Que l’État se contente d’être juste, nous nous chargerons d’être heureux.---- Benjamin Constant
Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement
Vaut mieux en rire!
09 septembre, 2009
Le chiffre du jour : 32,4 %
08 septembre, 2009
Les Fonctionnaires (28/55)
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Le fonctionnement interne de la machine administrative est d’une grande lourdeur et coûte excessivement cher. Un imposant appareil administratif a été mis en place pour la gestion du personnel, des finances, des approvisionnements, du matériel et des locaux, ainsi que de l’informatique. La fonction publique dispose d’une double structure : parallèlement aux services chargés des opérations, il y a ceux qui sont dédiés exclusivement à la gestion administrative interne. Ces derniers sont chapeautés au niveau gouvernemental par le Conseil du trésor qui est le premier responsable de l’élaboration des règles administratives. Au niveau des ministères et des organismes, la responsabilité d’assurer le respect des règles appartient le plus souvent à une direction générale de l’administration.
Ce vaste appareillage découle d’objectifs politiques astreignants. Les gouvernements tiennent à se prémunir contre toute allégation de malversation et de mauvaise administration. Ils tiennent à ce que les décisions administratives soient perçues comme transparentes, rigoureuses, correctes et équitables. Personne ne veut être pris en défaut. Étant donné la méfiance des citoyens et des médias à l’égard de la politique, toute allégation de malhonnêteté est spontanément crédible et contribue à miner la crédibilité du gouvernement. Les scandales constituent le risque politique le plus dangereux et peuvent avoir des conséquences énormes. Face à un tel niveau de risque, les coûts ne représentent pas une préoccupation importante. En cette matière, comme l’énonce le dicton anglais Money is no object!, l’argent ne compte pas. Les règles sont faites pour assurer la probité, pas pour promouvoir l’efficacité administrative.
Chaque fois qu’une fraude est découverte ou qu’une grave erreur administrative est détectée, la tendance des gouvernements est d’ajouter de nouvelles règles et de nouveaux contrôles. Les contraintes que ceux-ci imposent à la fonction publique en viennent à être perçues comme excessives et il se produit alors un phénomène qui s’apparente au travail au noir. En effet, lorsque le taux d’imposition des revenus est vu comme inacceptable, les travailleurs se sentent justifiés de se mettre à l’abris de l’impôt. De la même façon, les fonctionnaires inventent toutes sortes de façons de contourner les règles.
C’est surtout en matière de gestion du personnel et de gestion financière que les règles sont les plus lourdes. (p. 104 & 105)
Le chiffre du jour : 15 %
07 septembre, 2009
Pour une réduction de la gestion publique
Les politiciens rappellent constamment à la population, et avec fierté, qu’ils ont «donné» x années de leur vie au public. Ils sous-entendent que ce choix implique des sacrifices uniques, voire supérieurs à ceux qu’on peut effectuer dans le secteur privé à but lucratif. À leurs yeux, travailler pour l’État démontre une supériorité morale, car on n’y recherche pas le profit. Plusieurs fonctionnaires et autres employés de l’État pensent la même chose. Ce n’est là qu’ignorance et prétention, car tous ceux qui travaillent contre rémunération travaillent nécessairement pour le public. Seule la source de cette rémunération diffère selon qu’on est employé de l’État ou non. Ceux-ci reçoivent leur rémunération directement des consommateurs, tandis que ceux-là la reçoivent plutôt des contribuables.
Les employés de l’État (politiciens, fonctionnaires et autres employés non considérés comme fonctionnaires au sens strict du terme : policiers, médecins, infirmières, etc.) ne considèrent pas recevoir de l’impôt pour la simple raison que ce n’est pas ce qu’on écrit sur leur chèque de paie. À partir de ce qu’ils voient sur ce chèque, ils croient, à tort, être des contribuables comme les autres. On doit leur rappeler qu’ils reçoivent leur rémunération de l’État, que celui-ci tire ses revenus des sociétés qu’il monopolise, de la taxation et de l’imposition et que c’est à partir de ces revenus, notamment des impôts, qu’ils sont rémunérés. Il est donc faux, ou à tout le moins imprécis, de dire qu’ils paient de l’impôt puisqu’ils en reçoivent davantage qu’ils en paient.
Suivant ce constat, on peut dire que les employés de l’État sont contribuables par les taxes qu’ils payent, mais non par les impôts. Les impôts ne sont rien d’autres que des taxes sur les revenus : profits des entreprises et rémunérations des travailleurs. C’est d’ailleurs de cette façon qu’on les qualifie dans les pays anglo-saxons. Lorsqu’on parle des contribuables il est donc important de différencier les employés de l’État des employés du secteur privé puisque ces individus ne sont pas contribuables au même degré. On devrait même parler de trois catégories de contribuables puisque les employés des organismes internationaux liés aux Nations unies (Unesco, FMI, Banque mondiale, etc.) ne paient aucun impôt. Puisqu’ils sont également payés par les contribuables, c’est donc dire qu’ils reçoivent de l’impôt sans en remettre aucun. Lorsqu’on réalise d’où ils tirent leur rémunération on comprend mieux pourquoi ils sont si favorables à toute expansion de l’État.
Ce ne signifie pas, toutefois, que les employés de l’État soient tous financièrement avantagés par rapport aux travailleurs du secteur privé, mais plutôt qu’ils sont protégés à divers degrés de la concurrence. En retirant cette protection on retrouverait, parmi ceux qu’on qualifierait alors d’ex-employés de l’État, des perdants et des gagnants. Plusieurs d’entre eux se retrouveraient au chômage, car leur boulot disparaîtrait soit parce qu’il serait mieux offert par la concurrence, soit parce que le service rendu par ce travail serait comblé autrement. Cependant, on peut penser que plusieurs autres employés de l’État, suivant cette hypothèse, obtiendraient une rémunération plus élevée dans le secteur privé, car c’est généralement ce qui survient lorsqu’on répond mieux aux besoins des gens.
On répond mieux aux besoins des gens dans le secteur privé à but lucratif non pas parce que ceux qui y travaillent sont plus intelligents, mais parce que les échanges qui s’y produisent sont à l’avantage mutuel des partis concernés et qu’il est dans leur intérêt, au cours de ce processus, de ne pas nuire aux tiers partis. On ne peut en dire autant de la gestion publique puisque les avantages qu’elle accorde aux uns s’établissent nécessairement au détriment des autres.
La gestion publique
On associe communément la gestion publique à celle effectuée au sein des différents paliers gouvernementaux. Elle s’oppose notamment à la gestion privée à but lucratif qui est le propre du marché. Une gestion publique laisse entendre qu’il y a des services qui sont propres à elle et qu’ils ne sauraient être administrés autrement. Il suffit de rappeler que la quasi-totalité des services administrés aujourd’hui par l’État l’ont d’abord été par le secteur privé pour se convaincre qu’il existe des alternatives.
En imposant des services par l’entremise du pouvoir fiscal, les hommes de l’État imposent leurs choix sous différents prétextes : les services qu’ils contrôlent sont trop importants pour être laissés aux entrepreneurs; le secteur privé ne saurait les offrir ou ne saurait les offrir aussi bien qu’eux; leurs choix sont ceux de la population, de la majorité, des «intérêts supérieurs de la nation», etc. Examinons davantage ces arguments.
Services importants? Un service important pour un individu ne l’est pas nécessairement pour un autre. Les soins de santé, par exemple, sont plus importants pour les personnes âgées que les jeunes, mais est-ce là une raison suffisante pour qu’ils soient administrés par l’État et financés par l’ensemble des contribuables? Remettre à un tiers le pouvoir de déterminer ce qui est important pour soi-même ouvre la porte à tous les abus. De tous les services contrôlés par le politique, les soins de santé sont les plus dispendieux et leurs prix ne cessent d’augmenter. Considérant que se nourrir, se vêtir et se loger constituent des besoins au moins aussi importants à combler, que leur gestion est privée et que les prix qui en découlent augmentent peu relativement aux services contrôlés par l’État, on doit se poser la question à savoir pourquoi pareille gestion ne serait pas aussi bénéfique pour les consommateurs de soins de santé?
La gestion publique est guidée principalement par une idée de justice égalitaire. Elle cherche ou bien à servir les plus démunis ou bien à servir tout le monde. Derrière ces nobles objectifs, cependant, se cachent quelques défauts parmi lesquels on retrouve celui de ne pas tenir compte de la réalité, notamment que les ressources sont rares et conséquemment on ne peut les distribuer comme on veut. Au contraire, une gestion privée à but lucratif se soucie d’abord des ressources disponibles avant de rendre un service quelconque. Parce qu’elle procède ainsi, elle est en mesure d’offrir plus de services et à meilleur coût, de sorte qu’elle enrichit les gens plutôt que de les appauvrir.
Le marché ne saurait offrir les services octroyés par l’État? Ce n’est pas en monopolisant les services par la loi qu’on peut conclure à la véracité de cette affirmation. Non seulement la construction des ponts et des routes est effectuée par le secteur privé, mais plusieurs de ces infrastructures lui appartiennent et elles se trouvent souvent en meilleur état que celles qui appartiennent au «public». Tous les services pourraient appartenir à des intérêts privés qu’ils n’en serviraient pas moins bien le public. Au contraire, à constater l’état lamentable de plusieurs biens et services publics on devrait se poser la question à savoir pourquoi continuer dans cette voie?
Il existe bien des services que le marché ne saurait offrir, mais ce sont des services par lesquels l’État essaie de remodeler la société selon une idée qu’il se fait de la nation. Par exemple, dans le but d’augmenter le nombre de la population le gouvernement québécois offre aux familles et aux couples désireux d’avoir des enfants une multitude d’avantages : allocations familiales, congés parentaux, rabais dans les garderies, crédit d’impôt, etc. À cela s’ajoute quelques services qui visent particulièrement une clientèle immigrante : cours de langue, services liés à l’emploi, subventions, etc.
Bien qu’une étude récente semble donner raison aux politiques natalistes du gouvernement québécois, on doit être prudent avant de conclure à leur succès, et cela nonobstant leurs coûts gigantesques. En effet, l’étude ne mentionne pas que lors de la même période l’immigration annuelle a doublé au Québec et que les nouveaux arrivants font généralement plus d'enfants que les familles établies depuis longtemps sur un même territoire. Il s’ensuit que malgré que les immigrants, de manière générale, semblent profiter davantage des politiques natalistes que les autres Québécois, on ne peut pas conclure que c’est uniquement à cause de ces politiques qu’ils conçoivent des enfants, car leur bagage culturel explique certainement aussi en partie ce phénomène.
On peut donc donner raison aux gens qui disent que le marché ne saurait offrir ces programmes d’«ingénierie sociale», mais c’est justement parce qu’un marché libre n’a nul besoin de ces programmes pour attirer l’immigration ou encourager les couples à avoir des enfants. Les libertés qui s’y rattachent attirent la richesse qui, à son tour, permet à une population de prospérer sans avoir à se soucier si son nombre est suffisant pour la postérité et sans avoir à puiser davantage dans les poches des contribuables.
Les politiciens parlent au nom de tous? Combien de fois n’a-t-on pas entendu les politiciens affirmer que les Québécois (Canadiens, Français, Américains, etc.) pensent de telle ou telle façon? Comment peut-on laisser passer pareille généralisation sans rien dire sachant qu’il est extrêmement difficile de se mettre dans la peau d’un seul individu? Lorsque les politiciens ne prétendent pas représenter la population dans son ensemble, ils prétendent parler au nom de la majorité en s’abstenant de préciser qu’ils font allusion à la majorité démocratique qui est, règle générale, beaucoup moins importante que la majorité mathématique (50% plus un). Bref, ils font toujours accroire à la population qu’ils comprennent leurs doléances et qu’ils tâchent d’y répondre. Le malheur, c’est qu’une bonne partie d’entre elle les croit.
Au-delà de cette crédulité, cependant, on doit réaliser que la démocratie, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, ne permet pas de faire mieux, car l’élément le plus apte à la réguler, le principe de propriété, a été mis de côté au profit de droits individuels, sociaux et économiques mis sur un même plan. Ce faisant, le pouvoir individuel s’effrite au profit d’un pouvoir déterminé par l’État. Des groupes d’intérêt se forment pour donner plus de poids à leurs revendications et les politiciens favorisent celles qui font leur affaire. On ne semble pas réaliser que cette façon de procéder est destructrice de richesse et donne lieu à la confrontation plutôt que la coopération.
Qu’on revendique plus de pouvoir à un État qui ne cesse de s’en accaparer est une chose, mais qu’on revendique plus de pouvoir sans se soucier des conséquences sur autrui en est une autre. En effet, on doit réaliser que, dans le cadre politique actuel, une réponse favorable de l’État aux revendications des uns ou des autres implique que quelqu’un d’autre doit payer. Ce que l’État donne à un individu ou à groupe, il l’enlève nécessairement à un autre. Si l’on reconnaît cette réalité, mais que l’on pense qu’il ne peut en être autrement, alors on prend tous les moyens pour se faire entendre. On devient mendiant professionnel et irresponsable sans trop s’en rendre compte. En voici quelques exemples :
«[J]’éprouve les plus grandes inquiétudes [... pour Radio-Canada] en raison de la façon dont on est en train, et là je pèse mes mots, de disloquer, de démanteler une institution qui est reconnue pour être le chien de garde d'une information rigoureuse, d'une information que j'appelle intelligente, pour entre autres choses des motifs idéologiques». Bernard Derome, discours prononcé le 21 mai 2009 lors d’une cérémonie en son honneur (voir section Audio-Vidéo, Cérémonie de remise… Son discours commence à la 17e minute, mais ce qu’on relate débute à la 19e minute)
Si l’on s’en tenait à ce cri du cœur, on devrait conclure que la Société Radio-Canada (SRC) devrait continuer à recevoir des sous des contribuables, car elle offre une information «intelligente». C’est mince comme argument, car cela laisse entendre que l’information offerte par les chaînes privées n’est pas aussi intelligente que celle diffusée par la SRC. Serait-ce que l’intelligence vient avec l’étatisation des services? Ses sentiments le trahissent lorsqu’il ajoute :
«[S]i la norme signifie que, désormais, on doit gérer la décroissance, comment une institution comme Radio-Canada qui a été au centre du développement des francophones et qui continue de l'être, comment cette société de services publics qui est la référence en information pourrait-elle le demeurer?»Une autre raison de ne pas réduire le financement de la SRC, selon Monsieur Derome, est que celle-ci est au centre du «développement des francophones». Est-ce que les francophones du pays se sont développés grâce à la SRC? Ce me semble pour le moins exagéré, mais quoi qu’il en soit cette raison est présentée comme étant secondaire à celle qu’il martèle, à savoir qu’on ne devrait pas couper les vivres de la SRC, car celle-ci constitue la «référence» en matière d’information. Or, si elle est si forte, pourquoi ne pas la privatiser? Elle trouvera sûrement preneur et les Bernard Derome de ce monde n’auront plus à demander au gouvernement de faire les poches des contribuables pour vivre.
Revendiquer plus d'argent pour soi-même dans le cadre politique actuel revient à vouloir s’enrichir sur le dos des contribuables. On cherche des raisons pour faire croire à la population que nos intérêts personnels sont également ceux de tous, car on aimerait partager la facture, voire la refiler aux autres. On ne sait plus quoi inventer comme raison pour continuer de vivre aux dépens des autres. Le monde artistique l’illustre de façon patente. Selon Christine St-Pierre, ministre de la Culture du Québec, si le gouvernement fédéral coupe quelques subventions aux artistes, alors la langue française et l'identité québécoise sont en danger :
«Parce que ça vient tellement chercher loin. Ça vient chercher l'aspect identitaire, la protection de la langue. Lorsqu'un gouvernement déclare que le Québec est une nation, avec une nation vient son épine dorsale qui est la culture.»Pour plusieurs journalistes, dont Bernard Descôteaux, les subventions aux artistes constituent une preuve d'amour à leur égard et si on les réduit, alors l'amour s'en va :
«La réalité, c'est tout simplement que les conservateurs n'aiment pas les artistes. Ils ne s'intéressent pas à la culture, point à la ligne.»
À juger ses propos on peut conclure que ce n'est pas l'amour qui manque au Québec! Enfin, l’exemple suivant tente de démontrer que s’il n’y a pas de contribuables pour financer la culture, alors celle-ci disparaît :
«La culture – comme l’eau, comme l’air – appartient à la communauté pour moi. Elle est une richesse commune qui relève du bien public. Elle ne relève pas de la charité – ce que Monsieur [Stephen] Harper a essayé de nous faire croire un moment. Elle doit être assumée par la communauté. Parce que sans l’apport de la communauté, la culture, bien sûr, ne peut pas exister. Mais c’est en fréquentant la culture que la communauté se nourrit, qu’elle se définit […] Les artistes […] sont aussi essentiels au bien public que les éléments sont indispensables à notre survie.» Extrait tiré de Micheline Lanctôt et le mécénat, Le Québécois LibrePour cette artiste, et à n’en pas douter pour plusieurs autres également, les contribuables doivent financer la culture sinon il n’y en a pas, ce qui laisse entendre que la culture a moins de cent ans… On cherche tellement à préserver ses acquis qu’on s’invente des histoires et on finit par les croire. Ainsi, apparemment les artistes n’ont pas à satisfaire une clientèle stupide, ils doivent plutôt la «nourrir» et lui enseigner ce qu’elle est, soit une «communauté» de contribuables. Avec ce travail digne des rois comment penser qu’une communauté «nourrie» et «définie» par les artistes puisse oser ne pas vouloir subvenir à leurs besoins? Pour se prémunir contre l’impensable on demande à l’État de faire les poches des contribuables, on essaiera ensuite de les endormir en leur disant que c’est pour leur bien…
Ces élucubrations n’ont qu’un seul but, soit de justifier le présent modèle de financement qui permet aux artistes de vivre en bonne partie aux dépens des autres. Les subventions qu’ils reçoivent ne constituent pas une preuve d’amour, comme on aimerait bien le faire croire, puisqu’il s’agit d’impôt, d’argent soutiré aux contribuables contre leur volonté. En des mots plus «artistiques», il s’agit d’amour qu’on leur impose et qui les appauvrit de leurs vrais amours.
Pour une gestion privée
La seule façon de ne pas vivre aux dépens des autres est de recourir à une gestion privée à but lucratif dans la mesure du possible, à but non lucratif autrement. Seule cette gestion permet aux gens de trouver satisfaction à leurs besoins sans nuire à ceux des autres. Elle est profitable à tout le monde, car elle se soucie d’abord et avant tout d’avoir les ressources pour accroître ou, à tout le moins, maintenir la qualité et la quantité des services qui dépendent d’elles. En ce sens, elle se soucie incomparablement mieux de l’environnement qu’une gestion publique ne saura jamais le faire.
En effet, une gestion publique n’est pas en mesure de protéger les ressources aussi bien qu’une gestion privée, car elle ne se préoccupe pas prioritairement de sa capacité financière à les obtenir. Elle priorise davantage le contrôle des services que sa capacité à les rendre. Elle met tous ses œufs dans son pouvoir de taxation. Or, ce pouvoir est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, les résultats qui en découlent sont toujours décevants, car ils ne tiennent ni compte de la réalité en général, ni de celle particulière de chaque individu.
C’est uniquement lors de l’adoption d’un modèle de gestion axé sur les intérêts individuels que les hommes de l’État auront de bonnes raisons d’être fiers d’avoir donné leur vie au public, car celui-ci sera alors plus riche. Advenant le report de cette décision, on doit leur demander pourquoi sont-ils fiers de monopoliser des services par la force de la loi? Serait-ce pour se dire fier de travailler pour le public? Pourquoi en être fier considérant que tous les salariés travaillent également pour lui? Pourquoi ne disent-ils pas la vérité sur la source de leurs revenus? Pourquoi sont-ils fiers de contrôler des services qui seraient mieux rendus par une gestion privée? Serait-ce que leurs croyances en l’État les rendent aveugles?
La gestion privée est la seule alternative à la gestion publique. Elle est dans l’intérêt de tous et cela peu importe le secteur d’activité envisagé. Non seulement est-elle plus apte à produire de la richesse, mais elle est aussi plus juste, car elle s’abstient de diviser les groupes d’intérêt pour mieux régner sur eux. En ce sens, elle est plus respectueuse des droits individuels qui, faut-il le rappeler, sont censés être le rempart contre la dictature sous toutes ses formes. Si on ne peut abolir la gestion publique d’un coup, on doit à tout le moins travailler à la réduire.
Éducation : le décrochage scolaire est voué à un bel avenir
Dans le texte ci-après, Serge Côté du Journal de Québec, dénonce les solutions faciles comme celle qui propose de payer les décrocheurs.
C’est le genre de solution que propose invariablement la gogauche québécoise. Cela évite de remettre en question le rôle et les responsabilités des principaux intervenants.
Il est bien évident qu’il n’y a pas de solution mur à mur au décrochage scolaire. Chaque étudiant est un cas particulier qui requiert une solution adaptée.
Les parents, professeurs et directions d’école sont les seuls intervenants possédant les informations pertinentes et ayant l’autorité morale d’agir auprès des étudiants. En contrepartie, ils doivent avoir la liberté d’agir et posséder les outils nécessaires à l’application des solutions choisies.
Toutefois, la responsabilisation des parents, professeurs et directions d’école exige des changements majeurs dans les rôles et responsabilités du ministère, des commissions scolaires et des syndicats.
Malheureusement, les politiciens du moment n’ont pas la vision ni l’envergure d’affronter ces vaches sacrées.
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Décrochez-moi une subventionSerge Côté, Journal de Québec, 03/07/2009 08h57
Un peu plus et je tombais de ma chaise… Non, ce n’est pas assez! Je perdais les quelques cheveux qui me restent. Et ça c’est dur pour l’ego.
Il y a quelques jours, les résultats d’un sondage Angus Reid précisaient que près de la moitié des Québécois qui ont des enfants fréquentant l’école croient que si on payait les étudiants, cela les encouragerait à demeurer dans le réseau et à avoir de meilleurs résultats.
Je dois rêver.
On substituerait au désir de réussir le versement d’une prime. À Toronto, on paie les élèves qui habitent dans un quartier défavorisé et les résultats sont, dit-on, spectaculaires. Le taux de décrochage, qui était de 56 %, en est rendu à 10 %.
Selon Le Devoir, 26 % des jeunes Québécois quittaient l’école sans diplôme en 2000. En 2008, ce taux était de 29 %. En secteur défavorisé, le pourcentage grimpe à 40 %. C’est d’ailleurs au Québec que le décrochage fait le plus de ravages au Canada, après le Manitoba.
En Ontario, toujours selon la compilation du Devoir, le taux de décrochage était en baisse de sept points en 2006-2007 par rapport à 2003-2004. Pour 100 jeunes qui décrochent en Ontario, il y en a 137 au Québec.
Il est évident qu’un décrocheur scolaire risque de coûter cher à la société. Il ne trouvera peut-être pas d’emploi et vivra au crochet des impôts des autres. Sa santé deviendra peut-être chancelante. Il ne paiera pas d’impôt ou si peu … Autant d’éléments qui militent en faveurs d’efforts colossaux pour garder les élèves dans le réseau pour qu’ils y acquièrent les connaissances nécessaires à un cheminement différent.
Mais de là à payer les décrocheurs pour qu’ils retournent sur les bancs d’école…
C’est une solution facile, un cataplasme sur une jambe de bois. Car s’il y a des décrocheurs, c’est d’abord et avant tout parce que le réseau de l’Éducation ne sait pas les intéresser suffisamment.
Payer les décrocheurs ne règle en rien les trous dans le système.
De plus, quelle injustice face à ceux qui persévèrent, qui étudient, qui travaillent fort pour obtenir un diplôme et qui ne seraient pas payés. Encore du nivellement par le bas. On ajuste les normes sur le dénominateur commun le plus faible au lieu de viser la médiane ou le plus élevé.
Pourquoi alors les bons élèves se casseraient-ils la tête? Décrochons pendant quelques mois et on reviendra à l’école par la suite, tout en étant payé! Belle mentalité.
Ce concept de certains Québécois n’est cependant pas étonnant. Depuis quelques décennies maintenant, nous démontrons notre grand goût pour les choses ludiques. Les Québécois veulent de moins de moins paralyser leur vie avec des situations complexes. Or, l’hypothèse de payer les décrocheurs s’inscrit dans cette optique.
Pas besoin de remettre en question le système scolaire… Pas besoin d’avoir de longues conversations avec l’enfant décrocheur pour comprendre son attitude et lui faire valoir les aspects positifs d’une bonne instruction… Pas besoin de perdre ainsi du temps qu’on peut consacrer à nos loisirs, nos soupers à la chandelle ou nos voyages.
Surtout, pas de faille dans notre mentalité ludique qui nous fait dire que la vie doit être un party le plus souvent possible!
Moi, ce qui me plairait, c’est un sondage auprès des décrocheurs pour connaître les motivations de leur abandon et pour savoir dans quelle proportion ils retourneraient à l’école si on éliminait une bonne partie de ce qu’ils considèrent comme des problèmes.
Ce qui me plairait encore plus, ce serait de voir qu’est-ce que le gouvernement ferait de ces données.
06 septembre, 2009
Les Fonctionnaires (27/55)
Le livre de Jean Laliberté, Les fonctionnaires, explique merveilleusement bien les inefficacités inhérentes à la fonction publique. À la lecture de ce livre il ne peut y avoir qu’une conclusion : le gouvernement sera toujours un piètre fournisseur de service.
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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En ce qui concerne les punitions, la fonction publique a la caractéristique de disposer d’un système particulièrement anémique. Dans l’entreprise privée, l’objectif visé est la productivité et l’on met en oeuvre des moyens de se défaire des employés improductifs. La fonction publique, par contre, possède une grande tolérance pour les employés insatisfaisants. Les tire-au-flanc ne risquent pas grand chose, car le renvoi est une mesure tout à fait exceptionnelle. Dans les faits, le régime de punitions n’existe qu’en matière disciplinaire : les insultes aux supérieurs, les fraudes et le harcèlement sexuel ne sont pas tolérés. Les règles administratives pour prévenir les malversations sont extrêmement développées et soutenues par un appareil complexe. (p. 103)
05 septembre, 2009
Carte de Crédit : Que le meilleur gagne
Selon Couche-tard, ces frais sont abusifs et pourraient être divisés par quatre. Les interventionnistes et les lobbys, à la recherche d’une solution facile, supplient le gouvernement de règlementer les frais de carte de crédit.
Si jamais, les politiciens répondent favorablement à leur demande, soyez assurés que les frais de carte de crédit augmenteront considérablement. Toute règlementation comporte des coûts qui sont d’une manière ou d’une autre refilés aux consommateurs.
Les gagnants seront les entreprises de carte de crédit et les épiciers.
Les entreprises de carte de crédits, s’assureront, grâce à leur puissant lobby, que la règlementation leur permet de refiler le manque à gagner aux consommateurs. De plus, la règlementation, en imposant une barrière artificielle à l’entrée, leur offrira une protection additionnelle contre des concurrents potentiels.
Les épiciers bénéficieront de la réduction des frais de carte de crédit, mais en refileront seulement une partie aux consommateurs. Le gros des gains sera distribué aux gestionnaires et aux actionnaires.
Les perdants seront les consommateurs. À la fin, ils paieront indirectement aux entreprises de carte de crédit le manque à gagner imposé par la nouvelle règlementation ainsi que les coûts afférents. Ils profiteront peut-être d’une réduction temporaire du coût de leur épicerie, mais cela ne sera pas suffisant pour compenser l’augmentation des coûts.
Par contre, si le libre marché est laissé à lui-même, le résultat sera très différent.
En effet, si les frais demandés par les entreprises de carte de crédit sont exagérés, il ne peut y avoir que deux explications : les entreprises de cartes de crédit sont inefficaces ou elles engrangent des profits exorbitants.
Dans un cas comme dans l’autre, cela représente une extraordinaire occasion d’affaire pour une entreprise qui désire entrer dans le marché des cartes de crédit.
C’est ce que Couche-Tard propose aux épiciers.
Dans ce scénario, les épiciers et les consommateurs seront les grands gagnants. Seules les entreprises de cartes de crédit seront perdantes.
Les épiciers seront en mesure d’offrir des prix plus compétitifs aux consommateurs qui utilisent leur carte. De plus, ils leur offriront toute une panoplie d’avantages pour les inciter à les adopter.
La réduction des frais de carte de crédit permettra d’améliorer la rentabilité des épiceries ce qui fera le bonheur des gestionnaires et des actionnaires.
Par contre, les entreprises de carte de crédit existantes perdront une clientèle rentable parce qu’ils auront abusé de leur position d’oligopole.
Conclusion : le libre marché, sous des apparences de capitalisme sauvage, favorise les consommateurs. L’interventionnisme, sous des apparences de défenseurs de la veuve et de l’orphelin, les pénalise.
04 septembre, 2009
Le chiffre du jour : 86,5
03 septembre, 2009
Le chiffre du jour (2) : 83 %
Subventions : Pourquoi? Pour qui?
Bordel, c’est quoi ces conneries?
Pouvez-vous imaginez le nombre de gratte-papiers dont l’unique rôle dans la vie est de gérer ces programmes de subventions?
Nous n’avons pas les moyens d’embaucher des médecins, des infirmières, des professeurs, des éducateurs spécialisés, mais nous payons des milliers de fonctionnaires pour gérer des programmes de subventions nuisibles à la croissance économique. De plus, les entreprises utilisent une portion non négligeable des subventions pour embaucher des lobbyistes et des consultants qui naviguent les labyrinthes gouvernementaux à la recherche des programmes les plus avantageux.
Pierre Duhamel est un des chroniqueurs financiers pour qui j’ai encore du respect. Ces opinions sont généralement balancées et il dit les choses franchement. Toutefois, sa chronique « Au pays des subventions » est décevante.
Il dénonce le nombre effroyable de programmes d’aide et de subventions, mais conclut :
Par ailleurs, éliminez les subventions aux jeux vidéos et l’industrie déménagera en Ontario où le gouvernement vient de mettre en place un programme de subventions encore plus généreux que celui du Québec. On peut penser qu’il pourrait arriver la même chose dans les industries aéronautique et pharmaceutique.Ce n’est rien de moins que de l’aveuglement volontaire!
Le ministère du Revenu collecte environ 4 milliards en impôt auprès des entreprises et leur remet plus de 5 milliards en subventions. Si le gouvernement éliminait les subventions et les impôts des entreprises, il économiserait 1 milliard et les entreprises se bousculeraient au portillon pour investir au Québec.
De plus, l’économie québécoise bénéficierait des centaines de millions économisés en salaire de fonctionnaires et en frais de lobbyistes et de consultants.
Mais la simplification du régime fiscal ne sert pas les intérêts des politiciens. La distribution de subventions est une source de pouvoir considérable auprès des électeurs et des entreprises.
Alors, pourquoi abandonneraient-ils un régime qui les sert si bien?
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Au pays des subventionsPierre Duhamel, Le journal de Montréal, le 1 septembre 2009
L’Annuaire 2009 des subventions du Québec promet aux intéressés de tout savoir sur les 1800 programmes d’aide et de subventions rendus disponibles par les différents paliers de gouvernement et divers organismes. Mille huit cents ! Ce n’est pas d’un annulaire que les entrepreneurs ont besoin, mais d’un GPS pour naviguer dans toutes ces propositions.
Au moment même où je prenais connaissance de cette bible, on apprenait que l’éditeur norvégien de jeux vidéos Funcom choisissait Montréal pour établir son nouveau studio. Grâce aux crédits gouvernementaux, plus de 6000 emplois ont été créés dans cette industrie au Québec depuis 1996. Les gouvernements et des partenaires privés ont également annoncé aujourd’hui un investissement de 218 millions de dollars pour établir à Bromont un centre de recherche universitaire sur les composantes microélectroniques. Je ne m’imagine pas un investissement plus stratégique et plus innovateur.
De plus, dans une étude publiée aujourd’hui, les économistes de la Banque TD constatent que l’économie québécoise navigue relativement bien dans la récession actuelle et que la politique économique engage la province dans la bonne direction.
Dans son dernier budget, le gouvernement du Québec s’engageait à consacrer 5,3 milliards de dollars pour soutenir les entreprises. En tout, le gouvernement dépensera 15 milliards de dollars pour le soutien de l’économie, ce qui représente 4,9 % du PIB du Québec. C’est beaucoup plus que la moyenne canadienne de 4,1 %.
Par ailleurs, éliminez les subventions aux jeux vidéos et l’industrie déménagera en Ontario où le gouvernement vient de mettre en place un programme de subventions encore plus généreux que celui du Québec. On peut penser qu’il pourrait arriver la même chose dans les industries aéronautique et pharmaceutique.
D’où le dilemme. Vous fermez le robinet et l’économie souffre. Vous le laissez ouvert et ce sont les finances publiques qui souffriront.
Le chiffre du jour : 64 %
- Les travailleurs du secteur public sont trop payés par rapport à ceux du secteur privé : 39 % des travailleurs du secteur public et 64 % des travailleurs du secteur privé sont d'accord
- Les travailleurs du secteur public font beaucoup de tâches administratives : 72 % des travailleurs du secteur public et 83 % des travailleurs du secteur privé sont d'accord
02 septembre, 2009
Les Fonctionnaires (26/55)
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Il est bien difficile d’effectuer des changements sans risquer de faire des erreurs. Le fait est que, dans le contexte politique dans lequel agit la fonction publique, la tolérance à l’erreur est extrêmement minime. Les bons coups ne sont pas récompensés, mais les erreurs sont punies. Tout le monde tente donc de se protéger. Peu de gens sont prêts à prendre des décisions. On se cache derrière des comités ou l’on renvoie les décisions vers les autorités supérieures. On prépare de nombreuses études et on les faits cheminer dans la structure hiérarchique. L’approbation de ces documents est considérée comme un signe de progrès dans la réalisation d’un projet, même si rien de concret en découle. Ces activités sur papier font que certains fonctionnaires travaillent très fort, même si l’organisation souffre d’inertie.
La fonction publique est passée maître des réalisations sur papier. Il en est ainsi, par exemple, des plans stratégiques que les ministères sont tenus par la loi de présenter au Parlement. C’est d’abord aux sociétés d’État qu’on a demandé d’effectuer une planification stratégique. Une telle exigence est compréhensible dans le cas d’entreprises possédant un large degré d’autonomie par rapport au gouvernement. Appliquée aux ministères, la commande est loufoque. Les ministères, en effet, n’ont d’autres choix que d’agir en réaction à l’opinion publique. Les plans stratégiques ne peuvent être que des documents verbeux qui ne révèlent rien de neuf. On en confie souvent la rédaction à des équipes de fonctionnaires travaillant de façon isolée à produire des documents dans un langage ampoulé et nébuleux que tous les lecteurs trouveront ennuyeux et rébarbatifs. Ceux qui veulent connaître les intentions du gouvernement savent que ce n’est pas dans les plans stratégiques des ministères qu’ils peuvent les trouver : le calendrier législatif et le discours sur le budget sont beaucoup plus révélateurs à cet égard. Ces documents, contrairement aux plans stratégiques, sont rédigés sous la direction des élus eux-mêmes et contiennent les véritables plans du gouvernement. Face à des politiciens qui veulent plaire aux électeurs et qui s’efforcent de tenir leurs promesses, la fonction publique procède avec sa propre dynamique découlant d’un système de récompenses et de punitions particulier. (p. 101 & 102)
Santé : le système, toujours le système
Ginette Lauzon, fille de la dame, n’a que de bons mots pour le personnel de l’établissement :
Même les employés du centre d'hébergement semblaient trouver cette situation intenable, souligne Ginette Lauzon. «Mon intervention n'est vraiment pas une attaque contre le personnel des centres, qui fait un travail extraordinaire avec les personnes âgées. C'est contre le système que je m'élève», dit-elle.
Mais c’est quoi ce fameux système qui semble être la cause de toutes les ratées du régime de santé?
Wikipédia définit système comme suit : Un système est un ensemble d'éléments interagissant entre eux selon un certain nombre de principes ou règles.
Les éléments agissant sur le système de santé sont : les politiciens, les bureaucrates, les syndicats et les lobbys. Les uns comme les autres favorisent le statu quo. C’est la conséquence naturelle d’un monopole d’État où chacun veille à protéger ses acquis. Par définition, aucun des participants n’ont intérêt à prendre les risques qu’implique le changement.
Si le système pouvait être réparé on le saurait. Malgré la croissance vertigineuse des coûts, année après année les mêmes âneries font la « une » des médias. Cela fait trente ans que les ministres qui se succèdent à Québec s’y cassent les dents.
Il faut se rendre à l’évidence, le système doit être cassé. Il faut simplement remplacer le système par un autre où le changement représente une opportunité plutôt qu’un risque.
Dans un régime concurrentiel, le plus grand risque auquel les entreprises sont confrontées est la faillite. Dans ce contexte, les entreprises créatives et dynamiques croissent, alors que celles qui refusent de changer et de s’adapter stagnent où disparaissent. Donc, le changement devient un gage de succès.
L’imposition d’une vraie concurrence entre les divers établissements du système de santé accomplirait en quelques années ce que tous les ministres de la Santé n’ont pu faire en trente ans.
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Places en CHSLD : processus d'entrée chaotique
Katia Gagnon, La Presse, le 31 août 2009
Il y a quelques mois, les enfants de Lucille Dubé, 81 ans, se sont rendus à l'évidence. Ils n'étaient plus capables de garder à son domicile leur mère vieillissante et de plus en plus malade. Il fallait lui trouver un CHSLD. C'est à ce moment que la vieille dame est entrée dans un processus digne de Kafka: celui qu'impose l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal aux gens âgés qui recherchent une -très rare - place dans un centre d'hébergement.
Dans un premier temps, Mme Dubé - dont nous avons modifié le nom, à la demande de sa famille - a été dirigée vers une résidence pour une période d'évaluation. Elle pourrait y demeurer au maximum trois mois, a-t-on clairement indiqué aux enfants. D'ici à son placement permanent, elle pourrait devoir déménager encore, dans un centre transitoire. «Déjà, souligne la fille de Mme Dubé, Ginette Lauzon, nous nous questionnions sur la pertinence de faire subir trois déménagements à des personnes en situation de grande vulnérabilité.»
Heureusement, le nom de Mme Dubé a été placé tout en haut de la liste pour l'obtention d'une place en résidence permanente. Quelques semaines plus tard, excellente nouvelle: la travailleuse sociale de la résidence a annoncé à Mme Lauzon que sa mère avait obtenu sa place permanente. La famille nous a également demandé de taire le nom des résidences, toutes situées dans le quartier Ahuntsic, à Montréal.
Toutefois, entretemps, la santé de la vieille dame s'était détériorée. «Elle refusait de se nourrir et refusait toute médication», indique Mme Lauzon. Avec l'accord de la famille, les responsables de la résidence d'évaluation ont donc demandé son hospitalisation. Pas de problème, a d'abord indiqué la travailleuse sociale: en l'absence de la vieille dame, ses enfants pouvaient déménager ses effets dans la résidence permanente.
Quelques heures plus tard, un revirement est survenu. «La travailleuse sociale nous a expliqué qu'elle ne pouvait donner suite au transfert parce que ma mère était hospitalisée. Elle nous a expliqué que ma mère devait retourner à la résidence d'évaluation et que son état devait être stabilisé avant qu'on lui offre une place en résidence permanente», raconte Mme Lauzon. Bref, en clair, la vieille dame perdait sa place. «Nous étions bouleversés.»
Mais le pire était à venir. La famille a ensuite été informée que, si d'aventure Mme Dubé quittait les urgences pour une chambre à l'hôpital, donc si son séjour s'y prolongeait, elle perdrait non seulement sa place en résidence permanente, mais également la place qu'elle occupait en résidence d'évaluation. À sa sortie de l'hôpital, elle se retrouverait donc dans un tout nouveau centre. «Tout le processus était à reprendre! J'en ai eu le souffle coupé. Quelle aberration!» s'exclame Mme Lauzon.
Même les employés du centre d'hébergement semblaient trouver cette situation intenable, souligne Ginette Lauzon. «Mon intervention n'est vraiment pas une attaque contre le personnel des centres, qui fait un travail extraordinaire avec les personnes âgées. C'est contre le système que je m'élève», dit-elle.
Une lettre éloquente
Mme Lauzon a résumé son histoire dans une lettre éloquente, qu'elle a fait parvenir à la ministre des Aînés, Marguerite Blais, ainsi qu'au ministre de la Santé, Yves Bolduc. Le cabinet de la ministre Blais s'est contenté de lui envoyer un accusé de réception indiquant que le dossier relevait de la ministre des Services sociaux, Lise Thériault. «On a demandé un topo sur cette situation. Mais la ministre ne veut pas commenter un cas précis», indique Harold Fortin, attaché de presse de Lise Thériault.
Du côté de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, à laquelle nous avons pris l'initiative de faire parvenir la lettre de Ginette Lauzon, on indique que le processus imposé à Mme Dubé est effectivement conforme aux normes. «Madame a été traitée avec beaucoup de considération, dit Louise Massicotte, directrice adjointe de l'ASSS. Notre préoccupation, c'est le moins de déplacement possible pour les personnes.?» Mais comme son séjour à l'hôpital devait durer deux semaines, précise-t-elle, «on a laissé sa place à quelqu'un d'autre à la résidence permanente».
L'agence tiendra d'ailleurs une rencontre de presse ce matin, afin d'expliquer à la presse les détails de son controversé plan d'accès aux places en CHSLD. C'est ce plan, adopté au printemps dernier, et en vertu duquel 200 lits de longue durée dans les hôpitaux ont été fermés, qui fait en sorte que la congestion est maximale à l'entrée des centres d'hébergement pour personnes âgées. Pas moins de 1500 personnes sont actuellement en attente d'une place en CHSLD.
Finalement, Lucille Dubé n'est demeurée aux urgences qu'un peu plus de 24 h. Néanmoins, «ce court séjour lui a fait perdre sa place en résidence permanente», souligne Mme Lauzon dans sa missive, qu'elle nous a fait parvenir il y a 10 jours.
Cependant, lundi dernier, quelques jours à peine après que nous ayons transmis à l'agence la lettre de Ginette Lauzon, sa mère a de nouveau obtenu sa place en résidence permanente. Simple coïncidence? «Ça n'a aucun lien avec les démarches que Mme Lauzon a faites», assure Mme Massicotte.
01 septembre, 2009
L’interventionnisme engendre la pauvreté
Alan Reynolds, dans un texte publié dans Un Monde Libre, résume comme suit l’étude d’Alberto Alesina et de trois de ses collègues de Harvard sur 18 grandes économies :
- des coupures radicales dans les dépenses publiques sont un moyen plus sûr de relancer une économie que des plans de relance aux effets douteux;
- la réduction des dépenses publiques favorisent la croissance. Son corollaire est aussi vrai;
- les dépenses publiques évincent les investissements privés sur un rapport de presque un à un;
- les politiques fiscales favorables à la croissance se composent principalement de réduction des dépenses, particulièrement sur les salaires et les subventions publics, tandis que les augmentations d’impôts ralentissement l'économie.
Malheureusement, au Québec, les « faiseurs d’opinion » penchent presque tous à gauche et favorise l’interventionnisme. Les politiciens carriéristes s’empressent de les accommoder d’en l’espoir de favoriser leur parti à la prochaine élection.
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USA : Un second plan de relance ?
Alan Reynolds – Le 15 juillet 2009.
« Les appels à l’augmentation des dépenses de relance s’intensifient », titrait récemment la première page du Wall Street Journal. L’auteure Deborah Solomon affirme que « certains économistes font pression à la Maison-Blanche pour adopter un second plan de relance. » L'article ne mentionne toutefois que deux économistes, dont l'un des chefs d’un « groupe d’experts de gauche » (l'Economic Policy Institute) qui réclame constamment une hausse de la dépense publique. L'autre, un ancien conseiller de Bush, rêve de « quelque chose de relativement rapide et astucieux » comme des « réductions d'impôts individuelles. » Mais demander au Parlement de faire quelque chose de rapide et astucieux revient à demander à un poisson de voler.
Ironiquement, on pouvait lire dans un autre titre dans le même journal le même jour, « les dépenses publiques de l'Inde effraient les indices boursiers de Bombay ». L'article enchainait : « Les actions indiennes ont chuté de 5,8 % après l’annonce que le projet de budget du gouvernement augmenterait le déficit public du pays. »
Les investisseurs comprennent que l'augmentation des dépenses du gouvernement détourne des ressources précieuses du secteur privé, et finit par imposer des prélèvements toujours plus démoralisants sur le travail et les capitaux.
Une étude d’Alberto Alesina et de trois de ses collègues de Harvard sur 18 grandes économies est parue en 2002 dans l’American Economic Review. Selon cet article, « Fiscal Policy, Profits and Investment », le moyen le plus sûr de provoquer une relance économique peut être par le biais de coupures radicales dans les dépenses publiques – tout l’inverse du plan de relance aux vertus très contestables.
Par exemple, l’Irlande a réduit ses dépenses publiques de plus de 7 % du PIB de 1986 à 1989 — soit presque autant que les 8,4 % du PIB des États-Unis consacré à la sécurité sociale et Medicare. L'économie irlandaise est subitement passée d’une croissance annuelle du PIB réel de 0,2 % au début des années 1980 à 7,2 % de 1989 à 2001. Avec un PIB doublant tous les dix ans, la dette publique est passée de 125 % du PIB à moins de 40 %.
En revanche, le Japon a dépensé des milliards en plans de relance keynésiens après 1991, en doublant le ratio de la dette publique au PIB, et, étonnamment, persiste dan cette voie. La « décennie perdue » nipponne sera bientôt en réalité deux décennies de stagnation économique, sans signe d’amélioration en vue.
La réduction des dépenses publiques entraina des taux d'imposition beaucoup plus faibles en Irlande, y compris des réductions substantielles de l’impôt sur le revenu, des prélèvements obligatoires et de la TVA, ainsi que le célèbre impôt sur les sociétés de 12,5 %. En Inde, des restrictions budgétaires semblables, quoique temporaires, ont facilité la réduction du taux de l'impôt sur le revenu, qui passa de 60 % à 30 %, au début d’un autre « miracle économique ».
A l’inverse, en raison de l'énorme dette accumulée par des politiques de relance, le Japon s’est senti obligé d'ajouter de nouvelles taxes sur la consommation, le foncier, les valeurs mobilières et la plus-value.
L'étude d’Alesina reconnaît que la réduction des dépenses publiques a été propice à des régimes fiscaux encourageant la croissance, mais cette même étude a également révélé qu’une forte dépense publique est foncièrement mauvaise pour la croissance économique. Les auteurs ont noté qu’en attirant les travailleurs qualifiés vers le fonctionnariat, l’État évince la main-d'œuvre hors des entreprises privées. Les employeurs du secteur privé sont alors obligés d’augmenter les salaires, souvent aux dépens de l'embauche. Stimuler artificiellement le coût de la main-d'œuvre provoque à son tour une chute des profits et des investissements. Ils ont également constaté qu'une réduction de 1 point de pourcentage dans les dépenses publiques rapportées au PIB conduit à une augmentation immédiate de l’investissement privé rapporté au PIB, qui s'élève à 0,8 point de pourcentage après cinq ans. En d'autres termes, les dépenses publiques (qu’elles soient financées par des emprunts, des prélèvements ou la création monétaire) évincent les investissements privés sur un rapport de presque un à un.
Les auteurs (Alesina, Ardagana, Perotti et Schiantarelli) concluent que les politiques fiscales qui « ont conduit à une augmentation de la croissance se composent principalement de réduction des dépenses, particulièrement sur les salaires et les subventions publics, tandis que les politiques fiscales associés à un ralentissement de l'économie sont caractérisés par une augmentation des impôts. »
En réalité, le soi-disant plan de relance était en fait une augmentation d’impôt différé de $ 787 milliards de dollars plus les intérêts. Comme ce fut le cas avec la récente frénésie des dépenses publiques en Inde, et avec le fiasco du plan de relance perpétuel nippon, le marché boursier américain a réagi très mal à la dernière augmentation importante dans les dépenses publiques lors de son passage à la Chambre des représentants et au Sénat.
Le marché obligataire a lui aussi subi des reculs significatifs à la suite de l'incroyable ampleur de l'emprunt du Trésor. Peter Orszag, le directeur du budget du Président Obama, a cosigné une étude réalisée en 2003 avec Bill Gale, soutenant qu’une « hausse des déficits prévue de 1 % du PIB entrainerait une hausse des intérêts à payer sur la dette de 20 à 60 points de base » [NDLR ; soit une augmentation allant de 0,2 % à 0,6 %.]
Orszag et Gale ont probablement eu tort à ce sujet. Mais le déficit budgétaire actuel est de cinq fois plus grand que le déficit de 2003 ; nous naviguons maintenant en eaux inconnues. A l’époque, Orszag, Robert Rubin et d’autres économistes avertissaient déjà que les déficits entraineraient « un chaos budgétaire et financier. » Avec des emprunts du Trésor à des niveaux forçant les agences de notation à prévoir un déclassement, il est manifestement irresponsable d'envisager d'accroître la dette du Trésor dans le cadre d’un nouveau plan de relance.
Que nous parlions de l'Inde, du Japon ou des États-Unis, il a été démontré à maintes reprises que ces dépenses publiques sont juste bonnes à faire chuter la valeur des actions et des obligations (le patrimoine privé). Appeler ce résultat une « relance » tient de l’égarement sémantique et du double discours : ce n’es pas simplement ridicule mais dangereux.
Alan Reynolds est chercheur senior au Cato Institute et auteur de « Income and Wealth » (Greenwood Press, 2006) www.unmondelibre.org
Les Fonctionnaires (25/55)
Au cours des prochaines semaines je publierai plusieurs extraits de ce livre que je considère particulièrement révélateurs.
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Les gouvernements, les ministres et les hauts fonctionnaires parlent constamment de changement. Chacun veut donner l’impression d’être une personne d’action et souhaite laisser sa marque. Les choses les plus faciles à changer sont les organigrammes, les discours et les mesures sur papier. Les véritables changements sont toutefois très difficiles à apporter, car les résistances sont colossales. D’un certain point de vue, il est heureux qu’il existe des remparts contre l’affairisme inconsidéré, car si tous les dirigeants pouvaient agir à leur guise, la situation serait proprement infernale. Comme nous l’avons mentionné plus haut, la facilité avec laquelle on peut dépenser l’argent des autres et l’impossibilité pour l’organisation de faire faillite créent des conditions où tout devient possible, même les pires extravagances.
Les véritables changements prennent des mois, sinon des années, à se concrétiser. Peu d’acteurs dans le système sont assez longtemps en place pour les entreprendre et les mener à terme. Encore faudrait-il qu’ils aient la détermination et la persévérance nécessaires, ce qui est loin d’être acquis. Plusieurs changements sont cependant entrepris, mais abandonnés en cours de route. Par conséquent, les fonctionnaires déjà sceptiques devant les velléités de changement deviennent franchement cyniques à la suite d’échecs répétés. (p. 99)
31 août, 2009
Y a-t-il des services naturellement publics?
- contrairement aux idées reçues, les monopoles publics n’assurent pas l’égalité entre « les usagers ». En effet, l’égalité recherchée est aussi imparfaite que les bureaucrates et les politiciens qui la définissent. Habituellement, cela implique le nivellement par le bas des services offerts;
- l’absence de concurrence exige des contrôles efficaces. Les contrôles d’un monopole public sont particulièrement inefficaces. En effet, puisque le monopole et son contrôle relèvent du gouvernement, ces derniers sont assujettis aux intérêts des politiciens, des syndicats et des lobbys;
- le choix et la qualité des produits et services offerts par les monopoles d’État sont choisis par les politiciens et les bureaucrates. Les critères de décision sont souvent étrangers au bien-être de la population. Les faits montrent que le libre choix est le seul moyen d’éviter les situations de surplus et de pénuries;
- il est faux de prétendre que certains biens ou services sont naturellement publics. Le libre marché gère quotidiennement des milliards de transaction dans des domaines aussi essentiels et complexe que l’alimentation et le logement. Pourquoi ne pourrait-il pas le faire dans les domaines de la santé, l’éducation et le transport public?
Le concept de service public est quotidiennement manipulé par les interventionnistes dans le but non avoué d’assurer la croissance des gouvernements et, par voie de conséquence, le pouvoir des politiciens et des groupes d’intérêt.
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Services "publics" ?
Michel de Poncins, Un monde libre, le 10 août 2009.
La Poste en France va être transformée en société anonyme, avec au départ uniquement des actionnaires publics, dont la caisse des dépôts qui représente l’Etat dans une foule de secteurs économiques où il intervient abusivement. Le motif invoqué pour la transformation est que Bruxelles l’impose, et aussi le besoin de capitaux absolument nécessaires pour moderniser l’envoi du courrier. Les syndicats en embuscade crient à la privatisation ce qui conduirait à l’abandon du principe du service public, et menacent de grèves.
C’est l’occasion de se poser en profondeur la question de la pertinence des services publics. Il y a beaucoup d’idées reçues sur ce thème. Y-a-t-il vraiment des besoins qui méritent d’être sanctuarisés par la qualification de « service public » ?
La qualification de « service public » conduit à justifier l’instauration d’un monopole public, ceci dans une foule de domaines : santé, chemin de fer, éducation, etc. Le monopole est absolu puisque la force publique le protège avec le secours de la loi. Voici un premier sujet de perplexité : il existe certes des monopoles privés mais ils sont toujours très fragiles car exposés aux attaques d’entrepreneurs audacieux et novateurs ; ces temps-ci nous observons de très grandes et puissantes firmes informatiques vaciller sur leur base par l’intervention de nouveaux concurrents.
Les monopoles publics se flattent de réaliser l’égalité entre les « usagers » : c’est ainsi que la Poste prétend assurer partout d’une façon égale le service du courrier. En fait, il faut bien constater que la supposée égalité est définie par les directeurs du monopole et selon leur opinion propre : pourquoi un bureau de poste ici et pas là ? Pourquoi tel bureau ferme à telle heure ? En fait pour un observateur attentif l’égalité semble bien un objectif chimérique.
Dans toute activité, il faut des contrôles. N’est-on pas obligé de constater qu’en fait les contrôles dans les monopoles publics sont peu performants ? Ceux qui ont la patience et le temps de lire les rapports de la Cour des Comptes en France le constatent à chaque page. Dans d’autres pays dits développés, il en est de même. Les explications sont connues : le jeu incessant des intérêts politiques fait barrage aux vrais contrôles, les syndicats tout puissants ne les encouragent guère, la prépondérance des intérêts du personnel forme un obstacle infranchissable. Il s’ajoute l’absence de comptabilité sérieuse : personne de sensé ne peut voir vraiment clairement dans les comptes de la SNCF ou de l’EDF. Or, un vrai contrôle implique une comptabilité en ordre.
Le monopole réserve à des élus ou à des fonctionnaires le droit de choisir les produits pour nous : quand il s’agit de service, ce sont eux qui le définissent souverainement. Or, la réflexion et les faits montrent que le libre choix est un facteur essentiel de la richesse car il permet de se procurer exactement le type de bien ou de service qui vous convient. L’un des effets classiques du monopole est de conduire soit à de la surabondance dans des activités ne convenant pas, soit à des pénuries.
Certes les responsables des monopoles s’abritent derrière l’intérêt général dont ils seraient les seuls juges et en tirent un argument de poids. Est-il normal, quelles que soient leurs qualités intrinsèques, qu’ils décident souverainement de cet intérêt général ? Mais surtout, quelqu’un peut–il définir valablement ce qu’est l’intérêt général ?
Il y aurait des biens qui par nature seraient publics. Voire. Quand un monsieur « quidam » achète de la charcuterie chez l’homme de l’art, ne se rendent-ils pas service mutuellement en s’enrichissant tous deux à la mesure de cette modeste transaction ? C’est un service privé. Il en est de même dans les milliards de transactions quotidiennes dans le monde entier et cette remarque peut s’appliquer aussi bien à la boulangerie qu’à l’électricité ou au transport ferroviaire et à la poste.
Que se passe-t-il dans un pays ayant beaucoup de services publics confiés à des firmes nationalisées ? Un jour ou l’autre il faut des capitaux ou, encore, le mauvais fonctionnement est trop visible : le pouvoir alors veut privatiser ce que craignent précisément les syndicats de la Poste en France. Les opérations de privatisation sont très difficiles à mener sans des fraudes multiples : voir les injustices nombreuses qui se sont passées dans les pays de l’Est. C’est en quelque sorte une deuxième punition que reçoit la population après celle du mauvais fonctionnement du monopole.
Un coup d’œil en Suède est utile. Dans ce pays réputé pourtant socialiste, les syndicats ont compris qu’il fallait réformer et participent activement à ces réformes. C’est en 1993 que les Suédois, les premiers en Europe, ont mit fin au monopole étatique sur la poste.
Avant la libération du système postal il y avait 1 800 bureaux de poste. Depuis et suite à la privatisation, il y a 4 200 points de poste installés dans des commerces divers. Cette constatation est significative pour ceux qui accusent une éventuelle privatisation de diminuer le service. 96,2 % du courrier arrive le lendemain contre 75 % en France. Les entreprises privées qui concourent au service sont bénéficiaires. En monnaie constante le prix du timbre n’a pas augmenté.
Dans les pays en cours de développement, le même phénomène se reproduit. La conclusion semble bien être que ces pays ont intérêt à laisser les initiatives privées jouer au maximum quant il en est temps, ce qui donnera toutes possibilités aux talents de leurs habitants.
Michel de Poncins est économiste.
Les Fonctionnaires (25/55)
Les véritables changements prennent des mois, sinon des années, à se concrétiser. Peu d’acteurs dans le système sont assez longtemps en place pour les entreprendre et les mener à terme. Encore faudrait-il qu’ils aient la détermination et la persévérance nécessaires, ce qui est loin d’être acquis. Plusieurs changements sont cependant entrepris, mais abandonnés en cours de route. Par conséquent, les fonctionnaires déjà sceptiques devant les velléités de changement deviennent franchement cyniques à la suite d’échecs répétés. (p. 99)


