Au Québec nos impôts et taxes travaillent pour nous!

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Vaut mieux en rire!


Si l'Administration travaillait dans le Batiment, elle aurait les doigts pris dans le béton. --- Michel Colucci

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03 juillet, 2009

La transparence permet de réduire le cynisme


Les politiciens se plaignent du cynisme généralisé de la population. Pourtant, il n’en tient qu’à eux de changer la situation. La transparence, en particulier dans les finances publiques, est un excellent moyen pour combattre le cynisme.

Le site internet usaspending est un bon exemple de ce qui peut être fait à peu de frais pour améliorer la transparence.

02 juillet, 2009

Norbourg : un exemple de l’incompétence des agences gouvernementales


Les Fonctionnaires (12)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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La spécialisation des tâches se poursuit au sein de chaque ministère et organisme. Dans l’administration publique, on parle de « silos » : les diverses activités sont attribuées à des unités administratives distinctes qui agissent isolément les unes des autres. Chaque groupe crée son propre silo à l’intérieur d’un plus gros silo. Cette attitude est conforme à la pratique des bureaucrates qui est de se limiter strictement aux responsabilités qui leur sont officiellement attribuées et d’éviter de mettre leur nez dans les affaires des autres. Le meilleur moyen, en effet, de prévenir les empiétements est de rester soi-même dans sa cour.

Personne n’est valorisé ou récompensé pour développer une vue d’ensemble ou pour éviter que des choses ne tombent entre deux chaises. Chaque unité administrative défend âprement ses platebandes. Cette attitude est tellement bien ancrée qu’elle est considérée comme normale. La coopération, la coordination, le maillage et la synergie ne viennent pas naturellement, même si on en émaille son discours pour satisfaire à la rectitude politique. Dans les faits, tous sont conscients qu’il s’agit d’un jeu de pouvoir et que les règles de la partie s’imposent à tous. Chacun défend ses positions, car personne n’aime être le perdant.
(p. 70)

01 juillet, 2009

Métro : l’incompétence crasse de la STM


Le protectionnisme est plus répandu qu’on ne le pense

André Dorais

En ces temps de crise économique les politiciens se félicitent de ne pas avoir trop utilisé, à ce jour, le protectionnisme. Si l’on s’en tenait à sa définition populaire, soit de protéger l’«économie nationale» contre la «concurrence étrangère», on conclurait, en étant généreux, que le but est effectivement atteint. Bien que cette définition soit acceptée par la majorité des économistes, elle est imprécise et de courte vue. Elle laisse le champ libre aux politiciens de pratiquer un autre protectionnisme, non identifié comme tel, mais tout aussi nuisible à la création de richesse, si ce n’est davantage.

L’objectif réel du protectionnisme n’est pas de protéger l’«économie nationale» contre la «concurrence étrangère», mais de protéger quelques producteurs que les politiciens tentent de faire passer, aux yeux de la population, comme étant l’«économie nationale», ou à tout le moins, des membres importants de celle-ci. Les économistes dénoncent avec raison cette doctrine, car elle s’établit au détriment des consommateurs, soit de tout le monde.

Le protectionnisme attise la division. L‘étranger pour l’État ne l’est pas nécessairement pour les consommateurs. Pour eux, choisir entre un producteur local et un producteur étranger ne constitue qu’un facteur marginal dans leur prise de décision, car ils cherchent d’abord et avant tout à satisfaire leurs besoins. Il s’agit de choix égoïstes, certes, mais ces choix ne vont à l’encontre de personne, si ce n’est des producteurs avec qui ils n’ont pas choisi de transiger. Les choix de l’État ne sont pas moins égoïstes, mais ils s’établissent au détriment de tout le monde, à l’exception des producteurs qu’il favorise. C’est un monde de différence.

Considérant qu’une aide accordée à des producteurs pour se prémunir contre la concurrence d’autres producteurs locaux est aussi nuisible aux consommateurs qu’une aide accordée à des producteurs pour se prémunir contre la concurrence de producteurs étrangers, ne devrait-on pas qualifier ces deux politiques aussi protectionnistes l’une que l’autre? Les deux protègent des producteurs au détriment du reste de la population. L’essence de la critique du protectionnisme est-elle de dénoncer uniquement une réduction de la concurrence avec l’étranger ou de dénoncer une réduction de la concurrence en général? En dénonçant uniquement la réduction de la concurrence avec l’étranger, on laisse pratiquement le champ libre à l’État d’aider qui il veut, quand et comment il le veut.

On remarquera qu’on substitue facilement les verbes «aider» et «protéger», car lorsqu’on les définit de manière extensive, ils ont sensiblement la même signification. Lorsqu’un gouvernement aide des producteurs, entreprises ou individus, il les protège de la concurrence. À la manière d’un assureur, la protection (l’aide) offerte par l'État est payée par un nombre élevé de cotisants. À la différence d’un assureur, cependant, les cotisants n’ont pas le choix d’y souscrire. L’État parle plus volontiers de «protection» lorsqu’il veut attiser la division ou lorsqu’il est en mesure de se présenter comme un assureur indispensable : assurance parentale, médicaments, santé, emploi, etc. Il parle plus volontiers d’«aide» lorsqu’il se veut «solidaire». On ne doit pas se laisser berner, car l’aide de l’État s’établit toujours contre un individu, ou contre son gré.

Considérant que la majorité des économistes ait encouragé l’État à dépenser davantage pour résoudre la crise économique, on doit conclure qu’elle ne voie aucun inconvénient à la réduction de la «concurrence nationale», qui découle inévitablement de ce protectionnisme sans nom. Pour elle, seul le protectionnisme visant les étrangers réduit le niveau de vie des gens; l’aide aux différents agents économiques qui ne s’établit pas contre l’étranger est sans conséquence, du moins c’est qu’on peut déduire de ses positions.

Au contraire, le protectionnisme tel qu’on l’entend ne cherche pas seulement à protéger les producteurs des concurrents étrangers, mais de toute forme de concurrence. Il inclut les entreprises et les producteurs individuels sans égard à leurs concurrents. Si l’on sort du cadre de la production, on pourrait même qualifier de protectionniste tous les programmes sociaux puisqu’ils évitent aux gens de prendre leurs responsabilités, à tout le moins ils les réduisent, ils les «protègent» contre leurs responsabilités. Dans cette optique, et considérant l’aide sans précédent accordée aux chômeurs, manufacturiers automobiles, banques, assureurs, etc., on doit conclure que le protectionnisme a rarement été aussi populaire qu’aujourd’hui. Ce protectionnisme, qui n’ose pas s’afficher comme tel, est tout aussi dommageable aux échanges internationaux que la version officielle, car il appauvrit les contribuables et les consommateurs via un endettement croissant.

Si les gouvernements ne cessent pas de venir en aide aux uns et aux autres, ou bien les consommateurs verront leurs choix réduits, ou bien ils seront dans l’obligation de payer davantage pour obtenir les mêmes services. Tout le monde y perd à long terme, y compris ceux qui obtiennent les faveurs de l’État à court terme. Les consommateurs devraient être en mesure de choisir leurs partenaires d’échange économique de la même façon qu’ils choisissent leurs amis, soit sans aucune contrainte de l’État. Plus cette liberté économique est grande, plus les gens s’enrichissent.

Lorsque l’État impose ses choix, comme il le fait aujourd’hui à un rythme accéléré, la perte n’est pas seulement économique, mais elle est aussi sociale. L’État se présente comme le grand pacificateur, alors qu’il favorise des individus et des entreprises au détriment des autres. Non seulement crée-t-il une division entre «étrangers» et «citoyens», mais il en attise une autre entre les citoyens eux-mêmes. Les choix de l’État ne correspondront jamais aux choix de tous les consommateurs. Plus il impose les siens, plus les leurs sont réduits. L’État n’est pas conçu pour aider. Qu’on se le dise et qu’on le réduise.

30 juin, 2009

Même les riches doivent se responsabiliser

La vie des gens riches : une nouvelle ère commence

Les Investigasteurs Financiers, lesaffaires.com, 30 juin 2009 à 11h42

Nous avons beaucoup évolué depuis le temps où seuls les rois et les gens nobles étaient riches. Il n'y a pas si longtemps, il était difficile de se frayer un chemin pour atteindre la prospérité si on était issu d'une famille pauvre. Les rois avaient l'habitude de faire couronner leurs enfants, et ces derniers, leurs propres enfants. La monarchie se transmettait de générations en générations.
De nos jours, l'accès à la richesse s'est étalé à toutes les couches de la société. Les personnes ambitieuses et travaillantes peuvent aspirer au statut de ''riche''. Et ce qui est encore plus intéressant, c'est que nous assistons à une conscientisation des riches qui tend davantage vers la répartition des richesses.

Autrefois, il y a des dizaines d'années, beaucoup de pays se tournaient vers le communisme et le socialisme afin d'assurer une subsistance minimale à toute la population. L'idée était simple : le gouvernement gère et possède tout. Ensuite, il redistribue cette richesse de façon équitable.

Malheureusement, bien que l'idéal de cette pratique ait été noble et logique en apparence, les résultats quant à eux ont presque toujours été catastrophiques. Le gouvernement s'enrichissait, et constituait trop souvent l'équivalent de la monarchie d'antan. Il prétendait redistribuer les richesses, mais en réalité, il se les appropriait et formait un cercle fermé de puissants individus qui vivaient dans la corruption et l'extorsion. Le peuple restait pauvre. Et comme il était difficile de s'enrichir sans faire partie de ce cercle fermé, on tuait systématiquement l'ambition. Pourquoi faire autant d'efforts alors que la majorité des gains vont au gouvernement? Par conséquent, la production total du pays s'en retrouvait significativement diminuée. La chute du mur de Berlin en 1990 apporta beaucoup d'informations quant à l'efficacité des deux économies. L'Allemagne de l'Ouest, sous le système du capitalisme, affichait un taux de production par capita beaucoup plus élevé que l'Allemagne de l'Est, qui affectionnait le communisme.

Qu'en pense la population? Et bien, rappelons-nous que si vous étiez né dans un pays communiste, il vous était interdit de quitter le pays. Par contre, si vous habitiez dans un pays capitaliste, vous aviez le droit de voyager. Cette réalité, à elle seule, nous en dit long sur les limites du système communiste. Lorsqu'il faut interdire les citoyens d'émigrer, c'est inquiétant!
Mais, voyons les choses positivement : le communisme s'est avéré une tentative de ramener les inégalités sociales à des niveaux plus raisonnables, alors que dans le temps des rois, les paysans n'avaient aucun droit.

On dit du capitalisme qu'il est le pire des systèmes à l'exception de tous les autres. Que peut-on faire de plus pour améliorer le partage des richesses? (Remarquez que l'on dit ''capitalisme'' alors qu'en réalité, les systèmes en occident sont davantage ''mixtes'' que purement ''capitalistes''.) Et bien, Warren Buffett semble apporter une réponse bien intéressante. Il s'agit de la responsabilisation des riches.

Bon, nous entendons déjà d'ici des commentaires du genre ''c'est facile de donner lorsque l'on est riche'' ou encore ''les riches donnent pour bien paraître''. Mais arrêtons de juger pendant un instant. Il n'est pas facile de donner lorsque l'on est riche, si l'on regarde comment les fortunes ont tendance à se transmettre de générations en générations. Il est commun pour un milliardaire de rendre ses enfants riches, simplement parce qu'ils sont ses descendants. C'était comme cela avec les Rockefeller, les Péladeau, les Walton, etc.

Warren Buffett a toujours pensé que c'était une mauvaise idée de léguer sa fortune à ses enfants. Pourquoi en faire des milliardaires? Qu'accompliront-ils de bien avec tout cet argent? S'en serviront-ils sagement? Bref, Warren a voulu agir autrement que la majorité des riches de sa génération. Il n'y aura pas d'empire ''Buffett'' qui se poursuivra éternellement, ou jusqu'à ce que les héritiers dilapident leur argent bêtement. Il avait l'habitude de dire : ''ce n'est pas parce que vous êtes nés dans le bon utérus que vous devriez être plus choyés que les autres''.

Il a donc décidé de léguer presque toute sa fortune à des oeuvres de charité. Et voici ce qu'il a fait de particulier : il est en train de remettre, sur plusieurs versements, 1 milliard de dollars à chacun de ses enfants. Cet argent doit servir uniquement pour venir en aide à l'humanité. Ses trois enfants ont donc chacun une ou plusieurs fondations, dans lesquelles ils doivent trouver des moyens d'aider le plus efficacement possible, pour des causes en lesquelles ils croient.

Howard Buffett, l'aîné, a choisi l'agriculture en Afrique. Il cherche à combler la faim sur ce continent en élaborant des systèmes d'agriculture viables sur ces terres, tout en apprenant au peuple comment s'autosuffire. Il doit donc aller sur le terrain souvent (en Afrique). Il voit par lui-même la misère et l'extrême pauvreté. Il s'en est fait une vocation.

Voici une vidéo qui traite de son travail : http://www.marketwatch.com/video/asset/howard-buffetts-battle-against-african-famine/5E27627B-B91D-4300-BECA-97CF87DDB015

Peter Buffett quant à lui, est musicien, mais voue du temps à sa fondation, la Novo Foundation. Lui et sa femme s'attaquent principalement aux injustices subies par les femmes à travers le monde. Ils croient que d'importantes transformations auront lieu dans plusieurs sociétés lorsque ces inégalités disparaitront. Ils gagnent chacun 30 000$ par an, à travers la fondation. Ce n'est donc rien pour mener une vie de luxe! Et l'on sait bien que Warren Buffett n'est pas du genre à donner de l'argent à ses enfants (à l'exception des causes humanitaires).

Quant à Susan Buffett, elle s'occupe de la fondation de son père, de la sienne (Susan A. Buffett Foundation) et de Girls Inc. Elle tente d'aider les gens localement, dans son entourage, contrairement à Howard Buffett qui voyage en Afrique.

M. Buffett semble avoir une grande influence sur Bill Gates, dont la fortune équivaut à la sienne. M. Gates a adopté la philosophie de Warren, qui consiste à donner aux gens dans le besoin plutôt qu'à ses propres enfants. Il détient sa propre fondation ''The Bill & Melinda Gates Foundation''. Il y consacre beaucoup de temps maintenant, alors que Microsoft prend de moins en moins de place dans sa vie. Si toutes les personnes riches adoptaient une telle attitude, il est certain que notre monde changerait.

Nous croyons que ce phénomène prendra de l'ampleur. Warren Buffett aura été l'instigateur de ce courant de pensée, et déjà, il influence de plus en plus de personnes. Et heureusement! À eux deux (Gates et Buffett), ils ont 100G$ à offrir. Si vous pensez qu'avec 100G$ vous pouvez accomplir des miracles, détrompez-vous. Comparativement aux besoins planétaires, c'est une goûte d'eau. La clé consiste à utiliser cet argent pour démarrer des projets qui finiront par s'auto-financer. En Afrique par exemple, il s'avère crucial d'impliquer le gouvernement et de le responsabiliser. Actuellement, la corruption prévaut, et plus vous envoyez d'argent en Afrique, plus vous nourrissez le pouvoir de la corruption. Dans bien des cas, l'argent des donateurs d'ici ne se rend pas aux personnes visées. Il est souvent intercepté.

Les Gates vont régulièrement sur le terrain pour voir de leurs propres yeux comment se déroulent les projets. Et encore plus important, ils négocient avec les gouvernements. Le but de l'exercice consiste à inciter les pays en voie de développement à s'organiser et à se prendre en mains. De simples dons envoyés de façon aléatoire ne serviraient à rien. On pourrait presque dépenser 100G$ sans en ressentir aucun impact. Les États-Unis ont injecté plusiseurs billions (1000 milliards) de dollars dans leur économie pour contrer la crise, et il semble que ce ne soit même pas suffisant jusqu'à maintenant. Imaginez combien cela prendrait pour soutenir une population trois fois plus nombreuse, et dont les besoins sont beaucoup plus élevés!

Les Fonctionnaires (11)

Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.

Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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En plus de l’intérêt que représente pour un dirigeant le fait de s’entourer de nombreux cadres en qui il a confiance, il existe d’autres raisons d’édifier de lourdes structures administratives. On peut justifier ainsi l’accroissement des ressources de l’organisation. Le truc est de multiplier les unités administratives et de gonfler le niveau d’effectif nécessaire dans chacune d’elles. On arrive ainsi à construire des structures pyramidales qui ont en plus le mérite de justifier des postes élevés pour les gestionnaires supérieurs.

Bien que des structures administratives lourdes consolident le pouvoir et le statut des dirigeants, elles complexifient grandement les communications et sont une source d’inefficacité. La circulation rapide de l’information est une clé du succès dans toutes les organisations, mais la multiplication des niveaux hiérarchiques a un effet négatif en instaurant des règles quasi protocolaires pour le cheminement de l’information. Ces contraintes artificielles entraînent des délais et de la distorsion.

Un observateur a désigné sous le nom de « phénomène du U » une des conséquences les plus fréquentes du long cheminement de l’information suivant la ligne hiérarchique : une demande émanant d’un sous-ministre est transmise dans la machine administrative jusqu’à ceux qui sont appelés à effectuer le travail demandé. La demande est interprétée et clarifiée aux divers échelons et le travail effectué peut subir des modifications lorsqu’il remonte de l’autre côté du « U » pour être réacheminé vers le sous-ministre. Souvent, ce dernier constate que le produit qu’on lui remet n’est pas celui qu’il a demandé : il voulait cheval et on lui livre un chameau!

Le poids de la hiérarchie génère, au surplus, une mentalité de dépendance. Les employés attendent que leur supérieur leur indique ce qu’il faut faire et se gardent bien de prendre des initiatives. L’accent mis sur l’autorité engendre un sentiment d’impuissance. La forte spécialisation des tâches et les règles qui sont le propre de la bureaucratie accroissent encore l’inefficacité des bureaucraties.
(p. 68-69)

27 juin, 2009

Le commerce améliore l’environnement

La crise économique a pour effet de ramener à l’avant scène un réflexe vieux comme le monde, le protectionnisme. Selon ses défenseurs, il suffirait de fermer les frontières et l’économie redémarrerait comme par enchantement.

Quiconque connaît un tant soit peu l’histoire sait que la croissance économique est directement liée à la liberté de commercer. Toutes les économies qui, par réflexe protectionniste ou pour d’autres raisons politiques, se sont repliées sur elles-mêmes ont périclitées : l’ex-URSS, la Chine de Mao, la Corée du Nord, etc.

Les bénéfices du commerce

Dans un marché libre les prix des biens et services sont déterminés par les acheteurs et les vendeurs. Grâce à la concurrence que se livrent les vendeurs, les prix des produits et services tendent à diminuer et leur qualité à s'améliorer pour le bénéfice du consommateur. Le commerce permet de multiplier les bienfaits de la concurrence au-delà de son village, de sa région et de son pays.

Essentiellement, le commerce permet de produire plus de biens et services à moindre coût, c’est-à-dire en utilisant moins de ressources. Donc, en augmentant les biens et services disponibles le commerce favorise la croissance du niveau de vie des individus et des sociétés qui le pratiquent.

À titre d’exemple, supposons que le Québec désire exporter plus de produits d’aluminium aux États-Unis et que les Américains demandent d’exporter plus de produits laitiers au Québec (1). À court terme, les prix des produits laitiers québécois subiront des pressions à la baisse. Les producteurs devront s’ajuster pour survivre. Les producteurs d’aluminium américains subiront un sort similaire. Toutefois, cette situation forcera le transfert de ressources d’une industrie inefficace vers une industrie plus efficace dans chacune des économies. Ainsi, pour une même quantité de ressources utilisées les Québécois obtiendront plus de produits laitiers et les Américains plus de produits d’aluminium. Ainsi, les Québécois et les Américains se seront mutuellement enrichis.

Le lobbying

Le commerce menace la rentabilité, voire l’existence, des industries inefficaces. Pour se protéger elles demandent l’intervention des gouvernements.

Le libre commerce subit présentement des pressions politiques et culturelles en faveur de l’adoption de politiques d’achat local. Les adeptes du protectionnisme prétendent qu’en consommant des produits locaux nous favorisons les emplois locaux. Les groupes écologistes recommandent la consommation de produits locaux pour réduire les volumes de gaz à effet de serre (GES) générés par le transport des produits importés. Dans un cas comme dans l’autre ils font fausse route.

Pour prendre un exemple évident, des tomates Savoura produites en serre au Québec génèrent considérablement plus de GES que des tomates des champs produites au Mexique et transportées au Québec. Donc, tant du point de vue économique qu’environnemental il est préférable d’importer les tomates du Mexique.

Bien sûr, Savoura emploie des travailleurs pour produire des tomates québécoises. Toutefois, le Mexique n’ayant plus les revenus associés à l’exportation de ses tomates réduira d’autant ses importations de produits québécois. Ainsi, les emplois maintenus au Québec pour produire des tomates de serre seront perdus par d’autres entreprises québécoises. À la fin, les consommateurs québécois et mexicains seront les grands perdants de cette politique d’achat local.

Poussée à l’extrême, une politique d’achat local est une recette qui mène à la faillite des économies qui la pratiquent. La piètre performance de l’économie cubaine est un bon exemple des effets pervers d’une économie fermée sur elle-même. Le fait que ce soit le blocus américain qui impose cette politique aux Cubains ne change en rien la conclusion.

Le cas particulier de l’industrie agricole

L’’industrie agricole est la cible de prédilection des défenseurs des politiques d’achat local. Ils sont secondés dans leur démarche par les écolos qui prétendent que le transport des produits agricoles génère d’importante quantité de GES.

Il est certain que le transport des denrées alimentaires entre les différentes régions du monde produit des GES. Cependant, cela ne permet pas de conclure que les produits agricoles locaux sont plus respectueux de l’environnement que ceux en provenance du Chili, du Mexique ou de la Californie.

Une étude de l’université Lincoln en Nouvelle-Zélande a calculé qu’une tonne de viande d’agneau produite en Angleterre génère 2 849 kgm de CO2. Le même agneau élevé en Nouvelle-Zélande et transporté sur une distance de 18 000 km, en génère 4 fois moins, soit seulement 688 kgm.

Une étude de Christopher L. Weber et H. Scott Matthews publiée dans Division of Labour conclut :


« Nous avons trouvé que bien que les denrées alimentaires soient transportées sur de longue distance (1640 km pour la livraison entre le producteur et le détaillant et en moyenne 6760 km pour un cycle de vie complet), la phase de production domine les émissions de GES, contribuant en moyenne 83 % des 8,1 tonnes de GES, générées par la production des denrées alimentaires consommées annuellement par une famille américaine. Le transport associé au cycle de vie complet contribue 11 % des GES et la livraison seulement 4 %. L’intensité des GES des différents groupes alimentaires varient largement. En moyenne, les viandes rouges génèrent 150 % plus de GES que le poulet ou les poissons. Aussi, nous suggérons qu’une modification de la diète est un moyen plus efficace de réduire les émissions de GES qu’une politique d’achat local. Substituer les calories d’une seule journée par semaine de viande rouge et de produits laitiers pour du poulet, du poisson, des oeufs ou des légumes aurait plus d’impact sur la réduction des GES que l’achat local de toutes nos denrées alimentaires. » (2)

En général, la consommation de plantes au lieu de viande, en particulier les viandes rouges, procure plus de bénéfices pour l’environnement que la substitution de légumes locaux par des légumes transportés sur de longue distance.

Il serait fastidieux de calculer la pollution générée par chacune des étapes de production de l’ensemble des denrées que nous consommons. Toutefois, il est raisonnable d’affirmer que généralement la pollution associée à la production d’un produit donné est proportionnel à son prix. C’est normal puisque le prix est proportionnel à la quantité de ressources requises pour le produire. Donc, généralement le consommateur qui achète le produit le moins cher protège l’environnement tout en améliorant son niveau de vie.

Malheureusement, les subventions aux producteurs locaux et les tarifs à l’importation faussent les prix et sèment la confusion chez les consommateurs. Ainsi, un consommateur, conscient des enjeux environnementaux, croira bien faire en achetant un produit local moins dispendieux. Cependant, il aura été berné par les tarifs à l’importation d’un produit équivalent ou par des subventions aux producteurs locaux. Seul le libre marché est en mesure d’établir le « juste prix » d’un produit et de guider objectivement le consommateur dans ses choix.

L’agriculture au Québec

Supposons que dans le but louable de sauver la planète, les Québécois décident d’acheter exclusivement des produits agricoles locaux. Cela augmentera la demande des produits locaux et du même coup les besoins en ressource. Cette décision n’est pas sans conséquence. Elle implique que, pour une même quantité de biens et services, le Québec utilisera plus de ressources qu’il en faudrait dans un régime économique favorisant la spécialisation et le commerce. Ainsi, les ressources utilisées inefficacement par l’industrie agricole ne seront plus disponibles pour d’autres industries qui en auraient fait une meilleure utilisation. Donc, l’économie du Québec sera moins efficace que si elle commerçait librement.

Cette conclusion est particulièrement valable pour l’industrie agricole québécoise. Le climat froid qui prévaut au Québec augmente les coûts de production bien au-delà des coûts de transport des denrées en provenance des pays du sud.

Premièrement, notre courte saison de croissance limite les fermes à une seule récolte annuelle. Donc, pour produire une quantité donnée de denrées, nous devons utiliser 2 ou 3 fois plus de terres arables qu’une région ou on produit plusieurs récoltes annuelles.

Deuxièmement, la rareté de la main-d’œuvre oblige les agriculteurs à utiliser plus d’équipements mécaniques. Ces équipements coûtent cher et leur utilisation génère des GES.

Troisièmement, nous utilisons plus d’engrais chimiques pour compenser la pauvreté des sols et la courte saison de croissance. Ces engrais polluent l’environnement et l’énergie nécessaire à leur production génère beaucoup de GES.

Quatrièmement, le climat impose des coûts d’opération élevés. Les agriculteurs utilisent des bâtiments chauffés, éclairés et ventilés pour protéger les animaux. Ces infrastructures énergivores sont une source non négligeable de GES.

Finalement, les cultures maraichères et horticoles requièrent l’utilisation de serres chauffées et ventilées. Une politique qui favorise ces cultures va à l’encontre d’un objectif de développement durable.

Le Québec est l’une des régions du monde ou l’industrie agricole est la moins efficace. Elle est artificiellement maintenue en vie par un régime de gestion de l’offre et par des subventions qui coûtent des centaines de millions annuellement aux consommateurs québécois.

Conclusion

La science économique démontre que le commerce enrichit ceux qui le pratiquent. Toutefois, les opposants argumentent que la création de richesse n’est pas la finalité de l’homme. Ils accusent le libre marché de tous les maux, notamment de détruire l’environnement.

Cependant, ils occultent sciemment le fait que pour une production donnée le commerce permet de réduire le gaspillage de ressources rares et limitées. Donc, indirectement, le commerce en favorisant l’économie des ressources, réduit les émissions de GES et protège l’environnement. Au contraire, les politiques d’achat local amplifient les problèmes que les groupes d’intérêt et les écolos prétendent vouloir résoudre. Comme c’est souvent le cas, les bonnes intentions ne suffisent pas.

Il est évident qu’au Québec une politique stricte d’achat local en agriculture est irréaliste et dommageable pour l’économie et l’environnement. Les régimes de gestion de l’offre, les subventions et les tarifs douaniers nuisent au développement économique du Québec. Ils favorisent une agriculture locale inefficace au détriment des consommateurs.

(1) Il est sous-entendu que l’industrie québécoise de l’aluminium est plus efficace que celle des États-Unis et vice-versa dans le cas de l’industrie laitière. Le but de ce texte n’est pas de démontrer la véracité de cette hypothèse, mais plutôt d’utiliser cette hypothèse pour démontrer les avantages du libre commerce.

(2) Traduction libre du texte : We find that although food is transported long distances in general (1640 km delivery and 6760 km life-cycle supply chain on average) the GHG emissions associated with food are dominated by the production phase, contributing 83% of the average U.S. household's 8.1 t CO2e/yr footprint for food consumption. Transportation as a whole represents only 11% of life-cycle GHG emissions, and final delivery from producer to retail contributes only 4%. Different food groups exhibit a large range in GHG-intensity; on average, red meat is around 150% more GHG-intensive than chicken or fish. Thus, we suggest that dietary shift can be a more effective means of lowering an average household's food-related climate footprint than "buying local." Shifting less than one day per week's worth of calories from red meat and dairy products to chicken, fish, eggs, or a vegetable-based diet achieves more GHG reduction than buying all locally sourced food.

(Ce texte a initialement été publié dans le QL no 265)

Les monopoles d’État