Chaque Québécois doit 67 700 $

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Vaut mieux en rire!

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23 janvier, 2018

La réflexion du jour

Les règlements les plus absurdes de 2017....

Le ministère du Travail du Québec pour une exigence de la Loi sur l’équité salariale obligeant les chefs de PME à afficher un avis pour informer leurs employés qu’ils afficheront bientôt un avis avant d’en afficher un troisième pour boucler la boucle. --- FCEI

22 janvier, 2018

La réflexion du jour

« Les subventions et mesures de soutien aux producteurs hors gestion de l’offre représentent moins de 3 % des recettes brutes, comparativement à 43 % pour la production de lait, qui est assujettie à la gestion de l’offre », dit Alexandre Moreau, analyste en politiques publiques et auteur de la publication.

20 janvier, 2018

La réflexion du jour

Pour mémoire, en santé, le coût de l’informatisation est passé de 543 millions $ à 1,8 milliard $, et le projet sera complété dix ans en retard sur l’échéance initiale. Une de ses composantes, le Dossier santé Québec (DSQ), coûtera à elle seule un peu plus de 1 milliard $, une augmentation de 450 millions par rapport à l’évaluation initiale.--- Patrick Déry

19 janvier, 2018

L'art et la pensée de l'art

L’ART ET LA PENSÉE DE L’ART
dans
 Le rapport entre le texte littéraire et la représentation picturale

Par Louise V. Labrecque


Parfois l’homme n’est plus artiste, il devient œuvre d’art; ainsi, j’appelais instamment cette œuvre à se dévoiler : «  Liberté » ; son nom est déjà comme une forme de reconnaissance dont l’exaltation fraternelle eut gémellée la mienne, en souhaitant que cette vision pure, puisse devenir une présence véritable au plus grand nombre, car l’art réussit son exploit en marchant, extasié, vers un dépassement du surréalisme. De même, nous sommes inspirés par cet artiste de génie, et tel autre qui aide à avancer; pour l’artiste, les animaux parlent et la terre donne du lait et du miel. Il est un peu comme un messager divin que nous regardons avec nos yeux de profane.

Ainsi, nous pouvons prédire un bel avenir à certains artistes, tant que l’œuvre puisse se soulever d’elle-même. Avant cela, elle doit s’incarner dans le réel pour se laisser voir, resplendissante, dans des nuits diaphanes, portée par un nuage, une inspiration, une audace, une parcelle de génie. Avant cela, elle palpite sous les voiles, mais elle n’a pas encore trouvé sa voie; nous sommes encore dans l’idée de l’œuvre. Puis, viendront les croquis et les manuscrits, la recherche de la perfection, afin de la voir apparaître sur son balcon d’or. Nous avons parfois le sentiment de devoir la mériter, ainsi elle parait toujours infinie. Toutefois, le plus difficile pour l’artiste consiste à s'asseoir et à attendre, à raturer, à déchirer, à recommencer... comme ces dieux qu’il a vu marcher en rêve. Ainsi, nous déplorons l'inachevé, mais la création, curieusement, n'est pas dépourvue de raison dans ses renaissances, dans ses mille et un recommencements. L’adage dit « les voyages forment  la jeunesse », mais qu’importe les voyages si nous n’avons pas su faire naître, et mille fois renaître, notre patrie intime ? De la même manière, la Pensée sauvage ne s’oppose pas tant que cela à la Pensée de l’art, car les deux savent se soutenir avec éclat. Ainsi, l’art se mêle de beaucoup de choses intimes et la Pensée de l’art aide à mieux comprendre le Québec, globalement parlant. Cette Pensée ultime est un art nouveau, un art inventé. Celui-ci acquiert le goût du risque afin de tendre, avec une vraie originalité, vers universel, sans toutefois renier sa maison rustique, laquelle continue de toute manière de distiller ses parfums uniques. Mais, le goût pour l'ouvrage bien fait ? L'amour de l'artiste pour son art ? La patience de celui qui écrit n'a pas honte de suivre le conseil "vingt fois sur le métier..." 



                                         Photo : Jérôme Dumoux www.viapictura.com

Toutefois, on peut craindre par là de ne pas rayonner, de ne pas donner la pleine mesure de son talent, qui est très grand, ou du moins qu’il s’interdise l’œuvre, à force de se défiler dans le temps; pour l’instant, nous pouvons lui ouvrir un très large crédit; les mêmes défauts, quelques fois voulus par l’artiste, le style lui-même, fatalement, compte encore sur son avenir. Et, ce que nous déplorons de bâclé, dans un premier temps, n’a rien à craindre de la révision d’un travail minutieux et de ses dons naturels, à la condition de savoir créer des Hommes complets, parce que le mal dans l’Homme, nous savons qu’il existe, mais simultanément nous savons aussi percevoir, dans le cœur de l’Homme déchu, la nostalgie de la créature crée par idée d’une certaine perfection, faite pour la lumière :  «  il fut bon », « il nous a aimé », se retournant, hélas, volontairement et trop souvent vers ses ténèbres et sa petite nuit intérieure, mais tout de même conscient de son destin éternel et souffrant de sa misère. Ainsi, l’art sauve- t’il l’œuvre ? Sauve t’il l’artiste et l’artisan ? Et pourquoi cette œuvre plutôt qu’une autre ? Ce sont ses nuances qui nous parlent, des nuances de pensées et de sensations dans le champ de l’art.  Ainsi, oui, l’art est salvateur, car nous pouvons le rationnaliser; de ce fait, l’oeuvre paraît tout à coup légitime.

De plus, c’est pourquoi nous continuons d’imaginer car nous comptons encore sur son avenir; nous comptons également encore sur lui pour le plus grand nombre. La politique - hormis son vouloir rassembleur - étant aux antipodes de l'art, ce qu’il nous reste, ce ne sont pas tant les œuvres que l’Histoire. Les faits, cela va toujours plus loin dans l’implacable. Toutefois, la profondeur est plus grande dans le merveilleux monde des émotions, duquel l’artiste puise son inspiration permanente. Paradoxalement, il y a là quelque chose de réducteur. La Pensée de l’art est toute entière dédiée à une forme d’intelligence supérieure,  illimitée, tout d’un bloc, et dans la création de tout ce qui ne comporte pas de leçons. Elle ne cherche pas à situer la différence entre le grand art et la pure fantaisie. C'est pourquoi nous n'avons jamais pu être communistes, ni appartenir à aucun parti; nous sommes des orphelins de… Tout de même, nous allons voter ! Engagés ? Même si nous avons encore foi en la légende, la politique replonge sans cesse l'Humanité dans le même cloaque, pour un même foetus, comme un nouveau sommeil, blanc, toujours le même. Et face un réveil désenchanté et soporifique ; face à toutes ces taupes claustrophobes et myopes, l'Homme renfrogné, éternel vieux-jeune, est bien dans ses pantoufles; s’il possède une petite tendance vers les arts, soudain, il s’illumine; celui-là même refusant son époque et les temps modernes étend désormais son pouvoir sur l'universel, sur lui-même, même se sachant incurablement seul; saura-il faire contrepoids ? Saura-il faire naître cette audace salvatrice, capable de renouer avec une certaine idée de la transcendance, capable d'inventer un nouveau lexique, afin de mettre au monde un nouveau pays, naître et renaître; celui qui n'abuse de rien ni de personne, celui qui n’insulte rien ni personne, jamais déloyal, jamais calculateur, violent ou agressif, mais dont nous entendons parfois fuser de sa bouche pourrie "à la mort" ! Si nous savions prendre le temps, nous pourrions récupérer ces interdits assassinés d'avance par la horde des fanatiques imbéciles, - ceux d'hier et ceux d'aujourd'hui, les même que ceux de demain, mais en plus grand nombre -, nous pourrions très certainement en faire bon usage pour innover ; or, le sens de l’oeuvre, c'est aussi le sens de l'Homme. 


«  Liberté »

À vrai dire, nous sentons en ce moment et depuis un certain temps déjà, comme une finalité, mais quoi, exactement, mes braves ? Comme bien des philosophes et des artistes, - et certains parmi les meilleurs- il y a une certaine sagesse à penser que nous sommes rendus à la fin d'un cycle; comme un mal de ventre... cela n'est pas sans raison. Toutefois, pourquoi se priver d'une relecture rafraîchissante, comme une belle grosse femme ronde et en santé, mes enfants, mes braves... Il faut suer; moi-même, depuis mes débuts en arts et en littérature, et après un certificat universitaire en histoire littéraire, un autre en journalisme, puis un baccalauréat en études françaises, un autre en enseignement, puis une maîtrise en éducation, dans ce continuum...L'esprit divin, je suppose, vint me dire que pour désigner des choses nouvelles, il faut employer des mots nouveaux; très classique ce bel enseignement voulant dépasser la rhétorique du "docere  delectare", avec plein de clins d'œil aguichants aux lecteurs impossibles, ces perdants magnifiques. Ainsi, ce livre aurait pu s’écrire il y a vingt ans, et sans toutes ces études inutiles, mais je n'ai pas eu le courage de me lancer à vide; je n'ai jamais touché à la poésie de certains talents prodigieux; bref, j'étais un écrivain mineur de la même manière que je fus un étudiant mineur, c'est-à-dire que le plaisir pour moi était d'imaginer, puis d'exercer mon esprit à voir plus loin que ce qui s'offre à nos yeux, comme toutes ces choses en dessous des autres choses tangibles, par exemple la bien-aimée forêt de symboles, et puis, aussi, de raconter, dedans, des histoires. En ce sens, les livres, parfois, se font-ils tout seul ? ...Allez savoir ! J’ai quand-même l’impression d’avoir perdu mon temps à croire à des mensonges. La langue parlée empêche de bien comprendre le sens de ce qui est dit, car nous n’arrivons jamais, très exactement, à exprimer l’indicible. Quoi qu'il en soit, nous nous sentons plus près de La Fontaine que de Corneille. Cependant, l'Homme fascine l'homme, comme le libraire très tranquille, celui qui a déjà été froissé par tous ces aveugles volontaires, et par tant de méprises... Ce temps-là n'est plus à roter, moi-même j'avais été victime de ce jugement de la part d'une buse littéraire qui prétendait l'oeuvre dévalorisée d'avance par « ses graves défauts de style « ; exactement comme pour cet autre artiste aujourd’hui inconnu ....Et la méprise dure encore !

Méconnu, oui, mais pas totalement méprisé; malgré tout, malgré son génie - ses premières œuvres, il les a créées à 14 ans -, il a détruit tout cela. Avant de partir pour Lyon, étudier les Beaux - Arts, comme il se doit, puis vers l’Angleterre, en 1938, en visite chez ses parents, à Saint-Raphaël. Il a fait ses classes et c’est aussi ce que je fis moi-même, plusieurs années plus tard. Comme lui, j’ai brûlé tous mes manuscrits, tous mes dessins. Ma mère n’était pas très contente car ça salissait la cheminée du foyer. Plus tard, lorsque j’ai découvert un autre niveau de lecture, dans l’exquise douceur d’un soir, seule dans la chambre de mes pensées, j’ai pu alors m’adonner, à l’aide de « ma bible » - le Livre d’or de l’Anthologie de la poésie du 19ième siècle -, au début d’une longue réflexion, comme le fil des marées, sur l’art nouveau; mais, je n’ai jamais reçu de pension d’écrivain, encore moins d’invitation à me joindre à une résidence d’artistes. D’entrée de jeu, il est donc remarquable de constater un certain déterminisme. On est ainsi frappés par l’originalité incroyable de ces tournures, comme si le ruisseau retrouvait toujours la mer, comme si la cabane retrouvait toujours l’Homme. Elle me fait penser à l’histoire de cet Esquimau perdu, tout à fait perdu, dans un immense désert de glace, avec son compagnon; il lui disait : «  nous sommes perdus ! Nous ne retrouverons jamais l’igloo ! « L’Esquimau répondit : «  ce n’est pas nous qui sommes perdus; l’igloo est perdu ». Ainsi, lorsque la cabane retrouve l’Homme, nous reconnaissons d’emblée notre plein état primitif, ou, si vous préférez,  la notion de la primauté de l’objet sur l’Homme, commune à tous les hommes : une forme de  langage naturel, loin des visions rase-mottes. Bref, tout ça pour dire que l’art ne s’égare jamais.

La réflexion du jour

« Les effets néfastes liés aux subventions sont connus depuis longtemps. L’économie québécoise se porterait beaucoup mieux si le gouvernement réduisait les subventions aux entreprises et, en contrepartie, leur fardeau fiscal. Une telle réforme améliorerait la compétitivité de toutes les entreprises tout en réduisant les distorsions économiques », conclut Michel Kelly-Gagnon, président et directeur général de l’IEDM.

18 janvier, 2018

La réflexion du jour

Les jeunes sont jeunes, mais ne sont pas fous. L’importance réelle que la société met en l’éducation doit se voir. Investir dans des installations de qualité, c’est crier à sa jeunesse que l’école, nous trouvons ça important pour vrai. Pour le reste, rêvons qu’un jour nous devenions une société assez mature pour rénover les écoles avant qu’elles ne tombent en ruines et entretenir les viaducs avant qu’ils ne nous tombent sur la tête.--- Mario Dumont

17 janvier, 2018

Misère, on va tous mourir… de peur


Certes, tout le monde va mourir. Mais la population mondiale se nourrit de mieux en mieux et l’espérance de vie à notablement augmenté en un siècle. Les pesticides qui permettent de meilleures récoltes n’y sont certainement pas étrangers.

Dernièrement encore, les médias ont alerté les Français sur une énième apocalypse sanitaire qui serait due aux pesticides et aux perturbateurs endocriniens.
Leur ardeur écolo-bobo à vouloir émouvoir colle à la doxa actuelle d’une heuristique de la peur, chère aux adeptes écologistes de la « deep-ecology ». Cette tendance, à l’œuvre depuis plusieurs années avec la complicité d’une partie du personnel politique se réclamant du « camp du bien », a atteint son objectif : avoir peur de tout est dorénavant la règle.

L’IDÉOLOGIE DE LA PEUR A PRIS LE POUVOIR

L’idéologie remplace la science. L’esprit critique est cloué au pilori, les (vrais) experts techniques sont conspués, les lanceurs d’alerte (autoproclamés) adulés, et l’analphabétisme scientifique recommandé.
La démocratie des crédules est installée pour le plus grand bonheur des prosélytes du catastrophisme institutionnalisé. Le principe de précaution, mal assimilé et mal utilisé, a eu raison du risque calculé.
Dans ces conditions, de plus en plus de Français refusent les vaccins, les OGM, et le nucléaire.
Ils pensent au suicide dès qu’ils se mettent à table, restent en apnée les jours de brouillard, se précipitent sur les saintes carottes bio, et chez les gourous des médecines alternatives.
Selon Jean-Paul Brighelli, la fabrique du crétin serait à l’œuvre depuis longtemps dans l’Éducation nationale, et les dernières déclarations de certains pédagogues sur l’orthographe et « l’écriture inclusive » ne risquent pas de gommer ce phénomène.

DONNÉES ET INFORMATIONS PÉNIBLES

Le bio et les produits dits naturels, comme chacun sait, constituent la bouée de sauvetage de l’humanité. Mais elle est parfois percée.
Pour la consommation d’OGM, le message est clair : vous courez à la mort. Par extension, les produits issus de l’épouvantable agriculture conventionnelle vous rendront malade.
En 2011, des producteurs espagnols de concombres de l’agriculture conventionnelle génocidaire ont été accusés, à tort, d’une intoxication alimentaire de 4500 personnes en Allemagne. La fausse mise en accusation tapageuse a été fortement médiatisée, et l’importation de concombres espagnols a même été temporairement interdite en Allemagne.
L’analyse épidémiologique avait ensuite innocenté les cucurbitacées pour pointer la responsabilité des graines de soja… bio issues d’une… ferme bio de Gartnhorf en Basse-Saxe.
Les malades ont été infectés par une souche d’Escherichia. Coli productrice d’une shiga-toxine et multirésistante aux antibiotiques ayant entraîné 810 cas graves et 39 décès par insuffisance rénale sévère1. De nombreuses personnes ont développé une insuffisance rénale définitive (dont des enfants).

AUCUN MORT POUR LE NUCLÉAIRE CIVIL OU LES OGM

Aucune ONG environnementale, si promptes habituellement à dénoncer les erreurs de l’agriculture conventionnelle, n’a mis en garde contre la possible dangerosité de l’agriculture biologique.
Quelles auraient été leurs réactions si les décès avaient été provoqués par une substance chimique utilisée en agriculture conventionnelle ?
Le bilan européen pour l’année 2011 concernant les risques sanitaires létaux est sans appel : aucun mort pour le nucléaire civil et les OGM, mais 39 morts et quelques dizaines d’handicapés à vie pour le bio…
Il est aussi possible de mourir en consommant des aliments qui peuvent être imprégnés de substances naturelles pas toujours sympathiques.
Le livre de Gil Rivière-Wekstein Bio, fausses promesses et vrai marketing (Éditions Le Publieur, 2011) révèle que les industries chimiques (Bayer, BASF Agro, etc…) fournissent des pesticides bio, dont le Spinosad toxique pour certains invertébrés aquatiques et pour les abeilles. Elles fournissent aussi les formulations à base de cuivre largement utilisées en agriculture bio.

OUBLI DU PRINCIPE DE PRÉCAUTION

Le cuivre fait partie des métaux lourds non biodégradables et son accumulation dans les sols est quasiment définitive. Les maraîchers et les viticulteurs qui utilisent la bouillie bordelaise de façon intensive grillent littéralement les sols. Les autorités sanitaires et les « syndicats bio » sont mal à l’aise avec ce sujet.
Plus fort encore. De nombreux produits naturels utilisés par le bio, n’ont jamais fait l’objet d’évaluation. Lorsque certains sont reconnus dangereux comme la roténone, le lobby bio monte au créneau pour obtenir des dérogations. Curieusement, le principe de précaution est alors oublié. Certains agriculteurs bio avouent même utiliser des préparations interdites (comme la bouillie sulfocalcique) au nom de la “désobéissance civile” !
La nature étant bonne, une toxine naturelle ne saurait être mauvaise. Or, les mycotoxines (naturelles) qui se développent dans les céréales bio vendues non traitées « activent » une substance produite par «  Escherichia. Coli  » (la colibactine) qui est cancérigène, comme la révélé le dernier congrès de la Société Française de Microbiologie à Paris en octobre 2017.
Finalement, ne vaut-il pas mieux être exposé à d’infimes traces de pesticides dans l’alimentation (ce qui est le cas), que d’ingurgiter de grosses doses de toxines naturelles (ce qui est le cas également) ?

RÉALITÉS, IDÉOLOGIE, CONFLITS D’INTÉRÊT ET DÉSINFORMATION

Il est de plus en plus difficile pour les véritables experts d’exprimer des avis argumentés sur des totems idéologiques comme les OGM maléfiques, ou les saintes énergies renouvelables. Aucune remise en cause n’est tolérée. Certains Verts et des ONG environnementales proposent de juger et d’embastiller les sceptiques pour crime contre la nature (« Gaia »).
Un article impie d’un ingénieur agronome décrit les manipulations médiatiques sur le rôle cancérogène, inexistant, du glyphosate. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) confirme son innocence en tant que perturbateur endocrinien et l’absence d’alternative crédible.
Mais l’expertise et l’évaluation ont été sacrifiées à l’influence de groupes de pression censés représenter la bonne science dite « citoyenne », celle du WWF, de Greenpeace, et autres faucheurs volontaires qui tentent d’interdire la science et la recherche qui ne leurs conviennent pas.
Bien qu’ils soient exposés plus fréquemment aux dangers des pesticides, les agriculteurs ne sont pas plus malades que le reste de la population, comme l’avait montré l’étude de l’AGRICAN.
Ceci n’empêche pas Élise Lucet, journaliste du service public, de manipuler l’information sur les pesticides en pratiquant un journalisme d’opinion, et pas d’information.

CONCLUSION

Certes, tout le monde va mourir. Mais la population mondiale se nourrit de mieux en mieux et l’espérance de vie à notablement augmenté en un siècle, et particulièrement depuis 15 ans. Les pesticides qui permettent de meilleures récoltes n’y sont certainement pas étrangers.
Ces éléments de réflexions, éloignés du catéchisme universel catastrophiste seriné par les médias, permettront peut-être à quelques-uns de relativiser les annonces tonitruantes des prophètes du malheur, et de vivre mieux… jusqu’au moment fatal.
  1. M. Gouli, FX. Weil. Les Escherichia coli entérohémorragiques: des entérobactéries d’actualité. La Presse Médicale, 2013; 42:68-75. ↩

La réflexion du jour

Selon l’économiste Thomas Sowell, « une bonne partie de l’histoire sociale moderne consiste à remplacer ce qui fonctionne par ce qui paraît bien ». Ce qui fonctionne, c’est le progrès technologique, qui est à la source de la plupart des améliorations en termes d’émissions de GES, et le bon vieux capitalisme, derrière ces progrès. Ce qui paraît bien, ce sont les Fonds verts et autres subventions inefficaces. Il serait grand temps de s’en rendre compte et de revenir à ce qui fonctionne.--- Germain Belzile

16 janvier, 2018

La réflexion du jour

Le compte de taxes global du propriétaire montréalais devrait augmenter de 3,3 % en 2018. Cette augmentation est la moyenne (pondérée) de la hausse de trois taxes : une hausse de 2,5 % de la taxe foncière; une hausse 10,1 % de la taxe d’eau; une hausse de 2,4 % de la taxe d’arrondissement. Prétendre que la croissance de la taxe foncière a été limitée sous le taux d’inflation prévu (2,1 %) est donc tout simplement faux. Cette taxe, la taxe d’eau et la taxe d’arrondissement augmentent toutes bien plus rapidement que ce que la Ville prétend, et ces augmentations sont présentées d’une façon pour le moins douteuse par les autorités municipales, pour ne pas dire malhonnête.--- Germain Belzile

15 janvier, 2018

La réflexion du jour

Ceux qui sont enclins à la dépression devront absolument éviter de lire le dernier Bilan de la fiscalité québécoise. Affligeant, démoralisant, on trouve plus les mots. Il y a vraiment danger d’en finir avec l’optimisme...--- Michel Hébert

13 janvier, 2018

LES CERTIFICATIONS RELIGIEUSES


Par Louise V. Labrecque


La viande halal est une viande dite « licite » pour le musulman. Elle est de plus en plus présente au Québec. Plusieurs de nos abattoirs (souvent des entreprises familiales) ont fait leurs choux gras de tous ces animaux abattus selon les rites religieux. Ensuite, des camions remplis à ras bord s’en vont dans les boucheries du Québec.  Ce livre audacieux, de la brillante intellectuelle québécoise Suzanne Bousquet,  aurait pu porter le titre La face cachée de nos paniers  d’épicerie , tant ce secteur est florissant et tellement la question se pose encore et toujours : mangeons-nous toutes et tous halal et/ou kascher, sans nous en rendre compte ? Avons-nous le choix de NE PAS acheter et consommer ces produits ? Ils sont présents partout, et nous n’avons pas les moyens de savoir, à moins de pouvoir décrypter tous les sigles, certains inscrits tel un symbole, ou une expression, et en si petits caractères qu’il demeure difficile, à première vue, de savoir de quoi il en retourne exactement. Ainsi, du savon à vaisselle au champagne, tout semble kascher  (près de 80% des produits alimentaires ou de première nécessité sont certifiés ainsi) ou halal (le nombre de produits halal s’accroît sans cesse). Il en va de même dans plusieurs autres secteurs non alimentaires, ainsi l’auteure nous livre les résultats de ses recherches, lesquels déboulonnent les mythes en nous mettant au parfum des secrets de Polichinelle,  dont plusieurs sont d’intérêt public, chez nous et ailleurs.   

Provocateur, comme souvent, profond et pénétrant, comme toujours, Suzanne Bousquet livre là un véritable brûlot, contre tout ce qui est caché aux consommateurs. Un livre à mettre impérativement entre toutes les mains. Mais, qu’est-ce que les certifications religieuses sous la plume de l’auteure ? Ouvrir cet ouvrage, c’est entrer dans un autre monde, lequel pourtant est le nôtre,-  incroyable mais vrai -, et cela au quotidien.  Ainsi, le sacro-saint «  pas de porc « et le «  ne pas manger de viande qui n’a pas reçue au préalable les prières et/ou les invocations (lire : abattage rituel) »,  principes religieux si chers à ceux-là, monsieur /madame tout le monde ne souhaitent pas s’en soucier lorsqu’ils vont faire les courses. Quoi de plus désagréable,  en effet,  que de consacrer un temps fou simplement pour effectuer l’épicerie et les courses de première nécessité, afin de pouvoir décoder tous les signes inscrits sur tous les produits. Cette situation absurde se poursuit même dans les restaurants, où là, il n’y a aucun moyen de savoir… ! Les clientèles visées dépassent ainsi la mission initiale; tant de laïques, en effet, dans ces commerces ! Pourquoi nous obliger à consommer à notre insu des produits halal ou kascher ? Au nom de quelles traditions ancestrales (lire : d’un autre âge) s’en réclamer ?  Bien sûr : l’argent coule à flot et c’est un véritable empire pour les industriels.  Ne soyons pas surpris : ce sont des centaines de milliers de ces industries, lesquelles  font dans les aliments de tous les jours, les boissons, les chocolats, les crayons, les parfums, les tapis…  ! En fait, TOUT peut devenir kascher ou  halal, (et tout le deviendra ?); c’est pourquoi il constitue un marché immensément important. Comment en sommes-nous arrivés là ? Que faire, sans nécessairement s’obliger à vivre de manière marginale et/ou comme un ermite ? Suzanne Bousquet en traite en long et en large dans son livre, ouvrage solide, d’une rigueur rare, et en même temps admirablement bien vulgarisé, ce qui en fait un moment de lecture plus qu’intéressant; cela se lit tout seul, et il captivera tout le monde, tant la mise en lumière de tout ce qu’on ne sait pas est foudroyante.  Oui, Suzanne Bousquet a réussi l’exploit d’un ouvrage informatif de haut niveau, sans être trop académique, et tout en étant facilement adapté à la compréhension de la plupart. Elle signe donc avec ce livre courageux le début d’une véritable prise de conscience individuelle et collective de ce «  business de la crédulité » et impose, de ce fait, une mise en lumière de réflexions salvatrices.

En effet, n’oublions pas que le mot «  islam «  cela veut dire «  soumission » (aveugle) ; ainsi, et tout en faisant attention à ne pas faire d’amalgames, il est facile de deviner que  les musulmans ne sont pas du tout dans une logique spirituelle telle que nous l’entendons en Occident.  Toutefois, ce dossier étant globalement si complexe qu’une chatte y perdrait ses petits,  ce livre arrive à point en permettant  l’éclosion d’une véritable pensée objective, limpide, servant réellement l’éducation et la bonne compréhension des  questions religieuses. Pour sûr, le silence éloquent entourant actuellement la publication de cet ouvrage important est l’indice évident que l’auteure a frappé dans le mille. De ce fait, ne soyons pas étonnés, et c’est pourquoi ce livre est à mettre entre toutes les mains, pour de pressantes raisons d’intérêt général. De plus, vous ressortirez de cette lecture comme si vous veniez de recevoir une véritable leçon de vie.  

En effet, qu’on le veuille ou non, nos paniers d’épicerie sont bel et bien au cœur de la bataille de la laïcité. Ensuite, la complexité du dossier des certifications religieuses amène des questionnements légitimes, tant il existe une véritable anarchie, de l’intérieur. Donc, que cela soit halal ou kascher, le terme demeure tout simplement «  vendeur « (lire : amène beaucoup d’imposture). En réalité, et sans vouloir entrer dans la polémique, l’auteure passe en revue les arguments avancés par les uns et par les autres.  En même temps, l’industrie souhaite satisfaire ses clientèles les plus exigeantes (lire : les intégristes) avec des normes telles que  «  glatt-kosher », « mehadrin », etc.  Mais, qu’est-ce, au juste, qu’une viande halal? C’est une viande qui est égorgée au nom d’Allah.  Ce sont souvent des moutons, mais aussi des poulets et des bœufs. Ils sont abattus vivants. C’est ce fait qui est et demeure insoutenable, pour la plupart des êtres humains dignes de ce nom. Les animaux sont littéralement pris au piège, avec des contentions, et le carnage dure de sept à dix minutes. C’est d’une tristesse et d’une barbarie sans nom.  De plus, les questions d’hygiène et de propreté suscitent, de ce fait, des questionnements  (l’animal se voit mourir et parfois il se débat de peine et de misère,  allant jusqu’à vomir, tout en essayer de continuer à respirer, ce qui fait parfois entrer, tandis qu’il est sous ces souffrances incroyables, des microbes dans son corps, dont la bactérie E. Coli). Qui sont les responsables de tant de dangerosité pour la santé publique, tant de cruauté animale, dont le nombre est tellement effrayant qu’il se chiffre par des tonnes et des tonnes de viande ainsi consommées, mais sans enrayer le flou autour de la viande halal et kascher, les taxes (ce seul sujet pourrait faire l’objet d’un article en entier tant la polémique est vive), l’étiquetage.  Un processus complexe et une démarche nécessitant des heures de recherche  de la part de celles et de ceux qui tentent courageusement de faire opposition à l’opacité de toute cette affaire, dont l’auteure Suzanne Bouquet, avec son livre  Les certifications religieuse – le business de la crédulité. Véritablement, nous sommes ici dans une logique opposée à la transparence. Dans ce continuum, le silence, le mépris, les coteries, et les tergiversations vont main dans la main. Toutefois, c’est l’indifférence, laquelle est présente partout, qui est la pire.  Comme d’habitude, ne soyons pas surpris : c’est une minorité agissante qui mène le bal sur une minorité silencieuse.  Aucun repli stratégique ici : il s’agit d’un dossier lucratif et obscur, lequel s’impose à notre insu, de manière plus ou moins subtile, afin de s’ancrer dans le quotidien de tout le monde; un scandale !

Mais, le pire scandale qui prévaut actuellement, et qui est au cœur de tous les débats, c’est précisément celui de la question de la dignité animale. L’abattage rituel, en fait, qu’est-ce que c’est ? C’est une méthode d’égorgement, sans étourdissement, la tête de l’animal devant être tournée vers la Mecque (condition sine qua non pour que la viande soit estampillée «  halal »). Celui qui préside à cet acte se nomme « purificateur »  ou  « sacrificateur » ; en tranchant les veines carotides situées dans le cou de la bête, il tue vivant l’animal,  lequel meurt au bout de son sang, avec des souffrances terribles. Comment pouvons-nous collectivement endurer cela, moralement parlant ? Évidemment, la transparence et la noblesse de l’esprit, cela n’est pas le fort des abattoirs, contrairement au livre de Suzanne Bousquet, qui l’est tellement,  qu’elle nous amène plus loin, non pas sur le terrain des affects, mais simplement dans le vif du sujet, de manière rationnelle. De ce fait, la somme de travail exigée afin de faire naître cet ouvrage important mérite d’être gravée en lettres d’or, tant elle révèle, sans commune mesure, une volonté d’apporter un juste éclairage sur nos paniers d’épicerie ; qui plus est, en décortiquant un dossier aussi compliqué, lequel réussit l’exploit d’être rendu limpide, par une écriture fluide, de tout ce qui est caché aux consommateurs, l’auteure fait réellement une œuvre d’éducation.

Une économie ? Plutôt : un nouvel eldorado !

Justement, ce droit aux consommateurs, voilà qu’il est véritablement mis  à rude épreuve et constitue, en somme, le cœur des questionnements soulevés par cet ouvrage magistral. De la même manière, nous réfléchissons ensemble à cette véritable folie sur les marchés, car le saviez-vous ? Déjà, arrivent de nouvelles épiceries, des supermarchés 100% halal, en France. Bientôt chez nous, au Québec ? Les lois (et l’esprit des lois) doivent tenir à la fois des droits des consommateurs et rendre des comptes également aux animaux, ce droit à la dignité et à la vie.  Or, tout est actuellement pensé pour les stratégies commerciales,  qu’importe  les sanctions, qu’importe les infractions. Or, nous devons protéger les animaux, et c’est si peu dire que de l’exprimer ainsi. En même temps, nous avons des devoirs envers  les consommateurs ; nous avons donc le droit de savoir ce que nous achetons et consommons !  Également, le rôle des pouvoirs publics doit demeurer cohérent, de même que les valeurs de santé publique. Souvenons-nous de cette histoire, fortement médiatisée, l’an passé, sur le fait de souhaiter servir des repas halal dans une cafétéria scolaire de chez nous, au Québec. Ces clivages idéologiques au sein même d’une école, cela interpelle directement la mission de l’éducation au Québec. C’est qu’au lieu de rassembler, voilà qu’elle divise; ce qui est le pire de ce que nous pouvons offrir aux enfants, dont l’éducation,  nous le savons, demeure un outil essentiel, servant la liberté, afin de rendre, justement, l’individu libre.  Avec de telles idées, voilà qu’elle passe tout droit son chemin. Ainsi, notre réflexion individuelle et collective doit s’alimenter, plus que jamais, sur le socle de la mission de l’éducation, car tant d’ignorance,  cela est trop.  

La réflexion du jour

Combien dépensent les gouvernements du Canada pour aider les entreprises à faire des affaires au pays? 29 milliards $, selon une étude de l'Université de Calgary tout juste publiée à ce propos. Selon cette étude, la moitié de cette somme est gaspillée, puisqu'elle n'apporte «aucune amélioration à la performance économique du pays», résume John Lester, qui a dirigé l'étude, au National Post.

12 janvier, 2018

La réflexion du jour

Les Québécois sont depuis longtemps les plus taxés en Amérique du Nord et l'année financière 2016 n'a pas fait exception à la règle, puisque c'est toujours au Québec que le poids de la fiscalité demeure le plus élevé.--- Luc Godbout

10 janvier, 2018

Le socialisme, pornographie de la solidarité


LE SOCIALISME, PORNOGRAPHIE DE LA SOLIDARITÉ [i]
Christian Michel

Question. – Que vient faire la pornographie là-dedans ?
Réponse. – Je n’ai pas pris le mot dans son sens étymologique. Pour moi, est pornographique ce qui se pratique sans amour. Et il y a beaucoup de ces gestes dénués d’amour qui appauvrissent notre quotidien : la nourriture ingurgitée sans la goûter et sans conscience qu’elle nous relie au cosmos, la musique-bruit de fond, et tant d’autres. Au même titre, je qualifie de pornographique le travail quand il devient la corvée salariée et répétitive, et le socialisme aussi.
Le socialisme promet une société généreuse. Pour lui, elle s’appelle redistribution forcée des revenus et mutilation des patrimoines. Passés quelques décrets et quelques dizaines d’années, l’apparence comptable et statistique du pays sera d’une société plus égalitaire. Mais entre les gens, les regards n’auront pas changé, on n’aura pas fait naître l’ombre d’un sentiment plus fraternel.
Car les gestes de la solidarité ne sont pas la solidarité. Pour te l’illustrer d’une histoire archi-connue, suppose qu’un général de la légion romaine ait ordonné au centurion Martin de partager son manteau. Le résultat matériel eût été le même, un pauvre à demi-réchauffé, un nanti à demi-grelottant. Mais où est la solidarité ? Chez le général, qui ne se découvre de rien ? Chez le centurion, qui ne peut qu’obéir ?
Une société n’est jamais solidaire. Seuls des hommes libres le sont. Une société peut être redistributive, coercitive… Certains individus ou groupes de pression peuvent imposer à d’autres individus de partager leurs biens. Ils modifient les comptes en banque, ils ne font qu’empoisonner les rapports humains. Ils changent le « niveau de vie », ils ne rendent pas les hommes plus solidaires.
La solidarité échappe au politique. Elle n’est pas imposable. Elle procède d’un mouvement intérieur, non calculé et imprévisible (spontanéité effrayante pour le socialisme qui ne se reconnaît que dans la planification et le contrôle). La solidarité comporte toujours un risque qui est sa condition même. Il fallait que le mendiant n’ait aucun « droit au » manteau pour que quelque chose se passe, un mouvement se porte vers lui (un geste qui n’a cure de reconstruire l’ordre économique du monde et se satisfait, lui, de bouleverser la vie). C’est dans le vide du règlement que naît la solidarité. C’est dans le respect des Droits, et donc l’absence d’impositions légales, que peuvent se densifier les relations humaines.
Q. – Est-ce que l’autre n’a pas de droits sur moi comme j’en ai sur lui ?
R. – En l’absence de contrats spécifiques que votre liberté aurait pu inventer, aucune personne physique n’a de droits sur toi. Le fait de partager la même humanité ou la même collectivité, voire le même sang, ne me permet pas de te rançonner. Je peux pleurer misère à tes pieds, je n’en deviendrai pas pour cela créancier d’un centime de ton salaire. Mais je crois aussi que je peux te faire confiance, tu m’aideras. Car, parce que nous sommes libres, nous avons des valeurs, et l’une d’entre elles s’appelle « solidarité ». Elle fonde notre vie collective d’hommes sur la terre. Je n’ai aucun droit à une partie de tes revenus, mais tu as le devoir moral de me soutenir. Aucun fonctionnaire ne saurait te l’imposer, car quel sens aurait un partage sous la menace ? On ne donne que ce qu’on a la liberté de donner.
Le socialisme a réussi ce paradoxe d’avoir détruit nos relations personnelles et de les avoir réduites à de tristes relations d’argent que nous n’avons pas contractées. Nous sommes devenus créanciers sans titres les uns des autres. Peut-être un reste de fraternité nous motive-t-il parfois, mais il est dur à discerner. Dur d’imaginer dans le chèque envoyé au percepteur une marque de connivence, dur d’entrevoir un sentiment d’amitié dans la «contribution sociale généralisée ».
Payer n’est pas être généreux. Ou alors, vénérons la bonté des milliardaires, qui seraient les plus saints des hommes puisqu’ils versent tant d’impôts ; c’est ridicule. Ils ne sont pas « justes » ni
« solidaires » tous ceux que la bureaucratie a pris dans ses filets (pas plus que n’étaient chrétiens les malheureux colonisés que les conquistadoresencadraient jusqu’aux églises). Il n’y a de morale que dans la liberté. Mais voilà, il est plus facile de commander que de convertir. Le travail dans les consciences est invisible, donc frustrant. Pourtant c’est le seul qui peut briser nos solitudes face aux bureaucraties. Si nous voulons édifier une cité quelque peu fraternelle, il faut commencer par éduquer longuement et patiemment le sens du devoir, la responsabilité de chacun d’entre nous envers ceux qu’il peut aider. Le socialisme choisit une autre voie, celle de la contrainte. La connivence, que l’homme de liberté veut apprendre à la société, l’État central socialiste la décrète – et la tue, en lui interdisant toute spontanéité. Ainsi l’homme de gauche n’annonce la société solidaire que comme la prostituée promet l’amour. L’un et l’autre ne peuvent offrir que des simulacres (ivresse passagère et frustration). Ils instaurent le règne du faire-semblant ou, si tu préfères une image plus forte, de la pornographie généralisée.
Les social-démocraties nous coûtent cher pour cette mission impossible d’éradiquer les misères. Faute d’y parvenir, bien sûr – on est toujours le pauvre de quelqu’un -, elles cachent ce qu’elles ne peuvent éliminer. Comme autrefois les Victoriens rendaient incompréhensible la sexualité en refusant de la nommer, les social-démocraties engendrent un « social » impraticable en le couvrant d’un voile de honte. Que le handicapé devienne une « personne à mobilité réduite », le chômeur un « travailleur en quête d’emploi », que le vieillard atteigne le « troisième âge », n’est pas qu’une tournure précieuse du langage bureaucratique. Cela traduit l’angoisse des planificateurs de la société de nommer les phénomènes que leur prétention à gérer les gens comme des choses ne prendra jamais en compte : tares physiques et fragilités, génie, déviations morales, idées nouvelles, caprices de foules et désenchantements… Hélas pour les programmes politiques, il y a les hommes ! Ils se dérouleraient tellement mieux si les hommes n’étaient pas là. (Le socialisme n’aime pas les hommes, éternels comploteurs et saboteurs. Les effusions entre camarades de la guerre des classes ne sont pas celles d’êtres qui se reconnaissent dans leur individualité, mais celles de bons serviteurs de la Cause qui n’ont de plaisir à se retrouver que pour la faire progresser).
Au moins les riches, autrefois, voyaient la pauvreté. Ils la côtoyaient sans cette honte qu’elle nous inspire de nos jours. D’innombrables gravures nous montrent la visite aux nécessiteux, aux hospitalisés, aux prisonniers. Et mendier au nom du Christ était peut-être moins humiliant que de faire semblant d’avoir « droit » à l’argent pris aux autres, en attendant d’un fonctionnaire l’allocation-chômage. Aujourd’hui, bien peu ont le courage de toucher la misère – sinon en professionnels -, et moins encore ont l’humanité d’accepter d’être surpris dans ce qu’ils appellent leur déchéance. Qui ose voir dans le plus fortuné son prochain ? Qui ose suggérer qu’il puisse souffrir en esprit autant qu’un pauvre hère dans son corps (pensée hérétique pour un pays qui a fait du partage des revenus son idéal) ? En fait, il n’y a plus de prochain. Le socialisme construit le monde sec des titulaires de faux-droits.
Il complète l’œuvre entreprise par l’idéologie technicienne au siècle dernier : éviter le face-à-face des hommes ; médiatiser leurs rapports par la bureaucratie. L’État-providence quadrille toujours plus serré ce qui appartient aux relations interpersonnelles. Sa morale méconnaît l’homme dans ses possibilités de créativité et de générosité. Increvable « voleur des énergies », il frustre l’éveil de tout sentiment fraternel, il nous déresponsabilise face au sort des autres. Quand les enfants cessent de plaire, nous les confions à ses éducateurs spécialisés ; si nos vieux ne sont plus raisonnables, nous les déposons dans ses asiles ; pour le voisin malade, nous comptons sur ses assistantes sociales, et sur l’ANPE pour le copain chômeur. La parenté, les amis sont là pour ma satisfaction ; que l’administration se charge de leurs difficultés. Après tout, je paie des impôts pour ne pas entendre geindre !
Je voudrais que tu t’inquiètes avec moi, quel « socius » de quel socialisme est donc en train de naître ?
Q. – Je m’inquiète, je m’inquiète. Mais ton discours ne me fait pas oublier ceux là-bas qui subissent quotidiennement la pauvreté, les poursuites pour dettes, les expulsions. Ils ont besoin de la sécurité que confèrent leurs droits. Leur survie ne peut dépendre de l’humeur plus ou moins généreuse de nos concitoyens.
R. – Contre qui ont-ils un droit ? Celui qui est sans abri réclame le droit au logement, l’agriculteur réclame le droit à des prix élevés pour ses produits, le malade le droit à la santé…, mais tous ces droits n’ont de valeur que si quelqu’un en face s’est engagé à les fournir.
Q. – C’est évidemment la société qui doit garantir ces droits.
R. – Ce qui ne veut rien dire. D’abord, me semble-t-il, agriculteurs et mal-logés font partie de la société. Comme ils ne vont pas se garantir eux-mêmes, c’est bien à des groupes précis et pas à la société toute entière que tu veux que cette responsabilité incombe.
Nous nous comprendrions mieux si nous réfléchissions à cette notion de « droit ». La société, par son gouvernement, peut me reconnaître le « droit de » réaliser certaines actions. Il lui suffit de ne pas les interdire. Mais si elle me donne le « droit à » certaines prestations, il faut qu’elle trouve quelqu’un qui me les fournisse. Pour que mon « droit au travail » soit autre chose qu’un slogan, il faut qu’une entreprise soit astreinte à m’embaucher. En d’autres termes, le « droit de… » est la simple levée d’une interdiction, le « droit à… » est la contrepartie d’une obligation. Cette obligation peut résulter d’un contrat volontaire, mais si elle est imposée par l’État, elle est liberticide. La puissance publique ne doit pas se mettre au service de certains citoyens pour contraindre d’autres.
Elle le fait pourtant. Elle se justifie en prétendant que la liberté formelle n’a pas de sens. Il faudrait aux citoyens la «liberté concrète ». Par exemple, le droit de se déplacer à l’étranger, formellement reconnu à la plupart des Occidentaux, fait sourire jaune le paysan tenu de traire ses vaches matin et soir, ou le manœuvre qui consacrerait un mois de salaire à passer deux jours en Suisse. Le rôle du gouvernement serait donc d’assurer aux plus démunis les moyens matériels de jouir de leurs droits. Mais si j’ai besoin de travail et que je réclame une loi qui m’en procurerait, ce que je veux vraiment, c’est que l’État désigne un employeur à qui échoirait, le malheureux, l’obligation de m’embaucher. Sinon je n’obtiendrai qu’un vœu pieux. Ma conception de la liberté concrète viole donc un principe absolu de la liberté tout court, qui veut qu’elle s’arrête là où commence celle des autres. Vouloir être « libre concrètement », dans ce sens, c’est aspirer à exercer un pouvoir qui porte atteinte aux droits des autres.
Seules les libertés « formelles » peuvent être reconnues également à tous les citoyens. Pas les libertés « concrètes ». Le gouvernement peut proclamer : n’importe qui est libre de produire un film. Il ne peut pas accorder à tout le monde les moyens techniques et financiers de le réaliser. Si le gouvernement ne peut pas aider tout le monde, plutôt que de privilégier quelques-uns (naturellement, ceux qui sont politiquement puissants), il ne doit aider personne. Les libertés « concrètes » ne pourraient être goûtées que par les habitants d’une planète où les ressources excéderaient les désirs. Comme les humains sur la Terre ne sont pas dans cette situation, c’est à l’État d’assurer à chacun également les droits d’agir et c’est aux gens de créer les moyens.
L’État-providence part du postulat qu’il lui incombe de satisfaire tous les « besoins » des hommes. Mais ceux qui bénéficient de ses largesses n’auraient envers la collectivité aucune obligation. Au plan économique, la proposition est insoutenable, l’État-providence est en banqueroute. En plus, je crois qu’elle est irrecevable moralement. Car la relation entre État et citoyens est tissée de droits et d’obligations réciproques. L’État nous garantit certaines sécurités ; en contrepartie, nous obéissons à ses lois, payons nos impôts, etc. La société politique se vit dans cet échange. À l’inverse, dans l’univers social démocrate, il ne se noue aucune relation. Tout y coule à sens unique. Le citoyen disparaît, réduit à la notion de mineur incapable.
Dans une relation adulte, chacun prend et donne tour à tour. Ce n’est pas ainsi que fonctionne notre système puisque nous affirmons à un grand nombre d’individus qu’ils ont le droit de toujours exiger plus et qu’il ne leur sera jamais rien demandé en retour. On attend d’enfants et pas de citoyens qu’ils soient dans cette situation de tutelle. Or cette infantilisation cache un réel danger, celui d’une emprise de l’État qui ne serait plus le fait de sa milice et de ses sbires, mais du sentiment de dépendance et d’irresponsabilité qu’il instille patiemment à ses administrés.
« Sans moi, nous souffle-t-il, vous vous égareriez dans la jungle économique et cruelle ; moi seul sais vous protéger et pourvoir à vos besoins ». La résistance à la sujétion, parfois les armes à la main, est un legs de notre histoire. Mais ici, qui parle d’oppression ? Le discours de nos maîtres est tout empreint de bienveillance. Nous les avons élus constitutionnellement. Ils nous promettent une société douce et ne demandent en échange – à mots couverts – qu’un peu de soumission. Nos sociétés ne sont pas prémunies contre un mal insidieux et qui en appelle précisément à leurs désirs inavoués. Car entre la liberté et l’étable, bien qu’ils se vantent du contraire, les hommes rarement choisissent la vie au large. Nos démocraties modernes sont viciées au plus profond d’elles-mêmes, car elles nous permettent de refuser le cadeau de la liberté qui nous est dû.
Q. – Et pourquoi cela ?
R. – Dans une démocratie, le parti politique qui veut se maintenir au pouvoir doit calmer les revendications. Celui qui brigue l’élection doit acheter des voix. Comment ? En offrant, ou en promettant d’offrir aux` électeurs toutes sortes de services. S’il n’y avait pas de concurrence entre les partis, 51 % de la population vivrait aux crochets des 49 % restants. Mais ceux qui sont dans l’opposition n’entendent pas y rester. Pour accéder au pouvoir, il leur suffit de détacher quelques pour cents des voix du bloc majoritaire. Ce n’est pas difficile si l’on peut faire miroiter à ce petit nombre des avantages substantiels. Il faudra bien payer ces avantages, mais la charge sera éparpillée sur l’ensemble de la population, surtout celle de l’autre camp. Les contribuables, nombreux et inorganisés, présenteront d’autant moins de résistance que chacun, dans son coin, espérera bien bénéficier de la prochaine tournée.
Ainsi, entre les riches et les pauvres, se structure une classe médiane qui organise à son profit la redistribution des revenus. C’est de son vote que dépend l’orientation des coalitions gagnantes. Si les pauvres veulent obtenir des transferts sociaux en leur faveur, il faut qu’ils s’attirent la bienveillance des classes moyennes. Si à l’inverse les classes les plus riches veulent éviter que ces transferts ne soient confiscatoires, il leur faut aussi acheter la complicité de cette population médiane. Tu as peut-être oublié, dans cette froide arithmétique électorale, que nous parlions de solidarité et de « justice sociale ». Nous y revenons. Car c’est au nom des déshérités, bien sûr, que s’opèrent les transferts sociaux. Mais les « plus pauvres », par définition, ne représentent jamais que, disons, 10 %-15 % de la population électorale, pas assez pour gouverner. Une alliance avec une partie de la classe moyenne leur est indispensable. Majoritaire, cette alliance pourra gaillardement taxer la minorité. Seulement, pour que disparaisse la pauvreté, les plus démunis devraient recevoir en moyenne plus que les autres membres de la coalition. Il n’en est rien évidemment, le sens de l’altruisme n’est pas nécessairement plus répandu dans les classes petites-bourgeoises qu’ailleurs (il faut voir comment elles se cramponnent aux « avantages acquis »). Si bien qu’après trente ans de redistribution, les riches sont toujours plus imposés, mais les pauvres sont toujours aussi pauvres. Entre les deux, s’est insérée une large classe de cadres, d’agriculteurs, de fonctionnaires, de techniciens, qui a capté à son plus grand profit l’effort de « solidarité ».
[….]
La tentation est irrésistible pour les politiciens d’un régime démocratique de mettre au service de leur clientèle les pouvoirs du gouvernement. De leur côté, les électeurs, pourvu qu’ils soient bien organisés, ont vite mesuré le chantage qu’ils pouvaient exercer sur des hommes ambitieux en mal d’élection. À l’État-arbitre succède l’État-enjeu. Je caricature à peine en suggérant qu’il est plus rentable pour un viticulteur de faire pression sur son ministre en barrant l’autoroute des vacances que de vendanger. Chacun se bat, non plus pour accroître la production totale de richesses, mais pour capter le fruit du travail d’autrui que l’État collecte et redistribue.
Dans une économie libre, nous ne pouvons prospérer que par la coopération, la vente et l’achat volontaire de biens et de services. L’économie administrée confère une prime à une activité totalement improductive pour la collectivité et même destructrice : la pression sur les décisions du gouvernement. L’interventionnisme des hommes de l’État oppose les citoyens entre eux : la manne publique sort des poches privées et elles ne sont pas insondables, les « droits » accordés aux uns le sont nécessairement au détriment des autres. « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde » écrivait Frédéric Bastiat en 1830 déjà. Comme toutes les fictions, celle de l’État-providence connaîtra une fin. Les services de l’État ne peuvent être étirés à l’infini et le jour viendra où le pays ne pourra plus les payer. Mais quel gouvernement se soucie du long terme quand il risque de ne pas être réélu demain ?
À notre comédie de la « justice sociale », il manque encore quelques rôles. Ce sont les professionnels de la solidarité. Ceux qui sont salariés par l’État pour fournir des prestations sociales n’ont pas le dévouement pour unique motivation. Enseignants, personnel hospitalier, travailleurs sociaux.., ne sont pas en retard d’une grève sur leurs collègues, employés du privé, pour défendre leurs avantages. D’être fonctionnaire, on n’en est pas moins homme. Les vertueux défenseurs du service public attendent, intéressés, chaque nouvelle enchère dans l’âpre marchandage entre politiciens et assistés pour se retrouver un peu plus nombreux, un peu plus payés et un peu mieux « défendus ».
Q. – Nous avons quand même besoin d’instituteurs et d’infirmières, tu ne crois pas ?
R. – Certainement. Mais avec tout le respect que je leur porte, ces professions, pas plus que celles de ministre, de député ou de syndicaliste, n’incarnent l’intérêt général. Ces gens n’oublient pas leur propre compte quand ils «défendent » la cause du public. Et, quoi qu’ils disent, ce qui est bon pour eux n’est pas forcément bon pour tout le monde. Quand bien même ils seraient parfois désintéressés, ils pourraient encore se tromper : le statut de fonctionnaire ne confère pas l’infaillibilité. Nous sommes trop souvent dupés. Lorsqu’une société privée veut diffuser des émissions de radio ou transporter des touristes en avion, on a tendance à supposer qu’elle nous exploite. Mais si des employés de l’État proposent ces mêmes services, ce n’est pas par dévouement pour le bien commun, malgré une illusion hypocritement entretenue. La SNCF, les Caisses d’Épargne, Air France…, ne sont pas gérées au profit d’actionnaires, c’est vrai, mais pas non plus avec l’intérêt du public en vue. L’exploiteur de telles entreprises est le personnel, aussi avide de gains qu’il retire sous forme d’avantages sociaux qu’un capitaliste qui les sortirait en dividendes.
De tant d’expériences, le public a tiré sa conclusion. Il ne prête pas plus de foi aux slogans de la « justice sociale » qu’à ceux qui vantent les lessives. Mais il ne peut pas confesser ouvertement son cynisme. Le jeu politique exige une tenue correcte et chacun n’y participe que drapé dans des mots. Celui de « justice sociale » est ample et recouvre chastement l’envie et le marchandage des biens d’autrui. Chacun sent que s’il se démasquait et réclamait un chèque à la collectivité, sans pudeur, sans l’invocation rituelle à la « justice sociale », il bouleverserait le mécanisme dont il espère profiter. Politiciens en campagne, syndicalistes et délégués de corporations en attente de nouveaux privilèges, la main dans la main, récitent des litanies dont le sens s’est enfui, mais dont l’usage, hélas, ne va pas sans dommage.
[…]
Opacifier le social, vanter les bénéfices d’une politique dont les coûts restent cachés, tromper les gens sur ce qu’ils paient, à qui ils donnent et de qui ils reçoivent, est la base même – et la faute première – de l’État-providence.
Nous la réparerons – est-ce encore possible ? – si nous distinguons formellement la société politique, celle que le citoyen construit avec son gouvernement, de la société civile, où les citoyens communiquent et échangent entre eux. Le gouvernement transgresse nuisiblement cette frontière chaque fois qu’il achète du politique (sa réélection) avec du social, comme le font les démagogies sociales-démocrates, ou chaque fois qu’il impose à la société une finalité, comme le pratiquent les socialismes.
C’est dans le silence du politique que le « social » prend sa véritable dimension. Le régime collectiviste ne rend pas ses administrés plus attentifs aux autres (au contraire, si l’État se mêle de tout, qu’il nous épargne donc la présence agaçante des pauvres !). Je donne à la solidarité sa chance seulement lorsqu’il appartient à moi, moi qui suis là, de soulager la détresse de cet homme, lorsque je me retrouve face à ma responsabilité parce que personne n’est payé pour intervenir à ma place.
Il faut cette séparation d’avec le social pour que la politique regagne la noblesse et l’intégrité qu’elle corrompt quand elle se fourvoie hors de son domaine. Il faut que la société civile soit transparente et autonome pour cesser d’être pornographique, pour que les hommes se rencontrent au risque de leur générosité et de leur indifférence, pour que leur justice soit fête.
Texte extrait de La Liberté, deux ou trois choses que je sais d’elle…
Editions de l’Institut Economique de Paris, 1986, ouvrage épuisé.
[i] Ce texte formait à l’origine un chapitre de mon livre La Liberté, deux ou trois choses que je sais d’elle, publié aux Editions de l’Institut Economique de Paris en 1986. L’ouvrage est épuisé. Je n’autoriserai pas de réimpression, car depuis ce premier ouvrage, je suis devenu réaliste. Je croyais en écrivant ce livre qu’un État minimum de type libéral était possible. Je m’aperçois aujourd’hui que cette vision est utopique, les hommes de l’État, quelque garde-fou constitutionnel qu’on leur impose, trouveront toujours une bonne raison pour étendre leur pouvoir. La seule position réaliste est de supprimer l’instrument de l’oppression, pas d’imaginer qu’on pourrait le limiter. Cependant, j’ai la faiblesse de croire que certains passages de ce livre ont encore un intérêt aujourd’hui, et je les fais circuler sous forme de tirés à part, photocopiés ou d’affichés sur la toile (voir en particulier www.liberalia.com).