Chaque Québécois doit plus de 34 000 $ au provincial seulement

Vaut mieux en rire!

Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry

11 mai, 2009

Dépression de 1920-1, 1929-45, 2008-?

André Dorais

Avant la Seconde Guerre mondiale on avait l’habitude de parler de dépression plutôt que de récession. Aujourd’hui, on tend à réserver ce terme aux «grosses» récessions en souvenir de la dépression des années 1930, qui a durée pas moins de 15 ans si l’on inclut les années de guerre. Cette Grande Dépression, comme il est d’usage de la qualifier, est non seulement remarquable par sa durée, mais aussi parce qu’elle marque une transition idéologique en faveur d’un plus grand contrôle de l’État sur l’économie. Il suffit de comparer quelques aspects de la dépression de 1920-1 à celle de 1929-45 pour s’en convaincre. Suivant cette comparaison, on illustrera la position canadienne face à la crise actuelle.

Au début des années 1930, à une époque où les prix ont tendance à baisser, le gouvernement américain impose aux entreprises un gel des salaires dans le but de pallier à la crise. Le temps que ce gel soit effectif, on observe, en 1931, une baisse des salaires de l’ordre de 3%, mais considérant la baisse de 8,8% des prix des biens et des services pour la même période, il s’ensuit que les salaires réels des gens ont augmenté de 5,8%. Parce que le salaire de ceux qui ont réussi à maintenir leur emploi a augmenté, plus de gens se sont retrouvés au chômage. Celui-ci dépasse alors les 15%.

À force d’intervenir dans l’économie sous le prétexte de la relancer, 28,3% des travailleurs se retrouvent au chômage en 1933. Incapable de reconnaître que ce sont ses politiques qui en sont la cause, le gouvernement poursuit son «aide», en 1935, en imposant deux régimes d’assurance, soit l’un pour la retraite et l’autre contre la perte d’emploi. En 1938 et 1939, le taux de chômage s’établit à 19%. Il ne baissera que lorsque les hommes iront en guerre.

Lors de la récession précédente, soit celle de 1920-1, on observe une baisse des salaires de l’ordre de 20%. Bien qu’elle aussi fût atténuée par la baisse des prix des biens économiques, elle n’en fut pas moins importante. Pour plusieurs individus il s’agissait d’une baisse réelle du pouvoir d’achat et non d’une augmentation comme on l’observait 10 ans plus tard. Or, c’est justement cette réduction des salaires, et plus généralement la non-intervention de l’État dans l’économie, qui a permis au pays de sortir de la récession en peu de temps. Le taux de chômage a atteint un sommet de 11,7% en 1921 pour baisser à 6,7% l’année suivante et à 2,4% en 1923.

Ces statistiques, tirées de The Politically Incorrect Guide to the Great Depression and the New Deal, de Robert Murphy, ne font que renforcer la thèse à savoir que moins un gouvernement intervient dans l’économie, plus les récessions sont de courte durée. À l’inverse, plus un gouvernement intervient dans l’économie, plus les récessions se prolongent. Si certaines interventions gouvernementales sont plus nocives que d’autres, aucune d’elles n’a d’effet positif sur l’économie dans son ensemble. Sous le prétexte d’aider l’économie, les interventions gouvernementales nuisent à sa relance. Elles aident certains individus, mais au détriment des autres et plus elles sont importantes, plus elles risquent d’appauvrir tout le monde.

La position canadienne face à la crise

Au Canada, les partis d’opposition menacent de faire tomber le gouvernement minoritaire s’il n’augmente pas l’aide aux chômeurs. Or, celle-ci est déjà passablement augmentée depuis quelques semaines. En effet, le gouvernement a ajouté cinq semaines de prestations, il a augmenté l’aide financière de ceux qui participent aux mesures dites d’intégration et il en a étendu l’éligibilité. Avant ces changements, les gens qui avaient reçus des prestations lors des trois dernières années étaient éligibles à recevoir 220$ par semaine s’ils participaient auxdites mesures. Ce montant est haussé à 240$ et l’éligibilité est étendue aux quatre dernières années. La fameuse période de carence dont le Bloc Québécois cherche tant à faire tomber, question d’ajouter deux semaines de prestations, n’est déjà plus effective pour ces mesures. Ce n’est pas tout.

Ceux et celles qui reçoivent des prestations lors de leur demande de formation sont assurés d’un minimum de 240$ par semaine pour la durée de leur «parcours», en plus des frais de transport et de garderie. Ceux et celles qui reçoivent plus de 240$ par semaine se voient accorder les mêmes montants à la fin de leurs prestations tant et aussi longtemps que leur «parcours» n’est pas terminé. Le montant maximal des prestations est de 447$ par semaine, ce qui exclut les frais de transport et de garderie pour ceux qui participent auxdites mesures.

Un exemple de parcours : un individu se présente à Emploi-Québec pour demander de l’aide. Il ne réussit pas à se trouver de l’emploi et il en attribue la cause à la méconnaissance de la langue française et à des connaissances professionnelles mal adaptées au marché local. Il ne lui reste que quelques semaines de prestations, il reçoit le maximum et il a un enfant qu’il devra placer en garderie. L’agent d’emploi, tout heureux d’aider un pauvre type qui ne parle pas le français au Québec, accède à sa demande. D’ailleurs s'il la refusait, sous le prétexte que le client semble bien se débrouiller sans la maîtrise du français, le client n’aurait qu’à se plaindre pour obtenir ce qu’il veut, car il s’agit d’une politique qui est encouragée par le gouvernement. En démocratie, celui qui crie le plus fort obtient généralement ce qu’il veut, mais c’est le capitalisme qu’on accuse toujours de sauvage…

Le client sera en francisation douze mois, plus longtemps s’il insiste un peu, à raison de 447$ par semaine plus 16$ par semaine pour le transport et jusqu’à 125$ par semaine de plus pour la garderie. C’est que les garderies subventionnées à 7$ par jour étant toutes prises grâce à la «générosité» gouvernementale, les clients n’ont d’autre choix que de choisir celles qui ne sont pas subventionnées. Il s’ensuit que cet individu aura reçu 447$ par semaine pendant près d’un an pour chercher un emploi, qu’il recevra ensuite 588$ (447$+16$+125$) par semaine pour étudier le français, 588$ par semaine pour terminer les cours préalables à la formation professionnelle qu’il a choisie et 588$ par semaine pour suivre celle-ci. Dans la mesure où il en a pour 6 mois de cours préalables et que la durée de la formation professionnelle est de 18 mois, ce client fictif aura reçu quelque 100 000$ en 4 ans pour étudier et chercher de l’emploi. Cela est sans compter les coûts de ces formations, qui sont aussi à la charge des contribuables. Enfin, on lui offrira une subvention salariale à la fin de ses cours pour s’assurer qu’il trouve un emploi.

Encore une fois, les partis d’opposition au niveau fédéral considèrent que, en temps de crise économique, cela ne suffit pas. Ils se disent prêts à renverser le gouvernement sur cet enjeu. Les partis politiques du Québec, sans appuyer nécessairement cet enjeu, pensent la même chose, soit que les gouvernements doivent en faire davantage. À cet égard, ils ont l’appui des syndicats, des artistes, des journalistes, des universitaires, des environnementalistes, bref de tous ceux qui se considèrent progressistes. Plusieurs d’entre eux ne manquent pas l’occasion de dénigrer ceux qui ne partagent pas leur opinion. Eux seuls prétendent savoir ce qu’est la générosité. Parmi leur demande on retrouve celle d’obtenir des prestations d’emploi après neuf semaines de travail. On est progressiste ou on ne l’est pas! Sûrement qu’une réponse favorable à cette demande va relancer l’économie…

Évidemment, le régime public d’assurance emploi n’est qu’une façon parmi d’autres pour le gouvernement d’intervenir dans l’économie, mais ses interventions dans ce régime sont symptomatiques de sa vision d’ensemble lors d’une crise économique, soit de jouer un rôle accrû pour la résoudre. Les autres partis politiques canadiens, que ce soit au niveau fédéral ou provincial, pensent la même chose si ce n’est que de façon plus prononcée. On peut même généraliser cette croyance à tous les gouvernements du monde. Dire qu’ils continuent d’accuser le capitalisme pour la sévérité de la crise démontre leur incapacité à la comprendre et à le diriger.

Cette croyance se base en bonne partie sur une incompréhension de la Grande Dépression. En effet, le gouvernement américain ne l’a pas vaincue grâce à ses interventions, pas plus qu’il ne l’a vaincue grâce à la Deuxième Guerre mondiale. Ce n’est qu’au moment d’abandonner plusieurs de ses programmes et autres interventions, en 1946-7, qu’il a retrouvé la voie de la prospérité. Malheureusement, il semble vouloir répéter les mêmes erreurs. On doit souhaiter que les autres gouvernements ne le suivront pas dans cette voie et qu’ils sauront retrouver le bon sens, car personne ne s’enrichit à s’endetter davantage.

10 mai, 2009

Pourquoi payez moins quand on peut payer plus!

Les Québécois s’indignent qu’une entreprise privée fasse 10 % de profit. Par contre, ils acceptent de bonne grâce qu’un monopole d’État inefficace coûte 25 % de plus qu’il ne devrait.

Tout ça parce qu’ils croient que les revenus d’un monopole d’État profitent à l’ensemble de la population. Pourtant, il n’y a rien de plus faux.

Les coûts élevés des services fournis par un monopole d’État servent surtout les groupes d’intérêts associés (politiciens et syndicats) et leurs fournisseurs. Au mieux, les contribuables et les consommateurs, paient les services qu’ils obtiennent trop chers. Au pire, ils obtiennent en prime des services médiocres.
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Rivière Romaine : gaspillage appréhendé de 3 à 4G$

Claude Garcia, Journal de Montréal, 6 avril 2009

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement a donné le feu vert récemment à l’aménagement d’un complexe hydroélectrique d’envergure sur la rivière Romaine qui est située au nord de Havre Saint-Pierre.

Avec une puissance installée de 1 550 MW, ce complexe aurait une capacité annuelle de production de 8 milliards de kWh.

Hydro-Québec compte faire quatre aménagements hydroélectriques entre les kilomètres 53 et 192 de la rivière. Le promoteur souhaite commencer les travaux au milieu de 2009 pour échelonner la mise en service des centrales entre 2014 et 2020.

Il ne manque que le feu vert du gouvernement du Québec pour que les travaux d’aménagement puissent commencer.

Hydro-Québec évalue le coût de réalisation du projet à 6,5 milliards $. Ce montant n’inclut pas les coûts des lignes de transport, du suivi environnemental après la construction et des ententes avec le milieu.

Or, Hydro-Québec a la fâcheuse habitude de ne pas respecter les budgets initiaux de ses projets d’investissement.

Dans une étude que j’ai publiée récemment pour le compte de l’Institut économique de Montréal, j’ai démontré que les cinq dernières centrales construites par Hydro-Québec ont toutes, sans exception, coûté plus cher que prévu et que le dépassement moyen se situe à 26% du budget original.Si on ajoute 26% au budget annoncé de 6,5 milliards $, on parle plutôt d’un investissement total de 8,2 milliards $.

On est donc justifié d’estimer à 5,3 millions $ par MW le coût probable d’aménagement de la Romaine.

C’est plus de deux fois le coût de 2,4 millions $ par MW encouru par Brookfield pour l’aménagement en cours ou l’achat de petites centrales au fil de l’eau.

Hydro-Québec reconnaît elle-même la justesse des coûts encourus par Brookfield puisqu’elle a accepté de verser 3,1 millions $ par MW pour l’intérêt d’AbitibiBowater dans la centrale McCormick située sur la rivière Manicouagan.

Hydro-Québec avait raison de payer un peu plus par MW dans ce cas puisque cette centrale a un facteur d’utilisation plus élevé que la moyenne.

Il est certain que le type d’aménagement proposé par Hydro-Québec sur la Romaine a une plus grande valeur qu’une centrale au fil de l’eau puisque ce type d’aménagement permet un meilleur appariement entre la production d’électricité et la demande des consommateurs. Mais l’écart entre le coût probable d’aménagement de la Romaine et les coûts encourus par Brookfield est considérable et difficilement justifiable.

Je propose donc que le gouvernement fasse comme il l’a fait pour les éoliennes et qu’il demande des propositions à des entreprises du secteur privé pour l’aménagement de la Romaine. On peut envisager des économies qui pourraient atteindre 3 à 4 milliards $.

Faut-il se surprendre d’un tel écart entre les investissements requis par Hydro-Québec pour cet aménagement et le coût probable du même aménagement par une entreprise qui aura dû préparer sa proposition en concurrence avec d’autres.

Hydro-Québec a tendance à surinvestir. Par exemple, elle propose de relier le complexe hydroélectrique à la route 138 par un chemin d’accès permanent asphalté, long d’environ 150 kilomètres.

On peut conclure que ce chemin d’accès sera de meilleure qualité que plusieurs routes secondaires au Québec. Est-ce vraiment la mission d’Hydro-Québec?

08 mai, 2009

Une fois c’est bien, mais deux c’est mieux!

Richard Martineau dénonce, avec raison, le fait qu’au Québec il faut payer deux fois pour le même service. On paie le gouvernement qui nous promet mer et monde. Ensuite, on achète les services promis par le gouvernement auprès d’une entreprise privée.

C’est ça le modèle québécois auquel tiennent mordicus les politiciens et les syndicats?
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Une époque formidable

Richard Martineau, Journal de Montréal, 08/04/2009

On vit à une époque formidable, vous ne trouvez pas?

Vous payez des impôts pour financer le système d'éducation, mais vous devez payer une école privée à vos enfants, car le système d'éducation est tout croche.

Vous payez des impôts pour financer le système de santé, mais vous devez aller vous faire traiter dans une clinique privée, car le système de santé est tout croche.

AJOUTER L'INSULTE À L'INJURE

Vous payez des impôts pour former de nouveaux médecins, mais quand ces médecins obtiennent leur diplôme grâce à votre générosité, ils lèvent les feutres et déménagent dans un autre pays.

Vous payez des taxes scolaires pour financer les écoles de votre région, mais les gens qui sont censés prendre votre argent et le redonner aux institutions partent avec votre fric, jouent à la Bourse et perdent 35 millions de dollars.

Vous travaillez fort toute votre vie, vous confiez votre régime de retraite à la Caisse de dépôt et placement du Québec, le patron de la Caisse dilapide votre fric dans des placements à haut risque, mais avant que le bateau ne coule, il empoche 379 000 $ en boni, saute dans un canot de sauvetage et se trouve un emploi à Power Corporation, qui lui attribue une prime de 800 000 actions.

Et comme si ce n'était pas suffisant, le nouveau patron de la Caisse de dépôt rencontre les principaux directeurs de Québec Inc... dans les bureaux du nouvel employeur de son prédécesseur, qui a crissé la Caisse à terre!

Un chausson, avec ça?

LA MAIN DANS NOS POCHES

Le gouvernement va dépenser deux milliards de dollars pour financer un méga-hôpital, mais vous devrez y aller en métro, car il n'y aura pas de places de stationnement.

Un syndicat qui ne vous viendra jamais en aide si vous perdez votre job vous demande de quitter votre job pour lui venir en aide. Si vous dites que ce n'est pas très logique, il vous harcèlera et criera à qui veut l'entendre que vous manquez de solidarité.

L'État prend votre argent pour rénover un casino qui prendra votre argent pour le redonner à l'État qui augmentera la TVQ afin de prendre votre argent pour acheter une loge au Centre Bell, histoire d'améliorer les relations d'affaires de la SAQ et d'Hydro-Québec et ainsi leur permettre de prendre encore plus d'argent dans vos poches.

Les municipalités prennent de l'argent dans vos poches pour placer des policiers dans des pièges à contraventions afin qu'ils puissent prendre plus d'argent dans vos poches.

BIENVENUE AU QUÉBEC

L'État prend de l'argent dans vos poches pour financer des programmes contre le surendettement, puis s'endette.

L'État prend de l'argent dans vos poches pour financer des campagnes de bonne alimentation, puis finance une agriculture qui vous rend malade.

Un conseil : vous avez des amis étrangers qui n'ont jamais vu le Québec? Invitez-les cette semaine.

Ils verront le Québec dans toute sa splendeur, dans toute sa magnificence.

Des contribuables pressés comme des citrons, un État qui gaspille des milliards de dollars dans des projets insensés, un système syndical qui se croit encore dans les années 70 et des gestionnaires qui jouent à la roulette avec l'argent des autres.

Quinze ans après sa publication, le titre du pamphlet d'Hélène Jutras est toujours pertinent : Le Québec me tue.

07 mai, 2009

Il n’y a pas de quoi être FIER


Le chiffre du jour : 62 %

Selon une nouvelle étude sur la retraite effectuée par RBC, le pourcentage de baby-boomers canadiens affirmant que la réduction de leurs dettes constitue une priorité a doublé au cours des six derniers mois, passant de 31 % à 62 %.

06 mai, 2009

L’évasion fiscale


Le chiffre du jour : 25 %

Près du quart des adultes canadiens, soit environ cinq millions de personnes, souffrent d'hypertension. (ii) Cette affection représente un important facteur de risque d'accident vasculaire cérébral, de maladie coronarienne, d'angiopathie et d'insuffisance cardiaque congestive, et elle augmente de deux à trois fois le risque cardiovasculaire. (iii) Malgré les preuves qu'un diagnostic précoce et que le traitement de l'hypertension sont associés à un risque moindre de souffrir de maladies cardiovasculaires, seulement 13 % des patients hypertendus au Canada réussissent à maîtriser leur tension artérielle.

05 mai, 2009

Santé : il faut changer le système

Dans une bureaucratie, en particulier une bureaucratie étatique, ce n’est pas le résultat qui compte. La priorité consiste à satisfaire les exigences du « système ». Puisque le système gère l’offre sans égard à la demande, le Québec est devenu une immense salle d’attente. On attend un médecin de famille, on attend à l’urgence, on attend un permis, on attend une place au CPE, etc.

Dans son texte, Richard Martineau décrit la journée d’enfer de son ami qui s’est cassé une main. Cette anecdote décrit bien le fonctionnement des bureaucraties gouvernementales. Le système : ministère, régie, commissions, etc., prétend tout contrôler au détriment de la raison d’être de l’organisation.

Il est inutile de s’en prendre au personnel qui ne fait qu’exécuter les tâches qui lui ont été assignées. C’est le système qu’il faut changer.

Ceux qui prétendent qu’il est possible de gérer efficacement une bureaucratie étatique devraient lire l’excellent livre de Jean Laliberté, « Les fonctionnaires ». Ce livre explique en des termes faciles à comprendre pourquoi les monopoles étatiques sont inefficaces :


La grille de décisions utilisée par les élus est essentiellement politique. Les
considérations de rigueur administrative, d’efficacité, d’efficience et de
rentabilité économique sont secondaires.
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Une journée à l'hôpital
Richard Martineau, Le Journal de Montréal, 04/05/2009

Vendredi, j'étais censé souper chez un ami, mais dans la matinée, il m'a téléphoné pour annuler la soirée.

«Je me suis cassé la main en faisant de la rénovation, m'a-t-il dit. Je ne pourrai pas cuisiner...»

Des excuses pour annuler des soupers, j'en ai entendu plusieurs dans ma vie. Ma grand-mère est morte, mon fils a la gastro, j'ai une réunion d'urgence.

Mais «Je me suis cassé la main en faisant de la rénovation», c'est la première fois qu'on me la sortait.

Ça devait donc être vrai.

ON VA À L'URGENCE OU PAS?

Quelques minutes après son appel, mon ami m'envoie ce courriel:

«Veux-tu entendre une histoire ridicule?

On ne cesse de nous répéter d'aller en clinique pour ne pas engorger les urgences. On se rend donc dans une clinique.

«On attend une heure. On voit un médecin. On prend des radiographies. On retourne voir le médecin de la clinique. Il nous donne une référence pour voir un orthopédiste afin qu'il me pose un plâtre. Puis on va à l'hôpital avec la référence du spécialiste et le CD de la radiographie.

«On se dit qu'on a agi en bon citoyen, qu'on a utilisé le système de façon responsable et qu'à l'hôpital, ça va aller rondement...

«Mais une fois rendu à l'hôpital, on apprend qu'il faut... PASSER PAR L'URGENCE! Qu'il faut attendre des heures et déranger des infirmières de l'urgence. Si ce n'est pas de l'incompétence crasse, je me demande c'est quoi!»

UN SYSTÈME TOUT CROCHE

Deux heures plus tard, un nouveau courriel :

«Ça fait deux heures qu'on est à l'hôpital et je n'ai même pas passé au triage! Et c'est plein de gens avec des masques, je me sens comme dans un film apocalyptique...»

«Je viens de jaser avec un gars dont le fils s'est cassé la jambe. Même histoire. Il a attendu trois heures à la clinique, il a vu un médecin, il a attendu une heure pour passer une radiographie, il vient d'arriver à l'hôpital et paf, il apprend qu'il devra attendre deux heures minimum pour voir une... INFIRMIÈRE au triage de l'urgence!

«C'est quoi, ce système de merde?»

EN ATTENDANT L'ORTHO

Trente minutes plus tard, nouveau courriel :

«Je suis enfin passé au triage. Je dois maintenant attendre pour présenter ma carte-soleil à l'admission. Et je devrai encore attendre pour voir l'ortho...»

Vingt minutes plus tard:

«L'infirmier au triage n'a pas regardé ma main, n'a pas regardé la radio. Il n'a RIEN fait. Il a pris mon papier de référence et a fait tchik-a-tchik avec ma carte-soleil.»

«L'infirmière à l'admission n'a pas regardé ma main, n'a pas regardé la radio. Elle n'a RIEN fait. Elle a fait tchik-a-tchik avec ma carte-soleil. Tout ça a pris deux heures et demie!»

«Après ça, ils se demandent pourquoi on sort des hôpitaux en sacrant et en cherchant une clinique privée...»

Quarante minutes plus tard. Dernier courriel :

«Je viens de voir l'ortho. Verdict : je devrai passer cinq semaines dans le plâtre. Il m'a dit d'aller luncher, qu'ils vont faire le plâtre seulement dans une heure ou deux...»

MAISON DE FOUS

Vous avez vu Les 12 Travaux d'Astérix? Vous vous souvenez de la Maison Qui Rend Fou?
Eh bien, c'est EXACTEMENT notre système de santé. Et ce n'est pas parce qu'on va investir des milliards de dollars dans la construction de deux mégas-hôpitaux que ça va changer...

04 mai, 2009

Pourquoi le gouvernement encourage-t-il les naissances?

André Dorais

Le «Régime québécois d’assurance parentale» permet le versement de prestations aux travailleurs qui prennent un congé à l’occasion de la naissance ou de l’adoption d’un enfant. Il prétend promouvoir les responsabilités familiales et professionnelles des travailleurs, mais la réalité est qu’il favorise les nouvelles familles de travailleurs au détriment des autres. En effet, celles qui ont déjà des enfants et n’en veulent pas davantage doivent le payer malgré tout. Il en va de même pour les couples et les célibataires qui ne veulent pas d’enfant.

Le gouvernement joue sur les mots, ledit Régime n’est pas une assurance, mais une politique favorisant l’augmentation des naissances. Lorsqu’un gouvernement abaisse les coûts réels d’un produit ou d’un service, dans ce cas-ci, d’un congé, il y a augmentation de la demande. Puisque le Régime est financé à même les revenus des travailleurs, ceux-ci devront payer davantage. Qu’à cela ne tienne, le gouvernement sait ce qui est bon pour la collectivité. Selon lui, dépenser davantage, particulièrement en temps de crise économique, est une bonne chose…

À chaque fois qu’on corrige les prétentions collectivistes de l’État, celui-ci invoque la solidarité. Or, la solidarité a deux caractéristiques : aider les gens de manière volontaire. Si ce n’est pas volontaire, ce n’est pas de la solidarité. Il s’ensuit qu’un gouvernement qui prétend effectuer de la solidarité est un non-sens

Des idées préconçues

Au-delà de la solidarité dont le gouvernement se réclame pour justifier le Régime, il croit que l’augmentation de la population contribue à la richesse du «pays». Or, si la richesse augmentait à mesure qu’une population s’accroît, alors la Chine, l’Inde, l’Indonésie et plusieurs pays d’Afrique seraient immensément riches, ce qui n’est pas le cas. Le nombre d’une population n’a rien à voir avec sa richesse économique.

Ces prétextes en cachent un autre, soit de favoriser l’usage de la langue française au Québec. Que l’on partage ou non cet objectif, la façon de s’y prendre est risquée, coûteuse et illégitime. Risquée, car l’augmentation des naissances n’implique pas nécessairement l’augmentation de l’usage du français, particulièrement à Montréal. En effet, plusieurs des nouvelles familles issues de l'immigration qui habitent la métropole ne parlent pas le français, du moins elles ne parlent pas d’abord le français, et bien qu'elles n'aient pas le choix d'envoyer leurs enfants à une école de langue française, cela ne garantie pas le succès de l’entreprise.

Plusieurs nouveaux arrivants s’établissant à Montréal prennent des années à réaliser que le Québec est officiellement unilingue français, car leur quotidien se déroule soit en anglais, soit dans leur langue d’origine. À l’inverse, plusieurs de ceux qui ne parlent pas l’anglais considèrent cela comme un obstacle à l’emploi. Autrement dit, l’anglais demeure un pôle d’attraction malgré la Charte de la langue française (loi 101).

On n’apprend pas une langue uniquement parce qu’on y est obligé, mais aussi et surtout parce qu’on y a un intérêt. Considérant que le Québec est de plus en plus pauvre au sein du Canada, on doit conclure que l’intérêt économique d’apprendre le français s’effrite. Les nationalistes, qui se retrouvent dans tous les partis politiques, blâment constamment le fédéral pour cet état de chose, alors que leur interventionnisme en est la cause principale. Plutôt que d’attirer les gens à la langue française par la liberté économique, ils l’imposent par la politique.

Comme le nationalisme est d’abord un interventionnisme, le gouvernement québécois paie pratiquement quiconque demande à suivre des cours de français. Et si la francisation ne suffit pas aux gens, notamment aux nouveaux arrivants, pour s’intégrer, alors le gouvernement leur offre gratuitement des services d’orientation, des formations professionnelles, des cours préalables à celles-ci et des subventions salariales. Non seulement ces études sont payées par les contribuables, mais les étudiants sont payés pour étudier. À cela s’ajoute les frais de fonctionnement de ces services, notamment les salaires des fonctionnaires et des employés des organismes à but non lucratif qui vivent des fonds gouvernementaux et conséquemment des contribuables. Bref, les coûts liés à la francisation et à l’intégration des gens au Québec sont élevés.

L’argent affecté à la promotion des naissances, à la francisation et aux autres mesures d’intégration constitue de l’argent en moins pour la production de richesse. À trop vouloir augmenter l’usage de la langue française par des moyens politiques, le Québec risque de ne plus attirer personne à moyen terme. L’immigrant, comme tout autre individu, cherche à améliorer son sort au moindre coût, mais puisque l’apprentissage d’une langue constitue un coût élevé, si ce n’est qu’en terme de temps à y consacrer, il a de moins en moins intérêt à apprendre le français et à s’établir au Québec, car celui-ci s’appauvrit. Le Québec s’appauvrit, relativement à ses voisins immédiats, à cause de son interventionnisme relativement plus grand.

Payer les gens pour apprendre une langue et les payer pour faire des enfants démontre à la fois un sentiment d’insécurité quant à l’avenir du Québec et une arrogance quant aux solutions à apporter. Certains politiciens pensent conduire une société comme ils conduisent une voiture. Une meilleure solution à la promotion du français au Québec serait d’utiliser les moyens économiques plutôt que politiques. Dans cette optique, il n’y aurait pas de subvention aux naissances, voire pas de subvention pour personne.

Personne ne devrait être obligé de payer pour les choix d’autrui, non seulement parce que cela est économique, mais aussi et surtout éthique. Celle-ci débute en respectant la propriété et conséquemment les choix de chacun. Malheureusement, l’éthique gouvernementale n’est pas universelle, elle favorise plutôt des groupes au détriment des autres. La solidarité dont fait appel le gouvernement pour justifier son Régime d’assurance parentale n’est que poudre aux yeux. Il s’agit d’un choix imposé d’en haut qui, s’il atteint son objectif d’accroître l’usage du français, s’établira au prix d’une plus grande pauvreté économique. Si le gouvernement est sérieux à propos de l’éthique, il respectera les choix de chacun plutôt que d’imposer les siens. Le français s’étendra dans la mesure où le Québec s’enrichira et il s'enrichira dans la mesure où le gouvernement réduit ses interventions.

Le chiffre du jour : 83 %

Les trois aspects les plus stressants de leur vie sont liés à leur emploi: argent, charge de travail et sécurité d'emploi. La grande majorité (83 %) convient qu'elle accorde maintenant plus d'attention à ses finances personnelles et à ses habitudes de dépenses qu'avant la récession.

02 mai, 2009

Est-ce la fin du capitalisme?

Contrairement aux prétentions des interventionnistes et des politiciens, la crise économique ne découle pas de la faillite du capitalisme. C’est une crise due à la déresponsabilisation des individus pour qui l’éthique et le moral n’a plus sa place.

La responsabilité a été retirée du « système capitaliste » par le politique. Les escrocs en ont profité pour s’enrichir au détriment de la population. Le capitalisme, la propriété privée des moyens de production, est le seul système apte à garantir notre liberté. Toutefois, la liberté sans la responsabilité est une illusion.

On ne crée pas de richesse en dépensant et en s’endettant. Il faut se méfier des politiciens magiciens qui multiplient les plans de relance pour sauver l’économie. Ces politiques économiques traitent les symptômes au détriment des causes profondes. Elles nous imposent des niveaux de dette insoutenable et menacent de détruire les bases mêmes de notre civilisation : la responsabilité.
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L'économie à la poubelle ?

Emmanuel Martin, le 10 avril 2009 - Il se dit depuis le début de la crise que les économistes n’avaient rien vu venir. Il est vrai que le consensus en macroéconomie était essentiellement que pour éviter les récessions, il suffisait d’une politique monétaire ciblant l’inflation : Alan Greenspan était devenu le magicien de la politique monétaire, le père d'un nouvel âge d’or sans crise en somme. Curieusement, des fantasmes similaires sortaient des manuels dans les années 60 en matière de politique conjoncturelle. Mais le « consensus » n’est pas « toute la science économique ». Comme dans les années 60, certains avertissaient des excès du système - à gauche comme à droite. Le consensus bien souvent procède d’une certaine vision de l’économie - qui n’est pas forcément la plus pertinente.

Deux visions

Osons une comparaison à titre pédagogique. L’économie c’est un peu comme la médecine. Lorsqu’un patient a mal au cou, le docteur habituel va lui prescrire un médicament traitant le symptôme (en surface). Par contre l’ostéopathe, qui voit le corps comme un enchevêtrement complexe de causes et d’effets, va sans doute lui manipuler les pieds. Surprenant ? Pas tant que ça : il y a une chaîne de muscles, nerfs et os entre les deux. Et la cause (en profondeur) du symptôme, ici en réalité un déséquilibre dans le pied, se répercute indirectement à travers cette chaîne « causale ».

Pour comprendre un événement à tel endroit de l’économie, il faudrait, pour bien faire, remonter aussi à sa cause profonde, comme en ostéopathie. On parle alors doctement d’analyse génético-causale. Nous arrêtons-nous à certains symptômes ou tentons de remonter aux causes profondes ? L’ « économie du consensus » a peut-être tendance à se focaliser sur la surface des phénomènes économiques. (La quantification dans les modèles en économie joue d’ailleurs ici un rôle pour expliquer ce penchant du consensus vers ce qui est en surface ; tout ce qui n’est pas quantifiable passe à la trappe, et dont forcément de nombreux éléments « en profondeur » inquantifiables).

Le risque de la vision en surface

La vision « en surface » a tendance à croire que manipuler quelques manettes suffisent pour « dompter » l’économie en agissant sur tel ou tel agrégat. Malheureusement en économie le traitement des symptomes peut se faire au détriment des causes profondes. Prenons l’exemple de la courbe de Phillips, consensus des années 60 : elle mettait en évidence la relation inverse entre chômage et inflation. Sur cette base la politique conjoncturelle pouvait arbitrer entre les deux. Dès qu’il y avait trop de chômage les autorités publiques « faisaient » un peu d’inflation, dès qu’il y avait trop d’inflation, elles « faisaient » un peu de chômage (autant dire au passage que ces interventions suivaient de près le calendrier électoral !). Magique !

Sauf qu’arrive très rapidement la stagflation, situation dans laquelle ces deux symptômes que l’on croyait exclusifs l’un de l’autre coexistent. Le consensus ne l’avait pas vu venir… La raison de la stagflation ? Le fait de jouer « en surface » sur quelques mannettes avait détruit, « en profondeur », les règles du jeu économique. Les à-coups de la politique économique généraient une instabilité juridique et monétaire nocives pour les calculs des entrepreneurs. Le bricolage des taux d'intérêt aujourd'hui est-il une politique si différente ?

La « profondeur » en économie

Pour qu’un système de marché fonctionne, les acteurs doivent être responsables. C’est une condition non négociable pour le succès de ce système d’adaptation permanente à la réalité des besoins, et la discipline perte/profit des acteurs est ici centrale à cette responsabilité. Elle est la cause profonde du fonctionnement correct du système. Toute politique « en surface » qui aura pour effet – généralement involontaire - d’empêcher cette responsabilité ne pourra que conduire à la catastrophe.

L’économie dite « autrichienne » met l’accent sur l’importance de cette responsabilité. Elle a même une théorie des cycles qui explique que la manipulation « en surface » des taux d’intérêt crée l’illusion, « dope » le boom économique (exactement comme les politiques de Greenspan entre 2001 et 2004 ou de Bernanke aujourd’hui), mais au prix d’une remise en phase avec le réel – la récession - quand les agents, « en profondeur », se rendent compte que la manipulation monétaire n’était que du virtuel.

Crise de la responsabilité

A l’heure ou 53% « seulement » des américains (et bien plus ailleurs) considèrent que le système capitaliste est le moins mauvais des systèmes économiques, il est important de rappeler que la crise actuelle n’est pas une crise du capitalisme mais une crise de l’intervention dans le capitalisme : prix de la monnaie faussé par la politique monétaire laxiste et générant des bulles, système de réserves fractionnaires généreux pour les banques, crédit trop facile encouragé (c’était le but de la politique sociale du logement américaine via Fannie Mae et Freddie Mac). Les politiques ont fait la promotion d'une économie fondée sur le crédit sans contrepartie en termes d'épargne.

C’est une crise due au fait que la pierre angulaire qu’est la responsabilité a été retirée du « système capitaliste » par le politique. Mais bien sûr, cela est incontestable, des escrocs dans le système capitaliste lui-même en ont profité – et tout fait pour diluer toujours plus la responsabilité !

Le bon sens des économistes qui voient les choses « en profondeur » reste on ne peut plus intact et salutaire : la liberté sans la responsabilité est un leurre ; on ne s’est jamais enrichi en ne faisant que dépenser et en s’endettant ; on ne peut pas prêter vingt fois ce que l’on a en poche.

Il faut en revanche se méfier des magiciens de la politique économique « en surface » qui recommencent les mêmes erreurs, et au surplus veulent nous enrégimenter. Ces politiques économiques de fuite en avant ne sont pas simplement pro-cycliques car traitant les symptomes au détriment des causes profondes, elles ne nous rendent pas seulement esclaves de dettes insoutenables, elles continuent, avant tout, de détruire cette pierre angulaire de notre civilisation qu’est la responsabilité.

C’est ce type d’économie qu’il faut mettre à la poubelle.

Emmanuel Martin est analyste sur www.unmondelibre.org

30 avril, 2009

L’éthique en politique


Chiffre du jour : 8 sur 10

L'un des premiers constats qui se dégage, c'est qu'environ huit jeunes sur dix souhaitent continuer leurs études au-delà du secondaire. Fait plus intéressant à souligner encore, la proportion des garçons qui désirent se rendre jusqu'à l'université s'élève à 52,1 %, ce qui représente presque 10 points de pourcentage de plus qu'au Saguenay-Lac-Saint-Jean (42,9 %). Du côté des filles, chez qui l'on observe généralement des aspirations scolaires plus élevées que chez leurs camarades masculins, cette proportion atteint 63,8 %. Retenons, enfin, que trois jeunes sur cinq (60,2 %) envisagent poursuivre leurs études dans un domaine lié aux sciences et aux technologies, proportion qui s'avère significativement plus élevée que dans les Laurentides (52,0 %).

13 avril, 2009

Bernard Lachance, un artiste entrepreneur


L’inflation est strictement gouvernementale

André Dorais

Les contrôles de l’État sur la monnaie ne sont pas nombreux, mais importants. L’État impose aux banques un minimum de réserves à détenir dans leurs coffres ou ceux de la banque centrale et les encouragent à prêter le reste. Suivant ces directives, ou politiques des réserves fractionnaires, les banques prêtent plus d’argent qu’elles n’en possèdent, ce qui signifie, à son tour, qu’elles créent de l’inflation. En effet, l’inflation à proprement parler est une augmentation de la «quantité» de monnaie dans l’économie. Ce qui passe à tort pour de l’inflation, soit une hausse générale des prix des biens et des services, ne constitue que la conséquence la plus probable de l’inflation, mais non l’inflation elle-même.

À prendre l’effet pour la cause, on perd de vue la réalité. Bien que l’inflation constitue la cause première de la hausse des prix des biens et des services, elle n’est pas la seule. La perte de ressources due aux phénomènes naturels (tremblement de terre, inondation, etc.) tend généralement à augmenter leurs prix et ceux des biens qui en découlent. La fixation des prix par l’autorité législative favorise la consommation de certains biens et services, mais elle conduit également à la hausse des prix des ressources nécessaires à cette consommation. Il s’ensuit que la consommation doit être réduite ailleurs.

L’avarice de certains individus et de certaines entreprises peut aussi expliquer la hausse de certains prix, mais celle-ci est localisée et facilement corrigible par une compétition accrue. Une science digne de ce nom doit être en mesure de distinguer ces phénomènes, mais cela s’avère impossible lorsqu’on qualifie d’inflation toute augmentation de prix. Malheureusement, c’est la définition privilégiée par la majorité des économistes. Les médias reprennent leurs propos sans en questionner la justesse. Cela fait l’affaire des gouvernements qui ne sont pas considérés plus coupables de l’inflation que les autres agents économiques. C’est la grande noirceur.

Règle générale, la monnaie créée par les banques constitue la façon la plus populaire de produire de l’inflation. L’autre façon d’en créer relève de la banque centrale. Bien que celle-ci puisse ajouter des pièces et des billets dans l’économie, elle procède communément en achetant les dettes gouvernementales détenues par les banques. Puisque celles-ci reçoivent du nouvel argent, elles sont en mesure d’en prêter davantage. Comme si cela ne suffisait pas, les banques centrales, notamment la Réserve fédérale, achètent depuis quelques mois les dettes des entreprises, notamment celles des banques, à l’aide d’argent neuf. En d’autres mots, les banques centrales modifient à la hausse les réserves des banques tout en les soulageant de leurs dettes. C’est le traitement royal! Le seul prix qu’elles ont à payer est l’ire de la population, car celle-ci ne réalise pas qu’elles sont les marionnettes de l’État.

Devant tant d’incompréhension et d’injustice, il n’est guère surprenant d’être en crise économique. Malheureusement, celle-ci risque de se prolonger, car les gouvernements utilisent les mêmes recettes pour sortir de la crise que celles qui y ont conduit. Comment pourraient-ils agir autrement lorsqu’ils sont incapables de reconnaître leurs torts? C’est plus facile d’accuser le capitalisme détesté, mais incompris, de par le monde. Les gouvernements baissent le taux directeur afin de faciliter le crédit et conséquemment l’inflation et augmentent leurs dépenses dans le but avoué de faire «rouler» l’économie. Que les dépenses soient effectuées par les gouvernements plutôt que les ménages et les investisseurs, elles ne permettront pas plus à l’économie de «repartir», car elles n’en constituent pas le «moteur».

Le moteur de l’économie est l’épargne et plutôt que de l’encourager, les gouvernements s’acharnent à la dilapider sous les mauvais conseils d’une panoplie de gens, dont plusieurs économistes qui seraient censés être plus avisés. C’est l’épargne qui permet à l’entrepreneur d’accroître ses moyens de production et c’est cette production accrue qui permet aux gens de s’enrichir. Lorsqu’on cesse d’épargner, on doit puiser dans l’épargne accumulée pour maintenir ou accroître la production, mais dès lors qu’il n’y a plus d’épargne la production stagne pour ensuite reculer.

Les dépenses gouvernementales sont nuisibles à l’épargne pour deux raisons : d’abord parce qu’elles sont effectuées sans l’accord explicite des contribuables, ensuite parce qu’elles ne cherchent pas à produire de la richesse, mais à la consommer. Les gouvernements tentent de faire croire à leur population que leurs dépenses sont des investissements, par conséquent qu’ils visent une production plutôt qu’une consommation de richesse, mais c’est oublier que la richesse est propre à chaque individu. Lorsqu’on admet cela, on ne se laisse pas berner par la distinction entre une dépense d’investissement et une dépense de consommation puisque cette distinction est valide uniquement au niveau individuel. Il s’ensuit que les dépenses gouvernementales constituent des dépenses de consommation qui sont rendues possibles grâce à de l’argent soutiré aux contribuables.

Il ne suffit pas de vouloir consommer ou dépenser pour créer de la richesse, encore faut-il s’assurer qu’il y ait quelque chose à consommer. Lorsque les gouvernements injectent de l’argent dans l’économie, ils n’ajoutent rien qui puisse être consommé, par conséquent ils n’ajoutent pas de richesse, mais seulement des moyens de se la procurer. À trop mettre l’accent sur les dépenses, le crédit et la consommation les gouvernements passent à côté de l’essentiel, soit la production de richesse. Produire exige du temps et de l’effort et pour soutenir cet effort, il faut de l’épargne. Si l’on ne pense qu’à consommer sans se soucier de produire davantage, arrivera un jour où cela ne sera plus possible, car il n’y aura plus rien à se mettre sous la dent.

Désocialiser la monnaie

Les gouvernements sauvent les banques de la faillite de peur de les voir tomber les unes après les autres. Cet effet domino n’est possible que dans le secteur bancaire, car celui-ci est érigé en cartel contrôlé par les gouvernements. Ce cartel existe uniquement parce que les gouvernements veulent maintenir leur monopole sur la monnaie et continuer à dépenser selon leurs priorités. Pour sortir de la crise on ne doit pas socialiser davantage ce secteur, qui l’est déjà passablement, mais le désocialiser, c’est-à-dire le libérer du pouvoir de l’État et des institutions internationales qu’il contrôle.

On doit abolir la banque centrale, condamner la politique des réserves fractionnaires et abandonner le «cours légal». Ce dernier point permettrait aux gens de choisir leur monnaie. Si le passé est garant de l’avenir, les choix majoritaires s’arrêteraient sur l’or et l’argent métallique. Du coup, l’inflation ne serait plus sujette aux «politiques monétaires», mais à la capacité des producteurs de ces métaux d’en faire de la monnaie. Puisqu’on ne sort pas l’or de la terre aussi facilement que les billets de la banque centrale, l’inflation serait réduite au bénéfice de tous.

La politique des réserves fractionnaires doit être condamnée, car elle constitue rien de moins qu’une fraude légalisée, une appropriation des dépôts individuels par les banques à des fins spéculatives. Les dépôts doivent être considérés comme des dépôts, non comme des prêts aux banques. Cette politique doit être condamnée peu importe la monnaie choisie. Malgré qu’une banque centrale verrait ses pouvoirs passablement diminués s’il y avait abolition du cours légal et condamnation des réserves fractionnaires, il vaille mieux l’abolir néanmoins pour s’assurer qu’elle n’intervienne pas sur les taux d’intérêt. Enfin, il va de soi qu’une désocialisation de la monnaie implique également la fin de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.

11 avril, 2009

Une fois c’est bien, mais deux c’est mieux!

Richard Martineau dénonce, avec raison, le fait qu’au Québec il faut payer deux fois pour le même service. On pait le gouvernement qui nous promet mer et monde. Ensuite, on achète les services promis par le gouvernement auprès d’une entreprise privée.

C’est ça le modèle québécois auquel tiennent mordicus les politiciens et les syndicats.
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Une époque formidable
Richard Martineau, Le Journal de Montréal, 08/04/2009 09h38

On vit à une époque formidable, vous ne trouvez pas?

Vous payez des impôts pour financer le système d'éducation, mais vous devez payer une école privée à vos enfants, car le système d'éducation est tout croche.

Vous payez des impôts pour financer le système de santé, mais vous devez aller vous faire traiter dans une clinique privée, car le système de santé est tout croche.

AJOUTER L'INSULTE À L'INJURE

Vous payez des impôts pour former de nouveaux médecins, mais quand ces médecins obtiennent leur diplôme grâce à votre générosité, ils lèvent les feutres et déménagent dans un autre pays.

Vous payez des taxes scolaires pour financer les écoles de votre région, mais les gens qui sont censés prendre votre argent et le redonner aux institutions partent avec votre fric, jouent à la Bourse et perdent 35 millions de dollars.

Vous travaillez fort toute votre vie, vous confiez votre régime de retraite à la Caisse de dépôt et placement du Québec, le patron de la Caisse dilapide votre fric dans des placements à haut risque, mais avant que le bateau ne coule, il empoche 379 000 $ en boni, saute dans un canot de sauvetage et se trouve un emploi à Power Corporation, qui lui attribue une prime de 800 000 actions.

Et comme si ce n'était pas suffisant, le nouveau patron de la Caisse de dépôt rencontre les principaux directeurs de Québec Inc... dans les bureaux du nouvel employeur de son prédécesseur, qui a crissé la Caisse à terre!

Un chausson, avec ça?

LA MAIN DANS NOS POCHES

Le gouvernement va dépenser deux milliards de dollars pour financer un méga-hôpital, mais vous devrez y aller en métro, car il n'y aura pas de places de stationnement.

Un syndicat qui ne vous viendra jamais en aide si vous perdez votre job vous demande de quitter votre job pour lui venir en aide. Si vous dites que ce n'est pas très logique, il vous harcèlera et criera à qui veut l'entendre que vous manquez de solidarité.

L'État prend votre argent pour rénover un casino qui prendra votre argent pour le redonner à l'État qui augmentera la TVQ afin de prendre votre argent pour acheter une loge au Centre Bell, histoire d'améliorer les relations d'affaires de la SAQ et d'Hydro-Québec et ainsi leur permettre de prendre encore plus d'argent dans vos poches.

Les municipalités prennent de l'argent dans vos poches pour placer des policiers dans des pièges à contraventions afin qu'ils puissent prendre plus d'argent dans vos poches.

BIENVENUE AU QUÉBEC

L'État prend de l'argent dans vos poches pour financer des programmes contre le surendettement, puis s'endette.

L'État prend de l'argent dans vos poches pour financer des campagnes de bonne alimentation, puis finance une agriculture qui vous rend malade.

Un conseil : vous avez des amis étrangers qui n'ont jamais vu le Québec? Invitez-les cette semaine.

Ils verront le Québec dans toute sa splendeur, dans toute sa magnificence.

Des contribuables pressés comme des citrons, un État qui gaspille des milliards de dollars dans des projets insensés, un système syndical qui se croit encore dans les années 70 et des gestionnaires qui jouent à la roulette avec l'argent des autres.

Quinze ans après sa publication, le titre du pamphlet d'Hélène Jutras est toujours pertinent : Le Québec me tue.

Les subventions aux entreprises

10 avril, 2009

Construction, collusion et copinage


Au Québec les coûts de construction sont plus élevés qu’ailleurs en Amérique du Nord. Il suffit de se rappeler les coûts du métro de Laval, des compteurs d’eau à Montréal et des projections de coût du CHUM et de la rénovation de la rue Notre-Dame pour s’en convaincre.

Il y a bien sûr plusieurs raisons qui peuvent expliquer des écarts de coût : lois et règlements mal conçus, bureaucratie tatillonne et lente, climat, territoire, etc. Toutefois, le principal contributeur aux coûts élevés dans l’industrie de la construction est la collusion du monde politique, syndical et des affaires.

Sous des apparences de consensus et d’harmonie, la collusion et le copinage visent surtout à plumer les contribuables au profit des entrepreneurs, politiciens et syndicalistes.

Comme le propose Jean-Paul gagné, il est évidemment nécessaire d’enquêter pour identifier les abus les plus flagrants et condamner les coupables, le cas échéant. Toutefois, c’est un remède imparfait et temporaire. Dès que la poussière sera retombée, les mauvaises habitudes reviendront en courant.

Il faut surtout repenser l’ensemble des règles qui encadrent l’industrie de la construction pour favoriser une saine compétition. Dans ce domaine, comme dans bien d’autres, la compétition est le moyen le plus efficace de s’assurer que nous en aurons pour notre argent.
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Vers une enquête publique dans la construction

Jean-Paul Gagné, LesAffaires.com, 9 avril 2009 à 19h46

Il y a trop d’interventions policières, de faveurs intéressées, d’apparences de conflits d’intérêts, de relations étroites entre des personnes qui ont eu des responsabilités politiques et des gens d’affaires qui ont bénéficié de contrats pour ne pas prendre au sérieux les soupçons de malversation dans l’industrie québécoise de la construction.

Tony Accurso

On retrouve au cœur de cet enchevêtrement l’homme d’affaires Tony Accurso et trois de ses entreprises, Simard-Beaudry, Construction Louisbourg et Hyprescon, qui sont impliquées dans l’enquête pour évasion fiscale de l’Agence de revenu du Canada.

Deux employés de l’Agence de revenu du Canada sont aussi soupçonnés d’avoir participé à cette présumée fraude et ont été arrêtés par la GRC pour interrogatoire, puis relâchés. Ceux-ci auraient caché 1,7 M$ dans des paradis fiscaux.

Tony Accurso est un ami de Frank Zampino, ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, qui a été embauché comme vice-président de Dessau, et de Michel Arsenault, président de la FTQ et président du conseil du Fonds de solidarité.

Tony Accurso est aussi propriétaire de Gastier, que dirige Robert Abdallah, qui fut directeur général de la Ville de Montréal et qui est un ami de Frank Zampino. Ce dernier avait tenté en vain de faire nommer M. Abdallah comme directeur général du Port de Montréal.

La situation est à ce point grave que le contrat de 355 M$ que la Ville de Montréal a accordé à Géniau pour l’installation de compteurs d’eau dans des entreprises a été suspendu par le maire de Montréal, Gérald Tremblay. Génieau est un consortium de Dessau et de Simard-Beaudry.

Vers une enquête

Il faut certes laisser aux corps policiers le temps de faire leurs enquêtes. Toutefois, si des liens sont établis entre cet ensemble de faits et d’allégations et si on y découvre un système de fraude et de corruption, il deviendrait nécessaire de faire une enquête publique à ce sujet.

Avec tous les travaux d’infrastructures routières qui se font et qui se feront et la construction prochaine de deux méga-hôpitaux, il est important de s’assurer que l’industrie de la construction est saine.

Autrement, on se retrouvera avec une explosion des coûts sur les chantiers de construction, comme ce fut le cas lors de la construction des installations de l’Expos 67 et des Jeux olympiques ?

Êtes-vous inquiet de ce qui se passe dans la construction ?

Pensez-vous que le gouvernement du Québec devrait ordonner la tenue d’une enquête publique

09 avril, 2009

Lettre de Monique à Jean

Joanne Marcotte, 8 avril 2009-04-09

(Lettre fictive de Monique Jérôme-Forget à Jean Charest)

Cher Jean,

Je te remercie de me laisser (enfin !) partir en ce début de printemps 2009. Entre toi et moi, j'aurai été patiente! En effet, après 10 ans à tes côtés au service du Parti libéral , j'estime qu'il est temps pour moi de tirer un trait sur ma vie de politicienne et oui, de me libérer... des libéraux! ;)

Comme plusieurs s'en doutent, c'est un secret de polichinelle que je prévoyais quitter l'année dernière, alors tu m'en dois une d'avoir accepté de rester pour l'élection de 2008. Après tout, après le départ au printemps dernier de ton ministre de la Santé, Philippe Couillard, ton image en aurait pris un coup et tu n'aurais pas trouvé l'élection facile, n'est-ce pas, mon Jean?

Tu m'en dois plusieurs comme ça et je me plairai à te les rappeler. Entre autres, te souviens-tu, Jean, de ton premier ministre des Finances? Tu sais, celui que l'on surnommait le Robin des bois? Yves Séguin, oui. Quelle erreur tu avais faite à ce moment! Il est vrai qu'il avait séduit l'électorat de 2003, mais quand même: donner des baisses d'impôt à des gens qui n'en payaient pas, il fallait le faire! On avait bien fait rire de nous cette fois-là. "Un budget péquiste!", avaient conclu les analystes. Et avec raison!

De mon côté, au Conseil du trésor, on ne pourra pas dire que tu m'as aidée dans ce qui me tenait à coeur, soit de procéder à ce que nous avions appelé la "réingénierie" de l'État. Je me souviens de cette jolie photo de moi-même du numéro de mars 2004 de la revue L'Actualité. "Chérie, j'ai réduit l'État", pouvait-on lire en page couverture. Cela avait fait plaisir aux adéquistes, je crois, de savoir qu'il y avait quelqu'un chez-nous qui allait voir à remodeler l'État. Ils doivent être bien déçus aujourd'hui, comme bien d'autres citoyens. Car si tu m'as confié le mandat de piloter la réorganisation de l'État - une réforme que tu comparais à celle de la Révolution tranquille - on peut dire aujourd'hui qu'on est bien loin du compte, n'est-ce pas, mon Jean? Entre toi et moi, ce n'est pas le remplacement d'un fonctionnaire sur deux qui partent à la retraite qui nous sortira du trou dans lequel on s'enlise! Et puis, l'État québécois est encore plus présent dans nos vies que lorsque nous sommes arrivés au pouvoir!

Autre dossier pas facile: les partenariats public-privé. On peut pas dire que tu m'as été d'un grand secours, ici non plus. Il me semble que cela n'est pas compliqué. Quand le gouvernement ne peut plus financer ses projets, on doit trouver d'autres moyens de le faire et le recours au financement privé se devait d'être exploré. Mais non.

Là, comme dans la réingénierie, j'étais bien seule au front. Devant tous ces éditorialistes, ces groupes sociaux, cette élite syndicale qui ne cessaient d'inquiéter la population. "Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain!", disaient les uns. Te souviens-tu de La Coalition "J'ai jamais voté pour ça!"? Dieu, ce qu'ils sont organisés, ces mouvements syndicaux. Il faut leur donner ça... et ils nous ont bien eus! Tout compte fait, là comme ailleurs, on a reculé.

Et puis, il y a eu cette initiative du Comité Castonguay dont le président est un bon ami à moi. Quelle mise en scène nous avions faite, n'est-ce pas, au printemps 2007, pour alerter que l'heure était grave. Il fallait trouver d'autres façons de financer le budget de la santé et les appétits de ton ministre Philippe Couillard. J'ai été bonne joueuse le printemps suivant, de le laisser dire que finalement, il n'y en avait plus de problème de financement de la santé. Évidemment, ils nous avaient demandé quitter avec tout son honneur. Mais entre toi et moi, j'ai dû ravaler de travers. Et moi qui avait écrit en 1999, sur le besoin de réformer notre système de santé. J'y croyais, oui, et les gens seraient bien justifiés de croire que je suis en total accord avec le rapport de mon bon ami, Claude (Castonguay).

Mais je crois que le summum, cela a été lorsque tu as exigé que je comparaisse en Commission parlementaire suite aux pertes de 40 milliards $ de la Caisse de dépôt. Alors là!

Bien sûr, je dirai devant les gens que tu seras "mon ami à vie", mais honnêtement, je crois que j'aurai été à ce moment-là, TA meilleure amie du monde.

Avoue. Tu as gaffé royalement dans la nomination de Robert Tessier et de Michael Sabia. Et tu as peut-être gaffé de déclencher une élection à l'automne dernier, par pure opportunisme. En effet, si tu penses que tu avais la vie dure avec Mario Dumont en face de toi, tu trouveras la vie encore plus plate avec Pauline Marois. Es-tu seulement à l'aise de te battre contre une femme, Jean?

Je te plains, vois-tu, finalement? Les déboires de la Caisse et du CHUM te suivront, oui, et seront l'héritage de ton gouvernement. Lorsque tu quitteras ton poste de premier ministre, tu auras endetté les futures générations comme personne ne l'aura fait avant toi. L'État québécois croule sous ses dettes et ses programmes qui ne livrent pas de résultats, et on aura été insensible à ce qui préoccupe véritablement la population: le décrochage scolaire et les listes d'attente pour un médecin de famille et dans les hôpitaux.

Vraiment, Jean, je ne suis pas mécontente de te quitter... et te souhaite la meilleure chance dans ta fin de carrière comme premier ministre du Québec!

08 avril, 2009

Le chiffre du jour : 83 %

D'après des résultats supplémentaires obtenus suite à un sondage national, 83 p. 100 des détenteurs de cartes de crédit au Canada pensent qu'ils finiront par payer les frais accrus que MasterCard et Visa, notamment, imposent aux commerçants pour certaines nouvelles cartes
premières.

07 avril, 2009

Autorité et connaissance en science économique

André Dorais

On invoque une autorité à l’appui de sa thèse pour y donner du poids, mais lorsqu’on met l’accent sur la première plutôt que la seconde, c’est souvent le signal de remettre en question et la thèse et l’autorité. Cela vaut pour toutes les sciences, mais particulièrement pour celles qui revendiquent l’action politique pour atteindre leurs buts. Invoquer la force de la loi pour arriver à ses fins, c’est favoriser la contrainte plutôt que la science, passer de l’autorité intellectuelle à l’autorité tout court. C’est chercher un monde à son image, soit de la dictature en puissance.

La science économique ne devrait pas faire partie des sciences qui font appel à l’État pour accroître la coopération humaine, car elle revendique en ce domaine des mécanismes autorégulateurs. Ceux-ci étant applicables à tous les échanges économiques, on doit conclure que seule une incompréhension de cette science puisse revendiquer l’aide de l’État. Cela n’est pas peu dire lorsqu’on constate que la vaste majorité des économistes revendiquent l’intervention de l’État pour sortir de la crise.

Une science pervertie

La science économique est pervertie par ses figures d’autorité. Quelques exemples suffisent à le démontrer. Joseph Stiglitz, lauréat Nobel d’économie en 2001, écrivait, le 10 mars dernier, qu’une augmentation de l'épargne est bonne pour la santé à long terme des finances des ménages, mais désastreuse pour la croissance économique. Or, comment ce qui est bon pour les individus puisse être mauvais pour l’économie? Après tout, celle-ci n’a pas de vie en soi; elle n’est rien sans les individus qui la composent. Le fondement de cette croyance, partagée par la majorité des économistes, se trouve dans l’idée qu’une économie en santé en est une qui dépense toujours plus. Dans cette optique, lorsque les consommateurs et les producteurs ne dépensent plus, les gouvernements doivent prendre la relève. Stiglitz écrit :

«C'est un soulagement de constater que les États-Unis ont enfin un président capable d'agir, et ce qu'il a commencé va faire une grande différence […] Malheureusement, cela ne suffira pas […] Les gouvernements répugnent à admettre le coût total du problème. Par conséquent, ils donnent au système bancaire juste assez pour survivre, mais pas assez pour recouvrer une bonne santé […] Il faudra davantage d'argent, mais les Américains ne sont pas d'humeur à le donner et sûrement pas dans les conditions qui ont prévalu jusqu'à maintenant.»


Dans le même texte, il dénonce le manque de «générosité» du programme américain d’assurance emploi. Dans un autre texte, il invite les gouvernements à dépenser davantage pour les pays en voie de développement. Bref, pour Stiglitz, morale et croissance économique s’établissent par l’entremise de l’État. Il aimerait un monde à son image et pour y arriver, il encourage les gouvernements à suivre ses suggestions. Les gouvernements ne demandent pas mieux. Considérant ses positions et sa réputation, il n’est guère surprenant que l’Organisation des Nations unies l’ait mandaté pour produire des recommandations de «sortie de crise» lors de la dernière rencontre du G20.

Paul Krugman, lauréat Nobel d’économie en 2008, conçoit la science économique à la manière de Stiglitz. Il considère l’épargne au niveau individuel comme étant acceptable, mais pas au niveau collectif, d’où le paradoxe. À ce niveau, l’épargne est un problème et la consommation, la solution à ce problème. Puisque les consommateurs ont tendance à se serrer la ceinture en temps de crise, il revient au gouvernement, selon Krugman, de dépenser à leur place. Dans sa chronique hebdomadaire au New York Times, il écrivait, le premier mars dernier (traduction libre) :

«Une façon d’envisager la présente situation internationale est qu’on souffre du paradoxe de l’épargne : partout l’épargne désirée [et accumulée] excède les montants que les entreprises sont prêtes à investir. Le résultat est une crise mondiale qui affecte tout le monde.»


À l’instar de la majorité des économistes et de la quasi-totalité des médias qui rapportent leurs propos, Krugman considère l’épargne comme quelque chose qui échappe au «bien commun économique». Leur façon de voir est la suivante : Lorsque les consommateurs épargnent, ils ne consomment pas. Les biens s’accumulent dans les entrepôts et les entreprises doivent effectuer des mises à pied. Cela crée de l’incertitude qui incite les gens à épargner davantage. Pour Krugman et Cie., il s’agit d’un cercle vicieux, d’où le besoin de l’État. Tant et aussi longtemps que les gens ne se remettent pas à consommer, alors l’économie, comme entité indépendante des individus, s’enfonce davantage. Ces économistes demandent donc à l’État de se substituer à la fois aux consommateurs et aux producteurs pour sauver l’économie telle qui l’entendent.

Lorsque les coupables sont vus comme des sauveurs…

Lorsqu’on demande aux politiciens de jouer les sauveurs, règle générale les candidats ne manquent pas. À une récente entrevue accordée à la télévision de Radio-Canada, le premier ministre, Stephen Harper, disait qu’il est nécessaire pour un gouvernement, en temps de crise économique, de se substituer à la fois aux consommateurs et aux entreprises parce que ceux-ci dépensent et investissent moins. Pour relancer l’économie, dit-il, un gouvernement doit emprunter de l’argent et l’«engager», soit dépenser et investir (écoutez notamment la 6e minute). Il est à noter que les partis d’opposition non seulement pensent la même chose, mais jugent que le premier ministre n’en fait pas assez.

Lorsque l’animatrice lui souligne que c’est surprenant pour un «conservateur» de s’adonner à pareille dépense (intervention), il répond qu’il est également économiste, le premier ministre possède une maîtrise en économie de l’université de Calgary, et qu’il s’agit d’une exception à la règle, car il faudra tôt ou tard revenir aux surplus budgétaire. Lorsque tous les gouvernements du monde, voire tous les partis politiques, et la vaste majorité des économistes et autres experts revendiquent une même direction pour sortir de la crise, il faut être convaincu ou fou pour proposer la direction inverse. Lorsqu’on n’a pas de conviction, on tend à suivre le troupeau et lorsque celui qui le mène dépense comme jamais, les autres tendent à l’imiter.

L’idée qu’il suffise aux gouvernements de dépenser de l’argent pour relancer l’économie est non seulement fausse, mais liberticide. Les gouvernements se financent par l’emprunt, la taxation, l’imposition et l’inflation. La façon la plus illégitime de se financer est par l’entremise de l’inflation, soit en augmentant la masse monétaire. Dans le monde d’aujourd’hui, l’inflation a pour source l’État et les banques. Celles-ci, toutefois, utilisent l’inflation uniquement parce ce qu’elles y sont encouragées par les gouvernements. L’inflation permet aux gouvernements d’honorer leurs contrats, soit de rembourser leurs dettes, mais en réduisant le pouvoir d’achat de tous. Ainsi, malgré que l’emprunt soit une façon légitime pour un individu de se financer, ce l’est moins pour les gouvernements puisqu’ils remboursent toujours leurs dettes par l’entremise de monnaie créée ex nihilo.

Non seulement l’inflation ne relancera pas l’économie, mais elle va la ralentir. Elle risque même de la détruire. Une plus grande quantité d’argent créée ex nihilo et tirée des poches des contribuables non seulement n’ajoute pas de richesse, mais la réduit. Celle-ci passe des mains des prêteurs aux mains des gouvernements qui la diluent et la dépensent selon leurs priorités. Ces derniers justifient leurs gestes sous le prétexte de parler au nom de la collectivité. La réalité est que les choix des individus sont réduits au profit des gouvernements et de ceux qu’ils veulent bien privilégier.

Les gouvernements prétendent parler au nom de tous pour s’attirer le vote majoritaire, qui constitue rarement plus de 30 % de la population éligible à voter. Par exemple, aux dernières élections québécoises, 57% des gens éligibles à voter ont exercé leur droit de vote et 38% d’entre eux ont donné leur appui au parti Libéral. Cela signifie que le gouvernement parle au nom de 22% (57% x 38%) de la population. Et encore, cela est vrai uniquement au moment des élections, car par la suite ce pourcentage varie selon les actions qu’il prend ou ne prend pas. La démocratie offre-t-elle vraiment la plus grande justice qu’on puisse espérer?

Lorsqu’on considère que les politiciens sont en mesure de ruiner des millions de gens tout en s’assurant pour eux-mêmes des retraites dorées, on ne doit pas se gêner de remettre en question ce régime, voire tous les régimes politiques. Lorsqu’on constate que la majorité des économistes tentent d’influencer les politiciens dans cette voie, on ne doit pas se gêner de remettre en question leur connaissance. Et lorsqu’on retrouve, parmi les lauréats Nobel d’économie, des gens qui préconisent une réduction des libertés individuelles au profit des gouvernements dans le but de sauver l’«économie», on ne doit pas se gêner de remettre en question la valeur de ce prix et l'institution qui le décerne.

06 avril, 2009

La fuite des responsabilités

Le texte de Bernard Landreville est rafraîchissant.

La société est le reflet des individus qui la composent. Des individus déresponsabilisés engendrent des institutions déresponsabilisées avec les résultats que nous connaissons.

Il faut souhaiter que d’autres suivront l’exemple de M. Landreville.
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Publié le 06 avril 2009 à 06h47 Mis à jour à 06h49

Pire que la fuite des capitaux...

Bernard Landreville, La Presse

En 1976 au Québec, à la suite de l'élection du Parti québécois, des gens sont déménagés, emportant famille, biens et argent de peur de ce qui allait leur arriver. Au Japon, fin des années 80, début 90, les banques et institutions financières se retrouvent aux prises avec des problèmes financiers sans précédent. Les investisseurs fuient à nouveau.

Depuis le début du XXIe siècle, tour à tour, les 'bulles' ont crevé. Celles des technologies, de l'immobilier, des banques, et maintenant des institutions que l'on croyait à l'épreuve de tout, comme GM, sont au bord de la faillite. Et les capitaux fuient de toute part.

Chacun cherche à protéger ses avoirs, mais y a-t-il un endroit sûr de nos jours? Je n'en suis pas certain et à vrai dire, je m'en fous un peu. Je ne me fous pas de savoir que l'économie va mal ni que des milliers, voire des millions de gens vont perdre leur emploi. Non, je me fous de savoir où les pseudo-experts nous diront de placer nos capitaux car dans mon cas, je sais où je vais placer le mien: en moi.

Je vais me faire confiance à moi. Car voyez-vous, le début de la lucidité commence là où on cesse de se fier aux autres et on commence à se responsabiliser. Bien sûr, je ferai confiance à des gens pour investir ou pour créer des emplois ou remettre l'économie sur pied, mais ma première responsabilité sera de me rendre des comptes. J'agirai en personne responsable, confiant mes économies à quelqu'un en qui j'aurai confiance et qui sera responsable aussi.

Fini le temps où je ne posais pas de question de peur d'avoir à prendre une décision difficile, fini le temps où je laissais mon avenir à une poignée de gens qui n'avaient à répondre de leurs actes qu'à leurs amis ou leurs associés. Fini le temps où je laissais mes responsabilités aux autres . Car au fond, c'est de cela qu'il s'agit; du fait que j'ai laissé trop longtemps les autres s'occuper de mes affaires.

C'était bien plus facile, je n'avais pas à me responsabiliser, c'était l'affaire des autres.

Des exemples? J'ai laissé un gouvernement mettre à la retraite des milliers d'infirmières, médecins et autres intervenants de la santé pour atteindre le déficit zéro et aujourd'hui le personnel hospitalier est au bord de l'épuisement. J'ai laissé un gouvernement tergiverser sur l'emplacement d'un hôpital depuis des années et aujourd'hui il est encore 'à l'étude'.

J'ai laissé des gens 's'occuper' de mon fonds de retraite sans que l'on me rende compte. J'ai laissé le système d'éducation se détériorer, j'ai laissé les politiciens passer des lois à l'encontre de mes valeurs et de mes convictions, je laisse des anarchistes détruire le bien public et privé au nom d'une prétendue brutalité policière. J'ai laissé des brutes faire la loi à l'école sous prétexte de 'fabriquer une carapace' aux victimes de violence. J'ai laissé des jeunes dans leur désarroi sous prétexte qu'ils ne répondaient pas à mes normes, les laissant vulnérables aux prédateurs.

J'ai fait tout cela, car je fais partie de la société. Cette société, dont nous faisons tous partie, qui édicte les lois pour mieux les contourner. Cette société qui exige tout sans pour autant vouloir en payer le prix. Si je veux une société juste, alors je prendrai mes responsabilités et je ferai tout en mon pouvoir pour qu'elle le devienne. Je commencerai avec les jeunes, ils sont l'avenir, pas le mien, le leur. Je leur donnerai l'instruction, car c'est avec des connaissances que l'on bâtit. Les peuples les moins bien nantis sont laissés dans l'ignorance par leurs dirigeants. J'optimiserai le système de santé, car un peuple instruit et en santé n'a pas de limite à ses accomplissements. Je me doterai de dirigeants imputables qui ne fuiront pas leurs responsabilités à la première tempête et qui me ressembleront tant dans mes valeurs que mes actions.

Aujourd'hui, je reprends le contrôle. Je suis convaincu, il ne me reste plus qu'à être convaincant.

Oui, il y a pire que la fuite des capitaux, il y a la fuite des responsabilités.

L'auteur réside à Repentigny.

Ler chiffre du jour : 62 %

Les Québécois sont beaucoup plus pessimistes quant à la situation financière du Québec pour les 12 prochains mois; en effet, 62 % estiment qu'elle se détériorera. Ce taux représente une augmentation significative par rapport à l'an dernier, alors que 37 % se montraient pessimistes.

05 avril, 2009

Les Québécois sont accros aux médicaments


Dans son texte, Jean-Marc Léger déplore le fait que plus de 50 % des Québécois consomment des médicaments.


C’est un des effets pervers de la gratuité. Pourquoi s’en priver, c’est gratuit!
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Peur d'avoir peur
Jean-Marc Léger, Le Journal de Montréal, 01/04/2009 09h53

C'est la première fois qu'un sondage démontre que la majorité des Québécois sont actuellement sous médication. On savait depuis longtemps que les gens prennent de plus en plus de médicaments, mais il est alarmant de constater que ce taux a franchi la barre des 50%de la population.

En effet, 51% des Québécois prennent actuellement un médicament, alors que 46 % n'en prennent pas. Il reste 3% des Québécois qui ne savent pas s'ils en prennent. Probablement que leur dose est trop forte pour qu'ils s'en souviennent.

DÉPENDANCE

On peut comprendre que près de 75% des gens de plus de 55 ans prennent des médicaments, mais il est scandaleux de constater que 23%des jeunes de 18-24 ans en consomment. Une société de plus en plus dépendante de la pilule.

Imaginez, en 2008, les Canadiens ont acheté pour 21,4 milliards de dollars de médicaments alors qu'ils en avaient acheté pour 20,2 milliards en 2007. Pire, il s'est donné 453 millions de prescriptions au pays en 2008, soit une augmentation de 7% par rapport à l'année précédente.


Cela équivaut à 14 prescriptions par personne.

Le vieillissement de la population et l'accès plus facile aux médicaments par Internet ne peuvent à eux seuls tout expliquer.

Bombardés d'informations de toutes sortes, les gens ont de plus en plus peur de la maladie. Nous retrouvons 43% des gens qui ont peur d'être atteints un jour du cancer, 15% de l'Alzheimer, 12% d'une maladie cardio-vasculaire et 7% de subir une crise cardiaque. Les jeunes, quant à eux, ont peur du cancer (37%) et du Sida (21%).

MAIS EN SANTÉ

Pourtant, la grande majorité des gens s'estiment en santé. En effet, 22%des gens se disent en excellente santé alors que 67% se sentent en bonne santé; et seulement 11%croient qu'ils sont en mauvaise santé. Les statistiques donnent quelquefois des résultats bizarres. Douze pour cent des gens de plus de 55 ans se disent en mauvaise santé alors que 18% des jeunes de 18-24 ans s'estiment en mauvaise santé. On voit bien que tout est relatif quand on discute de notre état de santé.

Quoi qu'il en soit, il est totalement contradictoire de constater que les gens s'estiment de plus en plus en bonne santé, mais en même temps qu'ils consomment de plus en plus de médicaments.

Existe-t-il un médicament contre la peur d'avoir peur?

04 avril, 2009

Décrochage scolaire et responsabilité individuelle

Depuis le début, le magazine nagg dénonce la déresponsabilisation des Québécois en tout. Donc, je ne peux qu’applaudir l’excellent texte de Marc Dallaire qui fait un lien entre décrochage scolaire et la déresponsabilisation des élèves et des parents.

D’où origine la déresponsabilisation systématique des Québécois?

Ce phénomène est apparu à la fin de la révolution tranquille. Il coïncide avec l’apparition de l’État nounou et de la gratuité. Un jour, il faudra bien l’admettre et s’attaquer résolument à ce problème. Malheureusement, je crains qu’il faudra tomber beaucoup plus creux avant de se réveiller.
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Publié le 03 avril 2009

Chers élèves, accrochez-vous!

J'enseigne depuis 23 ans à des élèves qui se destinent au secteur agricole. Avec le temps, j'ai vu passer plusieurs cohortes... et j'ai constaté un changement dans leur attitude. Il est malheureusement le reflet des changements dans notre société, non seulement entre ma génération et celle de mes élèves actuels, mais aussi depuis mes débuts en enseignement jusqu'à maintenant.

Les différents intervenants soutiennent qu'il faut renforcer le soutien aux élèves afin que nos chers enfants ne soient pas en proie au décrochage (comme si c'était une maladie contagieuse, inévitable). Il faut des professeurs qui ont le talent de motiver nos élèves tentés par le décrochage, parce qu'on est «tenté» par le décrochage! Il faut aussi cibler les parents. L'idée maîtresse, ici, est pour tout ce monde de tresser un filet de sécurité autour de l'élève afin d'éviter qu'il ne décroche. C'est malheureusement là que je débarque de l'équation.

Dans un cours de pédagogie de base, on apprend tout de suite qu'on ne motive pas un élève. Cette motivation doit être intrinsèque. On peut l'aider à l'identifier, mais on ne la crée pas.

L'élève doit se motiver lui-même. On appelle cela être responsable.

Selon moi, le décrochage doit être centré sur l'élève lui-même. Il faut se souvenir de deux concepts qui n'ont plus vraiment cours aujourd'hui: le sens de l'effort et le sens du sacrifice. Le sens de l'effort, qui sous-entend que pour bâtir son avenir, il faut travailler, bûcher, et encore travailler. Et dans l'effort vient aussi la contrariété, celle de ne pas comprendre tout de suite, et par conséquent de ne pas pouvoir faire ce que l'on veut, quand on le veut. Faire ce que l'on veut, ça c'est la vraie vie... Et la contrariété, ce n'est pas ce qu'a vécu l'enfant-roi depuis qu'il est au monde...

L'école n'est pas un lieu d'amusement, mais un lieu de travail où pour avancer, il faut faire des efforts sur une base constante. Pas facile!

Quand j'ai commencé à enseigner, je donnais des travaux aux élèves et ils les faisaient, point à la ligne. Aujourd'hui, c'est toujours trop, trop long, trop difficile, trop fastidieux. Le sens de l'effort est à la mesure de la facilité dans laquelle l'enfant-roi a été élevé. Le sens du sacrifice: horreur et synonyme d'une autre époque. Cela signifie que l'élève doit sacrifier certaines choses maintenant afin de préparer son avenir. Sacrifier du temps, des activités et des objets de consommation.

Mais pour étudier, bien étudier surtout, il faut une voiture, ou encore un téléphone cellulaire (pas le modèle de base non plus), avec un lecteur MP3, et j'en passe... Pas pour demain, pour aujourd'hui, maintenant.

Alors, l'élève s'investit dans tout, sauf dans ses études. Un jour, il n'est plus capable de suivre. Les élèves qui décrochent sont parfois à l'école un peu en mode touriste, comme dans un forfait tout inclus. Mais il y a aussi des élèves qui préparent leur avenir.

La différence entre les décrocheurs et les autres (car il y a aussi les autres!)? Les autres s'accrochent! Quand l'école pèse lourd et que la matière est compliquée, ils travaillent. Ils s'accrochent. Ils prennent la responsabilité de leur formation, de leur avenir et ultimement de leur vie. Un petit contrat pour ma génération qui méritait ses privilèges en gagnant des responsabilités. Un gros contrat pour la génération présente qui a eu tous les privilèges, sans jamais recevoir la partie «plate», les responsabilités.

La recette contre votre petit décrochage à vous, cher élève, est fort simple. Quand c'est difficile et qu'il faut travailler... Travaillez! Quand votre job de fin de semaine bouffe trop de temps, il faut réduire. Je vous dis ce que personne ne vous dira, car cela va vous contrarier. Travaillez, suez, peinez, ragez même... mais accrochez-vous. Montrez-moi que vous avez du coeur au ventre.

Au risque de simplifier la situation: On ne décroche pas, tant et aussi longtemps qu'on s'accroche!
Marc Dallaire

L'auteur est professeur en amélioration animale, anatomie et physiologie animales et production avicole à l'Institut de technologie agro-alimentaire de Saint-Hyacinthe.

03 avril, 2009

Éducation économique et financière

Dans une société moderne, une connaissance minimum des principes fondamentaux d’économie et de finance sont aussi nécessaires que de savoir lire, écrire et compter.

Un sondage sur les connaissances financières pratiques de Visa Canada révèle que parler d'argent à la maison prépare mieux les étudiants à l'autonomie financière. Quatre étudiants interrogés sur cinq, qui parlent de planification financière, sont plus susceptibles d'établir et de tenir un budget.

L’expérience rapportée dans le texte des Investigateurs financiers souligne aussi l’importance de transmettre aux enfants des notions d’économie et de finance.

Malheureusement, les parents ne sont pas tous outillés pour transmettre ces connaissances à leurs enfants. Malgré cela, les bureaucrates du ministère de l'Éducation n’ont pas jugé utile d’inclure des cours d'éducation en économie et finance dans le curriculum scolaire.

Les gourous du ministère prétendent que le système d’éducation doit donner à tous les enfants une chance égale de réussir. Pourtant, en éliminant les cours d’économie et de finance, le système désavantage un pourcentage important des enfants. Ceux dont les parents n’ont pas la capacité/possibilité de transmettre ces notions à leurs enfants.
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1 avril 2009 à 12h13
Éduquer son enfant sur les finances
Les investigatuers financiers, LesAffaires.com

Un rapport produit par Équifax vient d'être rendu public hier. Il conclut que les Québécois peinent de plus en plus à payer leurs factures. C'est particulièrement vrai à Montréal, où le taux de défaillance des consommateurs a connu la plus forte progression au Canada récemment. Le taux de défaillance réfère aux comptes non payés sur 90 jours et plus.

Certes, la crise commence à faire effet au Québec, mais outre les pertes d'emplois, le taux d'endettement et le faible taux d'épargne des ménages explique en bonne partie pourquoi beaucoup de gens gèrent difficilement leurs finances. Mais la question est de savoir pourquoi les Québécois, comme beaucoup d'autres citoyens de partout à travers le monde, s'endettent-ils et épargnent si peu?

L'éducation y est certainement pour quelque chose. L'un de nous a testé un jeu de bourse auprès de trois enfants, âgés de 7 à 10 ans. Il s'agit d'un jeu ressemblant au Monopoly, mais dans lequel le hasard est presqu'inexistant (pas de dés ou de cartes de chance). Il était possible d'acheter 30 entreprises très connues, comme Couche-Tard, McDonald's, General Electric, etc. Le but du jeu était évidemment de faire le plus d'argent possible.

Deux des trois enfants avaient déjà reçu une éducation ''financière'', puisque les parents oeuvrent dans le domaine financier. Quant au troisième, il est issu d'une famille à revenus modestes, mais a reçu une bonne éducation en général. Et c'est l'attitude de ce dernier pendant le jeu qui est frappant. Appelons-le Xavier.

Allons-y de deux exemples concrets. Lorsque Xavier eut l'occasion d'acheter des parts de Burger King, sa réaction fût instantanée : ''C'est horrible ce qu'ils mettent dans leur viande''. Il a donc fallu expliquer que la compagnie répond à une certaine demande, et qu'il faut se concentrer sur la profitabilité de l'entreprise, et non sur la nature du produit pour remporter la partie. Et bien, rien à faire! Il n'était pas question d'acheter des parts d'une entreprise servant de si mauvais hamburgers!

Au tour de Jean Coutu. Xavier refusa d'acheter des parts sous prétexte que les acheteurs étaient uniquement des femmes. Lorsqu'il regarda le logo de la chaîne de pharmacies québécoises, on pouvait détecter un certain dédain. Quant aux deux autres enfants, les questions ressemblaient davantage à ''est-ce que c'est une entreprise qui fait beaucoup d'argent?'''.

Pourquoi la réaction de Xavier était-elle si différente de ses adversaires? Et bien, nous soupçonnons fortement l'influence des parents. Si vous vous promenez sur la rue, et que vous expliquez à vos enfants en passant devant Wal-Mart que ce dernier est un monstre, qu'il exploite de pauvres gens à l'étranger, il y a fort à parier qu'en grandissant ils développeront une image négative des grandes sociétés. Ils pourraient alors être plus réticents à y investir, et pire même, fermer leur esprit chaque fois qu'ils entendent parler d'argent.

Parfois, il peut s'agir de simples commentaires à apparence inoffensive émise par un parent (comme la remarque sur Jean Coutu, dont nous soupçonnons particulièrement l'influence du père). Si un enfant enregistre la phrase suivante ''c'est juste des femmes qui achètent là!'', et qu'à d'autres moments, il entend des farces à connotation négative sur la femme, il y a fort à parier qu'il effectuera de drôles associations dans sa tête.

Bref, il ne s'agit que d'un enfant et d'un jeu, mais on peut constater que son environnement l'influence à rejeter du revers de la main des opportunités d'apprendre les finances. C'est pourquoi nous pensons qu'en tant que parent, il nous est possible de faire une grande différence en leur donnant le goût d'épargner et d'investir, et ainsi éviter de connaître le mauvais sort qu'ont expérimenté un nombre incroyable de ménages en Amérique du Nord ces deux dernières années.

02 avril, 2009

Le chiffre du jour (2) : 4,02

L'indice FCEI des impôts provinciaux des PME est le deuxième rapport sur la fiscalité que la Fédération a publié ces derniers mois dans le cadre de trois projets uniques qu'elle a entrepris en la matière. Cette analyse établit une comparaison des régimes provinciaux à partir de 65 indicateurs portant sur cinq domaines principaux de la politique fiscale : charges sociales, impôt des sociétés, impôt foncier et impôt sur le capital, impôt des particuliers, taxes de vente et d'accise. En date du 31 décembre 2008, les provinces ont obtenu les résultats suivants sur une échelle de 0 à 10, 0 était la plus mauvaise note et 10, la meilleure :

- Alberta 7,98
- Nouveau-Brunswick 6,32
- Saskatchewan 6,30
- Colombie-Britannique 5,72
- Manitoba 5,60
- Terre-Neuve-et-Labrador 5,45
- Ile-du-Prince-Edouard 5,24
- Nouvelle-Ecosse 5,08
- Ontario 4,10
- Québec 4,02

Le chiffre du jour : 31 %

Les effets de la crise économique se répercutent directement sur le bonheur de la population. La dernière enquête de l'IRB révèle que près du tiers des répondants (31%) affirment que la crise actuelle affecte leur niveau de bonheur.

01 avril, 2009

Chiffre du jour : 15,9 %

Les Montréalais sont ceux qui affichent la progression la plus forte du nombre de personnes payant leurs factures avec du retard, non seulement à l'échelle du Québec, mais aussi à celle du Canada. Cette progression est de 15,9%, alors que la moyenne canadienne est de 7,3%.
Québec arrive en troisième position après Calgary (13,2%), avec une hausse de 12,8%, quand on compare les données de février 2008 à février 2009.