Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

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Vaut mieux en rire!

On comprend mieux, maintenant, pourquoi l’instrument qui sert à mettre de l’essence dans les voitures s’appelle un pistolet.--- Michel Beaudry

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18 juillet, 2018

Vegan, écolo, gauchistes : la nouvelle religion des donneurs de leçons

Ils prétendent vivre sans Dieu ni maître : mais alors pourquoi les descendants spirituels de Blanqui et de Marx, passent-ils leur vie à faire des leçons de morale aux autres et n’ont de cesse de vouloir imposer leurs préceptes à la Terre entière ?

Avant, il y a longtemps, c’était surtout durant le prêche de la messe dominicale que l’on avait droit à un sermon sensé remettre les brebis égarées dans le droit chemin.
Aujourd’hui, c’est tous les jours qu’on nous explique qu’il ne faut pas manger de viande, ne pas manger trop gras, top salé, trop sucré, qu’il faut trier ses déchets, ne pas rouler en diesel, craindre le nucléaire …
Il est vrai qu’aujourd’hui, plus trop de monde ne va à la messe le dimanche midi. Et pour cause, le grand Karl Marx l’a établi : la religion, c’est l’opium du Peuple. C’est l’outil avec lequel la bourgeoisie aliène les prolétaires. La religion est un instrument de coercition.
Une rapide discussion sur la religion avec un matérialiste éclairera le sujet : elle commencera toujours par des éléments rationnels affichant le manque de preuves de l’existence d’une ou de plusieurs divinités et se clôturera par cette démonstration définitive : si il y a un Dieu qui sait tout, voit tout, connait tout… alors l’histoire est déjà écrite et donc la liberté n’existe pas.
Comme il y a le reductio ad hitlerum, il y a le reducio ad blanquii : le ni Dieu ni maître qui conclut systématiquement et de façon définitive toute discussion sur le sujet : la liberté et le divin sont incompatibles.
En poussant un tout petit peu plus loin cette logique : ni Dieu ni maître signifie que la morale est forcément subjective, l’inverse voulant dire qu’il existerait un « constructeur » de la morale qui régirait nos vies : un Dieu ou un maître.
Mais alors pourquoi les descendants spirituels de Blanqui et de Marx, de Léo Ferré ou de Renaud, passent-ils leur vie à faire des leçons de morale aux autres et n’ont de cesse de vouloir imposer leurs préceptes à la Terre entière ?

MANGER DE LA VIANDE, C’EST MAL

Nous avons tous vu ces vidéos terribles prises dans des abattoirs et dénonçant les atteintes faites aux animaux : le spécisme, faire une distinction entre les êtres vivants, relèverait de la même déviance morale que porter un jugement de valeur sur les êtres humains en fonction de leur couleur de peau (racisme), leur sexe (machisme), leur orientation sexuelle, leur origine ethnique, etc… et donc tuer des animaux serait condamnable au même titre que tuer des êtres humains.
J’aurais tendance à penser que les vegans sont également féministes. Je me demande donc bien comment ils arrivent à concilier la virulente condamnation morale de la mort d’un bébé vache et la revendication du droit à éliminer les embryons humains non désirés. Sans inventer une nouvelle reductio ad foetum, il semblerait bien qu’avortement et véganisme soient incompatibles, pourtant je ne les ai pas vus tourner beaucoup de vidéos dans des centres de planning familial.
Je me demande aussi comment ils arrivent à faire une distinction entre les végétaux (comestibles) et les animaux (non comestibles) sans faire appel à quelque chose qui de près ou de loin ne serait pas du spécisme. Les deux ne sont-ils pas des êtres vivants ? D’ailleurs, on sait que les plantes voient, sentent, entendent, communiquent entre-elles…
Reste que l’élevage produirait des gaz à effet de serre. Or la simple application de la loi de Lavoisier me fait dire que le corps d’un animal étant en grande partie composé de composés carbonés, celui-ci n’est rien d’autre qu’un puits à carbone : en effet s’il n’existait pas sous forme de muscles et de tissus, ce carbone se retrouverait forcément ailleurs, très donc probablement dans l’atmosphère avant d’avoir été fixé par la photosynthèse des plantes que l’animal a mangées.

LE SAUCISSON, LES CHIPS ET LA PÂTE À TARTINER, C’EST MAL

Le corps humain est une merveilleuse machine qui sait elle-même fabriquer tout ce dont elle a besoin pour fonctionner, s’entretenir, se réparer quand nécessaire. Pas vraiment tout, car en plus de l’eau qui le compose aux deux tiers, l’organisme a besoin quotidiennement de graisse, de sel et de sucre.
Le péché serait dans l’excès. Sauf que manger trop grastrop salétrop sucré, c’est exactement comme manger 5 fruits et légumes par jour : ça ne veut absolument rien dire à part peut-être rassurer ceux qui arrivent à avaler 5 citrouilles chaque jour.
Alors le mal serait dans l’industriel qui utiliserait à foison des poisons malicieux, comme le fameux E330 (le jus de citron), les terrifiants E250 et 252 (le salpêtre, avec le sel le plus vieux conservateur utilisé au monde depuis plusieurs millénaires) ou qui transformerait le naturel en artificiel, sauf que cette distinction voudrait simplement dire que l’industrie arriverait à s’affranchir des lois de la nature, ce qui n’a aucun sens.
Au fait, juste pour remettre quelques chiffres en perceptive : l’obésité morbide en France, que les campagnes publicitaires ciblent de ces slogans, c’est 150 000 personnes. Son opposé, l’anorexie : 230 000, que l’on divise en 3 catégories : un tiers d’adolescents, deux tiers d’adultes pour lesquels la maladie est devenue chronique et le restera dans la grande majorité des cas, et un bon quatrième, voire cinquième tiers qui s’ajoute aux 230 000 : celui des victimes, mortes par suicide ou par épuisement et celui des proches.

NE PAS TRIER SES DÉCHETS, C’EST MAL

En dehors du fait que je n’ai toujours pas compris ce qu’était le tri sélectif, n’ayant jamais vu de tri qui ne soit pas sélectif, il semblerait que celui-ci permettrait de préserver les ressources naturelles et de faire barrière à la pollution.
Sauf que sur les 910 millions de tonnes de déchets produits par an en France, 23 millions sont des ordures ménagères dont à peine 20% est réellement recyclable. Le tri domestique ne concerne donc en fait que 0,5% des déchets produits à l’échelle du pays. Même pour un des éléments les plus facilement recyclable, l’aluminium, les emballages triés puis recyclés ne représentent que 5% de la consommation annuelle du métal. Quant aux bouteilles en verre, je n’ai toujours pas compris ce qu’il y avait d’économe en énergie à faire fondre les bouteilles pour en faire de nouvelles plutôt que de les laver et de les réutiliser.
En fait, le recyclage est avant tout une question industrielle et le tri ménager n’a qu’un impact infinitésimal sur la consommation de ressources naturelles et la pollution. Mettre votre canette dans la poubelle de la bonne couleur a quasiment comme seul effet celui de flatter votre ego de superhéros sauveur de la planète.

LE DIESEL, C’EST MAL

Avant c’était bien, maintenant c’est mal. Il faut dire que dans l’intervalle, on s’est rendu compte que la demande de gasoil ayant explosé, le prix hors taxe d’un litre de super a été rattrapé par celui du litre de gasoil qui n’était auparavant qu’un sous-produit du raffinage de pétrole.
On s’est aussi rendu compte que le diesel pouvait facilement passer du statut de carburant pour voiture à celui de carburant pour dépenses publiques. Mais il fallait bien trouver une bonne raison pour justifier l’augmentation des taxes et la hausse du prix du diesel.
Donc : le diesel, est devenu tout d’un coup plus toxique et plus taxé.

LE NUCLÉAIRE, C’EST MAL

Mais quelle planète allons-nous laisser à nos enfants ? Voulons-nous vraiment une planète radioactive pour les générations futures ?
Bien sûr que non ! Et la meilleure solution pour éviter cela s’appelle la centrale nucléaire !
La fission nucléaire, comme toute réaction chimique suit le second principe de thermodynamique (ou principe de Carnot, énoncé en 1824). L’énergie extraite du combustible nucléaire fait que cette matière est bien plus inerte avant qu’après.
En fait, il suffirait de mélanger les « déchets nucléaires » dans les roches dont est extrait le combustible d’uranium et de tout remettre à sa place pour constater que le résultat est bien moins radioactif que n’était le gisement de minerai originel.

REMPLACEZ UNE RELIGION, ELLE REVIENT AU GALOP

L’esprit humain est fait de croyances et d’habitudes, pas de raison. C’est du moins l’avis de Charles S. Pierce. C’est une des théories qui fonde le pragmatisme et c’est aussi ce que de nombreuses études poussent à établir de façon empirique.
La raison a la fâcheuse tendance de suivre à la lettre la loi de Murphy : s’il a une chance, même parfaitement improbable que quelque chose puisse mal tourner, cela se produira forcement. Le raisonnement logique et structuré ne supporte que très mal le réel et ses imperfections, et devient rapidement hors sol dès que l’on veut vulgariser des idées qui paraissent bonnes en les simplifiant et en les généralisant.
C’est pour cela qu’il est absolument impératif de séparer la foi de la raison. Les deux ont leur utilité, mais surtout leurs règles et leurs pouvoirs respectifs.
S’il m’est facile en tant que catholique de me référer ici au schéma que Jean Paul II a décrit dans l’encyclique Fides et Ratio, cela me l’est d’autant plus que la séparation des pouvoirs et la liberté de pensée, la Lettre sur la Tolérance de John Locke, le premier amendement de la constitution US, l’article 10 de la DDHC de 1789 … toutes les idées libérales reposent sur cette pierre angulaire.
La morale laïque qui encombre les spots publicitaires et les magazines et qui vous dépeint le monde rempli d’œuvres diaboliques tentatrices qu’il faut fuir à tout prix, crée une mythologie qui nous pourrit la vie, nous détourne des vrais problèmes et des possibles solutions et est joyeusement instrumentalisée par toute une bande de gourous qui vivent grassement des peurs des gens au premier rang desquelles il y la peur des religions, surtout quand celles-ci proviennent de l’étranger et qu’elles nous sont inconnues.
Car c’est bien là que se pose la question de fond : y a-t’il plus à craindre d’une religion, avec un ordre et donc des responsables identifiables ou d’une pseudo-religion sans visage, sans responsable, sans contre-pouvoir et qui se faufile insidieusement dans la société pour imposer sa vision morale coercitive et en décliner foultitude de lois et de taxes ?

La réflexion du jour

Dairy deregulation has enabled the Australian dairy industry to be reconfigured so producers can respond in an efficient way to supply and demand. The Australian dairy industry now exports almost half of its output, making dairy the third most important agricultural export after beef and wheat, and bringing in export earnings of about $3 billion per year. The flexibility and market orientation of the industry has positioned Australian dairy producers to take advantage of the falling tariffs in the Asia-Pacific region driven by the Comprehensive Progressive Trans-Pacific Partnership (CPTPP), and potential liberalization of UK trade policy following Brexit.--- Fraser Institute

16 juillet, 2018

La réflexion du jour

L’obsession anti-auto de Projet Montréal frise parfois le délire. Montréal est une grande ville, le Marché Jean-Talon, un lieu d’échange visité et apprécié par les résidents de toute la région montréalaise. Or, le maire François Croteau de Projet Montréal, un émule de Luc Ferrandez de l’arrondissement Plateau-Mont-Royal, envoie le message que le Marché Jean-Talon n’est qu’un ensemble de commerces de proximité et que la clientèle hors secteur, celle qui vient en auto, n’est pas la bienvenue.--- Lise Ravary

14 juillet, 2018

Le rôle de l'entrepreneur et la détermination des prix

André Dorais

L'entrepreneur évalue les besoins des consommateurs et l'importance qu'ils y accordent.  Étant donné que ces besoins et priorités changent avec le temps et le lieu où les consommateurs se trouvent, l'entrepreneur doit également essayer de les prévoir.  Il tente d'anticiper les besoins des gens, leurs priorités et conséquemment les prix qu'ils sont prêts à payer pour les produits ou services qu'il mettra de l'avant pour les satisfaire.
 
L'entrepreneur concentre ses efforts sur le ou les produits ou services qu'il pense être en mesure d'offrir à un prix moindre que ce que les individus sont prêts à débourser pour les obtenir.  Si ses prévisions s'avèrent justes et que ses efforts portent fruit, alors non seulement il en tire profit, mais il crée de la valeur, de la richesse.

Le prix établi lors d'un échange volontaire est profitable aux deux partis, c'est-à-dire que le bénéfice que l'entrepreneur et le consommateur en tirent est d'abord d'ordre psychique.  Les échanges de biens et de services produisent de la valeur et celle-ci est évaluée différemment par chaque individu et pour chaque individu, différemment selon le contexte où il se trouve.  Les valeurs ne se mesurent pas, elles se comparent.  Malheureusement, à trop vouloir mathématiser leur science sous le prétexte de la rendre plus pure, la majorité des économistes s'attardent aux prix plutôt qu'aux valeurs, car seuls les premiers se mesurent.  Ce faisant, ils nuisent davantage à leur science qu'ils y contribuent. 

Parce que les valeurs ne se mesurent pas, les biens économiques n'ont pas de valeur fixe.  Dans un marché libre des interventions gouvernementales, c'est à partir des valeurs de chaque individu que les prix émergent.

Voir au-delà de l'offre et de la demande

Les économistes ont longtemps pensé que l'offre et la demande constituaient des  données finales, c'est-à-dire qu'ils ne cherchaient pas à savoir ce qui donnait naissance à l'offre et la demande.  Ce n'est qu'à l'arrivée de l'école autrichienne d'économie qu'on s'est posé la question.  Pour les tenants de cette école de pensée, la demande est déterminée par l'échelle des valeurs de chaque consommateur, tandis que l'offre est déterminée par l'évaluation de l'entrepreneur de ces échelles de valeur.  On peut donc conclure que les valeurs attribuées par les consommateurs aux biens économiques constituent l'ultime déterminant des prix de ces biens.
   
On doit réaliser que cette description de la détermination des prix est contraire à celle généralement répandue.  En effet, on pense généralement que les entrepreneurs et les producteurs déterminent les prix des biens économiques pour couvrir leurs coûts et s'octroyer une marge de profit.  Toutefois, un entrepreneur qui se fie uniquement à son évaluation des besoins des gens, sans tenir compte de leurs valeurs et conséquemment de leurs priorités, risque de ne pas faire long feu.  S'il veut servir les consommateurs longtemps, non seulement doit-il tenir compte de leurs priorités, mais de leurs ressources, par conséquent des prix qu'ils sont prêts à payer pour satisfaire leurs besoins.

Le prix a de l'importance pour l'entrepreneur, comme il en a pour tout le monde, mais ce qui compte le plus pour lui est de créer de la valeur.  Pour ce faire, il doit évaluer les besoins, les priorités et les ressources des consommateurs d'une part et d'autre part, la compétition, les prix des ressources nécessaires à son projet et la faisabilité de celui-ci, soit de déterminer s'il peut être mené à terme de manière profitable.  De cette façon de procéder, on ne peut donc pas conclure que les prix sont déterminés par les entrepreneurs dans le seul but de couvrir leurs coûts.  Si c'était le cas, ils n'auraient pas à se casser la tête à faire toutes ces évaluations.  Au contraire, c'est justement parce qu'ils ont à effectuer toutes ces évaluations pour établir un prix qui attirera une clientèle à leur produit ou service, que le coût, pour eux, est secondaire à la création de valeur. 

L'objectif de l'entrepreneur n'est pas la minimisation des coûts, mais la création de richesse ou de valeur pour les consommateurs.  Pour lui, le premier déterminant est la valeur que les consommateurs attribuent à leurs différents besoins et la valeur qu'il attribue lui-même à son projet pour combler en totalité ou en partie un ou quelques-uns de ces besoins.  Il choisit une structure de production, les ressources et conséquemment les coûts qui y sont associés dans le but d'atteindre son objectif.  En d'autres mots, les coûts de son projet sont sélectionnés en fonction de sa valeur estimée.   

Du rôle de l'entrepreneur au rôle du gestionnaire

Si le coût a une importance secondaire pour l'entrepreneur, il n'en va pas de même pour le gestionnaire.  En effet, le gestionnaire ne cherche pas à créer de la valeur, mais à la maintenir.  Une fois la nouvelle structure de production mise en place par l'entrepreneur dans le but de créer de la valeur, le gestionnaire prend la relève dans le but de la maximiser. Il exploite diverses façons de minimiser les coûts de production et d'accroître le rendement.  Pour lui, le prix des ressources est de première importance et on juge de son efficacité à la minimisation des coûts et à la bonne coordination de la nouvelle ligne de production qui relève de sa responsabilité.

Certes, les rôles du gestionnaire et de l'entrepreneur peuvent s'entrecroiser, mais l'important est de reconnaître que la création de valeur incombe principalement à l'entrepreneur.  C'est lui qui assume les risques associés à l'établissement d'une nouvelle ligne de production, d'un nouveau produit, d'un nouveau service ou d'une nouvelle façon de servir.

Pour créer de la richesse et de la valeur il doit y avoir prise de risque.  Moins il y a prise de risque, moins il y a de chance de créer de la valeur.  La création de richesse est d'autant plus grande dans une société où l'on permet de concurrencer les structures de production établies.  Plus il y a de secteurs d'activités fermés à la concurrence, moins on retrouvera d'entrepreneurs, plus on retrouvera de réglementation et de gestionnaires pour la gérer et plus l'économie aura tendance à stagner, voire à décliner.

L'entrepreneur est guidé à la fois par les prix offerts par la concurrence et les prix des ressources utilisables pour atteindre son objectif.  Ces prix, cependant,  ne constituent pas le principal déterminant du prix de vente de son projet puisqu'ils ne sont que ça: un guide.  Le prix de vente dépend davantage de l'évaluation qu'il fait des consommateurs pour son projet et, à son tour, cette évaluation dépend des besoins et des priorités identifiés par les consommateurs eux-mêmes.   

13 juillet, 2018

La réflexion du jour

Toutes les promesses et la bonne volonté du monde seront sans effet si les paramètres fondamentaux de notre système de santé ne changent pas ; c’est simplement une question d’incitations. Après plus de 40 ans de gestion publique qui n’a essentiellement créé que des listes d’attente, puis de multiples réformes qui n’ont jamais réussi à les enrayer, le Québec est mûr pour laisser place à l’innovation et à l’entrepreneuriat dans ses hôpitaux.--- Patrick Déry

11 juillet, 2018

Socialisme et libéralisme, du rêve à la réalité

Sur l’axe libéralisme-socialisme, la réalité politique contemporaine apparaît ainsi comme un compromis.

Libéralisme et socialisme restent les deux pôles idéologiques majeurs qui structurent l’offre politique. La résurgence du nationalisme, de droite ou de gauche, devient aussi un phénomène important en Occident. L’intelligentsia le qualifie désormais de populisme. Mais le nationalisme est un simple repli sur une réalité contemporaine : l’État-nation. Il ne comporte pas de corpus idéologique fort.
Libéralisme et socialisme demeurent donc, contre vents et marées, les deux manières d’envisager l’avenir à court terme. Le court terme historique est l’horizon des politiciens et de la plupart des essayistes. Pour le long terme, seules des spéculations sont possibles et il est très probable que nos querelles idéologiques paraîtront puériles à nos descendants lointains.
En se limitant à l’aspect économique et social, le pôle libéral est représenté par la droite modérée dans les pays occidentaux ; le pôle socialiste par la gauche et les écologistes, ces derniers ayant adhéré au principe socialiste d’un interventionnisme étatique très important.

LES SOCIALISTES S’ACOQUINENT AVEC LE LIBÉRALISME… À DOSE HOMÉOPATHIQUE

Ces deux pôles cherchent à accentuer leurs différences par le verbe mais l’action édulcore largement les proclamations de campagne électorale. Ainsi, le socialisme se propose de réduire les inégalités par des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques jouant un rôle redistributif. Les prises de position à ce sujet fluctuent en intensité selon les formations politiques. À l’extrême-gauche, les proclamations ressemblent comme deux gouttes d’eau aux programmes des anciens Partis communistes, aujourd’hui en désuétude. Les extrêmes n’ayant pratiquement aucune chance d’exercer le pouvoir, ils peuvent dessiner sur le papier une société rêvée sans courir le risque d’être placés au pied du mur. Ils seraient évidemment incapables de le franchir.
Du côté de la gauche modérée, la prudence s’impose. Les dépenses publiques atteignant dans de nombreux pays riches des sommets (40 à 60% du PIB environ), il devient difficile de promettre encore leur augmentation. L’impossibilité d’accroître massivement prélèvements et dépenses fait naître un discours qualifié de social-libéral. La jonction est ainsi faite entre socialisme et libéralisme. Elle se traduit en pratique par des tentatives très modérées de desserrer certaines contraintes règlementaires et par des promesses de maîtrise de la tendance haussière des dépenses publiques, sans aucune baisse des dépenses en valeur absolue. Bien qu’il s’agisse d’une rupture pure et simple avec la doctrine socialiste traditionnelle, de telles mesures sont des modèles de modération.

LA DROITE PSEUDO-LIBÉRALE ET LA QUASI-ABSENCE DE DROITE LIBÉRALE

La droite de gouvernement ne se comporte pas très différemment. Les promesses électorales conduisent à clouer au pilori l’interventionnisme public mais l’exercice du pouvoir n’amène jamais une réduction significative des prélèvements obligatoires ou des dépenses publiques. La droite parvient parfois à stabiliser ou à réduire d’un point de PIB les prélèvements, mais cela ne représente en rien une politique libérale. Il en résulte que les piliers du socialisme restent en place : protection sociale publique et parfois monopolistique, fonction publique pléthorique, programmes scolaires uniformes, participations publiques importantes dans de nombreuses entreprises, réglementation publique d’une densité jamais atteinte.
La France est la démocratie occidentale la moins libérale. Les propositions libérales ne s’y sont jamais imposées électoralement. Elles consistent à réduire sensiblement le rôle de l’État et concomitamment à laisser une place plus importante au marché. Mais le marché a toujours été regardé avec suspicion, au moins depuis Louis XIV et l’instauration de la monarchie absolue. Au cours de son histoire, notre pays a toujours privilégié la puissance de l’État. Le seul candidat à l’élection présidentielle se réclamant du libéralisme fut Alain Madelin en 2002. Son score se limita à 3,91% des suffrages exprimés.

LE RÊVE ET LA RÉALITÉ

Sur l’axe libéralisme-socialisme, la réalité politique contemporaine apparaît ainsi comme un compromis. L’État est très puissant économiquement dans tous les pays riches et l’inflation législative et réglementaire est omniprésente. Les théories ont peu de poids face à cette réalité. Elles ne servent qu’à mobiliser les électeurs et à susciter l’intérêt des lecteurs de journaux ou d’essais. Elles appartiennent au domaine de l’onirisme, abondamment utilisé par les professionnels de la politique et des médias. L’avenir socialiste rêvé est fait de justice, d’égalité, de solidarité sous la houlette d’un État tout-puissant. La liberté individuelle est seconde, sinon secondaire. Quant au futur libéral, il se dessine en théorie sur fond de liberté individuelle, d’initiatives sans entraves, de consensualisme généralisé dans un cadre institutionnel d’État minimum.
Tout cela relève de l’hallucination entretenue par les politiciens et les essayistes. Le socialisme rêvé, comme le libéralisme rêvé, n’ont jamais existé et n’existeront jamais. Mais les politiques et les écrivains savent qu’il ne faut pas briser le rêve et réduire le réel au présent constaté. Même si ce présent n’évolue que difficilement, lentement, et qu’à tout prendre un pragmatisme modéré vaut mieux pour les sociétés qu’une succession de crises suscitant le chaos, il faut toujours, par le verbe, donner de l’espoir pour mobiliser les enthousiasmes.

06 juillet, 2018

La réflexion du jour

Extrêmement dangereux de constamment laisser l'état intervenir à répétition sur des dossiers d'exception et réglementer le reste de la population. Cette manie de gérer la majorité pour l'imbécilité de quelques-uns va mener immanquablement au braquage de cette même majorité!--- Mo@Morristhecat79

La réflexion du jour

Je m’interroge sur la question depuis des années. Jusqu’à quel point les subventions versées aux festivals et grands événements en valent-elles la peine, du point de vue économique ?--- Francis Vailles

04 juillet, 2018

Cet été, adoptez le régime « Factfulness » d’Hans Rosling !


Contrairement aux idées reçues, le monde va mieux, comme le montre le dernier livre de Hans Rosling.

Selon vous, dans les pays à bas revenus, quelle est actuellement la part des filles qui finissent l’école primaire ? 20 %, 40 % ou 60 % ? La bonne réponse est 60 %, mais elle ne fut choisie que par 7 % des personnes interrogées, tandis que la majorité a donné la réponse la plus pessimiste, c’est-à-dire 20 %. C’est en posant cette question et de nombreuses autres du même ordre à des publics variés qu’Hans Rosling s’est rendu compte de l’écrasante ignorance de l’écrasante majorité des gens à propos du monde dans lequel nous vivons.
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Cette ignorance est-elle une question de niveau d’études ? Pas vraiment, car elle affecte tout autant des populations qui ont reçu d’excellentes formations (médecins, professeurs d’université, chercheurs scientifiques, chefs d’entreprise, journalistes, dirigeants politiques… ) que la population générale. Hans Rosling signale même que le groupe le moins performant qu’il lui fut donné d’interroger était composé de prix Nobel et de chercheurs en médecine.

UN BIAIS PESSIMISTE

On constate de plus que les réponses ne sont pas seulement fausses mais systématiquement décalées du côté de la réponse la plus pessimiste. En ces temps de bruit médiatique intense, on pourrait songer à incriminer les médias qui, en attisant le pire, joueraient-là une partition aussi idéologique que rémunératrice.
Mais Hans Rosling observe de façon plus générale que nous réagissons, et ça vaut aussi pour les journalistes et les hommes politiques, comme si notre instinct de survie ancestral nous poussait à sur-dramatiser toutes les situations pour mieux conjurer les dangers – aujourd’hui, parlons plutôt des défis – qui nous guettent. Non contrôlée, une telle attitude risque de déboucher sur des prises de décision erronées sans rapport avec la réalité du monde.
Dans factfulness, il y a fact, c’est-à-dire « fait ». Et si, comme nous y incite Hans Rosling dans son livre posthume Factfulness, nous mettions à profit nos vacances pour regarder le monde à travers les faits, à travers les données effectives, plutôt qu’à travers nos préjugés et nos ressentis ? Nous constaterions alors comme lui que les choses vont mieux que nous le pensons. De quoi renverser la tendance bien ancrée mais cognitivement biaisée qui nous entraîne systématiquement au pessimisme et au catastrophisme.
Hans Rosling est né en Suède en 1948. Médecin de formation, très versé dans les problématiques de santé publique, il a été conseiller pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et pour l’UNICEF.
En 1993, il a participé à la fondation de Médecins sans frontières (MSF) en Suède. De plus en plus tourné vers l’idée de faire découvrir le monde tel qu’il est à partir des données disponibles, il a donné d’innombrables conférences TED, et a co-fondé avec son fils Ola Rosling et sa belle-fille Anna Rosling-Rönnlund la Fondation Gapminder dont le site propose tous les graphiques animés qui ont fait sa renommée ainsi que leur constante mise à jour.
A titre d’exemple particulièrement éloquent de la méthode Rosling, je vous engage vivement à regarder l’extraordinaire vidéo ci-dessous (04′ 48″). On y découvre 200 pays représentés chacun par une bulle dont le diamètre est proportionnel à la population du pays et dont la couleur indique sa zone géographique. Les bulles sont positionnées selon le revenu par habitant sur l’axe des abscisses et selon l’espérance de vie sur l’axe des ordonnées. L’ensemble est animé afin de montrer l’évolution des 200 pays sur 200 ans, de 1810 à 2010 :
Factfulness est le livre-testament d’Hans Rosling (il est décédé en 2017). Tout en nous donnant des ordres de grandeur très intéressants sur les grands sujets démographiques et socio-économiques du monde, il nous met en garde contre dix biais cognitifs qui nous enferment dans l’anxiété et nous empêchent de voir que le monde va mieux.
En 2017, la Fondation Gapminder a soumis un ensemble de 13 questions à 12 000 personnes de toutes conditions réparties dans 14 pays riches. Cliquez sur les photos ci-dessous pour y accéder. Vous pouvez aussi faire ce test en ligne ici. Les réponses sont données à la fin de la photo de droite.
La première est celle que j’ai posée en début d’article, la 13ème concerne le changement climatique : si l’on en croit les experts, la température moyenne sera-t-elle plus chaude, inchangée ou moins chaude au cours des 100 prochaines années ?
Si l’on exclut cette dernière question à laquelle 86 % des personnes interrogées ont répondu correctement – ce qui témoigne du puissant relais médiatique qui a rendu ce sujet familier en très peu de temps à une vaste majorité de personnes – le score moyen est de 2 bonnes réponses sur les 12 questions restantes. Personne n’a eu 12/12 et une seule personne (en Suède) à obtenu 11/12. À l’autre bout de l’échelle, 15 % des sondés ont eu zéro.
Hans Rosling a commencé à s’intéresser aux idées fausses (misconceptions) qui perturbent notre perception du monde suite à un cours sur les taux de mortalité infantile à 5 ans qu’il donnait à des étudiants en 1995. Alors que l’examen des tables de mortalité de l’UNICEF montrait un progrès remarquable entre 1960 et 1995, par exemple de 242 à 35 ‰ pour l’Arabie saoudite et de 93 à 14 ‰ pour la Malaisie, les étudiants n’arrivaient pas à croire ce que disaient les chiffres tant ils entraient en contradiction avec leur image du monde.
La discussion qui s’enclencha alors dans la classe mit en évidence l’emprise d’un schéma binaire où s’affrontent une fois pour toute « eux » et « nous », le monde en développement et le monde développé, le sud et le nord, les pauvres et les riches, les pays à bas revenus et les pays à hauts revenus etc. Sauf que le monde évolue, et il évolue même parfois très vite vite.
Pour suivre l’exemple de la mortalité infantile, le graphe qui place les 200 pays selon le nombre décroissant d’enfants par femme en abscisse et le taux décroissant de mortalité infantile à 5 ans en ordonnée détermine bien deux groupes : celui d’un monde en développement où les femmes ont 5 enfants ou plus et où au moins 5 % des enfants meurent avant 5 ans, et celui d’un monde développé où les femmes ont moins de 3,5 enfants en moyenne et où moins de 10 % des enfants décèdent avant 5 ans.
Deux groupes bien séparés, oui, mais en… 1965 (photo de gauche) tandis que le même graphe réalisé avec les données de 2017 (photo de droite) donne une image du monde bien différente. Les pays qui étaient dans la boîte « en développement » sont maintenant presque tous dans la boîte « développée ». Les taux de mortalité infantile, très représentatifs du développement d’un pays, ont connu une chute considérable partout, de même que le nombre d’enfants par femme :
Attention donc au premier biais, baptisé gap instinct par Rosling et le plus grave de tous selon lui, c’est-à-dire cette tendance à considérer le monde (et par extension tout sujet) en deux pôles complètement séparés.
Dans la réalité d’aujourd’hui, il n’y a plus « eux » et « nous », mais plutôt un continuum entre quatre niveaux de développement (schéma ci-contre) :
1 milliard de personnes vivent avec moins de 2 $ par jour, 3 milliards ont entre 2 $ et 8 $ par jour, 2 milliards ont entre 8 $ et 32 $ par jour et 1 autre milliard de personnes vivent avec plus de 32 $ par jour.
Le graphe 2018 des 200 pays positionnés en fonction des 4 niveaux de revenu en abscisse et en fonction de l’espérance de vie en ordonnée est à découvrir ci-contre (animations sur Gapminder) :
On constate donc que la vaste majorité de la population mondiale (5 milliards de personnes sur 7 milliards) ne vit ni dans des pays à bas revenus ni dans des pays à hauts revenus, mais dans des pays à revenus intermédiaires.
Ces 5 milliards vivent donc très précisément là où l’opinion courante voit un « gap », un écart, un creux, un no man’s land insurmontable entre les riches et les pauvres. Pourtant ils existent, désireux d’améliorer leur vie et de se hausser au niveau supérieur de revenu. Eux aussi sont des consommateurs qui souhaitent disposer de téléphones portables, d’équipements électro-ménagers, de produits d’hygiène, de moyens de transport etc…
Hans Rosling poursuit sa remise à niveau du monde tel qu’il est en décortiquant neuf autres biais ou « instincts » qui obscurcissent systématiquement nos analyses (voir liste ci-dessous).
Cette démystification étant faite, il en résulte que là où la croyance commune tend à ne voir dans le monde que guerres, réfugiés, pauvreté, catastrophes, extinction des ressources, disparition des abeilles et fin des haricots, la réalité est tout autre. Le monde ne va pas de mal en pis, il n’y a pas de plus en plus de pauvres, et nous n’allons pas manquer de ressources.
Au contraire, le monde va mieux. Peu à peu, les gens quittent l’extrême pauvreté pour rejoindre le milieu de l’échelle des revenus, le nombre d’enfants par femme diminue, les enfants de moins de 5 ans meurent de moins en moins, ils sont vaccinés et les filles vont à l’école.
Les défis pour l’avenir sont nombreux, mais le monde a progressé et il progressera encore, à condition que les bonnes décisions soient prises. À condition, donc, de regarder le monde tel qu’il est, pas le monde de notre tendance au pessimisme irrationnel.
Pour l’instant, Factfulness n’est pas disponible en français, mais cela ne saurait tarder. Je vous souhaite néanmoins une excellente lecture !