Le Québec s'endette au rythme de 19 millions $ par jour.

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Vaut mieux en rire!

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28 novembre, 2014

La gestion de l’offre, un régime d’une autre époque

La question du régime de la gestion de l’offre, qui réglemente, entre autres, l’industrie laitière québécoise, est soulevée à chaque négociation d’un traité de libre-échange.

Les négociations en vue de la création du Partenariat transpacifique, qui regroupera une douzaine de pays dont l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le premier exportateur mondial de produits laitiers ne fait pas exception.

À l’origine, ce concept a été justifié par l’argument qu’il fallait protéger les agriculteurs pour leur permettre de gagner un revenu décent. Les résultats démontrent encore une fois que les bonnes intentions ne suffisent pas.

Les forces du marché ont habilement déjoué les bonnes intentions de nos politiciens interventionnistes. Le système de quota, utilisé pour contrôler l’offre de l’industrie laitière et maintenir les prix du lait élevés, a créé une rareté artificielle et la valeur des quotas s’est emballée. Au départ, des quotas qui ne valaient rien atteignent maintenant plus de 25 000$. Un quota représente à peu près la production annuelle d’une bonne vache. Bien sûr, les agriculteurs qui ont reçu les premiers quotas se sont enrichis. Mais, ce système, en multipliant par deux et même trois le prix d’une ferme, a créé plus de problèmes qu’il n’en a résouts.

Les prix des fermes sont maintenant hors d’atteinte pour les jeunes qui désirent exploiter une ferme laitière. Donc, les petits propriétaires choisissent de vendre leur ferme à des exploitants industriels qui peuvent compter sur des économies d’échelle pour compenser les prix élevés plutôt que de la léguer à leurs enfants. Qui pourrait les en blâmer, c’est leur seul fond de retraite. Mais au bout de la ligne, les consommateurs paient trop cher leurs produits laitiers ce qui pénalise particulièrement les familles pauvres.

Malheureusement, ça ne s’arrête pas là. La gestion de l’offre équivaut à une subvention à l’industrie agricole. Bien qu’elle soit payée par les consommateurs, sous forme de prix artificiellement gonflé, ce n’en est pas moins une subvention. Alors, pour protéger les prix élevés de nos produits laitiers, le gouvernement canadien impose des tarifs à l’importation. Immanquablement, les autres pays nous demandent d’abolir les gigantesques tarifs douaniers de 200 % à 300 % que nous imposons sur les produits laitiers importés.

Les pays exportateurs répliquent en imposant des tarifs sur les produits laitiers canadiens. Ainsi, l’industrie laitière québécoise et canadienne est confinée au marché canadien, un très petit marché à l’échelle mondiale.

Dans une étude préparée par C. D. Howe, Putting the Market Back in Dairy Marketing, les auteurs Colin Busby et Daniel Schwanen recommandent que les intérêts des consommateurs soient mieux défendus, qu’un prix maximum soit imposé pour le lait et que des démarches soient entreprises pour mesurer l’efficacité des fermes et pour ouvrir de nouveaux marchés.

Les auteurs de l’étude maintiennent que le régime de la gestion de l’offre n’est plus nécessaire pour assurer des revenus raisonnables aux agriculteurs. L’emphase devrait plutôt favoriser l’amélioration de la productivité et le développement de nouveaux produits et marchés comme cela s’est produit en Nouvelle-Zélande et en Australie lorsque ces pays ont éliminé leur régime respectif de la gestion de l’offre.

La gestion de l’offre est certainement la réglementation la plus ruineuse qui soit. Il est devenu un boulet qui nuit aux agriculteurs et qui coûte une fortune aux consommateurs, pénalisant particulièrement les plus pauvres. Au lieu de nous inonder de belles paroles sur la guerre à la pauvreté, pourquoi ne pas commencer par abolir la gestion de l’offre. Les pauvres en profiteront bien davantage que tous les programmes bidon prétendant combattre la pauvreté. 

En maintenant les prix des produits laitiers artificiellement élevés, la gestion de l’offre des produits laitiers nuit aux consommateurs et aux industries agroalimentaires et de la restauration. Les seuls bénéficiaires de ce régime sont les premiers propriétaires de quotas.

Il est temps de mettre fin à ce régime d’une autre époque et permettre à nos entrepreneurs/agriculteurs de déployer leurs ailes à l’international. En prime, cela améliorerait la balance des paiements largement déficitaire du Québec.

Le témoignage de l’agriculteur français dans cette vidéo est un bel exemple de ce qui pourrait arriver à nos agriculteurs les plus dynamiques si on éliminait le régime de la gestion de l’offre.
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