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14 mars, 2018

Le protectionnisme de l’État appauvrit les consommateurs

Mieux comprendre comment le protectionnisme favorise des groupes au détriment des intérêts des individus : l’exemple de Donald Trump et des machines à laver.

Par Bill Bonner.
Les taxes douanières pèsent sur les individus et ne rendent pas le commerce plus équitable. Elles ne font qu’avantager de petits groupes d’intérêt.
Cette semaine, le président américain a fait un état des lieux. Il n’a pas mentionné le fait que les États-Unis sont en train de faire faillite. Ou que la hausse des taux d’intérêt menace le système d’argent factice. Ou que les baisses d’impôts, en plus des dépenses pour la défense, les infrastructures et l’aide sociale, provoqueront à coup sûr une catastrophe budgétaire. Ou que ses politiques commerciales protectionnistes feront augmenter les prix à la consommation, grimper plus encore les taux d’intérêt et diminuer la production.

LE PROTECTIONNISME APPAUVRIT LES CONSOMMATEURS

Nous avons donc l’embarras du choix – mais aujourd’hui, examinons de plus près les restrictions commerciales.
« Les actions du président font à nouveau ressortir clairement que l’administration Trump défendra toujours les travailleurs, agriculteurs, éleveurs et entrepreneurs américains », a déclaré le représentant au Commerce Robert Lighthizer la semaine dernière.
« Les guerres commerciales sont menées au quotidien », a ajouté le secrétaire au Commerce Wilbur Ross à Davos.
Lighthizer faisait allusion à une manoeuvre hardie de la part du président américain : imposer des taxes douanières et des frais d’importation sur les machines à laver, réfrigérateurs et panneaux solaires fabriqués à l’étranger.
Si on les laisse faire, les acheteurs et les vendeurs ne sont jamais en guerre. Ils coopèrent plutôt à des accords gagnant-gagnant.
L’un comme l’autre s’attend à sortir gagnant… sans quoi l’accord ne se ferait pas. Et puisque c’est généralement le cas, l’économie en sort gagnante aussi.
Le boulanger fait du meilleur pain que le plombier. Les branchements du plombier ont moins de fuites. En échangeant l’un avec l’autre, ils terminent tous deux plus riches que s’ils n’avaient rien fait.
Restreindre le commerce avec des tarifs et des réglementations, en revanche, produit des gagnants et des perdants… et appauvrit la société.

GAGNANTS ET PERDANTS FACILES À TRIER

En ce qui concerne les dernières barrières commerciales à ce jour, elles ont en tout cas fait au moins un gagnant évident : le fabricant d’électroménager Whirlpool… dont les lobbyistes avaient poussé le président à agir. Et dont le cours de l’action a grimpé de 3% immédiatement après l’annonce de M. Lighthizer.
Il y a aussi les fabricants de panneaux solaires Sunrun et First Solar, et leurs lobbyistes, qui profitent du fardeau supplémentaire imposé à leurs concurrents.
Il était moins clair de distinguer contre qui ou quoi l’administration Trump défendait les agriculteurs, les entreprises etc.
Qui étaient les perdants ? C’est ce que nous espérons éclaircir aujourd’hui.

LE CONSOMMATEUR, GRAND PERDANT DU PROTECTIONNISME

Whirlpool Corporation compte 28 000 salariés aux États-Unis. Quelques milliers d’entre eux fabriquent des machines à laver, des réfrigérateurs et autres appareils électroménagers.
Mais des centaines de millions d’Américains utilisent des machines à laver et des réfrigérateurs. Alors tandis que les actionnaires, les salariés et les gros bonnets de l’entreprise gagnent, les consommateurs perdent.
Les consommateurs achètent leurs appareils électroménagers sur le marché libre, cherchant la meilleure qualité au prix le plus bas. À présent, ils paieront plus, les autorités imposant des droits de douane allant jusqu’à 50%.
Mais attendez… Whirlpool n’est-il pas confronté à une « concurrence déloyale » ?
Une concurrence libre permet de détecter quelle est la meilleure affaire et dirige les ventes et les profits (s’il y en a) vers le producteur le plus efficace.
Celui qui en donne le plus au consommateur pour son argent obtient le plus d’activité. C’est la seule véritable mesure du commerce « équitable ».
Lorsque la concurrence n’est pas libre, elle dirige les ventes et les profits vers les favoris politiques du moment.
Et là, un avertissement : voici qu’arrivent les sottises.
Les étrangers manipulent leurs devises. Il y a une surcapacité dans le secteur des machines à laver. Les entreprises étrangères paient des impôts moins élevés. Les étrangers n’achètent pas nos machines à laver. Les étrangers ne paient pas assez leurs travailleurs. Les étrangers n’ont pas les mêmes mesures de protection environnementale. Les étrangers font travailler les enfants… et n’offrent pas de repas sans gluten à la cantine.
« Concurrence déloyale », avancent les preux chevaliers du commerce équitable.

DES PREUX CHEVALIERS QUI NE « JOUENT PAS LEUR PEAU »

Mais ce ne sont pas les pays qui achètent des machines à laver ; ce sont les consommateurs, les particuliers.
Ils utilisent leur jugement, leurs idées toutes faites et leurs illusions pour choisir celle qui leur offre, à leur avis, le meilleur rapport qualité/prix. Comme le dit Nassim Taleb dans son nouveau livre Jouer sa peau – Asymétries cachées de la vie quotidienne, ils « jouent leur peau ».
C’est leur temps… leur argent… et leurs vêtements qui sont en jeu. Si la soi-disant « manipulation monétaire » – quel que soit cet animal bizarre – compte pour eux, ils sont libres de le prendre en considération.
Les preux chevaliers, eux, ne jouent pas leur peau. Peu leur importe que vous ayez moins de choix, que vous payiez plus, et que vous obteniez une moins bonne affaire.
Ils peuvent aligner toutes les sottises qu’ils veulent… et chanter leurs propres louanges en prétendant représenter « les travailleurs » et « les entreprises » et en affirmant qu’ils sont les seuls à savoir quel accord est « équitable ».

LA RÉALITÉ DU PROTECTIONNISME : ELLE PROFITE À QUELQUES-UNS

Ce qu’ils font réellement est tout différent – mais c’est ce que font toujours les gouvernements : exploiter la majorité au bénéfice de quelques-uns.
Un lecteur australien signale qu’aux antipodes, le prix d’une installation d’énergie solaire est moitié moins cher qu’aux États-Unis.
L’auteur du courrier attribuait cette différence aux réglementations plus lourdes aux États-Unis, qui réduisent largement les bénéfices de l’énergie solaire.
À présent, avec de nouveaux coûts imposés aux panneaux solaires fabriqués à l’étranger, le secteur tout entier – qui était censé être la plus grande source de nouveaux emplois aux États-Unis ces 10 prochaines années – fait grise mine.
Mais les actions du fabricant de panneaux solaires américain SunPower ont grimpé de près de 10% depuis mercredi dernier.
La majorité paie. Quelques-uns profitent.
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