Le Québec s'endette au rythme de 18 millions $ par jour.

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Vaut mieux en rire!

« Géométrie politique : le carré de l’hypoténuse parlementaire est égal à la somme de l’imbécilité construite sur ses deux côtés extrêmes. » ---- Pierre Dac

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25 avril, 2015

La réflexion du jour

Privatiser une partie d’Hydro-Québec Distribution pourrait être un moyen de recentrer la société d’État sur sa mission, de l’affranchir de l’ingérence politique, de la rendre plus efficace et de finalement mieux la mettre au service des Québécois. Aucun doute que plusieurs d’entre nous seraient fiers de posséder véritablement une part de cette entreprise.--- Youri Chassin

24 avril, 2015

La bourse du carbone, une taxe déguisée

Autrefois, les pouvoirs politiques s’associaient au pouvoir religieux pour mieux contrôler les populations. Aujourd’hui, ils s’associent au pouvoir écologiste dans le même but. Il existe une multitude de groupes écologistes instrumentalisés pour soutenir les thèses du réchauffement climatique tel que développées par le vatican de l’écologie, le GIEC. Grâce aux subventions gouvernementales et à de nombreuses autres sources de financement plus ou moins transparentes, ces lobbys ont acquis un pouvoir disproportionné, outrageusement amplifié par des médias complaisants.

La semaine dernière, le gouvernement québécois a invité les provinces canadiennes à une grand-messe écologique. À cette occasion, l’Ontario, la plus grande province canadienne, près de 40% de l’économie, a annoncé qu’elle participerait à la bourse du carbone  créée par le Québec et la Californie au début de 2015.

Les gouvernements qui participent à la bourse du carbone imposent aux entreprises une limite maximale d’émission de dioxyde de carbone (CO2). Celles qui excèdent la limite imposée doivent acheter des droits d’émissions, ou plus exactement des droits de polluer, au gouvernement ou à une autre entreprise qui possède un surplus de crédits. La bourse du carbone, une création européenne en voie de s’établir en Amérique du Nord, a pour objectif de faciliter la vente et l’achat des droits de polluer par les entreprises assujetties au régime de plafonnement et d’échange de crédits de carbone.

Quoiqu’en disent les politiciens et les écolos, ce système n’est rien d’autre qu’une taxe déguisée et un permis de polluer.

C'est le premier janvier 2015 que la bourse du carbone nord-américaine vit le jour. Sous un prétexte populiste, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les gouvernements imposent aux entreprises un régime de plafonnement et d’échange de crédits de carbone qui nuira à l’économie du Canada et plus particulièrement à celle du Québec. À l’intérieur de la zone de l’accord de libre-échange nord-américain, incluant le Canada, les États-Unis et le Mexique, seulement, le Québec, l’Ontario et la Californie adhèrent à la bourse du carbone. Ainsi, la très grande majorité de nos échanges commerciaux se font avec des États et des provinces qui n’adhèrent pas à la bourse du carbone. Dans un contexte de libre marché nord-américain, nos entreprises sont donc grandement désavantagées par rapport à leurs concurrents.

Selon l'économiste Youri Chassin de l'IÉDM, le prix de l'essence au Québec a augmenté entre 3,57¢ et 4,55¢ le litre dû uniquement à cette nouvelle taxe. Déjà que l'essence consommée au Québec est la plus taxée en Amérique du Nord, il était indécent d'en rajouter.

Toujours selon Youri Chassin, d'ici 2020, ce sont plus de 2,4 milliards de dollars que les entreprises québécoises devront débourser pour acheter des droits de polluer. Les entreprises devront ajuster leurs prix en conséquence. C'est plus de 300 $ par Québécois ou 1 200 $ par famille.

Cette taxe régressive pénalisera en premier lieu les plus pauvres de la société. Si 1 000 $ c'est bien peu pour celui ou celle qui gagne 100 000 $, c'est une tout autre histoire pour ceux et celles qui travaillent au salaire minimum ou vivent de l'assistance sociale.

Comme si cela n'était pas suffisant, cette nouvelle taxe nuira à la compétitivité de nos entreprises. Les entreprises du Québec et du Canada doivent concurrencer les entreprises américaines et mexicaines. Ces dernières profitent déjà d'un avantage considérable au niveau des coûts des énergies fossiles. La taxe carbone ne fera qu'empirer les choses. Certaines devront fermer, d'autres déménageront sous des cieux plus cléments. Enfin, certaines, qui auraient considéré le Québec et le Canada pour investir et créer des emplois, opteront pour un état américain ou mexicain.

Bien sûr, nos génies politiques profiteront de la situation pour intervenir davantage dans l'économie. Ils bonifieront les programmes d'aide existants et en créeront de nouveaux pour compenser le coût élevé des énergies fossiles. C'est le cas type du politicien qui crée un problème et ensuite promet de le résoudre. Mais à la fin, c'est toujours le même contribuable/consommateur qui paie et s'appauvrit.
Les écologistes argumentent que les entreprises que nous perdrons à cause de la taxe du carbone seront favorablement remplacées par des entreprises de l'économie verte.

Je ne doute pas que l'économie verte créera un certain nombre d'emplois. Mais les bons emplois seront créés par les entreprises qui oeuvrent dans le domaine. Au mieux, la bourse du carbone n’y changera rien, au pire, elle nuira à certaines entreprises au profit de celles qui auront su obtenir les faveurs des écologistes et des politiciens.

La taxe carbone ne constitue pas un apport additionnel de ressources dans l'économie. Elle ne fait que redistribuer l'argent des entreprises énergivores aux entreprises oeuvrant dans le domaine des énergies vertes. Les emplois créés par l'interventionnisme gouvernemental seront créés au détriment des emplois dans d'autres entreprises. Au mieux, les emplois seront déplacés de A à B. Au pire, ces emplois ne survivront que dans la mesure où ils seront grassement subventionnés et donc voués à disparaître à plus ou moins court terme.

Il y a plus de 150 ans, Bastiat dénonçait ce phénomène dans le pamphlet intitulé Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas. Les écrits de Bastiat sont toujours d'actualité. Ils devraient être une lecture obligatoire pour qui veut siéger à l'Assemblée nationale.


La réflexion du jour

Je vois très bien cependant une «Pensée Unique» envahissante propagée par l’Union des artistes, les médias, la classe politique, les intellos de gauche et les écolos de tout acabit...

Et cette «Pensée Unique» repose essentiellement sur la haine pathologique des hydrocarbures associée au recours à l’État en vue d’imposer un mode de vie où la Nature divinisée (Mère-Nature) prime sur l’être humain.--- Jacques Brassard

23 avril, 2015

La réflexion du jour

Le problème du Québec – et celui du PQ –, c’est que les nationalistes revendiquent pour eux seuls les attributs de l’identité québécoise et se posent comme le seul véhicule de la «survivance».

Pourtant, comme le suggère le succès mirobolant du Cirque, la quête de l’excellence est peut-être plus fertile que le repli défensif.

Et la meilleure stratégie de survie n’est pas de chercher la protection du gouvernement; c’est plutôt de se rendre incontournable.--- Benoît Aubin

22 avril, 2015

Petit traité d’irresponsabilité générale

Combien de nos gouvernants ont laissé entendre que la faute revenait à « Bruxelles », la « mondialisation » ou d’autres forces extérieures étranges ?

Revue de livre par Erwan Le Noan.

Un article du site Trop Libre

Les Chrétiens qui, approchant des fêtes de Pâques, ont récemment relu les passages bibliques de la Passion de Jésus-Christ savent que, pour se décharger de toute responsabilité, Ponce Pilate s’est « lavé les mains » : quoi qu’il arrive à cet homme qui se prétendait messie, ce n’était pas sa faute. Le pauvre préfet romain est resté dans l’histoire depuis 2000 ans comme un symbole de pleutrerie, de lâcheté politique, un contre-exemple si bien ancré dans les mentalités collectives que dans le débat qui l’opposait à François Hollande en 2012, Nicolas Sarkozy avait utilisé son nom comme une attaque contre le candidat socialiste.

La mythique démocratique a glorifié, à l’inverse, les héros, ces hommes au courage extraordinaire qui assument leurs rôles et leurs décisions, dans toute leur grandeur tragique. Dans l’histoire de France, il y a eu notamment Napoléon, Clémenceau ou De Gaulle : aucun n’a fui devant ses responsabilités. On n’imagine guère le fondateur de la Ve République apparaître dans le poste, sur l’ORTF, et s’excuser devant les électeurs : « C’est pas facile de faire des réformes » de la dépense publique et du marché du travail ; encore moins leur dire « c’est dur » d’être Président. Pourtant, François Hollande l’a osé, lui…

Dans leur bref et stimulant livre, Irène Inchauspé et Claude Leblanc, journalistes à L’Opinion, reviennent sur cette perte totale du sens des responsabilités. C’est pas ma faute, voilà l’antienne pathétique, mais favorite, des responsables politiques français de ce début du XXIe siècle. L’Europe, l’Allemagne, la crise, chacun de nos élus a son bouc émissaire préféré. Les plus audacieux, comme ce député frondeur battu dimanche aux départementales, accusent même le peuple qui n’est pas allé voter ; jamais ils ne supposent que ce sont les faiblesses de leur propre offre politique qui ont retenu les électeurs loin des urnes.

Il faut dire qu’entre 1958 et 2015 sont passées près de soixante années d’État providence. Six décennies pendant lesquelles la prise en charge publique n’a cessé d’étendre son emprise sur la société, en s’appuyant sur un couple redoutable : impérialisme de l’impôt et généralisation des prestations. L’un et l’autre n’ont cessé de s’immiscer dans les recoins de la société française. Une première étape a été d’organiser un régime de Sécurité sociale et professionnelle, qui planifiait une redistribution des revenus par ses prises en charge garanties. Par la suite, en 1959, c’est à l’impôt sur le revenu qu’est revenue également cette mission : la loi de finances pour 1960 l’a rendu intégralement progressif. La fiscalisation croissante des recettes de la Sécurité sociale poursuit aujourd’hui cette dynamique, nécessaire pour soutenir un régime qui distribue toujours plus d’argent, plus de 20 % du PIB.

Ce système d’assurance anonyme et généralisée a lentement, indiciblement, mais sûrement sapé toutes les bases de l’autonomie individuelle et donc de la responsabilité qui lui est consubstantielle. À quoi bon se soucier du vieillard voisin de palier par un été de canicule, puisque le Saint Empire étatique a nécessairement un service administratif chargé de veiller sur lui ? La dépense publique n’écarte pas seulement l’économie privée, elle produit un effet d’éviction sur la responsabilité personnelle. Comme le montre le petit ouvrage, nous voici désormais dans un système de fuite généralisée devant les responsabilités.

Cette faillite politique explique certainement l’échec réformateur de la France depuis trente ans. Dans le discours politique, comme dans les programmes de gouvernement, la réforme n’est pas portée comme un projet, mais soutenue comme un fardeau épuisant. Elle n’est jamais présentée comme une opportunité de nous renouveler, mais subie comme une contrainte imposée de l’extérieur. Combien de nos gouvernants se sont succédés, laissant entendre que la faute revenait à « Bruxelles », la « mondialisation », la « finance » ou d’autres forces extérieures étranges et méconnues ?

Pire, combien ont jugé que leurs plans technocratiques parfaits avaient échoué par bêtise populaire ? Combien sont convaincus que les réformes sont impossibles parce que les Français seraient incapables de changer ? Ils se rassurent sur leur immobilisme en rejetant la faute : si rien ne change, ce n’est pas que le courage leur manque, c’est qu’ils ne veulent pas heurter inutilement une opinion publique censée être frileuse. En réalité, les réformes les mieux pensées échouent souvent parce qu’elles sont les plus mal appliquées, préparées par des aréopages technocratiques, concentrés d’intelligences abstraites dépourvues de sens pratique, elles sont conçues sans mode d’emploi, elles sont mises en œuvre sans méthode.

De déresponsabilisation en recherche de boucs émissaires, un discours d’impuissance politique s’est généralisé. Il a ruiné la réforme. Il fait le bonheur des deux Fronts (national et de gauche), qui prospèrent sur la démagogie et prétendent incarner le verbe fait action, alors qu’ils se contentent de gesticuler et de vociférer.

S’ils veulent regagner en crédibilité, les candidats à l’élection présidentielle de 2017 et les partis qui les accompagnent doivent définir précisément ce qu’ils feront et surtout comment ils le feront : le discours de la méthode sera aussi important que l’esquisse d’un projet collectif, car il dessinera des pistes concrètes de réalisation et obligera à assumer des choix, à assumer des responsabilités. Irène Inchauspé et Claude Leblanc écrivent :

« La France est en crise et le restera tant que chacun d’entre nous, des gouvernants au citoyen lambda, trouvera prétexte à ne pas se sentir responsable. »

Leur livre est un appel à la responsabilité, à l’autonomie, à la liberté. Pour les auteurs, les jeunes pourraient porter un renouveau. Il faut les comprendre, le taux de chômage des 15-24 ans est systématiquement supérieur à 15 % quasiment depuis 1982. Comprend-on bien ce que cela signifie ? Toutes les personnes nées depuis les années 1970 n’ont connu d’autres perspectives que le chômage de masse ! Pour les plus jeunes, ce contexte professionnel obturé s’est accompagné de la faillite continue des finances publiques, de l’explosion de l’échec scolaire et de l’abandon méritocratique, figés dans l’immobilisme social ou matraqué d’une fiscalité confiscatoire. Comment, dans ce contexte, croire au prétendu miracle de notre modèle social ? Comment faire autrement que ne compter que sur soi-même ? Les jeunes des élites se précipitent à l’étranger, pour étudier, travailler et vivre. À l’issue d’un extraordinaire paradoxe, l’État providence qui recherchait la solidarité des Français produit leur atomisation dans la nouvelle génération. La puissance publique, qui a engendré le syndrome du « c’est pas ma faute », produit chez les jeunes générations un « c’est plus mon problème » qui sera peut-être, demain, un nouveau défi…

Irène Inchauspé et Claude Leblanc, C’est pas ma faute, Éditions du Cerf, mars 2015, 143 pages.


La réflexion du jour

Enfin, la culture ambiante rend l'enrichissement difficile ici. Je parle d'une part de cette allergie canadienne et encore plus québécoise à l'égard de la richesse. Cette dernière est perçue un peu comme une maladie ou pire, comme un vice. C'est triste et désolant.--- Bernard Mooney