Le Québec fonce dans le mur ....

....oups! On l'a frappé.
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Vaut mieux en rire!

Notre Nation doit se rassembler pour être réunie ! --- Georges W. Bush

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28 février, 2011

Des électeurs à la recherche d’un parti (en reprise)

 (Publié le 13 décembre 2008)


Selon le DGE, le 8 décembre dernier, 2 548 720 électeurs québécois se sont abstenus de voter ou ont annulé leur vote. Ils sont plus nombreux que les libéraux (1 362 801) et les péquistes (1 139 185) ensemble. Il faudrait une coalition PLQ+PQ plus ADQ ou QS ou PV pour prétendre avoir la majorité au parlement.

Les politiciens et les chroniqueurs/éditorialistes ont rapidement balayé sous le tapis les abstentionnistes sous prétexte qu’en démocratie l’abstention n’est pas un choix. C’est un argument facile pour se donner bonne conscience et justifier la légitimité d’un gouvernement qui représente moins de 24 % des électeurs.

Pourquoi voter quand aucun des partis ne représente mes valeurs? Je ne ferais que perpétuer l’illusion que le gouvernement peut légitimement parler en mon nom, ce qui n’est pas le cas. Certains diront qu'il fallait annuler mon vote. C’est un argument débile. Est-ce que celui qui annule son vote sera mieux représenté au parlement?

J’irai voter lorsqu’un des partis en liste défendra quelques-unes des valeurs auxquelles je crois :

  • Je veux un chef de parti qui croit en son programme et qui se donne la peine de l’expliquer. Je n’en peux plus des chefs de parti qui disent cela et son contraire dans la même phrase;

  • Je ne veux pas d’un chef de parti qui rivalise avec les artistes. TLMEP ce n’est pas une émission d’information, c’est un spectacle;

  • Le Québec a besoin d’un parti qui s’engage à mettre fin aux monopoles publics et à favoriser un régime compétitif dans toutes les sphères d’activité du gouvernement : santé, éducation, SAQ, etc.;

  • Le Québec est une société hyper règlementée. Il est essentiel d’actualiser, réduire et simplifier la règlementation dans tous les domaines : fiscalité, marché du travail, commerce, environnement, etc.;

  • Les programmes de subventions aux entreprises coûtent des milliards annuellement et sont pour la plupart inefficaces. Il faut les éliminer graduellement au profit d’une fiscalité réduite et simplifiée;

  • Les effets pervers de la gratuité apparente des services gouvernementaux menace leur pérennité. Le taux de fiscalité des individus doit être largement réduit au profit de la tarification des services à leur juste prix;

  • Les fonctionnaires doivent être au service de la population et non l’inverse. Ils devront abandonner le rôle « d’empêcheur » et devenir des « facilitateurs » qui guident les citoyens et les entreprises à travers les complexités des lois et règlements.

Plus de deux millions d’électeurs attendent un parti et un chef capable de couper le cordon ombilical qui les maintient dépendant de l’État nounou. C’est une condition incontournable pour que les Québécois réalisent leur plein potentiel.

La réflexion du jour

Ne venez pas me dire, Monsieur le premier Ministre, qu'après avoir miraculeusement trouvé 200 millions $ que vous disiez ne pas avoir, vous allez ensuite essayer de convaincre le peuple qu'il vit au-dessus de ses moyens et lui demander de se serrer la ceinture. --- Joseph Facal

Le chiffre du jour : 1,1 G$

Le coût économique de cet amphithéâtre multifonctionnel s'élèverait à 1,1 milliard de dollars. Voilà le coût qui devrait être retenu par les citoyens de Québec et du Québec.

27 février, 2011

Caricatures : semaine du 20 février 2011

La réflexion du jour

Les mesures déployées dans les écoles de l’Iowa pour lutter contre le décrochage scolaire des garçons provoquent un peu de « frustration » chez des directeurs d’école du Québec, qui affirment ne pas pouvoir les mettre en place chez nous à cause d’un « manque de souplesse ». ---Chantal Longpré, de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE).

(NDLR : "Manque de souplesse" égale bureaucratie centralisée et sclérosée et conventions collectives figées dans l'ère industrielle.)

Le chiffre du jour : 9 sur 10

Pendant qu'un tiers des garçons québécois n'obtiennent pas de diplôme sept ans après leur entrée au secondaire, en Iowa presque neuf gars sur dix terminent leurs études secondaires dans les délais prévus.

26 février, 2011

La réflexion du jour

Ne devrait-on pas faire une pause et se demander pourquoi un ajout aussi massif de ressources (NDLR : au système de santé) n’a pas produit de résultats plus saillants? --- André Pratte

Le chiffre du jour : + 7,5 G$

Selon les données de l’Institut canadien d’information sur la santé, depuis 2005, celui-ci est passé de 21,2 milliards à 28,7 milliards, une augmentation de 7,5 milliards (+35%). Depuis l’an 2000, le taux annuel moyen de croissance des dépenses publiques de santé a atteint 6,5%. Or, les urgences sont toujours bondées, des patients continuent d’attendre beaucoup trop longtemps, les personnes âgées sont toujours logées dans des conditions inacceptables.

25 février, 2011

La CSST, un autre gouffre sans fond

Entre 1999 et 2008, le nombre de bénéficiaires à la CSST a diminué de 69 %, mais les coûts ont augmenté de 20 %. Ce résultat ne devrait surprendre personne puisque l’inefficacité est le propre d’un monopole d’État. (Voir le document d’analyse d’IÉDM)
Il faut se réjouir de la baisse constante du nombre de bénéficiaires à la CSST. C’est autant de drames humains qui ont été évités. Cette extraordinaire performance est le résultat de l’application du principe utilisateur-payeur. Les entreprises ont tout intérêt à accorder la priorité aux questions de santé et sécurité dans leur milieu de travail puisque ce sont elles qui financent seules les coûts du programme de la CSST.

Malheureusement, les entreprises ne profitent pas pleinement de leurs succès, car la CSST, une structure gouvernementale créée pour gérer le programme de compensation des travailleurs, est incapable de contrôler l’escalade des coûts. Elle ne joue qu’un rôle d’entremetteur entre les bénéficiaires et les entreprises. Si les coûts du programme explosent, les tarifs aux entreprises sont majorés ou les services aux bénéficiaires sont coupés. Bien sûr, elle subit les foudres des uns et des autres, mais sans plus. Cette piètre performance découle du fait que les gestionnaires/fonctionnaires de la CSST ne sont pas guidés par des considérations d’efficacité, mais par les priorités politiques du moment.

La priorité des gestionnaires/fonctionnaires de la CSST vise donc à valoriser leurs patrons politiques ou à tout le moins à ne pas les embarrasser. Si parfois les intérêts des bénéficiaires, des entreprises et des politiciens coïncident, c’est tant mieux. Dans le cas contraire, ce sont les bénéficiaires ou les entreprises ou les deux qui écopent.

Cette situation est un autre exemple qui démontre pourquoi le « modèle québécois » est en faillite.

Dans ce dossier, comme dans tous les cas de monopole d’État, le gouvernement est juge et parti. Il impose les normes, fournit les services par l’entremise de la CSST et arbitre les conflits entre la CSST, les entreprises et les bénéficiaires. Dans ce contexte, les conflits sont toujours résolus au détriment de la partie représentant le moindre poids politique. Malheureusement, les entreprises tirent la courte paille plus souvent qu’à leur tour.

Le rôle d’un gouvernement consiste à dicter les normes et à voir à ce qu’elles soient appliquées correctement. En jouant le rôle de fournisseur de service, le gouvernement est en conflit d’intérêts et n’est plus apte à arbitrer les conflits qui surgissent immanquablement entre le fournisseur et les bénéficiaires. Cette situation avantage les groupes d’intérêt et les politiciens au détriment des bénéficiaires que les politiciens se sont pourtant engagés à servir.

La réflexion du jour

Une large consultation publique sur le sort des aînés a été menée en 2007-2008 par la ministre Marguerite Blais, coprésidée par le docteur Réjean Hébert. Il en est ressorti que la priorité absolue des aînés était de vivre le plus longtemps possible à domicile.

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Les membres du gouvernement Charest ont endossé avec enthousiasme les conclusions du rapport Blais-Hébert au terme des consultations publiques. Trois ans plus tard, le bilan de l’action gouvernementale dans le sens recommandé est toutefois plus que mince. --- Jean-Jacques Samson

Le chiffre du jour : 500 M$

Mais nous avons aussi appris alors (au moment du dépôt du rapport Blais-Hébert en 2007-2008) que 5 000 personnes attendaient une place dans un Centre hospitalier de soins de longue durée. Autant de nouvelles places ne seraient cependant pas nécessaires si l’État privilégiait une politique intégrée de maintien à domicile. Le docteur Hébert estimait à 500 M$ les investissements à consentir pour développer les ressources de soutien nécessaires.

24 février, 2011

La réflexion du jour

Au lieu d’avoir un gouvernement qui s’éparpille et gaspille notre argent en voulant administrer des garderies, des écoles, des hôpitaux, des régimes d’assurance ou des programmes de fécondation tout en voulant diriger l’économie avec des subventions; nos élus devraient prioriser les activités du gouvernement. Au lieu de gérer inefficacement une multitude de programmes inutiles, pourquoi ne pas gérer très efficacement quelques programmes bien précis qui sont absolument essentiels. --- Antagoniste.net

Le chiffre du jour : 23 %

Comment justifier qu’une restructuration de la haute direction (NDLR : à la Ville de Montréal), dans un tel contexte, se traduise par l’ajout de 4 postes et une augmentation de 17,6 % de la masse salariale des cadres? Comment justifier des hausses de 8 %, de 13 % et même, dans un cas, de 23 %?

23 février, 2011

Subventions : les perles du 12 au 18 février 2011

Chaque semaine, le blogue de Mathieu Turbide et de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.

Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.

La parade des subventions continue de plus bel, mais les réductions de dépenses promises par le ministre Bachand ne sont toujours pas au rendez-vous.

Il n’y a pas d’argent pour financer un système de justice de première qualité, mais il y en a toujours pour les projets chouchous des politiciens. Pourtant, un système de justice qui a la confiance de la population est autrement plus important que la quatrième édition du Mondial des cidres de glace.

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  • La quatrième édition du Mondial des cidres de glace SAQ de Rougemont, qui se déroulait cette fin de semaine, pourra compter sur une aide financière de 32 500 $ du gouvernement.

  • La Société générale de financement du Québec annonce qu’elle a procédé à un réinvestissement de 14,7 millions $ US en capital-actions dans Axcan Pharma. Cette transaction vise à appuyer l’entreprise dans l’acquisition de la pharmaceutique hollandaise Eurand pour 587 millions $ US.

  • Le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire annonce un appui financier additionnel de 50 000 $ de la Société d’habitation du Québec afin de soutenir les ménages à faible revenu qui doivent rénover leur domicile dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Beauce-Sartigan.

  • La ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, a annoncé l’attribution de subventions totalisant 2 050 000 $ à Allô prof pour lui permettre de poursuivre et d’élargir ses activités d’aide aux devoirs dans toutes les régions du Québec auprès des élèves et de leurs parents.

  • Le ministère de la Culture, des Communications versera 4 434 013 $ aux médias communautaires en 2010-2011, dont 3 984 013 $ à 153 organismes comprenant 76 médias écrits, 39 radios et 38 télévisions. De plus, 450 000 $ sont destinés à trois associations nationales, soit l’Association des médias écrits communautaires du Québec, l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec et la Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec.

  • Le Festival REGARD sur le court métrage au Saguenay fête cette année son quinzième anniversaire. Pour cette nouvelle édition qui se déroulera du 9 au 13 mars 2011, Québec attribue une aide financière de 85 000 $.

  • Le gouvernement du Québec accorde une aide financière de 16 419 $ à la Municipalité de Saint-Adalbert – située, comme chacun le sait, en Chaudière-Appalaches -, par l’entremise du Fonds de soutien aux territoires en difficulté (FSTD).

  • Le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, a annoncé l’octroi d’une aide financière de 882 450 $ por l’organisation de la Coupe du Monde LG / FIS de surf des neiges – Snowboard Jamboree, qui se déroulait ce week-end à Québec.

  • Le Conseil des arts de Montréal (CAM), le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ de Montréal) et le Forum jeunesse de l’île de Montréal (FJÎM) signent une nouvelle entente de partenariat Pour soutenir la création, l’innovation et la diversité des pratiques artistiques professionnelles de la région de Montréal. Grâce à cette entente, en vigueur jusqu’en 2013, les partenaires effectueront des investissements totalisant plus de 1 500 000 $, soit une bonification de près de 40 % par rapport à la précédente entente.

  • Le financement du Fonds AmorChem est assuré par divers partenaires, dont le gouvernement du Québec, par l’entremise d’Investissement Québec (16,5 M$), le Fonds de solidarité FTQ (10,9 M$) et FIER Partenaires (5,6 M$), pour un montant total de 33 M$. Pour ce qui est de la contribution des partenaires privés, elle représente 8,25 M$.

La réflexion du jour

Il y a trois mois, Da El-Batal a demandé un certificat d'acte de naissance pour son fils, qui désire s’inscrire au collège. L'état civil québécois lui en a fait parvenir un, mais en anglais.

M. El-Batal a communiqué avec l'état civil afin de signifier son mécontentement. On lui a répondu qu’il n’était pas possible de lui faire parvenir le document en français, puisqu’il était indiqué dans leurs dossiers qu’il était anglophone.

(NDLR : Décidément, les idioties de la bureaucratie ne connaissent pas de limites!)

Le chiffre du jour : moins 90 %

Entre 1998 et 2007, 11 170 immigrants investisseurs sont entrés au Québec. Il en est parti 10 070, soit 90 %. On perd des gens on perd aussi du capital : environ 1 milliard $ par année, selon le Conseil, qui souligne qu’Il faudrait mieux considérer les immigrants investisseurs, qui arrivent chacun avec au moins 800 000 $ à placer.

C’est beau d’attirer plus de gens intéressés à s’installer ici, mais encore faut-il que la jonction s’effectue… Il faut que le Québec s’organise pour être plus qu’une simple porte d’entrée. Nous avons autant besoin de gens que d'investissements.

22 février, 2011

Éthique et salaire minimum

André Dorais

Le gouvernement québécois subventionne des milliers d’entreprises à but lucratif et au-delà de 5 000 organismes communautaires. Parmi les subventions offertes, on retrouve les subventions salariales. Celles-ci facilitent l’obtention d’un emploi, car le gouvernement paie une partie du salaire de l’employé pour une période de six à douze mois. En d’autres mots, les subventions salariales constituent une façon d’offrir ses services à rabais en refilant la facture aux contribuables.

Non seulement plusieurs milliers d’emplois sont subventionnés, mais ces subventions sont parfois si élevées qu’elles équivalent, pour les employeurs, à payer un salaire en deçà du salaire minimum. Par exemple, un emploi dont le salaire brut est établi à 12,50$ l’heure, mais qui est subventionné à 40%, équivaut à un déboursé pour l’employeur de 7,50$, soit 2$ de moins que le salaire minimum. On trouve des centaines, voire des milliers d’exemples du genre annuellement au Québec.

Est-ce que le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale est conduit en justice pour violation de la loi? Non. Comme son nom l’indique, il agit par solidarité... Seuls les employeurs agissant de leur propre chef peuvent être considérés coupables de violer la loi. Il s’agit évidemment d’une ruse, une façon d’endormir la population en utilisant les mots qu’elle veut bien entendre. Le politique utilise le langage éthique, mais en en déformant le sens premier. Cette façon d’agir n’est peut-être pas illégale au sens strict de la loi, mais elle l’est certainement dans son esprit.

Comment ne pas s’indigner devant pareille injustice? C’est d’autant plus irritant que les politiciens aiment à être vus comme des redresseurs de torts. Ils conduisent en justice les employeurs ayant violés la loi de façon indépendante et ponctuelle, alors qu’ils font exactement la même chose de manière systématique.

La loi du salaire minimum a été établie sous le prétexte que les employés manquaient de jugement et les employeurs, de moralité. C’est que l’on sous-entend que les politiciens et les fonctionnaires sont d’un niveau moral supérieur : ils travaillent pour le public, ils sont progressistes, ils ne croient plus en Dieu mais en l’État, ils ne recherchent pas de profit, etc. Ils prétendent être seuls en mesure de déterminer ce que constitue un salaire minimum raisonnable pour tout le monde... et ils l’imposent et ils le violent.

L’imposition d’un salaire minimum ne soulève pas que des questions éthiques, mais également économiques. Payer des fonctionnaires pour faire en sorte que les employeurs se procurent une main-d’œuvre en deçà du salaire minimum constitue une dépense inutile, car employeurs et employés sont capables d’arriver au même résultat sans eux. Il n’y a pas de raison de croire que le jugement des fonctionnaires, qui établissent le salaire net en deçà du salaire minimum, soit supérieur à celui des employeurs, de sorte qu’il n’y aucune raison de continuer cette pratique.

Il ne suffit pas de retirer aux fonctionnaires la possibilité de négocier des salaires en deçà du salaire minimum, mais d’abolir celui-ci. La pratique des fonctionnaires, avec évidemment l’appui des politiciens, de permettre à plusieurs centaines d’employeurs de payer des salaires plus bas que le salaire minimum comble une demande. Les employés et les employeurs y trouvent leur compte, mais pas les contribuables. En abolissant le salaire minimum les employés et les employeurs continueront à y trouver leur compte, mais à eux s’ajouteront les contribuables et conséquemment les consommateurs.

La plupart des salaires répertoriés en deçà du salaire minimum s’y trouvent à moins de 30%. Considérant que la forte majorité des travailleurs ne reste jamais longtemps à ce niveau, il n’y a pas de raison de ne pas l’abolir. Réduire son prix pour obtenir une première expérience ou réintégrer le marché du travail après une longue absence est dans l’ordre des choses.

Pour déterminer le pouvoir d’achat on ne doit pas évaluer uniquement le salaire, on doit également évaluer ce qu’il peut acheter. Si la productivité augmente grâce à l’augmentation du nombre de travailleurs, alors le pouvoir d’achat augmente pour tout le monde. Ce pouvoir d’achat peut augmenter en dépit d’un salaire plus bas, car une plus grande productivité tend à réduire les prix des biens économiques. Cela s’avère d’autant plus vrai qu’un nombre plus élevé de travailleurs réduit également les charges sociales que les contribuables doivent payer. En d’autres mots, l’abolition du salaire minimum constitue un double gain pour l’ensemble de la société : coûts à la baisse et production à la hausse.

On doit se rendre à l’évidence, la loi du salaire minimum est tout en apparence et rien en contenu. Au Québec, les gouvernements ont pris l’habitude de l’augmenter le premier mai, Journée internationale des travailleurs, question de contribuer à la fête et de se donner bonne conscience. Plutôt que d’aider les plus pauvres, elle exclut des individus du marché du travail. Elle donne de l’emploi aux fonctionnaires plutôt qu’à ceux qui en ont véritablement besoin.

Le gouvernement donne des leçons de morale aux autres, alors qu’il viole lui-même la loi. S’il s’agit d’ignorance, il devrait le reconnaître et corriger la situation non pas en interdisant aux fonctionnaires d’offrir aux employeurs des salaires en deçà du salaire minimum, mais en abolissant ce dernier. Il devrait en être ainsi, car le salaire minimum réduit le pouvoir d’achat pour tout le monde, les avantages qu’en retirent les bénéficiaires n’étant que passagers. S’il s’agit d’hypocrisie, alors cette pratique doit être dénoncée.

La réflexion du jour

Le « capitalisme débridé », la dérèglementation et l’absence de l’État sont-ils responsables du pétrin dans lequel se retrouvent les États-Unis aujourd’hui?

Ce serait une explication trop simple, dit Pierre Lemieux, économiste et professeur associé à l’Université du Québec en Outaouais, dans son livre Une crise peut en cacher une autre.

Cet ouvrage, fort documenté, est une mine d’or pour ceux qui préfèrent les chiffres et les faits aux raccourcis émotionnels qui foisonnent sur ce sujet. En particulier, Lemieux déboulonne, chiffres à l’appui, le mythe du « laisser-faire » américain. --- David descôteaux

Le chiffre du jour : 40 à 45 %

À la veille de la récente récession, plus du tiers de ce que les Américains produisaient était détourné vers les coffres de l’État, me précise Pierre Lemieux. Au Québec, c’est environ 40 à 45 % selon les années. La différence est moindre qu’on le croit.

21 février, 2011

Subventions : les perles du 5 au 11 février 2011

Chaque semaine, le blogue de Mathieu Turbide et de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.

Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.

La parade des subventions continue de plus bel, mais les réductions de dépenses promises par le ministre Bachand ne sont toujours pas au rendez-vous. Selon le rapport du Vérificateur Général, en 2010 les dépenses du gouvernement ont augmentées au rythme de 5,1 % alors que l’objectif était de 2,9 %.
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  • Six municipalités de la circonscription de Beauce-Sud entreprennent la démarche Municipalité amie des aînés (MADA), et la bonne ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, leur versera à cette fin un total de 91 200 $, soit une somme de 72 000 $ pour les municipalités concernées et une somme de 19 200 $ accordée au Carrefour action municipale et famille, l’organisme qui accompagnera les municipalités dans la réalisation de leur projet.

  • Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), de concert avec la Conférence régionale des élus (CRE) de l’Abitibi-Témiscaminque, a annoncé la mise en œuvre du quatrième volet du Programme régional de soutien au développement de l’agriculture et de l’agroalimentaire de l’Abitibi-Témiscamingue. Ce quatrième volet porte sur le « Développement d’un modèle d’affaires pour la mise en marché de produits différenciés ». Le volet de ce Programme, qui prendra fin le 31 mars 2014, est pourvu d’une enveloppe globale de 850 000 dollars, dont 400 000 dollars proviennent du MAPAQ.

  • Le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation verse une contribution financière de 425 000 $ à l’entreprise IPEX, de Saint-Joseph-de-Beauce.

  • Québec a profité des célébrations entourant le 10e anniversaire de NanoQuébec pour annoncer le renouvellement du soutien financier triennal de 12,12 M$ de l’organisme.

  • Le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles et la Conférence régionale des élus du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont annoncé le renouvellement de l’Entente spécifique de régionalisation de l’immigration au Saguenay-Lac-Saint-Jean. En plus de permettre à la région de bénéficier davantage de l’apport de l’immigration, cette troisième entente, qui représente un investissement de 743 000 $ réparti sur deux ans, donne un nouvel élan aux partenariats régionaux et locaux déjà existants.

  • Le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale annonce un soutien financier pouvant atteindre près de 277 000 $ à la compagnie UsiHome de Magog. Cette aide vise à soutenir la formation de 53 nouveaux employés.

  • Québec contribue pour 290 000 $ à l’organisation de la 20e Semaine de mode de Montréal, qui se déroule du 7 au 10 février au Marché Bonsecours dans le Vieux-Montréal.

  • Le ministre des Transports et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, avait une première bonne nouvelle pour Québec cette semaine : la conclusion d’une entente visant la réalisation d’un concept de préparation d’un plan directeur de développement urbain et de mise en valeur du littoral est du fleuve Saint-Laurent, entre l’avenue d’Estimauville et la rivière Montmorency. Cette entente d’une valeur de 500 000$ permettra d’entreprendre le concept de réalisation de la quatrième phase de la promenade Samuel-De Champlain qui se prolongera vers l’ouest, vers Beauport.

  • Le gouvernement du Québec a confirmé l’attribution d’une aide financière de 318 000 $ à la 29e édition des Rendez-vous du cinéma québécois, qui se tiendra à Montréal du 16 au 27 février.

  • Une somme de 70 000 $ est accordée au Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’environnement (EnviroCompétences) pour la réalisation du projet ENVIRONIUM : l’Île de RANA. Ce projet vise à faire la promotion des formations et des métiers de nature scientifique en environnement.

  • La ville de Québec est en liesse : le gouvernement Charest et la Ville concluent une entente pour le financement d’un nouvel amphithéâtre multifonctionnel. Cette entente prévoit un financement des coûts de construction assumé à parts égales par le gouvernement du Québec et la Ville de Québec sur la base d’un investissement maximal de 400 M $ et d’un engagement du secteur privé qui permettra de réduire la contribution de la Ville.

  • Le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale verse une subvention de 183 000 $ afin de former une centaine d’employés, au sein des usines Commonwealth Plywood de Shawinigan et Sainte-Thérèse.

  • Le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation verse une contribution financière non remboursable de 166 097 $ au Réseau Trans-Al inc. pour un projet d’accès aux technologies dont vont bénéficier les membres du réseau.

La réflexion du jour

Si on le compare à ses homologues des autres provinces, le premier ministre québécois Jean Charest fait très bonne figure en ce qui concerne le contrôle des dépenses publiques; en revanche, sa maîtrise de la dette et du déficit est tout juste passable, et sa feuille de route est carrément pitoyable dans le dossier de la fiscalité. ---Claude Piché

Le chiffre du jour : 53,7

Au Québec, le premier ministre Charest arrive au sixième rang avec une note globale de 53,7. Son point fort, c'est le contrôle des dépenses. Depuis l'exercice 2003-2004, les dépenses du gouvernement québécois ont augmenté en moyenne de 5% par année. En un sens, c'est beaucoup, par rapport à la croissance du PIB (3,2%) ou au taux d'inflation (2,5%). Cependant, c'est beaucoup mieux que dans les autres provinces. Seuls Gordon Campbell et Gary Doer ont réussi à faire mieux à ce chapitre. Cela lui vaut une bonne note de 81,1. Son point faible, c'est la fiscalité. M. Charest, en dépit de ses promesses, n'a pas réussi à abaisser le fardeau fiscal des Québécois, qui demeure le plus lourd au Canada; le Québec est même une des rares provinces à avoir augmenté l'impôt des sociétés. Pour ces raisons, M. Charest n'obtient que 25,3 points à ce chapitre. En ce qui concerne la dette et le déficit, il s'en tire moyennement avec 54,2 points.

20 février, 2011

Caricatures : semaine du 14 février 2011

La réflexion du jour

Une anomalie, qui déclenche cette question: pourquoi continuerait-on de protéger les indépendants (distributeurs d'essence) de Québec et Montréal avec une clause de prix plancher, alors qu'ils ne font que suivre les hausses de prix? --- François Pouliot

Le chiffre du jour : 1,22$ contre 1,184$

Quelques minutes plus tard en effet, à Saint-Basile-le-Grand, voici quel était le prix du litre chez deux Couche-Tard: 1,22$. Et voici celui d'un Esso pas très loin: 1,214$. Eh oui, en plus d'être très éloignée du 1,184 $ de sa consoeur Sonic, l'indépendante, qui doit normalement faire baisser les prix, vendait à plus cher que la méchante pétrolière intégrée.

19 février, 2011

Subventions : les perles du 29 janvier au 4 février 2011

Chaque semaine, le blogue de Mathieu Turbide et de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.

Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques. Il est aberrant de dépenser 590 000 $ pour construire une passerelle pour motoneige lorsqu’on prétend ne pas avoir d’argent pour aider les enfants et les aînés

La parade des subventions continue de plus bel, mais les réductions de dépenses promises par le ministre Bachand ne sont toujours pas au rendez-vous.  

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  • Une contribution financière non remboursable de 70 000 $ est versée pour la mise en œuvre du concours intitulé Change le monde à ta manière grâce aux technologies de l’information chapeauté par le Comité sectoriel de main-d’œuvre en technologies de l’information et des communications, TECHNOCompétences.

  • Le ministère du Tourisme accorde 25 000 $ à la 29e édition du Grand Prix du Ski-Doo, qui se tiendra à Valcourt du 18 au 20 février 2011. L’aide accordée provient du Programme de soutien au développement et à la promotion touristiques – volet aide financière aux festivals et événements.

  • Une enveloppe budgétaire supplémentaire de 20 000 $ est octroyée à la Ville de Saint-Lambert. Cette aide permettra de soutenir les aînés à faible revenu qui doivent effectuer des modifications mineures à leur domicile pour continuer à y vivre de façon autonome et sécuritaire.

  • Le Club Nord-Neige Forestville reçoit une subvention de 590 000 $ pour l’édification d’une passerelle pour motoneiges et quads sur la rivière Betsiamites.

  • Québec annonce le versement d’une contribution financière non remboursable de 494 000 $ au centre collégial de transfert technologique (CCTT) – Centre d’expérimentation et de développement en forêt boréale (CEDFOB) de Baie-Comeau.

  • Le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles et la Conférence régionale des élus de la Montérégie Est ont renouvelé l’Entente spécifique de régionalisation de l’immigration pour la région de la Montérégie Est. En plus de permettre à la région de bénéficier davantage de l’apport de l’immigration, l’entente, qui représente un investissement de 472 000 $ réparti sur deux ans, donne un nouvel élan aux partenariats régionaux et locaux déjà existants.

  • Cinq municipalités de la région des Laurentides entreprennent la démarche Municipalité amie des aînés (MADA), et la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, leur versera à cette fin un total de 85 944 $, soit une somme de 69 944 $ pour les municipalités concernées et une somme de 16 000 $ accordée au Carrefour action municipale et famille, l’organisme qui accompagnera les municipalités dans la réalisation de leur projet.

  • Le ministre du Tourisme octroie 12 500 $ à la Ville de Gatineau, partenaire dans la création du Domaine des flocons, dans le cadre du Bal de Neige qui se déroulera du 4 au 21 février.

La réflexion du jour

Marie-Josée Fleury croit aussi que le fait que plus du tiers des antidépresseurs prescrits au pays le sont au Québec est dû au fait que nous avons une assurance médicament publique. D'ailleurs, une étude du Conseil du médicament démontre que sur les 2,54 millions de Québécois assurés, un sur sept prend des antidépresseurs. --- Marie-Josée Fleury, professeure agrégée au département de psychiatrie de l'Université McGill.

Le chiffre du jour : 8,3 %

De 2005 à 2009, la prévalence de l'usage des antidépresseurs chez les adultes québécois couverts par le régime public d'assurance-médicaments a augmenté de 8,3 %.

18 février, 2011

La réflexion du jour

Au Québec, il faut être syndiqué pour travailler sur les chantiers. La loi R-20 divise l’industrie en une trentaine de métiers et occupations spécialisés. Pour exécuter des travaux, un employeur peut seulement embaucher des salariés qui possèdent le certificat de compétence dans chacun des métiers. (En comparaison, il existe seulement six métiers à certification obligatoire en Ontario, où seul un tiers des travailleurs sont syndiqués). --- David Descôteaux

Le chiffre du jour : 3,4 G$

L’économiste Pierre Fortin estimait en 2002 que la Loi R-20 dans son ensemble — incluant le cloisonnement des métiers, mais aussi d’autres aspects comme le contrôle syndical sur le placement de la main d’œuvre — haussait le coût de construire de 10,5 %. Et coûtait 3,4 milliards $ par année à l’économie québécoise (chiffres que conteste la Commission de la construction du Québec).

17 février, 2011

Santé : le mystère québécois!

Le cas de l’urgence de l’Hôpital Lasalle (http://urgencelasalle.org/) est un autre exemple qui démontre qu’il est impossible de gérer un système aussi complexe que celui de la santé à partir de Québec.
Les docteurs Assouline et Langlais ont dû se résigner à faire appel à la population pour se faire entendre. Remarquez qu’ils ne se sontpas adressés au D.G. ou au C.A. de l’Hôpital, ni aux instances intermédiaires régionales, ni même au ministère, car depuis 2004 les politiciens et les bureaucrates leur promettaient une nouvelle urgence sans que rien n’ait été
fait.
Pourquoi au Québec sommes-nous incapable de comprendre ce que les Suédois, les Français et tout dernièrement les Anglais (http://lesanalystes.wordpress.com/2011/01/25/des-couilles-dacier/ont compris : il faut favoriser la concurrence entre les institutions et
responsabiliser les gestionnaires locaux en leur donnant les moyens et
l’autorité d’agir.

La réflexion du jour

Lorsqu'on dit que tout le monde profite des entreprises rentables, le gouvernement en fait partie lui aussi, selon les gestionnaires rencontrés. --- Gestionnaires de la raffinerie Shell

Le chiffre du jour : 50 M$

La «taxe verte» imposée à Shell il y a quatre ans par le gouvernement du Québec coûtait près de 50 millions $ par année à la raffinerie, selon deux des gestionnaires interrogés.

(NDLR : ...et l'on se demande pourquoi les entreprises profitent de la première occasion pour déménager!)

16 février, 2011

Le Réseau Liberté Québec sera à Montréal le 16 avril 2011

Cette activité représente une opportunité en or de démontrer que la majorité silencieuse montréalaise ne fait pas partie du "fameux" consensus, dont se réclament les syndicats, les bien-pensants, certains journalistes et autres groupes d’intérêt qui penchent invariablement à gauche et qui réclament sans cesse plus d’intervention de l’État.
___________
Réservez votre place pour le 16 avril

Vous pouvez vous inscrire en ligne dès maintenant. Le coût de l’inscription est de 45$ pour les gens qui auront adhéré au Réseau et de 50$ pour les non-adhérents. D’ailleurs, si vous souhaitez adhérer avant de vous inscrire, cliquez ici.

Un forfait incluant le transport en autobus en partance de Québec, inscription et repas du midi est également disponible ici. Toutefois, si vous voulez bénéficier de l’offre, ne payez pas votre inscription sur ce site, car il s’agit d’un forfait tout inclus.

Comme le dernier événement affichait complet 12 jours à l’avance, nous vous suggérons de faire rapidement pour vous procurer une des places offertes en quantité limitée.

Notez que si vous préférez payer les frais par chèque, vous n’avez qu’à remplir et retourner le formulaire suivant à l’adresse indiquée.

Comme la dernière fois, il y aura un cocktail de financement à la suite de l’événement qui se tiendra à proximité de l’hôtel. Le prix est une fois de plus fixé à 100$. C’est une excellente occasion de venir rencontrer les organisateurs, conférenciers et participants dans une atmosphère plus intime.

Inscription pour les participants actifs (45$)

La réflexion du jour

La première (demande du patronat) visait à demander au syndicat la permission de présenter aux employés l'état de la situation au Soleil et les éléments de la réflexion qui nous conduisent à piloter un vaste projet de virage numérique. Cette demande de rencontre avec les employés a été rejetée. --- Claude Gagnon, l'auteur est président et éditeur du quotidien «Le Soleil», de Québec, et vice-président exécutif des journaux régionaux de Gesca.

(NDLR : Au Québec, un employeur n'a pas le droit de parler à ses employés sans la permission du syndicat. Une belle façon d'encourager les entreprises à venir investir chez-nous!!)

Le chiffre du jour : 13 %

De plus, le taux d'imposition n'est qu'un facteur parmi d'autres qui influencent les recettes budgétaires provenant des sociétés. On vient de le voir, le taux est passé de 19 à 18% au 1er janvier 2010. Or, pendant les huit premiers mois de l'exercice en cours, c'est-à-dire d'avril à novembre 2010 (derniers chiffres disponibles), l'impôt des sociétés a rapporté 14,4 milliards à Ottawa, comparativement à 12,7 milliards pour la période correspondante en 2009, une hausse de 13%.

15 février, 2011

La réflexion du jour

Je continue de dire qu’il y a urgence nationale et que l’on a fait avec ce réseau de services aux aînés ce que l’on a fait avec les réseaux routiers et les infrastructures.  On a maquillé, on a rapiécé, mais on n’a pas investi. --- Jean-Luc Mongrain

Le chiffre du jour : 25 %

François Legault serait le meilleur premier ministre du Québec selon un sondage réalisé par Léger Marketing pour l’Agence QMI. Et si l’ancien ministre péquiste se présentait en tant que chef du futur nouveau parti de centre-droit, il remporterait 25 % des voix contre 30 % au Parti québécois et 24 % au Parti libéral. Des résultats qui ont fait réagir la classe politique.

14 février, 2011

La réflexion du jour

Que cela vous étonne ou non, notre système fiscal fait en sorte qu'il peut être plus avantageux de vendre son entreprise à des intérêts autres plutôt qu'à un membre de sa famille. Cette réalité se traduit par le fait qu'un propriétaire qui, par exemple, cède son entreprise incorporée à sa fille ou à son fils ne peut personnellement encaisser le même produit après impôts que s'il la vendait à une personne extérieure à sa famille. --- Jean Gauthier, associé fiscaliste, et Suzanne Landry, associée universitaire - fiscalité et professeure de fiscalité à HEC Montréal

Le chiffre du jour : 25 200

Selon le gouvernement du Québec, quelque 55 000 propriétaires québécois d'entreprises se retireront d'ici 2018, générant un recul réel de 25 200 entrepreneurs.

13 février, 2011

Caricatures : Semaine du 7 février 2011

La réflexion du jour

En fait, le discours moralisateur des artistes révèle un problème plus profond : par déformation professionnelle, ils prennent plus souvent qu'ils ne le devraient le parti de l'utopie et sont incapables de voir le monde en prose. À les entendre, Imagine, de John Lennon, devrait servir de programme politique, au moins d'inspiration.
Mais l'utopie peut faire du mal et servir de fantasme compensatoire pour fuir le réel. Or, la réalité québécoise doit être regardée lucidement : c'est celle d'une société en déclin, à la bureaucratie étouffante, aux finances publiques plombées, à l'identité abimée, aux valeurs molles. Et j'en passe. --- Mathieu Bock-Côté

Le chiffre du jour : 33 %

Avec maintenant 27 membres, le Conseil des ministres est 33 % plus lourd qu’un précédent constitué par Jean Charest en 2007, qui se vantait alors de son régime minceur.

12 février, 2011

Le RLQ s’en vient à Montréal

Montréal a un trop plein de groupes d’intérêt : péquiste, socialiste, syndicaliste, interventionniste, ….. Enfin y aura-t-il un autre Montréal pour représenter la majorité travailleuse, responsable, entrepreneuriale abusée et prise pour acquise par les politiciens et les groupes d’intérêt.

La réflexion du jour

« un gouvernement du Parti québécois réclamera le droit de se retirer du programme de l’assurance-emploi actuel ainsi que le droit de cesser d’y cotiser et mettra en place un régime québécois d’assurance-emploi répondant aux besoins des Québécois. » --- Pauline Marois

(NDLR : ...bien entendu ce programme sera plus généreux que le programme fédéral et dans quelques années deviendra un autre trou sans fond!)

Le chiffre du jour : 41,8 %

Le taux de crédit à la consommation a plus que doublé au Canada au cours de la dernière décennie. Il est passé de 27% en 2001 à 41,8% en 2010. Ça signifie qu’un consommateur qui gagne 50 000$ par an après impôt a accumulé des dettes de 21 000$ sur ses cartes de crédit et sur ses marges de crédit.

(NDLR : Les consommateurs sont à l'image de nos leaders politiques.)

11 février, 2011

La réflexion du jour

Les nombreux projets en chantier d'Hydro-Québec risquent de fonctionner à perte, ce qui devrait coûter cher aux Québécois.

La chute du prix d'électricité devrait en effet créer une situation où la société d'État exporte à perte vers les États-Unis.

(NDLR : Ce sont les conséquences de décisions guidées par des considérations politiques plutôt qu'économiques.)

Le chiffre du jour : 25 G$

Au total, d'ici quatre ans, 25 milliards $ devraient être investis à travers la province pour produire 4500 MW, un montant qui pourrait facilement grimper, selon l'administrateur Claude Garcia. «Les cinq dernières centrales faites par Hydro-Québec ont défoncé le budget de 26%», a-t-il déploré.

10 février, 2011

La réflexion du jour

En bref, la représentation au moyen d'un syndicat est on ne peut plus légitime quand elle est le fruit d'ententes contractuelles volontaires entre les employés. Or, c'est là que le bât blesse lorsqu'on se penche sur le Code du travail du Québec. Plusieurs de ses dispositions violent en effet ce principe fondamental de liberté, et ce, à plusieurs égards. --- Michel Kelly-Gagnon

Le chiffre du jour : 68,9

L'optimisme plus marqué des petites et moyennes entreprises (PME) qui s'est manifesté à la fin de l'année dernière semble persister en ce début de l'année 2011. En janvier, l'indice du Baromètre des affaires s'est établi à 68,9, ce qui représente une légère baisse par rapport au niveau de décembre de 69,3. Par opposition, pendant la majeure partie de l'année 2010, l'indice est demeuré aux alentours de 65.

09 février, 2011

QUE FAIRE MAINTENANT ?

Louise Labrecque

Nul n’est prophète en son pays et les traditions ont la vie dure. Notre temps salue des ruptures que l’ont dit nécessaires. Or, je préfère, et de loin, saluer l’invention, la continuité des connaissances. Il y a une zone grise qui s’exprime ainsi : Sapere aude ! , soit le message célèbre des Lumières : « ose penser par toi-même !» ou « aie le courage de te servir de ton propre entendement! » De plus, Pierre Bayle a écrit sur le déracinement, ce qu’il exige de l’homme, à savoir le droit d’ « une conscience errante ». Et de là on suppose le défi irréconciliable avec une racine identitaire. Oui les Lumières appartiennent à notre tradition, parce qu’elles sont un morceau important de notre rhétorique, mais dans le même souffle elles nous disent bien de ne plus en avoir, de traditions, afin de prétendre à l’universel (la belle utopie ?) Bref, le très célèbre « écrasons l’infâme » résonne d’outre-tombe, plus fort que jamais! Cette métaphore, cette évidence, n’est cependant pas la réponse à tous les maux de l’Humanité. Aucune certitude, nous le savons, nous tous ayant vécu un peu. Et le malaise (et c’est peu dire), devant toutes ces femmes voilées accable les esprits éclairés et demande prestement où situer la frontière entre la tolérance et l’intolérance. L’idéalisme des Lumières n’est plus de son temps et si on veut parler d’intégration, il faudra parler des préjugés. En effet, si l’on veut réellement avancer (et éviter de tourner en rond), il faudra que les idées l’emportent sur les préjugés : un gros mandat ! Pour cela, la critique de la raison moderne doit rencontrer tous les désirs, tous les efforts, toutes les réalisations, dans son vouloir le plus profond : ainsi cette raison sera devenue autonome, bref savoir reconnaître le caractère humain de cette raison. En effet, à quoi bon soulever « le voile d’Isis », qui cache l’essence des choses, si l’esprit humain, donc la raison, ne s’en trouve pas affirmée, autocritique, apte à se servir de son bon sens, et cela dans les moments les plus exigeants de la conscience humaine historique ?

En somme, Tocqueville a soulevé cette posture intérieure en son temps, et il semble que l’on consulte peu (ou devrais-je dire : pas assez) ses écrits, de nos jours. En effet, quel que soit le degré d’incertitudes de la modernité au sujet d’elle-même, nous sommes actuellement à la fin d’une époque. Comme à la fin de la guerre du Vietnam, il se forme des liens étroits, mais fortement teintés d’insécurités. Partout et en tous temps ces liens sont extrêmement difficiles à défaire et mutent dans des conditions quasi-identiques : crises économiques et traditions collectives, lesquelles font preuve d’une tolérance remarquable à l’égard des rapports violents entre citoyens, même au sein de la société civile, allant jusqu’à revendiquer la liberté de parole la plus haineuse qui soit, le droit de possession aux armes, aux taux élevés d’assassinats, à la peine de mort et aux pouvoirs dont jouit la direction dans les entreprises. Bref, l’égo humain, s’il ne dépasse pas ces pulsions, ne sera jamais doté de raison et dès lors son égoïsme naturel deviendra un principe de finalité dans une mutation répétitive et débile de son assonance profonde. Plotin conseillait de s’évertuer à « sculpter sa propre statue », ce qui inspire l’homme libre, non pas à la transcendance, mais à l’élaboration d’une nouvelle représentation, un nouveau projet de construction, bref un dépassement de son égo. Collectivement, se réformer veut dire se repenser, dans un partage mondial de valeurs : c’est un réel projet de libération. Libération de l’égo, libération des pulsions les plus primaires, et ensuite un espoir persistant à essayer de concevoir l’avenir hors des fantasmes, des dogmes, des religions. En somme, savoir proposer au monde une vision de l’homme apte à nourrir une réelle vision humaniste. Si nous ne le faisons pas, nous stagnerons dans le conflit. Le conflit radical que rien ne peut apaiser, ni dissimuler, qui divise non seulement les sociétés, mais aussi les différentes cultures entre elles. Nous ne pouvons admettre d’en être là à l’ère moderne! Il faut réconcilier chaque personne humaine avec ce qu’elle porte de bon et de meilleur en elle-même. Et cela passe par la réconciliation (le Requiem) entre la foi raisonnée, soit l’athéisme, lequel englobe avec conviction la vie humaine acceptable pour tous. Pour cela, nous devons créer un nouveau paradigme, pour cela l’Islam doit se réformer, pour cela nous devons cesser de vivre sur des hypothèses usées jusqu’à la corde, et pour cela nous devons devenir humain, et non plus un troupeau d’individus, voire animalisés lorsqu’il s’agit par exemple de masse fasciste ou consumériste.

Bref, si j’écris cet article, c’est pour ouvrir un espace à la parole, un espace à l’espoir, à toutes les situations transitoires de vide où nous manquons d’air, de repères, de symboles, afin de nous aider à évoluer, à nous représenter une nouvelle position pour un projet global de civilisation. En somme, afin de se départir du réflexe stérile de Cassandre, qui n’arrive pas à avoir un mouvement de recul face à une situation donnée, ne sachant que brandir le drapeau des menaces apocalyptiques, de la barbarie, de la transcendance noire, bref de bien puérils débats qui ne susciteront, à la longue, qu'une pathétique image de prophètes de malheur. Maintenant, ce qu’il faut faire, c’est de nous engager dans un processus d’évolution par un engagement concret, très concret, des réels enjeux, car plusieurs changements sont en train de se produire et nous devrons en prendre la mesure, c’est-à-dire travailler activement à la sauvegarde de l’espace public, lieu devant être et demeurer neutre et laïc. Pour ce faire, nous devrons regarder du côté des traditions, ses conséquences et ses tabous, en même temps qu’il faudra de plus en plus pointer du doigt la responsabilité des médias.

La réflexion du jour

La Déclaration universelle des droits de l'homme reconnaît le droit d'association,  mais précise aussi que « nul ne peut être obligé de faire partie d'une association ». Au Québec, c'est précisément ce droit de non-association qui est brimé par le modèle de syndicalisation, explique M. Fortin. « Il est pour le moins inquiétant qu'un travailleur, qui n'a jamais eu l'occasion de se prononcer démocratiquement sur la création même du syndicat par le biais d'un scrutin secret, se voit forcé de payer une cotisation syndicale et d'adhérer au syndicat sous peine de perdre son emploi », poursuit-il.

Le chiffre du jour : 67 %

Par ailleurs, la Note économique rappelle que les deux tiers (67 %) des Québécois croient que l'adhésion à un syndicat ne devrait pas être obligatoire.

08 février, 2011

Père riche, père pauvre

Revue de livre par Lavender Gupta

Père riche, père pauvre

Résumé

La vie vous a offert deux magnifiques présents : votre esprit et votre temps.


Il n'en tient qu'à vous de faire ce qui vous plaît avec l'un et l'autre. Grâce à chaque billet d'un dollar qui passe par vos mains, vous seul avez le pouvoir de décider de votre destinée. Si vous dépensez cet argent bêtement, vous choisissez de vous appauvrir. Si vous l'employez à faire face à vos engagements, vous vous joignez alors à la classe moyenne. Investissez-le dans votre esprit et vous apprendrez comment acquérir des avoirs.


Chaque jour, avec chaque dollar, vous déciderez d'être riche, pauvre ou de faire partie de la classe moyenne. L'argent est une forme de pouvoir. Mais l'éducation financière est plus puissante encore. Choisissez de partager ces connaissances avec vos enfants et vous choisirez alors de les préparer pour ce monde qui les attend. Présenté en six leçons simples, l'auteur vous propose un parallèle entre la mentalité d'un père riche et celle d'un père pauvre.


Ces leçons vous aideront à vous enrichir quoi qu'il advienne dans ce monde où l'incertitude et les changements s'accentuent.
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Actifs, passifs et bebelles: l’importance de développer son intelligence financière

Cet article a été publié sur le blogue de Davender Gupta.

Je suis un maniaque de gadgets. Je les aime parce qu’ils répondent directement à mes pensées, ils sont des extensions de moi. Je me sens très à l’aise entouré de technologies.

Mais cet amour de l’électronique était aussi la cause de ma première leçon en affaires, une leçon qui m’avait coûté cher.

L’année est 1994. Je venais de prendre une retraite anticipée des Forces armées canadiennes à l’âge mûr de 31 ans, décidant de me lancer en affaires comme consultant en technologie et en m’installant dans le centre d’incubation d’entreprises technologiques à Calgary (Alberta).

Comme tout bon travailleur autonome en démarrage, j’ai monté un plan d’affaires dans lequel j’ai choisi de me créer un petit laboratoire en analyse des images, ma spécialité technologique. En 1994, cela voulait dire procurer des ordinateurs avec des modules spéciaux pour traiter les images, et aussi de l’équipement vidéo haut de gamme. J’avais de l’expérience dans le domaine, car mon travail dans le militaire était de monter un laboratoire semblable, sauf qu’alors j’avais accès à un budget d’un couple de millions de dollars et une équipe d’une trentaine de techniciens spécialistes. J’ai décidé que je pouvais m’en tirer avec un investissement d’environ 100000$ (en dollars de 1994).

J’avais une bonne mise de fonds personnelle pour me lancer en affaires, mais j’ai calculé que pour assurer mon succès, j’aurais besoin d’un fonds de roulement de 70000$ de chez mon banquier du coin, une somme qu’il m’a prêtée avec le sourire. Car j’étais convaincu qu’aussitôt mon bureau serait ouvert, les clients courraient vers moi tellement que mon offre était intéressante, et j’aurais amplement de revenus pour rembourser le prêt.

Vous pouvez probablement deviner ce qui est arrivé. J’ai eu le prêt, j’ai acheté l’équipement tout de suite, je n’ai pas eu de clients pour le service dont j’avais investi l’argent (ils venaient à moi pour d’autres choses), et l’équipement était devenu désuet et sans valeur de revente à peine 18 mois après l’avoir l’acheté. C’était le début de mes problèmes de flux de revenu qui ont duré des années.

Suite à des mésaventures dans le monde des dotcoms et l’effondrement de mon marché de clients après les attentats de 2001, j’ai déclaré une faillite personnelle pour me sortir du trou d’environ 250000$ dont je m’étais creusé. La période de la faillite était difficile pour moi, car je ne comprenais pas la cause de ma situation, jusqu’à ce que je tombe sur un livre qui a littéralement changé ma vie: « Père riche, père pauvre » de Robert Kiyosaki.

J’avais dévoré le livre dans un soir tellement que j’avais faim pour cette information. Et me suis rendu compte de trois choses:

1. Nulle part dans mon cheminement éducatif, mon développement professionnel ni dans ma formation d’entrepreneur, on ne m’avait expliqué comment fonctionnent les finances.

L’argent fait parti intégral de notre vie. Mais à aucune étape, que ce soit au primaire, au secondaire, à l’université, je n’ai eu un cours qui m’a aidé à comprendre comment fonctionnent les finances. À mon collège, j’avais à suivre un cours d’économie (macro et micro-économie). Mais ce cours n’avait aucun lien avec mon portefeuille.

J’avais même choisi de suivre un cours de soir sur la comptabilité, car j’avais à gérer des budgets. Mais encore, la logique de la chose m’échappait, car c’est la gestion de fonds du point de vue du banquier ou du bailleur de fonds. Même aujourd’hui, les cours de démarrage d’entreprise manquent à l’appel sur la question de développer l’intelligence financière.

« Père riche, père pauvre » était le premier livre qui réussissait à m’éclaircir à propos de toute cette question de comment fonctionnent les finances. Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de ressources du genre, mais les compétences en finances ne sont pas encore assez développées chez ceux qui se lancent en affaires. Le résultat, c’est qu’ont créé des générations d’entrepreneurs qui doivent découvrir par essai et erreur les principes de l’intelligence financière. C’est une éducation qui coûte cher, autant pour l’entrepreneur que toute la société.

2. La liberté financière vient de la création de systèmes qui génèrent un flux continu de revenu qui nous libère à faire ce qu’on veut avec notre temps.

Lorsqu’on est employé, on échange notre temps pour de l’argent. Lorsqu’on ne facture pas notre temps, on n’a pas d’argent. Le but d’être en affaires c’est d’investir notre temps, notre énergie et nos ressources (incluant l’argent) pour générer des flux continus de revenu (indépendant de notre temps), qui nous donnent la liberté de faire ce qu’on veut avec notre temps.

Trop d’entrepreneurs sont pris dans le cycle de survie parce qu’ils ne comprennent pas ce principe: qu’un objectif essentiel d’être en affaires c’est de bâtir des systèmes de création de revenu. Cela m’a pris une faillite personnelle pour me faire réveiller à la réalité de la chose.

3. Le fondement de l’intelligence financière se résume à trois énoncés simples:


Un actif met de l’argent dans ma poche.


Un passif sort l’argent de ma poche.


Tout le reste, ce sont des bebelles.

C’est aussi simple que ça. C’est pour cela que je loue ma demeure au lieu d’acheter, que je me suis départi de ma voiture, que je maximise les actifs et minimise les passifs et les « bebelles » pour maximiser ma qualité de vie. Chaque fois que je sors de l’argent de ma poche pour acheter quelque chose, je me pose la question « comment cette dépense créera-t-elle un retour pour rembourser cette dépense, avec intérêt? ».

Je ne veux pas dire qu’il faut interdire les dépenses sur le plaisir ou les choses, mais plutôt de réfléchir avant de dépenser, surtout en affaires, en se posant la question: « Quelle est le retour sur investissement (tangible ou intangible) sur cette dépense? »

Je suis loin d’être toujours fidèle à ces consignes. L’intelligence financière demande aussi une discipline personnelle. Mais lorsque je me rends compte que j’ai gaspillé de l’argent sur quelque chose, je n’ai qu’à mettre le blâme sur moi. L’intelligence financière c’est un actif très précieux qui vous aidera à réussir dans vos projets d’affaires, car c’est ce qui distingue la mentalité de l’employé versus celle de l’entrepreneur.

Pour plus d’informations

Le célèbre livre de Robert Kiyosaki « Père riche, père pauvre » est un incontournable.

Sauf je recommande de ne pas suivre ses recommandations spécifiques d’investissements (la situation a changé depuis qu’il a écrit le livre, aussi ça se passe aux États-Unis). Examinez plutôt le fil conducteur derrière sa façon de penser.

—–

Davender Gupta est un coach en leadership et il est passionné par le succès. Natif des États-Unis, il est établi à Québec depuis 2005. Il est un membre actif de la communauté des affaires et impliqué dans plusieurs organisations régionale, nationale et internationale.

La réflexion du jour

....... vous conviendrez que développer l’économie du Québec, c’est une tâche herculéenne qui exige une patience angélique et un courage indomptable.


Il faut quasiment être masochiste parce qu’au Québec tout promoteur d’un quelconque projet économique doit s’attendre à être abreuvé d’injures et à être traité comme un immonde agresseur de Mère-Nature par toute la confrérie de chamans verdoyants. --- Jacques Brassard

Le chiffre du jour : 60 %

Plus de quatre cadres supérieurs sur dix (46 %), dans le monde entier, estiment que la dette extérieure de leur pays croît à un niveau insoutenable, selon un sondage réalisé auprès de 461 cadres d'entreprises et de sociétés financières du monde entier. Plus de 60 % des répondants des États-Unis et du Royaume-Uni sont de cet avis. En Europe, les répondants du Royaume-Uni et des pays voisins de la zone euro, tels le Portugal, l'Irlande, l'Italie, la Grèce et l'Espagne, comptent parmi les plus pessimistes en ce qui a trait à la dette extérieure de leur pays. À l'inverse, les répondants canadiens font partie des plus optimistes.

07 février, 2011

Against intellectual monopoly

Revue de livre par minarchiste

Against intellectual monopoly”, Michele Boldrin & David K. Levine, Cambridge University Press, juillet 2008, 309 pages.

Disponible gratuitement en pdf (que j’ai lu convivialement grâce à mon nouveau Kindle!).

L’ouvrage débute en relatant l’histoire de l’invention du moteur à vapeur par James Watt vers la fin du 18e siècle, laquelle a joué un rôle primordial dans la révolution industrielle qui a suivi. Watt a obtenu son brevet en 1968, mais en 1975, son brevet a été prolongé jusqu’en 1800, grâce à l’influence politique de son partenaire d’affaires, le riche industrialiste Matthew Boulton.

Premier fait à noter, Watt n’est pas parti de rien pour en arriver à son invention; il s’est basé sur un moteur existant : le Newcomen. Son innovation a consisté à ce que l’expansion et la condensation de la vapeur se produisent dans des compartiments séparés. Si le Newcomen avait été sous brevet, Watt n’aurait pas pu mettre de l’avant son innovation.

Deuxième fait à noter, l’efficience des moteurs à vapeur n’a pas changé durant le règne du brevet de Watts alors qu’une fois le brevet expiré, entre 1810 et 1835, l’efficience a été multipliée par cinq grâce à diverses innovations apportées par des compétiteurs. En fait, Watts et Boulton ne produisaient pas vraiment de moteurs; leur activité principale consistait à mener des batailles légales contre leurs compétiteurs pour obtenir des royautés et des dédommagements. Ces actions ont limité l’innovation, notamment celle de Hornblower, que Watts et Boulton ont défait en cour dans les années 1790s.

Troisième fait à noter, l’expiration du brevet de Watt ne l’a pas mis en faillite, au contraire, les affaires se sont mises à s’épanouir. Watt et Boulton ont continué d’augmenter leurs prix et leurs volumes de production, bénéficiant d’une certaine notoriété attribuable au fait qu’ils furent les premiers sur le marché.

En somme, non seulement la possibilité d’obtenir un brevet n’a pas accéléré le développement du moteur à vapeur, elle l’a en fait grandement ralenti, tout comme son adoption. Et ce cas est la règle plutôt que l’exception. Notez que l’histoire des frères Wright, ayant breveté l’avion, n’est pas tellement différente de celles de Watt puisque ceux-ci ont aussi apporté une amélioration marginale à un produit existant et l’ont ensuite breveté pour s’approprier une rente monopolistique. Ils ont par le fait même grandement nuit au développement de l’industrie américaine de l’aviation. En fait, l’inventeur Glenn Curtiss avait parallèlement son propre avion, dont le système de contrôle était supérieur, mais Curtiss n’a pas été aussi efficace que les frères Wright à ériger une barrière légale autour de son invention. D’ailleurs, après s’être approprié son système de contrôle par élévateurs et ailerons (encore utilisé aujourd’hui), les Wright ont poursuivi Curtiss en cour pour protéger leur brevet, avec succès. Selon l’auteur Seth Shulman, Glenn Curtis a davantage contribué au développement de l’avion que les frères Wright et c’est son modèle qui a inspiré les avions modernes.

L’innovation dans l’industrie du logiciel, qui avant 1981 n’était pas protégée par les brevets, a grandement bénéficié de cette liberté. Selon Bill Gates : “If people had understood how patents would be granted when most of today’s ideas were invented, and had taken out patents, the industry would be at a complete standstill today.” La raison est que les nouveaux logiciels innovateurs sont élaborés, en tout ou en partie, à partir de logiciels existants.

Est-ce que l’innovation cesserait si les logiciels ne pouvaient plus être brevetés? L’environnement Linux a été développé en “open source”, sans protection de la propriété intellectuelle. Linus Torvalds est tout de même un millionnaire. C’est sur la plateforme Linux que Google opère, l’une des entreprises les plus innovatrices des dernières années. Google est d’ailleurs une entreprise extrêmement profitable malgré le fait que la plupart de ses services, applications et logiciels soient distribués gratuitement. L’entreprise Red Hat vend une version modifiée du système Linux et distribue gratuitement son code source. Pourtant, cette entreprise survit et est profitable parce que les consommateurs sont prêts à payer une prime pour le logiciel de Red Hat, qui bénéficie d’une certaine notoriété. Red Hat vend son logiciel $59.95 alors que ses concurrents Hcidesign and Linuxemporium le vendent à $16.00. Dans l’Union Européenne, les bases de données sont protégées par des brevets alors que ce n’est pas le cas aux États-Unis. Il se trouve que le taux de création de bases de données est significativement plus élevé aux États-Unis qu’en Union Européenne.

L’ampleur du système de brevet ne cesse d’augmenter au fur et à mesure que de grandes entreprises cessent d’innover et désire se protéger des nouveaux concurrents plus dynamiques et innovateurs en transformant leurs profits en rentes monopolistiques. En plus de nuire à l’innovation, les brevets ne créent certainement pas d’emplois, sauf peut-être dans l’industrie du droit, car ce sont les avocats qui s’enrichissent le plus lorsque les monopolistes mènent d’épiques batailles légales contre les innovateurs. Le cas Polaroid versus Kodak dans les années 1980s est un bon exemple. Polaroid a reçu un dédommagement de $909 millions de Kodak, un record à l’époque, et cette dernière a instantanément délaissé le marché des caméras instantanées. Combien d’emplois furent créés suite à ce procès? Quelles innovations sont apparues grâce à ce procès?

L’une des stratégies d’enrichissements permise par le bureau des brevets consiste à utiliser des stratagèmes pour retarder autant que possible l’approbation finale du brevet (le brevet sous-marin). Par exemple, l’américain George Selden, un avocat et inventeur, a soumis son brevet pour l’automobile en 1879, mais il a ensuite soumis une série d’amendement qui ont eu pour effet de retarder l’approbation du brevet de 16 ans, jusqu’en 1895. Pendant ce temps, l’industrie de l’automobile s’est développée et améliorée d’elle-même. Une fois son brevet approuvé, Selden a pu bénéficier de ces innovations par l’entremise d’une redevance de 1.25% sur toutes les ventes d’automobiles aux États-Unis. Son brevet a été acheté en 1899 par un syndicat (l’Association of Licensed Automobile Manufacturers), qui l’a utilisé pour former un cartel restreignant l’accès au marché.

Plus récemment, Jerome Lemelson s’est certainement révélé être le plus grand spécialiste de tous les temps concernant la stratégie des brevets sous-marins. Il a détenu plus de 600 brevets lui conférant des revenus de plusieurs milliards de dollars. C’était davantage un « breveteur » qu’un véritable inventeur et il a utilisé ce talent pour soutirer des rentes d’un bon nombre d’entreprises.

Boldrin et Levine ont rassemblé une impressionnante revue de littérature académique visant à établir si l’introduction ou le l’augmentation de la protection des brevets permettait d’augmenter l’innovation. Ils ont trouvé 23 études couvrant les pays industrialisés depuis la Seconde Guerre Mondiale. Aucune d’elles ne représente une preuve solide prouvant que les brevets favorisent l’innovation.

En Allemagne et dans plusieurs pays européens (Italie et Suisse), les produits chimiques ne pouvaient jadis (avant 1980) pas être brevetés. Pour cette raison, les producteurs Allemands de produits chimiques devaient sans cesse innover pour demeurer compétitifs et maintenir une grande productivité, ce qui leur donna un net avantage sur les Britanniques et les Américains. C’est pour cette raison que l’Allemagne, la Suisse et l’Italie ont été des leaders mondiaux dans le développement de produits chimiques et pharmaceutiques entre 1850 et 1980.

Selon Peter Ringrose, scientifique en chef de la pharmaceutique Bristol Myers Squib, il existe environ 50 protéines potentiellement impliquées dans le cancer que la compagnie s’abstenait d’étudier parce que celles-ci sont brevetées. Encore une fois, cette situation est la règle plutôt que l’exception. Pour cette raison, les brevets nuisent grandement au développement de médicaments. Pourtant, les grandes pharmaceutiques affirment qu’elles ont besoin des rentes monopolistiques que leur procurent leurs brevets pour couvrir les immenses frais de R&D nécessaires à développer un nouveau médicament. Une étude réalisée par des économistes de l’Université de Chicago en 1995 a démontré que des $25 milliards dépensés annuellement en recherche biomédicale à l’époque, environ $11.5 milliards était financé par le gouvernement fédéral, plus un crédit d’impôt de 20% équivalent à $2 milliards et $3.6 milliards provenant des universités et fondations. La majorité des R&D n’est donc pas financée par les compagnies pharmaceutiques. En revanche, les compagnies pharmaceutiques dépenses d’immenses sommes en frais légaux pour ériger et défendre leurs brevets.

En 2006, le British Medical Journal a demandé à ses lecteurs de nommer les découvertes médicales et pharmaceutiques les plus fondamentales pour l’humanité. Voici le top 15 des réponses (ne pas tenir compte de l’ordre) :

Pénicilline, rayons-X, culture des tissus, éther, chlorpromazine, systèmes sanitaires publiques, théorie des germes, médecine basée sur les preuves, vaccins, pilule, ordinateur, thérapie de réhydratation orale, structure de l’ADN, technologie de monoclonage d’anticorps, risque associé au tabagisme.

Dans cette liste, seulement deux ont été soit brevetés ou développés durant un projet de recherche motivé par l’intention d’obtenir un brevet : le chlorpromazine et la pilule. D’ailleurs, le “cocktail” utilisé pour traiter le VIH n’a pas été inventé par une grande pharma, mais bien par un chercheur universitaire (Dr. David Ho).

D’autre part, en 1999-2000, le US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) a compilé une liste des 10 plus grands accomplissements de la médecine aux États-Unis durant le 20e siècle. Des 10 découvertes de cette liste, aucune n’a été brevetée. Selon une liste compilée par Chemical and Engineering News Magazine, seulement 20 des 46 médicaments les plus vendus au monde ont eu quelque chose à voir avec un brevet.

En somme, Against Intellectual Monopoly est un livre très intéressant à lire et qui combine des arguments légaux à de solides preuves empiriques dans un langage divertissant et pas trop lourd. Cet ouvrage complète très bien les écrits de Stephen Kinsella et de Murray Rothbard à l’égard des fondements philosophiques de l’opposition à la propriété intellectuelle. Il arrive d’ailleurs à point, dans un monde où la protection coercitive de la propriété intellectuelle n’a jamais été aussi imposante et continue de prendre de l’expansion. Boldrin et Levine démontre bien qu’au final, ce sont les pauvres gens qui se font extirper des rentes et subissent les conséquences d’une économique moins dynamique, au profit de grosses corporations voulant s’assurer des rentes monopolistiques.

Note : je publierai bientôt une synthèse de tous mes articles sur la propriété intellectuelle qui me permettra de regrouper mes arguments en un tout plus cohérent. À suivre…

La réflexion du jour

Quelles sont les causes profondes (NDLR: de l'immobilisme)? Peut-on modéliser le phénomène et déjà indiquer aux décideurs le risque qu'ils prennent en investissant au Québec dans le secteur énergétique? L'idée d'appliquer une méthode probabiliste m'est venue de la déclaration des représentants de Talisman et Questerre. Exaspérés par la tournure des événements, ils s'en sont pris aux médias en décrivant «les cinq C du journalisme: confusion, controverse, conflit, chaos et ils ne savent pas compter!» Ils ont oublié un sixième C: le contre. --- Gaëtan Lafrance, professeur honoraire INRS-EMT et auteur de «Quel avenir pour la recherche?» (2009) et «Vivre après le pétrole, mission impossible?» (2007), aux Éditions Multimondes.

Le chiffre du jour : 85 %

Le Devoir a publié plus d'un article par deux jours sur les schistes, dont un très grand nombre à la une. C'est beaucoup. Plus de 85% de ces articles avaient un titre négatif pour la filière. Les écologistes ont occupé un espace démesuré.

06 février, 2011

Caricatures : semaine du 30 janvier 2011

La réflexion du jour

Le contexte médiatique actuel concernant les résidences pour aînés est nourri par une couverture sensationnelle souvent exagérée. Ce traitement crée une fausse ambiance de crise dans le secteur de l'hébergement de personnes âgées. Certains journalistes laissent croire à travers leurs articles que les personnes âgées qui y sont accueillies sont carrément en danger. Cette fausse image cause à tort une insécurité généralisée, tant chez les personnes âgées que chez leurs proches. Nous déplorons les attaques de part et d'autre infligées à l'ensemble des résidences privées au Québec, sans égard trop souvent à la réalité. Nuance et rigueur sont de mise!--- Yves Desjardins, président-directeur général, Regroupement québécois des résidences pour ainés (RQRA)

Le chiffre du jour : 23 000 $ contre 47 500 $

Rappelons que l'hébergement des ainés dans des résidences privées constitue autant un choix collectif qu'individuel. Collectivement, nous avons fait le choix de cesser la construction de CHSLD publics, l'État ne pouvant plus assumer ce lourd tribut, alors que le réseau privé est en mesure d'offrir le même service à des coûts beaucoup moins importants pour les contribuables. Par exemple, une personne reçue dans un centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) public coûte en moyenne 47 500 $ par an au gouvernement, comparativement à une moyenne de 23 000 $ en ressource intermédiaire.

05 février, 2011

Connaître la suite

Une nouvelle émission radio dédié à la promotion des libertés individuelles et à la dénonciation du gouvernement providence.
Émission du 4 février 2011
Cette première infolettre à pour but de vous informer que la baladodiffusion de la toute première émission diffusée le 4 février est maintenant disponible au http://connaitrelasuite.podomatic.com, d’ailleurs, voici les sujets traités lors de cette émission; « Les prix Glouton » avec Claire Joly; « Le Mythe Scandinave ou comment un système politique peut plaire autant à Léopaul Lauzon qu'à Nathalie Elgrably? » avec Jonathan Gagnon; « La droite 101 » avec Frédérick Têtu.

Bonne écoute!

La réflexion du jour

La cupidité étatique oblige les policiers à faire de la perception fiscale. Le plus ironique, c'est que la même cupidité force les percepteurs fiscaux à se comporter comme des policiers. Et on dira que l'état déplorable des finances publiques est sans conséquence ? Nathalie Elgrably-Lévy

Le chiffre du jour : 165 M$

Le président du syndicat des policiers de Montréal, Yves Francoeur, a d'ailleurs reconnu que l'émission de contraventions occupe une "part importante " du travail du policier. Cette politique a évidemment permis de garnir les coffres de la Ville de Montréal. À titre comparatif, la valeur financière des contraventions émises en 2004 était de 40 M$, alors qu'elle atteint un sommet historique de 165 M$, en 2010 !

04 février, 2011

La réflexion du jour

Le prochain budget ne devrait pas comporter de réduction importante des transferts fédéraux. Mais, si Harper est majoritaire, celui de 2012 risque d’être moins généreux. Ça fait longtemps qu’à Ottawa on rêve de faire souffrir le Québec. On en parlait déjà quand j’y étais, il y a vingt ans…


Harper, majoritaire, ne se gênera pas; ce sera sa petite vengeance sur Duceppe. Le Québec, lui, devra assumer les pertes, creuser son déficit ou taxer davantage des contribuables déjà fouillés à nu par le fisc.--- Michel Hébert

Le chiffre du jour : 23 %

Les transferts fédéraux représentent cette année (2010-2011) égale 23% des revenus du gouvernement, soit environ 15,3 milliards. Les revenus «autonomes» du Québec totalisent 50,1 milliards.

03 février, 2011

The Evil Princes of Martin Place de Chris Leithner

Revue de livre par André Dorais
The Evil Princes of Martin Place de Chris Leithner

Chris Leithner est un investisseur professionnel en valeurs mobilières. D'origine canadienne, il vit en Australie depuis plusieurs années. Il collabore à l'occasion au Québécois Libre depuis plusieurs années.


Son travail consiste à chercher les entreprises sous-évaluées pour y investir à la fois ses propres fonds et ceux qui lui sont confiés par les actionnaires de sa compagnie, fondée en 1999 à Brisbane, en Australie. Pour identifier ces entreprises, il s'appuie sur les critères préconisés par deux maîtres de l'investissement, soit feu Benjamin Graham et Warren Buffett. Son approche se distingue de la leur, cependant, dans la mesure où il se préoccupe des interventions gouvernementales, notamment monétaires, dans l'économie. À en juger par les rendements qu'il a obtenus jusqu'à présent, cette façon d'investir lui porte fruit (voir ici les tableaux des pages 6 - note 5 - et 18).

Leithner s'y connaît également en économie et en histoire de l'économie. Son dernier livre, The Evil Princes of Martin Place, en constitue la preuve. Martin Place est le haut lieu de la finance en Australie. On y trouve notamment la banque centrale et les sièges sociaux des plus grandes banques du pays. Ce livre de quelque 350 pages n'aborde toutefois les questions financières locales que sur deux chapitres, sur un total de seize. Et encore, les critiques émises par l'auteur envers quelques acteurs locaux pourraient aussi bien être adressées aux autorités européennes et américaines tellement celles-ci préconisent les mêmes remèdes pour sortir de la crise. Ces chapitres se trouvent à la fin du livre, car ils proposent une façon d'investir à partir des connaissances historiques et économiques établies lors des chapitres précédents.

Bien que le but premier du livre soit d'expliquer la dernière crise économique mondiale, on peut le considérer comme un abrégé de l'histoire monétaire des 100 dernières années tellement Leithner se sert de celle-ci pour expliquer celle-là. Par ce recours à l'histoire, l'auteur démontre qu'une bonne compréhension de la dernière crise permet également d'expliquer les crises qui l'ont précédée. Autrement dit, la responsabilité de ces crises n'est pas attribuable uniquement à quelques individus, comme on tente souvent de le faire croire, elle est systémique. Une large part de cette histoire fascinante est consacrée à la théorie monétaire. Considérant que la politique monétaire est contrôlée par l'État et que la finance en est tributaire, il s'agit d'un choix judicieux.

L'état de l'économie dépend des choix politiques. Plus les interventions gouvernementales dans l'économie sont nombreuses et importantes, plus sérieuses sont les crises. Pour Leithner, la politisation de l'économie est particulièrement marquée dans les sociétés démocratiques. En effet, les gouvernements démocratiques se sont emparés peu à peu depuis le 18e siècle des libertés liées à la monnaie: liberté de la choisir, de l'émettre, de la certifier, etc. Aujourd'hui, plus rien ne reste de ces libertés, car ces fonctions sont monopolisées par l'État.

Comme tous les monopoles, celui de la monnaie impose ses diktats. Les banques sont encouragées à maintenir dans leurs coffres uniquement une partie de l'argent des déposants, et à prêter et à investir le reste. À cause de cette politique, connue sous le nom de «réserves fractionnaires», les banques sont toujours en manque de liquidité. C'est la principale raison qui explique que lorsqu'une d'entre elles est mise à mal, les gouvernements se précipitent pour lui venir en aide dans le but d'éviter que soit dévoilée au grand jour cette fraude légalisée qui, si elle était reconnue comme telle, conduirait la plupart des banques à la faillite.

Comme le souligne l'auteur, un manque de liquidité est à différencier de l'insolvabilité. Il y a insolvabilité lorsqu'une firme consomme plus de ressources qu'elle en produit, alors qu'il y a manque de liquidité lorsque les sorties d'argent dépassent les entrées d'argent à un moment inopportun. Par exemple, une entreprise peut être riche en actif et faible en dette, mais si elle ne peut respecter ses contrats, c'est-à-dire si elle ne peut pas payer ses créditeurs et fournisseurs au temps convenu, alors elle est conduite à la faillite. Ce n'est pas le cas des banques, du moins des plus grosses d'entre elles.

Les banques manquent constamment de liquidités, mais elles sont rarement en faillites, car les gouvernements viennent à leur rescousse notamment par l'entremise de leur monopole sur la monnaie. Il y a donc injustice dans le fait de traiter le secteur bancaire différemment des autres secteurs d'activité. Cette injustice se double d'une inefficacité à produire de la richesse pour l'ensemble des consommateurs.

Suivant ce constat, les solutions aux crises économiques sont évidentes: on doit abolir le monopole d'État sur la monnaie et exiger, sous peine d'amende, que les réserves des banques soient entières plutôt que fractionnaires. En d'autres mots, on doit exiger qu'elles soient liquides en tout temps. Cela implique en revanche de distinguer plus nettement le dépôt du prêt et de rétablir les libertés de choisir et d'émettre sa propre monnaie. Si cela devait arriver, il y a fort à parier que l'or et l'argent métallique seront de nouveau rétablis comme monnaies principales.

The Evil Princes of Martin Place s'adresse à tous malgré ces nombreux tableaux remplis de ratios financiers. Les économistes y trouveront une riche source d'information mais aussi, à n'en pas douter, également de frustrations, car plusieurs des principales idées reçues de leur science sont constamment remises en question. À lire et à étudier!

La réflexion du jour

En fait, comme le révèle le tableau ci-contre, les jeunes Québécois ne souffrent pas principalement d'un problème d'accès aux études universitaires, mais bien plutôt d'un problème de persévérance jusqu'au diplôme. --- Pierre Fortin

Le chiffre du jour : 19 %

Au total, étudier est très payant. Même s'il a entrepris sa carrière cinq ans plus tard, le diplômé universitaire gagnera, dans l'ensemble de sa vie active, un million de dollars (750 000 dollars après impôt) de plus que le diplômé du secon­daire. Tout compte fait, le diplômé universitaire obtient un taux de rendement annuel de 19 % (16 % après impôt) pour l'investissement qu'il a fait dans ses études. Compte tenu des taux d'intérêt actuels sur les marchés (moins de 4 %), on conviendra qu'il s'agit d'un rendement exceptionnel.

02 février, 2011

Subventions : les perles du 22 au 28 janvier 2011

Chaque semaine, le blogue de Mathieu Turbide et de Serge Laplante, Où vont vos impôts, publie la liste des subventions annoncées par le gouvernement.

Invariablement, cette liste contient des perles qui démontrent bien la culture de « gaspillage » qui prévaut chez nos élites politiques.

La parade des subventions continue de plus bel, mais les réductions de dépenses promises par le ministre Bachand ne sont toujours pas au rendez-vous.

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  • Le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles et la Conférence régionale des élus de la Côte-Nord ont signé une première Entente spécifique de régionalisation de l’immigration. D’une durée de deux ans, l’Entente de 290 000 $ donnera un nouvel élan aux partenariats régionaux et locaux déjà existants.

  • Une subvention de 45 000 $ est accordée à une entreprise de La Vallée-de-la-Gatineau, Portes Excelor, qui se spécialise dans la fabrication de portes d’armoires pour les cuisinistes de l’Abitibi-Témiscamingue, des Laurentides, de l’Outaouais et de la région d’Ottawa.

  • Une subvention totalisant 363 305 $, accordée pour une durée de trois ans, est versée au Conseil du loisir scientifique (CLS) de la Mauricie, Centre-du-Québec, afin de lui permettre de poursuivre la promotion de la science par diverses activités au profit de la population de sa région, plus particulièrement auprès des jeunes, et ce, notamment à l’occasion des Expo-sciences régionales.

  • Le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation consent une garantie de prêt de 1,25 M$ à l’entreprise Services environnementaux Richelieu (SER) pour l’implantation d’un centre de tri et de transfert de matières résiduelles à Belœil.

  • Une contribution financière de 70 000 $ est versée au Centre d’interprétation des biosciences Armand-Frappier pour la réalisation du projet « La chimie au cœur de la vie », dans le cadre du programme NovaScience.

  • Une subvention de 352 235 $, d’une durée de trois ans, est accordée au Conseil du loisir scientifique (CLS) de l’Outaouais afin qu’il poursuive la promotion de la science par diverses activités au profit de la population de sa région, plus particulièrement auprès des jeunes, et ce, notamment à l’occasion des Expo-sciences régionales.

  • Le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles et la Conférence régionale des élus du Bas-Saint-Laurent ont annoncé le renouvellement de l’Entente spécifique de régionalisation de l’immigration dans la région du Bas-Saint-Laurent. L’entente représente un investissement de 575 000 $ réparti sur deux ans.

  • Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune attribue une aide financière de 127 000 $ à l’Association forestière de la Vallée du Saint-Maurice afin de soutenir la promotion de la culture forestière.

  • Un soutien financier non remboursable totalisant 375 738 $ est versé à l’Association des producteurs de tourbe horticole du Québec (APTHQ) pour la réalisation de deux projets visant à développer le créneau d’excellence Valorisation de la tourbe et des technologies agroenvironnementales du Bas-Saint¬Laurent.

  • L’entreprise Nova Grain reçoit une subvention de 492 000 $ pour la construction d’une desserte ferroviaire et d’infrastructures de réception et d’expédition ferroviaires à Saint-Jean-sur-Richelieu.

  • Québec accorde un soutien financier triennal de 3 256 000 $ au Centre de liaison sur l’intervention et la prévention psychosociales (CLIPP) afin d’appuyer la réalisation des activités de veille, de liaison et de transfert de connaissances de l’organisme.

  • Une subvention de 25 000 $ est octroyée à l’entreprise Belle à Croquer pour la production et la mise en marché de fleurs comestibles et de savons artisanaux.

  • Québec verse 25 000 $ pour la 7e édition du Pentathlon des neiges qui se tiendra à Québec, sur les plaines d’Abraham, du 29 janvier au 27 février 2011.

  • Le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, était bien fier d’annoncer une contribution gouvernementale de 880 000 $ pour le Carnaval de Québec.

La réflexion du jour

C’est un changement culturel dont nous avons besoin au gouvernement. Une révision en profondeur des façons de faire. Peut-on avoir un État plus efficace? Moins gros, certes. Mais surtout, plus efficace? Ça va faire siller les oreilles de certains, mais je le dis quand même : peut-on avoir un État qui fonctionne comme une entreprise? Avec une culture entrepreneuriale et, surtout, une reddition de compte? --- David Descôteaux

Le chiffre du jour : 812 M$

Quelqu’un, quelque part, dort au gaz. Pendant qu’on nous impose de nouvelles taxes, on apprend qu’un chèque de 812 millions $ au nom du Québec traîne sur une tablette à Ottawa.


Enfin, façon de parler. Cet argent devait servir à payer le prolongement de l’autoroute 30, et la réfection de la route 175, qui relie Québec au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L’annonce a été faite il y a plus de deux ans. Mais la paperasse — et dieu sait qu’il y en a — n’est même pas signée. Fonctionnaires et politiciens se renvoient la balle

01 février, 2011

Si on faisait confiance aux entrepreneurs?

La méfiance des Français envers l’entreprise privée, l'économie de marché, le profit, la concurrence, est légendaire.

Xavier Fontanet, homme d’affaires bien connu en France, s’est donné pour mission de valoriser l’entrepreneuriat et les valeurs du libre marché auprès des Français. Selon Xavier Fontanet, la majorité des Français ont la fâcheuse tendance de tout attendre de l’État.

Espérons que son livre sera lu par beaucoup de Québécois, car comme eux, la majorité des Québécois souffrent d’une dépendance maladive envers le gouvernement.

Luc Évrard d’Europe1 a interviewé Xavier Fontanet et Damien Theillier a publié une revue de son livre : Si on faisait confiance aux entrepreneurs ?
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Interview de Luc Évrard :

Les grandes entreprises ont mauvaise presse. La mondialisation est chargée de tous les maux. Le capitalisme voué aux gémonies. Mais le comportement irresponsable de certains acteurs économiques ne doit faire oublier ceux qui – et ils sont nombreux – trouvent un épanouissement personnel authentique dans ce cadre, en nouant autour d'eux de solides relations de confiance.


C’est de cette expérience partagée par beaucoup, mais souvent passée sous silence que Xavier Fontanet entend nous parler dans ce livre. Ses années vécues dans le monde de la concurrence économique l’ont conduit à sillonner la planète et à découvrir bien des cultures différentes de la nôtre. Avec dynamisme et conviction, il retrace cette aventure qui n’est pas que de chiffres, tout en décrivant de manière limpide l’univers méconnu des multinationales. Être passionné par son entreprise et être passionné par l’humain n’est pas si antithétique qu’on voudrait bien le croire.

"Les patrons n'ont pas assez communiqué"
envoyé par Europe1fr. - L'info video en direct.

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Revue de livre par Damien Theillier :
Si on faisait confiance aux entrepreneurs ?  

La méfiance des français ne se borne malheureusement pas à l’entreprise, elle s’étend à l’économie de marché tout entière laquelle leur a été présentée de façon complètement déformée. L'économie de marché, le profit, la concurrence sont toujours mal vus par la majorité de nos concitoyens qui ont tendance à tout attendre de l’Etat. De ce fait, il est toujours aussi difficile aux entrepreneurs d'expliquer en quoi la bonne marche des entreprises est un bienfait pour chacun de nous. Xavier Fontanet s’est donné comme mission d’expliquer la réalité de cette économie de marché.– Le 26 janvier 2011. Dans le numéro de Challenges du 9 au 15 décembre 2010, un article était consacré au classement 2010 des patrons performants. Xavier Fontanet figurait à la première place de ce classement réalisé selon des critères de croissance des sociétés, de rentabilité et de parcours boursier. Xavier Fontanet, 62 ans, est président d’Essilor, leader mondial de l’optique ophtalmique. Depuis peu, il s’est donné une nouvelle mission : réconcilier les Français avec l’entreprise et l’économie de marché ! Il n’hésite plus à prendre le contre-pied d’une presse grand public, qui diffuse la haine du patronat, du capital et de la propriété. Il multiplie désormais les conférences et a publié en octobre dernier un livre aux éditions des Belles Lettres, intitulé Si on faisait confiance aux entrepreneurs. L’entreprise française et la mondialisation (Manitoba/ Les Belles Lettres, 2010, 247 p. Avec la collaboration de Laurent Acharian).

Publié en pleine crise financière, le livre de Xavier Fontanet rompt avec le pessimisme ambiant et se propose de redonner aux Français le goût de l’entreprenariat. La méfiance des français ne se borne malheureusement pas à l’entreprise, elle s’étend à l’économie de marché tout entière laquelle leur a été présentée de façon complètement déformée. L'économie de marché, le profit, la concurrence sont toujours mal vus par la majorité de nos concitoyens qui ont tendance à tout attendre de l’Etat. De ce fait, il est toujours aussi difficile aux entrepreneurs d'expliquer en quoi la bonne marche des entreprises est un bienfait pour chacun de nous. Xavier Fontanet s’est donné comme mission d’expliquer la réalité de cette économie de marché.

L’économie de marché

Pour commencer, Xavier Fontanet n’a pas peur de l’affirmer, le choix de l’économie de marché n'est pas neutre. C’est un choix philosophique : choisir de vivre dans un monde fondé sur la liberté et l'initiative et accepter de ne pas vivre dans un cocon, mais en interdépendance. C'est aussi avoir l'humilité de se soumettre à la concurrence, expression même de la liberté en économie et plus sûr garant de l'égalité. Au siècle des Lumières, les Français en ont été les inspirateurs de l'idée d'une société fondée sur la Liberté. Le monde entier nous le reconnaît. Et le grand mérite de ce livre c’est qu’il puise sa substance, non seulement dans l’expérience vécue du business international, mais aussi chez de grands auteurs comme Frédéric Bastiat ou Friedrich Hayek (on y trouvera deux textes de Bastiat en annexe et un chapitre sur la catallaxie). De fait, leurs analyses se rejoignent pour affirmer que le marché repose 1° sur l’échange et la coopération et 2° sur la confiance et la responsabilité.

1° La base du marché, ce n’est pas la production (comme Marx et les anglo-saxons ont tenté de l’expliquer), mais l’échange, et l’échange de services ! L’échange, c’est d’abord la rencontre de deux libertés. Chacun exerce son jugement et trouve son avantage à la transaction. Ainsi les intérêts du vendeur et de l’acheteur convergent dans une relation d’intérêt général.

2° L’échange est aussi le moment ou s’exerce une confiance réciproque. Cela va plus loin, notamment en termes de management : la confiance permet la créativité et il n’y a pas de performance sans une estime des autres comme de soi-même. De même, la réussite nourrit la confiance, créant ainsi un cercle vertueux. Mais la confiance ne se décrète pas, elle repose sur un savoir-faire organisationnel. Le livre de Xavier Fontanet est aussi un petit manuel du bon manager.

La quête de sens

Une entreprise qui a réussi à croitre et à devenir profitable, c’est une entreprise qui a d’abord su donner du sens à son activité.

Xavier Fontanet raconte l'histoire des casseurs de cailloux. Elle se passe au Moyen Âge pendant la construction de la cathédrale de Chartres. Il est demandé à des ouvriers ce qu'ils font. Ils donnent trois types de réponse :

- « Je casse des cailloux », dit le premier.

- « Je taille des pierres », dit le deuxième.

- « Je construis la cathédrale », explique le troisième.

Dans le premier cas, l'ouvrier est automate ; dans le deuxième, il devient artiste ; dans le troisième, c'est un artiste qui participe à une œuvre qui le dépasse. Son histoire s'inscrit dans l'histoire, il passe à la postérité.

La quête de sens figure au cœur des préoccupations des nouvelles générations. Cependant beaucoup d'employeurs font probablement un contresens sur cette demande que les DRH entendent de plus en plus. Les nouvelles générations veulent se sentir en effet utiles, au service d'autrui, mais leur demande est plus fondamentale selon Xavier Fontanet : le sens ne doit pas se situer seulement en dehors du travail, il doit être au cœur de chaque fonction.

Damien Theillier est professeur de philosophie.