Le Québec s'endette au rythme de 19 millions $ par jour.

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Vaut mieux en rire!

Il y a des souris à l’hôpital Charles Lemoyne mais dès qu’elles vont goûter à la bouffe, elle vont déguerpir.--- Michel Beaudry

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12 septembre, 2012

Les finances publiques : est-ce que les interventionnistes se réveillent enfin?


Dans le texte qui suit, Jean-Robert Sansfaçon, chroniqueur du Devoir, dénonce le fait que les trois partis politiques susceptibles de prendre le pouvoir ignorent systématiquement l’état lamentable des finances publiques. Bien au contraire, ils multiplient les promesses comme si l’argent coulait à flot.

Cette chronique, publiée dans le journal de la gaugauche interventionniste, me pousse à croire que quelque chose est en voie de changer au royaume de la gratuité. Si les bénéficiaires de l’État interventionniste réalisent enfin que nous allons faire faillite si rien ne change, alors je conserve un mince espoir que nous pourrons éviter un drame à la grecque.

Toutefois, nous sommes encore loin de la coupe aux lèvres. Si par malheur l’économie mondiale retournait en récession avant que nous ayons repris le contrôle des finances publiques nous ne pourrions plus éviter le pire.
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Jean-Robert Sansfaçon   17 août 2012  Élections 2012

La campagne électorale vient d’entrer dans sa troisième semaine et jusqu’à ce jour, les partis n’ont pas osé aborder le seul sujet qui les préoccupera vraiment au lendemain des élections : l’état des finances publiques. Loin des lendemains qui chantent, c’est d’austérité qu’on entendra parler.

Il ne se passe pas une journée sans que tous les partis n’y aillent d’un nouvel engagement, parfois même de plusieurs. À tel point qu’il est difficile de se rappeler qui a promis quoi et pourquoi.

Il y en a pour tout le monde, sauf pour la classe moyenne supérieure, les cadres, les professionnels qui devront contribuer beaucoup plus si le Parti québécois est élu : diminution du crédit d’impôt sur les dividendes, deux nouveaux paliers d’imposition, taux accru sur la vente d’actions, d’un chalet et d’un immeuble à logements… Sans doute s’ennuyait-on au PQ du bon vieux débat au sujet de la fuite des cerveaux et des sièges sociaux ?

Pour les autres Québécois, il n’est question que de gels de tarifs, de baisses d’impôt ou de nouveaux crédits, sans oublier les milliards d’investissements dans tous les secteurs de la société.

Où sont les augmentations qui ne manqueront pourtant pas de pleuvoir dès le premier budget d’un nouveau gouvernement ? Réduire de 30 % la dépendance au pétrole d’ici huit ans, par exemple, ne peut pas se faire sans une forte augmentation du prix de l’essence. De même pour le financement du transport en commun. Où trouve-t-on cela dans les programmes ?

En fait, le 5 septembre, on ne parlera plus de promesses, mais de sacrifices puisque l’argent manquera pour équilibrer les livres. À elle seule, l’abolition de la contribution santé de 200 $ promise par quatre des cinq partis privera l’État de 1 milliard par année. On aurait pu transformer cette taxe pour la rendre plus progressive, mais c’est tellement plus vendeur de dire qu’on l’abolit. Et on ne réduira même pas le généreux crédit de solidarité créé précisément pour éviter que cette contribution santé pénalise les plus démunis.

Puis, il y a le service de la dette qui augmentera d’un autre milliard de dollars en 2013. Et ce trou d’un troisième milliard déjà inscrit pour l’an prochain dans le dernier budget Bachand.

Ce qui permet de prédire que le premier budget d’un nouveau gouvernement sera fortement déficitaire.

Au Parti québécois, on accusera la mauvaise gestion libérale, Mme Marois s’étant fait faire le coup par M. Charest en 2003.

Quant à M. Legault, il tentera vendredi, lors de la présentation de son cadre budgétaire, de convaincre les électeurs que l’abolition des commissions scolaires, des régies de la santé et de milliers postes de fonctionnaires fera économiser des milliards qui serviront à faire face à ses engagements. Or, tout le monde sait que de telles opérations prennent des années à se réaliser et n’engendrent jamais les économies promises. Au contraire, elles coûtent cher parce qu’elles exigent la création de nouvelles structures et le déplacement ou le rachat des emplois de milliers de personnes. A-t-on déjà oublié les mises à la retraite de Lucien Bouchard ?

Quelle hypocrisie que tout cela, alors qu’il serait tellement plus honnête en cette période de crise mondiale de se rappeler que le Québec est la province la plus endettée au pays, et son fardeau fiscal le plus lourd. Dire la vérité : sommes-nous trop naïfs de croire que c’est-ce par là qu’on commence quand on veut « faire de la politique autrement » ?

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