ainsi qu’un déménagement des administrations actuellement cantonnées dans les grandes métropoles vers ces petites villes ; en les réorganisant au passage afin d’en réduire fortement le coût… La crise liée au covid ayant fait apparaitre une sur-administration considérable de notre pays par rapport à nos homologues européens.

Une écologie incitative ayant un programme puissant et structuré de réformes respectueuses des droits naturels, des modes de vie, des libertés économiques existe désormais dans notre pays, à l’instar de nombreux autres partis similaires dans d’autres pays européens comme le parti vert libéral Suisse par exemple.

Une écologie qui ne prône pas la décroissance, qui ne considère pas les TPE/PME comme une nuisance diminuant le capital naturel mais au contraire souhaite s’appuyer sur leur créativité et leurs capacités d’innovations pour trouver des solutions aux problèmes environnementaux qui se présenterons à nous dans le futur.

Une écologie qui s’occupe de la fin du monde et de la fin du mois !

25 juin, 2022

L’impression monétaire a détruit l’Argentine et peut détruire d’autres pays

 Par Daniel Lacalle.

Les mots les plus dangereux en matière de politique monétaire et d’économie sont « cette fois-ci est différente ». La grande erreur des politiciens argentins est de croire que l’inflation est multicausale et que tout se résout avec des doses croissantes d’interventionnisme.

L’indice des prix à la consommation en Argentine a connu une hausse de 58 % en glissement annuel en avril 2022, soit 2,9 points de pourcentage de plus que la variation enregistrée en mars dernier. Une véritable catastrophe. L’inflation en Argentine est plus de six fois supérieure à celle de l’Uruguay, cinq fois supérieure à celle du Chili, et quatre fois supérieure à celle du Brésil et du Paraguay, pays voisins exposés aux mêmes problèmes mondiaux.

 

Politique monétaire incontrôlable

Non, l’inflation en Argentine n’est pas multicausale, elle n’a qu’une seule cause : une politique monétaire extractive et confiscatoire, l’impression de pesos sans contrôle et sans demande. L’Argentine gonfle sa base monétaire pour financer des dépenses publiques excessives, gonflées et destructrices.

Depuis le début de l’année, la base monétaire a augmenté de 43,83 %, ce qui est une folie totale. L’inflation des prix est de 58,2 %.

Au cours des trois dernières années, la base monétaire a augmenté de 179,73 % et, en dix ans, de plus de 1543,8 %. Il s’agit d’une aberration économique, et non d’une « politique monétaire inclusive », comme l’a appelée Axel Kicillof, gouverneur de Buenos Aires.

Au cours des dix dernières années, le peso argentin a perdu 99 % de sa valeur par rapport au dollar. Il s’agit d’une expropriation de la richesse du pays par l’impression de pesos inutiles.

De nombreux péronistes argentins disent que les États-Unis augmentent aussi massivement leur masse monétaire et n’ont pas d’inflation. L’argument ne tient pas. La base monétaire des États-Unis augmente à un taux de 9,9 %, soit six fois moins que celle de l’Argentine, et, en outre, les États-Unis souffrent également d’une inflation de 8,5 %. Au plus fort de la surabondance monétaire américaine, la base monétaire a augmenté de 26,9 %. Au cours de la même période, celle de l’Argentine a été multipliée par trois, avec une diminution de la demande de pesos, tandis que la demande mondiale et locale de dollars américains augmentait.

En termes agrégés, la masse monétaire, y compris toute la monnaie en circulation, a augmenté en Argentine de 2 328,09 % en dix ans, tandis qu’elle a doublé aux États-Unis. En d’autres termes, la masse monétaire globale en Argentine au cours de la dernière décennie a augmenté à un rythme plus de onze fois supérieur à celui des États-Unis. Seul le Venezuela a mené une telle folie.

Il n’y a pas que les étrangers qui ne demandent pas de pesos ou ne les acceptent pas dans les transactions internationales, c’est une réalité. Les citoyens argentins n’acceptent pas leur propre monnaie comme réserve de valeur, unité de mesure et méthode de paiement la plupart du temps.

Le plus triste est que beaucoup disent que l’Argentine a déjà été dollarisée auparavant et que cela n’a pas marché. En Argentine, il n’y a pas eu de dollarisation : il y a eu une tromperie dans laquelle il a été déclaré qu’un peso était égal à un dollar. Comme les monnaies stables qui s’écrasent sur le marché aujourd’hui, la soi-disant dollarisation n’était qu’un leurre, et lorsque la bulle a éclaté, les responsables politiques ont continué à détruire encore plus le pouvoir d’achat de la monnaie.

 

Les États-Unis n’ont pas ce problème… pour l’instant

La confiance dans le dollar américain n’est pas encore en baisse ; elle est en hausse, et c’est pourquoi il se renforce globalement par rapport à la plupart des grandes monnaies du monde. La principale raison de cette force relative est que la Réserve fédérale surveille la demande mondiale de dollars américains et est considérée comme prenant des mesures décisives contre l’inflation. Cependant, le sophisme souvent répété selon lequel l’impression monétaire massive ne provoque pas d’inflation a pris fin brusquement avec la catastrophe commise en 2020. Les États-Unis, la zone euro et la plupart des économies mondiales ont décidé de répondre à un choc d’offre par des politiques massives axées sur la demande, en finançant l’augmentation sans précédent des dépenses publiques par de la monnaie nouvellement créée, et l’inflation a grimpé en flèche.

Le dollar américain ne souffre pas parce que les alternatives sont pires. D’autres nations impriment leur monnaie de manière encore plus agressive ou bien elles ont également des contrôles de capitaux et manquent de sécurité pour les investisseurs et la justice. Cependant, la Réserve fédérale ne doit pas se reposer sur ses lauriers. La confiance dans une monnaie en tant que réserve de valeur, unité de mesure et moyen de paiement peut disparaître plus vite que ne l’imaginent les décideurs. Le système actuel de freins et de contrepoids de l’économie américaine et l’ouverture du système financier permettent au dollar américain de rester la monnaie de réserve mondiale, mais les nuages s’amoncellent.

D’une part, les politiciens américains défendent de plus en plus la poursuite de politiques monétaires encore plus agressives pour financer un budget public inabordable et en hausse.

D’autre part, certains pays commencent à chercher des alternatives au dollar américain pour vendre des matières premières.

 

Une réelle menace

Ces menaces sont encore lointaines, mais elles ne doivent pas être ignorées. Le lecteur peut penser que l’Argentine est un exemple fou à comparer avec les États-Unis, mais l’exagération est délibérée.

Il suffit de se pencher sur l’histoire des gouvernements qui poussent à augmenter massivement le budget et à le financer avec une monnaie de plus en plus impopulaire, et les risques pour l’euro ou le dollar deviennent plus évidents. Le lecteur dira peut-être que les citoyens des économies développées ne permettraient jamais qu’une telle chose se produise dans leur pays, mais l’Argentine était également une économie riche et prospère il y a plusieurs décennies. Elle était l’une des économies les plus riches et les plus importantes du monde au début du XXee siècle. Une combinaison de protectionnisme, de politiques interventionnistes populistes et de décisions monétaires insensées a détruit l’économie, et elle ne s’en est jamais remise.

Toutes les décisions insensées des gouvernements argentins mentionnées ci-dessus sont maintenant défendues par les politiciens de tous les États-Unis et de l’Europe : « Cela ne nous arrivera pas » et « Cette fois-ci, c’est différent. » Ce n’est pas différent.

Les empires tombent toujours parce qu’ils commencent à détruire le pouvoir d’achat de leur monnaie et parce que leur position dans le monde s’effondre à mesure que le protectionnisme et l’interventionnisme érodent la confiance dans le gouvernement et ses institutions. Une fois que la destruction commence, ce n’est qu’une question de temps avant que les citoyens ne commencent à épargner en or ou dans d’autres réserves de valeur réelles. Il y a une leçon à tirer pour tous ceux qui défendent le fait de repousser constamment les limites de la politique monétaire et des mesures isolationnistes. Une fois que vous avez poussé trop loin, il n’y a pas de retour en arrière possible.

J.P. Morgan avait l’habitude de dire que l’or est l’argent et que tout le reste est du crédit. Le crédit, c’est la confiance. Une fois la confiance perdue, la monnaie se dissout. C’est une leçon pour tout le monde.

24 juin, 2022

[PODCAST] Les désillusions de la liberté, avec Pierre Bentata

 Par Pierre Schweitzer.

Épisode #24

J’ai de nouveau le plaisir d’accueillir Pierre Bentata, économiste, Maître de Conférences à Aix-Marseille Université au Laboratoire Interdisciplinaire de Droit des Médias et des Mutations Sociales. Il dirige également le cabinet d’études économiques Rinzen. Essayiste, il est l’auteur de plusieurs ouvrages autour du thème de la liberté dans nos sociétés. Dans celui intitulé Les désillusions de la liberté (2017, Éd. de l’Observatoire) il tente d’expliquer pourquoi le système d’économie de marché et de démocratie libérale est si souvent rejeté malgré des résultats indiscutables en matière de prospérité matérielle.

Dans le précédent épisode avec mon invité, nous avions tenté d’expliquer pourquoi des individus apparemment rationnels accordaient autant de crédit à l’État sous ses divers avatars, y compris pour combler des besoins aussi complexes et profonds que celui d’être heureux. Mais il n’y a pas que vers l’État que les individus se tournent et à qui ils souhaitent confier leur destinée, les mouvements nationalistes, religieux intégristes, ou encore des idéologies comme le transhumanisme ont toutes pour point commun, selon l’auteur des Désillusions de la Liberté, de naître ou souvent renaître à la suite d’une déception face aux promesses – ou ce que nous imaginions être les promesses – d’un monde économiquement prospère et mondialisé. Je vous encourage vivement à vous procurer cet essai très accessible, au style particulièrement clair et agréable.

Si le lecteur ci-dessous ne s’affiche pas, rechargez la page ou cliquez ici 

Interview et production par Pierre Schweitzer. Pensez à vous abonner et faites-nous part de vos commentaires, et à bientôt pour un nouvel épisode.

Programme :

04:57 – Le miracle économique du couple marché-mondialisation
06:51 – Pourquoi rejeter le développement économique ?
09:56 – La réussite de Venise : exemple de synergie public-privé ?
14:44 – Une culture doit-elle parfois se replier temporairement pour survivre ?
19:14 – Une vision naïve de la mondialisation par les tenants des Lumières ?
22:12 – Qui sont les anti-Lumières ?
26:17 – Le marché global fracture-t-il les territoires nationaux ?
26:27 – Existe-t-il un « droit à conserver son emploi » dans une économie mondialisée ?
43:07 – Homme-Nature : entre volonté de maîtrise et désir de fusion
01:00:40 – Comment échapper aux désillusions de la liberté ?
01:05:51 – Gagnez un exemplaire dédicacé du livre

Pour aller plus loin :

Notre précédent podcast avec le même invité
L’ouvrage dont nous traitons dans l’émission

Les précédents essais de P. Bentata
Ses articles dans Contrepoints
Isaiah Berlin : liberté négative v. liberté positive, deux visions de la société (D. Theillier, Contrepoints, 21 juillet 2021)