Le Québec s'endette au rythme de 19 millions $ par jour.

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Vaut mieux en rire!

« Les déficits d’aujourd’hui sont les impôts de demain. »--- Michel Beaudry

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20 juillet, 2017

La réflexion du jour

Plus de neuf Canadiens sur dix sont en faveur de permettre l’achat d’alcool dans une province et son transport d’une province à l’autre.--- JdM

19 juillet, 2017

L’environnementalisme : le nouveau marxisme

Un ouvrage court qui est une synthèse sur l’électricité renouvelable en Europe.


Je recommande vivement la lecture d’un tout petit (80 pages) ouvrage de synthèse sur l’électricité européenne qui vient de paraître, L’Utopie du tout renouvelable, par Jean-Pierre Schaeken (Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2017).
Après la sortie américaine de l’Accord de Paris, il se confirme que l’Europe s’engagera, seule, dans la voie d’une électricité tout intégralement générée par de l’énergie renouvelable (soleil, vent).

LES CONDITIONS DE PRODUCTION, D’ACHEMINEMENT ET DE STOCKAGE DU « RENOUVELABLE »

Schaeken traite la question de manière purement technique et terre-à-terre. Il commence par examiner les conditions de réalisation d’un système électrique « bas carbone ». La production de l’éolien et du photovoltaïque suppose de couvrir nos mers et nos champs d’éoliennes, nos toits et nos territoires de panneaux photovoltaïques, ce qui requiert des sommes inouïes qui seront et sont déjà financées par le contribuable.
L’adaptation de nos réseaux de distribution au caractère intermittent de l’électricité renouvelable suppose également des sommes colossales — 1500 milliards d’euros d’ici 2050… pour le seul transport de l’électricité ! « Ce n’est pas grave, c’est l’État qui paie. »
Schaeken montre enfin que les techniques de stockage — sans lesquelles l’électricité renouvelable n’est pas apte à assurer un minimum de sécurité d’approvisionnement, exclure les black-out, etc. — n’existent à l’heure actuelle tout simplement pas, et que rien ne permet de prédire qu’elles existeront un jour sous une forme qui ne soit pas grossièrement onéreuse.

UN RENOUVELABLE QUI SE PAYE CHER

Dans une deuxième partie, Schaeken examine l’impact d’une politique bas carbone sur le système électrique européen. Il montre que la sécurité d’approvisionnement est déjà compromise par le mixte électrique actuel, et que, par les motifs exposés dans la première partie, cette sécurité sera de plus en plus précaire.
Quant à la compétitivité, l’équation est simple : les entreprises européennes payent leur électricité de plus en plus cher, tandis que leurs concurrents mondiaux, y compris américains, ont accès à une électricité qui l’est de moins en moins.

UN RENOUVELABLE QUI TUE DES EMPLOIS

L’idée que le développement de l’électricité verte favorisera l’emploi et la croissance est une plaisanterie : chaque emploi vert naît de la subvention de l’État, pour un montant qu’il aurait été plus efficace économiquement de laisser dans l’économie marchande. On estime qu’un emploi vert tue deux emplois sains.
Quand, par ailleurs, la conséquence de l’opération est de renchérir — et dans quelles proportions ! — le prix de l’électricité de toutes les entreprises et professions marchandes sans aucune exception, on mesure aisément que l’opération relève d’une forme de sabotage à grande échelle. Tout cela au nom de la « science » d’un organisme, le GIEC, dont il a été démontré qu’il n’a rien de scientifique et qu’il est intégralement politique.
En résumé, l’Europe a déjà dépensé des sommes folles pour l’utopie du tout renouvelable, elle s’apprête à en dépenser bien davantage encore, tout cela avec une influence marginale sur les émissions de CO2, et nulle sur la température moyenne du globe.
L’environnementalisme est le marxisme de notre temps.
Jean-Pierre Schaeken, L’Utopie du tout renouvelable, Académie royale de Belgique, mai 2017.

La réflexion du jour

Comme quoi l’augmentation des libertés économiques constitue le meilleur véhicule de réduction des inégalités.--- Vincent Geloso

18 juillet, 2017

La réflexion du jour

Il veut obliger les nouveaux prestataires de l’aide sociale, ceux qui s’y inscrivent pour la première fois, à suivre un programme de réinsertion dans le marché du travail, à retourner aux études ou à accepter un suivi social, par exemple dans un cas de toxicomanie.--- Joseph Facal

17 juillet, 2017

La réflexion du jour

Le socialisme (et non pas la social-démocratie), l’étape précédant le communisme selon Marx, confond « égalité des chances » et l’égalitarisme qui impose une redistribution radicale de la richesse, indépendamment de l’effort individuel. --- Lise Ravary

15 juillet, 2017

La réflexion du jour

Ce n’est pas un hasard si les systèmes de santé qui fonctionnent mieux que le nôtre, comme celui de la Suède, sont généralement plus décentralisés et concurrentiels. Cette décentralisation permet aux acteurs qui sont sur le terrain et qui voient les besoins, ainsi que la disponibilité des ressources, de prendre de meilleures décisions. --- Germain Belzile

14 juillet, 2017

La réflexion du jour

C’est illégal de vendre de la drogue. Mais si tu te fais pincer, tu dois payer ta part de TPS et de TVQ à l’État ! Comme si tu gagnais ta vie de façon honnête, et que tu vendais des bonbons au lieu de la coke ! Soudainement, quand vient le temps de garnir les coffres de l’État, on se fout de savoir si tes activités professionnelles étaient légales ou pas !--- Richard Martineau

13 juillet, 2017

La réflexion du jour

Il va sans dire qu’en situation de concurrence avec des cavistes et autres fournisseurs d’alcool, la SAQ perdrait ces jours-ci des clients au profit de ces derniers. Mais en ce moment, avec le monopole conféré à la SAQ par la Régie des alcools, les restaurateurs et les clients sont captifs et doivent endurer les ratés. Voilà une raison de plus pour ouvrir le marché à la concurrence, comme nous l’avons déjà d’ailleurs proposé. --- Pascale Déry

12 juillet, 2017

Gordon Tullock, ou l'économie appliquée à la politique

Gordon Tullock n’a peut-être pas gagné de prix Nobel comme son proche collaborateur James Buchanan, mais son apport n’en est pas moins impressionnant.

Par Jasmin Guénette.
Gordon Tullock n’a peut-être pas gagné de Prix Nobel, mais pour quelqu’un qui n’a suivi qu’un seul cours d’économie durant sa formation, son apport surprenant à la discipline le hisse au rang des plus grands économistes. En effet, le renommé professeur a consacré la majeure partie de sa carrière à l’avancement de la science économique, plus particulièrement à l’application de la théorie économique à des domaines hors marché afin d’expliquer certains comportements humains.
Tullock a obtenu un Juris Doctor de l’Université de Chicago en 1947 avant de pratiquer le droit brièvement, pour ensuite se joindre au Département d’État américain. Après une première affectation en Chine, il a étudié la langue et la culture à Yale et à Cornell avant d’être envoyé à Hong Kong et en Corée. Tullock a quitté le Département d’État en 1956 pour se consacrer à ce qui le passionnait vraiment : la recherche et l’enseignement.
Il enseigna d’abord au département d’études internationales de l’Université de Caroline du Sud, où il publia une première version de The Politics of Bureaucracy. Ce sont ses premiers travaux sur les importants problèmes de communications au sein des grandes bureaucraties centralisées qui amenèrent Tullock à collaborer avec James M. Buchanan. Les deux partageaient le même intérêt pour l’utilisation de la théorie économique afin d’expliquer des phénomènes politiques et sociaux.
Les deux professeurs publièrent ensemble The Calculus of Consent: Logical Foundations of Constitutional Democracy en 1962, l’ouvrage séminal d’un nouveau courant de pensée : l’école des choix publics. Dans ce livre, Tullock et Buchanan appliquent l’analyse économique à la prise de décision des agents du secteur public afin de démontrer qu’ils ne sont pas des anges dépourvus d’intérêts personnels.
À l’époque, on voyait l’État comme un tout, bienveillant, qui agit seulement dans l’intérêt du bien public. Les deux collaborateurs rejetaient cette conception de l’État, affirmant que les fondements du comportement humain ne changent pas lors de l’ascension au pouvoir politique. Buchanan recevra d’ailleurs le Nobel d’économie en 1986 pour sa contribution à l’École des choix publics, honneur auquel Tullock n’a pas eu droit.
La théorie du choix public, qui cherche à appliquer la théorie économique à des domaines et des phénomènes hors marché, est à la base des travaux de Tullock.
En effet, l’auteur et professeur a apporté une contribution imposante à l’économie politique en général. Il est d’ailleurs l’auteur des premiers travaux sur la théorie de la recherche de rente. Son article The Welfare Costs of Tarriffs, Monopolies, and Theft (1967) introduit ce qu’on appelle aujourd’hui le « trapèze de Tullock ». Reprenant l’idée d’Arnold Harberger sur la perte sociale sèche entraînée par la présence d’un monopole dans un secteur, Tullock a montré que l’entreprise monopolistique gaspillait également des ressources afin d’obtenir des protections légales et réglementaires, dépenses qui n’entraînent aucun gain de productivité.
À partir de ses travaux sur la recherche de rente, Gordon Tullock a remarqué un important paradoxe. Il le décrit comme étant le coût relativement bas des activités de lobbying comparativement aux gains astronomiques qu’elles entraînent. Selon lui, le fait que les politiciens aient besoin de financement pour leurs activités partisanes et leur réélection engendre une possibilité pour leurs financiers de demander un retour sur leur investissement sous la forme de mesures favorables à leur entreprise.
Outre l’économie politique, Tullock s’intéressait également au comportement électoral. En effet, il expliquait que les motivations des individus à voter ne peuvent pas être que purement rationnelles. Selon lui, les citoyens sont conscients que les chances que leur vote ait un impact quelconque sur le résultat d’une élection sont infiniment petites.
Pour cette raison, il avançait que les motivations devaient être plus morales que rationnelles et que les individus ne devenaient pas automatiquement informés ou intéressés simplement parce qu’ils allaient voter.
Finalement, Tullock a apporté une contribution importante à la redéfinition de l’étude de la loi, alors largement comprise du seul point de vue de la philosophie morale, comme étant un domaine qui pouvait être étudié à l’aide de la théorie économique. Son livre The Logic of the Law demeure à ce jour un incontournable.
Encore aujourd’hui, les théories mises à l’avant par Gordon Tullock peuvent servir à comprendre et expliquer des phénomènes observables. C’est le cas notamment de la recherche de rente dans certains secteurs de l’économie canadienne, comme dans le domaine de l’agriculture, où le système de gestion de l’offre protège les producteurs de lait, d’œufs et de volaille.
En définitive, il est difficile de qualifier le legs scientifique qu’aura laissé le professeur de droit et d’économie. Un auteur autodidacte et prolifique, il a écrit plus de 150 articles et publié ou co-publié près de 40 livres durant une carrière universitaire de plus de 50 ans. Il n’aura peut-être pas gagné de prix Nobel comme son proche collaborateur James Buchanan, mais son apport n’en est pas moins impressionnant.

11 juillet, 2017

La réflexion du jour

Justin Trudeau, qui semble avoir pour but de nous enterrer vivants sous les dettes, dépense comme si la fin du monde était prévue dans 25 ans. Rappelons qu’il « promet » plus de 100 milliards de déficits sur les cinq prochaines années.--- David Descôteaux

La réflexion du jour

Incroyable ! Au cours des 12 derniers mois, selon Statistique Canada, le Québec a créé 61 200 emplois dans le secteur public, lequel secteur regroupe tous les employés travaillant pour les gouvernements de Québec et d’Ottawa, les municipalités, les sociétés d’État et les établissements financés par l’État, tels que les écoles, les universités, les hôpitaux.--- Michel Girard

10 juillet, 2017

La réflexion du jour

La seule révolution dont le Québec a besoin pour l’avenir est celle de l’éducation. Tout le reste est secondaire.--- Denise Bombardier

08 juillet, 2017

La réflexion du jour

La fonction publique québécoise est coûteuse et en expansion constante. La province gagnerait à mettre en place des réformes semblables à celles entreprises par l’Australie. Les avantages de la compétition sur la stagnation, d’une part, et de la reconnaissance du mérite sur celle de l’ancienneté, d’autre part, ne sont plus à défendre.--- Jasmin Guénette

07 juillet, 2017

La réflexion du jour

Tout le monde veut aider les petits travailleurs. Mais une meilleure solution serait d’augmenter l’exemption personnelle de base pour ces travailleurs. En haussant la tranche de salaire sur laquelle un travailleur ne paie pas d’impôt, les travailleurs à faible revenu en auraient encore plus dans leurs poches. Et les employeurs, eux, n’auraient pas à réduire les heures de travail des employés.--- David Descôteaux

06 juillet, 2017

La réflexion du jour

Au gouvernement québécois, avec un poste permanent, tu es intouchable. Même avec le rendement d’une plante verte, personne ne peut t’atteindre.---Claudie Audet

05 juillet, 2017

L’État-actionnaire : l’incompétence en matière de gestion d’entreprise (2)

(NDLR Ce qui est vrai pour la France, l'est tout autant pour le Québec.)
L'exemple de la Poste montre à quel point la gestion d'une entreprise par l'État peut être calamiteuse.
Par Étienne Henri.
L’immobilisme de l’État actionnaire est nuisible aux entreprises comme en témoignent les tristes péripéties de La Poste et Bpifrance.
Nous avons vu que l’État-actionnaire est souvent contraint de laisser la priorité à l’État-stratège dans la gouvernance de ses entreprises.

L’IMMOBILISME, POISON DE L’ÉTAT-ACTIONNAIRE

Aujourd’hui, nous nous intéressons à l’immobilisme, un poison qui tue à petit feu. Même si, dans ce cas, l’État ne détruit pas immédiatement la rentabilité des entreprises administrées, il diminue leur capacité d’adaptation.
Dans un monde où les progrès technologiques sont de plus en plus rapides, où la concurrence est devenue mondiale et les cycles croissance/récession sont de plus en plus courts, les entreprises doivent pouvoir réagir rapidement aux changements d’environnement et être capables de revoir leur business model.

L’EXEMPLE DE LA POSTE

L’immobilisme de l’Etat-actionnaire s’est particulièrement illustré dans le cas de La Poste. La Société Anonyme est détenue aux trois-quarts par l’État, et au quart par la Caisse des Dépôts et Consignations.
Avec l’essor des communications électroniques, elle est soumise à une baisse continue du volume de courrier. Sa réponse stratégique ? Une hausse continue du prix du timbre postal. Vous avez pu le constater : un envoi en lettre prioritaire est passé de 0,58€ en 2010 à 0,85€ cette année. Cela représente une hausse de 46% en moins de sept ans tandis que l’inflation était à sur un plancher historique.
Connaissez-vous beaucoup d’entreprises privées qui, face à une érosion de leur marché, font exploser leur prix à la hausse ?
La conséquence immédiate est que particuliers comme entreprises réduisent autant que possible leurs envois postaux.

UNE STRATÉGIE DOUTEUSE ET D’UN AUTRE ÂGE

Sans faire d’hypothèses hasardeuses sur le pourquoi du choix de cette stratégie, nous pouvons toutefois déplorer que la direction ait opté pour un cercle vicieux.
Si l’objectif n’est pas de fournir le meilleur service au meilleur prix, pourquoi ne pas simplement fixer le prix du timbre à 20€, voire 50€ ? Le groupe La Poste redeviendrait immédiatement rentable même avec un effondrement du trafic postal.
La Poste est également très peu compétitive sur l’envoi des petits colis, une activité en plein essor avec la démocratisation du e-commerce. Les achats en ligne sont en croissance continue ; le groupe aurait pu être un acteur de référence en mettant à profit son réseau de bureaux de Poste, sa flotte de véhicules et ses employés.
Au lieu de jouer sur ces atouts historiques, La Poste a multiplié les fermetures de guichets, réduit les horaires d’ouverture et a conservé une grille tarifaire d’un autre âge.
Moralité, ce sont les acteurs privés du transport qui se sont engouffrés dans la brèche de l’e-commerce en proposant des services moins chers et en transformant les magasins de quartiers en points de retrait ouverts soirs et week-end.
Voilà comment un fleuron national se retrouve has-been à force de ne pas évoluer.

BPI FRANCE OU LE SYMBOLE DES MAUVAISES HABITUDES

Ce tour d’horizon des investissements de l’État ne serait pas complet sans évoquer le cas de Bpifrance. Faisant suite à Oseo, la Banque publique d’investissement créée fin 2012 « favorise l’innovation, l’amorçage, le développement, l’internationalisation, la mutation et la transmission des entreprises ».
En pratique, elle entre au capital des entreprises de façon minoritaire pour une durée de sept à dix ans. Elle est devenue, très rapidement, le passage obligé des start-up dans les secteurs d’avenir (actuellement : innovation, santé).

L’ÉTAT ENTRE AU CAPITAL DES ENTREPRISES… MAIS LES TAXE FORTEMENT !

Dans un pays où les charges qui pèsent sur le travail et les entreprises sont fortes, ce type de fonctionnement pose problème. Pourquoi l’État, qui prend d’une main avec les divers prélèvements, financerait-il en parallèle certaines entreprises en priorité ? Pourquoi ne pas laisser le marché faire son travail de sélection des entreprises utiles ?
Pire encore : les financements publics se révèlent souvent être des cadeaux empoisonnés même pour les structures qui en bénéficient. Les chiffres montrent que les subventions d’État ont tendance à retarder les faillites des start-ups. Tant que les subventions et participations sont là, l’insolvabilité des entreprises est masquée par l’argent facile. Lorsque la source se tarit, le taux de défaut rejoint alors le taux de défaut habituel des entreprises.
Au final, la sanction finit toujours pas tomber pour les entreprises non rentables. Pour autant, elles ont pu engloutir force argent public durant leurs premières années de pseudo-activité.
Les derniers chiffres de performance des fonds dédiés à l’innovation et financés par Bpifrance font froid dans le dos. Les fonds en phase de maturité ont des multiples d’investissement de l’ordre de 0,4. Leur performance est donc très négative.
Ce n’est un secret pour personne, le financement de l’innovation est une activité risquée.
L’expérience prouve que Bpifrance a également de grandes difficultés à dénicher les pépites rentables et se retrouve à essuyer de larges pertes. Quelle différence avec les fonds privés ? Ses investissements hasardeux sont faits avec l’argent public…

LES ERREMENTS DE L’ÉTAT-ACTIONNAIRE : CONTRE-PRODUCTIFS

Considérer comme ambigu et souvent contre-productif le positionnement de l’État-actionnaire n’est pas qu’une marotte d’analyste libéral. La très sérieuse Cour des Comptes, dans son dernier rapport de janvier 2017 sur l’Etat-actionnaire, pose un diagnostic similaire.
Si vous avez un peu de temps devant vous, je vous conseille la lecture de cet excellent papier, disponible gratuitement sur le site Internet de la Cour. Il a été rédigé avec un pragmatisme bienvenu et trop rare en cette période électorale où les promesses en l’air rivalisent avec les idéologies les plus déconnectées de la réalité.
La mission de la Cour est de « s’assurer du bon emploi de l’argent public [et] en informer le citoyen ». Les analyses de ce contre-pouvoir salutaire sont souvent pertinentes et plutôt équilibrées dans leur conclusion. En tant que contribuables, nous pouvons nous féliciter que cette structure existe et mène avec sérieux sa mission de surveillance de l’usage des deniers publics.
Malgré la qualité de ses rapports, force est de constater que les gouvernements en place (quel que soit leur bord politique) ne se sentent pas particulièrement engagés par les conclusions qui y figurent. Il est difficile pour toute organisation de réduire volontairement sa voilure, et l’État ne fait pas exception à la règle.
Il faut nous rendre à l’évidence : le fonctionnement actuel de l’État-actionnaire n’a que peu de chances d’être bouleversé dans les prochaines années. Il serait illusoire de retenir notre souffle et d’espérer un quelconque revirement quel que soit le résultat des prochaines échéances électorales.
Pour plus d’informations de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

La réflexion du jour

En somme, les crédits d’impôt créent des distorsions et imposent des coûts considérables aux contribuables sans que les retombées nettes soient nécessairement au rendez-vous. Ceux qui veulent faire du Québec et de Montréal des plaques tournantes du secteur numérique et multimédia devraient donc viser la réduction du fardeau fiscal pour l’ensemble des entreprises afin d’attirer davantage d’investissements.--- Alexandre Moreau

04 juillet, 2017

La réflexion du jour

En d’autres mots, ce sont les occasions de s’enrichir qui comptent – et qui doivent être accessibles à tous – et non la distribution de la richesse.--- Michel Kelly-Gagnon

03 juillet, 2017

La réflexion du jour

Quand on fait l’addition des bêtises que l’administration humoriste nous sert toute l’année durant, sans coup férir, il n’y a qu’une chose à faire. Prendre sa canne préférée, ses mouches préférées, sa casquette préférée et filer là où rien ne nous atteint... Les envoyer paître tous. Paresseux, parasites, postiches et faux-monnayeurs. Le plus sincèrement du monde, libérer le mépris.--- Michel Hébert

30 juin, 2017

La réflexion du jour

Comment se fait-il qu’on a l’impression qu’on en fait moins avec plus ? Plusieurs éléments d’explication viennent naturellement à l’esprit – les gains salariaux, les ressources drainées par le rattrapage, les nouveaux services, comme les garderies, l’explosion de la demande, comme en santé. Mais cela n’explique pas tout. Et la question reste entière : où est allé l’argent ? --- Alain Dubuc

29 juin, 2017

La réflexion du jour

Il y a quelques jours, on apprenait que sur 46 sociétés d’État au Québec, seulement 23 obtiennent la note de passage en matière de gouvernance (compétences des administrateurs, transparence, reddition de compte, etc.) La moitié coule le test!--- David Descôteaux

28 juin, 2017

La réflexion du jour

Prendre les taxes et impôts de tout le monde pour financer les véhicules de luxe parce qu’ils sont électriques? Une grosse farce. Dans n’importe quelle situation semblable où la religion verte ne serait pas en cause, l’opposition et les médias dénonceraient intensément l’absurdité.--- Mario Dumont

L’horreur politique. L’État contre la société, d’Olivier Babeau

Pourquoi et comment le périmètre de l’État s’est-il tant étendu dans des pays comme la France ? À quelles dérives cela a-t-il mené ? En quoi cela mine-t-il notre démocratie ? Comment sortir de ce mécanisme infernal ?

Olivier Babeau nous avait récemment gratifié d’un très intéressant La nouvelle ferme des animaux, présentation métaphorique très instructive et pédagogique  inspirée du célèbre roman de Georges Orwell et adaptée aux temps actuels.
Il nous revient avec cet ouvrage didactique, mais non moins passionnant et instructif, portant sur les ressorts de l’ascension de l’État, leur caractère pervers et les incidences que cela a en termes à la fois d’efficacité comme d’interrogations suscitées au sujet du fonctionnement de notre démocratie.

UNE ANALYSE DANS LA LIGNÉE DE L’ÉCOLE DES CHOIX PUBLICS

Après L’horreur économique  (dans un tout autre genre, à vrai dire assez opposé) de Viviane Forrester, qui avait connu un énorme succès en son temps, L’horreur étatique d’Alain Le Bihan, présenté sur ce site, de même que L’horreur fiscale, place donc cette fois à L’horreur politique. Non sans points communs avec ces derniers et probablement en forme de clin d’œil.
Un ouvrage très bien écrit, intelligent, pédagogique, et surtout parsemé de références, au premier plan desquelles on appréciera la forte parenté avec les auteurs de l’École du Public Choice, régulièrement cités mais très peu abordés de manière un peu plus approfondie en France hélas, malgré la pertinence des idées représentées.

LA MÉCANIQUE PERVERSE DU SYSTÈME

En ces temps perturbés où l’on peut être tentés de penser que trop nombreux sont les hommes politiques corrompus, voire qui seraient « tous pourris » selon certains, Olivier Babeau nous objecte que ce n’est pas tant le problème que plutôt le symptôme. En effet, c’est plus la mécanique du système qui est en cause que les hommes eux-mêmes (sans retirer, bien sûr, à leur culpabilité personnelle).
La nature humaine est faite de telle façon qu’il serait tout à fait irréaliste de penser qu’un individu, parce qu’il devient fonctionnaire ou député, adopte tout à coup une façon radicalement différente de se comporter, s’oubliant au profit d’un investissement entier dans l’intérêt public. Cette mystique de la fonction publique, qui assimile les serviteurs de l’État au clergé dévoué du culte de l’intérêt général, n’est tout simplement pas réaliste (…) Le cas de corruption mis à part, l’État est plutôt un lieu de marchandage, de négociation, où s’échangent des « biens » qui n’ont littéralement pas de prix, c’est-à-dire pas de marché classique : le prestige, le mandat, le pouvoir, etc. Pour les acquérir, les acteurs publics peuvent mobiliser des ressources qui ne sont pas les leurs et sont virtuellement infinies, via l’impôt ou l’emprunt par exemple. Pas de marché plus imparfait que celui des échanges dans l’État, donc.

LE SYSTÈME TEL QU’IL EST

Il insiste ainsi sur le fait qu’il n’existe pas de « dérive » actuelle du système, mais que les maux constatés lui sont consubstantiels, qu’ils en sont le cours prévisible et habituel.
Médiatisées par le vote et l’action de représentants, les démocraties indirectes telles que les nôtres connaissent aussi des excès, mais qui s’expriment moins dans la brusquerie de l’instant que par lentes dérives. Ces excès du pouvoir démocratique ne sont pas seulement plus profonds, ils ont aussi une inertie plus grande, du fait des décalages entre les décisionnaires réels et ceux – les électeurs – qui leur confèrent leur pouvoir.

L’ÉTAT OBÈSE : L’IMPLACABLE TENDANCE À L’EXPANSION DU PÉRIMÈTRE DE L’ACTION PUBLIQUE

Dans une première partie, Olivier Babeau s’attache donc à montrer de quelle manière l’État a étendu et continue d’étendre sa sphère d’influence de manière inexorable, sous l’effet imparable de l’action de la bureaucratie, des politiciens et des électeurs, tous trois s’alimentant les uns les autres dans ce qui forme « le socle de l’horreur politique ».

Il s’appuie pour cela à la fois sur des rappels historiques, mais aussi sur un ensemble de « lois » implicites permettant de décrire les mécanismes en jeu.

LA MONTÉE DE LA SPHÈRE BUREAUCRATIQUE

Pour commencer, il montre que cette tendance implacable se vérifie dans tous les pays démocratiques développés, s’inscrit dans leurs gènes et s’y observe partout historiquement.
Un État qui s’immisce de manière croissante dans tous les aspects de notre vie. Mais surtout un État obèse qui poursuit ses objectifs propres et dont la croissance est sans limites. D’autant plus sûrement que le pouvoir est parvenu à créer l’illusion que l’ordre existant est naturel.
La sacralisation de l’État est le pilier protecteur de l’obésité étatique, le bouclier qui empêche toute remise en question. Elle lui permet d’être par définition légitime à se saisir de virtuellement tous les problèmes.
Et il s’appuie pour cela notamment, de manière particulièrement opportune, sur une invention bien commode qui en rend le périmètre quasiment infini : la notion de service public.

LES PROMESSES NON CRÉDIBLES DES POLITIQUES

Mais tout cela ne serait pas possible si la propension des politiques à établir des promesses (la plupart du temps non crédibles) et des électeurs à les suivre (quoi qu’on en dise) n’était si forte.
Non seulement ne pas respecter ses promesses est peu risqué pour l’homme politique, mais encore cela est-il plus souvent profitable que de tenir parole. Pour une raison essentielle : les électeurs ne jugent pas un homme politique sur ce qu’il fait réellement. Cela permet à ce dernier de dissocier sans peine son programme de la réalité, et même ensuite d’être réélu malgré le grand décalage entre les deux.
Non pas, là encore, que les politiques soient des sortes d’êtres malfaisants ou « tous pourris », comme nous y insistions plus haut.
Mais, comme le décrit parfaitement bien Olivier Babeau à travers des pages qui méritent d’être lues et sont très évocatrices, le véritable parcours du combattant, semé d’embûches ou autres chausse-trappes, d’un homme ou d’une femme politique est tel qu’il joue très gros lors d’une élection (il faut vraiment lire ces pages pour en prendre pleinement conscience).

PAS D’AUTRE ISSUE POSSIBLE

Ce qui lui permet difficilement de concevoir autrement les choses qu’il ne le fait. Sans quoi il n’aura, de toute façon, aucune chance de pouvoir espérer mettre en pratique ce qui lui semblerait réellement le mieux indiqué.
En lisant ces pages, on conçoit clairement à quel point le système tel qu’il fonctionne permet difficilement d’entrevoir une autre issue, et ce quoi qu’on en pense.
Or, rien de plus difficile pour des électeurs que d’évaluer les performances d’un politique, tant cette mesure s’avère complexe et quand on sait qu’il n’est pas rare que des décisions ou politiques engagées aient des retombées plusieurs années, voire parfois plusieurs décennies plus tard (développement du nucléaire en France, par exemple).
Sans oublier le rôle joué par la communication, le marketing politique, les émotions, la surévaluation ou, au contraire, la sous-évaluation de la part de l’action d’un politique sur certains résultats, la responsabilité réelle du politique sur ceux-ci, la multiplicité des champs d’action, etc.
Difficile de s’y retrouver pour un électeur un peu perdu et, qui plus est, n’ayant pas toujours bonne mémoire des promesses ou actions engagées.
Et on comprend mieux, dans ce contexte, comment on en vient à être dans la surenchère sur les promesses d’intervention de l’État, dont il est un fait que la plupart des électeurs en attendent beaucoup et auprès duquel beaucoup sont prêts à se soumettre, l’inverse s’avérant somme toute assez suicidaire politiquement.

LE RÔLE DES ÉLECTEURS

En fin de compte, comme le note Olivier Babeau, les citoyens finissent par agir dans le sens de leur propre asservissement.
Et pour le politique, « faire campagne ou gérer une ville, c’est recevoir un flux continuel de demandes de logements, emplois, aides financières, services ou dérogations particulières de toutes sortes ». Chacun étant conscient des règles qui s’imposent théoriquement, mais trouvant « parfaitement normal de faire une exception pour lui ».
Le meilleur argument contre la démocratie, selon Churchill, est [ainsi] de discuter deux minutes avec un électeur moyen.
Olivier Babeau retrace alors la manière dont Wilhelm Röpke montrait que le consumérisme favorise le développement de revendications collectives, et stimule la demande pour le développement de l’État-Providence, selon un cercle vicieux producteur de mal-être existentiel, à travers la destruction des communautés naturelles et la disparition de la culture humaniste.

LE PASSAGER CLANDESTIN

Une situation d’autant plus paradoxale et inquiétante que l’on sait tous que, les mêmes qui exigent toujours plus de services fournis gratuitement, protestent vigoureusement lorsqu’il s’agit d’en payer la charge à travers l’imposition (sauf, bien sûr, lorsqu’il s’agit des autres). Le simple résultat de la simple ignorance, hélas si répandue, lorsque ce n’est pas le phénomène notoirement connu du passager clandestin.
Le problème est que tout cela coûte très cher et que l’endettement de l’État est tel que, lorsqu’il ne sera plus possible de rembourser (problématique très en vogue durant la campagne électorale de la présidentielle 2017, au cours de laquelle on a assisté à une véritable surenchère en matière de projets de nouvelles dépenses), les dindons de la farce (épargnants, travailleurs consciencieux, bons pères de famille…) seront nombreux.

L’ÉTAT PARTIAL ET LA QUESTION DE L’EFFICACITÉ

Si encore la croissance de l’État pouvait être efficace, ajoute Olivier Babeau. Mais hélas, « clientélisme, favoritisme, influence, privilèges, décisions absurdes et échecs économiques sont le quotidien du fonctionnement réel de l’État », comme il le montre (brillamment) dans la deuxième partie du livre, que je vous invite à lire.
La Révolution française, précisément, s’est faite au nom de la fin des privilèges. Elle n’a fait qu’en créer de nouveaux.
Un bien triste constat.
Où il est question de puissance du lobbying, d’intérêts catégoriels, de prédominance de la haute administration sur le politique, d’opacité, mais aussi de l’incroyable prolifération des taxes, impositions et réglementations en tous genres (à en donner le tournis), de la terrible inertie de l’État face aux évolutions économiques, ou encore des multiples défections, manques de vision ou défaillances dans les interventions de celui-ci et autre cercle vicieux bureaucratique.

DONNER UNE SECONDE CHANCE À LA DÉMOCRATIE

Notre auteur insiste cependant sur le fait que son essai ne cherche pas à établir le procès de l’existence de l’État, mais à montrer que les dérives et excès de recours à ses services le transforment en machine infernale.
Livré par faiblesse et facilité aux égoïsmes maquillés des groupes et lobbies en tout genre, il devient haïssable. Dévastant par ses prédations, sa maladresse et ses prétentions une économie dont il tire pourtant ses ressources, il est tout simplement dangereux.
Et, pour reprendre une idée chère à Jean-François Revel, il souligne que l’État peut parfaitement être liberticide et faible, et inversement circonscrit mais fort.
S’appuyant, entre autres, sur l’exemple de pays qui ont réduit sensiblement le périmètre de leur État ces dernières années, redressant ainsi de manière sensible leur santé économique et sociale, il affirme que les démocraties se sont trop souvent transformées en « oligarchies de connivence », l’étatisme n’étant « pas le médicament, mais la maladie elle-même ». Ce qui aboutit à ce que la démocratie finisse par aller à l’encontre des libertés.
C’est pourquoi Olivier Babeau présente trois grands axes de transformation simples, susceptibles selon lui de remédier aux maux décrits précédemment.

QUELS AXES D’ACTION ?

Ces trois axes d’action portent respectivement :
  • 1- Sur une réforme de l’accès à la haute administration et de ses modes de fonctionnement,
  • 2- Une remise en cause de l’oligarchie politique, liée à la professionnalisation de la vie politique, ainsi qu’une application du principe de subsidiarité,
  • 3- Une modernisation ou transformation de notre système démocratique.
Des propositions ouvertes, mais que je vous laisse découvrir en lisant l’ouvrage…
Juste sur le dernier point, sans doute le plus intéressant, précisons que si l’auteur ne remet absolument pas en cause la démocratie, il s’inquiète en revanche du recul de l’adhésion qui y est constatée, notamment chez nous, au profit de systèmes parfois moins respectueux des libertés fondamentales.

L’ÉPUISEMENT DÉMOCRATIQUE

L’épuisement démocratique tel qu’il fonctionne, la focalisation permanente sur l’élection et le rôle qu’y jouent les médias, ne plaident pas en faveur d’un système qui conduit à ce que l’élection d’un responsable politique soit assimilable à la vente de n’importe quel produit commercial :
On élit une personne exactement comme on choisit une boîte de petits pois dans un rayon : la décision dépendra d’un geste et d’un seul – l’urne ou le caddie servant de réceptacle – que mille facteurs plus ou moins rationnels pourront influencer, y compris et surtout jusqu’au dernier moment. 22% des électeurs, selon un sondage réalisé en 2012, disaient ne se décider qu’au tout dernier moment. Le choix final dépendra très peu, on le sait, du programme réel ou du sérieux du candidat, mais en grande partie de la somme confuse des impressions reçues le concernant. La couleur d’une cravate, le charisme d’une personne, la trace d’une petite phrase qui aura plu ou non, seront souvent les déterminants des choix. Le citoyen sera ainsi bombardé de tentatives d’influence de son vote exactement comme il l’est de sollicitations commerciales.