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05 août, 2013

Les grands médias amuseurs publics

Historiquement, et particulièrement depuis une vingtaine d’années, les grands médias cherchent surtout à amuser la galerie dans le but de mousser les ventes.

Ils rivalisent d’ingéniosité pour monter en épingle des anecdotes anodines : un commissaire a changé son mobilier de bureau, le maire Gendron se félicite d’écraser les chats errants, le directeur d’un CSSS a mangé au restaurant aux frais de la princesse, un fonctionnaire a accepté une bouteille de vin, etc. Pendant que les médias amusent la galerie, les vrais filous en profitent pour contourner les règles et pour dévaliser la population.

Il y a quelques années, alors que les maladies nosocomiales dues à la malpropreté fauchaient de nombreuses vies dans nos hôpitaux, les médias n’avaient rien vu venir. Ils étaient trop occupés à traiter les anecdotes croustillantes dont raffole le public. Pourquoi a-t-il fallu attendre qu’il y ait de nombreux morts avant que les journalistes s’intéressent à cette situation dramatique. Bien entendu, lorsque l’information est devenue publique, les médias en ont fait leur première page. Malheureusement, il était trop tard pour plusieurs.

Pendant que les médias dénonçaient les cônes oranges, les trappes à billets, les photos radars, les ingénieurs-conseils et les entrepreneurs en construction détournaient des centaines de millions d’argent public à leur profit et à celui des politiciens. Il est vrai que ce sont les mêmes médias qui ont débusqué les filous. Mais pourquoi a-t-il fallu subir trente ans de corruption avant que les médias sonnent l’alarme?

En général, les groupes d’intérêt monopolisent les médias en exigeant la réglementation des moindres activités humaines : le goût de beurre de la margarine, le covoiturage rémunéré, la location de chambres aux touristes, la malbouffe, le casque à vélo, le cellulaire au volant, les heures d’ouverture des magasins, etc. Alors que l’attention de la population est monopolisée par une multitude de dossiers farfelus, les filous en profitent pour détourner les fonds publics et mettre en danger la sécurité des gens.

Les exemples ne manquent pas pour démontrer le caractère réactif des grands médias. Pour un dossier traité proactivement, il y en a dix traités réactivement.


Les journalistes et les médias représentent, semble-t-il, le quatrième pouvoir après l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Encore faudrait-il qu’ils s’en servent pour autre chose que d’amuser la galerie et détourner l’attention du public.
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