Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

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Vaut mieux en rire!

Il n’est plus chef, mais le PQ est toujours en Lisée.--- Michel Beaudry

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31 mai, 2018

La réflexion du jour

La sécurité d’emploi est sacrée dans la fonction publique. On fait comme l’Église catholique a fait avec ses prêtres pédophiles : on les transfère dans un autre département, c’est tout. Où ils recommencent leur petit manège. Comme le responsable du fiasco informatique d’Hydro-Québec qu’on est allé chercher pour gérer le fiasco informatique de la SAAQ.--- Richard martineau

30 mai, 2018

Nouvelles du Soleil : rien de vraiment rassurant


Les variations de l’activité solaire expliquent en grande partie les changements du climat

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Le cycle solaire # 24 touche à sa fin puisqu’il en est maintenant à son 112 mois sur une moyenne de 135 mois depuis que les observations des taches solaires ont été répertoriées méthodiquement à partir des années 1750. Le cycle # 1 est celui qui débuta donc après 1750. La représentation ci-dessus indique l’amplitude des cycles en fonction du nombre de taches solaires observées chaque mois terrestre, corrigées en fonction de la rotation du Soleil autour de lui-même en 25 jours. Comme chacun peut le remarquer l’activité solaire varie au cours des années et ces variations expliquent en grande partie les changements du climat au cours des siècles qui ont été bien répertoriés par les chroniques et vérifiées par toutes sortes d’autres méthodes.
Il existe une autre représentation des variations du nombre de taches solaires, nombre directement corrélé à l’activité magnétique de l’astre, qui est plus parlante, si l’on peut dire les choses. Depuis le cycle # 1 les astronomes ont établi une moyenne du nombre de taches solaires pour chaque mois et ont ainsi obtenu la courbe en bleu ci-dessous. Le nombre de taches solaires (solar spot number, SSN) du cycle # 24 est indiqué en rouge, et en trait gris celui du cycle # 5, le premier du minimum climatique de Dalton.
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Pour chaque cycle individuel il est alors possible d’obtenir par différence – pour chaque mois d’un cycle donné – entre cette moyenne et les observations réalisées dans le passé, ou pour le cycle # 24 actuel, le nombre de taches solaires supérieur ou inférieur à cette moyenne :
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Les astronomes obtiennent alors cette représentation beaucoup plus claire qui indique l’excédent ou le déficit en taches solaires pour chaque cycle, et cette représentation peut être réalisée pour n’importe quel mois de ces cycles. Comme il est facile de le remarquer aussi cette représentation montre clairement que le minimum climatique de Dalton et le petit âge glaciaire coïncident parfaitement avec des déficits en taches solaires ; et l’optimum climatique moderne résulte d’une activité solaire soutenue durant 7 cycles consécutifs, du jamais observé et déduit d’autres proxys depuis l’optimum climatique qui favorisa l’expansion de l’Empire Celte (et Gaulois) depuis la Mer Noire jusqu’à Bordeaux du 5e au 2e siècle avant notre ère. Ces conditions climatiques particulièrement favorables autorisèrent la mise à sac de Rome en 390 avant notre ère par les Celtes, mais c’est une autre histoire …
Le cycle solaire actuel qui en est donc à son 112e mois est largement déficitaire en nombre de taches et il est déjà le troisième cycle le plus déficitaire après les cycles # 5 et 6 (minimum de Dalton) depuis que les taches solaires sont scrupuleusement comptabilisées. Les astrophysiciens avaient noté il y a quelques semaines l’apparition d’une tache solaire dans l’hémisphère sud du Soleil qui aurait pu signer la fin du cycle # 24 mais elle n’a persisté que quelques jours ; c’était une fausse alerte. Pour ce qui concerne le futur de l’activité solaire les avis sont partagés. Le cycle suivant est prévu selon les modèles d’évolution du champ magnétique solaire comme étant également très faible et il faudra attendre au moins jusqu’en 2035 pour assister à une éventuelle normalisation de l’activité magnétique solaire, voire la fin des années 2040 à moins que le Soleil entre dans une phase d’atonie prolongée. Autant dire que ces simples observations incontestables réalisées par le passé n’augurent rien de bien « réchauffant » pour le futur de l’évolution du climat.
Source et illustration : http://kaltesonne.de/die-sonne-im-marz-2018-und-neues-uber-die-treibhausgas-empfindlichkeit-unseres-klimas/ via le site de Pierre Gosselin notrickszone

La réflexion du jour

Si la pénurie de main-d’œuvre est le principal défi économique auquel nous sommes confrontés, comme le dit à juste titre le premier ministre Couillard, comment se fait-il que nous ayons attendu si longtemps avant d’agir ?--- Alain Dubuc

29 mai, 2018

La réflexion du jour

En raison des décisions imposées par le gouvernement du Québec, on a eu droit au cours des 15 dernières années à un incroyable gaspillage d’argent de plusieurs milliards de dollars chez Hydro-Québec. Et le gaspillage se poursuit de plus belle au rythme d’un milliard par année avec l’achat forcé d’énergie éolienne et d’énergie biomasse, et ce à plus de trois fois le prix de l’électricité produite par Hydro-Québec.--- Michel Girard

28 mai, 2018

La réflexion du jour

Au Québec, notre écosystème médiatique accorde 77 % moins de contenu aux nouvelles économiques qu’en Ontario. Ce n’est sans doute pas parce que l’Ontario compte davantage de sièges sociaux. Est-ce trop ennuyant pour nous ? Les Ontariens sont-ils si brillants que ça ?--- Jean-François Dumas

26 mai, 2018

La réflexion du jour

Montréal est la plus pauvre de toutes ces villes, de la même façon que le Québec est devenu la province la plus pauvre au Canada. En 2003, le Québec arrivait au 4e rang dans le pays. En 2007, nous avions glissé au 6e rang. Puis en 2011, nous nous retrouvions au 9e et avant-dernier rang.
.....

Depuis 2013, ce qui devait arriver arriva, le Québec a atteint le fond du classement quant au revenu personnel par habitant. En ce sens, le portrait pour Montréal dans l’étude publiée hier constitue un fidèle reflet de la réalité québécoise en Amérique du Nord.--- Mario Dumont

25 mai, 2018

La réflexion du jour

Si l’entrepreneur privé fait du profit en ne dépensant pas tout son budget, il s’enrichit. Si le gestionnaire public ne dépense pas tout son budget, il risque de le voir réduit l’année suivante. Il recourt donc au phénomène du vidage des fonds de tiroirs du mois de mars.--- Adrien Pouliot

24 mai, 2018

La réflexion du jour

Depuis 2013, les partis politiques québécois vivent d’abord et avant tout avec l’argent de nos taxes et impôts. Les versements sont établis selon le nombre de votes à la dernière élection. Cette nouvelle politique est le résultat du traumatisme de la commission Charbonneau. Financement politique et corruption sont devenus synonymes. Pourtant, le financement politique existe dans toutes les démocraties sur terre, avec divers niveaux d’encadrement. La situation que nous avons créée au Québec est rarissime, si jamais elle existe ailleurs.--- Mario Dumont

23 mai, 2018

Débat typique avec un communiste…



J’ai récemment eu un échange de courriel avec un communiste. Ce dernier n’a aucune formation en économie, mais semble avoir eu une épiphanie: le communisme peut fonctionner si seulement il était démocratique! Comme la concurrence pure et parfaite est impossible, la planification centrale doit forcément, selon lui, être la seule manière d’obtenir une allocation optimale des ressources qui serait aussi plus équitable.
J’ai synthétisé ces plusieurs courriels en rubriques; ses arguments sont en caractères gras, suivis de mes réponses.
Le communisme a échoué dans le passé car il n’était pas démocratique
Le communisme démocratique est un oxymoron.  On en a jamais vu dans l’histoire et c’est impossible dans la pratique, tel qu’expliqué par Hayek si brillamment (voir ceci).
Le communisme est par construction incompatible avec la démocratie et favorise l’émergence du totalitarisme. C’est pourquoi tous les pays qui ont essayé le communisme ont rapidement affaibli la démocratie jusqu’à sa disparition.
De plus, de par la nature de la tâche et les compétences requises pour la mener à bien, les mouvements communistes (et fascistes) sont toujours menés par des crapules assoiffées de pouvoir et des tyrants cruels (Staline, Chavez, Mao, Castro, Pot, Kim, Tito, etc). On peut aussi ajouter à la liste les dirigeants quasi-communistes corrompus tels que les Perron-Kirschner et Lula-Roussef. C’est ce qu’Hayek décrit par « the worst rise on top ». Pas moins de 100% des grands leaders communistes de l’histoire ont été des tyrants! Et vous croyez que le prochain sera bienveillant et respectueux de la démocratie? Très drôle. Combien de morts faudra-t-il pour finalement prouver que le communisme ne fonctionne pas? Je pense qu’il y en a déjà trop eu. Ce serait irresponsable de recommencer encore une fois l’expérience.
Mais que dire de la Suède, un état très gros, mais démocratique?
Je suis content que vous utilisiez l’exemple de la Suède, un pays foncièrement capitaliste, où une grande proportion de l’économie est privatisée (voir ceci et ceci).
La Suède est bien loin du communisme. C’est une économie basée sur le libre-change et l’entreprise privée, mais avec un filet social généreux financé par un impôt personnel élevé. Il n’y a rien qui y ressemble à de la planification centrale.
Tout de même, jamais vu ne signifie pas impossible. Je soutiens que le communisme a existé dans le passé lointain.
En fait, le communisme fonctionne assez bien à petite échelle (famille, tribu, village), mais pas à plus grande échelle. Même Hayek est d’accord avec cette affirmation! Mais à l’échelle d’une ville, d’une province ou d’un pays, les choses se compliquent terriblement.
L’économiste Elinor Ostroms a remporté un prix Nobel en démontrant que les biens communs peuvent très bien être gérés de façon collective sans propriété privée tout en évitant la tragédie des biens communs. N’est-ce pas la preuve que le communisme peut fonctionner?
Non! Au contraire, les exemples soulevés par Ostroms n’impliquent pas la propriété étatique de ces biens. Elle explique plutôt que dans les cas où les droits de propriété sont impossible ou trop difficiles à établir, des règles simples convenues entre citoyens peuvent faire l’affaire. Une solution locale et décentralisée issue d’une forme d’auto-régulation. Rien à voir avec du communisme démocratique. Elle prône une forme de laissez-faire, une acceptation de la diversité des façons de faire, plutôt que l’adoption d’une solution uniforme planifiée dans une tour d’ivoire. Cette vision chaotique de l’économie est tout à fait en ligne avec la perspective libertarienne. Voir ceci.
Quant aux coopératives, jardins collectifs, fermes participatives et monastères, le capitalisme n’exclut aucunement ces initiatives. Celles-ci peuvent très bien coexister avec un système capitalisme sans problème et sans entrave. En revanche, démocratie et communisme ne peuvent pas co-exister. Il faut que quelqu’un prenne les décisions au bout du compte et le pouvoir attire les tyrants.
L’innovation est possible dans un système communiste. C’est la recherche fondamentale qui innove, les start-up font les applications mais ne découvrent rien, c’est l’argent public qui financent les fusées, le Téflon, l’accélérateur de particules, le décodage du génome, la nano-sciences…
Non, pour qu’une découverte améliore le niveau de vie, il faut qu’elle soit traduite en bien utilisable par la population. C’est ça l’innovation: i.e. trouver comment adopter de nouvelles découvertes dans un processus de production pour améliorer le niveau de vie. Et ça c’est le secteur privé qui le fait toujours. Le secteur public n’a aucun incitatif à innover et est toujours en retard.
Aux États-Unis, les universités sont privées. Les subventions concernent surtout les frais de scolarité des étudiants, pas la recherche directement. Ceci dit, si vous souhaitez que l’état finance davantage la recherche fondamentale, c’est défendable, mais de là à justifier le passage au communisme…
Beaucoup de recherche fondamentale a été faite par des entreprises privées, comme Bell Labs, et de nos jours Google. Mais il est vrai que l’état a donné un coup de pouce et a aidé Silicon Valley à émerger. Il faut aussi tenir compte du fait que l’état a un effet crowd out sur le privé. J’avais écris un texte sur l’internet qui donne quelques éclaircissements. Sans entreprise privée, l’internet serait possiblement resté un réseau militaire inutile pendant longtemps…
Le teflon a été découvert par un dénommé Roy Plunkett, qui travaillait au Jackson Laboratory, un laboratoire situé dans le New Jersey et appartenant à la société chimique américaine E.I. du Pont de Nemours and Company, une entreprise privée.
Et que dire des chars soviétique, supérieurs à ceux des américains, Spoutnik, Gagarine? 
Oui, je l’accorde que pour gaspiller des ressources dans l’industrie de la guerre, le communisme n’a pas son pareil. Si le planificateur concentre les ressources sur une activité en particulier, bien sûr que cette nation communiste prendra de l’avance sur les autres dans cette activité, mais ce sera au détriment de tout le reste…
Même chose pour l’aérospatiale: les planificateurs ont décidé de détourner des ressources vers la course à l’espace pour impressionner les américains et convaincre d’autres pays d’adopter le communisme. Mais cela s’est fait au détriment des autres activités économiques.
Quand Khrushchev a visité Nixon aux États-Unis et qu’il a vu une machine à laver, un lave-vaisselle et un réfrigérateur suffisamment abordables pour qu’une famille moyenne puisse facilement se les payer, il a déclaré qu’il s’agissaient de luxes inutiles, et a bifurqué la conversation au sujet des missiles de l’URSS…
Voir cet article qui va dans la même veine.

En outre, il est des marchés qui se prêtent encore moins à la concurrence privée, comme l’agriculture : Mère-Nature est capricieuse, les récoltes sont bonnes ou mauvaises, et font fluctuer les prix ce qui amène les producteurs à jeter de la nourriture pour maintenir les prix! Et que dire du logement, dont les coûts sont exorbitants…
Ce problème résulte directement des interventions gouvernementales. Ceci dit, cela n’est pas un problème grave pour les consommateurs. En revanche, le communisme est plutôt la cause de famines et pénuries de nourriture, ça c’est un problème pour la population.
La chose qui fait le plus augmenter les coûts de logement sont les règles de zonage et les restrictions diverses sur la construction ainsi que les contrôles de loyers (qui découragent l’offre). Encore des effets pervers d’interventions étatiques. On peut aussi parler du subventionnement direct de l’assurance hypothécaire (qui sévit au Canada). Voir ce billet à cet égard.

Un marché dit mature, où la concurrence (déloyale) est devenue illusoire (zéro innovation), doit être collectivisé car il est devenu une rente.
Aucun marché n’est vraiment mature. L’automobile est présentement en révolution, les magasins à rayons sont en déclin au profit du commerce en ligne, les modèles d’affaires des épiciers sont en changement, les banques changent complètement leur façon d’opérer, pleins de start-ups émergent dans tous les secteurs. Même les entreprises de produits domestiques sont en disruption (Unilever, Nestlé, Colgate, etc), par les micro-marques innovatrices qui gagnent des parts de marché.
Tout ces changements sont motivés par la concurrence et la recherche du profit, qui sont absents d’un système communiste.
S’il n’y pas de concurrence loyale, nomme-moi donc un exemple de quelque chose que les consommateurs paient en général trop cher en raison de manque de concurrence? Bonne chance!
Réponse : les cercueils…
Faux. Les rendements sur le capital des entreprises de services funéraires n’indiquent pas un manque de concurrence, au contraire. Tu peux regarder Park Lawn, Service Corp et Dignity PLC par exemple, pas d’abus du tout.
Les gens paient trop cher pour les cercueils parce qu’ils choisissent délibérément des modèles trop dispendieux. C’est un biais comportemental, et non un manque de concurrence qui permet le « price gouging ».
Pour que le manque de concurrence soit un problème pour la population, il faut nécessairement qu’il en résulte un comportement abusif des producteurs par l’entremise de prix élevés, résultant en des rendements sur le capital anormalement élevés.
Et que dire du secteur des équipementiers automobiles, qui sont dépendants des fabricants? Des usines de Volkswagen ont fermé, résultant en des faillites et mises à pieds chez les fournisseurs établis dans la ville.
Ceci est anecdotique, et non empirique. Leur modèle d’affaire n’était visiblement pas assez diversifié et insoutenable. Le capitalisme a l’avantage d’éliminer ces inefficiences en faveur des meilleurs producteurs, ce qui crée de la richesse pour tous. Je serais prêt à parier que des subventions gouvernementales ont favorisé l’émergence d’un tel écosystème comme c’est le cas dans l’industrie aéronautique canadienne.
Si l’industrie automobile n’était pas assez concurrentielle, il y aurait trois symptômes: 1) les marges et rendement sur le capital des manufacturiers seraient anormalement élevées aux dépends des consommateurs, 2) les véhicules ne s’amélioreraient pas technologiquement et 3) les fournisseurs seraient malmenés (comme tu l’affirmes).
Or, on observe le contraire. Les manufacturiers automobiles ont des rentabilités dérisoires, entre 5-6% de rendement sur le capital, signe que la concurrence y est féroce. Les fabricants automobiles se livre une féroce concurrence ce qui résulte en des prix qui n’ont pas beaucoup augmenté en termes réels ces 30 dernières années pour des véhicules ayant bénéficié d’une quantité énorme d’innovations améliorant le confort et la performance.
Les fournisseurs tant qu’à eux sont prospères, regardez les rendement sur le capital de Delphi, Borgwarner, Magna et Linamar, entre 12% et 20%! Donc les faits ne concordent pas avec votre petite théorie. Cette industrie est concurrentielle et ne nécessite aucune intervention (encore moins collectivisation). Maintenant, vous voulez nous parler des exemples d’automobiles produites par des entreprises étatiques? Je suis sûr que non!
L’entrepreneur privé fixe son prix de vente au-dessus du coût de revient, donc il plume le client d’une façon ou une autre. Tandis que dans le public, on met un prix de vente = au coût de revient. Donc, on paye un prix minimal.
Il faut d’abord se demander quel est l’incitatif du secteur public à fournir le bien ou service au coût de revient le plus bas. Pour faire baisser les coûts, il faut innover, faire des investissements qui améliorent la productivité et trouver des manières de faire plus avec moins. Sans la pression de la concurrence, pas d’incitatif à innover pour améliorer le processus de production ni à contenir les coûts.
Voir mon article sur l’importance du profit ici.
L’incitatif à maintenir les coûts faibles, c’est le goût du travail bien fait, le respect de l’usager…Fais un peu confiance au sens de l’honneur, de respect des uns et des autres
Vraiment pas! Vous ne vivez pas sur la même planète que moi. La nature humaine est ce qu’elle est et, encore une fois, la réalité historique est là pour le démontrer.
Pourquoi la privatisation du rail anglais a fait tripler le prix du billet? 
Voici deux articles qui éclaireront votre lanterne à ce sujet ici et ici.

La planification n’a qu’à se faire en fonction des besoins, en se basant sur la consommation de l’année précédente.
Non! Le planificateur ne peut connaître les besoins. En 1980 aviez-vous besoin d’un lecteur DVD? C’est l’offre qui crée la demande. On investit, on innove, on produit et le fruit de la production permet de consommer. Impossible de vraiment connaître les besoins d’investissement sans signal de prix et de profit. Les économistes appellent cela la Loi de Say.
Comment GM gère-t-elle ses stocks alors?
Justement, gérer les stocks d’une seule entreprise qui n’offre qu’une seule gamme de produit est déjà une tâche monumentale difficile à accomplir parfaitement. Imaginez lorsqu’il est question des métaux entrant dans la production du véhicule, de la machinerie nécessaire à la production de ce métal, de chaque composant entrant dans l’assemblage de cette machinerie, c’est infini!
La production d’un simple crayon à mine nécessite la coordination d’un nombre incalculable d’entreprises, de travailleurs aux diverses compétences et des ressources allant du coq à l’âne (voir ceci).
Quand j’observe les planificateurs gouvernementaux, ils ont des difficultés monumentales à faire des prévisions, voire même à mesurer ce qu’il tente de prévoir. Tout ce qui est confié sous la juridiction de l’état (entretien des routes, système de santé, éducation, etc) fonctionne mal. Vous voudriez leur confier l’ensemble de l’économie? Très drôle! Ce serait un désastre, comme ça l’a été dans tous les pays communistes.
L’Afrique est pauvre, il n’y a pourtant pas de communisme sur ce continent!
Il y a plusieurs causes de la pauvreté en Afrique, comme je l’expliquais dans ma série de billets intitulée « Diagnostic Pauvreté ». Ceci dit, vous oubliez que le communisme a joué un rôle important en Afrique durant la guerre froide. Plusieurs pays se sont déclarés communistes (même si aux yeux de l’URSS, ils étaient plutôt « semi-communistes »). Somalie, Congo, Éthiopie, Mozambique, Bénin, Angola, Madagascar, Algérie, Guinée, le Cap Vert, Guinée-Buissau, Tanzanie, Zambie, Sao Tomé-et-Principe et Seychelles. Ça en fait pas mal!
Il apparaît évident quand on regarde les politiques économiques désastreuses et les institutions déficientes de ces pays que le communisme a eu une influence négative sur le développement de ces pays.
On revient à MA grande question: si la concurrence n’est pas parfaite, alors l’allocation des ressources non plus.
Premièrement, la concurrence loyale ne peut être amenuisée que par l’état. Presque tous les marchés sont contestables et c’est ce que nous observons dans la réalité.
Deuxièmement, le fait que l’allocation ne soit pas optimale ne signifie pas que la planification centrale puisse mieux faire (en fait l’expérience historique montre que c’est l’inverse).
En somme, le marché n’atteint jamais l’équilibre, faisant constamment l’objet de chocs qui le débalancent et provoque des petits cycles, ce qui signifie qu’il n’y a pas de concurrence pure et parfaite
Non, l’allocation optimale des ressources n’est pas toujours possible, mais un système de libre-marché s’en approche suffisamment près, alors que toute tentative de planification centrale nous en éloigne davantage, la réalité historique l’a démontré parfaitement. L’état intervient pour « optimiser » cette allocation et le résultat est pire que ce que le libre-marché avait non-optimalement atteint. C’est en résumé ce que j’expliquais dans ce billet.
Les hypothèses de la concurrence pure et parfaite ne sont pas réalistes, mais celles qui sous-tendent la planification centrale le sont encore moins. Il faut vraiment être naïf pour penser que les biais humains qui rendent la CPP impossibles n’ont « magiquement » aucun effet sur les « super-humains » qui seraient planificateurs centraux, et qu’en plus ils ne seraient aucunement corrompus par leurs nouveaux pouvoirs. Si on ne l’avait jamais essayé, on pourrait en douter, mais c’est ce qu’on a observé à toutes les fois, à plus d’une dizaine de reprises! Voir la définition de la folie par Einstein…

La réflexion du jour

Nos élites sont devenues moralisatrices à en pleurer. Nous multiplions les commissions, comités, groupes d’études et polices parallèles (UPAC) pour combattre notre discrimination, notre racisme, notre islamophobie, notre homo et transphobie, notre sexisme et notre corruption endémique. Cela coûte de l’argent sonnant et pesant, payé à même les taxes des culpabilisés que nous sommes.--- Denise Bombardier

22 mai, 2018

La réflexion du jour

Ce qui est frappant dans tout ça c’est comment, année après année, les mêmes problèmes réapparaissent à peu près sous les mêmes formes. Les gouvernements et les ministres changent, et les patients continuent à patienter. Comme à l’habitude, les solutions sont connues et la Vérificatrice en propose quelques-unes qui sont tout à fait pertinentes. Mais au fil des années, les gouvernements ne les appliquent qu’en partie, à reculons ou pas du tout, ce qui fait qu’on relit les mêmes manchettes depuis trente ans.--- Patrick Déry

21 mai, 2018

La réflexion du jour

« Les Montréalais paient six taxes sur l’essence, ce qui équivaut à 40 % du prix qui est payé. Comme nous sommes les plus taxés, on devrait s’attendre à des infrastructures extraordinaires, mais malheureusement ce n’est pas le cas », déplore Carl Vallée, directeur Québec de la Fédération canadienne des contribuables qui a publié cette étude jeudi.

19 mai, 2018

La réflexion du jour

Somme toute, le paysage politique se divise entre ceux qui compliquent les projets les plus simples, ceux qui font passer les apparences avant la substance, et ceux qui parlent beaucoup, mais accomplissent peu. Voilà bien de quoi faire rigoler... ou pleurer !--- Nathalie Elgrably-Lévy

17 mai, 2018

La réflexion du jour

Environ 2,9 milliards de dollars. C'est ce que cela a coûté en perte de rendement à la Caisse de dépôt et placement du Québec pour avoir investi pendant 17 ans dans Québecor Média. Au final, le rendement moyen de 2 % par an obtenu par la Caisse dans Québecor Média est « décevant » sur le plan financier, estime le professeur en finance et ex-grand patron de la Caisse Richard Guay.

16 mai, 2018

Liberalism: where did it come from and are its days numbered?

Liberalism has been the dominant political philosophy in the West for more than 200 years. Populists say liberals are too elite and are out of touch with ordinary people. Here's what you need to know about liberalism and its place in modern society.

15 mai, 2018

La réflexion du jour

Quelle serait donc l’utilité que la Caisse cesse d’investir dans les combustibles fossiles ? Nos automobiles continueraient d’être presque totalement alimentées à l’essence. Il n’y aurait aucun impact significatif sur les entreprises concernées. Par contre, il serait difficile pour la Caisse de maintenir le même rendement en ayant les mains liées. Au mieux, un nombre restreint de Québécois s’achèterait une bonne conscience ; au pire, ce serait un coup d’épée dans l’eau cher payé.--- Mathieu Bédard

12 mai, 2018

La réflexion du jour

QS donne bonne conscience aux amateurs de Pomerol et divertit la jeunesse uqamisée avec ses élucubrations soi-disant modernes. Ce parti, subventionné comme les autres, prend des airs révolutionnaires mais prône la consolidation du statu quo : plus d’État, plus de dépenses, plus d’impôt, etc. Oui aux friperies, Non à Louis Vuitton...Michel Hébert

11 mai, 2018

La réflexion du jour

On résume : le coût (ndlr des CHSLD privés conventionnés) pour le patient est le même mais il est un peu moindre pour l’État, l’accès est le même, les conditions de travail des employés sont les mêmes, et le service est supérieur. On attend quoi pour utiliser davantage le modèle et, pourquoi pas, l’étendre aux hôpitaux? --- Patrick Déry

10 mai, 2018

La réflexion du jour

Que les partis politiques établissent leurs cibles environnementales dans leur programme politique, c’est parfait. Mais qu’ils laissent la Caisse de dépôt tranquille pour établir sa stratégie d’investissement.--- Mario Dumont

09 mai, 2018

Idée reçue : “Les pays scandinaves sont la preuve que le socialisme fonctionne”

Ils sont en réalité bien plus libéraux que nos politiciens veulent nous le faire croire.

Nous entendons régulièrement des politiciens prendre en exemple les pays scandinaves pour justifier le matraquage fiscal qu’ils imposent aux citoyens français : “Regardez le niveau d’imposition en Suède ou au Danemark, et pourtant ils font partie des pays où les gens sont les plus heureux.”
CQFD : davantage d’impôts rend les gens plus heureux. Cette conclusion hâtive ne tient cependant pas compte du fait que les pays scandinaves sont en réalité bien plus libéraux que nos politiciens veulent nous le faire croire. En effet, leurs économies privilégient grandement le marché à la bureaucratie dans leurs fonctionnements. Voyons comment en nous intéressant tout particulièrement à l’exemple suédois.
Il est intéressant de rappeler que certains des pays scandinaves n’ont pas toujours été des pays socialistes. La Suède a par exemple connu une histoire assez extraordinaire. Avant 1850, le pays se résumait globalement à de grandes étendues de toundra peuplées de paysans. Dans le siècle qui va suivre, elle va s’ouvrir au monde grâce à une politique de libre-échange volontariste. Alors que de nombreux pays faisaient le choix de mettre en place des États-Providences, la Suède, elle, privilégie le marché et la liberté individuelle.
Ces choix lui permettent de devenir en 1950 la 4ème économie mondiale et d’afficher une liste impressionnante d’inventeurs et de société de premier ordre mondial : Alfred Nobel (dynamite), Baltzar von Platen (réfrigérateur), Volvo, Saab, Ericsson …
Cependant, l’influence de l’aile gauche des sociaux-démocrates, désireux de mettre en place un État-Providence en Suède s’est fait de plus en plus forte à partir de 1950. En 1969, Olof Palme, fraîchement élu, va rompre avec l’histoire et la tradition suédoise : augmentation des taxes et impôts, vote des réglementations dans tous les sens. L’arrivée au pouvoir des libéraux en 1976 ne change rien à l’orientation de la politique engagée sous Palme. À son retour au pouvoir en 1982, il poursuit l’oeuvre qu’il avait engagée en 1969 à grands renforts de dévaluation et d’inflation. La déreglementation de l’offre de crédit, effectuée dans un contexte de taux d’intérêt corrigés de l’inflation quasiment nuls, provoque une gigantesque bulle de crédit.
Autrement dit, au milieu des années 1980, la situation de la Suède est beaucoup moins réjouissante : l’inflation atteint 10%, le PIB chute de plus de 25% en trois ans au début des années 1980, le pays est sorti du top 10 des pays les plus riches de la planète …
À la suite de l’assassinat d’Olof Palme en 1986, Ingvar Carlsson va se montrer bien plus pragmatique que ses prédécesseurs et revenir aux fondamentaux qui avaient assuré la réussite de la Suède : moins de réglementations, plus de liberté. Alors que la fin des années 1980 est marquée par une forte reprise économique, une gestion désastreuse de la politique de changes et un contexte international tendu à la suite de la guerre du Golfe poussent la Suède au bord du précipice au début des années 1990.
Le gouvernement est obligé de privatiser un certain nombre de secteurs (compagnies aériennes, telecoms) et de dévaluer la krona. Ces réformes permettront à la Suède d’éviter le pire mais elle ne connaîtra plus jamais les niveaux de croissance qui étaient les siens avant 1970.
Il n’est donc pas surprenant de retrouver aujourd’hui des signes de ces deux phases libérale et socialiste dans le fonctionnement du pays. Le taux d’imposition sur le revenu est très élevé et les mécanismes de redistribution nombreux. Néanmoins de nombreux pans du fonctionnement de l’État suivent des mécanismes de marché.
Le marché de l’électricité est par exemple totalement libre : vous pouvez acheter votre électricité auprès de qui vous le souhaitez, même à l’étranger. Idem pour les transports : point de RATP qui opère des trains à Stockholm mais un Storstockholms Lokaltrafik, organisme public qui ne fait que gérer des contrats de sous-traitance. Le métro est d’ailleurs opéré par une firme hong-kongaise, MTR.
L’école n’est pas gérée par un mammouth version rue de Grenelle. Les parents reçoivent des chèques éducation qui leur permettent de choisir l’école qui convient le mieux pour leurs enfants qu’elle soit publique ou privée. Les ministères centraux sont réduits au minimum pour laisser libre cours à l’initiative locale.
Si nous nous attardons sur des considérations plus économiques, la Suède a un niveau de prélèvement très élevé cependant, ces niveaux sont concentrés sur les revenus des individus et non des entreprises. Le taux d’imposition sur les sociétés dans les pays scandinaves se situe d’ailleurs autour de 25% soit près de 8% de moins que chez nous.
Par ailleurs, le fonctionnement de l’assurance-chômage est bien différent de celui de notre beau pays. Loin d’être géré par la mafia des syndicats, les Suédois sont obligés de souscrire à un organisme d’assurance mais ont le choix entre plus de 30 organismes privés qui sont en concurrence pour offrir les meilleurs services.
Les pays scandinaves sont également des pays plutôt pro-business en témoigne leur classement Doing Business établi par la Banque Mondiale : Danemark, 3ème, Norvège, 9ème, Suède, 10ème. A titre de comparaison, la France se classe … 31ème.
En regardant dans le détail, nous sommes donc bien loin du paradis “socialiste” que l’on nous vend en France. Ces pays sont bien plus libéraux que le Royaume-Uni ou le Canada qu’on nous présente volontiers comme des enfers “ultra-libéraux”. La présence de très nombreux mécanismes de marché dans leur fonctionnement en est le témoin.
Il faut enfin souligner que la Suède n’a jamais retrouvé les niveaux de prospérité qui avaient été les siens lorsqu’elle était un pays pleinement libéral. Le nombre de créations nettes d’emplois dans le secteur privé a été quasi-nulle depuis 1970. Son taux de chômage relativement faible tient compte pour partie de départs à la retraite anticipés et de nombreuses personnes vivant de la redistribution opérée par l’État.
Ainsi, choisir de s’inspirer du modèle scandinave pourrait constituer une bonne première étape pour la France mais je ne pense pas que nos politiciens aient en tête la mise en place de mécanismes de marché lorsqu’ils évoquent les pays scandinaves. Les principes socialistes ayant montré leur échec dans ces pays, il serait d’ailleurs inutile de s’en inspirer, ne gardons que le meilleur de ces pays : plus de liberté !
Pour aller plus loin :

La réflexion du jour

En plus de l’argent et de la façon de le dépenser, il y a la rigidité extrême du milieu, qui assimile toute recherche de solution à une attaque.--- Paul Journet

08 mai, 2018

La réflexion du jour

Nous donnons la moitié de notre paye à l’État. Nous nous fions sur ce bon gouvernement pour s’occuper de l’éducation de nos enfants. Parce que la réussite de nos enfants, ce n’est plus notre affaire, c’est l’affaire d’un ministre, d’une bande de fonctionnaires, d’une commission scolaire et d’enseignants. « Ils sont payés pour ça ! »--- Mario Dumont

07 mai, 2018

La réflexion du jour

Bref, oublions rapidement cette mauvaise et dangereuse idée (ndlr préparation du rapport de revenues par le gouvernement). Si les gouvernements veulent vraiment améliorer le sort des contribuables, qu’ils simplifient la déclaration d’impôts. Créer un nouveau monopole gouvernemental n’est pas une solution.--- Germain Belzile

04 mai, 2018

La réflexion du jour

Ce n’est pas au gouvernement de s’immiscer dans les détails des relations de travail. Les premières victimes du projet de loi no 176 seront celles que le gouvernement essaie d’aider : les petits entrepreneurs, les jeunes et les immigrants.--- Jasmin Guénette

03 mai, 2018

La réflexion du jour

Le PIB du Canada sera moins élevé en 2022 à cause de la taxe carbone. Toute nouvelle taxe, incluant la taxe carbone, devrait être « fiscalement neutre », c’est-à-dire qu’elle devrait au minimum être accompagnée d’une réduction équivalente du fardeau fiscal. Source : Directeur parlementaire du budget, 2018


02 mai, 2018

Cryptomonnaie : la monnaie sans l’État

Qu’implique l’essor des cryptomonnaies pour les monnaies nationales et pour les politiques monétaires ?

Extrait du rapport Bitcoin, Totem et tabou, rédigé avec Gonzague Grandval et publié en février 2018 par l’Institut Sapiens.
L’essentiel de l’histoire de la monnaie à travers les siècles, et même les millénaires, est l’histoire d’une appropriation très progressive, par l’État, de cette institution qui, à l’origine, était une création spontanée.
Cette appropriation s’est faite au prix, d’une part, d’une réduction croissante de la liberté des utilisateurs des monnaies et des services bancaires, et, d’autre part, de désordres monétaires de plus en plus violents, conduisant eux-mêmes à une intervention croissante des États dans ce domaine, comme le montre bien Jesus Huerta de Soto dans Monnaie, crédit bancaire et cycles économiques, (L’Harmattan, 2011).
Cette évolution a été extrêmement progressive. Elle s’est étalée sur plusieurs millénaires avec plusieurs étapes clés. Les monarques ont notamment imposé un nom aux pièces d’or (généralement le leur). Ils ont accru la réglementation sur les modalités de production des pièces d’or. Ils ont usé de leur droit de seigneuriage, consistant à diminuer le contenu en or des pièces tout en gardant leur valeur nominale, afin d’empocher un profit leur permettant de financer des dépenses massives. Cette forme de spoliation a d’ailleurs été dénoncée très tôt, notamment dans ce qui est probablement la première grande œuvre économique, le Traité sur la monnaie rédigé en 1355 par Oresme.
Plus tard, les États ont encadré de plus en plus étroitement l’activité des banques. Tout en accroissant, par certains aspects, leurs obligations, ils leur ont octroyé divers privilèges qui servaient leurs propres fins. Ils ont ainsi autorisé le système des réserves fractionnaires et la « suspension du paiement en espèces » en période de tension bancaire, afin de favoriser l’activité de création monétaire des banques par le crédit, qui contribuait à alléger le coût du financement de l’État.
Murray Rothbard analyse ce phénomène de la manière suivante, dans État, qu’as-tu fait de notre monnaie ? :
Alors que chacun doit payer ses dettes ou bien être condamné à faire faillite, les banques peuvent refuser de convertir leurs billets, tout en exigeant de leurs débiteurs qu’ils paient à une date spécifiée. Ceci est généralement appelé « suspension du paiement en espèces. « Permis de voler » serait plus exact, car comment appeler autrement une autorisation gouvernementale de continuer ses affaires sans respecter ses contrats ?
Ces pratiques étaient auparavant minoritaires, interdites et souvent sévèrement punies ; par exemple, comme le décrit Jesus Huerta de Soto, en Catalogne, à partir de 1321, un banquier ne parvenant pas à honorer ses obligations parce qu’il aurait utilisé indûment une partie des dépôts à vue reçus pour accorder des prêts pouvait être décapité. Mais elles ont progressivement été implicitement tolérées par les autorités puis admises officiellement.
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Enfin, les États ont conféré des privilèges à certaines banques, par la suite consacrées banques centrales et prêteurs en dernier ressort. Par exemple, en France, Napoléon a offert progressivement, à partir de 1803, le privilège de l’émission de billets à la Banque de France, qui avait notamment pour actionnaires… Napoléon et sa famille.
En général, après avoir octroyé à une banque le monopole de l’émission des billets, le gouvernement procédait, plusieurs années plus tard, à sa nationalisation, au motif qu’elle risquait d’abuser de sa position de monopole. Au 20ème siècle, l’activité de production monétaire dévolue aux banques commerciales à travers le mécanisme du crédit mais finement piloté par les banques centrales a permis aux États d’essayer d’orienter autant que possible l’activité économique, notamment sous l’influence des idées keynésiennes, et de financer le poids croissant des États Providence.
Ce pouvoir s’est traduit par une tendance inflationniste généralisée et inédite, conduisant ensuite souvent à des politiques de stabilisation aux conséquences économiques et sociales douloureuses, puis un cercle vicieux de politiques de « relance » et de « stabilisation ».
Une des motivations des créateurs de cryptomonnaies est de libérer les populations de ces travers. Elle s’appuie sur les analyses des économistes ayant théorisé, depuis plusieurs décennies, la nécessité de privatiser la monnaie. Comme le résume Pascal Salin dans Libéralisme (Odile Jacob, 2000) :
Certes, c’est parce qu’il s’est emparé du monopole de la production de monnaie que l’État est le seul à pouvoir lutter contre l’inflation, mais il est le seul à créer de l’inflation et il est le plus apte à le faire (…). Il n’y aurait pas besoin de politique de stabilisation monétaire si l’État n’avait pas d’abord créé de l’instabilité monétaire ! La succession des phases d’inflation et de désinflation est l’expression même d’une instabilité monétaire. Elle est le pur produit de l’interventionnisme étatique dans le domaine monétaire. Pour supprimer l’instabilité monétaire il n’y a pas d’autre solution que de retirer de l’État toute décision concernant la production et la circulation de la monnaie. Il faut donc privatiser la monnaie.
Dès 1976, dans The Denationalization of Money, Hayek proposait de suspendre le monopole de l’émission monétaire :
Le secteur privé, s’il n’en avait pas été empêché par l’État, aurait depuis fort longtemps fourni au public un choix de monnaies diverses, et celles qui auraient prévalu grâce au processus de concurrence auraient fondamentalement eu un pouvoir d’achat stable et auraient empêché tant la stimulation excessive de l’investissement que les récessions qui leur sont consécutives.
Quelques années plus tard, en 1984, il déclarait, avec une expression presque prophétique si on la relie à l’apparition du bitcoin :
Je ne crois pas au retour d’une monnaie saine tant que nous n’aurons pas retiré la monnaie des mains de l’État ; nous ne pouvons pas le faire violemment ; tout ce que nous pouvons faire, c’est, par quelque moyen indirect et rusé, introduire quelque chose qu’il ne peut pas stopper.
À l’époque, sa proposition avait suscité un intérêt qui n’était toutefois resté qu’académique. Personne n’envisageait sa mise en œuvre concrète à court terme, ce dont Hayek était d’ailleurs parfaitement conscient ; il précisait, en introduction de son ouvrage :
Je suis convaincu que la tâche principale d’un théoricien de l’économie ou d’un philosophe politique doit être d’influencer l’opinion publique afin de rendre politiquement faisable ce qui semble impossible aujourd’hui.
Avec l’essor des cryptomonnaies, cette concurrence est désormais une réalité. Les utilisateurs de monnaie peuvent choisir librement les monnaies les mieux à même de répondre à leurs besoins. Exactement comme cela a longtemps été le cas dans de nombreuses régions du monde et à de nombreuses périodes de l’histoire.
Cette concurrence est encore embryonnaire mais elle est appelée à se développer. Même si le cours légal existera probablement encore longtemps, elle crée une situation qui n’était pas prévue par les autorités monétaires et dont les conséquences sont encore difficiles à mesurer.
Si les inventeurs du bitcoin et de ses petites sœurs cryptomonnaies avaient demandé la permission pour le faire, elle ne leur aurait jamais été accordée. C’est d’ailleurs ce qui explique l’explosion d’innovation que l’on constate en ce moment dans ce secteur. Chacun peut s’approprier la technologie et la compléter, ce qui ouvre au domaine de la monnaie un potentiel d’innovation qui lui était auparavant totalement interdit.
L’usage des cryptomonnaies pourra être encadré et l’est déjà. Mais il sera impossible techniquement de les interdire. Le génie technologique et monétaire s’est échappé de la lampe, et rien ne l’y fera rentrer. On ne fera pas reculer les cryptomonnaies, pas plus qu’on ne peut « faire revenir le dentifrice dans le tube » (pour reprendre la célèbre métaphore, à propos de l’inflation, d’un ancien patron de la Bundesbank). Des mesures d’interdiction seront probablement prises, sur des motifs souvent légitimes (lutte contre le blanchiment et le terrorisme, etc.) mais leur mise en œuvre sera difficile.
De manière schématique, le seul moyen vraiment efficace d’empêcher l’utilisation d’une cryptomonnaie serait de bloquer tout accès à Internet. Les interdictions légales éventuelles ralentiront l’essor des cryptomonnaies, pourront faire chuter les cours mais se traduiront rapidement par un déplacement des acteurs et des capitaux vers des zones géographiques plus accueillantes et vers d’autres cryptomonnaies plus adaptées techniquement. Les régulations excessives auront aussi pour effet de faire basculer dans le marché noir une plus grande proportion d’activités économiques.

QUEL AVENIR POUR LES POLITIQUES MONÉTAIRES ?

Quelle politique monétaire si les agents économiques souhaitent régler une partie croissante de leurs transactions en cryptomonnaies plutôt qu’en monnaies nationales ?
Le pouvoir de battre monnaie est parfois présenté comme une fonction régalienne. Cette affirmation est pourtant largement arbitraire. Elle n’est acceptée que parce qu’elle est répétée ad nauseam, sans grande justification.
Ce pouvoir est en tout cas de facto retiré aux États par l’apparition des cryptomonnaies. Quelques États ont des velléités de création de cryptomonnaies étatiques mais tant que ces dernières resteront créées et gérées par des organismes centralisés, elles n’auront aucune chance de concurrencer celles fondées sur des blockchains véritablement libres et décentralisées.
Dans les économies contemporaines, la politique monétaire reste un outil de politique publique pour influencer le niveau des taux d’intérêt en pilotant l’évolution de la masse monétaire. Elle poursuit divers types d’objectifs macro-économiques selon les pays (maîtrise du niveau général des prix, activité économique, etc.). Cet outil est totalement inopérant avec des cryptomonnaies émises de manière décentralisée par un algorithme dont les concepteurs et la communauté ont décidé des caractéristiques. C’est donc un pan majeur des politiques publiques qui pourrait être remis en question.
Pour les économistes qui croient dans l’efficacité des politiques monétaires pour stabiliser l’économie (opinion largement dominante aujourd’hui), c’est une évolution extrêmement préoccupante.
En revanche, elle est positive pour ceux qui estiment que le monopole de l’émission de la monnaie par la puissance publique a eu des effets économiques globalement négatifs. C’est notamment le cas de l’école autrichienne, fondée par Carl Menger, Eugen von Böhm-Bawerk et Ludwig von Mises. Hayek a obtenu le prix Nobel d’économie pour cette analyse. D’après eux, le nombre et l’ampleur des catastrophes monétaires au 20ème siècle a augmenté avec l’emprise croissante des États sur la monnaie. Et, de leur point de vue, les manipulations monétaires effectuées par les banques centrales sont la cause principale des cycles économiques, avec leur succession de phases de croissance artificielle et de crises aux conséquences dévastatrices.
Le scenario selon lequel les banques centrales pourraient commencer à acheter des cryptomonnaies pour prendre en compte la hausse considérable de leurs cours et diversifier leurs actifs paraît encore difficile à imaginer. Pourtant, il commence à être évoqué par des acteurs crédibles. La directrice du FMI, Christine Lagarde, s’est exprimée sur le bitcoin et les cryptomonnaies d’une manière inhabituellement positive.
Et l’économiste Saifedean Ammous estime que le bitcoin pourrait servir de socle à un nouveau système monétaire international dans lequel les banques centrales pourraient trouver un intérêt à l’utiliser à la fois comme monnaie de réserve et comme système de règlement interbancaire1. Pour lui, ce serait possible en raison du fait que le bitcoin est, avec l’or, la seule monnaie dénuée de risque de contrepartie. Il considère qu’une telle évolution pourrait même se produire bien avant que le progrès technologique ne permette au bitcoin d’être couramment utilisé pour des achats de petits montants.
Hal Finney, le premier développeur ayant aidé Satoshi Nakamoto à mettre en place le protocole Bitcoin, estimait également, dès 2010, que les banques pourraient posséder des bitcoins et ne les utiliser que pour leurs échanges interbancaires et pour servir d’actif sous-jacent à l’émission de prêts. Il citait l’économiste Georges Selgin, théoricien de la banque libre (indice parmi d’autres de l’impressionnante culture économique des concepteurs de Bitcoin), qui estime qu’un système de réserve fractionnaire serait possible.
Ce dernier aspect fait toutefois débat parmi les économistes qui estiment que la monnaie pourrait et devrait être soustraite au monopole public. Par exemple, Saifedean Ammous estimeque
sans un prêteur en dernier ressort, le système de réserves fractionnaires devient extrêmement dangereux, et les seules banques qui survivront sur le long terme seraient celles s’appuyant sur une monnaie saine et offrant des instruments financiers 100% appuyé sur Bitcoin.
  1. AMMOUS Saifedean, The Bitcoin Standard: The Decentralized Alternative to Central Banking, Wiley, 2018. ↩