Le Québec s'endette au rythme de 19 millions $ par jour.

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Vaut mieux en rire!

Valérie Plante avait mal lu. Montréal n’a pas un trou de 300 millions. Montréal a 300 millions de trous.--- Michel Beaudry

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17 novembre, 2017

La réflexion du jour

Deuxième peuple le plus imposé après les Danois ? Si nos services publics étaient aussi efficaces que ceux des pays scandinaves - contrairement à nous, ils n’ont pas peur du privé pourvu que l’État défraie la note - ça ferait moins mal de payer autant de taxes et d’impôts.--- Lise Ravary

16 novembre, 2017

La réflexion du jour

À quand une manifestation monstre des contribuables ? À quand une protestation si bruyante que les gaspilleurs auront peur pendant des lustres ? Franchement, apprendre que la correction du système de paye Phénix coûtera un milliard $ supplémentaire devrait suffire à provoquer une révolte.--- Mario Dumont

15 novembre, 2017

limathon : la preuve médiatique du réchauffement !


Les perles en matière de désinformation sur le réchauffement climatique !

Le jury pensait, bien sûr, désigner plus tôt le vainqueur de septembre 2017 de la propagande climatique. Il demande pardon aux lecteurs pour avoir à ce point aiguisé leur impatience, mais dispose toutefois d’une circonstance fortement atténuante : à quel irrépressible élan a-t-il fallu faire face !
Quelle fougue des compétiteurs, nouveaux comme anciens, a déferlé ce mois-ci, rendant le choix final tout simplement impossible !
Devant cet engagement collectif à nous faire prendre des vessies pour des lanternesécoconscientiser les citoyens face à la disruption climatique du prochain siècle qui viendra sous peu dont ont voit les prémisses qui a déjà un peu commencé dont la présence réelle ne peut plus être contestée par personne, ce n’est pas un, mais trois, cinq, dix vainqueurs qu’il eût fallu désigner !

SPECTACLE GRANDIOSE

Outrances, excès, raccourcis idiots… ne reculant devant rien, nos concurrents ont lâché leurs coups et assuré un spectacle des plus grandioses. Ce feu d’artifice de désinformation et de propagande aura été fortement aidé, certes, par le passage de l’ouragan Irma, dont Libération a sobrement annoncé qu’il pourrait bien avoir été « le plus puissant depuis toujours.«
Tel un cycle naturel installé dans son éternité, l’alarmisme du réchauffement a donc, dès cette première séquence, placé la compétition à son niveau d’excellence. La longueur inhabituelle du compte-rendu qui suit est la preuve de l’engouement considérable que suscite le Climathon chez les acteurs de la propagande que nous connaissons bien.
En dépit de toute considération scientifique pour le classement des ouragans, l’historique des ouragans dans les Antilles françaises (ou plus généralement l’Atlantique et le monde) et même la page 5 du Saint des Saints, Irma a donc été considéré comme l’ouragan le plus puissant depuis le Big Bang, et donc attribué au réchauffement changement dérèglement chaos pandémonium climatique d’origine anthropique. Certes, les scientifiques sont prudents mais tout le monde saitil n’y a pas de cyclone sans chaleur et la mer ne ment pas.

LE VAINQUEUR DU MOIS

Puisqu’il n’y a jamais eu de cyclone avant le réchauffement climatique, chaque nouvelle occurrence offre une preuve supplémentaire de la culpabilité humaine. L’occasion de briller pour nos concurrents, et à ce jeu-là c’est finalement au cours de l’émission « @rrêt sur images » du 14 septembre, intitulée « Cyclones et changement climatique » (mais dont l’URL propose un titre plus vendeur raccoleur conforme) qu’un concurrent a réalisé l’exploit d’entre les exploits et emporte ainsi la première victoire du climathon 2017-2018.
Bien lancé par la présentation apocalyptique de rigueur proposée par l’émission (ouragans, inondations, sécheresses, feux de forêts…), Stéphane Foucart, ci-devant journaliste au Journalderéférence, est donc le premier à inscrire son nom au palmarès de cette année.

CATASTROPHES NATURELLES ET RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Qualifiant non sans éloquence d’ «épouvantable » la question d’un lien de causalité entre les catastrophes naturelles et le réchauffement climatique, le bon soldat de l’alarmisme nous a expliqué toute la différence entre les niveaux de preuve journalistique et scientifique, confirmant une bonne fois pour toutes que les pages « Planète » de son journal ne sont pas là pour autre chose que de la pure propagande :
C’est une question que l’on peut poser à deux niveaux, au niveau scientifique, et là à l’évidence c’est très très difficile de démontrer une causalité, et d’un point de vue disons médiatique, évidemment c’est lié. (…) Ceci veut dire simplement que pour vous et moi, la notion de preuve, elle ne recouvre pas du tout la même chose que pour un scientifique.
Que les journalistes des rubriques « environnement » puissent en parfaite bonne conscience s’asseoir sur toute démarche méthodique et s’autoriser à raconter absolument n’importe quoi n’est certes pas une surprise.
Une admission franche de cet état des choses méritait toutefois d’être faite. « De la propagande ? Et alors ? » nous dit au fond notre vainqueur, qui a bien compris les limites de la science quand il s’agit de faire peur : la complexité et l’incertitude des objets conduisent trop souvent à l’humilité, à la prudence et aux hésitations (voire — horresco referens — au doute), alors qu’il s’agit de s’adresser au vulgum pecus de toute façon trop ignare pour saisir les subtilités d’une discussion.
La première mission du journaliste est donc de préserver le public candide des idées méphitiques « forgées dans le marigot d’internet » et d’asséner que « l’affaire est triviale » en évitant toute prudence malvenue.

LES ACCESSITS

Irma ? C’était « prévisible, prévu, écrit« , nous dit Pascal Canfin, ci-devant directeur du WWF France qui, lui, savait que l’ouragan allait venir. Beau numéro de divination rétrospective, d’autant qu’en digne astrologue du climat, il avait sûrement annoncé à l’avance tout un tas de catastrophes. Les voyants ne sont pas les seuls à connaître le truc.
La Reine des Neiges a fait parler d’elle en septembre, estimant à raison que ce n’est pas parce qu’un ouragan fait des morts qu’on n’aurait pas le droit d’en tirer une occasion de publicité. Un sien tweet publié au plus fort d’Irma profite donc de l’occasion pour faire la promotion d’un livre à elle, ce qui mérite un accessit :
TweetSego
On ne peut en revanche que déplorer la teneur des commentaires sur Twitter, qui en viennent presque à insinuer l’indécence d’un tel procédé. Comme si tenter sa chance au Climathon avait quelque chose de honteux ! Décidément, certains ne comprennent rien au climat.

LA PREUVE PAR LA CANICULE

Jean Jouzel, vieux routard expérimenté au palmarès enviable (champion d’hiver 2015,  et semaines 2 et 29 en 2015), nous offre plusieurs belles réalisations ce mois-ci, démontrant qu’il faudra compter sur lui dans la suite de la compétition — mais qui donc en doutait ?
La crinière encore roussie par les flammes de la canicule « Lucifer », le presque prix Nobel s’est lancé dans une grande chevauchée de prosélytisme à travers les provinces françaises, posant autant de jalons. Interviewé par Ouest France en préparation d’une intervention au CHU de Rennes, il frappe au cœur en rappelant que la canicule de 2003 avait fait 70 000 morts en Europe et 20 000 en France, preuve « qu’une augmentation de quelques degrés a des effets importants sur notre santé ».
Bien installé dans ses certitudes, il peut alors prophétiser « dans les années à venir » des températures de « 50°C en Bretagne et de 55°C dans le sud ». Décidé à surprendre, il change ensuite de tactique pour dérouler son talent dans un autre secteur.

L’ÉLITE CLIMATOLOGIQUE

À Clermont-Ferrand, pour La Montagne, il commence par minauder que non, on ne peut pasdéfinitivement attribuer les ouragans au réchauffement climatique, car entre « l’intuition et l’attribution formelle, il y a un pas difficile à franchir », et que même si «on pressent que d’autres phénomènes sont liés comme les inondations à répétition (…) formellement, on ne va pas au-delà de ce que l’on peut démontrer ».
Après ce numéro de slalom calculé, il s’en prend aux climatosceptiques (qui « ne sont pas des scientifiques impliqués dans les recherches climatiques. Ils viennent d’autres disciplines. »), puis saute à la gorge de ces adversaires honnis, sûr de sa supériorité et de celle de la crème de l’élite climatologique. S’ensuit ce développement théorique de haute volée :
Quand vous commencez à réfléchir sur le sujet, vous comprenez qu’il y a un lien avec l’activité humaine : quand on augmente le chauffage, il faut s’attendre à ce que la température augmente et qu’il y ait des conséquences. C’est aussi simple que cela….

VIVEMENT LE PROCHAIN RAPPORT DU GIEC !

À ce rythme, le Nobel ne devrait plus lui échapper longtemps. Prochaine étape de la démonstration : expliquer pourquoi, quand on met la clim’, ben ça chauffe quand même à cause du gaz satanique. C’est dire comme on attend avec impatience le prochain rapport du GIEC.
Autre multi-lauréat du Climathon en 2015 (semaines 711283041 et 46), Nicolas Hulot a également pris date pour la suite de la compétition. Auréolé de son nouveau statut de Ministre du Catastrophisme climatique, il nous a gratifié de plusieurs envolées lyriques qui mériteraient chacune un accessit. Ainsi, il en est désormais à se demander si les Antilles resteront habitables : à présent que ce phénomène jamais vu appelé « ouragans » a décidé de s’y déchaîner, il faut reconnaître que « la question se pose »
Notre Commandeur des Croyants adopte désormais des tournures de phrase dignes de l’ancien président, telles que le redoublement du sujet : « il faut se concentrer sur l’adaptation parce que le phénomène, il est parti ».

LE PIRE EST DEVANT NOUS

Oubliant que c’est maintenant lui qui est à la manœuvre, et donc comptable de l’action publique, il rassure nos compatriotes sur ses capacités en assénant une certitude : « le pire est devant nous ». Il nous remet sa petite couche millénariste et assène sa vieille antienne : il y a probablement plus de réfugiés climatiques aujourd’hui que des déplacés dus à des conflits.
Qu’on se le dise : c’est certainement le cas des Rohingya qui ont fui les persécutions en Birmanie par centaines de milliers, du Soudan du Sud où les combats touchent la région d’Equatoria qui est le « grenier à blé » du pays, ce qui présage de futures famines (inéluctablement les conséquences de la chute des rendements agricoles due au réchauffement climatique), de la Centrafrique où la situation se détériore, du Congo où 1,4 million de personnes ont été déplacées…
Prêt à surfer sur toutes les catastrophes, notre bien aimé ministre démontre qu’il ne s’est pas contenté d’adopter les tournures grammaticales de son ancien mentor : la politique lui a aussi enseigné le cynisme. Pour notre plus grand plaisir.

EMISSIONS DE GAZ SATANIQUE

Jacques Attalidans son article de blog (repris par L’Express le 13 septembre), doit être salué pour sa capacité à sortir des sentiers battus. En sus de la dénonciation réglementaire de nos émissions de gaz satanique, l’ancien conseiller de François Mitterrand a en effet découvert rien moins que deux causes nouvelles et insoupçonnées aux ouragans qui frappent les régions tropicales : les sacs plastiques et la surpêche.
(…) il faut, dans un premier temps, prendre conscience des problèmes que ces ouragans révèlent. D’abord, évidemment, de leur cause profonde : le réchauffement des océans, provoqué par des émissions excessives de CO2 sur toute la planète, par des déchets plastique non éliminés et aussi, il ne faut pas l’oublier, par une pêche excessive. (…)
[Il faut, ] enfin, agir sérieusement sur les causes profondes des ouragans : en réduisant massivement les émissions de CO2, en utilisant le moins possible de gaz, de pétrole, de méthane. En supprimant l’usage des emballages en plastique, en imposant le nettoyage de ceux qui asphyxient les océans, et en pratiquant une pêche responsable.
Le jury du Climathon, qui confesse un certain goût pour les propos reliant tout à n’importe quoi, porte un regard tout particulièrement attendri sur ces propos. Souhaitons que l’association délirante entre ouragans et sacs plastiques, bien en ligne avec l’esprit antiscientifique qui anime souvent le carbocentrisme militant, se révèle à terme un nouvel horizon intellectuel pour expliquer les causes de la terrible catastrophe climatique en cours.

FRANCE INTER ÉCLAIRE LE MONDE

Le doute, la remise en question et l’analyse objective des faits ne faisant pas partie du travail d’un éditorialiste, ontologiquement détenteur du Savoir et de la Capacité de Décryptage des choses de ce monde, Thomas Legrand n’y est pas allé de main morte dans son édito politique du 8 septembre sur France Inter :
Les Dumont, Lalonde, Waechter, Voynet, Mamère, Joly, Jadot ont été d’exécrables candidats à la présidentielle, leurs partis de ridicules appareils politicards, mais sur ce qui arrivait à la planète, sur ce que notre mode de vie lui faisait subir… ils avaient raison !
Remarquons d’abord que puisqu’il en est à citer un candidat virtuel (Jadot) à l’élection présidentielle, Thomas Legrand aurait pu se souvenir d’Alain Lipietz, ce qui aurait sûrement arraché un sourire à l’auditeur.
L’éditorialiste de France Inter se détermine donc sur le seul fait de l’ouragan Irma et en fait le titre de sa chronique : « Les écologistes avaient raison ». Bien entendu, il révèle aussitôt le coupable de tous les cataclysmes : notre mode de vie.
Passons sur ce que recouvre exactement celui-ci, et sur le périmètre exact de l’adjectif « notre », pour nous concentrer sur le prêche : « avec les dévastations d’Irma, nous avons un exemple concret de ce que le système économique planétaire vorace et désinvolte peut donner ».

LE COMMANDEUR DES CROYANTS

Évidemment, c’est l’moment c’est l’instant de rendre hommage aux Actions de Grâce du Commandeur des Croyants : avec l’annonce de l’arrêt des recherches puis des exploitations d’hydrocarbures sur le Saint-Territoire de la Fille aînée de l’Église de Climatologie, « Nicolas Hulot adopte la méthode de la désintoxication. » La suite est belle comme un Pater Noster :
Il y a dans les sous-sols de la planète de quoi lui faire prendre 10 degrés. Il faudra donc un jour ne plus exploiter, ne plus prospecter. Bien sûr, il y a quelque chose d’hypocrite à ne plus rechercher des hydrocarbures chez nous tout en continuant à en importer. Mais comment parler au monde de la nécessité de décarboner si nous prospectons nos sous-sols pour y trouver notre drogue ?
Ah, la France Éternelle qui élève le monde vers Son Salut, telle la Liberté guidant le Peuple
Et puis quand même aussi, que serait un beau discours moral sans un tacle fielleux en passant ? « Le zadiste moyen de NDDL, aussi extrémiste soit-il, est plus raisonnable que n’importe quel climatosceptique qui siège encore à l’Assemblée ». Car c’est bien connu, les climatosceptiques notoires pullulent dans la Représentation Nationale et leur seule tâche consiste à y diffuser leurs idées climatiquement meurtrières.
En passant, s’il est si bien renseigné, Thomas Legrand doit sans tarder donner les noms des agents de cette cinquième colonne à Corinne Lepage, autre candidate virtuelle à l’élection présidentielle, et brillante vainqueur de la semaine 45 du Climathon 2015 pour sa proposition de créer un fichier des déviants climatiques (ce qu’elle a encore rappelé récemment).

BLÂME, EXCOMMUNICATION

Restons sur France Inter pour passer à un sujet plus grave. Dès le premier mois de sa reprise, le jury du Climathon a dû statuer pour prendre une sanction contre Mathieu Vidard, animateur de l’émission scientifique « La Tête au Carré ».
Le jury avait déjà repéré le faible appétit de ce présentateur pour le Sujet du Millénaire : depuis janvier 2017, sur 117 émissions thématiques, une seule a été consacrée à La Cause Climatique, et encore de façon indirecte (au travers des énergies du futur).
Nous avions déjà noté des titres à la limite de l’inadmissible tels que « La manipulation à l’usage des honnêtes gens » et même, le pire : « Santé : n’ayons pas peur du futur ». Mais l’irréparable a été commis le 14 septembre dans un édito matinal au cours duquel Monsieur Vidard a remis en cause une remarquable étude de la « prestigieuse revue PNAS » annonçant la fin de la production de café en Amérique Latine à cause de la Grande Torréfaction Climatique de plus de deux degrés qui va griller les abeilles (une Calamité à ajouter à la liste de Brignell).

UN SCIENTIFIQUE FÉLON

Cette étude a légitimement été reprise urbi et orbi comme il se devait, et voilà qu’un obscur chroniqueur radiophonique, associé à un scientifique félon, se permet de nier ses prédictions, osant affirmer que cette étude est « tout simplement fausse », concluant même de façon ahurissante :
Cette étude reprise dans le monde entier est très intéressante car elle est symptomatique d’une situation qui pousse parfois des chercheurs à publier des résultats aux titres racoleurs. Le but étant de susciter l’attention des médias pour s’assurer des reprises dans la presse et bénéficier de financements garantissant la poursuite de leurs travaux.
Le Jury du Climathon attribue donc un Blâme à Monsieur Mathieu Vidard, assorti d’un Rappel aux Devoirs de sa fonction. En outre, il prononce une excommunication climatique pour complicité de contre-révolution scientifique à l’encontre du scientifique félon, Monsieur Benoît Bertrand, chercheur au Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement de Montpellier.
Les âmes égarées tentées de collaborer avec l’ennemi climatonégationniste doivent savoir que le jury du Climathon veille, et ne montrera aucune faiblesse en ces temps si incertains.

La réflexion du jour

Il y a en a des milliers de ces organismes dits «communautaires» qui ne rendent de compte à personne. Pour défendre les nains, les chômeurs du centre-sud, ceux du centre-nord, les gays africains, les femmes, les retraités, les amateurs de motoneige et, bien sûr, les «communautés culturelles».--- Michel Hébert

14 novembre, 2017

La réflexion du jour

Ce système (ndlr Phénix, système de paye des fonctionnaires fédéraux), mis en place en février 2016 sous les conservateurs, était censé nous faire économiser 70 millions de dollars par année. Non seulement ne nous fait-il pas économiser le moindre sou, mais cette année, on devra débourser 93 millions de dollars pour réparer les problèmes qu’il cause ! Il faudra qu’on m’explique pourquoi nos gouvernements éprouvent autant de problèmes avec les systèmes informatiques.--- Richard Martineau

11 novembre, 2017

La réflexion du jour

Tout est lié, inéluctablement, surtout en matière fiscale. Ce proverbe est criant de vérité : plantez des fonctionnaires, vous récolterez des impôts! Ici, le favoritisme institutionnel est rebaptisé «partage de la richesse». Les services sont des prétextes à l’embauche et assurent l’emprise des syndicats sur l’État.--- Michel Hébert

10 novembre, 2017

La réflexion du jour

Le vrai scandale, c’est l’incapacité de la classe politique de comprendre à quel point la population est écœurée de ce qu’elle appelle les « magouilles », les « passe-droits », les « privilèges », la « crosse » au sein l’appareil gouvernemental.--- Lise Ravary

09 novembre, 2017

La réflexion du jour

Les contribuables moins fortunés peuvent être parfois désavantagés par rapport aux plus riches quand un aspect du régime fiscal est un peu mal fichu ou désuet, même si ces derniers paient en général beaucoup plus d’impôt. C’est entre autres le cas avec l’impôt sur le gain en capital, un impôt dommageable et régressif.--- Patrick Déry

08 novembre, 2017

Les trahisons de la gauche « révolutionnaire »

Sitôt qu’un leader ou mouvement politique s’empare du pouvoir en se réclament du peuple, les membres de la gauche radicale, autoproclamés révolutionnaires, prennent fait et cause en sa faveur. Jusqu’à soutenir les pires dictatures.

Pour définir son positionnement politique et rallier le soutien populaire, la gauche radicale a toujours prétendu défendre et représenter les laissés-pour-compte de la planète – englobés dans des catégories telles que le prolétariat, le tiers-monde, le peuple et plus récemment, par la grâce d’un certain Mélenchon, les sans-cravates.
Au nom de cet objectif on ne peut plus grandiose, elle est toujours prête à pourfendre le grand capital, le monde de la finance, les oligarchies et bien entendu l’impérialisme.

LA CAUSE DE LA GAUCHE RADICALE

Sitôt qu’un leader ou mouvement politique s’empare du pouvoir brandissant cet argumentaire en tant que lettre de créance, les membres de la gauche radicale, autoproclamés révolutionnaires, prennent fait et cause en sa faveur.
Tel a été le cas depuis la révolution bolchévique. Ce fut ainsi que des intellectuels de la stature du Chilien Pablo Neruda et des Français, comme Paul Éluard et Louis Aragon, pour n’en citer que quelques-uns, n’eurent pas de limites dans leurs louanges au père des peuples, comme pour un temps, dans son emballement, la gauche radicale appelait Staline. Alors que Neruda et Éluard écrivirent des odes à la gloire de Staline, Aragon alla plus loin encore et présenta une vibrante défense du goulag.

SOUTENIR STALINE MALGRÉ TOUT

Ces intellectuels révolutionnaires, et plus généralement une bonne partie des membres de la gauche radicale, n’eurent que faire du grand nombre de communistes victimes des purges staliniennes, et moins encore du caractère totalitaire du socialisme soviétique – pourtant mis à nu, déjà à leur époque, entre autres par André Gide et Panaït Istrati. La raison ? Puisque Staline construisait le socialisme libérateur, il fallait soutenir Staline.
Ensuite, lors des rivalités idéologiques (et en somme géopolitiques) entre l’Union Soviétique et la Chine de Mao Tse-Tung, les révolutionnaires eurent l’occasion de choisir entre deux régimes tyranniques. Peu leur importa le fait que, au lieu de répondre à l’idéal de progrès économique et social que la gauche radicale prétend incarner, ces régimes n’engendraient que misère, famine, oppression et une brutale chasse d’anciens camarades, qualifiés selon le contexte de renégats, révisionnistes ou contrerévolutionnaires.

SOUTENIR LES TYRANS PAR ANTICOLONIALISME

L’empathie de la gauche radicale pour le leader vainqueur (c’est-à-dire celui ayant réussi à prendre le pouvoir) fut à l’œuvre également lors de la décolonisation. Mengistu, Amin Dada, Kadhafi, Hafez el-Assad et autres porte-drapeaux du tiers-mondisme pouvaient agir à leur guise, massacrer des opposants, violer des femmes sans défense, torturer d’anciens combattants anticolonialistes, pendant que la gauche radicale continuait, impassible, à les couvrir d’éloges comme si de rien n’était. La raison ? Puisque ces tyrans construisaient un tiers-monde libéré d’ingérences colonialistes et néocolonialistes, il fallait soutenir ces tyrans.
L’adhésion de la gauche radicale au révolutionnaire au pouvoir, aux dépens d’anciens camarades victimes de la répression, n’a pas manqué, tant s’en faut, à l’égard de Fidel Castro.
Ainsi, lorsque le guérillero Huber Matos – figure clé dans le triomphe de la révolution cubaine contre la dictature de droite de Fulgencio Batista – fut condamné par Fidel Castro à une peine de 20 ans de prison pour avoir mis en question le tournant dictatorial de cette révolution (peine qu’il purgea au jour près), la gauche radicale prit parti pour Castro, à l’instar de ce que la plupart des membres de cette gauche avait fait pour Staline lors des purges contre d’anciens combattants communistes.
Et Huber Matos n’est que le cas le plus symbolique, parmi bien d’autres, d’anciens combattants ayant connu les cachots, voire les pelotons d’exécution, du régime castriste et envers lesquels la gauche radicale n’a jamais montré une quelconque solidarité.

FIDEL CASTRO ET JORGE RAFAEL VIDELA

Plus tard, en 2014, la presse rendit publics des documents déclassifiés qui dévoilaient une connivence certaine de Fidel Castro avec le dictateur argentin Jorge Rafael Videla.
Cette connivence donnait lieu à un échange de faveurs diplomatiques régulier entre les deux régimes, et ce dans le but d’empêcher des condamnations fâcheuses contre l’un ou l’autre, de par leurs violations de droits humains, dans les enceintes internationales. Tout cela avait lieu pendant que Videla ordonnait ou permettait l’assassinat de pro-castristes en Argentine dans le cadre de l’Opération Condor.
Les castristes assassinés en République dominicaine pendant les 12 années du gouvernement de Joaquin Balaguer (1966-1978) ne trouvèrent pas, eux non plus, grâce aux yeux de Fidel Castro. Lors d’un voyage à Saint-Domingue réalisé en 1998, le Lider Maximo rendit visite à l’ex-président dominicain, visite durant laquelle les deux hommes politiques échangèrent des louanges comme si de rien n’était. Au diable, donc, les castristes tués sous le gouvernement de Balaguer.

SOUTENIR CASTRO MALGRÉ SA TRAHISON

Face à pareille attitude, comment la gauche révolutionnaire a-t-elle réagi ? Très simple, cher lecteur : elle a continué à condamner l’Opération Condor ainsi que les 12 années de Balaguer, mais n’a jamais formulé publiquement ne fût-ce qu’un soupçon de reproche à son mentor cubain. La raison ? Puisque Fidel Castro aura été le pionnier du socialisme en Amérique latine, il fallait soutenir Castro.
La même indifférence de la gauche radicale envers des camarades de lutte devenus victimes de la répression et de l’intolérance de régimes progressistes est à l’œuvre aujourd’hui dans le cadre de la révolution bolivarienne initiée par Hugo Chavez sous l’inspiration et l’influence du régime castriste.
On la voit, cette indifférence, au Nicaragua. En effet, alors que l’actuel président Daniel Ortega harcèle juridiquement et politiquement son ancien camarade de lutte Ernesto Cardenal (prêtre et ancien guérillero sandiniste qui se distingua plus qu’Ortega dans la lutte contre la dictature de droite du clan Somoza), la gauche radicale, à quelques exceptions près, fait fi de la persécution menée par Ortega contre Ernesto Cardenal, qui déclara tout récemment : « Nous vivons en dictature et je suis un persécuté politique ». La raison ? Puisque Daniel Ortega incarne la révolution castrochaviste au Nicaragua, il faut soutenir Ortega.

LE BOUFFON MADURO

Au Venezuela, alors que la procureure générale Luisa Ortega Diaz – chaviste de la première heure et nommée à ce poste par Chavez lui-même – se bat avec courage, au point de devoir s’exiler, contre ce qu’elle appelle le terrorisme d’État en place dans son pays, la docile gauche radicale latino-américaine (de même que, par des subterfuges interposés, celle de Podemos en Espagne et des Insoumis de Mélenchon) penche en faveur du bouffon dictateur, Nicolas Maduro, qui y tient les rênes du pouvoir.
Et pendant que même le théoricien du « socialisme du 21e siècle » Heinz Dieterich, ami personnel de Chavez, dénonce le fiasco de la révolution bolivarienne, les membres de la gauche radicale invoquent des raisons invraisemblables (comme l’existence d’une hypothétique « guerre économique de la droite fasciste », ou des « ingérences de l’Empire ») pour essayer de nier l’indiscutable et écrasante responsabilité du régime castrochaviste dans la débâcle économique et la répression politique qui s’abattent aujourd’hui sur le Venezuela.
La raison ? Puisque Nicolas Maduro est le nouveau grand timonier du « socialisme du 21e siècle » cher à Chavez, il faut soutenir Maduro.

SOUTENIR LA CHINE CONTRE LE VIETNAM

D’autre part, il est superflu de rappeler les prises de position passionnées des révolutionnaires des années 60 et 70 du siècle passé en faveur du « droit à l’autodétermination du peuple vietnamien » dans sa lutte face à « l’impérialisme américain ». Et pourtant, les révolutionnaires d’aujourd’hui ne montrent aucune solidarité envers ce même Vietnam qui maintenant subit et s’oppose aux visées hégémoniques de la Chine sur la mer de Chine méridionale. La raison ? Puisque la Chine est le grand rival économique et géopolitique de l’empire (lisez : les États-Unis), il faut soutenir la Chine.
Dans la Trahison des clercs, Julien Benda dénonçait que « l’écrasement du faible par le fort rencontrait alors, sinon l’approbation, du moins l’indulgence ». Cette phrase vieille de 90 ans décrit mieux que toute autre les trahisons de la gauche radicale à ses principes et à d’anciens compagnons de lutte du fait de son soutien complice à des régimes oppresseurs au détriment de tout esprit critique et de toute trace de sensibilité humaine.