Que l’État se contente d’être juste, nous nous chargerons d’être heureux.---- Benjamin Constant
Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement
Vaut mieux en rire!
Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry
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04 mars, 2013
La réflexion du jour
Claude Garcia favorise la privatisation intégrale d'Hydro-Québec assortie d'une promotion ferme de la concurrence. Ce serait une chirurgie majeure. Il faut reconnaître d'emblée que, dans le domaine de la téléphonie, cette stratégie a permis des baisses de prix grandement bénéfiques pour les consommateurs. Il faudra peut-être aussi en venir là un jour dans le domaine de l'électricité.--- Pierre Fortin
Le chiffre du jour : 2 G$
Au total, l'estimation de Garcia à l'effet que 2 milliards de dollars d'économies annuelles sont à la portée d'Hydro-Québec survit sans difficulté à la critique de Vandal. Cela correspond à une régularité historique et universelle : laissé à lui-même, le monopole est intrinsèquement pervers. À moins qu'il ne soit étroitement réglementé et surveillé, tout monopole engendre une structure de coûts excessive et, par conséquent, des prix trop élevés et une qualité déficiente des produits pour les clients.--- Pierre Fortin
(NDLR Pour améliorer l'efficacité d'Hydro-Québec, il faudrait remplacer la haute direction (président et v.-p. exécutifs). Sinon ils travailleront contre les efforts d'amélioration pour prouver qu'ils avaient raison. Mais, surtout, il faudrait mettre fin à l'interventionnisme politique. Vaut mieux ne pas retenir son souffle.)
(NDLR Pour améliorer l'efficacité d'Hydro-Québec, il faudrait remplacer la haute direction (président et v.-p. exécutifs). Sinon ils travailleront contre les efforts d'amélioration pour prouver qu'ils avaient raison. Mais, surtout, il faudrait mettre fin à l'interventionnisme politique. Vaut mieux ne pas retenir son souffle.)
24 janvier, 2011
La réflexion du jour
La distribution de l’alcool au Québec est contrôlée par l’État depuis la fin de la prohibition. La science économique nous enseigne qu’une entreprise monopolistique, qu’elle soit privée ou publique, abusera de ce privilège et deviendra nécessairement moins productive avec le temps.--- Claude Garcia
Le chiffre du jour : 272 M$
La performance financière de la Société des alcools du Québec (SAQ) ne fait pas mentir la théorie économique. Ses frais d’exploitation par dollar de ventes se sont élevés à 20,4 ¢ au cours de l’année financière qui s’est terminée le 31 mars 2010. Cela représente plus du double de ce qu’exigent les grandes chaînes de distribution alimentaire pour vendre à profit un produit comme l’alcool. Si la SAQ était en mesure de réduire ses frais d’exploitation à 10,0 ¢ par dollar de ventes, son bénéfice annuel serait plus élevé de 272 millions $.
27 octobre, 2010
La réflexion du jour
Surtout, et ceci est d’une importance primordiale, comment le Gouvernement procédera-t-il pour acquérir les 600 voitures additionnelles qu’on devra commander dans un proche avenir? Quelle entreprise sérieuse va se pencher sur un éventuel appel d’offres? Une société concurrente a travaillé pendant neuf mois pour préparer sa réponse à un appel d’offres annulé à la dernière minute. On lui refuse le droit à toute compensation au moyen d’une loi à effet rétroactif.
Une seule entreprise sera intéressée par le prochain contrat et elle pourra dicter son prix. Les Québécois n’ont pas fini de payer pour les erreurs du Gouvernement dans ce dossier. --- Claude Garcia
Une seule entreprise sera intéressée par le prochain contrat et elle pourra dicter son prix. Les Québécois n’ont pas fini de payer pour les erreurs du Gouvernement dans ce dossier. --- Claude Garcia
27 septembre, 2010
Le chiffre du jour : -1 %
Depuis la création de la SGF en 1962, le gouvernement a souscrit 2,6 G$ en capital. Tout cet argent a été emprunté à un coût moyen de 8,6 %. Au 31 décembre 2009, il ne reste que 1,8 G$. La direction de la SGF a obtenu un rendement négatif de -1,0 % sur le capital que lui a confié le gouvernement depuis 1962.
(NDLR : L'interventionnisme à son meilleur!)
(NDLR : L'interventionnisme à son meilleur!)
09 septembre, 2010
La pensée du jour
Depuis sa création en 1944, Hydro-Québec n’a jamais justifié le coût de ses projets d’investissement dans un contexte de concurrence. De plus, Québec limite à 50 MW la puissance des projets hydroélectriques que le secteur privé peut entreprendre. L’exemple de la Colombie-Britannique suggère que cette façon de faire entraîne des coûts plus élevés, ce qui se traduit par des bénéfices moindres pour Hydro-Québec. --- Claude Garcia
Le chiffre du jour : 2,8 M$
Si cette entente est ratifiée, Fortis détiendra un intérêt de 51 % dans le projet et CBC et CBT se partageront 49 %. Ce développement hydroélectrique se fera au coût de 2,8 M$ par MW. Les projets d’Hydro-Québec sont beaucoup plus chers. Deux petites centrales au fil de l’eau sur la rivière Saint-Maurice ont coûté 7 M$ par MW tandis que le coût d’aménagement de la rivière Romaine dépassera vraisemblablement 5 M$ par MW. Dans ce dernier cas toutefois, il faut souligner que cet aménagement est plus complexe que celui de la rivière Pend d’Oreille.
12 août, 2010
Le chiffre du jour : 1,1 G$
Le 22 août 2002, le Premier ministre du Canada, Jean Chrétien, et le Premier ministre du Québec, Bernard Landry, ont annoncé la transformation de la Route 175 en autoroute dans la réserve faunique des Laurentides au coût de 525 M$. Cette prévision est passée à 700 M$ en 2003 au moment de l’octroi des mandats de services professionnels et de l’installation du bureau de projet à Saguenay. Cette réévaluation tenait compte des études environnementales et de l’indexation des coûts de construction. Selon le Journal de Montréal du 6 août 2010, le coût final de ce grand projet routier va maintenant atteindre 1,1G$.
26 mai, 2010
Le chiffre du jour : 3,2 M$
On ne connaît pas encore le prix que devra payer la STM pour l’acquisition de ses nouvelles voitures. On estime toutefois la valeur du contrat à 3,4 G$, ce qui représenterait un coût d’acquisition de 3,2 M$ pour chacune des 1053 voitures sous commande ferme ou en option que désire acheter la STM.
Le 13 mai 2010, la Commission de transport de Toronto a annoncé l’exercice d’une option pour acquérir de Bombardier 186 voitures de métro pour un prix total de 390 M$, soit 2,1 M$ par voiture. L’assemblage de ces voitures se fera à l’usine de Bombardier qui est située à Thunder Bay, en Ontario.
Le 13 mai 2010, la Commission de transport de Toronto a annoncé l’exercice d’une option pour acquérir de Bombardier 186 voitures de métro pour un prix total de 390 M$, soit 2,1 M$ par voiture. L’assemblage de ces voitures se fera à l’usine de Bombardier qui est située à Thunder Bay, en Ontario.
14 avril, 2010
Le chiffre du jour : 150 millions
Dans son dernier budget, le Ministre des finances du Québec a demandé à Loto-Québec d’augmenter de 50 millions $ par année ses redevances à l’État. Si la société québécoise exploitait ses loteries avec autant de parcimonie que Camelot, elle pourrait réduire, à chaque année, de 38 millions $ les commissions versées et de 112 millions $ ses frais d’exploitation. C’est 150 millions $ de bénéfices additionnels qui se retrouveraient dans les coffres de l’État annuellement. Cette dernière somme ne tient pas compte des gains d’efficacité possible dans l’exploitation des casinos et des loteries video de Loto-Québec. On voit que la commande de 50 millions $ du Ministre des finances sera relativement facile à réaliser.--- Claude Garcia
NDLR : Camelot est une entreprise privée réglementée.
NDLR : Camelot est une entreprise privée réglementée.
22 mars, 2010
La réflexion du jour :
Il existe un Institut canadien d’information sur la santé qui effectue de telles études statistiques. Or le Québec, contrairement à toutes les autres provinces, ne participe pas aux travaux de cet Institut depuis plusieurs années. Les autorités du Québec ont probablement des raisons, que nous aimerions connaître, de s’abstenir. J’estime cependant que nous nous privons collectivement d’un outil précieux. --- Claude Garcia
05 mars, 2010
Le chiffre du jour : 59 % de plus
.... la Ville de Montréal a procédé à une analyse approfondie de sa situation financière et concurrentielle. Voici le portrait qu’elle a tracé en comparant sa situation avec celle de huit autres grandes villes du Québec:
- Dépenses de fonctionnement per capita: 2 317 $ ou 59 % de plus
- Coût du service des incendies per capita: 150 $ ou 95 % de plus
- Dette de la Ville per capita: 2 802 $ ou 40 % de plus
-Taxes foncières de la résidence moyenne : 3 670 $ ou 56 % de plus
- Rémunération globale d’un pompier : 105 271 $ ou 23 % de plus
- Dépenses de fonctionnement per capita: 2 317 $ ou 59 % de plus
- Coût du service des incendies per capita: 150 $ ou 95 % de plus
- Dette de la Ville per capita: 2 802 $ ou 40 % de plus
-Taxes foncières de la résidence moyenne : 3 670 $ ou 56 % de plus
- Rémunération globale d’un pompier : 105 271 $ ou 23 % de plus
26 janvier, 2010
Métro, une saga digne d’une république de banane
La saga du remplacement des voitures de métro a débuté le 12 juillet 2005, au moment où le ministre Béchard a décrété qu'il fallait favoriser Bombardier à tout prix.
Le 28 juin 2006, Alstom a contesté en cour la décision du gouvernement et le 9 janvier 2008, la cour lui a donné raison.
Le 11 novembre 2008, Alstom et Bombardier ont annoncé qu’ils feront une soumission commune. Évidemment, c’est sans surprise que le 15 décembre 2008, la STM annonce que le prix du contrat a presque doublé. C’est naturellement la conséquence d’une règle de base bien simple : en l’absence de concurrence, les prix explosent.
Alors pour noyer le poisson et berner la population, la soumission conjointe d’Alstom/Bombardier est passée de 336 à 765 voitures, plus une option pour 288 voitures additionnelles.
Ce changement invalide le premier appel d’offres international et le gouvernement doit le relancer pour respecter les accords commerciaux internationaux.
Après plus de quatre ans de tergiversations motivées par des considérations de « petite politique » électoraliste, nous sommes donc revenus à la case départ.
Dans le meilleur des cas, les Chinois, Allemands ou Espagnols s’intéresseront au projet et ainsi nous aurons enfin une vraie soumission compétitive. Les nombreux recommencements et les délais de plus de cinq ans auront coûté une petite fortune aux contribuables, mais au moins nous aurons enfin la certitude d’obtenir les meilleurs prix possible.
Dans le pire des cas, malheureusement le plus probable, les Chinois, Allemands et Espagnols déclineront l’invitation du gouvernement. Il est évident que les dés sont pipés en faveur du consortium Alstom/Bombardier. Il serait téméraire de la part d’un autre manufacturier de se lancer dans cette aventure. Dans ce cas, le projet, dû à l’absence d’un processus de soumission transparent et compétitif, coûtera certainement des centaines de millions de plus que ce qu’il devrait.
Malheureusement, nous ne saurons jamais exactement combien les contribuables auraient économisé si ce projet avait été géré en respectant les règles de l’art. Les politiciens comptent certainement là-dessus pour ne pas avoir à se justifier.
(Voir les textes de Claude Garcia et de René Vézina)
Le 28 juin 2006, Alstom a contesté en cour la décision du gouvernement et le 9 janvier 2008, la cour lui a donné raison.
Le 11 novembre 2008, Alstom et Bombardier ont annoncé qu’ils feront une soumission commune. Évidemment, c’est sans surprise que le 15 décembre 2008, la STM annonce que le prix du contrat a presque doublé. C’est naturellement la conséquence d’une règle de base bien simple : en l’absence de concurrence, les prix explosent.
Alors pour noyer le poisson et berner la population, la soumission conjointe d’Alstom/Bombardier est passée de 336 à 765 voitures, plus une option pour 288 voitures additionnelles.
Ce changement invalide le premier appel d’offres international et le gouvernement doit le relancer pour respecter les accords commerciaux internationaux.
Après plus de quatre ans de tergiversations motivées par des considérations de « petite politique » électoraliste, nous sommes donc revenus à la case départ.
Dans le meilleur des cas, les Chinois, Allemands ou Espagnols s’intéresseront au projet et ainsi nous aurons enfin une vraie soumission compétitive. Les nombreux recommencements et les délais de plus de cinq ans auront coûté une petite fortune aux contribuables, mais au moins nous aurons enfin la certitude d’obtenir les meilleurs prix possible.
Dans le pire des cas, malheureusement le plus probable, les Chinois, Allemands et Espagnols déclineront l’invitation du gouvernement. Il est évident que les dés sont pipés en faveur du consortium Alstom/Bombardier. Il serait téméraire de la part d’un autre manufacturier de se lancer dans cette aventure. Dans ce cas, le projet, dû à l’absence d’un processus de soumission transparent et compétitif, coûtera certainement des centaines de millions de plus que ce qu’il devrait.
Malheureusement, nous ne saurons jamais exactement combien les contribuables auraient économisé si ce projet avait été géré en respectant les règles de l’art. Les politiciens comptent certainement là-dessus pour ne pas avoir à se justifier.
(Voir les textes de Claude Garcia et de René Vézina)
18 janvier, 2010
Le chiffre du jour : 26 %
Dans le cadre de ses consultations pré-budgétaires, le ministre des Finances, monsieur Raymond Bachand, a mis sur pied un Comité consultatif sur l’économie et les finances publiques, comité composé de quatre économistes chevronnés. Ces derniers ont rendu public, le 14 décembre 2009, un constat alarmant. Au Québec, on enregistre :
- des dépenses publiques 26 % plus élevées qu’en Ontario,
- un revenu moyen inférieur de 23 % à la moyenne canadienne,
- un fardeau fiscal supérieur de 17 % à celui des autres Canadiens,
- une dette publique, en proportion de notre capacité de payer, deux fois plus élevée que celle des autres Canadiens.
29 septembre, 2009
L’interventionnisme est un cancer
Dans le texte qui suit, Claude Garcia explique pourquoi l’intervention du gouvernement dans le dossier de la vente du Canadien a enrichi Gillett au détriment des contribuables.
Le ministère du Revenu harcèle les employés à pourboire, les travailleurs autonomes, les retraités et tous les petits contribuables pour remplir les coffres de l’État. En même temps, le ministère des Finances et celui du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation gaspillent des centaines de millions en subvention inutiles ou pire, nuisibles.
Chaque fois que le gouvernement intervient dans un dossier économique, il modifie les règles de la concurrence en faveur d’une entreprise ou d’une industrie, mais au détriment des contribuables. Les plus récentes interventions gouvernementales excèdent 2,5 milliards de dollars en pure perte. (Voir le texte de Nathalie Elgrably ci-après).
L’histoire démontre qu’il n’y a pas mille façons de mettre fin à l’interventionnisme d’État. C’est comme un cancer qu’il faut affamer pour le guérir. Il faut donc restreindre le plus possible les revenus gouvernementaux, c’est-à-dire réduire les taxes et les impôts, mettre fin aux monopoles d’État et rembourser la dette.
Nous sommes à des années lumières d’une telle révolution. Malheureusement, plus on attend plus les remèdes seront amers.
__________
L’intervention du gouvernement a fait monter le prix de vente du Canadien
Claude Garcia / Canoë, 11 sept 2009
On a finalement annoncé hier la conclusion de la vente du Canadien à un groupe d’actionnaires, québécois pour les deux tiers, piloté par la famille Molson. Félicitons tout d’abord les nouveaux propriétaires. Il s’agit d’une transaction d’environ 600 millions $ que le gouvernement du Québec a facilité avec un prêt subordonné de 75 millions $.
La famille Molson a eu besoin de ce prêt pour finaliser la transaction après le désistement de la banque américaine qui avait accepté de participer au financement de la transaction lors des enchères. Le gouvernement du Québec, qui avait annoncé dès le début des enchères son intention de prêter 100 millions $ à un groupe québécois qui prendrait le contrôle du Canadien, a dû respecter son engagement.
Que serait-il arrivé si le gouvernement n’avait pas fait cette promesse? Faute de trouver le financement désiré, le consortium gagnant aurait tenté de renégocier le prix à la baisse. L’ancien propriétaire aurait réouvert les enchères et aurait demandé l’intervention du groupe dont l’offre a été coiffée au fil d’arrivée. Comme l’offre du groupe perdant était plus faible, le prix final de la transaction aurait été revisé à la baisse.
L’intervention du gouvernement a donc permis à monsieur Gillett d’encaisser un bénéfice plus considérable de la vente du Canadien. Monsieur Gillett ne réside pas au Québec et ne paie donc pas ses impôts ici. Le gouvernement du Québec s’est donc servi des impôts des Québécois pour augmenter le gain de capital de l’ancien propriétaire et augmenter les impôts que celui-ci versera au gouvernement américain sur cette transaction. Chez nous, on appelle ça se tirer dans le pied!
___________
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Le Journal de Montréal, p. 23 / Nathalie Elgrably-Lévy, 24 septembre 2009
À Ottawa comme à Québec, les élus s’enorgueillissent de voler à la rescousse d’entreprises au bord de la faillite. Au fil des décennies, des milliards ont ainsi été pris dans la poche des contribuables pour les injecter dans les coffres d’entreprises déficitaires dans l’espoir de leur épargner une mort imminente.
Certes, les opérations de sauvetage sont motivées par de bons sentiments: on veut protéger une industrie et conserver des emplois. Mais les résultats importent plus que les intentions. Or, les résultats sont décevants! En voici quelques exemples:
Et ce n’est là que la pointe de l’iceberg. Qui sait combien coûtent aux contribuables les 1800 programmes d’aide gérés par les deux paliers de gouvernement?
Nos élus auraient dû rapidement comprendre qu’on ne gagne rien à subventionner des activités déficitaires. Mais comme c’est l’argent des contribuables qu’ils ont dilapidé et non le leur, ils n’ont pas retenu la leçon. Il faut dire qu’il est toujours facile d’être généreux avec l’argent des autres! Aujourd’hui, la papetière AbitibiBowater est en faillite. Elle a accumulé une dette de 8 milliards et, entre avril et juin, ses revenus ont chuté de 44% tandis que ses pertes ont atteint 510 millions.
Pour aider l’entreprise, Québec a déjà accordé une garantie de prêt de 100 millions, et de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une contribution plus substantielle, notamment d’Ottawa. Mais, on s’en doute, à l’instar des opérations de sauvetage énoncées plus haut, celle-ci se soldera également par un échec.
La raison en est fort simple: l’injection de fonds publics est une mauvaise solution à un faux problème. Si Abitibibowater est déficitaire, c’est parce la demande et le prix du papier diminuent. Les journaux disparaissent, et ceux qui résistent ont réduit leurs tirages; l’utilisation de papier, sous quelque forme que ce soit, a diminué en raison des nouvelles technologies et des préoccupations environnementales. Les conditions qui permirent la croissance du secteur forestier aux 19ième et 20ième siècles ne se reproduiront probablement jamais, et aucune subvention gouvernementale ne pourra rien y faire. Au mieux, l’aide prolongera l’agonie d’Abitibibowater, mais elle ne pourra pas lui rendre sa rentabilité.
L’histoire abonde d’exemples. Le métier de fabricant de chandelles s’est éteint avec l’avènement de l’électricité; l’automobile a occasionné la quasi-disparition du métier de maréchal-ferrant; l’imprimerie a rendu inutiles les scribes et les moines copistes; le prêt-à-porter a dépouillé les tailleurs d’habits; etc. Selon le contexte et l’époque, des industries naissent, et d’autres disparaissent. C’est l’histoire de l’humanité. C’est le prix de l’évolution.
Certes, il est triste de voir des travailleurs perdre leur emploi, et il est de notre devoir de leur faciliter la transition vers d’autres entreprises ou d’autres industries. Mais subventionner un secteur en déclin, c’est se battre contre des moulins à vent et reproduire les fiascos du passé. Le papier n’a plus la cote? Tournons la page!
Nathalie Elgrably-Lévy est économiste senior à l'Institut économique de Montréal.
* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.
Le ministère du Revenu harcèle les employés à pourboire, les travailleurs autonomes, les retraités et tous les petits contribuables pour remplir les coffres de l’État. En même temps, le ministère des Finances et celui du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation gaspillent des centaines de millions en subvention inutiles ou pire, nuisibles.
Chaque fois que le gouvernement intervient dans un dossier économique, il modifie les règles de la concurrence en faveur d’une entreprise ou d’une industrie, mais au détriment des contribuables. Les plus récentes interventions gouvernementales excèdent 2,5 milliards de dollars en pure perte. (Voir le texte de Nathalie Elgrably ci-après).
L’histoire démontre qu’il n’y a pas mille façons de mettre fin à l’interventionnisme d’État. C’est comme un cancer qu’il faut affamer pour le guérir. Il faut donc restreindre le plus possible les revenus gouvernementaux, c’est-à-dire réduire les taxes et les impôts, mettre fin aux monopoles d’État et rembourser la dette.
Nous sommes à des années lumières d’une telle révolution. Malheureusement, plus on attend plus les remèdes seront amers.
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L’intervention du gouvernement a fait monter le prix de vente du Canadien
Claude Garcia / Canoë, 11 sept 2009
On a finalement annoncé hier la conclusion de la vente du Canadien à un groupe d’actionnaires, québécois pour les deux tiers, piloté par la famille Molson. Félicitons tout d’abord les nouveaux propriétaires. Il s’agit d’une transaction d’environ 600 millions $ que le gouvernement du Québec a facilité avec un prêt subordonné de 75 millions $.
La famille Molson a eu besoin de ce prêt pour finaliser la transaction après le désistement de la banque américaine qui avait accepté de participer au financement de la transaction lors des enchères. Le gouvernement du Québec, qui avait annoncé dès le début des enchères son intention de prêter 100 millions $ à un groupe québécois qui prendrait le contrôle du Canadien, a dû respecter son engagement.
Que serait-il arrivé si le gouvernement n’avait pas fait cette promesse? Faute de trouver le financement désiré, le consortium gagnant aurait tenté de renégocier le prix à la baisse. L’ancien propriétaire aurait réouvert les enchères et aurait demandé l’intervention du groupe dont l’offre a été coiffée au fil d’arrivée. Comme l’offre du groupe perdant était plus faible, le prix final de la transaction aurait été revisé à la baisse.
L’intervention du gouvernement a donc permis à monsieur Gillett d’encaisser un bénéfice plus considérable de la vente du Canadien. Monsieur Gillett ne réside pas au Québec et ne paie donc pas ses impôts ici. Le gouvernement du Québec s’est donc servi des impôts des Québécois pour augmenter le gain de capital de l’ancien propriétaire et augmenter les impôts que celui-ci versera au gouvernement américain sur cette transaction. Chez nous, on appelle ça se tirer dans le pied!
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Le Journal de Montréal, p. 23 / Nathalie Elgrably-Lévy, 24 septembre 2009
À Ottawa comme à Québec, les élus s’enorgueillissent de voler à la rescousse d’entreprises au bord de la faillite. Au fil des décennies, des milliards ont ainsi été pris dans la poche des contribuables pour les injecter dans les coffres d’entreprises déficitaires dans l’espoir de leur épargner une mort imminente.
Certes, les opérations de sauvetage sont motivées par de bons sentiments: on veut protéger une industrie et conserver des emplois. Mais les résultats importent plus que les intentions. Or, les résultats sont décevants! En voici quelques exemples:
- Usine Papiers Gaspésia à Chandler. Investissements : 300 millions $. Statut : fermée.
- Norsk Hydro à Bécancour. Investissements: 250 millions. Statut: fermée.
- Usine Magnola à Asbestos. Investissements: plus d’un milliard. Statut: fermée.
- GM à Boisbriand. Investissements: près de 100 millions. Statut: fermée.
- Usine Hyundai à Bromont. Investissements: 200 millions. Statut: fermée.
- Hippodrome de Montréal. Investissements: 400 millions. Statut: en faillite.
Et ce n’est là que la pointe de l’iceberg. Qui sait combien coûtent aux contribuables les 1800 programmes d’aide gérés par les deux paliers de gouvernement?
Nos élus auraient dû rapidement comprendre qu’on ne gagne rien à subventionner des activités déficitaires. Mais comme c’est l’argent des contribuables qu’ils ont dilapidé et non le leur, ils n’ont pas retenu la leçon. Il faut dire qu’il est toujours facile d’être généreux avec l’argent des autres! Aujourd’hui, la papetière AbitibiBowater est en faillite. Elle a accumulé une dette de 8 milliards et, entre avril et juin, ses revenus ont chuté de 44% tandis que ses pertes ont atteint 510 millions.
Pour aider l’entreprise, Québec a déjà accordé une garantie de prêt de 100 millions, et de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une contribution plus substantielle, notamment d’Ottawa. Mais, on s’en doute, à l’instar des opérations de sauvetage énoncées plus haut, celle-ci se soldera également par un échec.
La raison en est fort simple: l’injection de fonds publics est une mauvaise solution à un faux problème. Si Abitibibowater est déficitaire, c’est parce la demande et le prix du papier diminuent. Les journaux disparaissent, et ceux qui résistent ont réduit leurs tirages; l’utilisation de papier, sous quelque forme que ce soit, a diminué en raison des nouvelles technologies et des préoccupations environnementales. Les conditions qui permirent la croissance du secteur forestier aux 19ième et 20ième siècles ne se reproduiront probablement jamais, et aucune subvention gouvernementale ne pourra rien y faire. Au mieux, l’aide prolongera l’agonie d’Abitibibowater, mais elle ne pourra pas lui rendre sa rentabilité.
L’histoire abonde d’exemples. Le métier de fabricant de chandelles s’est éteint avec l’avènement de l’électricité; l’automobile a occasionné la quasi-disparition du métier de maréchal-ferrant; l’imprimerie a rendu inutiles les scribes et les moines copistes; le prêt-à-porter a dépouillé les tailleurs d’habits; etc. Selon le contexte et l’époque, des industries naissent, et d’autres disparaissent. C’est l’histoire de l’humanité. C’est le prix de l’évolution.
Certes, il est triste de voir des travailleurs perdre leur emploi, et il est de notre devoir de leur faciliter la transition vers d’autres entreprises ou d’autres industries. Mais subventionner un secteur en déclin, c’est se battre contre des moulins à vent et reproduire les fiascos du passé. Le papier n’a plus la cote? Tournons la page!
Nathalie Elgrably-Lévy est économiste senior à l'Institut économique de Montréal.
* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.
26 septembre, 2009
Déficit : augmenter l’efficacité des monopoles d’État
Dans le texte qui suit, Claude Garcia conclut qu’Hydro-Québec souffre du syndrome du monopole d’État. Hydro est devenu une entreprise obèse et inefficace. Si elle atteignait le niveau de productivité et d’efficacité de ses comparables américaines, ses coûts d’exploitation diminueraient de 2,3 milliards annuellement. De quoi renflouer la moitié du déficit anticipé sans même hausser les tarifs.
Malheureusement, Hydro est soumise aux mêmes interventions politiques que tous les monopoles d’État. Comme l’explique si bien Jean Laliberté dans son livre, Les fonctionnaires :
Une amélioration, même mineure, de l’efficacité de l’ensemble des monopoles d’État permettrait d’effacer le déficit anticipé et de dégager une marge de manoeuvre plus que confortable. Si, en plus, le gouvernement augmentait les tarifs et réduisait d’autant les impôts des individus et des entreprises, le Québec passerait de cancre à premier de classe en moins d’une décennie.
Évidemment, c’est un scénario purement utopique. Au lieu de cela, le gouvernement va tester le niveau de tolérance des contribuables en augmentant les tarifs sans baisser proportionnellement les taxes et les impôts.
Malheureusement, en matière de fiscalité les politiciens sont des sadiques invétérés et les contribuables sont des masochistes endurcis.
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2,3 milliards $ de revenus additionnels sans hausser les taxes ou les tarifsClaude Garcia, Canoë, 22 septembre 2009
Lorsque les gouvernements souhaitent combler un déficit, ils envisagent normalement l’une ou l’autre des solutions suivantes : augmenter les taxes ou les impôts ou encore faire payer plus cher les services gouvernementaux. À moins d’être au pied du mur, on ne se demande jamais si on peut augmenter la productivité des services publics. C’est encore une fois les deux premières solutions que semble vouloir retenir le gouvernement Charest pour combler, au cours des quatre prochaines années, le déficit du Québec.
Pourtant le gouvernement pourrait augmenter ses revenus de 2,3 milliards $ par année sans avoir recours à une augmentation des taxes ou des tarifs. Voici comment c’est possible.
Dans une étude que j’ai réalisée pour le compte de l’Institut économique de Montréal en février 2009, j’ai démontré qu’une meilleure gestion d’Hydro-Québec pourrait procurer environ 2,3 milliards $ de bénéfices additionnels à chaque année. Ces bénéfices additionnels proviendraient à peu près également d’une hausse de la productivité de la Société d’État et d’une meilleure gestion des investissements considérables qu’elle fait à chaque année.
Afin d’évaluer la productivité d’Hydro-Québec, nous avons comparé sa performance à celle de dix entreprises de production, de transport et de distribution d’électricité américaines dont la taille se rapproche de celle de la Société d’État. Hydro-Québec compte un employé pour 166 clients tandis que le nombre de clients par employé se situe à 295 dans le cas du groupe de comparaison. Si chaque employé d’Hydro-Québec prenait soin de 295 clients, ses frais d’exploitation annuels de 2,5 milliards $ seraient réduits de 1,1 milliards $.
Hydro-Québec investit à chaque année des sommes importantes. En 2008 par exemple, elle a investi 3,8 milliards $ et ses actifs immobilisés totalisaient 55 milliards $. Elle a consacré, cette année-là, 4,8 milliards $ à l’amortissement de ses immobilisations passées et aux intérêts sur la dette qu’elle a accumulée pour financer tous ces investissements. Voici quelques exemples qui illustrent les économies possibles avec une meilleure gestion de ces investissements :
Lorsqu’on ajoute à cette économie de 1,2 milliards $ la réduction de 1,1 milliards $ des dépenses opérationnelles identifiée plus haut, on peut hausser de 2,3 milliards $ le bénéfice annuel d’Hydro-Québec, sans toucher aux tarifs.
Malheureusement, Hydro est soumise aux mêmes interventions politiques que tous les monopoles d’État. Comme l’explique si bien Jean Laliberté dans son livre, Les fonctionnaires :
La grille de décision utilisée par les élus est essentiellement politique. Les
considérations de rigueur administrative, d’efficacité, d’efficience et de
rentabilité économique sont secondaires.
Une amélioration, même mineure, de l’efficacité de l’ensemble des monopoles d’État permettrait d’effacer le déficit anticipé et de dégager une marge de manoeuvre plus que confortable. Si, en plus, le gouvernement augmentait les tarifs et réduisait d’autant les impôts des individus et des entreprises, le Québec passerait de cancre à premier de classe en moins d’une décennie.
Évidemment, c’est un scénario purement utopique. Au lieu de cela, le gouvernement va tester le niveau de tolérance des contribuables en augmentant les tarifs sans baisser proportionnellement les taxes et les impôts.
Malheureusement, en matière de fiscalité les politiciens sont des sadiques invétérés et les contribuables sont des masochistes endurcis.
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2,3 milliards $ de revenus additionnels sans hausser les taxes ou les tarifsClaude Garcia, Canoë, 22 septembre 2009
Lorsque les gouvernements souhaitent combler un déficit, ils envisagent normalement l’une ou l’autre des solutions suivantes : augmenter les taxes ou les impôts ou encore faire payer plus cher les services gouvernementaux. À moins d’être au pied du mur, on ne se demande jamais si on peut augmenter la productivité des services publics. C’est encore une fois les deux premières solutions que semble vouloir retenir le gouvernement Charest pour combler, au cours des quatre prochaines années, le déficit du Québec.
Pourtant le gouvernement pourrait augmenter ses revenus de 2,3 milliards $ par année sans avoir recours à une augmentation des taxes ou des tarifs. Voici comment c’est possible.
Dans une étude que j’ai réalisée pour le compte de l’Institut économique de Montréal en février 2009, j’ai démontré qu’une meilleure gestion d’Hydro-Québec pourrait procurer environ 2,3 milliards $ de bénéfices additionnels à chaque année. Ces bénéfices additionnels proviendraient à peu près également d’une hausse de la productivité de la Société d’État et d’une meilleure gestion des investissements considérables qu’elle fait à chaque année.
Afin d’évaluer la productivité d’Hydro-Québec, nous avons comparé sa performance à celle de dix entreprises de production, de transport et de distribution d’électricité américaines dont la taille se rapproche de celle de la Société d’État. Hydro-Québec compte un employé pour 166 clients tandis que le nombre de clients par employé se situe à 295 dans le cas du groupe de comparaison. Si chaque employé d’Hydro-Québec prenait soin de 295 clients, ses frais d’exploitation annuels de 2,5 milliards $ seraient réduits de 1,1 milliards $.
Hydro-Québec investit à chaque année des sommes importantes. En 2008 par exemple, elle a investi 3,8 milliards $ et ses actifs immobilisés totalisaient 55 milliards $. Elle a consacré, cette année-là, 4,8 milliards $ à l’amortissement de ses immobilisations passées et aux intérêts sur la dette qu’elle a accumulée pour financer tous ces investissements. Voici quelques exemples qui illustrent les économies possibles avec une meilleure gestion de ces investissements :
- Hydro-Québec a construit deux centrales qui seront exploitées au fil de l’eau sur la rivière Saint-Maurice au coût de 7,0 millions $ par MW. C’est presque le triple du coût moyen encouru par MW par deux entreprises privées qui ont réalisé des projets similaires au Canada ou aux États-Unis.
- Nous avons comparé, pour les cinq dernières centrales construites par Hydro-Québec, le budget prévu au moment de l’annonce du projet avec le coût du projet. Tous les projets, sans exception, ont coûté plus cher que prévu et le dépassement moyen se situe à 26 % du budget original.
- Hydro-Québec Distribution a présenté, le 17 juin 2002, une demande afin d’obtenir l’autorisation d’investir 270 milions $ pour la mise en place d’ici mars 2007 d’un nouveau système d’information sur la clientèle. Elle a dépensé environ 500 millions $ pour mettre en place ce nouveau système.
Lorsqu’on ajoute à cette économie de 1,2 milliards $ la réduction de 1,1 milliards $ des dépenses opérationnelles identifiée plus haut, on peut hausser de 2,3 milliards $ le bénéfice annuel d’Hydro-Québec, sans toucher aux tarifs.
24 septembre, 2009
Santé : Plus de professionnels pour le même résultat
Proportionnellement, le Québec emploie 19,0 % plus de médecins (3 000) et 10,5 % plus d’infirmières (6 200) que le reste du Canada. (Voir le texte de Claude Garcia ci-après)
Les Québécois sont-ils pour autant en meilleure santé? Non, l’espérance de vie des hommes est légèrement inférieure à celle de la moyenne canadienne (77,7 vs 78,0 ans), alors que celle des femmes est légèrement supérieure (82,9 vs 82,7 ans).
À quoi faut-il attribué cette anomalie?
Serait-ce encore une fois à cause du système? Ce fameux système peuplé de bureaucrates qui exigent des formulaires, des rapports, des réunions, etc. Le temps utilisé pour satisfaire les demandes des bureaucrates n’est pas disponible pour les patients.
Serait-ce une mauvaise organisation du travail? L’organisation du travail est assujettie aux priorités du ministère, des ordres professionnels et à la rigidité des conventions collectives. Il me semble que c’est le contraire qui devrait primé!
Le « bottom line » comme disent les anglais est qu’on emploie plus de professionnels sans que cela ne se reflète dans les résultats.
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Le Québec compte 6 200 infirmières de plus
Claude Garcia / Finances publiques, 4 septembre 2009
On entend souvent dire que le Québec manque d’infirmières. Les mesures prises par le gouvernement pour en arriver au déficit zéro seraient la cause de cet état de fait. On avance cette explication pour excuser les problèmes d’accessibilité dans le réseau de la santé. Certains soutiennent même qu’un rôle plus grand du privé dans la dispensation des soins de santé pourrait accentuer ce manque allégué de ressources infirmières. Qu’en est-il exactement?
Il y avait 64 014 infirmières qui exerçaient activement leur profession au Québec à la fin de 2006, soit 7 200 de plus qu’à la fin de l’année 1998, année où les effectifs infirmiers ont atteint leur plus bas niveau des quinze dernières années. Le Québec emploie plus d’infirmières par mille de population que les autres provinces. À la fin de 2006, nous avions 8,4 infirmières en emploi par mille de population contre 7,1 en Ontario, 7,6 en Alberta et 6,8 en Colombie-Britannique. Si on calcule la moyenne canadienne en excluant le Québec, le reste du Canada emploie 7,6 infirmières par mille de population. Si le Québec ramenait le nombre d’infirmières dont il a besoin au niveau de la moyenne canadienne, il pourrait faire l’économie de plus de 6 200 postes.
Le calcul que nous venons de faire n’est pas un jugement sur la compétence et le dévouement des infirmières. Il réflète toutefois une réalité troublante sur l’utilisation de ressources humaines qualifiées.
Non seulement le Québec emploie relativement plus d’infirmières que la moyenne canadienne, il le fait également pour les infirmières auxiliaires. Elles sont au nombre de 2,2 par mille de population au Québec contre 2,0 pour le reste du Canada.
À la suite des mesures prises en 1997 pour atteindre le déficit zéro, le gouvernement a décidé d’augmenter considérablement la capacité des programmes de formation pour les infirmières. Alors que le nombre d’infirmières diplômées était d’environ 1 500 par année avant l’an 2000, le nombre de nouvelles diplômées a augmenté à compter de 2002 pour atteindre 3 000 en 2006. Le Québec forme maintenant 38 % des infirmières diplomées à chaque année au Canada alors qu’il ne représente que 23 % de la population canadienne.
Toute cette activité de formation ne semble pas être à notre avantage puisque les 6 000 diplomées de 2005 et 2006 n’ont contribué que 559 infirmières additionnelles à la main d’oeuvre québecoise au cours de ces deux années. Alors que le Québec a formé 38 % des infirmières, il a fourni moins de 9 % des infirmières additionnelles au Canada durant cette période. On ne peut invoquer le vieillissement des effectifs pour expliquer cette contre-performance puisque les infirmières québécoises de 55 ans et plus ne représentent que 17 % des effectifs contre 22 % pour le reste du Canada.
Pourquoi avons-nous besoin d’un plus grand nombre d’infirmières et d’infirmières-auxiliaires au Québec que dans les autres provinces canadiennes? Pourquoi formons-nous beaucoup plus d’infirmières que les autres? Et pourquoi gardons-nous actives dans la profession si peu des infirmières que nous formons à grands frais? Voilà des questions qui méritent une étude plus approfondie.
Le Québec a 3000 médecins de plus
Claude Garcia / Générale, 18 septembre 2009
Il y a beaucoup de Québécois qui n’ont pas de médecins de famille ou qui ont du mal à obtenir un rendez-vous avec le médecin de leur choix. Manquons-nous de médecins au Québec?
Les médecins québécois étaient au nombre de 18 908 à la fin de 2006, ce qui représente 2,5 médecins par 1000 de population. Les Québécois étaient plus avantagés à ce chapitre que les Ontariens (2,0 par mille), les Albertains (2,2 par mille) et les habitants de la Colombie-Britannique (2,2 par mille). La moyenne canadienne, si on exclut le Québec, se situe à 2,1 médecins par mille de population. Si on ramenait au Québec le nombre de médecins par mille de population au niveau de la moyenne canadienne, on aurait 3000 médecins de moins.
Malgré le fait que le Québec dispose de près de 20 % de plus de médecins que l’ensemble des autres provinces canadiennes, il consacre à peu près la même proportion de son PIB que le reste du Canada à la rémunération des professionnels de la santé, soit 2,5 %. Mais le PIB per capita québécois est inférieur de plus de 30 % au PIB per capita des autres provinces canadiennes. On peut donc conclure que la rémunération moyenne des médecins québécois est d’environ 50 % inférieure à celle de leurs collègues du reste du Canada. Nous avons choisi, comme collectivité, d’avoir plus de médecins plutôt que de leur offrir une rémunération qui se rapprocherait davantage de celle des autres provinces canadiennes.
Les chiffres que nous venons de citer surprennent à la lumière des difficultés que rencontrent beaucoup de Québécois à obtenir un médecin de famille. Pourquoi, à la lumière de ces chiffres, est-il si difficile d’avoir un médecin de famille? Pourquoi avons-nous autant de difficultés à obtenir un rendez-vous?
Les Québécois sont-ils pour autant en meilleure santé? Non, l’espérance de vie des hommes est légèrement inférieure à celle de la moyenne canadienne (77,7 vs 78,0 ans), alors que celle des femmes est légèrement supérieure (82,9 vs 82,7 ans).
À quoi faut-il attribué cette anomalie?
Serait-ce encore une fois à cause du système? Ce fameux système peuplé de bureaucrates qui exigent des formulaires, des rapports, des réunions, etc. Le temps utilisé pour satisfaire les demandes des bureaucrates n’est pas disponible pour les patients.
Serait-ce une mauvaise organisation du travail? L’organisation du travail est assujettie aux priorités du ministère, des ordres professionnels et à la rigidité des conventions collectives. Il me semble que c’est le contraire qui devrait primé!
Le « bottom line » comme disent les anglais est qu’on emploie plus de professionnels sans que cela ne se reflète dans les résultats.
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Le Québec compte 6 200 infirmières de plus
Claude Garcia / Finances publiques, 4 septembre 2009
On entend souvent dire que le Québec manque d’infirmières. Les mesures prises par le gouvernement pour en arriver au déficit zéro seraient la cause de cet état de fait. On avance cette explication pour excuser les problèmes d’accessibilité dans le réseau de la santé. Certains soutiennent même qu’un rôle plus grand du privé dans la dispensation des soins de santé pourrait accentuer ce manque allégué de ressources infirmières. Qu’en est-il exactement?
Il y avait 64 014 infirmières qui exerçaient activement leur profession au Québec à la fin de 2006, soit 7 200 de plus qu’à la fin de l’année 1998, année où les effectifs infirmiers ont atteint leur plus bas niveau des quinze dernières années. Le Québec emploie plus d’infirmières par mille de population que les autres provinces. À la fin de 2006, nous avions 8,4 infirmières en emploi par mille de population contre 7,1 en Ontario, 7,6 en Alberta et 6,8 en Colombie-Britannique. Si on calcule la moyenne canadienne en excluant le Québec, le reste du Canada emploie 7,6 infirmières par mille de population. Si le Québec ramenait le nombre d’infirmières dont il a besoin au niveau de la moyenne canadienne, il pourrait faire l’économie de plus de 6 200 postes.
Le calcul que nous venons de faire n’est pas un jugement sur la compétence et le dévouement des infirmières. Il réflète toutefois une réalité troublante sur l’utilisation de ressources humaines qualifiées.
Non seulement le Québec emploie relativement plus d’infirmières que la moyenne canadienne, il le fait également pour les infirmières auxiliaires. Elles sont au nombre de 2,2 par mille de population au Québec contre 2,0 pour le reste du Canada.
À la suite des mesures prises en 1997 pour atteindre le déficit zéro, le gouvernement a décidé d’augmenter considérablement la capacité des programmes de formation pour les infirmières. Alors que le nombre d’infirmières diplômées était d’environ 1 500 par année avant l’an 2000, le nombre de nouvelles diplômées a augmenté à compter de 2002 pour atteindre 3 000 en 2006. Le Québec forme maintenant 38 % des infirmières diplomées à chaque année au Canada alors qu’il ne représente que 23 % de la population canadienne.
Toute cette activité de formation ne semble pas être à notre avantage puisque les 6 000 diplomées de 2005 et 2006 n’ont contribué que 559 infirmières additionnelles à la main d’oeuvre québecoise au cours de ces deux années. Alors que le Québec a formé 38 % des infirmières, il a fourni moins de 9 % des infirmières additionnelles au Canada durant cette période. On ne peut invoquer le vieillissement des effectifs pour expliquer cette contre-performance puisque les infirmières québécoises de 55 ans et plus ne représentent que 17 % des effectifs contre 22 % pour le reste du Canada.
Pourquoi avons-nous besoin d’un plus grand nombre d’infirmières et d’infirmières-auxiliaires au Québec que dans les autres provinces canadiennes? Pourquoi formons-nous beaucoup plus d’infirmières que les autres? Et pourquoi gardons-nous actives dans la profession si peu des infirmières que nous formons à grands frais? Voilà des questions qui méritent une étude plus approfondie.
Le Québec a 3000 médecins de plus
Claude Garcia / Générale, 18 septembre 2009
Il y a beaucoup de Québécois qui n’ont pas de médecins de famille ou qui ont du mal à obtenir un rendez-vous avec le médecin de leur choix. Manquons-nous de médecins au Québec?
Les médecins québécois étaient au nombre de 18 908 à la fin de 2006, ce qui représente 2,5 médecins par 1000 de population. Les Québécois étaient plus avantagés à ce chapitre que les Ontariens (2,0 par mille), les Albertains (2,2 par mille) et les habitants de la Colombie-Britannique (2,2 par mille). La moyenne canadienne, si on exclut le Québec, se situe à 2,1 médecins par mille de population. Si on ramenait au Québec le nombre de médecins par mille de population au niveau de la moyenne canadienne, on aurait 3000 médecins de moins.
Malgré le fait que le Québec dispose de près de 20 % de plus de médecins que l’ensemble des autres provinces canadiennes, il consacre à peu près la même proportion de son PIB que le reste du Canada à la rémunération des professionnels de la santé, soit 2,5 %. Mais le PIB per capita québécois est inférieur de plus de 30 % au PIB per capita des autres provinces canadiennes. On peut donc conclure que la rémunération moyenne des médecins québécois est d’environ 50 % inférieure à celle de leurs collègues du reste du Canada. Nous avons choisi, comme collectivité, d’avoir plus de médecins plutôt que de leur offrir une rémunération qui se rapprocherait davantage de celle des autres provinces canadiennes.
Les chiffres que nous venons de citer surprennent à la lumière des difficultés que rencontrent beaucoup de Québécois à obtenir un médecin de famille. Pourquoi, à la lumière de ces chiffres, est-il si difficile d’avoir un médecin de famille? Pourquoi avons-nous autant de difficultés à obtenir un rendez-vous?
14 juillet, 2009
Le monopole du système de santé, un danger public
Les monopoles d’État sont des organismes qui n’hésitent pas à sacrifier le bien-être de la population pour protéger les politiciens et les fonctionnaires. La crise des tests de pathologie du cancer du sein, l’épidémie de C-difficile, le fiasco du sang contaminé, sont les exemples les plus récents de ce phénomène.
Ce comportement est inhérent aux monopoles étatiques. Les responsables de la gestion et de la surveillance répondent tous aux politiciens du parti au pouvoir. Les conflits d’intérêt sont omniprésents.
Idéalement, le gouvernement serait responsable d’établir les normes et de s’assurer qu’elles sont appliquées. Les services à la population seraient alors fournis par des entreprises privées soumises aux lois du marché.
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La crise des tests de pathologie du cancer du sein : une crise de gouvernance
Claude Garcia, Le Journal de Montréal, 12/07/09
Selon les media, près de 9500 patientes atteintes du cancer du sein attendent un appel qui leur confirmera que leur traitement a été adéquat. Pour 2730 d'entre elles, les tests de pathologie devront être repris. Une démarche qui pourrait s'étirer au moins jusqu'au mois de décembre. Des femmes qui ignorent pour l'instant si elles ont reçu le bon traitement et qui revivent les affres de l'incertitude.
Après avoir dit, au début du mois de juin, que 2100 tests de pathologie du cancer du sein devront être repris au Québec, le ministre de la Santé, monsieur Yves Bolduc, a annoncé le 9 juillet 2009, que près de 2730 tests faits entre avril 2008 et juin 2009 devront plutôt être revus.
Cette augmentation du nombre de cas est due au fait que trois grands hôpitaux montréalais, soit le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), l'hôpital Maisonneuve-Rosemont et l'hôpital du Sacré-Coeur, ne possédaient pas de contrôle de qualité externe suffisant, contrairement à ce qu'on croyait. Ces établissements devront reprendre leurs tests, ce qui porte donc le nombre de cas à 2730.
Nous sommes en présence d’une crise majeure pour le système de santé québécois, crise qui est susceptible d’ébranler la confiance de la population quant à la précision des diagnostics reçus. Le ministère de la Santé est conscient de la gravité de la crise et a du mal à la gérer.
Pourquoi a-t-il fallu attendre six semaines avant de savoir que trois grands hôpitaux montréalais, dont le CHUM, ne possédaient pas de contrôle de la qualité approprié? C’est à la suite des pressions des media demandant un suivi de la part du ministre que celui-ci a rendu cette information publique. Comment se fait-il que personne, au CHUM, n’ait cru opportun d’alerter la presse pour informer plus rapidement la population?
Mettons en parallèle ce silence prolongé, avec les péripéties qui ont précédé la décision du gouvernement de lancer l’appel de propositions pour la construction d’un nouveau CHUM en partenariat public-privé. Pendant toute cette période, on divulguait rapidement toute hésitation ou décision des responsables du projet. La décision de construire un CHUM en partenariat public-privé ou selon le mode conventionnel ne mettait pas la vie des femmes québécoises en danger. Pourquoi autant d’empressement à informer la population sur ce projet de construction alors qu’on se traîne les pieds pendant six semaines avant d’avouer que le CHUM n’avait pas de contrôle de qualité externe adéquat?
Autre exemple : lors de l’effrondement du viaduc de la Concorde à Laval, le 30 septembre 2006, effondrement qui a fait cinq morts, il n’a fallu que quelques heures pour connaître le nom de l’entreprise privée responsable de la construction de cette structure, 36 ans plus tôt. Pourquoi autant d’empressement dans ce cas et un délai de six semaines pour les tests de pathologie?
Peut-on interpréter le délai de six semaines comme une manifestation du mécanisme de défense du monopole bureaucratique qui régit le systéme de santé québécois? Le gouvernement est responsable de concevoir les politiques et les programmes de santé, responsable de prodiguer et de financer les soins à la population et responsable aussi de l’évaluation de la qualité de ces soins. Quand on cumule ainsi toutes les tâches, faut-il se surprendre que l’on communique avec réticence toute information susceptible de mettre en doute la qualité des soins reçus.
Six semaines après le début de la crise, on ne sait toujours pas pourquoi certains hôpitaux demandaient à des tiers d’évaluer la qualité de leurs tests selon les règles de l’art tandis que d’autres, dont le CHUM, ne le faisaient pas. On ne sait pas non plus depuis combien de temps ceux-ci omettaient d’évaluer la qualité des tests.
En vertu de la Loi sur les services de santé et les services sociaux, chaque centre hospitalier doit mettre sur pied un conseil des médecins, dentistes et pharmaciens dont le mandat est de contrôler et d'apprécier, au nom du conseil d'administration, la qualité, y compris la pertinence, des actes médicaux, dentaires et pharmaceutiques posés dans le centre. Les conseils des médecins, dentistes et pharmaciens des dits établissements ont-ils dénoncé l’absence de contrôle de la qualité? Les conseils d’administration en ont-ils été saisis?
Si on avait, dans notre systéme de santé, quelques hôpitaux qui étaient gérés par une entreprise privée, on pourrait, dans un dossier comme celui-là, comparer la performance des hôpitaux à caractère privé avec ceux du secteur public et juger ainsi de la performance des uns et des autres. Tout monopole craint le balisage, une technique de gestion qui permet de comparer la performance d’une organisation avec d’autres établissements de même nature. Le balisage éclaire le public et les organismes sur la qualité de la performance au moyen de comparaisons standardisées.
Le temps est venu de réformer le fonctionnement du systéme de santé québécois pour encourager les différentes institutions qui le composent à améliorer leur fonctionnement par le biais du balisage et d’évaluations externes. À défaut d’agir, on devra continuer de consacrer une part plus importante des ressources de notre société à la santé, sans pouvoir cibler les effets de ces ajouts de ressources.
Ce comportement est inhérent aux monopoles étatiques. Les responsables de la gestion et de la surveillance répondent tous aux politiciens du parti au pouvoir. Les conflits d’intérêt sont omniprésents.
Idéalement, le gouvernement serait responsable d’établir les normes et de s’assurer qu’elles sont appliquées. Les services à la population seraient alors fournis par des entreprises privées soumises aux lois du marché.
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La crise des tests de pathologie du cancer du sein : une crise de gouvernance
Claude Garcia, Le Journal de Montréal, 12/07/09
Selon les media, près de 9500 patientes atteintes du cancer du sein attendent un appel qui leur confirmera que leur traitement a été adéquat. Pour 2730 d'entre elles, les tests de pathologie devront être repris. Une démarche qui pourrait s'étirer au moins jusqu'au mois de décembre. Des femmes qui ignorent pour l'instant si elles ont reçu le bon traitement et qui revivent les affres de l'incertitude.
Après avoir dit, au début du mois de juin, que 2100 tests de pathologie du cancer du sein devront être repris au Québec, le ministre de la Santé, monsieur Yves Bolduc, a annoncé le 9 juillet 2009, que près de 2730 tests faits entre avril 2008 et juin 2009 devront plutôt être revus.
Cette augmentation du nombre de cas est due au fait que trois grands hôpitaux montréalais, soit le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), l'hôpital Maisonneuve-Rosemont et l'hôpital du Sacré-Coeur, ne possédaient pas de contrôle de qualité externe suffisant, contrairement à ce qu'on croyait. Ces établissements devront reprendre leurs tests, ce qui porte donc le nombre de cas à 2730.
Nous sommes en présence d’une crise majeure pour le système de santé québécois, crise qui est susceptible d’ébranler la confiance de la population quant à la précision des diagnostics reçus. Le ministère de la Santé est conscient de la gravité de la crise et a du mal à la gérer.
Pourquoi a-t-il fallu attendre six semaines avant de savoir que trois grands hôpitaux montréalais, dont le CHUM, ne possédaient pas de contrôle de la qualité approprié? C’est à la suite des pressions des media demandant un suivi de la part du ministre que celui-ci a rendu cette information publique. Comment se fait-il que personne, au CHUM, n’ait cru opportun d’alerter la presse pour informer plus rapidement la population?
Mettons en parallèle ce silence prolongé, avec les péripéties qui ont précédé la décision du gouvernement de lancer l’appel de propositions pour la construction d’un nouveau CHUM en partenariat public-privé. Pendant toute cette période, on divulguait rapidement toute hésitation ou décision des responsables du projet. La décision de construire un CHUM en partenariat public-privé ou selon le mode conventionnel ne mettait pas la vie des femmes québécoises en danger. Pourquoi autant d’empressement à informer la population sur ce projet de construction alors qu’on se traîne les pieds pendant six semaines avant d’avouer que le CHUM n’avait pas de contrôle de qualité externe adéquat?
Autre exemple : lors de l’effrondement du viaduc de la Concorde à Laval, le 30 septembre 2006, effondrement qui a fait cinq morts, il n’a fallu que quelques heures pour connaître le nom de l’entreprise privée responsable de la construction de cette structure, 36 ans plus tôt. Pourquoi autant d’empressement dans ce cas et un délai de six semaines pour les tests de pathologie?
Peut-on interpréter le délai de six semaines comme une manifestation du mécanisme de défense du monopole bureaucratique qui régit le systéme de santé québécois? Le gouvernement est responsable de concevoir les politiques et les programmes de santé, responsable de prodiguer et de financer les soins à la population et responsable aussi de l’évaluation de la qualité de ces soins. Quand on cumule ainsi toutes les tâches, faut-il se surprendre que l’on communique avec réticence toute information susceptible de mettre en doute la qualité des soins reçus.
Six semaines après le début de la crise, on ne sait toujours pas pourquoi certains hôpitaux demandaient à des tiers d’évaluer la qualité de leurs tests selon les règles de l’art tandis que d’autres, dont le CHUM, ne le faisaient pas. On ne sait pas non plus depuis combien de temps ceux-ci omettaient d’évaluer la qualité des tests.
En vertu de la Loi sur les services de santé et les services sociaux, chaque centre hospitalier doit mettre sur pied un conseil des médecins, dentistes et pharmaciens dont le mandat est de contrôler et d'apprécier, au nom du conseil d'administration, la qualité, y compris la pertinence, des actes médicaux, dentaires et pharmaceutiques posés dans le centre. Les conseils des médecins, dentistes et pharmaciens des dits établissements ont-ils dénoncé l’absence de contrôle de la qualité? Les conseils d’administration en ont-ils été saisis?
Si on avait, dans notre systéme de santé, quelques hôpitaux qui étaient gérés par une entreprise privée, on pourrait, dans un dossier comme celui-là, comparer la performance des hôpitaux à caractère privé avec ceux du secteur public et juger ainsi de la performance des uns et des autres. Tout monopole craint le balisage, une technique de gestion qui permet de comparer la performance d’une organisation avec d’autres établissements de même nature. Le balisage éclaire le public et les organismes sur la qualité de la performance au moyen de comparaisons standardisées.
Le temps est venu de réformer le fonctionnement du systéme de santé québécois pour encourager les différentes institutions qui le composent à améliorer leur fonctionnement par le biais du balisage et d’évaluations externes. À défaut d’agir, on devra continuer de consacrer une part plus importante des ressources de notre société à la santé, sans pouvoir cibler les effets de ces ajouts de ressources.
10 mai, 2009
Pourquoi payez moins quand on peut payer plus!
Les Québécois s’indignent qu’une entreprise privée fasse 10 % de profit. Par contre, ils acceptent de bonne grâce qu’un monopole d’État inefficace coûte 25 % de plus qu’il ne devrait.
Tout ça parce qu’ils croient que les revenus d’un monopole d’État profitent à l’ensemble de la population. Pourtant, il n’y a rien de plus faux.
Les coûts élevés des services fournis par un monopole d’État servent surtout les groupes d’intérêts associés (politiciens et syndicats) et leurs fournisseurs. Au mieux, les contribuables et les consommateurs, paient les services qu’ils obtiennent trop chers. Au pire, ils obtiennent en prime des services médiocres.
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Rivière Romaine : gaspillage appréhendé de 3 à 4G$
Claude Garcia, Journal de Montréal, 6 avril 2009
Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement a donné le feu vert récemment à l’aménagement d’un complexe hydroélectrique d’envergure sur la rivière Romaine qui est située au nord de Havre Saint-Pierre.
Avec une puissance installée de 1 550 MW, ce complexe aurait une capacité annuelle de production de 8 milliards de kWh.
Hydro-Québec compte faire quatre aménagements hydroélectriques entre les kilomètres 53 et 192 de la rivière. Le promoteur souhaite commencer les travaux au milieu de 2009 pour échelonner la mise en service des centrales entre 2014 et 2020.
Il ne manque que le feu vert du gouvernement du Québec pour que les travaux d’aménagement puissent commencer.
Hydro-Québec évalue le coût de réalisation du projet à 6,5 milliards $. Ce montant n’inclut pas les coûts des lignes de transport, du suivi environnemental après la construction et des ententes avec le milieu.
Or, Hydro-Québec a la fâcheuse habitude de ne pas respecter les budgets initiaux de ses projets d’investissement.
Dans une étude que j’ai publiée récemment pour le compte de l’Institut économique de Montréal, j’ai démontré que les cinq dernières centrales construites par Hydro-Québec ont toutes, sans exception, coûté plus cher que prévu et que le dépassement moyen se situe à 26% du budget original.Si on ajoute 26% au budget annoncé de 6,5 milliards $, on parle plutôt d’un investissement total de 8,2 milliards $.
On est donc justifié d’estimer à 5,3 millions $ par MW le coût probable d’aménagement de la Romaine.
C’est plus de deux fois le coût de 2,4 millions $ par MW encouru par Brookfield pour l’aménagement en cours ou l’achat de petites centrales au fil de l’eau.
Hydro-Québec reconnaît elle-même la justesse des coûts encourus par Brookfield puisqu’elle a accepté de verser 3,1 millions $ par MW pour l’intérêt d’AbitibiBowater dans la centrale McCormick située sur la rivière Manicouagan.
Hydro-Québec avait raison de payer un peu plus par MW dans ce cas puisque cette centrale a un facteur d’utilisation plus élevé que la moyenne.
Il est certain que le type d’aménagement proposé par Hydro-Québec sur la Romaine a une plus grande valeur qu’une centrale au fil de l’eau puisque ce type d’aménagement permet un meilleur appariement entre la production d’électricité et la demande des consommateurs. Mais l’écart entre le coût probable d’aménagement de la Romaine et les coûts encourus par Brookfield est considérable et difficilement justifiable.
Je propose donc que le gouvernement fasse comme il l’a fait pour les éoliennes et qu’il demande des propositions à des entreprises du secteur privé pour l’aménagement de la Romaine. On peut envisager des économies qui pourraient atteindre 3 à 4 milliards $.
Faut-il se surprendre d’un tel écart entre les investissements requis par Hydro-Québec pour cet aménagement et le coût probable du même aménagement par une entreprise qui aura dû préparer sa proposition en concurrence avec d’autres.
Hydro-Québec a tendance à surinvestir. Par exemple, elle propose de relier le complexe hydroélectrique à la route 138 par un chemin d’accès permanent asphalté, long d’environ 150 kilomètres.
On peut conclure que ce chemin d’accès sera de meilleure qualité que plusieurs routes secondaires au Québec. Est-ce vraiment la mission d’Hydro-Québec?
Tout ça parce qu’ils croient que les revenus d’un monopole d’État profitent à l’ensemble de la population. Pourtant, il n’y a rien de plus faux.
Les coûts élevés des services fournis par un monopole d’État servent surtout les groupes d’intérêts associés (politiciens et syndicats) et leurs fournisseurs. Au mieux, les contribuables et les consommateurs, paient les services qu’ils obtiennent trop chers. Au pire, ils obtiennent en prime des services médiocres.
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Rivière Romaine : gaspillage appréhendé de 3 à 4G$
Claude Garcia, Journal de Montréal, 6 avril 2009
Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement a donné le feu vert récemment à l’aménagement d’un complexe hydroélectrique d’envergure sur la rivière Romaine qui est située au nord de Havre Saint-Pierre.
Avec une puissance installée de 1 550 MW, ce complexe aurait une capacité annuelle de production de 8 milliards de kWh.
Hydro-Québec compte faire quatre aménagements hydroélectriques entre les kilomètres 53 et 192 de la rivière. Le promoteur souhaite commencer les travaux au milieu de 2009 pour échelonner la mise en service des centrales entre 2014 et 2020.
Il ne manque que le feu vert du gouvernement du Québec pour que les travaux d’aménagement puissent commencer.
Hydro-Québec évalue le coût de réalisation du projet à 6,5 milliards $. Ce montant n’inclut pas les coûts des lignes de transport, du suivi environnemental après la construction et des ententes avec le milieu.
Or, Hydro-Québec a la fâcheuse habitude de ne pas respecter les budgets initiaux de ses projets d’investissement.
Dans une étude que j’ai publiée récemment pour le compte de l’Institut économique de Montréal, j’ai démontré que les cinq dernières centrales construites par Hydro-Québec ont toutes, sans exception, coûté plus cher que prévu et que le dépassement moyen se situe à 26% du budget original.Si on ajoute 26% au budget annoncé de 6,5 milliards $, on parle plutôt d’un investissement total de 8,2 milliards $.
On est donc justifié d’estimer à 5,3 millions $ par MW le coût probable d’aménagement de la Romaine.
C’est plus de deux fois le coût de 2,4 millions $ par MW encouru par Brookfield pour l’aménagement en cours ou l’achat de petites centrales au fil de l’eau.
Hydro-Québec reconnaît elle-même la justesse des coûts encourus par Brookfield puisqu’elle a accepté de verser 3,1 millions $ par MW pour l’intérêt d’AbitibiBowater dans la centrale McCormick située sur la rivière Manicouagan.
Hydro-Québec avait raison de payer un peu plus par MW dans ce cas puisque cette centrale a un facteur d’utilisation plus élevé que la moyenne.
Il est certain que le type d’aménagement proposé par Hydro-Québec sur la Romaine a une plus grande valeur qu’une centrale au fil de l’eau puisque ce type d’aménagement permet un meilleur appariement entre la production d’électricité et la demande des consommateurs. Mais l’écart entre le coût probable d’aménagement de la Romaine et les coûts encourus par Brookfield est considérable et difficilement justifiable.
Je propose donc que le gouvernement fasse comme il l’a fait pour les éoliennes et qu’il demande des propositions à des entreprises du secteur privé pour l’aménagement de la Romaine. On peut envisager des économies qui pourraient atteindre 3 à 4 milliards $.
Faut-il se surprendre d’un tel écart entre les investissements requis par Hydro-Québec pour cet aménagement et le coût probable du même aménagement par une entreprise qui aura dû préparer sa proposition en concurrence avec d’autres.
Hydro-Québec a tendance à surinvestir. Par exemple, elle propose de relier le complexe hydroélectrique à la route 138 par un chemin d’accès permanent asphalté, long d’environ 150 kilomètres.
On peut conclure que ce chemin d’accès sera de meilleure qualité que plusieurs routes secondaires au Québec. Est-ce vraiment la mission d’Hydro-Québec?
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